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samedi, décembre 26, 2020
mercredi, décembre 23, 2020
Cinema : Les nouvelles dates du festival LGBTQ+ Chéries-Chéris sont là !
Initialement planifiée pour le mois de novembre, la 26ème édition du festival queer Chéries-Chéris s'est vue repoussée à cause de la crise sanitaire. Elle se déroulera désormais à la rentrée prochaine, du 9 au 19 janvier 2021.
Bien que le reconfinement ait eu raison du festival Chéries-Chéris cette année, ses organisateurs n'ont pas dit leur dernier mot. Un temps prévue pour novembre, la 26ème édition de l'événement se voit finalement décalée au début de la nouvelle année. En effet, du 9 au 19 janvier 2021, les films LGBTQ+ en lice investiront les salles parisiennes, précisément les cinémas MK2 Beaubourg, Quai de Seine et Bibliothèque. Les dates et horaires exacts de chaque projection n'ont pas encore été communiqués.
Une nouveauté qui fait envie : Le line-up du festival demeure inchangé. En d'autres termes, les cinéphiles de la capitale pourront voir les derniers fleurons du cinéma queer, à l'instar du touchant Un printemps à Hong-Kong de Ray Yeung ou encore Le Prédateur, soit le nouveau long-métrage du réalisateur argentin Marco Berger. Le très attendu Ammonite de Francis Lee ( Seule la terre ) restera le film d'ouverture. On soulignera un ajout notable à la programmation : Supernova, le film gay dramatique porté par le duo Colin Firth/Stanley Tucci, fera partie de cette 26ème édition, bien qu'il ne soit pas intégré dans la compétition fiction du festival.
Signé Harry Macqueen ( Hinterland ), Supernova relate la vie commune de deux hommes gays, Tusker et Sam, ensemble depuis une vingtaine d'années. Mais leur idylle toujours vive est ternie par une terrible annonce : Tusker est atteint de démence et la maladie menace d'impacter rapidement son quotidien. Suite à ce diagnostic, le couple décide de partir en voiture afin de parcourir l'Angleterre rurale, déterminé à profiter de ses proches avant que la santé de Tusker n'en pâtisse. On prépare déjà les mouchoirs.
mardi, octobre 13, 2020
LGBT : La Marche des Fiertés de Paris est officiellement annulée… mais des rendez-vous auront lieu toute la semaine !
L'Inter-LGBT annule officiellement le cortège qui devait avoir lieu le 7 novembre. À la place, de petits rassemblements auront lieu dans tout Paris et sa banlieue pour visibiliser le mot d'ordre : " Santé bafouée, LGBTQI+ en danger ! ".
Les espoirs restaient minces alors que l'épidémie de Covid-19 s'intensifie de nouveau. Après avoir été reportée du 27 juin au 7 novembre, la Marche des Fiertés, festive et revendicative telle qu'on la connaît est désormais annulée à Paris. " Nous ne négocions pas avec la sécurité du public, des militant·e·s et des bénévoles (...) nous n’appelons pas le public et les associations à défiler dans les rues ", annonce l'Inter-LGBT+ qui organise la marche.
Malgré tout, les organisateurs ne baissent pas les bras. Le collectif de 60 associations entend organiser, du 2 au 7 novembre, des mini-rassemblements respectant les gestes sanitaires dans certains points de la ville ainsi qu'en banlieue. L'idée ? Que chaque association puisse bénéficier d'un point pour "sensibiliser le public, alerter les pouvoirs publics et inscrire les sujets LGBTQI+ dans l'agenda politique ".
Santé bafouée, LGBTQI+ en danger : D'autant que cette année, le mot d'ordre est " Santé bafouée, LGBTQI+ en danger ! ". " La santé est depuis bien longtemps l’une des principales préoccupations des personnes LGBTQI+ souvent oubliée des politiques et pourtant vitale, au sens premier du terme ", explique l'association. Les dossiers ne manquent pas : mutilation des personnes intersexes, le difficile accès des personnes trans à des interventions médicales, la loi bioéthique votée en seconde lecture a minima...
Des tables rondes seront également organisées et diffusées sur les réseaux sociaux pour échanger sur la thématique de la santé des personnes LGBT+. Des artistes de rues donneront de la visibilité au mot d'ordre. " Le programme est en cours de consolidation, nous appelons à un maximum d'initiatives de la part du tissu associatif ", insistent les organisateurs. Par ailleurs, l'Inter-LGBT+ invite les Parisien.ne.s à soutenir la Marche des Fiertés en accrochant à leurs fenêtres ou devantures de commerce, un drapeau arc-en-ciel.
En revanche, la marche sera vraisemblablement moins festive que les années précédentes. " Rien aujourd’hui ne laisse envisager une dimension très festive mais nous essaierons ", souffle l'Inter. D'autant que les bars sont fermés et les rassemblements extrêmement limités. " L'objectif de toute Marche des Fiertés, quelle qu'en soit sa forme, est de visibiliser nos revendications. Ainsi, c'est tous les quartiers de Paris qui pourront les voir et les entendre ".
À propos de l'impact financier d'une telle annulation, l'Inter dit avoir limité les dégâts : " Nous avons anticipé différents scénarios envisageables, et ce dès le début de la crise sanitaire. En observant l’évolution de la situation, nous nous doutions que l'organisation d’un rassemblement massif et l’installation du grand podium sur la place de la République seraient compromises cette année. Nous avions donc suspendu toutes les dépenses qui se seraient traduites par des pertes sèches ", dit le collectif. Malgré tout, l'impact n'est pas neutre.
La mairie grille la politesse à l'Inter : La semaine dernière, le Conseil de Paris a alloué des subventions à 25 associations. Jean-Luc Romero, l'adjoint chargé de la lutte contre les discriminations a proposé que la mairie alloue 30.000 euros à l'Inter-LGBT. Lors de son discours, il a grillé la politesse au collectif d'associations, annonçant à sa place l'annulation de la Marche des Fiertés. " Il n’y avait pas une urgence du côté politique à faire des annonces pour confirmer ou infirmer des rumeurs. En revanche, il y a une urgence, du côté politique dans son ensemble, à se mobiliser pour renforcer et faire avancer les droits des personnes LGBTQI+, et notamment sur les questions de santé ", insiste l'Inter-LGBT.
dimanche, octobre 11, 2020
En savoir plus : Pour un Centre d’archives LGBTQI autonome digne de Paris capitale !
La mairie de Paris a officiellement annoncé l'ouverture d'un centre d'archives LGBTQI+. Le collectif Archives LGBTQI appelle à un " partenariat respectueux ", et rappelle l'importance d'une gestion autonome de ce lieu de mémoire.
Au cours des 50 dernières années, un mouvement a émergé dans le monde pour retrouver, valoriser et transmettre l’histoire et les cultures LGBTQI. Ce mouvement est nécessaire car l’expérience des LGBTQI a été exclue des Archives traditionnelles qui président généralement à l’écriture de l’histoire dans nos sociétés. Cela se traduit par une perte importante de compréhension historique pour les LGBTQI et la société en général, et par un déficit en matière de lutte contre les discriminations et la défense des droits LGBTQI.
Rattraper le temps perdu : Au-delà des contextes et des spécificités locales, ces initiatives partagent toutes les mêmes objectifs : archiver et documenter le passé et le présent des LGBTQI sur tous les supports ; rendre les archives accessibles à tous.tes, les valoriser et les disséminer ; générer de nouvelles archives, orales notamment ; soutenir la production et la diffusion des connaissances sur l’histoire et les cultures LGBTQI ; créer une mémoire commune par le biais d’une programmation scientifique et culturelle ambitieuse et cohérente (expositions, débats, ateliers, etc.).
Ce mouvement pour les archives LGBTQI s’est traduit par la création d’espaces et d'organisations conçus et gérés par la communauté LGBTQI elle-même. C’est le gage de leur succès, de leur efficacité et d’une relation de confiance avec les donateurs.trices et les LGBTQI. C’est aussi le fruit d’une conception plus démocratique et moins élitiste de l’archive.
Fondé en 2017, à l’initiative d'Act Up-Paris, le Collectif Archives LGBTQI s’inscrit dans ce mouvement international. Maintenant que la Mairie de Paris, par la voix de son adjoint aux luttes contre les discriminations Jean-Luc Roméro-Michel, a confirmé l’engagement de la municipalité et la désignation du collectif Archives LGBTQI comme porteur légitime du projet de centre d’archives Paris-île de France, il nous faut rattraper le temps perdu.
Partenariat respectueux : Pendant trois ans, le Collectif Archives LGBTQI a élaboré, en concertation avec les associations, la communauté et les centres d’archives LGBTQI européens, une proposition de Centre d’archives communautaire et autonome qui reflète les meilleures pratiques dans le domaine et qui donnera à la communauté LGBTQI le rôle principal dans la reconstruction de son histoire et la diffusion de sa mémoire.
Pour passer à la prochaine étape, nous avons besoin que s’instaure un partenariat respectueux et fructueux avec la Mairie de Paris et ses services, comme avec les autres partenaires publics intéressés, notamment l’Etat, afin de ne pas répéter les " erreurs du passé ", comme l’a promis publiquement Jean-Luc Romero-Michel lors du salon des associations LGBT le 12 septembre aux Blancs-Manteaux à Paris. La reconstruction de la relation de confiance avec la Mairie de Paris, qui ne sera pas la seule partenaire mais qui jouera un rôle décisif pour compléter le tour de table des partenaires, est cruciale et elle passe par le respect de notre travail, de nos compétences et de la communauté.
Scénario insultant : Durant ces trois années, le Collectif a travaillé activement et à égalité sur des partenariats avec la Dilcrah, la région Île-de-France, différents organismes de recherche, universités et partenaires privés qui ne demandent qu’à être activés ou renforcés. Il a affiné sa politique scientifique, co-construit et partagé sa philosophie de l’archive vivante, sensibilisé la communauté à l’importance des archives, réfléchit à sa gouvernance, à son organisation et à ses besoins en matière de financement et de fonctionnement. Il a rencontré tous.tes les représentant.e.s des partis et des tendances politiques du Conseil de Paris qui les ont tous.tes assurés de leur soutien et lui ont garanti son autonomie et non " une place au conseil d’administration " comme il est écrit dans Le Monde daté du 24 septembre. Ce scénario du strapontin est insultant et totalement étranger à l’organisation et au fonctionnement des centres LGBTQI européens existants, qu'il s’agisse de Berlin ou d’Amsterdam.
Les subventions publiques allouées à ces centres d’archives amis représentent à elles seules le montant que la Mairie annonce comme le doublement des subventions en direction de l’ensemble des associations LGBTQI, à savoir 559.367 € pour le Schwules Museum de Berlin et 600.000 € pour IHLIA ( Internationaal Homo Lesbisch Informatiecentrum d’Amsterdam ). Ces centres amis ont rappelé à la Mairie de Paris, dans leurs réponses à un questionnaire qu’elle leur a envoyé cet été, qu’ils sont gérés par la communauté et pour la communauté, même s'ils s’adressent à un public plus large ; les pouvoirs publics ( leurs principaux financeurs ) n’ont ni le pouvoir décisionnel sur leur agenda, ni sur leur organisation et encore moins sur la désignation de leurs dirigeant.e.s.
Gouvernance autonome : Le Collectif est aujourd’hui prêt à lancer une phase de préfiguration, dans un lieu et selon un calendrier adéquats qui lui permettront de tester les services qu’il a imaginés, de commencer à recueillir et à travailler sur les premiers fonds d'archives, et d’évaluer les retours des premières personnes usagères et de la communauté. Cette phase d’installation et de consolidation du projet est un préalable indispensable avant l’ouverture officielle du Centre d’archives, en capacité, dans une deuxième phase, de déployer l’intégralité de ses actions et programmes.
La gouvernance du Centre ne se conçoit qu’en totale autonomie, comme il en va aujourd'hui pour les institutions culturelles et mémorielles des autres minorités. C’est le cas par exemple de l'ARAM ( Association pour la Recherche et l'Archivage de la Mémoire Arménienne ) et la Maison de la Culture Yiddish. Les récentes conventions internationales portant sur le patrimoine culturel, qu’il s’agisse de celle de Faro ( Conseil de l’Europe ) ou de celles de l’Unesco, vont dans le même sens quand elles invitent les Etats à reconnaître le rôle central et incontournable des communautés dans la gestion de ce qui constitue, pour elles, leur mémoire et leur patrimoine.
Si ces structures associatives et autonomes doivent évidemment rendre compte de l'emploi des subventions publiques qui leur sont allouées, elles n’ont pas à subir d'ingérence ni dans leur politique ni dans leur fonctionnement.
Ce principe d’indépendance est fondamental pour assurer la crédibilité scientifique du futur centre, sa capacité à susciter dons et dépôts d’archives et à accueillir les publics LGBTQI et au-delà.
samedi, septembre 26, 2020
Culture : Paris augmente ses subventions aux assos et annonce la création d’un centre d’archives LGBT+ !
La mairie de Paris a annoncé que les subventions pour les associations LGBT+ passeront de 200.000 euros à 382.650 euros. Un centre d'archives et une Maison des cultures LGBT+ seront également ouverts, sans qu'aucune date ne soit arrêtée.
Après avoir remporté les élections municipales, Anne Hidalgo s'engage financièrement pour les associations LGBT+. Lors du conseil municipal d'octobre, vingt-cinq associations recevront des subventions pour un montant de 382.650 euros. Le Centre LGBT, l'Inter-LGBT, Le Refuge et SOS Homophobie seront les premières concernées.
" Nous doublons notre soutien financier, qui va passer d'environ 200.000 euros à 400.000 euros par an ", explique Jean-Luc Romero au Monde. " Il fallait envoyer un signe fort, pour rattraper le retard, explique l'adjoint en charge de la lutte contre les discriminations. À l’époque de la droite, il n’y avait pas un centime pour les associations LGBT. Les premières actions, les premières subventions sont arrivées avec Bertrand Delanoë, à partir de 2001, et Anne Hidalgo a amplifié le mouvement ".
Inquiétudes des associations : Lors de la rentrée des Assoces, mi-septembre, de nombreuses associations ont exprimé leurs inquiétudes, notamment d'une baisse des financements. " Depuis mars, nous n’avons fait aucune intervention dans les écoles, expliquait Laurent de Contact, l'association pour les parents d'enfants LGBT+. Et nos groupes de paroles et d’écoute pour les familles viennent à peine de reprendre ". Alors que les mesures sanitaires ont été durcies pour enrayer l'épidémie de Covid-19, d'autres associations craignent de ne pas pouvoir poursuivre leur travail de prévention.
Un autre dossier tentaculaire est ouvert depuis vingt ans : La création d'un centre d'archives LGBT+. " La création de ce centre d'archives constitue une priorité. Et comme il a une vocation nationale, son financement devra s'appuyer aussi sur l'État et la région ", indique Jean-Luc Romero dans le quotidien du soir.
Initialement annoncée pour janvier 2020, une Maison des cultures LGBT+ doit également ouvrir ses portes, sans qu'aucune nouvelle date n'ait été arrêtée. D'ailleurs, une mission a été confiée à Joël Deumier, ancien président de SOS Homophobie, pour esquisser l'organisation de la structure. Cette maison pourrait s'installer rue Malher, dans le Marais. Car le quartier perd de sa queerness depuis que la librairie historique Les Mots à la bouche a dû déménager à cause, notamment, de la hausse des prix des loyers.
Un centre à la dimension d'une capitale mondiale : Les associations craignent un mélange des genres entre une Maison des cultures LGBT+ et le centre d'archives. " Ce sont deux choses très différentes dans leur ambition ", assure Sam Bourcier du collectif Archives LGBTQI. L'archiviste souligne qu'à Berlin et Amsterdam, les centres existent depuis quarante ans, quand Paris est toujours à la traîne. Le risque est de répéter le fiasco de la bibliothèque féministe Marguerite-Durand.
" Le collectif est déterminé pour créer un centre autonome et communautaire. Ces archives doivent être à la dimension d'une capitale mondiale ", souligne-t-il. Selon nos informations le Schwules Museum de Berlin dispose d'un budget de 559.367 euros. Le centre d'archives d'Amsterdam dispose lui de quelque 600.000 euros annuels. Soit autant à eux seuls que les subventions accordées à 25 associations LGBT+.
jeudi, septembre 10, 2020
En savoir plus : Une première colocation pour migrants LGBTQ+ inaugurée à Paris !
Après avoir fui leur pays où ils étaient persécutés à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, deux demandeurs d’asile et un réfugié LGBTQ+ ont trouvé refuge dans un appartement du quartier de Belleville, grâce à l’association Basiliade et à la ville de Paris.
" Avoir cet appartement, c’est le paradis sur Terre ", s’exclame Thomas*, le sourire aux lèvres. Le jeune homme de 18 ans est demandeur d’asile. Il vit en colocation depuis environ un mois dans le 20ème arrondissement de Paris, dans un T4 de 70m2. " Je ne m’attendais pas à ça… Je suis très content, fier de l’association Basiliade. Ici, c’est chez nous et on s’entend bien tous les trois ".
Thomas vit avec deux autres jeunes hommes LGBTQ+, l’un demandeur d’asile et l’autre réfugié. Ils sont désormais logés grâce à l’association Basiliade et à la Ville de Paris, qui leur met à disposition cet appartement via son bailleur social Elogie-Siemp. Les six premiers mois de loyers sont payés par l’association Abbé Pierre.
Le logement est neuf, lumineux. Chacun des trois garçons dispose d’une chambre avec un lit double et des draps propres. Pour partager des moments en commun, ils ont le choix entre le salon, la petite cuisine et la terrasse. Exceptionnellement, une quinzaine de personnes, officiel.les de la ville de Paris et représentant.es des différentes associations qui portent le projet de ce logement collectif, y sont rassemblées. Tout le monde discute, en grignotant quelques chips.
De la Côte-d’Ivoire à la rue : À l’intérieur, sur le petit canapé de la colocation, Thomas raconte son histoire. La joie qui émane de son visage contraste avec la larme, à l’encre, qui coule pour toujours sur sa joue. " Ce tatouage symbolise mes souffrances. Ça veut dire que je ne vais jamais oublier le jour où mes parents m’ont renié à cause de mon homosexualité ". En 2015, il a quitté son pays, la Côte-d’Ivoire, pour rejoindre ses parents en France. " Là bas, on me disait tu es un PD, on me discriminait. Ici être homosexuel, c’est légal ".
Malheureusement, arrivé en France, Thomas n’était pas au bout de ses peines. Fin 2018, alors qu’il vivait encore chez sa famille, son père a découvert son compte Grindr. " Il a vu mon profil, les photos que des mecs m’envoyaient, à moitié nus. J’en ai la chair de poule rien que d’y repenser ". La voix de Thomas, normalement si enjouée, se casse. Il raconte à demi-mot comment ses parents l’ont mis à la porte et ont refusé de lui donner les papiers nécessaires à sa demande d’asile à la préfecture. À 16 ans, il s’est retrouvé à la rue, ballotté entre des logements temporaires chez des amis et des collègues.
Une solution concrète grâce à la recherche-action : Cette colocation est donc pour le jeune homme le premier pas vers une vie plus stable. Surtout, Thomas se sait en sécurité : il vit exclusivement avec des jeunes adultes au parcours similaire au sien. Demandeurs d’asile ou réfugiés, les trois garçons ont dû s’exiler de leur pays par crainte de persécutions en raison de leur orientation sexuelle.
" L’idée, c’était de construire et mettre en place des appartements LGBTQ+ non-mixtes pour les personnes les plus précaires ", explique Noemi Stella, à l’origine du projet. La jeune femme réalise une recherche-action avec l’association Basiliade, au sujet de la précarité des personnes LGBTQ+ de 16 à 35 ans en Île-de-France. Depuis deux ans, Noemi accompagne en tout 37 personnes LGBTQ+ précaires, dont les trois colocataires qui viennent de s’installer dans l’appartement. La majorité des personnes que Noemi suit sont des exilé.es d’Afrique subsaharienne. Logique, quand on constate que plus de la moitié des pays de cette région, soit 28 sur 49, disposent de législations interdisant ou réprimant l’homosexualité, parfois passible de la peine de mort.
Homophobie dans les centres d’hébergements : La colocation de Belleville est en non-mixité pour éviter les violences subies par les personnes LGBTQ+ dans les centres d’hébergements classiques. " Les personnes qui n’arrivent pas à cacher leur orientation sexuelle en hébergements partagés sont tout de suite mises à la porte ou subissent des violences. Des discriminations, des viols, des insultes ", raconte Noemi. " L’idée c’est de prévenir ça et de les mettre dans un lieu safe ".
Timide, le deuxième colocataire, Mahamdou, 22 ans, est arrivé en France il y a quatre mois. Il a obtenu son statut de réfugié en Grèce et est en recherche d’emploi pour stabiliser sa situation sur le territoire national. Il a fui le Sénégal, où il est illégal d’être LGBTQ+, après que son petit ami a été frappé à mort par sa propre famille. Mahamdou lui-même a failli être tué. Séquestré, attaché, frappé, privé de nourriture et d’eau pendant trois jours, il a réussi à s’enfuir. Juste en dessous de son short de sport, on voit encore nettement une cicatrice. Il a été brûlé au fer chaud.
Après un périple de la Gambie à la Grèce, en passant par la Turquie, il a fini dans la rue en France. " Je ne connaissais personne… Et même ici, les Africains que tu rencontres dehors sont capables de te faire mal ", explique-t-il. " Aujourd'hui, j’habite avec des gens homosexuels. On a la même vie. On se respecte. L’appartement, l’association, les colocs... Tout est super ". Sous son masque, Mahamdou est ému, répétant à quel point il est reconnaissant envers l’association Basiliade.
Un accompagnement sur le long terme : " Sur le long terme, le projet pour ces trois jeunes, c’est de l’accompagnement vers l’autonomie ", explique Noemi Stella. Fraîchement installés, ils vont donc continuer à bénéficier du soutien de Basiliade. " Il y a un accompagnement psycho-social, avec des médecins, des infirmièr.es, des juristes, des chargé.es d’insertion professionnelle, des travailleur.se social.e et des psychologues ". Ils disposent également d’une aide alimentaire, avec des tickets restaurant et des repas partagés.
Basiliade travaille avec différentes associations pour mener à bien cette recherche-action, dont l’Ardhis ( l’Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l'immigration et au séjour ), et Afrique Arc en ciel.
Promesse de campagne : Le système est bien rodé, les associations partenaires détectent les urgences, transmettent les informations à Basiliade, puis la Mairie de Paris met à disposition les logements. " On a actuellement une file de 27 jeunes LGBTQ+ à héberger en urgence ", explique Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris, en charge du logement, de l'hébergement d'urgence et la protection des réfugiés. " Il nous paraît important d’avoir une réponse spécifique pour ces jeunes gens-là ".
Aujourd'hui, la ville de Paris compte 10 places d’hébergements pour les réfugiés LGBTQ+, auxquelles vient s’ajouter cette nouvelle coloc. " La mise en place de cette colocation est une première. On n’a d’ailleurs pas l’intention de s’arrêter là. On a d’autres projets en direction des migrants LGBTQ+ dans les années qui viennent ". La Maire de Paris Anne Hidalgo a en effet annoncé pendant sa campagne la création d’une résidence pour les réfugiés LGBTQ+, avec 18 logements supplémentaires, dans le centre de Paris, d’ici la fin de son mandat.
vendredi, août 21, 2020
Justice : Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour " viol " contre Christophe Girard !
Poussé à la démission pour sa proximité avec Gabriel Matzneff, Christophe Girard est accusé d'abus sexuels sur un mineur. L'ancien adjoint à la Culture d'Anne Hidalgo nie.
Depuis la réélection d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris et la confirmation de Christophe Girard comme adjoint à la Culture, l'hôtel de ville est sous pression. Christophe Girard est en effet pointé du doigt pour sa proximité avec Gabriel Matzneff, accusé de viols sur mineure après la publication du " Consentement " de Vanessa Springora. Mais ce dimanche, dans le New York Times, Christophe Girard fait face à des accusations autrement plus graves. Aniss Hmaïd, un homme d'origine tunisienne de 46 ans affirme avoir été victime d'abus sexuels de la part de l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo. Il explique que lorsqu'il était âgé de 15 ans, Christophe Girard aurait entretenu avec lui une relation abusive pendant près de dix ans.
Ce mardi 18 août, le parquet de Paris a annoncé ouvrir une enquête pour " viol ". " Les investigations ( ... ) s'attacheront à déterminer avec exactitude si les faits dénoncés sont susceptibles de caractériser une infraction pénale et si, au vu de leur ancienneté, la prescription de l'action publique est acquise ", a précisé le procureur Rémy Heitz dans un communiqué.
Selon les propos rapportés par le quotidien américain, l'ancien adjoint de la mairie de Paris l'aurait abusé sexuellement une première fois à l'âge de 16 ans, puis l'aurait contraint à des rapports sexuels une vingtaine de fois jusqu'à ses 24 ans. Parallèlement, Aniss Hmaïd aurait été employé dans la résidence d'été de Christophe Girard. Il aurait aussi travaillé de façon temporaire au sein de la maison Saint-Laurent grâce au soutien de l'ancien trésorier de l'entreprise. " Ça a détruit ma vie, en fait. Aujourd'hui, je me considère en terre brûlée. Il a profité de ma jeunesse, de mon jeune âge et tout ça pour ses plaisirs sexuels ", juge-t-il dans le journal américain.
Il rencontre Christophe Girard à 15 ans : Âgé de 15 ans, Aniss Hmaïd aurait rencontré Christophe Girard lors de l'été 1989 à Hammamet, une station balnéaire tunisienne prisée par les Français. Sa mère est femme de ménage et son père réceptionniste à Paris. L'adolescent vit avec son cousin, cuisinier dans une villa où aurait séjourné Christophe Girard et où le jeune homme finit par travailler. Aniss Hmaïd raconte que le proche de Pierre Bergé, alors âgé de 33 ans, se serait montré tout de suite amical et lui aurait demandé de l'accompagner dans un hammam, ce que Christophe Girard nie.
À la fin de l'été, Aniss Hmaïd rejoint ses parents à Paris. Sa mère l'aurait alors encouragé à appeler cet homme haut placé, qui peut l'aider à trouver un emploi. " Tu pourras bosser pour lui comme tu as bossé dans la villa " rapporte le quotidien. Christophe Girard aurait alors proposé au jeune garçon de s'occuper de ses deux jeunes fils lors d'un séjour d'un mois aux États-Unis. Arrivé à l'hôtel, l'adulte aurait demandé à l'adolescent de partager le même lit afin de faire des économies. Une nuit, Aniss Hmaïd aurait été réveillé par Christophe Girard en train de se masturber, raconte-t-il.
Des blessures psychologiques durables : Christophe Girard nie et affirme que son accusateur invente des histoires pour le traîner dans la boue et profiter d'un contrat d'édition. Quatre personnes ont confirmé au quotidien qu'Aniss Hmaïd leur a parlé de ces abus il y a vingt ans. " On peut mentir à quatre personnes " répond l'élu.
Entre 16 et 24 ans, le jeune homme aurait été contraint à une vingtaine de rapports sexuels. " Je peux dire que j'étais consentant, déclare-t-il dans le New York Times. Mais globalement, j'étais pris dans un engrenage un peu bizarre. Mes parents qui m'encourageaient à le voir. Moi qui espérais quelque chose, du boulot, quelque chose comme ça derrière ". Il explique que cette relation lui a laissé " des blessures psychologiques durables ". Aniss Hmaïd raconte avoir été impressionné par les conversations sémillantes de l'homme de culture. Leur relation aurait pris fin quand il aurait commencé à demander des comptes à Christophe Girard, à l'âge de 25 ans.
Christophe Girard nie et dénonce une " présomption de culpabilité " : Christophe Girard a démissionné de son poste d'adjoint à la Culture à la mairie de Paris le jeudi 23 juillet. Il était sous la pression de ses alliés écologistes, qui ont manifesté devant l'hôtel de ville, et dénoncé sa proximité avec Gabriel Matzneff. Anne Hidalgo avait alors soutenu son adjoint. Elle s'était dite " écœurée " de la démission de Christophe Girard : un " ami " " victime d’un déversement de haine et de violence inacceptable et qui, je le rappelle, n’est ni de près ni de loin visé par la moindre plainte ". Depuis, Mediapart a révélé que l'élu a déjeuné plusieurs fois avec Gabriel Matzneff entre 2016 et 2019 alors qu'il a toujours nié toute proximité avec l'écrivain. Fin juillet sur France Inter, Christophe Girard a regretté être le " premier fusible " d'un " montage politique pour affaiblir la maire de Paris ".
Christophe Girard n'a toutefois pas démissionné du Conseil de Paris dont il reste élu du XVIIIè arrondissement. Cela fait 13 ans qu'il est adjoint à la mairie de Paris. Avant d'être installé au Conseil, il a longtemps dirigé les affaires culturelles du géant du luxe LVMH. Il gérait alors un budget de 400 millions d'euros. En 1995, il a aussi participé à la fondation de TÊTU avec Pierre Bergé.
L'intéressé juge les accusations d'Aniss Hmaïd " graves " et " sans fondements ". Son avocate, Delphine Meillet annonce qu'elle engagera des poursuites pour " dénonciation calomnieuse ". Les faits sont prescrits, ce qui ne permet pas à la justice de faire son travail, regrette l'avocate. " Une présomption de culpabilité en matière d'infractions sexuelles a pris le pas sur la présomption d'innocence ", pense-t-elle.
Source
mardi, août 18, 2020
En savoir plus : L’ancien adjoint à la mairie de Paris, Christophe Girard, accusé d’abus sexuels !
Poussé à la démission pour sa proximité avec Gabriel Matzneff, Christophe Girard est accusé d'abus sexuels sur un mineur. L'ancien adjoint à la Culture d'Anne Hidalgo nie.
Depuis la réélection d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris et la confirmation de Christophe Girard comme adjoint à la Culture, l'hôtel de ville est sous pression. Christophe Girard est en effet pointé du doigt pour sa proximité avec Gabriel Matzneff, accusé de viols sur mineure après la publication du " Consentement " de Vanessa Springora. Mais ce dimanche, dans le New York Times, Christophe Girard fait face à des accusations autrement plus graves. Aniss Hmaïd, un homme d'origine tunisienne de 46 ans affirme avoir été victime d'abus sexuels de la part de l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo. Il explique que lorsqu'il était âgé de 15 ans, Christophe Girard aurait entretenu avec lui une relation abusive pendant près de dix ans.
Selon les propos rapportés par le quotidien américain, l'ancien adjoint de la mairie de Paris l'aurait abusé sexuellement une première fois à l'âge de 16 ans, puis l'aurait contraint à des rapports sexuels une vingtaine de fois jusqu'à ses 24 ans. Parallèlement, Aniss Hmaïd aurait été employé dans la résidence d'été de Christophe Girard. Il aurait aussi travaillé de façon temporaire au sein de la maison Saint-Laurent grâce au soutien de l'ancien trésorier de l'entreprise. " Ça a détruit ma vie, en fait. Aujourd'hui, je me considère en terre brûlée. Il a profité de ma jeunesse, de mon jeune âge et tout ça pour ses plaisirs sexuels ", juge-t-il dans le journal américain.
Il rencontre Christophe Girard à 15 ans : Âgé de 15 ans, Aniss Hmaïd aurait rencontré Christophe Girard lors de l'été 1989 à Hammamet, une station balnéaire tunisienne prisée par les Français. Sa mère est femme de ménage et son père réceptionniste à Paris. L'adolescent vit avec son cousin, cuisinier dans une villa où aurait séjourné Christophe Girard et où le jeune homme finit par travailler. Aniss Hmaïd raconte que le proche de Pierre Bergé, alors âgé de 33 ans, se serait montré tout de suite amical et lui aurait demandé de l'accompagner dans un hammam, ce que Christophe Girard nie.
À la fin de l'été, Aniss Hmaïd rejoint ses parents à Paris. Sa mère l'aurait alors encouragé à appeler cet homme haut placé, qui peut l'aider à trouver un emploi. " Tu pourras bosser pour lui comme tu as bossé dans la villa" rapporte le quotidien. Christophe Girard aurait alors proposé au jeune garçon de s'occuper de ses deux jeunes fils lors d'un séjour d'un mois aux États-Unis. Arrivé à l'hôtel, l'adulte aurait demandé à l'adolescent de partager le même lit afin de faire des économies. Une nuit, Aniss Hmaïd aurait été réveillé par Christophe Girard en train de se masturber, raconte-t-il.
Des blessures psychologiques durables : Christophe Girard nie et affirme que son accusateur invente des histoires pour le traîner dans la boue et profiter d'un contrat d'édition. Quatre personnes ont confirmé au quotidien qu'Aniss Hmaïd leur a parlé de ces abus il y a vingt ans. " On peut mentir à quatre personnes " répond l'élu.
Entre 16 et 24 ans, le jeune homme aurait été contraint à une vingtaine de rapports sexuels. " Je peux dire que j'étais consentant, déclare-t-il dans le New York Times. Mais globalement, j'étais pris dans un engrenage un peu bizarre. Mes parents qui m'encourageaient à le voir. Moi qui espérais quelque chose, du boulot, quelque chose comme ça derrière ". Il explique que cette relation lui a laissé " des blessures psychologiques durables ". Aniss Hmaïd raconte avoir été impressionné par les conversations sémillantes de l'homme de culture. Leur relation aurait pris fin quand il aurait commencé à demander des comptes à Christophe Girard, à l'âge de 25 ans.
Christophe Girard nie et dénonce une " présomption de culpabilité " : Christophe Girard a démissionné de son poste d'adjoint à la Culture à la mairie de Paris le jeudi 23 juillet. Il était sous pression de ses alliés écologistes, qui ont manifesté devant l'hôtel de ville, et dénoncé sa proximité avec Gabriel Matzneff. Anne Hidalgo avait alors soutenu son adjoint. Elle s'était dite " écœurée " de la démission de Christophe Girard : un ami " victime d’un déversement de haine et de violence inacceptable et qui, je le rappelle, n’est ni de près ni de loin visé par la moindre plainte ". Depuis, Mediapart a révélé que l'élu a déjeuné plusieurs fois avec Gabriel Matzneff entre 2016 et 2019 alors qu'il a toujours nié toute proximité avec l'écrivain. Fin juillet sur France Inter, Christophe Girard a regretté être le " premier fusible " d'un " montage politique pour affaiblir la maire de Paris ".
Christophe Girard n'a toutefois pas démissionné du Conseil de Paris dont il reste élu du XVIIIè arrondissement. Cela fait 13 ans qu'il est adjoint à la mairie de Paris. Avant d'être installé au Conseil, il a longtemps dirigé les affaires culturelles du géant du luxe LVMH. Il gérait alors un budget de 400 millions d'euros. En 1995, il a aussi participé à la fondation de TÊTU avec Pierre Bergé.
L'intéressé juge les accusations d'Aniss Hmaïd " graves " et " sans fondements ". Son avocate, Delphine Meillet annonce qu'elle engagera des poursuites pour " dénonciation calomnieuse ". Les faits sont prescrits, ce qui ne permet pas à la justice de faire son travail, regrette l'avocate. " Une présomption de culpabilité en matière d'infractions sexuelles a pris le pas sur la présomption d'innocence ", pense-t-elle.
mercredi, juillet 01, 2020
jeudi, juin 18, 2020
LGBT : Voici la nouvelle date et le parcours de la Marche des Fiertés de Paris !
La Marche des Fiertés aura lieu le 7 novembre, a annoncé l’Inter-LGBT...
Il faut davantage que le Covid-19 pour faire de l’ombre à nos fiertés. Alors que l’épidémie interdit jusqu'à nouvel ordre les rassemblements de plus de 5.000 personnes, l’Inter-LGBT avait annoncé en avril dernier le report de la Marche des Fiertés de Paris, qui devait originellement se tenir le 27 juin prochain. Si certaines Marches à travers le monde, et de nombreux événements en France ont choisi de ne pas avoir lieu, l’inter-associative qui organise chaque année la plus grosse pride de l’hexagone ne s’est pas laissée abattre.
Pas d’invisibilisation : " Parce que la lutte contre les discriminations, les inégalités et le besoin de revendiquer davantage de droits humains et de libertés fondamentales sont toujours présents, l’Inter-LGBT a souhaité maintenir cet événement militant annuel " peut-on lire dans un communiqué. Elle organisera donc la Marche des Fiertés de Paris le samedi 7 novembre prochain.
" La date a été décidée en fonction de plusieurs paramètres. D'une part la disponibilité des espaces, notamment la Place de la République, car une grande quantité d’événements se sont retrouvés repoussés à la rentrée, a expliqué l’Inter-LGBT. Le mois de septembre est déjà consacré à un autre événement en cours de préparation, qui viendra remplacer le Printemps des Assoces, reporté en raison de la pandémie. Le mois d’octobre est historiquement le mois où a lieu la marche ExistransInter, et il est impensable d’organiser la Marche à une date trop proche de cet événement, pour éviter tout risque de l’invisibiliser. Finalement, la période de début novembre a été le meilleur compromis pour cette année particulière ".
Un parcours réduit : " Comme tous les ans, l’événement sera résolument politique, continue l’inter-associative. Il est probable, étant donné le contexte sanitaire et les conditions climatiques de novembre, que cette année voit moins d’affluence, peut-être aussi moins de chars... C’est pour cette raison que nous avons raccourci le parcours cette année. Mais cela ne doit rien retirer à l’état d’esprit de l’événement ".
La Marche débutera donc comme à son habitude à 14h et partira du Jardin du Luxembourg. Elle arrivera à la Place de la République, où le Grand Podium accueillera, de 17h à 23h, des discours de militants, d’hommes et de femmes politiques, de personnalités, ainsi que des concerts d’artistes pour assurer " un moment festif et culturel ". Un parcours toutefois réduit, pour " s’adapter aux conditions climatiques ".
Faire avancer les droits : " Comme tous les ans, il est important de se réapproprier l’espace public pour continuer à réclamer des droits ! Il est indispensable de rappeler aux politiques qu’il est urgent de faire avancer les droits des personnes LGBTQI+. Il est nécessaire de continuer à descendre dans la rue pour réclamer l’égalité de droits et de traitements, pour réclamer l’ouverture de la PMA à tou.te.s, la déjuridicisation du changement d’état civil pour les personnes trans, des mesures d’aides pour les personnes travailleuses du sexe, l’arrêt des mutilations des enfants intersexe, etc " a réagi l’association.
L’Inter-LGBT assure toutefois que la sécurité et la santé des participants est une " priorité absolue ", et qu’un dispositif spécial " prévention Covid-19 " est en cours d’élaboration, en accord avec les consignes des organismes de santé publique. Un dispositif qui concernera autant les 300 bénévoles que les participants. La Marche des Fiertés se fera-t-elle donc masquée ? Peut-être. En tout cas, elle " devra s’adapter dans sa préparation et son déroulement à la situation sanitaire et aux recommandations spécifiques qui seront dictées à cette période ". Toutefois, l’Inter-LGBT n’exclut pas un nouveau report, si la situation sanitaire l’oblige.
Report : " Cette nouvelle date ne pourra se tenir que si les conditions sanitaires le permettent, assure-t-elle. Comme tous les ans, nous mettons la sécurité des personnes en priorité lors de la préparation de l’événement et de son déroulement. Une annulation pure et simple de l’événement n’est malheureusement pas inévitable… Même si la situation semble s’améliorer ces derniers jours, nous restons très vigilant·e·s. Un deuxième report nous semble difficilement envisageable, notamment à l’approche du 1er décembre ".
Et pour le mot d’ordre, ce n’est toujours pas acté. " Nous travaillons en parallèle sur le mot d’ordre de cette année, nous communiquerons dessus ultérieurement. Mais quelle que soit le mot d’ordre, il est important de rappeler qu’il reste énormément de droits à obtenir et à faire reconnaître. Soyons dans la rue si les conditions de sécurité sanitaire le permettent pour réclamer haut et fort des actes pour faire progresser les droits des personnes LGBTQI+ ".
samedi, mai 09, 2020
vendredi, avril 17, 2020
LGBT : La Marche des Fiertés de Paris est officiellement reportée !
L’Inter LGBT a annoncé le report de la Marche des Fiertés LGBT+ 2020 de Paris en raison de l’épidémie de coronavirus. Aucune date n’est pour l’instant communiquée.
Ce n’était qu’une question de temps. Après les annulations et reports successifs de nombreux festivals et événements publics, l’Inter-LGBT a annoncé mercredi 15 avril dans un communiqué le report de l’édition 2020 de la Marche des Fiertés LGBT+ de Paris/Île-de-France. La raison, on la connaît tous : les mesures de confinement prises pour endiguer l’épidémie de coronavirus à l’origine de plus de 17.000 décès en France, et 132.000 dans le monde.
Pas encore de date : " Compte-tenu de l’état d’urgence sanitaire liée au Covid-19, du prolongement du confinement et de la suspension jusqu'à mi-juillet des événements réunissant un public nombreux qui ont été annoncés par le Gouvernement, nous sommes dans l’obligation de reporter la Marche des Fiertés LGBT+ de Paris/Île-de-France, du 27 juin 2020 à une date ultérieure, ainsi que la Quinzaine des Fiertés LGBT+ qui devait se dérouler sur la même période, a écrit l’inter-associative organisatrice de la plus grande Marche des Fiertés de l’Hexagone ".
Et face aux incertitudes, nombreuses, quant à l’évolution de la crise, l’Inter-LGBT ne peut donner de date quant à la tenue prochaine de l’événement : " À ce jour, nous n’avons malheureusement pas de nouvelles dates à vous annoncer : nous sommes bien évidemment tributaires de l’évolution de la vague épidémique mais aussi des décisions des autorités nationales et locales ". Elle se dit toutefois déterminée, " malgré ces conditions inédites " pour que " cette année, Paris et l’Île-de-France ne soient pas dépourvues d’une visibilité forte des thématiques LGBT+ ".
Solidarité : Mais elle a tenu également à adresser un message de solidarité en ces temps difficiles. " En cette période de crise, nous faisons face à de nouvelles difficultés qui nous mettent en péril et qui menacent nos fonctionnements. Surmonter la crise ne devra pas se faire aux dépens de la défense de nos droits et de nos libertés " écrivent la soixantaine d’associations membres, et s’affirme " pleinement solidaire avec l’ensemble du monde associatif, ainsi que les communautés précaires et précarisées ".
Pour de nombreuses personnes LGBT, les mesures de confinement ne sont pas sans conséquences : isolement, LGBTphobies, harcèlement en ligne, accès aux soins restreints... Les travailleurs et travailleuses du sexe sont également en première ligne, et se retrouvent sans ressources, et davantage exposé.e.s au virus. Quatre ans après la loi qui pénalise les clients d’actes sexuels, votée le 13 avril 2016, les travailleurs et travailleuses du sexe ont organisé cinq jours de rassemblements virtuels sur les réseaux sociaux pour alerter sur leur précarisation et leur insécurité.
De nombreux événements annulés : L’annulation de la Marche des Fiertés n’est toutefois pas une surprise. La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, avait appelé, le 31 mars dernier, les organisateurs de la Marche des Fiertés à envisager un report de l'événement. Un conseil qui avait valu à la ministre d’être recadrée par l’Inter-LGBT. " Sachez tout d’abord que nous n’avons pas attendu votre sollicitation pour appréhender la gravité de cette crise sanitaire " avait répondu l’inter-associative, rappelant qu’elle avait déjà reporté le " Printemps des Assoces ", qui devait se tenir les 28 et 29 mars derniers.
A travers le monde, ce sont désormais plus de 300 marches et événements des fiertés LGBT+ qui ont été annulés ou reportés. En France, le festival Solidays, organisé par Solidarité Sida, qui devait se tenir du 19 au 21 juin, a été annulé, creusant un trou de trois millions d’euros dans les budgets de l’organisation de lutte contre le VIH/Sida. Il va donc falloir trouver d’autres moyens d’être fier.e.s, solidaires, et ensemble.
lundi, mars 09, 2020
Politique : Pour les Municipales à Paris, les candidats en campagne se tournent vers la communauté LGBT !
La communauté LGBT de la capitale, objet de toutes les attentions à huit jours des élections. Les principaux candidats à la mairie de Paris ont annoncé, ces derniers jours, un cocktail de mesures destinées notamment à lutter contre les discriminations et les agressions dont est victime la communauté LGBT de Paris.
La maire socialiste sortante, qui revendique déjà un bilan en la matière ( dont les 250000 euros de subventions annuelles versées aux associations et l'organisation des Gay Games en 2018 ), devrait détailler ses propositions vendredi soir, à l'occasion d'une " soirée des fiertés " organisée par sa plateforme Paris en commun dans le 10e arrondissement de Paris, et rythmée par des " performances artistiques " et par la présence de personnalités LGBT.
Parmi ses propositions, Anne Hidalgo mobilise ainsi un large volet sécuritaire, dans le cadre de la création d'une police municipale de 5000 agents, qui seront " formés " à la lutte contre les discriminations. Elle veut également renforcer " les dispositifs de prise en charge " des jeunes " mis à la porte par leurs parents ", et des réfugiés ayant fui leur pays en raison de leur orientation sexuelle, ou encore soutenir une application de géolocalisation des victimes d'agressions. Sur un plan plus symbolique, la maire sortante promet de créer "un lieu de mémoire et d'archives LGBT+ ", ainsi qu'une " Maison des cultures LGBT+ au cœur du Marais " et plus largement " créer des espaces consacrés" dans la capitale, des noms de rues ou des commémorations.
La candidate socialiste a appuyé sa campagne en direction de la communauté LGBT avec un compte Twitter spécifique, " Fiertés en commun ", qui relaie ses propositions sur les réseaux sociaux.
Les candidats veulent renforcer " l'inclusion " : Lors d'un déplacement au centre LGBT+ du 3e arrondissement, jeudi matin, la candidate LaREM Agnès Buzyn a également égrené une série de mesures du même ordre. Elle propose, elle aussi, de former la future police municipale à " la lutte contre le harcèlement de rue et les violences à l'égard des LGBT+ ", " à la prise en charge des victimes ", et de créer " un réseau parisien de lutte contre les discriminations constitué de points d'accueil dans chaque mairie d'arrondissement ". Sur le volet sécuritaire, elle propose également " une plateforme " et " un accueil téléphonique " pour les " travailleuses du sexe et les personnes transsexuelles ".
La candidate LaREM veut aussi " faciliter l'accès à l'adoption pour les couples LGBT+ " et " revoir les documents administratifs pour prendre en compte les situations des familles homoparentales ". Comme Anne Hidalgo, l'ex-ministre de la Santé promet en outre de poursuivre les actions de la capitale en matière de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles au sein de la communauté.
La candidate LR Rachida Dati mentionne la communauté LGBT dans son projet pour la sécurité des Parisiens, en proposant de façon générale de créer une police municipale armée et de multiplier par trois le dispositif de vidéosurveillance dans la capitale.
Dans le projet de l'écologiste David Belliard figure également la formation des agents de police chargés de recueillir les plaintes des victimes, mais aussi une proposition visant à " renforcer la verbalisation du harcèlement de rue et la répression des agressions dans l'espace public ". Le candidat EELV veut aussi instituer " un réseau de bars, cafés, commerces et lieux accueillant du public pour permettre aux femmes ou personnes harcelées, suivies dans la rue de trouver un espace sûr, pour se réfugier en cas de besoin ". Il propose enfin de mettre en place " des programmes de prévention des violences " dans les écoles de la ville de Paris.
Enfin, Danielle Simonnet (LFI) propose, sur sa plateforme Décidons Paris, de renforcer l'accompagnement des victimes d'agressions, de former les agents municipaux à leur accueil dans les mairies " pour les démarches liées à l'état civil ou à la constitution de dossiers d'adoption ", ou encore de créer un "collectif Archives LGBT " dont la gestion serait autonome, avec " une dotation financière à la hauteur des besoins ".
mercredi, février 26, 2020
LGBT : En pleine polémique, le Palais de Tokyo relativise la situation des homosexuels au Qatar !
Une exposition du Palais de Tokyo sur le réchauffement climatique, en partenariat avec un musée d’État au Qatar, est sous le feu des critiques. La présidente Emma Lavigne s’est défendue en relativisant la situation des homosexuels dans l’émirat.
Le monde brûle, et le torchon aussi entre le Palais de Tokyo dont le club, le Yoyo, accueille pourtant de nombreuses soirées queer ) et la communauté LGBT+. Interrogée dimanche 23 février par l’AFP, la présidente du Palais de Tokyo, Emma Lavigne, a répondu à la polémique qui dure depuis déjà plusieurs semaines sur l’exposition " Notre monde brûle ", sur la thématique du réchauffement climatique. Celle-ci, qui a débuté le 21 février et se prolongera jusqu’au 17 mai ( date, ironie du sort, de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie ) est organisée en collaboration avec le Mathaf, un musée établi au Qatar. Un partenariat vivement critiqué.
Le musée d’art moderne est une institution d’État, gérée par la Qatar Museums Authority (QM) sous la direction de Sheikha al Mayassa. Or, dans l’émirat qatari, les droits LGBT+ sont tout simplement inexistants. L’homosexualité y est illégale et punie d’une peine de 7 ans de prison, voire même de la peine de mort lorsque la personne mise en cause est de confession musulmane. Les personnes transgenres ne peuvent pas changer leur mention de sexe à l’état civil. Et les personnes LGBT ne sont pas les seules concernées : les droits des femmes ou encore des travailleurs étrangers ne sont pas plus protégés.
Marges de progression : Pourtant, auprès de l’AFP, Emma Lavigne a relativisé la situation des homosexuels dans le pays du Golfe : " Le Qatar est un pays très neuf. Il y a la charia dans la Constitution mais pas d’application de la peine de mort. La dernière exécution date de 1974. Il a encore des marges de progression à faire sur la question de l’homosexualité, mais en France, l’homosexualité n’avait pas été reconnue jusqu’à récemment. Au Qatar, elle est tout à fait tolérée dès lors qu’elle n’est pas démonstrative. Dans les années 1950-1960 en France, aux États-Unis, c’était ainsi. Et il y a encore beaucoup d’homophobie en France ".
La collaboration entre le Palais de Tokyo et le Mathaf avait en premier lieu été critiquée par plusieurs artistes dans le mensuel britannique The Art Newspaper. " Cela fait partie de la stratégie éhontée et à long terme du gouvernement qatari pour corrompre la société française et assouplir sa position sur les questions des droits de l’homme dans la région du golfe Persique ", avait par exemple estimé le philosophe Yves Michaud, ancien directeur des Beaux-Arts de Paris. De son côté, l’artiste azerbaïdjanais Babi Badalov, militant LGBT+ réfugié à Paris, avait appelé la " communauté gay " à " se battre pour l’annulation de l’exposition ". Malgré ces protestations, l’exposition a bien vu le jour.
vendredi, février 14, 2020
dimanche, février 09, 2020
Culture : Ça y est, la librairie " Les Mots à la bouche " a trouvé un nouveau local !
Après des semaines de recherches, la dernière librairie LGBT+ de Paris, " Les Mots à la bouche ", a trouvé ses nouveaux locaux. Les libraires devront quitter un Marais miné par la gentrification pour atterrir dans le onzième arrondissement, avec l’espoir d’y créer un " îlot LGBT+ ".
Le bail a été signé ce vendredi 7 février dans la matinée. " On est soulagés et enthousiastes ", confie Nicolas Wanstok libraire dans l’établissement depuis douze ans et responsable de la communication. Les Mots à la bouche, dernière librairie LGBT+ de Paris, devrait emménager début avril au 37, rue Saint-Ambroise, dans le onzième arrondissement de Paris, à côté de la station de métro Saint-Maur. " Il y a le M’sieurs Dames et le 17 pas loin, poursuit le libraire. C’est un quartier en plein changement, très gay-friendly, avec plein de commerces gays. Je ne sais pas si ça pourra devenir un nouveau Marais, c’est compliqué avec les prix des loyers. Ça m’étonnerait que ça migre en masse, mais on pourrait recréer une sorte d’îlot LGBT+ ".
L’annonce avait fait l’effet d’une bombe dans la communauté LGBT+. Le 8 novembre dernier, après des rumeurs de fermeture sur les réseaux sociaux, La presse gay avait raconté l’obligation des Mots à la bouche de quitter ses locaux du 6, rue Sainte-Croix de La Bretonnerie, après trente-six ans de présence. En effet, le propriétaire proposait à la librairie de doubler voire tripler le nouveau loyer après l’expiration du bail le 31 mars 2020, " souhaitant profiter de la gentrification du quartier ", avait indiqué Les Mots à la bouche dans un communiqué. Les gérants s’étaient alors activés pour trouver un nouveau local.
Panique à bord : Pour cela, la mairie de Paris et celle du quatrième arrondissement ont tenté d’apporter leur aide, en privilégiant le Marais. Les libraires ont alors visité, via le GIE Paris Commerces, " cinq ou six " lieux dans le quartier, mais aucun ne semblait convenir. " C’étaient souvent des lieux où il n’y avait pas de passage du tout ou ne donnaient pas sur la rue, raconte Nicolas Wanstok. Ou bien, les locaux étaient trop grands, trop chers et nécessitaient trop de travaux. Honnêtement, au départ, ça nous a beaucoup inquiétés quand on s’est rendu compte qu’ils n’avaient rien pour nous dans le Marais. Dans le privé, les droits au bail étaient hors de prix. Ça a été un peu la panique à bord ". En décembre, les libraires, " très inquiets ", avaient même publié un appel à l’aide sur leur page Facebook.
Finalement, les nouveaux Mots à la bouche ne seront pas dans le Marais. " On peut parler d’hypergentrification du quartier, au point où on en est, soupire Nicolas Wanstok. Avec l’arrivée des grandes chaînes de luxe, tous les loyers ont explosé. Le Marais est en train de se vider de ses habitants, pratiquement plus personne n’a les moyens d’y vivre. On n’a quasiment plus de clientèle de voisinage, à part les plus âgés qui ont emménagé il y a longtemps. Après, il y a sans doute d’autres facteurs : c’est possible que les jeunes sortent moins dans les bars, ayant une application sur leur téléphone. Ça joue peut-être aussi sur les commerces LGBT+.
D'ailleurs, via les messages reçus sur les réseaux sociaux et des discussions avec les clients, les librairies se sont rendu compte " qu’au moins la moitié " réside dans le onzième arrondissement. Finalement, les nouveaux locaux ont été trouvés " par ( leurs ) propres moyens ", par le biais de la Semaest, société d’économie mixte de la Ville de Paris. Pas de propriétaire privé, pas de droit au bail : " Normalement, ça nous assure une pérennité à long terme ".
samedi, janvier 11, 2020
mercredi, janvier 01, 2020
mardi, décembre 31, 2019
vendredi, décembre 27, 2019
LGBT : La librairie " Les Mots à la bouche " passe un appel pour trouver sa nouvelle adresse !
En mars prochain, la librairie LGBT du quartier du Marais devra quitter son adresse historique. Mais elle n’a toujours pas trouvé de nouveaux locaux. Elle passe un appel sur les réseaux sociaux.
Le temps est à la mobilisation : Les Mots à la Bouche, la librairie LGBT iconique du quartier du Marais à Paris, n’a toujours pas trouvé de nouveaux locaux. Pourtant, à la fin du mois de mars 2020, le commerce devra quitter son adresse historique du 6 rue Sainte Croix de la Bretonnerie, où elle est installée depuis 1983.
En effet, le propriétaire refuse de renouveler le bail commercial, souhaitant profiter de la gentrification du quartier et de ses loyers devenus exorbitants. Début novembre, une première rumeur de fermeture définitive, démentie sur les réseaux sociaux, avait animé les réseaux sociaux. Le libraire se voulait alors rassurant, expliquant que " la mairie de Paris nous a promis son aide pour ( nous ) le reloger ". Mais ce week-end, dans un message publié sur Facebook, la librairie fait désormais appel à ses clients pour trouver un nouveau local au plus vite :
" A l’heure actuelle, nous n’avons toujours pas trouvé de nouveau local pour déménager, et nous devons quitter nos locaux fin mars. Vous avez été très nombreu.x.ses à nous proposer votre aide, nous faisons appel à vous aujourd’hui pour trouver ce nouvel emplacement. Si vous connaissez un local qui se libère, entre 100 et 200m², dans un quartier proche de la librairie actuelle ( Paris 2/3/4e et limitrophes ), contactez-nous via contact@motsbouche.com en précisant bien " local potentiel " dans l’objet " !
On est très inquiets : Aujourd’hui, Nicolas Wanstock, salarié et responsable de la communication de la librairie, est anxieux : " On est très inquiets. La fin du bail était prévue pour le 31 décembre. Nos remplaçants ne veulent s’installer qu’à la fin mars, donc nous bénéficions d’un sursis. Mais pour l’instant, on n'a aucun local où atterrir. On n’est pas du tout serein ".
Le libraire confirme que l’établissement a bien eu des échanges avec la mairie de Paris et celle du IVe : " On a rencontré les équipes de la mairie. L’adjointe à la mairie du 4e et toute une équipe et Frédéric Hocquart ( Adjoint à la Maire de Paris chargé de la vie nocturne et de la diversité de l’économie culturelle, ndlr ). Ils ont tous témoigné d’une volonté de nous aider et ont rappelé l’importance des Mots à la bouche pour la culture et la communauté LGBTQ ".
Ces rencontres ont-elles débouché sur des solutions concrètes ? " Ils nous ont proposé trois lieux, poursuit le libraire. La mairie dispose d’un parc de logement public-privé. Ce sont des rez-de-chaussée de logements sociaux mais qui ne correspondent pas à notre activité. Ces lieux ne donnent pas sur la rue. Il avait une proposition dans le village Saint Paul. Mais on n’a pas envie de s’enterrer là-bas. Notre idée, c’est la visibilité, la fierté et la sortie du placard. Aller au village St Paul, c’est comme un retour au placard. On a compris que les pouvoirs publics ont très peu de leviers d’action "...
Quitter le Marais : Ces dernières semaines, la librairie explorait une autre piste, mais celle-ci s’est évanouie très récemment. " On pensait que ça allait marcher. C’était tout ce qui nous arrangeait en terme de loyer et de superficie... " regrette Nicolas, un peu amer. C’est un peu en dernier ressort que la librairie s’est tournée vers les réseaux sociaux. L’appel diffusé sur Facebook ce week-end a été visionné plus de 90 000 fois. Il a apporté quelques résultats. " On a reçu une dizaine de propositions et pistes à suivre de gens qui ont repéré des locaux. On va se pencher dessus ".
La librairie, fondée en 1980 par Jean-Pierre Meyer-Genton, n’est plus très sûre de pouvoir rester installée dans son quartier actuel. Pourtant un déménagement des Mots à la bouche hors du Marais scellerait un peu plus le sort d’un quartier de moins en moins gay et de plus en plus dévolu aux marques de luxe : " On a quelques pistes dans le 2e, dans le 3e et peut-être même dans le 1er arrondissement. Rester au centre de Paris n’est pas évident. Autour de nos locaux actuels, le quartier s’est extrêmement gentrifié. Les commerces gays ne sont plus ce qu’ils étaient. Mais cela reste une super zone de chalandise ".
Et le jeune homme de conclure : " Le marais gay n’a pas encore tout à fait disparu mais il s’est quand même restreint. Il y a beaucoup de petits commerces et de petits bars qui vont fermer. Je me demande, comment vont survivre à moyen terme des établissements comme l’Open, le Freedj ou le Quetzal. Ou d’autres commerces qui ne sont pas propriétaires de leurs murs "... Nous aussi.
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