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mardi, décembre 15, 2020

LGBT : Le Parlement du Bhoutan adopte un projet de loi historique pour dépénaliser l’homosexualité

Une séance conjointe des deux chambres du Parlement du Bhoutan a approuvé jeudi un projet de loi visant à légaliser l'homosexualité, faisant du petit royaume himalayen le dernier pays asiatique à prendre des mesures pour assouplir les restrictions sur les relations homosexuelles. Les articles 213 et 214 du code pénal ont érigé en infraction les " relations sexuelles contre nature ", largement interprétées comme l’homosexualité.  

Le législateur Ugyen Wangdi, vice-président d’un comité conjoint chargé d’examiner les changements, a déclaré que 63 des 69 membres des deux chambres du Parlement avaient voté en faveur de la modification du code pour supprimer la disposition. Six membres étaient absents.  
 
" L’homosexualité ne sera plus considérée comme un sexe artificiel maintenant ", a déclaré Wangdi à Reuters par téléphone depuis la capitale bhoutanaise de Thimphu, sans donner de détails. Les changements doivent encore être approuvés par le roi du Bhoutan pour devenir une loi.  

Le militant des droits Tashi Tsheten a déclaré qu’il était " ravi et vraiment heureux " de la décision parlementaire, la qualifiant de " victoire " pour la communauté LGBT + :  

" Je pense que le projet de loi adopté à l’occasion de la Journée des droits de l’homme est un jour mémorable pour tout le monde au Bhoutan ", a déclaré à Reuters Tsheten, le directeur du groupe LGBT +, Rainbow Bhutan. Je crois que tous ceux qui ont défendu la communauté LGBT + au Bhoutan vont célébrer aujourd’hui car c’est notre victoire ".  

La décision de la nation à majorité bouddhiste de 800 000 personnes intervient après que d’autres pays asiatiques ont assoupli les restrictions sur les droits des personnes LGBT +. L’Inde voisine a levé une interdiction coloniale séculaire d'homosexualité en 2018, déclenchant des célébrations dans tout le pays.   
Au Népal, les autorités compteront les personnes LGBT + pour la première fois dans le recensement national de l’année prochaine afin d’aider les minorités sexuelles à avoir un meilleur accès à l’éducation et aux programmes de santé. Le Bhoutan est célèbre pour son indice de " bonheur national brut " comme alternative au produit intérieur brut pour indiquer un progrès ou un développement économique réel.

lundi, novembre 30, 2020

Homophobie : Les Indonésiens n'auront pas à dénoncer les homos au sein de leur famille !

Alors que le pouvoir indonésien multiplie les attaques contre les LGBTQ+, le Parlement a mollement repoussé une loi qui aurait notamment permis à l’État de superviser la " réhabilitation " de parents et enfants " déviants ". 

Certains débats du Parlement indonésien sont dignes d’un mauvais préquel de " La Servante écarlate ". Ainsi le Jakarta Globe rapportait hier l’abandon d’un projet législatif appelé " Résilience familiale ". Le Parti de la justice et de la prospérité ( PKS, islamiste ) voulait y préciser les rôles assignés aux époux et aux parents, afin de " réaliser le développement émotionnel et spirituel du peuple indonésien ". 

Il prévoyait notamment de rendre les femmes officiellement responsables des travaux domestiques et de " l'accomplissement des droits du mari et des enfants conformément aux normes religieuses ". 

Un des articles les plus controversés consistait en l’obligation de signaler tout " problème familial " à un organisme gouvernemental. À cet égard, les personnes " déviantes " ( parce qu’elles auraient commis des actes homosexuels, sadomasochistes ou incestueux, précise le texte ) auraient dû être dénoncées aux autorités par leur conjoint, parent ou enfant. Objectif : permettre leur " réhabilitation sociale ou psychologique ", leur " remise sur le droit chemin spirituel ", voire de leur " réhabilitation médicale ". Significativement, les violences domestiques ne faisaient pas partie des " problèmes familiaux " identifiés par le PKS. 

Trop intrusif : Ce n’est pas le caractère grossièrement patriarcal et homophobe de cette " résilience familiale " qui a convaincu les parlementaires indonésiens de rejeter la loi. C’est plutôt l’idée de voir l’État mettre son nez dans les foyers. " Nous sommes une société hétérogène, qui ne peut être uniformisée, surtout en ce qui concerne les affaires du foyer. Chaque famille a sa propre façon de s’organiser ", constatait Nurul Arifin, élue du parti conservateur laïc Golkar, qui a soutenu le texte avant de changer d’avis. 

L’homosexualité n’est pas illégale en Indonésie ( hormis dans la province d’Aceh ). Mais la situation des minorités sexuelles et de genre s’y est fortement dégradée ces dernières années. Les partis conservateurs et islamistes exercent une pression accrue pour criminaliser les relations entre personnes de même sexe. La police, de son côté, mène des raids et des vagues d’arrestations hautement médiatisés dans des saunas et des soirées. Au mois d’août, une cinquantaine de jeunes hommes soupçonnés de " pornographie " ont été jetés en prison et exhibés devant les caméras. 

vendredi, octobre 23, 2020

LGBT : Taiwan maintient sa marche des fiertés !

Taiwan a annoncé le maintien de sa marche des fiertés, le 31 octobre prochain. L’annonce intervient alors que le coronavirus impacte tous les pays du monde.

En dépit de la pandémie : Taiwan va maintenir sa marche des fiertés, prévue le 31 octobre prochain. Cette révélation intervient alors que la covid-19 frappe le monde entier. Toutefois, les organisateurs ont assuré que les mesures sanitaires seraient respectées et qu’il y aurait moins de marcheurs et marcheuses, cette année. " Comme beaucoup de villes ne peuvent tenir d’événements, la parade à Taiwan est précisément significative parce qu’elle symbolise notre solidarité ", ont déclaré les organisateurs de la marche des fiertés du pays. Cet événement annuel fait suite à une précédente pride, en juin dernier, à Taipei.

Chaque dernier samedi du mois d’octobre, Taiwan tient sa célèbre marche des fiertés annuelle. Depuis son lancement, la manifestation a accueilli plus de 80 000 personnes. Mais, en cette année particulière, le nombre de marcheurs sera fortement réduit. Toutefois, les organisateurs ont clamé l’importance de tenir un tel événement pour représenter la communauté LGBTQI+ et poursuivre le combat pour les droits. Une lutte qui avait notamment permis l’adoption du mariage pour toutes et tous dans le pays, en 2019.

Quel est le programme : Comme le précise Fletcher Hong, un des organisateurs de Taiwan Pride, le thème sera placé sous le signe de la " Beauté, ma propre voie ". La marche partira de City Hall Plaza à Taipei, l’après-midi. Deux files distinctes s’engageront vers le nord et le sud de la ville. Elles passeront ainsi par Zhongxiao East Road et Xinyi Road, avant de revenir vers le point de départ.

Parmi les nombreux invités, vous pourrez notamment retrouver la chanteuse taiwanaise, Anpu. l’icône musicale du pays interprétera ses plus belles chansons pour la communauté. Puis, à son point culminant, la militante Olivia Tsai animera un important débat autour des transidentités au cours de la marche des fiertés, " Trans avec nous ". Magnifique !

mercredi, octobre 14, 2020

Music : Le chanteur coréen Kwon Do Woon fait son coming-out gay !

Le chanteur coréen Kwon Do Woon a fait son coming-out gay, mardi 6 octobre. Il devient ainsi le premier artiste à se confier sur son orientation sexuelle.

Historique ! Le chanteur coréen Kwon Do Woon a dévoilé son homosexualité, mardi 6 octobre. Par son action, l’artiste K-Pop a souhaité que la parole des personnes LGBTQI+ se libère davantage dans le milieu du divertissement. " J’espère continuer à représenter la communauté queer avec mon image ", a-t-il confié. " J’ai pensé que ce serait mieux pour moi de faire mon coming-out puisque je n’avais rien à perdre. Donc, je l’ai fait. Cela aurait été très difficile si j"avais eu beaucoup à perdre ", a-t-il ajouté.

En faisant son coming-out, l’interprète a pris pour exemple l’ancien présentateur TV Hong Seok Cheon, qui a révélé son homosexualité, vingt ans plus tôt. " Lorsque nous nous sommes rencontrés, j’ai pu voir  un très bon côté de lui ", a révélé Kwon Do Woon. La personnalité TV avait dû mettre un terme à l’animation du show Po Po Po ( équivalent de Sesame Street ) et donc de sa carrière.

Un élan de soutien : Peu de temps après son coming-out, Kwon Do Woon a reçu beaucoup de messages des internautes. " Je suis tellement fier de lui. Ca a dû demander beaucoup de courage. J’espère qu’il aura tout l’amour et le soutien de sa famille, ses amis et ses fans ", a confié Phanaellion sur Twitter, qui a accompagné l’article du média coréen, AllKPop. Le chanteur a, de son côté, remercié les médias coréens et étrangers qui ont visibilisé son coming-out, sur Instagram.

Une communauté peu visible en Corée : Bien que la Corée du Sud ait décriminalisée l’homosexualité, la société reste méfiante envers la communauté LGBTQI+. Les personnes queer subissent des discriminations, voire même des agressions physiques. En conséquence, elles doivent encore cacher leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre. Aujourd’hui, seuls 10% des citoyens coréens ont dévoilé publiquement leur homosexualité.

Dans le milieu musical, seules les icônes Holland, Sam Hein et Harisu exercent leur carrière sans cacher leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre. Le premier, qui a directement été labellisé comme " l’idole gay du K-Pop " en 2018, jouit de sa passion en toute indépendance. La chanteuse, Sam Hein, a fait son coming-out bi, la même année. Enfin, Harisu est la personnalité trans la plus visible, alors que sa communauté reste victime de nombreuses persécutions. 

mercredi, octobre 07, 2020

Asie : En Birmanie, un candidat aux élections affiche son homosexualité, une première !

En Birmanie, la loi qui punit jusqu’à dix ans de prison les relations homosexuelles n’est plus appliquée strictement, mais le harcèlement et les discriminations continuent.

Une première en Birmanie où les relations entre personnes de même sexe restent illégales même si les mentalités commencent à évoluer. Myo Min Tun, candidat aux élections régionales, a ouvertement affiché son homosexualité.

Depuis son accession au pouvoir, en 2015, le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie ( LND ), n’a pratiquement rien fait pour la communauté gay, estiment des associations de défense.

Un " pionnier " : Héritée de l’époque coloniale britannique, la loi birmane punit jusqu’à dix ans de prison les relations homosexuelles. Si les sanctions ne sont plus appliquées strictement, les cas de discriminations et de harcèlements restent très nombreux. Myo Min Tun a décidé de se lancer en politique quand des amis transgenres lui ont raconté avoir été " victimes d’humiliations et de violences policières ". " J’ai réalisé qu’il n’y avait personne au parlement pour parler de cela ", raconte-t-il.

En pleine campagne électorale pour renouveler le Parlement et les assemblées régionales, ce fleuriste de 39 ans, qui brigue un mandat de conseiller régional à Mandalay ( centre ), a décidé pour la première fois d’afficher ouvertement son homosexualité. " Je fais cela pour être un pionnier afin que toutes les personnes LGBT sachent que nous pouvons être qui nous voulons ", relève le candidat qui s’est aussi consacré à la lutte contre le sida dans une ONG.

Lutter contre les discriminations quotidiennes : L’an dernier, le suicide d’un bibliothécaire, victime présumée de harcèlement homophobe sur son lieu de travail, a suscité un émoi sans précédent dans la communauté homosexuelle. Mais l’enquête a exclu toute responsabilité de l’employeur dans ce décès, décrivant le jeune homme comme " mentalement faible ", preuve des préjugés encore nombreux dans le pays conservateur. Au sein du clergé bouddhiste, être gay reste considéré comme une punition pour les péchés commis dans une vie antérieure.

Le pays a pris du retard en Asie ( l’Inde a dépénalisé l’homosexualité en 2018 ), mais les tabous commencent toutefois doucement à s’estomper. Swe Zin Htet, Miss Birmanie, représentante du pays à l’élection Miss Univers 2019, a eu le cran de faire son coming-out l’année dernière, quelques jours avant la compétition internationale. Et, en février dernier, plus de 10.000 personnes ont participé à divers rassemblements à Rangoun pour réclamer une dépénalisation de l’homosexualité. Mais, pour Myo Min Tun, il est trop tôt pour mener cette bataille : mieux vaut dans un premier temps s’attaquer aux discriminations quotidiennes.

La dépénalisation prendra du temps : L’audacieux candidat a découvert son homosexualité vers 14 ans lorsqu’il est tombé amoureux d’un camarade de classe et son père, aujourd’hui décédé, ne l’a jamais accepté. " J’ai toujours été activement impliqué dans ma communauté ", raconte-t-il. Myo Min Tun refuse de concourir sous l’étiquette LND, même si la formation est pressentie pour conserver le pouvoir à l’issue du scrutin, maintenu pour le moment malgré une forte augmentation des cas de coronavirus dans le pays.

Il a choisi de se présenter sous la bannière du Parti des pionniers du peuple (PPP), qui est " contre les discriminations et pour la jeunesse ". Mais même ce mouvement, créé il y a un an, reste prudent sur la question de l’orientation sexuelle. " Il pourrait y avoir beaucoup de réactions négatives si nous plaidions pour la dépénalisation de l’homosexualité. Ce n’est pas un sujet de préoccupation pour les gens ", assure la cheffe du parti, Thet Thet Khine. " Nous avons encore un long chemin à parcourir ", reconnaît Myo Min Tun.

lundi, septembre 21, 2020

Hong Kong : Victoire des couples de même sexe en matière de droits de succession !

Les couples de même sexe hongkongais doivent bénéficier, en matière de succession, des mêmes droits que les hétérosexuels, a jugé vendredi 18 septembre la Haute cour. C'est une victoire pour le mouvement de défense des droits LGBT+.

Cette décision intervient le jour où une action judiciaire visant à reconnaître les mariages célébrés à l’étranger de personnes de même sexe a par ailleurs été rejetée. La législation à Hong Kong n’autorise pas le mariage pour tou.te.s et ne reconnait pas non plus les mariages célébrés à l’étranger mais, ces dernières années, la cause LGBT+ a cependant obtenu certaines avancées.

Recours juridique : L’an passé, Edgar Ng, un Hongkongais gay, avait intenté un recours juridique contre les lois de la ville régissant les questions de succession et d’héritage. Il les jugeait discriminatoires car fondées sur l’orientation sexuelle. En 2018, un an après avoir épousé son conjoint à Londres, il avait acheté un appartement avec l’aide financière du gouvernement, selon les documents judiciaires.

En vertu de la politique de Hong Kong en matière de logement, son mari ne pouvait pas être reconnu comme copropriétaire et Edgar Ng redoutait qu’en cas de décès sans testament, ses biens ne soient pas transmis à son mari.

Dans le jugement rendu vendredi, le juge Anderson Chow a estimé qu’exclure de leurs droits légaux des conjoints de même sexe " constitue une discrimination illégale ". Pour le magistrat, " la différence de traitement n’est pas justifiée ".

Les militant.e.s LGBT+ qui se battent pour obtenir le mariage pour tou.te.s à Hong Kong ont qualifié cette décision " d'importante victoire ". " Le gouvernement devrait saisir cette opportunité pour travailler avec la communauté LGBT+ afin de mettre en oeuvre le mariage pour tous dans la ville ", a déclaré l’association.

Enthousiasme… vite tempéré : L’enthousiasme qui a suivi cette victoire juridique a toutefois été tempéré par un autre jugement rendu vendredi, qui a rejeté une demande de révision de la loi hongkongaise sur la reconnaissance des unions de même sexe célébrées à l’étranger. 

La communauté LGBT+ avait obtenu en 2018 une grande victoire quand la justice hongkongaise avait accordé à un couple étranger de même sexe le droit de vivre et de travailler à Hong Kong, mais d’autres droits demeurent toujours refusés aux couples de même sexe.

dimanche, septembre 13, 2020

Indonésie : La police arrête 56 personnes lors d'une fête gay !

En vertu des lois anti-pornographie d’Indonésie, 56 hommes ont été arrêtés lors d’une fête gay. Neuf des personnes arrêtées, qui semblent être les organisateurs, risquent désormais jusqu'à 15 ans de prison.

Selon le New York Times, la police de Jakarta a arrêté 56 hommes dans un appartement de Kuningan ( dans le sud de Jakarta ), lors d’une fête gay le 29 août dernier. L’événement avait été annoncé comme un " rassemblement d’hommes pour promouvoir l’indépendance ". La participation était fixée entre 10 dollars et 20 dollars par personne.

Sur les 56 hommes arrêtés, neuf personnes, identifiées comme étant les organisateurs de la soirée, ont été inculpées en vertu de la loi indonésienne anti-pornographie, elles risquent jusqu'à 15 ans de prison.

La police locale a déclaré que les hommes arrêtés étaient déjà responsables de six événements autour de Jakarta. La police a saisi des préservatifs, des lubrifiants ainsi que des sex toys. Usman Hamid, le directeur exécutif indonésien d’Amnesty International, condamne ces arrestations et déclare dans un communiqué de presse :

" Il n’y a aucune justification légale pour criminaliser le comportement dont ces hommes sont accusés. Une telle réunion ne constituait aucunement une menace pour personne. Les autorités sont discriminatoires et violent les droits humains, la vie privée et familiale, la liberté d’expression et la liberté de réunion et d’association. Des raids comme ça envoient un message terrifiant aux personnes LGBT+. Nous appelons les autorités à libérer toutes les personnes arrêtées et à abandonner toutes les charges retenues contre elles. Ces raids arbitraires et humiliants doivent être stoppés, nous devons cesser d’abuser de ces lois pour harceler et arrêter les homosexuels. Personne ne devrait être ciblé et arrêté en raison de son orientation sexuelle réelle ou perçue ou de son identité de genre. La police doit assurer la sécurité de tous, sans alimenter davantage de discrimination ".

L’homosexualité est " techniquement " légale en Indonésie, mais il reste certaines zones qui sont encore régies par la loi islamique comme de province d’Aceh. Cependant, les autorités ont lancé, ces dernières années, une répression généralisée contre la communauté LGBT+. Les lois anti-pornographie sont souvent utilisées pour criminaliser les personnes queer.

Video : BTS (방탄소년단) 'Dynamite' Official MV ( B-side ) !

lundi, juillet 13, 2020

LGBT : Le Pacs thaïlandais approuvé en conseil des ministres !


Le gouvernement thaïlandais a approuvé mercredi lors de son conseil des ministres un projet de loi sur le partenariat civil qui reconnaîtrait l’union homosexuelle avec quasiment les mêmes droits légaux que les couples mariés hétérosexuels.

Si le Pacs thaïlandais était adopté par le Parlement, cela ferait de la Thaïlande le deuxième pays en Asie à légaliser l’union entre personnes de même sexe, autorisant des couples à adopter un enfant et leur ouvrant des droits d'héritage et de copropriété.

" Le projet de loi sur le partenariat civil est une étape importante pour la société thaïlandaise dans la promotion de l'égalité des droits et le soutien des droits des couples de même sexe à fonder des familles et à vivre en tant que partenaires ", a écrit sur Facebook Ratchada Thanadirek, porte-parole adjointe du gouvernement. Le projet de loi stipule toutefois qu'une des parties dans une union homosexuelle doit être thaïlandaise.

La Thaïlande a beau être une société bouddhiste très conservatrice, où par exemple s’embrasser ou s’étreindre en public ne se fait pas, elle est réputée pour sa tolérance vis-à-vis de l'homosexualité.

2e pays d’Asie où il fait bon vivre en tant qu’homosexuel ( 16e au niveau mondial ) après Israël, selon le " Gay Happiness Index ", le royaume est depuis longtemps un havre pour les couples de même sexe, avec une large communauté LGBT locale et expatriée. Et les autorités du tourisme, même si elles se sont un temps montrées timides sur le sujet, mènent des campagnes ciblées pour attirer les voyageurs LGBT.

Même si des discriminations persistent, année après année de nouvelles avancées font progresser les droits LGBT dans le royaume, comme tout récemment lorsque la prestigieuse université Thammasat a autorisé les étudiants à porter l'uniforme féminin ou masculin selon l'identité du genre auquel ils ou elles s'identifient. Une mesure qui a inspiré les administrations provinciales de Chantaburi et Pathum Thani. Le projet de loi sur le Pacs avait été déposé en 2018, mais la précédente législature n'a pas été en mesure de l'adopter avant les élections de mars 2019.

L'an dernier, Taiwan est devenu le premier pays en Asie à légaliser le mariage homosexuel. Le Vietnam a dépénalisé les mariages homosexuels mais ne reconnaît pas les unions du même sexe.

Kittinan Daramadhaj, président de la Rainbow Sky Association of Thailand, souligne que le projet de loi autorise sur le fond les couples de même sexe à se marier mais sans pour autant l'appeler un " mariage ", qui est légalement défini comme impliquant un homme et une femme.

" Qu'est-ce qu’un nom ? C'est le contenu qui compte ", a-t-il déclaré à Reuters. " Partenariat civil ne doit pas détourner l'attention du fait qu'il s'agit de l'enregistrement légal des unions ".

Selon Kittinan Daramadhaj, si le projet de loi était adopté, cela " soulagerait suffisamment de douleurs et soutiendrait les droits humains pour les personnes LGBT ".

Une parlementaire thaïlandaise issue de la communauté LGBT se bat par ailleurs pour que le mariage soit redéfini comme impliquant simplement " deux personnes ".

samedi, juin 13, 2020

Hong Kong : Où en sont les Gay Games 2022 ?

Evénement sportif et culturel historiquement destiné aux athlètes, artistes et musiciens LGBTQ, les Gay Games 2018 se sont déroulés à Paris. L’édition 2022 aura lieu à Hong Kong, une première en Asie, suite à une candidature conjointe sino-hongkongaise. Où en sont les préparatifs ?

Les successeurs de Paris : Les Gay Games sont gratuits, ouverts à toutes et à tous, sans distinction d’âge, d’orientation sexuelle, de religion, de nationalité, et aucun standard de performance sportive n’est exigé. Mais s’il n’y a pas de standard de performance, on a parfois des surprises, comme à Paris en 2018 pour la danse de salon pour partenaires de même sexe...

C’est que l’événement est de taille. Quelques chiffres de 2018 à Paris: 10.158 participants, 75.000 spectateurs, venus de 89 pays, des compétitions en 36 sports, et 3.000 bénévoles. L’impact sur l’économie locale a été évalué par des économistes de 3 organisations à 66 millions d’euros.

Pour 2022, Hong Kong et la Chine ont conjointement défendu leur candidature contre 17 villes. Une première pour une ville d’Asie ! Le dossier de 300 pages a été préparé uniquement par des bénévoles.

Asie, gay-friendly : Hong Kong est connu comme une des destinations de choix de différentes communautés LGBTQ, y compris des touristes venus d’autres pays d’Asie, continent très hétérogène sur la question.

En Corée du Sud depuis plusieurs semaines, la communauté gay est ainsi extrêmement attaquée car assimilée au Covid-19, en un remake de ce qui s’est passé pour l’épidémie de SIDA. En effet, le déconfinement et notamment la réouverture des bars et boîtes de nuit a été suivi de clusters du virus, notamment autour d'une boîte gay.

Or la Corée du Sud a utilisé, comme Singapour, le suivi des cas avérés et l’identification et isolement des personnes à risque. Cette version moderne de suivi épidémique s’est heurtée à la discrimination dont les gay sont victimes : pour éviter que leur nom soit associé à des endroits marqués socialement, les clubistes ont donné de faux noms et faux numéros de téléphone, rendant impossible le suivi. Le reconfinement a suivi, suivi d'un déchaînement homophobe des réseaux sociaux. Comme quoi, le progrès technologique ne rime pas toujours avec progrès social.

A Hong Kong, l’homosexualité est très visible et, même si tout n’est pas rose, plutôt bien comprise...

Une délégation hongkongaise et chinoise : Si les délégations hongkongaise et chinoise aux JO sont séparées, aux Gay Games c’est une unique délégation. En ce sens, le slogan des Gay Games 2022, Unity in diversity tombe très bien, même s’il n’était sans doute pas prévu pour ça !

36 sports seront représentés, dont des sports stars à Hong Kong : dragon boat, course de Trail, ainsi que Dodgeball, et eSports.

Regardez le teaser d’accueil à Hong Kong dans le billet ci-dessous !

mercredi, mai 20, 2020

Indonésie : Des exorcismes pour " guérir " les LGBT !

L'exorcisme qu'Andin a dû subir pour " guérir " de son identité de femme transgenre continue de lui donner des cauchemars. Pourtant, ce traitement de choc visant la communauté LGBT pourrait se généraliser en Indonésie si une nouvelle loi controversée était votée.

Depuis vingt ans, Andin, 31 ans, est harcelée par sa famille qui veut la changer par tous les moyens : elle a été enfermée plusieurs jours dans une pièce et bombardée de versets coraniques, aspergée d'eau glacée par un imam promettant d'extirper sa " maladie ".

Mais c'est un exorcisme qui reste son pire souvenir : Ce jour-là, elle a été emmenée de force chez un étrange gourou près de sa ville natale de Medan sur l'île de Sumatra, qui lui a montré un linceul et a commencé à prier avant de lui donner le choix : abandonner sa vie de femme ou aller en enfer.

" C'était traumatisant, ce souvenir horrible reste dans mon esprit ", témoigne Andin, qui préfère prendre un nom d'emprunt pour témoigner. " Rien n'a changé après l'exorcisme, je suis toujours LGBT, mais ma famille ne veut rien entendre ", dit-elle.

Les exorcismes sont une épreuve courante pour les homosexuels et les transgenres en Indonésie. A mesure que le pays, qui compte la plus grande population musulmane au monde, a pris un virage vers un islam plus conservateur ces dernières années, les discriminations contre la minorité LGBT se sont développées.

L'homosexualité est légale dans ce pays d'Asie du Sud-Est, sauf dans la province d'Aceh, la seule à appliquer la loi islamique. Mais beaucoup d'Indonésiens sont persuadés que l'homosexualité vient d'esprits mauvais qui habitent le corps et dont on ne peut se débarrasser que par la prière ou l'exorcisme. Et ces traitements pourraient être bientôt institutionnalisés. Des députés conservateurs ont déposé une proposition de loi sur la " Résistance de la famille " que ses opposants décrivent comme anti-LGBT et sexiste.

Selon ce texte, prioritaire dans le programme du Parlement, les personnes transgenres seront contraintes à une " rééducation ", par des exorcismes et d'autres traitements pour les " guérir " de ce qui est considéré comme une déviance sexuelle. La proposition de loi devait être présentée dans les mois à venir mais la date est incertaine, le processus législatif étant en grande partie gelé en raison de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.

Esprits malins : Dans ce pays de quelque 260 millions d'habitants où les traditions animistes et chamanistes restent vivaces, les exorcismes ont longtemps été utilisés sur les malades mentaux ou pour débarrasser un village d'un fantôme. Si la nouvelle loi est votée, l'exorcisme représente l'option " la plus probable pour procéder à une rééducation ", avertit le directeur d'Amnesty International en Indonésie, Usman Hamid.

Une conversion obligatoire des personnes LGBT fera les affaires des exorcistes. Aris Fatoni, qui pratique l'exorcisme sur des patients souffrant de maladies ou de problèmes personnels, affirme en avoir "guéri " une dizaine en dix ans. Pendant la séance, l'exorciste lit le Coran et guette des signes suggérant que, dit-il, les esprits malins quittent le corps du patient.

" Il y a en général une réaction forte ", parfois des cris ou des vomissements " mais cela veut dire qu'ils guériront plus vite ". " En revanche, si une personne aime être LGBT et ne vient ici que par curiosité, il n'y aura pas de réaction. Ces cas sont difficiles à guérir ", poursuit-il.

Son collègue, Ahmad Sadzali, se vante aussi d'avoir réussi des conversions : " Un gars que j'ai soigné a subi seulement deux exorcismes et il est maintenant guéri : il s'est marié avec une femme un mois plus tard ".

Six cliniques de la capitale Jakarta ont confirmé à l'AFP proposer des exorcismes pour " guérir " des personnes LGBT.

" Depuis combien de temps souffrez-vous de cette maladie ? ", demande le propriétaire d'un établissement quand on s'adresse à lui. Il refuse de traiter des patients séropositifs " mais si ce n'est pas le cas, grâce à Dieu, je peux vous aider si vous vous en remettez à Allah ".

Vague conservatrice : Dinda, une homosexuelle de 35 ans, se souvient du jour où sa mère dévote l'a piégée en l'invitant chez elle et qu'elle s'est retrouvée face à un religieux voulant l'exorciser malgré elle.

" Ma mère était persuadée que j'étais possédée et que si je n'étais pas exorcisée, les esprits malins resteraient en moi ", explique l'Indonésienne préférant elle aussi donner un nom d'emprunt. Sa sexualité n'a pas changé mais elle ne fait plus confiance à sa mère. " J'ai des frissons à chaque fois que ma mère m'appelle. Et je vois l'exorciste dans mes rêves. Ça m'a vraiment effrayée ", dit-elle.

Dans la province conservatrice d'Aceh, à l'extrême ouest de l'archipel, les relations sexuelles entre personnes du même sexe peuvent mener à une peine de flagellation. En 2018, la police a arrêté un groupe de femmes transgenres, les a humiliées en coupant leurs cheveux et en les forçant à porter des habits masculins. Dans la ville de Padang, également sur l'île de Sumatra, la même année, les autorités locales ont ordonné aux habitants LGBT un traitement pour mettre fin à " leurs péchés " sous la pression d'importantes manifestations.

Une petite minorité résiste à la vague conservative : L'an dernier, une proposition de loi qui aurait rendu passible de prison les relations sexuelles hors mariage a été remisée après une vague de protestations. Les nouvelles propositions anti-LGBT sont aussi vivement combattues par les défenseurs des droits.

" Les thérapies de conversions, comme les exorcismes, représentent une violence contre les personnes LGBT ", dit Budi Wahyuni, ex-membre de la Commission des femmes d'Indonésie.

Andin, qui s'habille comme une femme quand elle n'est pas chez elle, n'est pourtant pas convaincue que les choses vont s'améliorer. Sa famille persiste à vouloir la remettre dans le " droit chemin " et a récemment sacrifié une chèvre pour ce faire. " Cela fait vingt ans et ils veulent toujours que je sois différente ", conclut-elle.

mercredi, mai 13, 2020

Corée du Sud : Vague d’homophobie à Séoul après la fermeture des clubs !

Alors que les lieux de convivialité avaient ré-ouvert à Séoul, en Corée du Sud, les autorités ont refermé samedi les boites de nuit après une série de contaminations dans des boîtes gays. Déclenchant une déferlante de commentaires homophobes sur les réseaux sociaux. Depuis le début de l’épidémie, la Corée du Sud fait office de modèle pour de nombreux pays du monde. Sa gestion rapide, ses dépistages massifs et le traçage systématique des malades ont permis au pays de 51 millions d’habitants de ne compter " que " 256 décès. Fort de ces chiffres, le pays a donc levé progressivement les mesures de confinement, ré-ouvrant les bars, les restaurants, les parcs et les magasins.

Vague d’homophobie : Mais était-ce trop tôt ? Selon les autorités sanitaires, citées par le quotidien Hankyoreh un homme, testé positif au Covid-19 le 7 mai, " s’était rendu dans la nuit du 1er au 2 mai dans cinq établissements du quartier d’Itaewon à Séoul, dont des bars et des boîtes de nuit ". Deux jours plus tard, le 9 mai, 17 personnes qui avaient été en lien avec cet homme malade ont été confirmées positives au virus. Les autorités ont donc été obligées d’annoncer la fermeture des clubs et des bars de la capitale jusqu'à nouvel ordre.

Mais ce qui a mis le feu aux poudres, c’est que trois de ces établissements étaient " fréquentés par des homosexuels ", selon le quotidien Asia Times. Un élément qui a déclenché une vague d’homophobie considérable sur les réseaux sociaux de Corée du Sud. Et des inquiétudes pour la communauté LGBT de Séoul.

Crainte d’outing : En effet, la Corée du Sud, depuis le début de l’épidémie, a misé sur la technologie pour tenter d’enrayer les contaminations, à travers notamment le traçage numérique. Les 2.000 personnes qui auraient fréquenté les lieux en question ont donc été invitées, par message, à se faire dépister. Mais seule une minorité a répondu à l’appel, craignant " que leur homosexualité soit rendue publique par le système de traçage ". La Corée du Sud ne reconnaît pas officiellement les droits des personnes LGBT+, et l’homosexualité y est encore largement taboue dans la population.

Toutefois, le Premier ministre Chung Sye-kyun a encouragé selon The Korea Times l’ensemble des personnes ayant passé du temps dans un des cinq établissements à se soumettre à un test en leur promettant une confidentialité absolue " afin de les dissuader de se cacher ".

jeudi, avril 02, 2020

LGBT : Singapour refuse d’abandonner sa loi coloniale qui criminalise l’homosexualité !

La Cour suprême de la Cité-État a tranché: elle n’abolira pas sa loi anti-homosexualité héritée de l’époque coloniale britannique. 

Singapour, ses buildings, sa végétation luxuriante, sa prospérité économique… et sa loi anti-homosexuels. La Cour suprême de la Cité-État vient de rendre un jugement attendu par les militant·e·s de la cause LGBT. L’objet de cette décision juridique : un texte hérité de l’époque coloniale criminalisant l’activité homosexuelle masculine, même pratiquée entre personnes consentantes dans un cadre privé. 

L’article 377A prévoit des peines allant jusqu’à 2 ans de prison : C’est après la décision de la Cour Suprême du géant indien de décriminaliser l’homosexualité, en septembre 2018, que trois habitants de Singapour avaient décidé d’attaquer cette disposition, arguant qu’elle n’avait pas de raison d’être, puisque rarement appliquée. 

Reflet des " sentiments et croyances communes " : Mais l’instance a balayé la requête des plaignants. Cette législation, justifie-t-elle, " demeure importante en ce qu’elle reflète les sentiments et les croyances communes ". La déception est évidement au rendez-vous pour les LGBT de cet ancien territoire britannique et malaisien. Ils espéraient que la République de Singapour pourrait se démarquer d’une tendance lourde dans la région. De fait, la tolérance a l’égard des personnes LGBT y est de plus en plus critiquée. Rappelons que la Charia est appliquée à Brunei et dans la province d’Aceh en Indonésie voisine. La situation est aussi préoccupante dans le reste de l’Indonésie et en Malaisie. 

" En refusant de rayer cette loi archaïque et discriminatoire, la Cour a réaffirmé que tous les homosexuels de Singapour sont en fait des criminels non appréhendés " , a résumé Tea Braun, directrice de Human Dignity Trust, un groupe de défense des droits humains basé à Londres.

jeudi, mars 05, 2020

Hong Kong : Interdire le logement social aux couples de même sexe est illégal !

La justice hongkongaise a donné mercredi raison au mouvement de défense des droits des LGBT+ en considérant que l'orientation sexuelle n'était pas un critère pour l'attribution d'un logement social, et en invalidant le refus d'une agence gouvernementale d'en octroyer un à un couple homosexuel.

La décision est considérée comme une grande victoire pour la cause homosexuelle, l'ex-colonie britannique ayant souvent été critiquée par les associations sur ses archaïsmes en terme d'égalité des droits.

La justice hongkongaise avait été saisie du cas de Nick Infinger, un résident permanent, et de son compagnon, avec qui il s'était marié au Canada en 2018.

Les deux hommes avaient déposé une demande de logement social en tant que " famille ordinaire " et satisfaisaient aux divers critères de revenus ou d'âge. Mais leur requête avait été rejetée en septembre par l'autorité hongkongaise attribuant les logements, et qui considérait que la catégorie " famille ordinaire " ne pouvait concerner qu'un mari et son épouse, un parent et son enfant ou un grand-parent et son petit-enfant.

Cependant, le juge Anderson Chow a invalidé ce refus mercredi, en considérant que l'autorité d'attribution des logements sociaux n'avait pas correctement justifié l'existence d'une différence de traitement entre couples hétérosexuel et homosexuel, selon le texte de sa décision.

Le juge a considéré " illégale et anticonstitutionnelle " une politique excluant les couples mariés de même sexe de l'éligibilité au logement social. Le tribunal a donc cassé la décision de cette autorité en lui demandant de la revoir. L'autorité d'attribution du logement social peut encore faire appel du jugement.

Ray Chan, le premier député hongkongais à ne pas faire mystère de son homosexualité, a salué cette décision comme un succès pour la cause LGBT+. Celle-ci avait obtenu en 2018 une grande victoire quand la justice hongkongaise avait accordé à une lesbienne britannique le droit de vivre et de travailler dans la mégapole auprès de sa conjointe, au même titre que les conjoints de couples hétérosexuels étrangers.

Mais la route est encore longue avant l'égalité des droits dans un territoire qui ne reconnaît pas le mariage gay ou les unions entre personnes du même sexe. " C'est un progrès ", a déclaré M. Chan.

Chaque chose en son temps : " Chaque victoire judiciaire a un coût en termes de frais de justice, de temps, de stress pour les plaignants " a-t-il observé. " Il est temps de permettre aux couples de même sexe de nouer des unions légales à Hong Kong ".

lundi, février 17, 2020

Vietnam : Les jeunes LGBT victimes des préjugés !

D’après un rapport de Human Rights Watch publié mercredi, l’homosexualité est fréquemment présentée au Vietnam comme une " maladie mentale ". Un préjugé qui vulnérabilise considérablement les jeunes LGBT+.

" Une fois en classe de biologie en 9ème année, nous étudions le genre et le professeur a mentionné l’homosexualité, disant que ce n’était pas naturel et que nous devrions en avoir peur en utilisant des mots désobligeants ". C’est le témoignage qu’a livré Đức, jeune homme de 22 ans, originaire de Hanoï, la capitale du Vietnam, à Human Rights Watch (HRC). C’est la première fois qu’il entendait parler d’homosexualité à l’école.

Dans un rapport publié mercredi 12 février, intitulé " My Teacher Said I Had a Disease : Barriers to the Right to Education for LGBT Youth in Vietnam " ( " Mon professeur disait que j’avais une maladie : entraves au droit à l’éducation pour les jeunes LGBT au Vietnam " ), l’organisation internationale pointe les " mythes relatifs à l’orientation et à l’identité sexuelles " très répandus dans le pays, qui " contribuent à des violences et à des discriminations ", notamment chez les jeunes Vietnamiens LGBT+.

Maladie mentale : En effet, d’après ce rapport de 65 pages, la croyance selon laquelle l’homosexualité serait une " maladie mentale dépistable, traitable et guérissable " est extrêmement ancrée dans cette nation d’Asie du Sud-Est, et les jeunes LGBT+ en font les frais, aussi bien au sein de leur famille qu’à l’école, y compris dans les enseignements. Le rapport s’appuie sur des " entretiens en profondeur " avec cinquante-deux jeunes Vietnamiens LGBT+, mais également des enseignants et d’autres membres du personnel scolaire.

" Ces dernières années, le gouvernement du Vietnam a indiqué sa volonté de soutenir les droits des personnes LGBT, mais les changements concrets de politique se font attendre, estime Graeme Reid, directeur de la division droits des LGBT à Human Rights Watch, dans un communiqué. 

Les jeunes LGBT sont particulièrement vulnérables, en raison de l’insuffisance de leurs protections juridiques et de la prévalence d’informations erronées au sujet de l’orientation et de l’identité sexuelles ". L’organisation rappelle qu’en 2019, le ministère vietnamien de l’Éducation a produit, avec l’aide de l’ONU, des directives pour l’élaboration d’un programme complet d’éducation sur la sexualité incluant les questions LGBT+. Mais ce programme n’a pas encore vu le jour.

mercredi, février 12, 2020

Indonésie : L'affaire du " pire violeur de l'histoire " ravive l'homophobie !

Les défenseurs des droits de l’homme s’inquiètent de l’impact d’un récent fait divers hors-normes en Angleterre sur la vie des LGBT dans l’archipel de 260 millions d’habitants.

Le 6 janvier dernier, à Manchester (GB), Reynhard Sinaga écopait de la prison à vie. Cet étudiant postgrade avait été reconnu coupable d’une incroyable série de viols : au moins 159 jeunes hommes, abordés en état d’ivresse alors qu’ils sortaient de night-clubs, puis drogués à leur insu et abusés dans le studio du trentenaire.

Si le retentissement du procès du " pire criminel sexuel de l’histoire du Royaume-Uni ", a été mondial, il a été particulièrement fort dans le pays dont Sinaga est ressortissant, l’Indonésie. Au point d’avoir des implications pour la communauté gay locale. Dans sa ville d’origine, Depok, près de Jakarta, le maire Mohammad Idris a annoncé des raids visant la communauté LGBT et l’ouverture de " centres de réhabilitation " pour cette population. On ignore si ces annonces se sont concrétisées.

Politiques discriminantes : Le climat a été dénoncé par la Commission nationale indonésienne des droits de l’homme. " Des dirigeants régionaux et des maires ont mis en place des politiques de discrimination à l’égard des groupes LGBT. Ils portent atteinte à leurs droits au nom des valeurs familiales ", a expliqué Beka Ulung Hapsara, responsable de la Commission, à Al-Jazeera. Il a regretté " l'obsession " de l’homosexualité ravivée par l’affaire Sinaga, qui selon lui détourne l’attention du vrai problème soulevé par le cas : les viols.

L’homosexualité n’est pas illégale en Indonésie, mais les LGBT de cet immense archipel à majorité musulmane y vivent sous la menace croissante d’une criminalisation souhaitée par une partie de la classe politique. À l’heure actuelle, seule la province d’Aceh, où la charia est en vigueur depuis 1999, punit l’homosexualité entre adultes consentants. Ceux-ci encourent une peine de flagellation.

Harcèlement : De nombreuses ONG dont Human Rights Watch s’inquiètent d’une hausse des attaques et des cas de harcèlement visant la communauté LGBT indonésienne, notamment des descentes de police arbitraires contre des lieux publics et des domiciles, parfois avec le soutien de militants islamistes. Cela complique notamment la lutte contre le VIH auprès de la population gay, où le nombre d’infections a été multiplié par cinq depuis 2007.

Cette situation se ressent jusqu’au paradis touristique de Bali. Peu après que l’affaire Sinaga a éclaté, une guesthouse gay a été fermée et trois autres établissements de Seminyak inspectés par la police. L’administration locale les suspecte de contrevenir aux " normes sociales et religieuses ". L’activiste Arya constate que la vie LGBT, plutôt discrète dans l’île à majorité hindoue, devient de plus en plus précaire. " À Bali, on n’a jamais eu de problèmes avant, mais on voit des campagnes hostiles se multiplier sur les médias sociaux. On ne sait pas qui est derrière, mais ils utilisent en général la religion pour justifier leur haine ".

samedi, janvier 25, 2020

Birmanie : Une campagne pour dépénaliser l'homosexualité !

Une campagne a été lancée mercredi à Rangoon, à l'approche des élections législatives, pour dépénaliser l'homosexualité et lutter contre la discrimination homophobe, mobilisation qui témoigne d'une affirmation de plus en plus forte de la communauté gay en Birmanie.

Les tabous entourant l'homosexualité ont commencé à s'estomper depuis la dissolution de la junte en 2011 et un premier mariage gay symbolique en 2014.

Quatre ans plus tard, les autorités ont accepté pour la première fois un rassemblement LGBTQI auquel environ 12.000 personnes ont participé. Mais les relations homosexuelles restent illégales dans ce pays bouddhiste conservateur, en vertu de lois héritées de l'époque coloniale britannique. Et, même si cette législation n'est plus appliquée strictement, les militants la jugent responsable de discriminations.

" Nous avons besoin d'une protection juridique, nous avons besoin d'une reconnaissance juridique ", a déclaré à l'AFP le directeur-adjoint de l'ONG Colors Rainbow, Hla Myat Tun, lors du lancement de la campagne qui a pour slogan : " L'amour n'est pas un crime ".

Il espère que la Birmanie s’appuiera sur l'exemple de l'Inde qui a dépénalisé l'homosexualité en 2018.

" Quelles sont les leçons que nous pouvons en tirer ? Quelles choses pouvons-nous appliquer ici ? ", s'interroge-t-il.

Les organisateurs de la campagne appellent aussi à peindre son petit doigt en rose pour mobiliser les partis politiques avant les élections législatives qui devraient se tenir en novembre. L'an dernier, le suicide d'un jeune homosexuel, qui s'était dit victime de harcèlement homophobe sur son lieu de travail, avait suscité une mobilisation sans précédent de la communauté LGBTQI. Un service de conseil et une ligne téléphonique spéciale ont depuis été mis en place dans le pays.

Une nouvelle étape vers une reconnaissance a été franchie ces derniers mois. En novembre 2019, Swe Zin Htet, candidate de la Birmanie au concours de Miss Univers, a révélé son homosexualité, une première dans l'histoire du concours de beauté.

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mercredi, janvier 22, 2020

Philippines : La Cour suprême rejette une pétition sur le mariage homosexuel !

La Cour suprême des Philippines a émis une sentence confirmant sa précédente décision de rejeter une pétition qui visait à légaliser le mariage homosexuel dans le pays.

L’Église catholique a exprimé sa satisfaction après cette décision de la Cour suprême. L’agence Fides rapporte que Mgr Broderick Pabillo, évêque auxiliaire de Manille, s’est félicité de la sentence en exhortant les législateur à " s’occuper de questions urgentes comme la pauvreté, le chômage et le changement climatique ".

Pour sa part, Mgr Honesto Ongtioco, à la tête du diocèse de Cubao, a rappelé que " l’Église soutiendra toujours les enseignements de Jésus au sujet du mariage, indépendamment de ce que l’État pourra décider avec ses lois ". Selon le père Melvin Castro, " la sentence de la Cour reste incomplète parce qu’elle n’interdit pas explicitement le mariage entre personnes de même sexe, et laisse la possibilité que le Congrès puisse voter une telle loi. Les chrétiens doivent donc être vigilants et toujours en garde ", a-t-il dit.

Un thème de débat très présent dans la vie politique : Le thème du mariage homosexuel est très présent dans la vie publique des Philippines, notamment parce que le président Rodrigo Duterte a promis de le légaliser, dans une logique de lutte contre le modèle familial traditionnel et de provocation contre l’épiscopat local, avec lequel il entretient des relations orageuses.

La société philippine, très influencée par les mœurs occidentales, est marquée de façon paradoxale à la fois par un certain relativisme moral et par une religiosité catholique encore très prégnante.

En réaction à la sentence de la Cour, Maria Sofia Robles, membre du groupe ecclésial " Couples for Christ ", en exprimant les sentiments de tous les fidèles engagés dans la défense de la famille, de la vie et du sacrement du mariage, a déclaré à Fides : " Le mariage est seulement entre un homme et une femme, fécond selon la loi naturelle. Nous sommes heureux que la Cour suprême ait reconnu cette vérité que nous continuerons à promouvoir comme signe d’amour dans la société ", a-t-elle souligné.

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