mercredi, août 29, 2018

Music : Désobéissance, le nouvel album de Mylène Farmer !

Trois ans après la sortie de son dernier album, " Interstellaires ", Mylène Farmer signe son grand retour.... C'est officiel ! Et on connait désormais la pochette, la date de sortie et un peu plus grâce à " L'homme est un concept "  de " Désobéissance ", son tout nouvel opus.

Rappel : Lors de sa prestation de Rolling Stone dans " The Voice " le 12 mai 2018, Mylène a subtilement révélé le nom de son prochain album, " Désobéissance " : les lettres étaient cousues au dos des danseurs et d'elle-même !

Pascal Nègre, ancien PDG d’Universal Music France, a lui-même tweeté hier la grande nouvelle : " Désobéissance ", le nouvel album de Mylène Farmer, sortira le 28 septembre. Pour accompagner son tweet, le géant de l’industrie musicale française a posté une photo qui ravit déjà les fans : la pochette du disque !

Un mois pile avant la sortie de son nouvel album " Désobéissance ", la chanteuse vient donc d'en révéler la pochette. Femme forte et libre, héroïne romantique, elle rend hommage aux peintres du premier et second empire et se moque du pouvoir.

Mylène Farmer ne laisse jamais rien au hasard. Et fait toujours ce qu'elle veut. Pour la première fois dans l'histoire de l'industrie musicale française, elle a révélé enfin la prochaine sortie de son album, intitulé " Désobéissance ", pour le 28 septembre et sa pochette en dévoilant une bâche immense sur le périphérique parisien au niveau de la Porte Dorée ( voir la vidéo ci-dessous ).

En attendant de découvrir les douze titres de l'album, l'analyse de la pochette est particulièrement intéressante. Devant l'objectif de Jean-Baptiste Mondino, la chanteuse ( dans une tenue de Ludovic de St Sernin ) pose comme dans un tableau qui reprend les codes de ceux accrochés dans l'un des hauts lieux de pouvoir napoléonien, le Château de Fontainebleau. C'est un grand portrait d'Empire où elle mélange allègrement les styles. Où elle apparaît sexy, puissante, tout en se moquant des symboles du pouvoir. Comme Beyoncé et Jay-Z au Louvre, elle se met en scène. Elle rend hommage à l'art et notamment au classicisme. Depuis la disparition de Johnny Hallyday, elle est l'unique star de la musique française. Elle traverse le temps, au point de devenir un classique. Ce n'est certainement pas pour rien qu'un grand nombre des stars du rap comme Maître Gims ou Damsoe rêvent de travailler avec elle.

Nonchalamment assise sur un large fauteuil vert, la tête légèrement penchée, la chevelure faussement désorganisée, Mylène Farmer semble tout juste rentrée du champ de bataille. Sa main gauche pend de façon décontractée. Femme libre, elle fait ce qu'elle veut. Elle n'a peur de rien. Chemise blanche à jabot, bottes et pantalon de cavalier, blouson en cuir noir aux manches finement cloutées, elle est habillée comme un homme. Mais contrairement à Christine and the Queens qui cultive le côté androgyne, ici il n'y a pas une seule seconde de doute : elle se montre comme une femme très sensuelle. Il n'y a pas une once de doute quant à sa féminité.

Un détail attire l'œil : elle pose son pied sur une vanité. Symbole du deuil, le crâne est en métal doré. Mylène Farmer semble défier le temps et la mort. Comme pour rappeler qu'à bientôt 57 ans, elle est toujours très belle et domine plus que jamais l'industrie de la musique.

Symboles du pouvoir : Jambes écartées, la main posée près de l'entrejambe en haut de sa cuisse droite, mouche " galante " sur la joue, le regard mutin, un fin sourire... elle semble ouverte à toutes propositions. Certains y voient un clin d'œil à l'univers de " Libertine ", l'un de ses grands tubes des années 80. C'est vrai à une nuance près : ici on est au XIXe siècle. " Libertine " se situait au XVIIIe.

Après l'effort, le réconfort. Le sabre, l'aigle impérial, un rideau carmin... Les symboles de pouvoir sont là, mais elle les tient à distance. L'arme rangée dans son fourreau est négligemment posée par terre. Quant au rapace, il est caché derrière un candélabre au fond du " tableau ". Il est tourné vers elle, mais Mylène Farmer regarde ailleurs. Comme si ces apparats n'avaient finalement que peu d'importance.

Tous ces symboles peuvent aussi être pris comme des rapelles de l'ancienne période de l'artiste... Des clins d'œil à sa carrière : le sabre utilisé dans " Tristana " ou " Fuck them all ", le look " Libertine ", ou plus encore dans la suite du clip " Pourvu qu'elles soient douces ", le rapace qui fait penser au corbeau de " L'autre ", la tête de mort, les bottes de cavalière que l'on retrouve dans de nombreux clips ( C'est dans l'air, etc... )...

Le tout est surmonté par le titre de l'album : " Désobéissance ". Les lettres S, A et N sont écrites à l'envers. En retournant la pochette, cela donne " NASSI " . Là aussi, elle mélange les références culturelles. En hébreu, Nassi signifie " président " ou " prince ". Sous Napoléon, c'est le nom du conseil chargé de gérer les affaires juives. Renverser ces lettres, c'est également un clin d'œil à l'alphabet cyrillique et à ses nombreux fans russes.

Retour d’une icône : Du cuir noir et une tête de mort pour la libertine. Habitués aux couvertures de magazines de mode et aux collaborations avec Madonna et Karl Lagerfeld, Jean-Baptiste Mondino sublime Mylène Farmer sur cette couverture qui promet le réveil des côtés anticonformistes de la star.

En février dernier, elle dévoilait d’ailleurs " Rolling stone ", premier single   connu sur l’album. En juin, c’était au tour de " N’oublie pas " de sortir sur YouTube. Mylène Farmer y signait un duo sombre aux sonorités pop-rock avec la chanteuse LP. Fiancée depuis le 9 juillet 2017, l’autrice-compositrice américaine s’apprête à épouser la chanteuse et mannequin Lauren Ruth Ward, qui apparaît d’ailleurs dans plusieurs de ses clips : " Lost On You ", " Other People ", " Tightrope " et " When We’re High ".

Les deux premiers clips, " Rolling stone " et " N’oublie pas " sont disponibles sur  votre blog ( cf. marge ) !

Tracklist :

- Rolling stone 3'45
- Sentimentale 4'16
- Désobéissance 3'59
- N'oublie pas 3'39
- Histoire de fesses 1'57
- Get up girl 3'37
- Prière 3'34
- Au lecteur 3'15 Des larmes 3'48
- Parler d'avenir 3'31
- On a besoin d'y croire 3'48
- Retenir l'eau 4'13

Supports physiques annoncés :

- Edition collector CD Livre grand format inclus livret 24 pages.
- Edition Limitée CD coversleeve inclus livret 20 pages.
- Double Vinyle " gatefold " inclus coupon de téléchargement... ( Le double album vinyle sera en vitesse 45 tours, chaque face contiendra 3 titres. Premier album de Mylène Farmer vinyle en vitesse 45 tours !
- CD Inclus livret 16 pages.

A savoir :

- Les paroles de la chanson Sentimentale de l'album " Désobéissance " se terminent par les mots "... pourvu qu'elles soient douces ! ".
- Le texte de la chanson " Au lecteur " est le poème de Baudelaire (1). Il sert d'introduction au recueil " Les Fleurs du Mal ".... Après " L'Horloge ", ce sera le 2ème hommage à ce poète tant apprécié par Mylène.
- " Retenir l'eau " est la traditionnelle ballade de clôture d'album.

Le nouvel album de Mylène Farmer est déjà n°1 des ventes sur Amazon depuis hier matin ! 

Précommandes en ligne ouvertes :

Amazon.fr : Here/Ici 
Fnac.com : Here/Ici
 
(1) Au lecteur de Charles Baudelaire ( 1821 - 1867 )

La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;

C'est l'Ennui ! - l'oeil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !

Tu sais que l'hiver et l'automne n'ont pu s'aimer...

Désobéissance de Mylène Farmer !

C'est un rendez-vous...

dimanche, août 26, 2018

Religion : Un père jésuite à la défense des LGBT, " parias " de l'Eglise !

Invité jeudi à Dublin par le Vatican, le jésuite américain James Martin prône un accueil chaleureux des homosexuels au sein de l'Eglise mais n'est pas en odeur de sainteté chez certains catholiques traditionalistes qui ont tenté de lui barrer la route.

" L'inclusion d'une présentation intitulée Montrer respect et accueil dans nos paroisses aux catholiques LGBT et leurs familles est un énorme pas en avant ", confie le père conférencier à l'AFP.

" C'est un signe à tous les catholiques que le Vatican considère les catholiques LGBT comme faisant partie de l'Eglise ", avance l'auteur d'un livre à succès tendant précisément la main aux catholiques gays, lesbiennes, bi-sexuels et transgenres.

Le pape François clôturera samedi et dimanche à Dublin la " Rencontre mondiale des familles ", ouverte depuis mardi avec une multitude de colloques dont celui du père Martin, dirigeant de la revue jésuite America. En revanche, plusieurs organisations militantes dont " Global network of rainbow catholics ", regroupant des associations LGBT du monde entier, ont déploré qu'on leur ait refusé un stand.

Le jésuite affirme n'avoir que faire d'une pétition montée contre lui par la branche irlandaise d'un mouvement catholique traditionaliste américain, qui a demandé en vain à l'archevêque de Dublin d'annuler sa venue.

" Quel genre de jésuite serais-je si je laissais de la haine déversée sur internet m'empêcher de parler de compassion ? ", dit cet homme, déjà la cible d'opérations de boycott aux Etats-Unis. 

Changement de ton : La venue du pape en Irlande pour célébrer la famille relance forcément le débat sur les couples homosexuels dont la condition est toujours qualifiée de " désordonnée " et " contraire à la loi naturelle " dans le catéchisme catholique. Quant aux individus homosexuels, dont les prêtres, ils sont tolérés mais appelés à " la chasteté ". 

Le pape est en droite ligne avec la tradition de l'Eglise sur le mariage : l'union entre un homme et une femme en vue de procréer. En juin, devant des représentants d'associations familiales, il avait observé : " On dit aussi la famille des étoiles, la famille des animaux, mais la famille, à l'image de Dieu, homme et femme, il n'y en a qu'une seule ". 

Au début de son pontificat, il avait cependant usé d'une formule qui a fait mouche : " Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? ".

Le père Martin déplore que dans certains pays, les homosexuels se sentent comme " des parias " ou des " lépreux ". " Ces dernières années, j'ai entendu des histoires particulièrement choquantes de personnes LGBT traitées comme des moins que rien. Elles sont souvent insultées, publiquement depuis la chaire et en privé dans des conversations ".

" Je ne remets pas en cause les enseignements de l'Eglise sur l'homosexualité. Mais nous devons réfléchir au fait que tant de catholiques LGBT ont mis de côté les enseignements de l'Eglise ", insiste James Martin.

Pour lui, " la position du pape François sur les relations homosexuelles ne représente pas un changement par rapport à ses prédécesseurs. Ce qui a changé c'est le ton, l'approche, le langage ".

" Ses cinq mots les plus célèbres pourraient être " qui suis-je pour juger ? ", qui furent d'abord inclus dans la réponse à une question sur les prêtres gays, et plus tard étendu à tous les gays. François est le premier pape à même prononcer le mot gay ", souligne-t-il.

" Je ne qualifierais pas le pape de progressiste, mais simplement comme un homme ayant de la compassion ", ajoute le père Martin. " Le pape François essaie de tendre la main à tous ceux qui sont en marge de la société ( réfugiés, migrants, pauvres ) et de l'Eglise. Et dans l'Eglise, il n'y a pas plus marginalisées que les personnes LGBT ".

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, ouvertement gay et très engagé pour la légalisation par référendum en Irlande des mariages homosexuels en 2015, a promis de plaider samedi auprès de François la cause des familles gays et monoparentales.

Video : Maître GIMS - Lo Mismo ft. Alvaro Soler !

Parfois, je boude à pas d'heure...

J'en veux en corps plus...

samedi, août 25, 2018

People : Garrett Clayton, l'ex-acteur Disney fait son coming out !

Alors qu'il prépare son prochain film intitulé " Reach ", l'acteur américain Garrett Clayton a décidé de rendre publique son homosexualité. Lundi 20 août 2018, sur Instagram, il a publié un long message dans lequel il évoque sa sexualité et... son chéri.

A 27 ans, Garrett Clayton a donc choisi de faire son coming out. L'acteur, révélé par ses téléfilms Teen Beach Movie pour Disney Channel, est un homme amoureux et en couple avec un certain Blake Knight. Il a voulu parler de son homosexualité alors qu'il tourne le film Reach, dont le sujet lui tient à coeur...

" Avec la sortie de mon nouveau film Reach à venir, j'ai pensé qu'il était important d'expliquer pourquoi j'ai choisi ce projet dès le départ. Reach traite de sujets très sérieux et opportuns qui m'ont touché personnellement et ont probablement influencé beaucoup de vos vies. Je préfère aussi partager des choses qui sont particulièrement importantes pour moi ici sur mon Instagram plutôt que dans un magazine ou dans article en ligne au hasard - parce que vous êtes ceux qui me soutiennent et me suivent dans mon parcours professionnel et personnel ", entame-t-il.

L'acteur, également vu au cinéma dans King Cobra et sur le petit écran dans les séries The Fosters ou The Client List, ajoute : " Quand j'ai lu le script pour Reach, j'ai tout de suite su que c'était un film dont je devais faire partie. J'ai personnellement été confronté au suicide au sein de ma famille, au harcèlement pendant le lycée et, de surcroît, moi-même et l'homme avec qui je suis en couple depuis longtemps (@hrhblakeknight) avons fait l'expérience des tueries dans les écoles de nos villes natales, et avons été témoins du chagrin qui se produit dans les communautés touchées après de tels événements tragiques. Ces sujets, pas toujours faciles à discuter, me tiennent à coeur et, sachant à quel point ils sont sérieux, je voulais partager cela avec vous tous. Ce film est né du point de vue de personnes qui se soucient beaucoup de ces questions, et si le regarder aide même une seule personne... alors tout cela en valait la peine ".

Source

Video : Birdy - White winter hymnal !

Je veux pas rester tout seul...

vendredi, août 24, 2018

En savoir plus : Les condamnés pour homosexualité, une réalité exhumée !

Une étude menée par deux sociologues révèle pour la première fois l’ampleur de la répression subie par les homosexuels en France : de l’après-guerre à 1982, près de 10 000 peines ont été prononcées, presque toutes à l’encontre d’hommes.

C’est une vue de l’esprit tenace. Parce que la France a dépénalisé les relations entre personnes de même sexe dès 1791, elle serait depuis cette date à l’avant-garde mondiale en matière de tolérance de l’homosexualité.

Pour preuve : Seuls deux alinéas aux articles 330 et 331 du code pénal, respectivement inscrits en 1942 puis en 1960, permettaient de poursuivre en principe les actes homosexuels réalisés entre des personnes majeures et des mineurs de moins de 21 ans ( contre 15 ans pour les relations hétéros ) et de faire de l’homosexualité une circonstance aggravante. Loin des lois répressives longtemps en vigueur au Royaume-Uni, où 65 000 hommes ont été condamnés pour des actes homosexuels entre 1861 et 1967, et en Allemagne, où 50 000 gays et bisexuels ont fait de la prison après 1945. Sans compter les 42 000 homos condamnés à des travaux forcés ou déportés dans les camps sous le IIIe Reich.

Ambiguïté : Poursuivis pour d’autres motifs et notamment " outrage public à la pudeur " lorsqu’ils étaient coincés par la police dans les lieux de drague depuis la fin du XIXe siècle, les homosexuels français auraient donc été assez peu inquiétés par la justice ( s’ils ne faisaient pas de vagues ) jusqu’à l’abrogation de ces délits spécifiques entre 1978 et 1982. " L’ambiguïté vient du fait qu’il n’y avait plus d’infraction ou de délit d’homosexualité en France depuis la Révolution, pointe Jérémie Gauthier, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il existait néanmoins dans la loi une discrimination entre hétéros et homos depuis Vichy sur l’âge de la majorité sexuelle qui, d’un côté, servait à condamner des homosexuels et, de l’autre, à officiellement " protéger " la jeunesse de la propagation du vice ".

Autre biais, cette fois identifié par l’historienne Florence Tamagne : en France, depuis que les universitaires se sont progressivement emparés de l’étude des homosexualités à partir des années 90, très peu d’entre eux, et encore moins les historiens, se sont intéressés à la répression de l’homosexualité, qu’elle soit pénale, administrative ou policière. Conséquence : jusqu’à ce jour, aucun travail historique ou sociologique ne l’a quantifiée en France préalable à une politique de réparation comme il en existe aujourd’hui au Canada, en Allemagne ou en Nouvelle-Zélande. " Jusqu’ici, la littérature sur la répression pénale de l’homosexualité portait sur les textes de loi et les mouvements homosexuels pour leur abrogation (1), mais pas sur les chiffres capables d’évaluer son ampleur, résume Jérémie Gauthier. C’est là qu’on pense apporter quelque chose de nouveau ".

Avec son collègue de l’école du boulevard Raspail, le sociologue Régis Schlagdenhauffen, auteur du très renseigné Homosexuel·le·s en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale (2), ce jeune chercheur spécialiste de l’institution policière (3) s’est donc penché depuis le mois de janvier sur les archives de la justice pénale, en particulier le Compte général de l’administration de la justice civile et commerciale et de la justice criminelle. En épluchant ce registre, qui recense les condamnations et les peines prononcées dans les tribunaux français année par année, les deux chercheurs sont tombés sur une ligne " homosexualité ", intercalée entre les délits pour " outrage public à la pudeur " et " proxénétisme ". " Cette entrée est assez fascinante car il a toujours été dit que les statistiques prenant en compte l’orientation sexuelle n’existaient pas en France et qu’il n’y avait jamais eu aucune condamnation pour homosexualité ", souligne Régis Schlagdenhauffen.

Croisade morale : Leur deuxième découverte porte sur le nombre de condamnations pour ce motif : entre 1945 et 1982, près de 10 000 peines, dont une grande majorité en métropole, ont été prononcées en France pour " homosexualité " ( pour " outrage public à la pudeur sur personnes du même sexe " à compter de 1976 ), des données préliminaires qui ne prennent pas en compte les affaires entre deux jeunes de moins de 18 ans, réservées à la justice des mineurs. " Dans les années 60, il y a un pic de condamnations, qui déclinent après 1968, expliquent à Libération les deux sociologues, rencontrés dans leur étroit bureau de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux. C’était une période de croisade morale liée à la peur généralisée d’une contamination homosexuelle ".

Durant ces années de plomb, les peines sont par ailleurs " lourdes ". Jusqu’en 1978, 93 % des condamnations pour " homosexualité " prononcées en métropole se soldent par des peines de prison. Plus de la moitié d’entre elles sont supérieures à trois mois ferme et un cinquième à plus d’un an d’emprisonnement. Sans compter les fortes amendes de plusieurs milliers de francs. " Mais on ne sait pas encore si ce sont des condamnations pour des chefs d’inculpation multiples ", précise Régis Schlagdenhauffen. Les archives de Libération donnent néanmoins un aperçu de cette fermeté. Une chronique judiciaire bien connue à l’époque relate par exemple la condamnation, le 2 juillet 1978 par la 23e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, de deux hommes à de la prison pour " outrage public à la pudeur " après des galipettes dans les fourrés d’un bois parisien.

Dans la chronique " Flagrants délits ", on lit ceci : " L’outrage public à la pudeur est en hausse : " Vous avez été surpris l’un sodomisant l’autre ", lança le président. Comme à chaque fois dans ce genre d’affaires, c’était évidemment la pudeur de la police qui était outragée, les prévenus s’étant fait interpeller de nuit dans un bosquet du bois de Vincennes. Chacun se verra infliger trois mois de prison avec sursis et 2 000 francs d’amende ( la semaine dernière avec le procureur Versini, cela valait tout simplement 1 000 francs d’amende, pourquoi cette hausse des cours ? ) " !

Ce n’est pas tout : malgré des informations lapidaires faute d’avoir accès aux PV de police, les archives de la justice criminelle ont permis aux deux chercheurs de dresser le profil des milliers de condamnés pour " homosexualité " de l’après-guerre. Il s’agit pour la quasi-totalité d’hommes, bien qu’une centaine de femmes aient fait l’objet de cette répression. " Les articles 330 et 331 du code pénal s’appliquaient autant aux femmes qu’aux hommes, même si, dans les faits, très peu de femmes ont été condamnées ", souligne Régis Schlagdenhauffen. Par ailleurs, environ 70 % des condamnations concernent soit des célibataires de 20 à 30 ans, ouvriers ou salariés agricoles, soit des jeunes hommes issus des classes populaires.

" On émet l’hypothèse que les homos des classes supérieures avaient la capacité de passer entre les mailles du filet ", avancent les deux chercheurs, ajoutant qu’un tiers des condamnations pour " homosexualité " touche des hommes mariés ou veufs, 25 % avec des enfants. Enfin, un quart des jugements a été rendu en Ile-de-France, 8 % dans le Nord-Pas-de-Calais, Seine-Maritime et Rhône ( entre 3 % à 5 % des condamnations ), des " territoires ouvriers et populaires ". Ce qui fait dire à Jérémie Gauthier que " des parquets ont pu être mobilisés à certains moments dans certains départements pour réprimer l’homosexualité ".

Jugement d’apaisement : La machinerie de la répression s’enraye cependant à partir des années 70, sous l’effet de la libéralisation des mœurs comme de la mobilisation de militants homosexuels, des Groupes de libération homosexuelle au Comité d’urgence antirépression homosexuelle contre la répression pénale de l’homosexualité.

En octobre 1978, le procès de l’affaire du Manhattan, relayé par la presse, dont le Monde et Libération, s’achève par exemple par un " jugement d’apaisement " ( des amendes ) après la mobilisation d’intellectuels ( Marguerite Duras, Michel Foucault, Patrice Chéreau ou Guy Hocquenghem ) et d’élus ( le sénateur radical de gauche Henri Caillavet ) en faveur des onze prévenus inculpés pour " outrage public à la pudeur sur personne du même sexe " après une descente de police dans un bar du Ve arrondissement parisien, le Manhattan. " La répression de l’homosexualité va progressivement laisser la place à la répression de l’homophobie, les homos passant d’une catégorie à réprimer à une catégorie à protéger ", analyse encore Jérémie Gauthier. A quand une loi de réhabilitation ?

(1) Lire par exemple les Alinéas au placard : l’abrogation du délit d’homosexualité (1977-1982) d’Antoine Idier éd. Cartouche, 2013.
(2) Ed. Nouveau Monde, juin 2017.
(3) Auteur de Police : questions sensibles, codirigé avec Fabien Jobard, éd. PUF.

Video : Amir - Longtemps !

lundi, août 20, 2018

Cinema : Disney engage un acteur hétéro pour jouer un personnage gay et révolte les internautes !

Le Britannique Jack Whitehall a été choisi pour jouer le premier personnage homosexuel de Disney dans le film " Jungle Cruise " prévu pour 2019. Et les internautes, qui auraient préféré qu'un acteur gay lui soit choisi, sont révoltés.

C'est une polémique qui nous rappelle celle qu'a créée un récent rôle que Scarlett Jonhansson avait accepté dans un premier temps avant de revenir sur sa décision. L'actrice américaine devait en effet jouer le rôle d'un homme trans dans le long-métrage Rub Tug au grand dam du public qui s'était dit outré que le réalisateur Peter Sanders n'eût pas fait appel à un comédien LGBT+ qui aurait expérimenté une transition.

Face à la pression, la jolie blonde a fini par se retirer du projet et c'est peut-être ce que choisira aussi de faire le comique Jack Whitehall. Le Britannique a été choisi pour interpréter le premier personnage ouvertement homosexuel dans une superproduction Disney, Jungle Cruise, aux côtés de Dwayne Johnson ( aussi connu sous le surnom de The Rock ) et Emily Blunt. Gros hic cependant : l'acteur, censé interpréter un " homme gay, assez mou, très efféminé et très drôle " d'après The Sun, est hétérosexuel.

Des acteurs hétéros payés pour jouer les gays : Il n'en fallait pas plus pour rendre les internautes furieux qui déplorent le fait qu'une fois encore, la communauté LGBT+ ait été totalement mise de côté. " Laissez les rôles gay au cinéma à des gens LGBT ! De manière ironique, les homosexuels ont dû jouer aux hétéros pendant des années pour ne pas brusquer la société et pour qu'on leur fiche la paix.

Maintenant, des acteurs hétéros sont payés pour " jouer les gays ", " Et sinon, ça ne vous aurait pas dit de prendre un acteur gay pour interpréter le premier rôle gay de l'histoire de Disney ? Ça ne demandait pas beaucoup d'efforts. Vraiment pas beaucoup ", " La représentation est importante et non, l'explication " c'est juste jouer la comédie " n'est pas valable. Il y a beaucoup d'hommes homosexuels qui auraient dû avoir la chance d'auditionner pour des rôles gay mais malheureusement ce n'est pas le cas car les sociétés ne prennent pas ce risque pour éviter de s'attirer les foudres des homophobes ". Le long-métrage s'inspire d'une célèbre attraction de Disneyland qui se présente comme une croisière dans les pays tropicaux. Sa sortie est prévue pour octobre 2019.

Source

Video : Blow - Green unicorn !

Maintenant, j'ai l'enfer dans le sang...

Oups !

Quand tout est gris, la peine est mon amie...

dimanche, août 19, 2018

En savoir plus : Les cultures les plus gay-friendly à travers les siècles !

On a tendance à penser que plus on remonte dans le temps, plus les hommes et femmes étaient étroits d’esprit et peu enclins à la tolérance envers toutes les orientations sexuelles. Et bien, surpriiise, c’est faux. Il existe bien des cultures tout au long de l’Histoire qui étaient tout à fait gay-friendly. Néanmoins vous constaterez rapidement qu’elles avaient d’autres réticences.

1. La Grèce Antique qui ne distingue pas l'hétérosexualité de l'homosexualité : Les Grecs, à l’époque, se contrefoutent du sexe et du genre de la personne qu’ils ont en face d’eux. Selon Plutarque, ce qui compte avant tout ce sont les qualités personnelles. Pendant cette période, il arrive souvent qu’un homme forme un jeune éphèbe à devenir un citoyen qui est, alors, en même temps son élève et son amant ( pratique que l’on qualifie de " pédérastie " sans la connotation qu’on lui donne par la suite ). Cette relation ne perdure, en général, pas au-delà d’un certain âge (environ 40 ans).

2. Chez les Gaulois et Celtes, l'homosexualité est courante parmi les combattants : Ce sont les écrits des auteurs grecs qui le relatent puisqu’il n’existe pas de témoignage écrit. Selon eux, ces derniers sont très enclins aux rapports amoureux entre soldats. Aristote indique, par ailleurs, que les Celtes " honorent l’amour viril ". Ils partagent avec les Grecs, la pratique de la pédérastie à l’occasion de laquelle l’on forme un jeune guerrier en échange de faveurs sexuelles.

3. La civilisation Zapotèque, qui plus est, société matriarcale : Civilisation précolombienne particulièrement en avance sur son temps, elle serait vieille de plus de 2500 ans. Dans cette culture, on appelle " muxhe " une personne qui se considère du sexe féminin. Souvent, les muxhes peuvent entretenir des relations homosexuelles avec de jeunes hommes. Cette pratique est renforcée par le fait que la virginité de la fille est essentielle avant son mariage… On n’est pas encore sur une équité maximale.

4. Les Étrusques étaient également très ouverts : Graces aux nombreuses fouilles archéologiques, on a pu constater que les Étrusques étaient sexuellement très libérés. En témoigne notamment cette fresque dite de La " Tombe du Plongeur " que l’on a découverte dans les années 70' !

5. La Chine Ancienne et ses amitiés pas vraiment platoniques : Confucius considère que les hommes et les femmes doivent s’en tenir à leurs rôles traditionnels. Néanmoins, la pratique de l’homosexualité n’est pas condamnée, ni considérée comme un pêché. Par ailleurs, l’Empereur Han Aidi de la dynastie des Han régnant de -7 à -1 avant J-C était le plus connu des 10 empereurs homosexuels du même lignage. On lui doit l’expression de la " passion de la manche coupée " qui est un euphémisme pour qualifier les amours entre deux hommes. Son amant Dong Xian s’était endormi sur le bras de ce dernier qui, devant partir s’occuper d’affaire urgente, préféra découper son vêtement plutôt que de le réveiller.

6. Le Japon Médiéval et le " Shudo " : C’est au 15ème siècle que le terme apparaît. Cependant, cette pratique existe depuis longtemps entre samouraïs et élèves. On pourrait l’assimiler à la pédérastie grecque dont il fut question plus tôt. Dans la culture japonaise du Moyen-Âge, cette appréhension de l’amour entre hommes s’accompagne, en revanche, d’une très forte misogynie : l’on va avoir tendance à considérer les relations avec les femmes frivoles ou pesantes contrairement à celles homosexuelles considérées comme résultat d’un véritable amour. C’est à la fin du 19ème siècle qu’on a commencé à condamner grandement l’homosexualité. Hop, le retour en arrière.

7. En Afrique, certaines tribus institutionnalisent même l'homosexualité comme le peuple des Gangellas en Angola : Il faut qu’un jeune homme de 18 ans demande officiellement aux parents d’un garçon qui lui plaît s’il peut entretenir des relations avec ce dernier que l’on appelle " katuma ". Ils peuvent alors être amants même après que le premier ait épousé une femme. L’union se termine lorsque le second se marie également. On considère que c’est une " phase de transition " chez l’homme, néanmoins elle peut durer au-delà. Mais bon, mieux vaut être discret, le risque étant d’être accusé de sorcellerie. Pas cool.

8. Les Perses et la poésie homosexuelle : En Afghanistan, Mahmoud de Ghaznî, Empereur possède de nombreux amants. Par ailleurs, dans la littérature perse qui relate bien des histoires d’amour homosexuelles, on identifie de nombreux poèmes qui sont, en général, écrits par des hommes pour d’autres hommes.

9. Le Berlin des années 20 ( masqué par la répression des nazis envers les homosexuels ) : Paradoxalement, la dépénalisation n’a eu lieu qu’en 1968. Mais jusqu’alors, le chemin vers la tolérance est pris bien avant ses voisins limitrophes. Dès 1887, Karl Heinrich Ulrichs soutient l’abrogation des lois pénalisant l’homosexualité devant plus de 500 sommités du monde judiciaire. Peu de temps après, le Comité Scientifique Humanitaire est fondé : il s’agit du tout premier organisme luttant pour les droits des homosexuels jamais créé. Dans les années 20', la littérature, le cinéma et les arts s’inspirent de ce mouvement et c’est hélas les déboires boursiers et le début de la guerre qui entravent (très gravement) cette fulgurante progression.

Mon coeur est rempli, mais mon corps s'ennuie...

samedi, août 18, 2018

Russie : Un journaliste gay se présente aux élections municipales de Moscou !

C’est une première dans le pays. Anton Krasovsky, un journaliste russe et militant gay a décidé de se présenter aux élections municipales de la capitale. 

Amour et tolérance : Un candidat ouvertement gay à l’élection municipale de Moscou, c’est inédit. Pourtant, c’est ce qu’a décidé de tenter Anton Krasovsky en faisant de l’amour et de la liberté son principal slogan. " Je pense que la liberté et l’amour sont des valeurs très importantes pour les Russes. Pourtant, nous avons oublié ces valeurs dans nos vies ", explique-t-il. 

Une identité difficile en Russie : Mais il est toujours difficile d’être gay en Russie. D’après une étude, 83 % des Russes considèrent que les relations homosexuelles sont " toujours " ou " presque toujours " condamnables. C’est pourquoi Anton Krasovky a voulu s’engager dans cette bataille pour " donner un exemple de tolérance " à ses compatriotes. 

" Nous nous devons d’enseigner la tolérance et l’amour des uns pour les autres. Nous devons nous rappeler que l’amour et la tolérance sont très importants dans nos vies, partout dans le monde et pas seulement en Russie ". La candidature d’Anton Krasovsky pourrait toutefois être interdite mais le candidat conserve sa détermination. 

" Le chemin est difficile mais c’est celui que nous devons prendre si nous voulons changer les choses. Car c’est notre pays et personne ne peut le changer à part nous ". 

Video : Twenty one pilots - Jumpsuit !

Je suis maudit à cran, je suis mort...

jeudi, août 16, 2018

Religion : 600 rabbins américains et canadiens écrivent une lettre de soutien aux gays !

Le discours de haine pourrait mener à la violence contre la communauté homosexuelle, ont-ils averti...

Près de 600 rabbins américains et canadiens issus de presque tout le spectre judaïque ont signé un document appelant les rabbins orthodoxes en Israël à retirer une récente lettre qui décrivait les homosexuels comme des pervers s’efforçant de détruire la notion de famille.

Le document exhortait également le gouvernement israélien à annuler la loi qui excluait les hommes non mariés à l’accès aux mères porteuses, et préconisait une plus grande séparation de la religion et de l’État en Israël.  Il est initié par A Wider Bridge, une organisation basée à San Francisco qui travaille sur les liens entre les communautés LGBTQ américaines et israéliennes. 

" L’insertion de la discrimination dans la loi et les dangereuses paroles prononcées par les chefs religieux sèment des germes de haine et de brutalité dans le pays et mettent les membres vulnérables de la société israélienne en danger et pire ", indique la lettre. 

" Nous appelons les dirigeants israéliens à annuler leur politique discriminatoire en faveur de l’égalité des droits pour tous les citoyens ", poursuit le document. " En réclamant ces droits, y compris la maternité de substitution, nous appelons les dirigeants israéliens à réitérer la séparation de la religion et de l’Etat comme idéal de démocratie ".

" Nous appelons donc les dirigeants israéliens et les rabbins à se rétracter de ces actions récentes et à amener l’Etat d’Israël vers la T’shuvah ( repentance ), ce niveau supérieur de sainteté, de dignité et de sécurité ", indique la lettre.

Des centaines de signatures de rabbins représentant des communautés juives orthodoxes, massorties, réformatrices et reconstructionnistes ont été recueillies depuis la publication de la lettre la semaine dernière, a indiqué l’organisation dans un communiqué mardi.

À la fin du mois dernier, quelque 200 rabbins orthodoxes israéliens ont rédigé une lettre appelant les homosexuels " pervers " et les accusant de lavage de cerveau. Ils répondaient aux critiques du rabbin Aryeh Stern, de Jérusalem, qui avait déclaré que les homosexuels étaient " interdits " et que les enfants qu’ils avaient élevés avaient " une vie très étrange et anormale ". Faisant référence au défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, les rabbins ont écrit que la plupart des Israéliens " étaient choqués par leur provocation ".

Les rabbins ont également accusé les groupes de défense des droits des LGBT de « terreur agressive accompagnée d’un lavage de cerveau médiatique ininterrompu […] qui détruit la notion de famille et transforme les pervers en héros ".

Le rabbin Gil Steinlauf, membre du conseil d’administration d’A Wider Bridge qui a rédigé la lettre canado-américaine, a déclaré que les rabbins israéliens essayaient de saper la sécurité de la communauté gay.

" En appelant pervers des juifs LGBTQ [qui] condamnent les enfants à des " vies misérables " , ces rabbins mettent en danger la vie en jetant les bases de la violence contre les personnes LGBTQ en Israël ", a déclaré Steinlauf. " Leur lettre scandaleuse est un signe qu’ils se sentent enhardis dans leur quête pour faire reculer les protections des personnes LGBTQ et des autres minorités israéliennes ".

Video : Troye Sivan - Dance to this ft. Ariana Grande !

Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console...

Love !

mercredi, août 15, 2018

Cinema : Quand Hollywood passe le gay !

Out ! Lorsqu’en 2006, les votants de l’Académie des oscars désignent Collision, le drame choral de Paul Haggis, comme meilleur film au détriment du Secret de Brokeback Mountain, ils penchent davantage vers le " ouste ! " que le coming out. Collusion homophobe ? Qui sait. Depuis, Collision a été totalement oublié tandis que le film de Ang Lee a eu l’honneur insigne de faire entrer le cinéma LGBT dans le mainstream et d’arriver en tête d’un sondage du Hollywood Reporter en février 2015 demandant aux membres des oscars de réélire des films qu’ils regrettaient avoir négligé. Récemment, Moonlight (2016) de Barry Jenkins et Call Me by Your Name (2017) de Luca Guadagnino en sont les descendants qui n’auraient probablement pas autant existé sans ce prédécesseur. Avec cette même ambiguïté : des romances gay avec des acteurs hétérosexuels.

Vacher : La route vers la gloire du film fut plus mouvementée que celle empruntée par ses héros, les cow-boys Jack et Ennis, pour mener leurs moutons à l’alpage. Le scénario, adapté d’une nouvelle d’Annie Proulx parue dans le New Yorker, existe depuis 1998. Ses auteurs, Larry McMurtry ( à qui l’on doit un classique méconnu chez nous de la littérature cow-boy, la saga " Lonesome Dove " ) et Diana Ossana, après l’avoir expédié à divers studios, disent avoir vu débarquer à leur porte Gus Van Sant cinq jours après, désireux de tourner le film. Naviguant entre cinémas queer et commercial, le cinéaste, tout juste auréolé du triomphe de Will Hunting, est le candidat rêvé pour s’emparer de cette romance qui retourne un pilier fondateur de la culture américaine - le garçon-vacher macho, poli et mutique.

Mais Van Sant peine à trouver des stars pour les rôles de Jack et Ennis : " Personne ne voulait le faire, confiait-il au site IndieWire. J’ai demandé à Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Matt Damon, Ryan Phillippe. Ils ont tous dit non ". Si Damon botta en touche pour expliquer son refus - " je venais de faire un film gay ( le Talentueux Mr. Ripley, ndlr ) et un film de cow-boy ( De si jolis chevaux ), je ne pouvais pas faire un film de cow-boy gay juste après " ! se justifia-t-il dans Playboy, les acteurs approchés succombent à la crainte d’alors que jouer un personnage gay peut ruiner une carrière. Ces embûches entament la patience de Van Sant, qui se retire du projet.

En 2001, Ang Lee entre en scène. Né à Taïwan, le réalisateur de Tigre et Dragon est a priori très éloigné du Wyoming de la nouvelle mais tombe amoureux de l’histoire. Il devra tout de même attendre de finir son décrié Hulk (2003). Après maints entretiens où Lee sent la plupart des acteurs ( qu’il refuse de nommer ) réticents et nerveux, son choix finit par se porter sur Jake Gyllenhaal ( Jack, le plus ouvert, qui prend l’initiative ) et Heath Ledger ( Ennis, le plus taiseux, le plus réprimé ). Tous deux sont alors des valeurs montantes, à l’approche opposée de leur personnage : Gyllenhaal veut improviser, ce qui énerve Ledger, fidèle obsessionnel au mot et à la scène.

Rétrospectivement, comment expliquer le succès du film ? Sans doute par le fait qu’à l’époque comme aujourd’hui, acteurs et critiques ne sont jamais d’accord sur l’idée que le film et ses personnages, sont gays, hétéros ou bisexuels ( Jack et Ennis sont tous deux mariés ). Même le slogan sur l’affiche, " l’amour est une force de la nature ", évoque un documentaire sur l’écosystème du Wyoming. Dans les interviews, les acteurs parlent d’un amour " entre hétéros " ( Gyllenhaal ) ou " entre âmes sœurs " ( Ledger ). Universaliser l’expérience gay est la leçon du film pour la faire passer en contrebande à Hollywood et à en faire le plus gros succès du cinéma LGBT de tous les temps. Quitte à la traiter encore sur un mode tragique sacrificiel ( spoiler : l’un des amants meurt ), à la diluer puisque le film n’est jamais vraiment érotique - autre point commun avec Moonlight qui, lui, décrochera l’oscar sans jamais montrer une seule scène de sexe à l’écran.

Résistance : Dix ans après le Ang Lee, Hollywood ne résiste plus à un cinéma où confluent marges et mainstream, où les hétéros jouent les homos. Le nouveau front de résistance s’est créé du côté de la représentation des personnages trans. Si l’acteur cisgenre Jeffrey Tambor a pu être chouchouté par la critique en femme trans dans la série Transparent, le retour de bâton récent face à l’annonce du casting de Scarlett Johansson - qui s’est désistée depuis - en gangster transgenre pour le film Rub & Tug de Rupert Sanders montre le sous-emploi d’acteurs et actrices réellement trans comme Jamie Clayton (Sense 8) ou Laverne Cox ( Orange Is the New Black ). Ou, pour citer Jen Richards, actrice transgenre interviewée dans le Hollywood Reporter : 

" L’argument qui me met le plus en colère lorsque les gens répondent aux critiques sur le casting d’acteurs cisgenres dans des rôles trans est " cela s’appelle jouer un rôle ". Tous ces gens disent cela avec une sorte de joie, comme si nous n’y avions jamais pensé. Bien sûr que c’est jouer. Et dans un monde idéal, je voudrais que chacun puisse jouer n’importe quel rôle. C’est le genre de liberté que je veux pour moi-même autant que pour les autres ". Un dilemme qui est l’autre Secret de Brokeback Mountain.

Mec à nique !

mardi, août 14, 2018

LGBT : Ce médecin fait polémique en prétendant remédier à l'homosexualité avec de l'homéopathie

A-t-il oublié que l'homosexualité n'était pas une maladie ?

L'homéopathie, au cœur de la discorde ( une fois encore ). Parfois qualifiés de " fake-médecine " en raison de leur inefficacité, les traitements homéopathiques refont parler d'eux, cet été. La raison ? Comme le rapporte Franceinfo, un médecin généraliste, exilé en Suisse, pense avoir trouvé une formule magique pour " guérir " l'homosexualité. Rien que ça.

" L'homosexualité n'est pas une pathologie, mais un symptôme particulier ( choix de vie ) de patients border-line ( personnalités intéressantes par ailleurs ), écrit le Dr. Jean-Yves Henri sur son site, Médecine Intégrée. Il se trouve que la matière médicale homéopathique comporte des remèdes agissant sur l'exacerbation de ces symptômes ".

Il propose ainsi un traitement en fonction de son sexe, mais aussi de sa personnalité. Pour les garçons qui multiplient les expériences amoureuses " par peur de rater quelque chose ", le médecin préconise, par exemple, de l'Argentum nitricum. Chez ceux qui présentent un " aspect hystérique surajouté ", du Platina. Si vous êtes lesbienne et qu'il vous est difficile " d'accepter votre féminité ", ce sera du Sepia.

Depuis quand ces propos figurent-ils en ligne ? Personne n'en est vraiment sûr. Pour cause, le Dr. Jean-Yves Henri est aux abonnés absents, depuis que les internautes, scandalisés, ont découvert l'existence de son remède, dans le courant du mois de juin, avant que la polémique ne revienne en ce début du mois d'août.

Les utilisateurs de Twitter ne sont pas les seuls à s'indigner. Les homéopathes, aussi, s'en prennent à lui. " Ce n'est pas parce qu'on est médecin, qu'on ne raconte pas d'inepties [...], selon le Dr. Charles Bentz, président du syndicat national des médecins homéopathes. C'est complètement délirant, l'homosexualité n'a jamais été une maladie ".

Interrogé par Allodocteurs.fr, le président de l'association SOS Homophobie, Joël Deumier, estime, de son côté, que le message délivré par cet homéopathe peut représenter un véritable danger. " Si un jeune pense que son homosexualité relève de la pathologie, il risque de s'isoler. Nier son identité sexuelle, c'est nier qui on est. Cela peut conduire à l'échec scolaire par exemple, ou pire, au suicide ", assure ce dernier.

En France, l'homosexualité n'est plus considérée comme une pathologie psychiatrique depuis 1981. Près d'une décennie plus tard, l'Organisation mondiale de la santé, l'a aussi rayé des maladies mentales, en 1990. Ce qui n'a pas empêché, en 2011, des médecins allemands de proposer, comme le Dr Jean-Yves Henri, un traitement homéopathique à des hommes gays, dont des pilules à base de platine et de glucose. L'entêtement de certains n'a visiblement pas de limites.

Video : Ariana Grande - God is a woman !

C'est pas facile le plaisir...

Le paradis tombe à mes pieds...