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vendredi, septembre 04, 2020

Science : Il n'y a pas de " gène gay ", confirme la plus grande étude ADN jamais réalisée !

Comme être petit ou grand, ou plus ou moins intelligent, aimer les hommes ou les femmes n'est pas défini par un seul gène, mais par de multiples régions du génome et, comme tout caractère humain complexe, par d'insaisissables facteurs non génétiques.

C'est la conclusion d'une analyse réalisée en 2019 sur un demi-million de profils ADN par un groupe de chercheurs en Europe et aux Etats-Unis et qui vise à enterrer l'idée née dans les années 1990 qu'il existe un " gène gay " aussi prévisible que ce qui existe pour la couleur des yeux. " Il est de facto impossible de prédire l'orientation sexuelle d'une personne d'après son génome ", dit Ben Neale. 

L'influence conjuguée de plusieurs gènes et de l'environnement : L'orientation sexuelle a bien une composante génétique, disent les chercheurs, confirmant des études précédentes plus petites, notamment sur des jumeaux. Mais cette composante dépend d'une myriade de gènes. " Il n'y a pas de gène gay unique mais de nombreux petits effets génétiques répartis dans le génome ", explique Ben Neale.

A cela s'ajoute un facteur essentiel : l'environnement dans lequel une personne grandit et vit. Pour mieux expliquer, les chercheurs comparent à la taille : l'effet génétique est indiscutable puisque votre taille est liée à celle de vos parents. Mais la génétique n'explique pas tout : votre nutrition pendant l'enfance aura un impact important. C'est ce que les scientifiques appellent l'environnement.

Idem pour le risque cardiaque : Des gènes créent des prédispositions mais votre style de vie, comme votre alimentation, a un rôle plus grand encore.

La composante génétique sans doute minoritaire : La nouvelle analyse statistique a permis de découvrir cinq positions précises sur nos chromosomes, appelées locus, qui apparaissent clairement liées à l'orientation sexuelle, bien qu'ayant chacune une influence " très petite ". Biologiquement, il se trouve qu'un marqueur est aussi associé à la perte de cheveux, ce qui suggère un lien avec la régulation des hormones sexuelles.

" C'est un comportement complexe où la génétique joue un rôle, mais probablement de façon minoritaire. L'effet de l'environnement existe mais on n'arrive pas à le mesurer exactement ".

Le gros de l'analyse a été faite sur des hommes et femmes de la banque britannique UK Biobank, en majorité d'origine européenne, qui avaient répondu à la question : avez-vous déjà eu une relation sexuelle avec une personne du même sexe ?

Loin des certitudes des décennies passées : Au début de la génétique, en 1993, une étude sur 40 familles avait cru identifier un lieu unique, le gène Xq28, définissant l'orientation sexuelle. La nouvelle analyse réfute ce modèle simpliste.

Un chiffre produit par cette étude est susceptible de créer la confusion. Les chercheurs estiment que " 8 à 25% " des différences d'orientation sexuelle dans la population testée sont dues à des variations génétiques. Mais ce chiffre est un concept statistique concernant une population et ne signifie pas que 25% de l'orientation d'une personne dépend de ses gènes.

Un autre résultat remet en cause l'idée que l'orientation sexuelle serait un continuum, selon l'échelle dite de Kinsey, du nom du biologiste américain qui l'a définie en 1948 : de 100% homosexuel à 100% hétérosexuel, en passant par bisexuel. " Supposer que plus on est attiré par quelqu'un du même sexe, moins on est attiré par l'autre sexe est une simplification excessive ", affirment les chercheurs, après avoir comparé les marqueurs génétiques influant sur le nombre de partenaires de chaque sexe.

mercredi, mai 06, 2020

Sexe : Pas de Covid-19 dans le sperme, mais ce n’est pas une raison pour reprendre les plans cul !

Une étude sur des hommes à Wuhan n’a pas trouvé de traces du Covid-19 dans le sperme. L’abstinence sexuelle reste toutefois recommandée.

C’est peut-être une bonne nouvelle. D’après des chercheurs de l’université de l’Utah, il est peu probable que le Covid-19 se transmette via le sperme, comme le rapporte le site LGBT+ américain Towleroad. Toutefois, le virus peut se transmettre par le biais des baisers et d’autres pratiques sexuelles comme l’anulingus.

L’étude a été menée sur 34 hommes adultes âgés de 18 à 55 ans à Wuhan, en Chine, où la pandémie s’est d’abord déclarée. Tous avaient été testés positifs dans les deux mois précédant l’étude. Pourquoi ces premiers résultats sont-ils rassurants ? D’autres virus comme Ebola ou Zika pouvaient se transmettre sexuellement.

Toujours pas de sexe : " Si une maladie comme le Covid-19 était transmissible sexuellement, cela aurait des implications majeures pour la prévention des maladies ", a expliqué à la Salt Lake Tribune l’un des chercheurs de l’université de l’Utah, James Hotaling, spécialiste de l’urologie masculine.

En dépit de cette étude, Towleroad rappelle que la recommandation reste de ne pas avoir de rapports sexuels avant la fin de la pandémie. Et de renvoyer à l’éclairage que donnait un médecin britannique fin mars, conseillant de se reporter sur la masturbation et le sexe en ligne : " Je n’ai jamais fait la promotion de l’abstinence, mais ce message ne vise pas à protéger votre santé sexuelle : il s’agit de protéger votre santé générale et votre entourage contre un virus qui peut être mortel ".

dimanche, janvier 12, 2020

Science : En voulant renforcer leur masculinité, des hommes font baisser leur fertilité !

Les stéroïdes et les médicaments anti-calvitie peuvent affecter la qualité du sperme.

Pour plaire à de potentiel·les partenaires, certains hommes s'efforcent de cultiver un corps musculeux ou une crinière de rêve. Quitte à compromettre leur capacité à avoir des enfants. On appelle cela le paradoxe Mossman-Pacey, d'après James Mossman et Allan Pacey, les deux chercheurs américains ayant récemment théorisé ce phénomène contraire aux principes de l'évolution. Selon ces scientifiques, la prise de stéroïdes ou de pilules anti-calvitie endommage la fertilité masculine de manière parfois irréversible.

" J'ai remarqué que certains des hommes qui venaient pour faire tester leur fertilité étaient énormes, relate James Mossman, chercheur à l'Université de Brown aux États-Unis. Ils essaient d'avoir l'air vraiment grands, bodybuildés, de ressembler à des surhommes au sommet de l'évolution, explique-t-il dans un article de la BBC. Mais paradoxalement, ils se rendent complètement inaptes au sens de l'évolution, puisqu'ils n'ont, sans exception, aucun sperme dans leur éjaculation. […] Ils deviennent des ratés de l'évolution ".

La faute aux stéroïdes anabolisants, régulièrement utilisés par les culturistes, qui imitent l'effet de l'hormone mâle, la testostérone, dans l'organisme et permettent d'améliorer la performance et la croissance musculaires.

Revers de la médaille, ils trompent la glande pituitaire du cerveau, responsable de la sécrétion de nombreuses hormones, en lui faisant croire que les testicules sont en surmenage. La glande réagit donc en arrêtant la production de deux hormones, la FSH et la LH, indispensables à la production de sperme, ce qui engendre des risques d'infertilité considérables chez les hommes consommateurs réguliers de stéroïdes.

Dépression, idées suicidaires ou baisse de la libido : Une réalité cynique que souligne le professeur Allan Pacey, de l'Université de Sheffield : " N'est-il pas ironique que ces hommes se rendent à la salle de sport pour avoir l'air séduisants, la plupart dans le but d'attirer les femmes, et qu'ils amenuisent par la même occasion leur fertilité ? ", interroge-t-il, précisant qu'environ 90% des utilisateurs de stéroïdes anabolisants sont susceptibles de devenir stériles. Un chiffre inquiétant alors que la qualité du sperme des Occidentaux a diminué de 50% en quarante ans.

" Concernant les traitements anti-calvitie, c'est un peu plus aléatoire, mais les ventes atteignent des sommets, ce qui en fait un problème de plus en plus courant ", indique Allan Pacey. En France, le Propecia, appellation commerciale du finastéride, un médicament très utilisé pour lutter contre la calvitie car il modifie la façon dont la testostérone est métabolisée dans l'organisme ( ce qui limite la chute des cheveux ) est prescrit à environ 30.000 hommes chaque année.

Les effets secondaires peuvent inclure la dysfonction érectile et une baisse de la fertilité. D'après les mises en garde des autorités sanitaires, le Propecia peut également engendrer dépression, idées suicidaires ou baisse de la libido.

Pour Allan Pacey, il est urgent de sensibiliser les hommes dès le plus jeune âge aux dangers liés à la consommation de ces médicaments ou stéroïdes. " On en voit de plus en plus dans les cliniques, se désole-t-il. Le message n'est pas entendu, mais il faut que les jeunes hommes comprennent que ces quelques informations pourraient à terme leur éviter beaucoup de chagrin et de détresse ".

vendredi, septembre 20, 2019

Sida : Des chercheurs belges ont localisé le " réservoir viral ", une première mondiale et un espoir pour les patients !

C’est une découverte qui va donner de l’espoir à de nombreux patients. Des chercheurs de l’université de Gand ( Belgique ) ont réussi à localiser l’endroit où se " cache " le virus du Sida. Ce progrès scientifique pourrait donner lieu, un jour, à une véritable guérison, rapporte la RTBF.

Les scientifiques ont identifié où se trouvait le " réservoir viral " de la maladie, à savoir la petite quantité du virus qui reste stockée dans le corps. Si les traitements permettent de maintenir le virus sous contrôle, l’existence de ce réservoir rend possible la réapparition de la maladie dès l’arrêt des soins ou de la prise du médicament.

Une petite partie du virus reste dans le corps : Il existe donc toujours un risque de " viral rebound ", ou charge virale. De plus, " le système immunitaire reste atteint ", résument les chercheurs, interrogés par la RTBF. " Les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer sont donc plus élevés chez les patients séropositifs ".

En étudiant onze patients volontaires qui avaient arrêté leur traitement, les scientifiques belges savent maintenant que le virus se cache dans des " cellules immunitaires spécifiques " et " reste ainsi sous le radar ". L’étude a prouvé que toutes ces cellules immunitaires sont " coresponsables " de ce réservoir viral. Autant d’avancées qui permettront peut-être, un jour, d’éliminer totalement le virus du corps des malades.

mercredi, septembre 04, 2019

Science : Une gigantesque analyse ADN confirme qu'il n'y a pas de " gène gay " !

Des chercheurs ont étudié les profils génétiques d'un demi-million de personnes. Il est " impossible de prédire l'orientation sexuelle d'une personne d'après son génome ".

C'est une analyse de très grande ampleur, qui vient éclairer un débat scientifique épineux. Comme être petit ou grand, ou plus ou moins intelligent, aimer les hommes ou les femmes n'est pas défini par un seul gène, mais par de multiples régions du génome et, comme tout caractère humain complexe, par d'insaisissables facteurs non génétiques.

C'est la conclusion d'une analyse réalisée sur un demi-million de profils ADN par un groupe de chercheurs en Europe et aux Etats-Unis, et dont la publication jeudi par la prestigieuse revue Science vise à enterrer l'idée née dans les années 1990 qu'il existe un " gène gay " aussi prévisible que ce qui existe pour la couleur des yeux. " Il est de facto impossible de prédire l'orientation sexuelle d'une personne d'après son génome ", dit Ben Neale, membre du Broad Institute d'Harvard et du MIT, l'une des nombreuses institutions dont sont issus les auteurs.

L'orientation sexuelle a bien une composante génétique, disent les chercheurs, confirmant des études précédentes plus petites, notamment sur des jumeaux. Mais cette composante dépend d'une myriade de gènes. " Il n'y a pas de gène gay unique, mais de nombreux petits effets génétiques répartis dans le génome ", explique Ben Neale. A cela s'ajoute un facteur essentiel : l'environnement dans lequel une personne grandit et vit.

Comportement complexe : Pour mieux expliquer, les chercheurs comparent à la taille, l'effet génétique est indiscutable, puisque votre taille est liée à celle de vos parents. Mais la génétique n'explique pas tout : votre nutrition pendant l'enfance aura un impact important. C'est ce que les scientifiques appellent l'environnement. Idem pour le risque cardiaque : des gènes créent des prédispositions, mais votre style de vie, comme votre alimentation, a un rôle plus grand encore.

La nouvelle analyse statistique a permis de découvrir cinq positions précises sur nos chromosomes, appelées locus, qui apparaissent clairement liées à l'orientation sexuelle, bien qu'ayant chacune une influence " très petite ". Biologiquement, il se trouve qu'un marqueur est aussi associé à la perte de cheveux, ce qui suggère un lien avec la régulation des hormones sexuelles. Vraisemblablement, il existe des centaines ou des milliers d'autres marqueurs, que de futures analyses sur de plus grandes banques ADN pourraient un jour découvrir.

" C'est un comportement complexe où la génétique joue un rôle, mais probablement de façon minoritaire. L'effet de l'environnement existe, mais on n'arrive pas à le mesurer exactement ", ajoute Fah Sathirapongsasuti, scientifique de 23andme.com, un site de tests ADN qui a contribué à l'étude avec des profils génétiques de clients (volontaires).

Le gros de l'analyse a été fait sur des hommes et femmes de la banque britannique UK Biobank, en majorité d'origine européenne, qui avaient répondu à la question : avez-vous déjà eu une relation sexuelle avec une personne du même sexe ?

L'étude réfute un modèle simpliste : Les auteurs ont conscience de la délicatesse du sujet, et les deux chercheurs ci-dessus ont pris soin de rappeler, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes mardi, qu'ils étaient eux-mêmes gays. Désireux d'éviter toute mauvaise interprétation, ils sont allés jusqu'à consulter des associations LGBT sur la façon de communiquer leurs résultats, qu'ils ont résumés sur un site spécial, geneticsexbehavior.info ( en anglais ).

L'association américaine GLAAD a salué des travaux confirmant " qu'être gay ou lesbienne est une partie naturelle de la vie humaine ". Au début de la génétique, en 1993, une étude sur 40 familles avait cru identifier un lieu unique, le gène Xq28, définissant l'orientation sexuelle. La nouvelle analyse réfute ce modèle simpliste. Un chiffre produit par cette étude est susceptible de créer la confusion. Les chercheurs estiment que " 8 à 25% " des différences d'orientation sexuelle dans la population testée sont dues à des variations génétiques.

Mais ce chiffre est un concept statistique concernant une population et ne signifie pas que 25% de l'orientation d'une personne dépend de ses gènes. Un autre résultat remet en cause l'idée que l'orientation sexuelle serait un continuum, selon l'échelle dite de Kinsey, du nom du biologiste américain qui l'a définie en 1948 : de 100% homosexuel à 100% hétérosexuel, en passant par bisexuel.

" Supposer que plus on est attiré par quelqu'un du même sexe, moins on est attiré par l'autre sexe est une simplification excessive ", affirment les chercheurs, après avoir comparé les marqueurs génétiques influant sur le nombre de partenaires de chaque sexe.

samedi, février 09, 2019

UK : Alan Turing nommé figure la plus iconique du XXe siècle !

Alan Turing, le père de la science de l’informatique, qui était homosexuel, a été nommé par la BBC comme étant la figure la plus emblématique du XXe siècle, ce mardi 5 février 2019. Devant Martin Luther King ou Nelson Mandela.

Il est le père de la science de l’informatique. Il a réussi à briser le code de la machine nazi Enigma pendant la seconde guerre mondiale. Alan Turing a été nommé, ce mardi 5 février 2019, figure la plus emblématique du XXe siècle, lors d’une émission diffusée sur la chaîne britannique BBC Two. Il est aujourd’hui considéré comme l’une des icônes des sciences de l’informatique et a largement contribué au développement de l’intelligence artificielle.

Gracié en 2013 : Ouvertement gay, il a été poursuivi en justice peu après la guerre, en 1952, par les autorités britanniques. Alan Turing était suspecté " d’homosexualité ". La police a tenté de le forcer à faire une thérapie afin de " soigner " son homosexualité. Afin d’éviter la prison, ce dernier a accepté la castration chimique par prise d’œstrogènes. Il a été retrouvé mort par empoisonnement au cyanure, dans la chambre de sa maison au sud de Liverpool, en 1954.

Ce mathématicien a toujours travaillé dans l’ombre et dans le secret, surtout pendant la seconde guerre mondiale. Il aura fallu attendre les années 1970 pour que son travail soit enfin reconnu. La reine Elisabeth II l’a érigé au rang de héros de guerre et l’a gracié à titre posthume en 2013.

Au total, près de 49.000 hommes gays ont été poursuivis pour homosexualité au Royaume-Uni. Parmi eux, Alan Turing, ou encore le poète Oscar Wilde.

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mardi, septembre 04, 2018

Science : Chez les garçons, une puberté précoce augmente les risques de toxicomanie !

La corrélation, liée à la testostérone, est particulièrement forte chez les jeunes Blancs.

Pour les Américains blancs, plus la puberté intervient tôt, plus le risque d'abus d'alcool, de drogues ou encore de médicaments est élevé. Telle est la principale conclusion d'une étude menée par des chercheurs de l'université de Pittsburgh et de l'université Purdue. Des observations qui ciblent comme premier coupable la testostérone et ses effets sur le cerveau. Des facteurs hormonaux qui vont ensuite jouer sur l'intensité de la pression sociale que subissent les jeunes Blancs à l'adolescence et qui les pousse aux excès en tout genre.

" Plus vous goûtez tôt à l'alcool ou à d'autres types de drogues, commente Kristine Marceau, spécialiste des facteurs biologiques des troubles du comportement et auteur principal de l'article, plus vous avez de risques de développer une addiction au cours de votre vie et de connaître des problèmes d'abus de substance. Un bon moyen de prévenir ces problèmes est de retarder cette première expérience le plus tard possible ".

Tout un corpus scientifique indique que plus la puberté débute tôt, plus les comportements " problématiques " ( agressivité, délinquance, conduites à risque, etc. ) sont fréquents chez les individus concernés. Ce qui a incité les chercheurs dirigés par Marceau à vouloir identifier un éventuel lien biologique entre puberté précoce et soucis comportementaux afin, notamment, de savoir si ces problèmes sont uniquement d'ordre socio-éducatif. Un autre corpus scientifique attribue en effet l'augmentation des conduites à risque au fait que les garçons font " plus vieux " que leur âge et seraient dès lors plus vulnérables aux pressions de leur entourage.

L'étude de Marceau et de ses collègues se fonde sur des données de l'Institut nord-américain des drogues rassemblant 534 garçons suivis entre 1989 et 2009. La moitié d'entre eux venaient de familles où le père était aussi touché par la toxicomanie. Une proportion supérieure à la moyenne de la population, mais un biais nécessaire pour déterminer le rôle de l'histoire familiale quant au risque d'abus chez les adolescents.

Au début de l'étude, les sujets avaient 11 ans. De 16 à 30 ans, leur consommation de plusieurs substances (alcool, cannabis, cocaïne, opiacées, tabac, etc.) fut scrupuleusement observée. Parallèlement, des prélèvements hormonaux allaient être effectués à 11, 13 et 16 ans, avec diverses mesures du développement pubertaire –ou stades de Tanner. Il en ressort que les adolescents blancs les plus précoces sur un plan pubertaire avaient aussi les taux de testostérone et le risque d'abus de substance les plus élevés de la cohorte. Des données cohérentes avec le fait que la testostérone est susceptible d’accélérer le développement de zones cérébrales associées aux comportements ordaliques, avant que les régions dédiées à la prise de décision et au contrôle des impulsions n'aient atteint un développement optimal. Un décalage qui, selon Marceau, pourrait expliquer la corrélation entre augmentation du risque d'abus de substance et précocité pubertaire.

En outre, en comparant ce risque entre les différents groupes ethniques présents dans l'échantillon ( blancs et non-blancs, constitués pour leur part de 87% d'afro-américains et de 13% d'origine " bi ou multiraciale " ), Marceau et ses collègues ont pu statuer que cette corrélation ne concernait de manière statistiquement significative que les adolescents blancs.

La chercheuse espère que ses travaux permettront d'élaborer de nouvelles stratégies de prévention, mais elle met aussi en garde contre une lecture trop déterministe ( ou pessimiste ) de leurs résultats. " Que le lien entre la puberté et l'abus de substance tienne davantage de la testostérone que de l'apparence physique ne veut pas dire que l'éducation n'aura aucun effet. Les parents doivent faire attention à leurs adolescents et veiller à ce qu'ils aient le minimum d'occasions de consommer des substances addictives ". En d'autres termes, si un taux de testostérone élevé pourrait prédisposer les adolescents à la toxicomanie, il n'en est en rien la garantie.

dimanche, décembre 17, 2017

Science : La découverte de possibles " gènes de l'homosexualité " doit-elle nous inquiéter ?

Des scientifiques auraient décelé deux gènes qui auraient une influence sur l'orientation sexuelle. Pour le meilleur comme pour le pire ?

Les gays ont-ils des gènes particuliers ? C'est la question à laquelle tentent de répondre bien des chercheurs depuis plusieurs décennies. Et qui ne va pas sans soulever un certain nombre de problématiques éthiques, indique Vice.

Jusqu'alors peu fructueuse, la recherche d'un marqueur génétique déterminant l'homosexualité –ou non– d'un individu pourrait bien connaître un tournant. Publiée la semaine dernière, une étude américaine évoque la découverte de deux gènes spécifiques qui pourraient potentiellement jouer un rôle dans le développement de l'orientation sexuelle.

Pour aboutir à cette conclusion, une équipe de chercheurs de la NorthShore University a comparé des extraits d'ADN de 1.231 hétérosexuels et de 1.077 homosexuels " d'origine européenne ". On note au passage que la sexualité des femmes, considérée (à tort ou à raison) par la science comme plus " fluide ", n'a pour l'occasion pas été prise en compte.

Les hommes observés ont été divisés en deux groupes distincts formés sur la base de leur identité sexuelle, mais également de leur score à l'Échelle de Kinsey. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une échelle inventée par Alfred Kinsey, pionnier de la sexologie scientifique connu pour ses travaux sur le comportement sexuel des femmes et des hommes. Graduée de zéro à six ( zéro correspondant à une hétérosexualité " totale ", et 6 à une homosexualité " totale ", incluant une large palette de nuances au milieu ), l'échelle évalue l'orientation sexuelle supposée d'un sujet à partir d'expériences et de réactions psychologiques.

Chromosomes 13 et 14 : En analysant le génome de tous les participants, les scientifiques sont parvenus à repérer deux gènes qui semblent différer en fonction de l'orientation sexuelle, décrypte New Scientist. L'un sur le chromosome 13, l'autre sur le chromosome 14. Le premier pourrait être concluant, explique Vice, car s'exprimant au sein de l’hypothalamus, une structure profonde du cerveau qui varierait en taille selon l’orientation sexuelle d'un homme. Le gène identifié sur le chromosome 14, quant à lui, s'exprime surtout au niveau de la thyroïde. Sa présence fait écho à une étude précédente, qui avait établi un possible lien entre dysfonctionnements thyroïdiens et homosexualité masculine.

Les auteurs de l'étude eux-mêmes le reconnaissent : " Ces liens potentiels demeurent spéculatifs ". Car l'échantillon n'est composé que d'hommes européens et sa taille est considérée comme relativement petite en matière d'analyses génétiques. Pour être réellement crédible, estime le journaliste Justin Lehmiller, les résultats devront être observés sur des échantillons plus variés et plus importants.

Surtout, la présence de gènes inclinant davantage vers l'homosexualité ne veut pas dire que la personne sera effectivement gay. D'autres facteurs viennent se mêler. Reste aujourd'hui à mesurer l'effet réel de cette découverte sur l'orientation sexuelle.

Débat en terrain miné : Transmission génétique (inné) ou sexualité construite et influencée par des éléments environnementaux (acquis) ? Les experts, à l'image de l'opinion publique, demeurent divisés. En 2010, des chercheurs de l'université de Liège affirmaient " qu'on naît homosexuel ", et qu'être gay ne relevait en rien d'un choix ou d'une " déviance psychologique ". D'autres évoquent un savant mélange entre " naître " et " devenir " gay.

L'étude de l'origine de l'homosexualité s'inscrit dans un féroce débat politique entre un courant conservateur ( mais pas que ) selon lequel l'homosexualité répondrait du libre arbitre et du parcours de chacun. Poussé à l'extrême, ce postulat induit la mise en place des très inquiétantes " thérapies de conversion " visant à " soigner " les homosexuels. Plusieurs États américains autorisent d'ailleurs la thérapie de réorientation sexuelle pour mineurs.

Et de l'autre, ceux qui, s'appuyant sur les témoignages d'une majorité d'homosexuels et donnant crédit à la plupart des scientifiques, adhèrent à l'idée d'une prédisposition biologique. Ce qui va généralement de pair avec un traitement juridique bien plus égalitaire.

Risques et dérives : Entre avancée scientifique et dérives eugéniques, il n'y a qu'un pas. C'est du moins ce que craignent de nombreux observateurs, qui pointent du doigt les risques que suppose l'identification de " gènes homosexuels ". À savoir, l'hypothétique tentation de modifier les gènes en question dans le but d'éradiquer l'homosexualité.

" On peut légitimement se demander si les dangers de telles recherches ne surpassent pas leurs bénéfices, commente le journaliste Justin Lehmiller. D'autant plus que deux personnes pourraient porter ce même gène sans pour autant que cela se traduise chez elles de la même façon ", ajoute-t-il en se référant aux multiples " types " d'homosexualité en lesquels croient bon nombre de chercheurs. Une simplification potentiellement dangereuse, alors même que les gènes discutés pourraient également être associés à d'autres paramètres biologiques nécessaires à la survie humaine.

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mercredi, septembre 13, 2017

En savoir plus : Une intelligence artificielle devine si vous êtes gay ou hétéro à partir d'une photo, bien mieux que les humains !

Lundi, c'est distopie, dans la vraie vie. Comme nous l'apprenons cette semaine dans The Economist, les machines savent tout, ou presque, du moins elles s'en rapprochent : certaines peuvent repérer vos maladies, décomposer votre génome, recomposer votre visage à partir d'un échantillon ADN (ce qui permettrait de connaître la tête du meurtrier à partir d'un fragment de poil, dites adieu au genre entier du polar). 

D'autres, comme Alexa, prennent des décisions à notre place à coups de sons inaudibles à l'oreille humaine. Il paraît qu'Apple va se servir de notre visage pour délocker les futurs iPhones, et qu'on peut payer avec un sourire en Chine. Il y a un an, une entreprise israélienne se vantait de pouvoir prédire qui était terroriste par reconnaissance faciale. Et au cas où les machines ne suffiraient pas, il reste notre propre intuition (fondée sur des indices bien rationnels) : il y a quelques mois, on découvrait que les humains savent repérer au visage qui est riche ou pauvre, avec un stupéfiant taux de réussite.

Et donc, étape suivante, il semblerait que la reconnaissance faciale fonctionne de manière très efficace pour repérer les gays et lesbiennes. Si vous êtes un homme, cette intelligence artificielle peut prédire votre orientation sexuelle à 81% de précision sur une seule photo, et 91% sur cinq photos (moins facile pour les femmes : respectivement 71 et 83% ). Comment ça marche ? Par reverse apprentissage : le logiciel a été nourri de 35000 images de personnes ayant déclaré leur orientation sexuelle ( les photos ont été piochées sur un gros site de rencontre ). Il a ensuite commencé à analyser leurs ressemblances, pour un résultat, à l'arrivée, bien meilleur que notre œil humain ne le permet – les humains en effet ne reconnaissent un gay que 61% du temps, et une lesbienne 54% du temps, soit quasiment autant que s'ils choisissaient au hasard.

La reconnaissance n'est certes pas parfaite, elle connaît des limites, et vous m'objecterez qu'il y a des garde-fous démocratiques qui interdisent d'utiliser ces données, mais :

1) Les logiciels progressent.
2) Les lois ne sont pas toujours respectées.
3) Tout le monde ne vit pas en démocratie.

Et puisque notre vie privée pourrait bien être découpée en morceaux, alors les personnes, entreprises, gouvernements, intéressés par cette information, ne se décourageront pas face au " risque " de l'erreur statistique. ( Si vous êtes un tyran qui a décidé d'utiliser les homosexuels comme boucs émissaires de tous les dysfonctionnements ou de toutes les paniques morales, vous ne faites pas dans la dentelle, et vous vous moquez bien d'envoyer quelques hétéros au bûcher ) ...

Mais même au-delà de la simple orientation sexuelle. Entre le risque terroriste, le degré de richesse, le bonheur, la maladie et une quelconque " gay face ", il n'y a aucune raison que la reconnaissance faciale s'arrête en si bon chemin. Je pense notamment à l'intelligence. Ou même à la beauté. Dans un monde où les barrières éthiques tomberaient, on pourrait évoluer vers une société à péages constants : un scanner à l'entrée des boîtes de nuit pour ne laisser passer que les happy fews, des ascenseurs interdits aux pauvres, des patrons qui savent avant vous que vous êtes enceinte, des enfants envoyés en prison avant qu'ils ne commettent un crime, de la discrimination invisible, exercée tellement en amont qu'elle deviendra improuvable.

Et en séduction ? On pourrait imaginer des Google Glasses qui présélectionnent nos futurs partenaires : on pourrait imaginer des bars où on ne pourrait interagir qu'avec des personnes qui sont présélectionnées par la machine (les autres pourraient même devenir invisibles... notez d'ailleurs que je ne vais pas chercher ma distopie dans un futur lointain, vu que c'est exactement ce que propose la dernière upgrade de Tinder ).

Face à la machine, pas de négociation possible, ni de cajoleries, ni d'intimidations. Et puis l'automatisation de l'administration ou même des banques, serait tellement bonne pour l'économie, n'est-ce pas ? Tous ces bullshit-jobs en moins qui mettront la moitié de la France au chômage ?

Jusqu'à maintenant, on peut relativement protéger sa vie privée sous des mensonges ou des mots de passe. Mais sauf à se voiler, on ne peut pas protéger son visage. C'est là qu'on va devoir faire des choix de société : la possibilité du mensonge et du repli, contre la violence du tout-savoir. L'efficacité contre la marge d'erreur. La machine contre nous, mais paradoxalement, en nous.

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dimanche, février 26, 2017

Science : La bisexualité (aussi) se voit dans le cerveau !

Chez les hommes à tout le moins, les schémas d'activité cérébrale semblent bien cohérents avec leur orientation sexuelle.

Encore pire que l'homosexualité féminine, la bisexualité est le parent pauvre des recherches scientifiques explorant la biologie de nos orientations sexuelles. Publiée le 1er février, une étude rééquilibre quelque peu la balance et nous montre que les bisexuels (hommes, on ne peut pas tout avoir) semblent bien manifester une activité cérébrale spécifique, distincte de leurs congénères " monosexuels " –c'est-à-dire homo– et hétérosexuels.

Mené par une équipe de psychiatres, psychologues et neurologues allemands et américains, dirigés par Adam Safron de l'université Northwestern, ce travail aura rassemblé 26 hétérosexuels, 25 homosexuels et 28 bisexuels recrutés sur Craigslist. Un échantillon pouvant sembler faible, mais qui, par rapport à la norme des recherches en neuro-imagerie, penche en réalité du côté des bien fournis. Ce qui ne l'immunise pas contre le " biais de la loi des petits nombres " chère à Kahneman et Tversky et contre des effets modestes en taille, mais conséquents en significativité, passés totalement inaperçus. Des limites que les chercheurs sont, évidemment, les premiers à souligner et à vouloir un jour dépasser.

Vidéos sexuellement explicites : Pour participer à l'étude, les volontaires bisexuels devaient avoir au moins eu deux partenaires sexuels et un partenaire amoureux (dans le cadre d'une relation supérieure ou égale à trois mois) de chaque sexe (sans qu'aucun justificatif ne soit pour autant exigé). Ensuite, par le biais de questionnaires, l'orientation sexuelle des participants était évaluée selon une échelle de Kinsey légèrement retoquée et allant de 0 (exclusivement hétéro) à 6 (exclusivement homo). En moyenne, les individus qui s'étaient identifiés comme hétérosexuels se situaient à 0.4, les bisexuels à 3.2 et les homosexuels à 5.7 –en d'autres termes, rien que de plus " normal ".

Par ailleurs, les individus étaient âgés de 25 à 50 ans, avec une moyenne de 32,3 ans pour les hétérosexuels, 37,5 pour les bisexuels et 33,2 pour les homosexuels. Enfin, l'échantillon était ethniquement assez divers, vu qu'il comprenait 60,76% de Caucasiens, 10,13% d'Hispaniques, 12,66% d'Afro-Américains, 6,33% d'Asio-Américains et 10,13% d'individus se déclarant d'origines multiples.

Dans l'expérience en tant que telle, les participants devaient regarder des images et des vidéos sexuellement explicites, comportant des hommes ou des femmes nus agissant selon diverses configurations –hommes, femmes ou hommes et femmes ensemble–, tandis que les chercheurs surveillaient l'activité de leur cerveau par IRM.

Toujours un sexe de préférence : Les résultats –détaillés comme il se doit dans l'étude en libre d'accès– montrent que les schémas d'activité cérébrale sont bien caractéristiques des trois types d'orientation sexuelle. Des différences notamment saillantes dans le striatum ventral, une zone que l'on sait (surprise) associée à l'expérience érotique et à la gratification, qu'elle soit ou non sexuelle.

Une nouvelle qui n'en est pas vraiment une concernant les homosexuels et les hétérosexuels, mais qui relève d'une petite découverte pour les bisexuels, vu que cette étude est la première à établir des corrélats neuronaux cohérents avec leur orientation. En résumé, l'activité de leur cerveau sexuellement excité se montre beaucoup moins discriminante que celle des homos et des hétéros, même si les chercheurs remarquent combien les bisexuels semblent toujours garder un sexe de prédilection, qui les émoustille davantage que l'autre.

À l'avenir, Safron et ses collègues voudraient reproduire ces expériences de manière longitudinale, pour voir quand ces schémas d'activité commencent à se manifester chez les individus et si, en tendance, ils évoluent au cours de la vie ou demeurent stables. Un projet qui n'est pas sans obstacles éthiques, vu qu'il impliquerait de montrer des images érotiques à des enfants. Ou qui exigerait de trouver des astuces méthodologiques pour faire sans.

mercredi, septembre 14, 2016

En savoir plus : Oui, le gaydar existe. Mais l'orientation sexuelle ne saute logiquement pas aux yeux !

L'existence et l'efficacité du fameux " gaydar ", dans sa version pacifique, viennent d'être formellement attestées dans un tour de la littérature scientifique effectué par Nicholas O. Rule, chercheur en psychologie à l'Université de Toronto. Décryptage de notre contributrice, Peggy Sastre.

Les humains sont des animaux extrêmement sociaux. Et en tant qu'espèce extrêmement sociale, l'extrême majorité de notre existence consiste en une succession de rencontres et d’interactions avec des membres de notre espèce. Certains de ces échanges sont durables et complexes – comme les relations que nous entretenons avec nos amis, notre famille, nos partenaires amoureux –, mais les plus fréquents sont aussi fugaces qu'anonymes.

Sauf que ce n'est pas parce qu'une interaction est expéditive qu'elle est pour autant insignifiante. Au contraire, c'est dans ce genre " d'engagement minimal " qu'intervient l'une des questions parmi les plus littéralement vitales pour un individu : la personne que j'ai en face de moi me sera-t-elle bienveillante ou hostile ? (Et, corollaire: dois-je être hostile ou bienveillant vis-à-vis de cette personne ? )

Une existence et une efficacité formellement attestées : Dans un contexte évolutionnaire, une grosse partie de la réponse réside dans l'impression de proximité que donne la personne en question. Ce qui explique pourquoi les marqueurs les plus évidents d'un endogroupe ou d'un exogroupe – le sexe, la race ou encore l'âge – sont aussi les traits les plus manifestes sur lesquels nous pouvons nous baser pour " identifier " quelqu'un, c'est-à-dire le catégoriser.

Reste qu'il existe une myriade d'autres petits bouts d'informations que notre cervelle a été sélectionnée pour détecter et traiter au plus vite et au plus fiable. Des informations qui, si elles sautent beaucoup moins aux yeux, n'en sont pas moins parfaitement nécessaires pour déterminer dans quel camp nous nous plaçons par rapport à ceux qui nous font face. Parmi ces informations, il y a celles qui nous permettent d'inférer leur orientation sexuelle. Le fameux " gaydar ", dans sa version pacifique, et dont l'existence et l'efficacité viennent d'être formellement attestées dans un tour de la littérature scientifique effectué par Nicholas O. Rule, chercheur en psychologie à l'Université de Toronto.

Les chiffres sont sans appel: les indices non-verbaux que sont le comportement, l'apparence et la façon de parler d'une personne permettent de détecter son orientation sexuelle respectivement dans 64%, 62% et 63% des cas – soit une probabilité significativement supérieure à celle du simple hasard qui, rappelons-le, représente 50% de chances de (ne pas) se tromper. Une fiabilité d'autant plus réelle qu'il s'agit là d'estimations conservatrices, c'est-à-dire calculées au plus sûr: en réalité, il se pourrait bien que ces probabilités soient encore plus élevées et le gaydar encore plus infaillible.

Mais parce qu'elle est, comme il se soit, prodigieusement fouillée, le plus intéressant de l'étude de Nicholas O. Rule se loge dans ses détails. Des détails qui méritent, comme de juste, qu'on s'y attarde.
Les premiers " codes " d'identification homosexuelle : Ainsi, Rule prend-il le temps de rappeler que les premiers " codes " d'identification homosexuelle viennent des homosexuels eux-mêmes. Du temps d'Oscar Wilde, porter un habit doublé d’étoffe verte faisait office de clin d’œil entendu pour les regards britanniques avisés. A peu près au même moment, à New York, l'astuce s'incarnait dans une cravate rouge. Chez les lesbiennes européennes de la Belle Époque et au-delà, on savait tirer profit de toutes les ambiguïtés inhérentes au " travestissement ". Et dans les années 1970, en plein boom de la culture pré-sida de la " chasse " (cruising), le fait de porter tel bandana de telle couleur à telle poche de votre jean en disait énormément sur vos goûts et vos dégoûts. D'autres éléments relatifs à l'apparence ou à la posture peuvent aussi entrer en ligne de compte. Par exemple, il a été démontré que les lesbiennes, en tendance, sont plus massives que les femmes hétérosexuelles, notamment parce que les codes de séduction entre femmes sont relativement différents qu'entre hommes et femmes. Certaines études laissent aussi entendre qu'un rejet des normes genrées " traditionnelles " pourrait mener à un désir de non-conformité physique, révélé dans le fait que les lesbiennes connaissent généralement un pic de " masculinisation " dans leur apparence après leur coming-out.

Un " gaydar " parfaitement prédictif : Mais le phénomène intervient en réalité bien plus tôt. Dans une série d'expériences consistant à montrer à des volontaires des vidéos d'enfants et à leur demander de déterminer l'orientation sexuelle qu'ils manifesteront une fois adultes (ce qu'ils sont devenus au moment de l'étude, sans que les participants n'en aient la moindre idée), plusieurs chercheurs ont montré que le " gaydar " pouvait se révéler parfaitement prédictif.

De même, qu'importe que les individus croient dissimuler leur orientation, une part significative d'observateurs sera toujours capable de la détecter. Ce qui prouve, comme l'explique Rule, que " la perception de l'orientation sexuelle pourrait dès lors se fonder sur des éléments basiques ".

Parmi ces éléments basiques, une certaine spécificité morphologique, à un niveau autant corporel que facial, est en première ligne, comme l'attestent des études observant la fiabilité du gaydar face à des images statiques. Une réalité qui appuie par ailleurs les hypothèses d'une origine généralement biologique de l'homosexualité: des hormones développementales semblent faire davantage grandir les hommes hétérosexuels et les lesbiennes que les gays et les hétérosexuelles ; le même genre de mécanisme physiologique pourrait être à l’œuvre dans le fait que, par rapport au tronc, les gays ont des jambes plus courtes que les hétérosexuels, et les lesbiennes des jambes plus longues que les hétérosexuelles.

Rendez-vous dans 100.000 ans : L'un dans l'autre, si l'étude de Rule atteste de l'existence et de la fiabilité du gaydar, il n'en reste pas moins que les traits qu'il prend en compte pour rendre son verdict sont des plus subtils, voire ambigus, si ce n'est tout simplement (pour le moment) indétectables.

Ce qui tombe relativement sous le sens, vu le double-tranchant que peut représenter une orientation sexuelle minoritaire et la catégorisation sociale qui en découle : il y a certes beaucoup à gagner à se trouver des amis, mais il y a surtout énormément à perdre à tomber sur des ennemis. Une réalité d'autant plus funeste que l'on remonte dans le temps.

La marche de nos sociétés vers davantage de tolérance, d'acceptation et d'inclusion des individus à l'orientation et à l'identité sexuelles " atypiques " rendra-t-elle moins équivoques les traits permettant de les percevoir ? Rendez-vous dans 100.000 ans (au bas mot) pour avoir un début de réponse.

mercredi, mars 30, 2016

Santé : Le sexe est devenu une injonction hygiénique !

Le bon baiseur dormira mieux la nuit, il tombera moins malade, il sera plus sympathique, bon voisin… Inutile de vous rejouer indéfiniment le même disque : oui, le sexe est devenu une injonction hygiénique. Il n’est plus question de l’apprécier pour la gratuité du plaisir – gratuité, dans le monde moderne ?

Rappelez-vous : quand quelque chose est gratuit, c’est que vous êtes le produit. Nous sommes sommés de forniquer utile, c’est acquis. Le bon baiseur dormira mieux la nuit, il tombera moins malade, donc posera moins de congés maladie, il divorcera moins, ses hormones seront aussi alignées que ses dents, il gèrera mieux la douleur, il reproduira la patrie, il sera généralement plus satisfait, sympathique, bon voisin, il recyclera ses poubelles et donnera à Amnesty International – il sera un meilleur citoyen. Si j’étais dictateur, j’obligerais tout le monde à avoir des orgasmes : quand on halète, on se tait.

Je vous entends, contestataires, prêts à lever le flambeau de la révolte – et pas que. Mais déplorer cette sexualité utile reviendrait, quand même, à cracher dans la soupe. Il se trouve que nous possédons un câblage dans notre corps qui, pour la majorité d’entre nous, et la majorité du temps, fonctionne. Une activité qui nous fixe, qui souvent nous rend heureux. Une réparation très fondamentale, comme manger quand on a faim. Il paraît que la santé et le bonheur passent par l’estomac, que nous avons un deuxième cerveau dans le ventre, avec neurones et intelligence de la digestion – c’est important la digestion, prend-on encore le temps de digérer ce qui nous nourrit, surtout intellectuellement ? Déguste-t-on encore ? Ou préférons-nous le prédigéré – aux grands mous, les grands remèdes ? Si nous avons un cerveau dans l’estomac, nous pouvons bien en avoir un dans le sexe. Pour tout estomac bien accroché, pour tout gaillard solide qui en a dans le ventre, vous avez des crétins qui pensent avec leur sexe, lequel n’a pas d’œil mais quantité de nerfs et, à ma connaissance, pas encore de neurones – mais ça viendra. 

Le champ du développement personnel : La sexualité a tous les atouts, et une grosse force d’impact. Il semble donc parfaitement logique qu’elle investisse le champ du développement personnel. Quelle différence entre les guides pour se faire des amis, et les manuels pour séduire le comptable ? Où mettez-vous votre dignité, et votre pragmatisme ?

De manière intéressante, jusqu’à présent, la logique était inverse. On se procurait un livre d’aide par la luminothérapie, les bactéries ou la méditation, et un chapitre était consacré au sexe. C’était bien pour les ventes, et parler de soins sans parler de sexe aurait été plus qu’un oubli – une faute professionnelle. Aujourd’hui, si vous achetez un manuel sexuel, vous trouverez certainement un chapitre consacré à l’alimentation, un chapitre consacré aux endorphines, dopamines, ocytocines, un chapitre consacré à la méditation, un autre pour la connexion spirituelle, un autre encore pour l’accouchement orgasmique, ou pour le couple durable, ou encore pour la gestion des relations avec les enfants, et ainsi de suite.

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mercredi, mars 09, 2016

Science : Pourquoi les hommes mettent leur main dans leur slip ?

La science avance plusieurs explications : Mettre sa main dans son slip au contact de ses parties génitales, c’est un réflexe commun à beaucoup d’hommes sur Terre, qui a le don d’agacer voire de dégoûter la plupart des femmes.

Pour expliquer cette fâcheuse habitude, la science avance pas moins de trois hypothèses différentes. Pour certains chercheurs, les hommes font cela inconsciemment non pas par confort pour replacer leurs testicules mais par l’impérieuse nécessité de… se protéger, tout simplement.

Ce réflexe remonterait au début de l’histoire de l’humanité assure sans rire Vanessa Van Edwards, une spécialiste du langage corporel, à une époque où l’homme devait affronter la violence au quotidien. Si la menace est moins prégnante aujourd’hui, cette nécessité ressentie de protection serait parvenue jusqu’au cortex des hommes modernes.

Une question de survie ?

Dans un ouvrage, Vanessa Van Edwards ose même une comparaison contemporaine en expliquant que l’homme se sert de sa main comme d’une assurance contre les proches susceptibles de lui porter un coup préjudiciable aux bourses ou à un enfant maladroit avec ses jouets.

Une autre hypothèse avancée par les chercheurs sur ce geste qui ne répond pas particulièrement à la bienséance serait plus naturelle. Il s’agirait pour l’homme de conserver ses testicules à la bonne température pour assurer une correcte fabrication de spermatozoïdes. Mettre sa main dans son pantalon relèverait alors d’un réflexe lié à la survie de l’espèce. Rien de moins.

Calmer les ardeurs sexuelles : La dernière hypothèse avancée est plus pragmatique encore. Mettre sa main dans un slip calmerait les ardeurs sexuelles des hommes. C’est en tout cas ce qu’assure la revue Frontiers in Psychology. Selon elle, le fait pour un homme de se toucher les organes, de manière non-sexuelle entendons-nous bien, libérerait de l'ocytocine, autrement dit " l’hormone du bonheur ", la même qui est libérée par l’homme lorsqu’il embrasse son partenaire ou qu'il fait l'amour.

Si ces hypothèses peuvent paraître farfelues voire sujettes à caution, elles constitueront dans tous les cas des arguments pour les hommes surpris la main dans le pantalon.

Source

dimanche, janvier 17, 2016

Science : Pourquoi il ne faut pas croire toutes les études scientifiques !

Non, les gens ayant des grands frères n’ont pas plus tendance à être homosexuels. En 2006, une étude du chercheur Canadien Anthony F. Bogaert fit grand bruit. Elle établissait, chiffre à l’appui, que les gens avec plusieurs grands frères avaient plus tendance, toute chose égale par ailleurs, à être homosexuels.

Le psychologue de l’Université de Brock avait regroupé différents facteurs sociaux, comme le nombre de sœurs, de frères, de demi-frères ou de demi-sœurs par alliance, et les avait étudiés avec deux groupes différents, l’un constitué d’individus homosexuels et l’autre d’hétérosexuels. Aucun ne semblait avoir une quelconque influence.

Aucun sauf un : le nombre de grands frères. Plus un individu avait de grands frères, plus il présentait une tendance à être homosexuel. Et cette variable apparaissait comme significative. Fallait-il donc conclure à l’existence d’un " effet vieux frère ", comme l’ont indiqué différents médias anglo-saxons ?

Absolument pas. Ce n’est pas parce qu’un individu a des grands frères que la probabilité qu’il devienne gay augmente. C’est en tout cas ce que démontre le statisticien américain Alex Reinhart, de la Carnegie Mellon University. Dans son livre, Statistics Done Wrong, il met en avant le nombre très important d’erreurs mathématiques et méthodologiques dans les publications universitaires.

Effet vieux frère : Dans le cas de l’étude de Bogaert, Reinhart explique que le psychologue canadien a utilisé une base de données bien trop faible (seulement 944 personnes) pour conclure à un résultat significatif et qu’aucune comparaison n’a été faite entre les deux groupes (homosexuel et hétérosexuel).

Bogaert a effectivement trouvé une variable significative dans l’orientation sexuelle des individus –le nombre de grands frères– mais ne l’a pas comparée avec le groupe des hétérosexuels. Il a simplement observé que les gays avaient plus de grands frères que les hétéros. Or, c’est statistiquement faux et peu rigoureux dans la démonstration.

Il peut y avoir des éléments exogènes, comme la chance, la coïncidence ou les " points aberrants ". Imaginez que nous testions deux médicaments contre le rhume. Si, en prescrivant les deux solutions à deux groupes différents, l’un guérit plus vite l’autre, devons-nous conclure à sa meilleure efficacité ?

Bien sûr que non. Il faut d’abord vérifier la différence entre les deux groupes, étudier si la chance ou le hasard n’y est pas pour quelque chose. On peut très bien être tombé sur un groupe avec des personnes touchées par un rhume sévère et l’autre avec des petits rhumes, qui disparaissent en moins de quarante-huit heures.

Dans le cas de " l’effet vieux frère», c’est pareil. Bogaert n’a pas comparé les deux groupes pour vérifier si un facteur n’était pas plus présent accidentellement, si, par hasard, les gays de son échantillon avaient plus de grands frères que la normale. Un outil statistique permet de le faire, la p-value. Or, elle est de moins en moins utilisée dans la recherche statistique.

Hasard : Toujours dans son livre, Alex Reinhart explique que cette donnée, qui permet de déterminer la part de chance dans une expérience, n’est pas connue par la plupart des scientifiques. Un sondage de Steven Goodman, de Stanford, montre que 75% des étudiants américains en dernière année de médecine, ceux qui seront amenés à rédiger des ordonnances dans le futur, sont incapables de définir précisément la p-value. Pour la plupart, ils ne savent tout simplement pas ce que c’est.

Est-ce que la guérison d’un patient est due au hasard ou à un réel impact du médicament ? Trois futurs médecins sur quatre seront incapables de voir la différence à la lecture d’un rapport universitaire.

En 2007, le British Journal of Dermatology publia une étude prouvant l’efficacité d’un sérum dans la lutte contre le vieillissement cutané. En effet, le " Protect & Perfect Beauty Serum " avait permis de réduire de 43% les rides sur la peau, contre 22% en moyenne pour les autres produits sur le marché. Les dermatologues ont alors rapidement prescrit cet élixir à leurs patients et le produit est devenu numéro 1 des ventes.

Lorsqu’une étude affirme avoir trouvé un phénomène extraordinaire, la première réaction devrait être : " Ouah, cette étude est sous-évaluée " !

Seulement, en parcourant l’article, on se rend compte que la conclusion admet une absence de différence significative entre les traitements. La p-value est trop forte. L’écart est surtout dû au hasard, comme les facteurs environnementaux ou génétiques des cobayes, ou à la chance. Pourtant, en 2007, personne ne l’avait vu. Ou n’avait pas voulu le voir.

Malédiction du gagnant : Reinhart explique que ces erreurs d’interprétation, avoir des grands frères fait de vous un homosexuel ou tel sérum est plus efficace qu’un autre, sont en parties dues à un biais social : " la malédiction du gagnant ".

Ce phénomène est apparu dans les années 1990, au moment d’une démocratisation de la culture scientifique et de l’apparition de nouvelles revues universitaires. Celles-ci, se faisant concurrence sur un même marché, vont pousser à la publication rapide d’articles, tous plus fous et amusants que les autres, et sans aucune vérification poussée. Il faut faire parler et être médiatisé.

vendredi, juillet 31, 2015

En savoir plus : L'homosexualité est-elle un choix ?

A l'heure où les orientations homosexuelles ne sont plus stigmatisées par la loi puisque l'un des derniers (?) bastions a cédé via la possibilité du mariage entre personnes de même sexe, une question se pose encore et fait l'objet de vifs débats où plusieurs idéologies se confrontent, et s'affrontent parfois...

L'homosexualité est-elle un choix, et quels sont les facteurs génétiques, éducatifs, psycho-affectifs qui ont bien pu déterminer cette orientation, non conforme à la norme dominante, procréative, conjugale et hétérosexuelle...

Coincées entre la vision naturaliste et normative qui met en avant la fonction procréatrice de la sexualité, et les relents d'une psychanalyse début 20ème semant le doute sur la maturité affective et l'incapacité à couper le lien avec le père ou la mère, les homosexualités sont encore considérées bien souvent comme dérangeantes, marginales, voire anormales, et suscitent nombre de comportements ironiques, dépréciatifs et discriminants.

Qu'en sera-t-il donc de la norme du 21ème siècle ? Restera-t-elle hétéro-centrée selon le modèle traditionnel du couple procréatif ?... Et l'orientation affective et amoureuse, et l'orientation sexuelle dans tout ça ? Seront-elles soumises et conditionnées par des déterminants tels que l'éducation, la génétique, le conditionnement sociétal, les premières empreintes d'attachement, la relation au père ou à la mère, qui, si trop fusionnelle, perturberait l'accès à une sexualité dite " adulte " ?...

mardi, juin 09, 2015

Sexe : Le préservatif du futur sera peut être autolubrifiant avec Viagra intégré !

La fondation Bill et Melinda Gates vient d'accorder une bourse de 100.000 dollars à une équipe de chercheurs australiens pour développer le préservatif du futur. Très fin, résistant et agrémenté de petites doses de viagra, il pourrait séduire les plus récalcitrants.

La contraception masculine est en passe de changer. En Australie, des chercheurs de l'Université de Wollongong ont mis au point une capote multifonctionnelle. Selon les scientifiques, qui travaillent sur ce projet depuis bientôt un an, ce nouveau genre de préservatif, composé à 95% d'un hydrogel biodégradable, n'aurait que des qualités. Outre le matériau " seconde peau ", il serait capable de s'auto-lubrifier et de diffuser du Viagra pour faciliter la pénétration. Il serait également très fin et ultra-résistant, idéal pour éviter les crevaisons intempestives.

L'objectif: éviter les allergies au latex, améliorer les sensations sexuelles tout en offrant une meilleure protection contre les infections sexuellement transmissibles (IST) comme le VIH. " Nous réalisons des tests pour observer les réactions du cerveau et voir s'il trouve ça vraiment mieux que le latex ", a expliqué Robert Gorkjin, l'ingénieur en charge des recherches. " Plus vous rendez les préservatifs agréables, plus les gens auront envie de les utiliser ", a-t-il ajouté.

Le projet d'un tel produit est né dans l'esprit de Bill Gates au début de l'année 2013. L'ancien patron de Microsoft avait pour idée d'obtenir un préservatif simple d'utilisation, performant et qui apporterait satisfaction aux partenaires afin d'encourager son utilisation lors des rapports. A cette époque, sa fondation avait lancé un appel à projet pour développer le préservatif du futur avec à la clé un chèque de 100.000 dollars.

Grâce au projet des chercheurs australiens, cette somme, qui leur est revenue, va pouvoir leur permettre de poursuivre leurs recherches. Pour le moment, le préservatif du futur est encore à la phase test. Les scientifiques vont désormais tenter de prouver que ce condom apporte plus de satisfaction que celui en latex. Pour ce, ils vont étudier dans les prochains mois les cerveaux de plusieurs couples pendant un rapport sexuel grâce à l'imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle).

mercredi, avril 15, 2015

Sport : Selon une étude scientifique le marathonien serait l'homme idéal !

Une étude scientifique montre que le marathonien est, du point de vue de la biologie et de la reproduction, l'homme idéal. Le grand marathon de Paris a eu lieu dimanche dernier, mobilisant des centaines de coureurs hommes et femmes, près de 54 000 coureurs amateurs sur une distance de plus de 42 km. Et justement, nous allons parler de course, de performance sportive et de performance...biologique !

On n'est pas très loin du fantasme du sportif en sueur et aux muscles bien saillants. La grande différence dans ce cas, c'est que la science s'en mêle.

Le site Quartz fait état d'une étude réalisée par le département d'anthropologie biologique de l'Université de Cambridge au sujet du semi-marathon Robin Hood de Nottingham. L'équipe des chercheurs s'est penchée sur un échantillon de 542 coureurs des deux sexes (439 hommes et 103 femmes). L'analyse de leur performance a révélé des points intéressants.

Les sujets les plus performants auraient été exposés à un taux de testostérone prénatale plus élevé. Il s'agit de l'hormone qui détermine le sexe du fœtus. Cette même hormone est en rapport avec la force des impulsions sexuelles, la qualité du sperme et le bon fonctionnement cardiovasculaire.

Les chercheurs ont aussi pris en compte la longueur de l'index et de l'annulaire chez l'homme. Si le sujet a un annulaire plus long que l'index, c'est signe qu'il a été plus exposé à la testostérone prénatale. Il aurait donc de meilleures dispositions dans la reproduction.

Le site rapporte également l'analyse du Dr Danny Longman, en charge de cette étude, qui rappelle que nous ne sommes pas si éloignés que cela de nos ancêtres préhistoriques. En effet, les femmes avaient tendance à choisir comme partenaire de reproduction les hommes coureurs et chasseurs qui étaient en mesure de ramener de la viande à leur famille.

Quand la science s'en mêle et qu'elle appuie les préférences de certains d'entre nous, nous ne pouvons que nous en réjouir !