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mercredi, décembre 30, 2020

People : Pierre Cardin, le génie du business et du style, est mort !

Dernier monument de la couture française, mécène et businessman hors norme, Pierre Cardin vient de disparaître à l'âge de 98 ans. Pierre Cardin, disparu ce mardi à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine près de Paris à l'âge de 98 ans, a toujours eu plusieurs coups d'avance. De quoi susciter l'admiration des uns et l'irritation de certains. 
D'abord côté style avec sa vision de la mode futuriste, qui l'a rendu largement célèbre autour du globe ( la Chine et la Russie l'ont particulièrement chéri. Ensuite côté business, en faisant de son nom une marque puis un empire en mettant en place à tour de bras le système de licences ) revers de la médaille : il perdit quelquefois le contrôle son image et de celle de sa maison et fut largement critiqué par ses pairs. 

Être le premier, et quel qu'en soit le prix, constitue l'une des marques de fabrique du couturier français. Ainsi, il a été le tout premier à faire le buzz dans les années 1960 avec sa mode expérimentale, même s'il se disputait souvent le titre de " créateur futuriste " avec ses compères français André Courrèges et Paco Rabanne. Dès 1959, il se fait remarquer en mettant de côté la haute couture pour se consacrer au prêt-à-porter, plus accessible. Une audace qui le rapprochera de la rue, certes, mais lui attirera au passage les foudres de certains couturiers confrères. 

Ironie du sort, c'est chez Saint Laurent par la voix de Pierre Bergé ( avant l'apparition de Rive Gauche et le règne du prêt-à-porter ) que les critiques se font à l'époque les plus virulentes. 

Des étudiants pour le premier défilé hommes: Le vestiaire de Pierre Cardin, joyeux et exubérant, s'exprime à grands coups de matières avant-gardistes ( plexi, rhodoïd, néoprène et vinyle ), de coupes géométriques et de volumes sphériques. L'histoire de la mode retiendra particulièrement ses robes bulle, ses vestes à épaules pagode, ses costumes col mao ou ses tenues " Cosmocorps " ( sorte de combinaison unisexe science-fictionnelle ultra moulante ) qui ne pardonne pas. 

Une ligne futuriste : Il est également le premier à faire défiler l'homme. C'était en 1958, à une époque où le métier de mannequin pour homme n'existait pas. En deux ou trois coups de fil passés à des recteurs d'université, Pierre Cardin a su trouver en une armée d'étudiants au physique avantageux une cabine de mannequins prêts à assurer son show dans les salons du Crillon. De mémoire de couturier, le défilé fut un triomphe ( à noter que le principal intéressé n'a pas toujours eu le succès modeste ) . 

Plus tard, il organise, encore une fois avant l'heure, des défilés aux allures de superproductions. Deux coups médiatiques marqueront les esprits : le défilé qui s'est tenu au milieu du désert de Gobi en 2007 et celui de la place Rouge à Moscou devant 200 000 personnes, qui a eu lieu seize ans plus tôt. 

Autre consécration, il compte parmi les premiers couturiers à apparaître en une du célèbre magazine américain Time. En 1974, il pose debout, torse nu, uniquement vêtu d'une serviette maison en guise de pagne, de chaussettes tombant sur les chevilles, avec autour de lui un fauteuil et un miroir silhouette, eux aussi estampillés Pierre Cardin. Sur cette image tout est dit ou presque : l'une des forces du couturier, c'est aussi la diversification. 

Fils d'agriculteurs italiens : Dans ce domaine, tel le premier d'une expédition, le couturier débroussaille volontiers et généreusement la zone. Son sceau bourgeonne sur des serviettes de toilette, des paquets de cigarettes, des boîtes de sardines, des cravates, des plaquettes de chocolat, des meubles. Ses confrères lui reprochent de galvauder les mots de luxe, de mode et de création ? Qu'importe, Pierre Cardin est libre et indépendant financièrement et sa fortune atteint des sommets. Voilà ce qui compte pour Pietro Constante Cardin, fils d'agriculteurs vénitiens au regard azuré, qui a fui l'Italie fasciste de Mussolini avec ses parents pour venir se réfugier en France en 1924. 

Selon ses dires, l'enfant qui se rêvait acteur, doit sa carrière de créateur-entrepreneur à une cartomancienne qui le mettra sur le chemin de la mode. Il fera ses armes chez un tailleur de Saint-Étienne – Bonpuis – avant de rejoindre Paris à vélo en 1945, où il travaillera auprès d'Elsa Schiaparelli ( deux mois ) et de Christian Dior, qu'il épaulera dans la conception de la célèbre veste Bar. Il y a de la ténacité et une soif d'entreprendre à l'infini chez Pierre Cardin. On ne devient pas par hasard la tête pensante, financière et créative d'un empire évalué à plus de 600 millions d'euros en 2019 ( selon le magazine Challenges ). 

Un appétit que l'on le retrouve aussi du côté de ses acquisitions immobilières. Aujourd'hui, on croit recenser une cinquantaine de maisons lui appartenant qui vont du restaurant Maxim's situé rue Royale à Paris ( à deux pas de ses bureaux de la rue Marigny ) acheté en 1981, au château de Lacoste, ancienne demeure du Marquis de Sade, posée dans les hauteurs du Vaucluse et achetée en 2001. 

L'horreur d'être catalogué : Toutefois, à propos de sa fortune comme de ses demeures, Pierre Cardin aimait à cultiver le mystère et à brouiller les pistes. Il n'infirmait ni ne confirmait rien. Il en est ainsi pour bien des sujets chez Pierre Cardin, comme si l'homme avait horreur d'être catalogué. Un coup dans le rétroviseur ne lui donne pas tort : chose rare, il était un créatif doté du sens des affaires, un visionnaire devenu vintage, un chantre de l'élégance créant pour la rue, un inventeur de robes légendaires qui pouvait apposer son nom sur les objets les plus triviaux, comme un improbable réchauffe-mug... 

Mêmes zones de délimitations troubles côté vie privée : l'homme ouvertement homosexuel a vécu pendant quatre ans une histoire d'amour avec Jeanne Moreau et répétait à qui voulait bien l'entendre que son plus grand regret était de ne pas avoir eu d'enfant avec elle. 

Finalement, que l'on aime ou pas ce personnage haut en couleur, le couturier aura marqué de son empreinte indélébile l'histoire de la mode avec un style largement identifiable, et l'homme d'affaires aura, quant à lui, imprimé un modèle économique florissant et reconnu. Reste à savoir qui, dans le milieu aujourd'hui, sera à même de relever un tel défi : à savoir concentrer tous les pouvoirs en combinant à ce point créativité et sens du business. C'était cela aussi Pierre Cardin : tout réuni en un seul homme. 

mardi, décembre 29, 2020

Santé : Les assos de lutte contre le VIH tirent la sonnette d’alarme sur le financement de la recherche !

AIDES et Sidaction alertent sur un manque de financement de la recherche dans la lutte contre le VIH. Il manque 34 millions d'euros pour 2021, sur un budget de... 76 millions. 

" Une épidémie en cache une autre ", s'époumonait Aurélien Beaucamp, le président d'AIDES dans la presse. Concernant le coronavirus, Emmanuel Macron a évoqué un " quoi qu'il en coûte ". Mais la stupeur de 2020 et du Covid-19 a éclipsé la lutte contre le VIH. Les associations de lutte contre le VIH/sida craignent que 2021 ne soit pas plus reluisante pour la recherche. 

Au 1er janvier, l'ANRS ( Agence nationale de recherche sur le sida ) et le consortium REACTing seront officiellement fusionnés. Les budgets, eux, sont à la traîne. Pour 2021, la nouvelle agence nécessitera 76 millions de subventions d'État, mais il manque 36 millions d'euros pour la recherche sur le sida et les hépatites. Deux millions d'euros ont été attribués mais le gouvernement n'a pas pu s'engager à d'autres financements, regrettent AIDES et Sidaction dans un communiqué commun. " Notre préoccupation est immense ", regrettent les associations de lutte contre le VIH. 

Un montage qui affaiblit la lutte : " La situation sanitaire actuelle démontre que l’expertise acquise durant plus de 30 ans dans la lutte contre le VIH/sida doit être exploitée face à de nouveaux virus qui ne cessent d’émerger ", pointe Marc Dixneuf, directeur général de AIDES. Les modalités financières ne sont pas adaptées à l'urgence de la situation ni au fonctionnement d'une agence autonome. 

En clair, le budget dédié à la lutte contre le VIH pourrait être amoindri. " Nous craignons fortement que ce montage ne conduise inévitablement à ponctionner le budget initialement dédié à la recherche sur le VIH, alors que cette épidémie est loin d’être terminée ", s’inquiète Florence Thune, directrice générale de Sidaction. 

Les associations craignent que la nouvelle agence implique moins la société civile. Mais aussi une réduction des activités dans les pays du sud. Elles saluent la fusion mais dénoncent " une mise en œuvre opaque qui ne saurait garantir le maintien de la qualité de structures qui ont démontré leur efficacité ".

lundi, décembre 28, 2020

US : Le Noël le plus gay ( Les personnages LGBT plus que jamais à l'écran ) !

Quand l'agent de Jonathan Bennett l'a appelé pour lui parler d'un rôle principal dans un film de Noël, la première réaction de l'acteur a été : " Super, comment s'appelle la fille " ? 

Même si Jonathan Bennett est ouvertement homosexuel, l'acteur de " Lolita malgré moi " est plus habitué à camper des personnages hétérosexuels, en particulier lorsqu'il s'agit d'un film de Noël, un genre souvent convenu et stéréotypé. " Il y a eu un blanc, et ils ont dit... (Jake ). J'en revenais pas ! " se souvient l'acteur en rigolant. " Ça faisait longtemps qu'on attendait cela," ajoute-t-il. 

" The Christmas House ", sorti le mois dernier, est le premier film de Noël de la chaîne Hallmark à faire figurer un couple gay dans les rôles principaux. Le personnage de Jonathan Bennett, Brandon, et son mari Jake, joué par Brad Harder, tentent d'adopter un enfant. 

Dans la hotte du Père Noël cette année, les films comprenant des histoires de couples homosexuels figurent pour la première fois en bonne place. 

" J'imagine ce qu'aurait pensé mon ( moi ) plus jeune, assis à regarder un film avec des personnages qui me ressemblaient, dans des relations de couples comme celles que je souhaitais en grandissant. C'est juste tellement important ", salue Jonathan Bennett. 

Avec Kristen Stewart : " Ma belle-famille, Noël, et moi ", avec la star hollywoodienne Kristen Stewart, a même battu des records en nombre de visionnages pour la plate-forme de streaming Hulu depuis sa sortie le 25 novembre. 

Il raconte l'histoire d'un couple lesbien où l'une des femmes a des difficultés à révéler son homosexualité auprès de sa famille plutôt traditionnelle. Mackenzie Davis, Alison Brie, Aubrey Plaza, et Dan Levy partagent l'affiche avec la star de Twilight. La réalisatrice Clea DuVall, qui est lesbienne, a déclaré n'avoir " jamais vu sa propre expérience représentée " à l'écran dans des films de Noël, les personnages LGBTQ+, s'il y en a, étant habituellement relégués au second plan. 

Produit par Sony et racheté par Hulu quand les cinémas sont restés fermés en raison de la pandémie, le film affirme être la première comédie romantique de Noël avec un couple homosexuel, produit par l'un des studios majeurs d'Hollywood. 

La chaîne Lifetime a de son côté sorti ce mois-ci " The Christmas Setup ", tandis que la chaîne Paramount a diffusé " Dashing in December ". Deux téléfilms mettant en avant des idylles gays. 

La représentation des personnes gays augmente à Hollywood ( en particulier à travers les nouvelles séries sur les plateformes de streaming ), mais les films de Noël, follement populaires malgré leurs scénarios prévisibles, étaient restés jusqu'à maintenant en-dehors de la dynamique. 

L'année dernière, la chaîne Hallmark à l'orientation familiale, avait été vertement critiquée par les associations LGBTQ+ pour avoir cédé à la pression de groupes conservateurs et retiré des publicités pour une entreprise de mariage avec un couple homosexuel s'embrassant à l'autel. 

La chaîne avait rediffusé les publicités et s'était excusée lorsque la vedette lesbienne de télévision Ellen DeGeneres avait tweeté : " On n'est pas presque en 2020 ? Vous êtes sérieux " ? 

Submergée par l'émotion : Avec " The Christmas House ", Hallmark va bien plus loin. Même si l'histoire de Brandon et Jake n'est qu'une des trois relations entrecroisées dans le film, les deux personnages s'embrassent à l'écran avant les couples hétérosexuels. 

" Quand nous avons tourné notre premier baiser, l'équipe de tournage était juste submergée par l'émotion, plus d'une larme a coulé ", a déclaré Brad Harder à l'AFP. " Est-ce qu'il était plus que temps ? Absolument. Mais je suis content que nous en soyons là. C'est vraiment fort ", souligne l'acteur. Selon lui, " Noël pour la communauté LGBTQ+ est une période particulièrement délicate ", surtout pour ceux dont les membres de la famille ne sont pas super tolérants. Cette nouvelle tendance des films de Noël s'est attirée des commentaires élogieux de toute part. Jonathan Bennett a ainsi déclaré avoir reçu des " milliers de messages " de fans reconnaissants. De quoi en faire selon le site web de pop culture Decider, " le Noël le plus gay de l'histoire ". 

Le film est disponible en VOD grâce à Sony Pictures en France depuis le 21 décembre ! 

Cinema : Un nouveau film sur les " Power Rangers " avec le " Blue Ranger " gay !

Le 2017 Power Rangers le film n’a pas été très bien accueilli par les fans, et il semble que le studio abandonne tout projet de sequel et donne plutôt un nouveau redémarrage à la franchise de longue date. De nombreux changements devraient également avoir lieu dans le film à venir, et l’un d’eux est qu’ils vont rendre le Blue Ranger gay.

En dépit d’avoir des stars comme Bryan Cranston, Elizabeth Banks, Naomi Scott et Dacre Montgomery de Stranger Things, la dernière tentative sur grand écran des Power Rangers était une affaire terne avec beaucoup trop de placements de produits Krispy Kreme. Le studio fait le bon choix en mettant cette version de côté et en partant de zéro avec le réalisateur de The End of the F *** ing World Jonathan Entwistle, qui a concocté une version de la propriété qui impliquera un voyage dans le temps similaire à " Retour vers le futur " et devrait avoir lieu principalement dans les années 1990.

Mais ce n’est pas le seul changement que ce nouveau chapitre apportera. Selon nos sources ( les mêmes qui ont dit que Paramount redémarrait Transformers et qu’une émission de Mme Marvel arrivait à Disney Plus, qui ont depuis été confirmées ) le studio prévoit également de rendre le Blue Ranger gay dans les prochains Power Rangers. 

Mais tout ne sera pas nouveau dans le prochain film, car il peut y avoir une explosion stellaire dans le passé pour les fans de la série. Les Rangers roses et verts d’origine seraient de retour pour le redémarrage, offrant au public un bel équilibre d’ancien et de nouveau à découvrir lors de la sortie du film.

Bien sûr, le manque de représentation des personnages LGBTQ dans les films est un sujet de préoccupation depuis un certain temps maintenant. Mais des mouvements comme celui-ci continuent de démontrer les efforts de l’industrie du cinéma pour changer les choses. Les Power Rangers ont toujours embrassé la diversité, depuis leurs humbles débuts, et c’est agréable de voir que la franchise continue de montrer la voie dans ce sens. Tous ces changements donnent l’impression que le prochain Power Rangers le film va dans la bonne direction et nous avons hâte de voir ce que les producteurs pourraient nous préparer.

dimanche, décembre 27, 2020

Texte : Goldorak a 45 ans ( L’amitié, l’amour et la nostalgie, et des révélations après tant d’années ) !

UFO robo Grendizer est né officiellement le 5 octobre 1975, date de sa première diffusion au Japon. Ceci est comme un songe d’adulte. 

Avec Candy, Heidi, Maya l’abeille, Albator, Capitaine Flam ou Ulysse 31, combien de gamins de 40 ans aujourd’hui n’ont pas goûté à leurs aventures ou péripéties. Vous n’avez qu’à nous voir entendre les premières notes de générique pour nous voir courir et nous trémousser ! 

D'autres suivront bien sûr, mais, grâce à France Télévisions, nous avons rêvé gamins. 

Goldorak en France a été diffusé dans le cadre de Récré A2 de juillet 1978 à octobre 1980. Parfois de façon foutraque et avec des rediffusions aléatoires. 

C’est d’abord 74 épisodes : Un empire extraterrestre belliqueux, Vega, a broyé la belle planète d’Euphor. Duke Fleet, alias Actarus en Français, a toutefois pu échapper au massacré de sa planète. Atterri sur la Terre, il est recueilli et soigné et adopté par le Pr Procyon, Gemzō Umon en japonais. 

Actarus, en tous points semblables aux Terriens, un peu comme les migrants, travaille comme garçon de ferme dans le Ranch du Bouleau Blanc. Tout aurait pu bien se passer. 

Mais voilà Vega a soif de conquêtes et s’attaque à la Terre. Actarus ne veux pas utiliser son " engin de mort " qu’est Goldorak. Pourtant, il devra s’y résoudre. Dans un premier temps soutenu par le fidele Alcor, son pote, hum, puis viendront Vénusia, fille du propriétaire du ranch et la sœur cadette du prince Phénicia qui a elle aussi échappée au massacre. 

Au cours de ces combats, le Prince d’Euphor retrouvera beaucoup de connaissances. Il devra les combattre et en gardera beaucoup d’amertume. Mais à la fin, ils gagneront, le professeur y laissant la vie. 

Alcor et Vénusia en 1978 avaient vingt ans et sont terriens. Tout comme pour nous, le temps est passé sur eux. La soixantaine bien assumée ils coulent tous deux des jours heureux au Japon. 

Les habitants d’Euphor vieillissent bien moins vite que nous : Phénicia.s’est installée sur un voilier et parcourt le monde pour juste donner de la joie et du bonheur. 

Sport : Le football uni contre la discrimination, l'homophobie et le racisme dans un nouveau documentaire de l’UEFA ( Outraged ) !

Des joueuses et des joueurs vedettes du football européen donnent leur avis sur le racisme, le sexisme et l’homophobie dans un nouveau documentaire sur UEFA.tv qui aborde sans détour la question de la discrimination dans le football. 

Dans Outraged ( Indignés ), un documentaire produit par l’UEFA et lancé aujourd’hui sur UEFA.tv, certains des plus grands noms du football d’hier et d’aujourd’hui parlent de leur expérience personnelle du racisme et de la discrimination, qui continuent de gangréner le sport le plus populaire au monde. 

De grandes stars du football actuel telles que Paul Pogba, Nadia Nadim, Megan Rapinoe, Moise Kean, Dejan Lovren, Olivier Giroud, Shanice van de Sanden, Tyrone Mings, Juan Mata, Guram Kashia et Kalidou Koulibaly y partagent leurs histoires d’exclusion et de discrimination dans le football, et donnent leur avis sur le meilleur moyen d’éradiquer ces fléaux du sport. 

Pernille Harder, Lucy Bronze et Megan Rapinoe ainsi que l’arbitre pionnière Stéphanie Frappart expliquent combien elles ont dû lutter et combien elles luttent encore contre le sexisme et la discrimination pour gagner l’élite du football féminin et s’y maintenir. 

L'entraîneur principal José Mourinho et la légende du football néerlandais Ruud Gullit figurent aussi dans ce documentaire, qui emmène les téléspectateurs dans un voyage en Europe et en Amérique du Nord, à la découverte de toute la complexité de la discrimination dans le football mondial, qu’elle soit basée sur l’origine ethnique, sur le genre, sur la religion, sur l’orientation sexuelle ou sur le statut de réfugié. 

Tous les participants soulignent l’importance de l’écoute et la nécessité d’une collaboration active : " Il est très important que les joueuses et les joueurs puissent s’exprimer. Ce sont elles et eux qui souffrent de la discrimination ", déclare le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, dans le documentaire Outraged. « Nous devons parler davantage à celles et ceux qui sont sur le terrain et qui ressentent directement la discrimination ". Il souligne également que le football doit montrer l’exemple dans la lutte contre la discrimination : " Le football est suivi par des milliards de personnes dans le monde entier, et nous devons profiter de cette exposition pour montrer que la discrimination n’a pas lieu d’être, ajoute-t-il. Nous devons montrer l’exemple. Si un secteur peut le faire dans le monde, c’est bien le football ". 

Interviewé(e)s dans le cadre d’Outraged, ils disent les choses franchement : 

- Pour Ruud Gullit, " C’est un cancer social que nous devons toutes et tous essayer de soigner ". 

- Pour Tyrone Mings, " Il n'est pas nécessaire d’en faire l’expérience concrète soi-même pour savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Donc ceux qui ne font rien contre la discrimination font partie du problème ". 

- Pour Thomas Hitzlsperger, " Je voulais faire mon coming out pendant que j’étais encore joueur, parce que je savais que l’impact serait énorme, mais mes amis les plus proches m’en ont dissuadé. Rassembler le courage nécessaire m’a pris trop de temps ". 

- Pour Megan Rapinoe : " Nous avons une occasion unique dans le football, contrairement aux autres sports, d’utiliser ce beau jeu pour vraiment changer le monde ". 

- Pour Stéphanie Frappart, " Je pense que mes performances sur le terrain et le fait de me voir sur des matches masculins vont faire bouger des lignes. Je me dis que si je suis là aujourd’hui, c’est que j'avais ma place ". 

- Pour José Mourinho, " Nous ne pouvons pas cacher la discrimination qui a toujours lieu aujourd’hui, et nous devons la combattre pour réaliser un monde meilleur ". 

Intervenant(e)s dans le documentaire " Outraged " ( par ordre d’apparition ) : 

• Paul Pogba 
• Moise Kean 
• José Mourinho 
• Tyrone Mings 
• Ruud Gullit 
• Aleksander Čeferin 
• Megan Rapinoe 
• Guram Kashia 
• Pernille Harder 
• Olivier Giroud 
• Juan Mata 
• Hope Powell 
• Thomas Hitzlsperger 
• Shanice van de Sanden 
• Nikita Parris 
• Lucy Bronze 
• Samantha Johnson 
• Nadia Nadim 
• Stéphanie Frappart 
• Dejan Lovren 
• Kalidou Koulibaly 
• Didier Deschamps 

Outraged est en accès libre sur UEFA.tv : Here/Ici 

samedi, décembre 26, 2020

Job : Selon cette étude du Crédit Suisse, les entreprises LGBTfriendly ont de meilleurs résultats !

Une étude du Crédit Suisse démontre que les entreprises favorables aux personnes LGBT+ ont de meilleurs résultats que les autres. Une étude à partager, alors que les LGBT+ sont toujours discriminés au boulot.

Toutes les nouvelles positives sont bonnes à prendre. " Nous avons démontré que 350 entreprises LGBTfriendly ont de meilleurs résultats en termes financiers et de performance boursière " par rapport aux autres entreprises. Le Crédit Suisse l'affirme : avoir une approche inclusive dans sa boite, c'est bon pour les affaires. Malgré cela, les discriminations restent nombreuses.

L'étude met en avant l'importance d'être une entreprise favorable à l'avancée des droits des personnes LGBT+. Le Crédit Suisse remarque que les personnes LGBT+ dépensent plus d'argent dans les produits et services que les hétéros. Toutes les personnes LGBT+ réunies représentent 5.600 milliards de dollars de dépenses chaque année (oui, oui). " Si la communauté LGBT+ était une économie, elle serait la troisième plus importante au monde ", écrit le Crédit Suisse dans un communiqué.

Deux revenus mais pas d'enfants : Pour ces dirigeants d'entreprise, la règle qui concerne les personnes LGBT+, c'est PINK : "partner income no kids " ( deux revenus mais pas d'enfants ). Ce qui offre aux personnes LGBT+ un pouvoir d'achat plus fort. Bien évidemment, cette règle comporte de nombreuses exceptions. D'abord, les familles homoparentales sont heureusement plus nombreuses. L'étude oublie également que les personnes LGBT+ sont plus régulièrement victimes de précarité. Cette étude minimise les discriminations, que ce soit dans l'accès au prêts pour les personnes porteuses du VIH, que ce soit en terme d'avancement dans la carrière ou de difficultés à être recruté.

Malgré cela, l'analyse nuance et indique qu'une " politique d'entreprise pour l'égalité des personnes LGBT+ n'entraîne pas de fait une potentielle meilleure performance ". En revanche, une politique d'inclusion est un indicateur de la bonne santé financière de l'entreprise. Ces entreprises sont qualifiées de friendly lorsque des postes à responsabilités sont occupés par des managers ouvertement LGBT+. Mais ces boîtes doivent également être bien noté dans le baromètre de Human Rights Campaign.

Des politiques RH qui ont du mal à se voir : Sur 350 entreprises qui ont mis en place une politique d'inclusion ambitieuse, 27 ont des résultats au-dessus de la moyenne de rentabilité, 29 ont de bons résultats sur plusieurs critères et 22 ont des bénéfices et un cours de bourse supérieurs à la moyenne. Les entreprises de ce panel ont surperformé 7 années sur les 11 analysées. Dans un second panel, les 100 entreprises friendly de l'ESG Index montrent des résultats de 18% contre 12% pour les autres entreprises.

Malgré ces résultats positifs, être LGBT+ en entreprise reste, en 2020, difficile. Et les politiques de ressources humaines ont du mal à percoler partout dans l'entreprise. De fait, les personnes LGBT+ sont plus régulièrement malheureuses au travail. Seuls 43% des LGBT+ sont out auprès de tous leurs collègues, contre 54% en 2018, selon une étude du Boston Consulting Group. Plus de la moitié des personnes trans considèrent leur identité de genre comme un désavantage au travail. La Commission européenne fait ce triste constat : 19% des LGB, 35% des personnes trans et 32% des personnes intersexes se sont senties discriminées au travail au cours de l'année précédente.

vendredi, décembre 25, 2020

Société : Quelques conseils à l’usage de l’Éducation nationale, " et des autres " pour une école plus queer !

Le suicide d'une lycéenne trans la semaine dernière à Lille a mis en lumière le manque de connaissances des personnels éducatifs sur les questions LGBT+. Pourtant, pour Gabrielle Richard, sociologue du genre et autrice de " Hétéro, l’école ? Plaidoyer pour une éducation anti-oppressive à la sexualité ", il y a des moyens simples et rapides de rendre l'école plus inclusive. 

Témoignage : " En France, n’oublie surtout pas de dire bonjour madame et bonjour monsieur, pas seulement bonjour ". Ce conseil bien avisé, je l’ai eu il y a plus de cinq ans, quand je quittais Montréal pour Paris, encore animée d’une grande naïveté quant aux similitudes entre les deux villes, entre les deux pays. Puis sont venus les manifestations contre la PMA pour les femmes lesbiennes. Le meurtre de Vanesa Campos, une femme trans et racisée. Les tergiversations autour des appellations " parent 1 " et " parent 2 " plutôt que " père " et " mère " dans les formulaires scolaires. Les attaques contre Alice Coffin. Les suicides de Doona en septembre, d'Avril/Luna la semaine dernière, deux jeunes femmes trans avec la vie devant elles et tant de choses à accomplir. 

Et j’ai compris. J’ai compris à quel point la société française était attachée aux catégories de genre binaires. J’ai compris combien elle pouvait être violente à l’égard des personnes qui forment ses groupes minoritaires et minorisés. J’ai compris que c’était le sexisme, et non la galanterie, qui constituait la prémisse de ce " romantisme à la française " qu’on nous vend dans les films césarisés et dans les best-sellers. J’ai compris qu’il y faisait encore bon rire des homosexuels à heure de grande écoute, dans Les grosses têtes ou Touche pas à mon poste. Et que l’école républicaine était trop souvent davantage le lieu de cimentation des statuts sociaux que celui de tous les possibles. 

Être cisgenre, c'est aussi une identité de genre : D’abord, mettons les choses au clair. Quand il est question d’inclure les réalités LGBTQ dans les contenus scolaires, on se heurte à deux types de questions : 

1) Est-ce le rôle de l’école ou de la famille d’aborder ces sujets ? 

2) Les enfants et adolescent.es ne sont-iels pas trop jeunes, trop innocent.es pour qu’on évoque ces questions ? 

Est-ce donc bien le rôle de l’école ou de la famille de parler d’homosexualité, de pansexualité, des transidentités, de queer ? Voilà une fausse question puisque – entendons-nous bien – il est déjà amplement question de genre, de sexe et d’attirances à l’école. Ces sujets ne s’arrêtent pas aux portes des établissements, mais y entrent de plain-pied. On les retrouve dans les contes pour enfants en maternelle. Dans les insultes, les moqueries et les provocations au primaire. Dans les rumeurs et les premiers amours au collège. Dans les séances d’éducation à la sexualité au lycée. Le hic, c’est qu’on n’accepte pas que parler d’hétérosexualité, c’est aussi parler d’orientation sexuelle. Et qu’être cisgenre, c’est aussi une identité de genre. Parler d’homosexualité n’est tabou que parce que ça brise cette norme non-dite, cette présomption constante de l’hétérosexualité de tout le monde. 

L'intérêt des élèves est là : Quant aux jeunes, sont-iels prêt.es à entendre parler de tels sujets ? Bien entendu. Les enquêtes nous montrent que les adolescent.es sont globalement insatisfait.es de ce qu’on leur enseigne sur le genre et les sexualités à l’école et considèrent apprendre davantage sur les réseaux sociaux, sur des sites ou des forums web ou auprès de proches de leur âge. 

Et pour cause : L’Obs publiait en mars 2019 les résultats d’une enquête YouGov selon laquelle 14% des adultes de 18-44 ans s’identifiaient comme non-binaires. Les données dont on dispose sur le plan scientifique laissent entendre que ces chiffres sont encore plus élevés chez les jeunes, dont un nombre croissant entretient des conceptions du genre fluides et ne se retrouvent pas dans une hétérosexualité stricte. Et les enseignant.es seront les premier.es à dire que dès lors que la conversation dévie en classe vers ces sujets, l’intérêt des élèves est là, il est vif, et il est difficile à rassasier. 

Bonne conscience : Jean-Michel Blanquer, anormalement coi les jours suivant le suicide d'Avril/Luna, a finalement déclaré qu’il fallait que l’Éducation nationale " réussisse beaucoup mieux ", tout en affirmant du même souffle avoir " fait énormément sur la lutte contre le harcèlement, qui inclut l’enjeu du harcèlement contre les élèves LGBT ". L’Éducation nationale ferait-elle vraiment déjà beaucoup pour favoriser l’inclusion des élèves LGBT? Loin s’en faut. Certes, les mots " homophobie " et " transphobie " sont maintenant prononcés par des haut.es fonctionnaires et apparaissent depuis peu dans les circulaires de rentrée et sur le site web de l’Éducation nationale. Les LGBTphobies sont censées s’être imposées comme une préoccupation des rectorats, dans la continuité des efforts de la campagne Tous égaux, tous alliés de janvier 2019. 

Or, ajouter les mots " homophobie " et " transphobie " à des documents officiels, rassembler des ressources sur une page web, et faire parvenir des affiches aux établissements des quatre coins de la France, ce n’est pas agir contre les violences et pour l’inclusion scolaire des élèves LGBT : c’est se donner bonne conscience. C’est refuser d’opter pour un plan d’action clair et d’y accorder les ressources nécessaires, sous prétexte que les personnels éducatifs se débrouillent déjà bien au meilleur de leurs capacités sur le terrain. 

Respecter l'auto-identification : Si ce n’est pas assez, alors comment faire mieux ? D’abord, l’accueil des élèves trans et non-binaires ne doit plus se faire au cas par cas et dépendre du bon vouloir des équipes éducatives locales : il doit plutôt faire l’objet de lignes directrices claires, prescriptives, dans une perspective trans-affirmative. 

En conformité avec les revendications des associations trans, elles devraient affirmer que le seul indicateur fiable de l’identité de genre d’une personne est son auto-identification; que les mesures mises en place pour accueillir les jeunes doivent être guidées par leur volonté et leurs besoins; que le droit des élèves trans à la confidentialité et à la vie privée doit être préservé, et que l’usage interne de leurs prénom, pronom et mention de sexe doit respecter leur auto-identification, quel que soit leur statut à l’état civil. 

Des contenus pédagogiques qui alimentent les stéréotypes : Les programmes et les contenus scolaires doivent être repensés de manière à inclure les réalités LGBTQ de manière à encourager la réflexion critique sur les normes dominantes. Cela inclut évidemment l’éducation à la sexualité, qui devrait être beaucoup plus substantielle, sexe-positive, inclusive et critique des normes dominantes. La presque totalité (95%) des jeunes LGBTQ en France rapporte que les contenus d’apprentissage ne sont pas adaptés à leurs besoins. Si ces jeunes considèrent leur curriculum comme symboliquement violent à leur égard, c’est parce qu’il les maintient invisibles et contribue à les mettre à l’écart. 

Par exemple, lorsque les programmes et manuels scolaires évoquent l’homosexualité, le lesbianisme ou la transidentité, cela se fait plus souvent qu’autrement pour dire " ces personnes aussi vivent des discriminations " ou " ces groupes aussi ont obtenu des droits ". Ce traitement du sujet plaide ( insidieusement ) en faveur d’une tolérance à la différence, sans adresser le manque d’information sur le sujet, et sans confronter les préjugés sexistes, homophobes et transphobes susceptibles d’être ancrés de longue date chez les élèves. En cela, on peut considérer que ce genre de référence alimente plutôt qu’enrage les violences de genre à l’école, puisqu’on ne questionne jamais la naturalité présumée de l’hétérosexualité ou des rôles de genre, la prétendue complémentarité des sexes ou la nécessaire détermination de l’identité de genre d’une personne à partir du seul indicateur que sont ses organes génitaux. 

Former les personnels : C’est dans cette perspective aussi qu’il faut former systématiquement les personnels scolaires. On essaye souvent de le passer sous silence, mais les personnes impliquées dans la scolarité de nos enfants ne sont pas neutres. Elles occupent toutes une place dans les rapports de pouvoir : elles possèdent un genre et une orientation sexuelle, elles se situent sur le plan racial et linguistique, etc. Ces attributs leur confèrent des privilèges ou les disqualifient socialement, à différents degrés. Non seulement les personnels scolaires ne sont pas immunisé.es contre les préjugés, iels sont susceptibles de transmettre les leurs à leurs élèves, sans même s’en rendre compte. Une formation initiale doit être l’occasion pour les personnels d’interroger leur propre positionnement dans les rapports de pouvoir, ainsi que les privilèges et les angles morts que ce positionnement est susceptible de leur conférer. 

La refonte des programmes et l’obligation de formation des personnels sont donc des visées à long terme pour créer les conditions d’une école républicaine véritablement inclusive et émancipatrice. Dans l’immédiat, toutefois, les personnels éducatifs ne sont pas contraints à garder les mains liées. Les pistes suivantes leur permettent dès maintenant d’aborder de manière anti-oppressive les questions relatives au genre et à l’orientation sexuelle. 

Nommer ce qui est d’ordinaire tu : Les normes dominantes sont difficiles à voir, en partie parce qu’elles ne sont pas nommées. L’hétérosexualité, le statut cisgenre, la blanchité sont pourtant des caractéristiques identitaires d’importance, puisqu’elles traduisent une série de privilèges rarement interrogés ( pouvoir tenir son/sa partenaire par la main en public, ne pas craindre d’être injustement pénalisé.e dans l’accès à l’emploi ou au logement, etc... ). Au même titre qu’on peut estimer nécessaire de le faire en parlant de personnes homosexuelles, trans ou racisées, il est intéressant de spécifier l’hétérosexualité ou le statut cisgenre des personnes dont on parle. Cela permet de mettre à jour l’existence de présomptions d’ordinaire invisibles. Tout cela crée un terrain fertile pour l’amorce d’une réflexion critique sur les normes sociales dominantes. 

Miser sur les instances de dissonance cognitive : Les préjugés reposent sur une série d’énoncés et de conceptions perçues comme allant de soi, donc comme étant partagées par tout le monde. Les instances de dissonance cognitive s’avèrent être d’efficaces outils pédagogiques, puisqu’elles permettent d’instiller ( parfois pour la toute première fois ) le doute chez les personnes qui les énoncent. Dès lors qu’elles sont sollicitées pour expliciter leurs idées reçues, ces personnes peuvent s’apercevoir qu’elles se retrouvent rapidement dépourvues d’arguments solides. Par exemple, à un.e élève qui affirmerait qu’une femme ne peut/doit pas gagner un salaire plus élevé que celui de son époux, on peut répondre : " Je ne comprends pas. Pourquoi dis-tu ça " ? À un.e autre élève qui entretiendrait des conceptions rigides sur la complémentarité des sexes, on pourrait donner l’exemple de la répartition des tâches au sein de couples gays ou lesbiens, dont la recherche a montré qu’elle se basait sur les disponibilités et les préférences des partenaires, non sur des rôles de genre. 

Faire état de son propre processus d’apprentissage : Cela nécessite de reconnaitre ses erreurs et de les corriger, mais aussi de faire état des choses qu’on ne connait pas, ou pas assez. Par exemple, lorsqu’on attribue erronément à quelqu’un une identité de genre, qu’il s’agisse d’une personnalité publique ou du personnage d’un film, il faut faire amende honorable : " J’ai fait une erreur. J’ai considéré que cette personne était une femme en raison de la longueur de ses cheveux. Pourquoi n’est-ce pas le meilleur indicateur " ? 

Autre exemple : si vous êtes appelé.e à expliciter l’acronyme LGBTQ, mais avez peur de vous tromper, n’hésitez pas à le dire : " Je ne connais pas assez cet acronyme. Que diriez-vous qu’on se renseigne ensemble à ce sujet " ? Plutôt que le signe d’une ignorance, ces phrases témoignent de la transparence de vos propres processus d’apprentissage. Ils transmettent le message qu’on ne peut deviner le genre d’une personne à sa seule apparence, et que la norme, c’est la diversité. 

Assumer les limites du matériel pédagogique : Aucun matériel pédagogique n’est parfait. L’important, c’est d’enseigner aux élèves à faire preuve d’esprit critique face aux représentations disponibles dans leurs contenus scolaires ou dans les livres. Il peut simplement s’agir d’attirer leur attention sur le fait qu’un texte à l’étude ne met en scène que des hommes, et de questionner avec les élèves cet état de fait. On peut souligner l’absence de certains groupes ou événements quand elle se donne particulièrement à voir : " C’est quand même étrange que ce manuel n’évoque pas les émeutes de Stonewall aux États-Unis. J’ai pourtant l’impression qu’elles ont joué un rôle central dans la mobilisation pour les droits civils des personnes homosexuelles ". Ce faisant, germe chez les élèves l’idée qu’il existe tout un pan de l’histoire contemporaine qu’ils et elles n’apprendront peut-être pas sur les bancs d’école, mais qui a néanmoins bien eu lieu. 

Se rendre visibles comme personnes ayant un genre ( et une orientation sexuelle ) : Les discussions informelles sont autant d’opportunités pour transmettre des messages sur les normes de genre et d’orientation sexuelle, tout particulièrement pour les personnes cisgenres et/ou hétérosexuelles. Ce faisant, on fait comprendre aux élèves que tout le monde est en constante construction sur le plan du genre et de l’orientation sexuelle. Les enseignant.es peuvent ainsi spécifier leurs pronoms d’usage en début d’année, parler de leurs intérêts considérés comme atypiques sur le plan du genre, ou encore expliquer comment leurs goûts et habiletés ont pu changer avec les années. 

Inverser les rapports de pouvoir pour réfléchir aux privilèges : L’exercice d’inversion est un moyen pédagogique par lequel des énoncés ou des affirmations communes sont détournées de manière à mettre en évidence l’arbitraire des normes que nous tenons pour acquises. Il peut s’agir d’un exercice réalisé en soi pour sa valeur pédagogique, ou encore d’un outil d’analyse de contenus à l’étude. Ainsi, le questionnaire hétérosexuel ( dont plusieurs versions sont disponibles en ligne ) initie une réflexion critique sur les normes en matière d’orientation sexuelle. Il comprend une série de questions couramment posées aux gais et aux lesbiennes, mais reformulées pour l’occasion de façon à interroger l’expérience des personnes hétérosexuelles ( " Qu’est-ce qui a causé votre hétérosexualité ? ", " Est-il possible que votre hétérosexualité ne soit qu’une phase et que vous n’ayez simplement pas encore rencontré le bon partenaire du même genre ? " ). Dans d’autres exercices d’inversion, on prend un récit connu et on y inverse le genre des personnages principaux. Il s’agit d’une méthode facile à mettre en place et efficace pour mettre en évidence les rapports de pouvoir et les normes (masculine, hétérosexuelle, blanche ) qui nous entourent constamment sans pour autant qu’on les voit. 

Il est donc possible de travailler dans l’immédiat à la mise en œuvre d’une pédagogie anti-oppressive et à la création d’un climat de classe véritablement inclusif pour l’ensemble des élèves. Plusieurs enseignant.es et membres du personnel éducatif le font d’ailleurs déjà, dans l’ombre, individuellement ou dans des associations comme Queer Education. Mais ce qu’on attend impatiemment et qui tarde, qui brille par son absence, c’est l’impulsion venue d’en haut. C’est la volonté politique. 

Cinema : Les 8 films de Noël LGBT+ à regarder absolument, aujourd'hui !

Le Grinch, Maman j’ai raté l’avion, Love Actually... Ces films de Noël sont vus et revus et manque cruellement de représentation LGBT. Pas de panique, " Lhomme est un concept " pour vous la liste des 8 films de Noël queer à ne pas manquer ! 

1 ) Ma belle-famille, Noël, et moi (2020) : Ma belle-famille, Noël et moi suit les vacances de Noël mouvementées d’un couple de trentenaires, Abby (Kristen Stewart) et Harper (Mackenzie Davis). Harper invite Abby à passer les fêtes avec elle et sa famille, mais lui avoue quelques minutes avant d’arriver dans la demeure familiale qu’elle n’a jamais fait son coming out, et que ses parents ignorent tout de son orientation sexuelle et de sa situation de couple... Un Noël qui s’annonce mouvementé pour les deux femmes ! 

2 ) Un Noël très très gay (2009) : Olaf Gunnunderson est un étudiant gay et assumé. Avant de rejoindre sa famille pour les vacances de Noël, il dit au revoir à son petit ami Nathan interprété par Adamo Ruggiero. Dans cette comédie de quiproquo, Gunn -joué par Keith Jordan- va visiter sa famille pour les fêtes. Mais ses parents, très conservateurs, croient encore qu’il est hétéro et tentent en vain de le caser avec sa petite-amie du lycée. La situation va s’empirer lorsque le petit ami de Gunn fait son arrivée, ce qui risque bien de faire dégénérer la situation… 

3 ) Carol (2015) : Lors de la période de Noël en 1952, Carol tombe amoureuse de Therese, une jeune vendeuse d’un grand magasin new-yorkais. Magnifiquement filmé et reposant sur d’incroyables performances d’actrices, le film chronique la relation naissante entre deux femmes à une époque où l’homosexualité était frappée d’un grand tabou. Cate Blanchett joue le rôle titre de ce film nommé aux Oscars, adapté du roman homonyme de Patricia Highsmith. 

4 ) The Christmas Setup (2020) : Dans cette fiction, Hugo, un avocat new-yorkais, se rend à Milwaukee avec sa meilleure amie pour passer les vacances de Noël avec sa mère Kate, connue pour son rôle de Fran Drescher dans " Une Nounou d’Enfer ". Cette dernière met tout en œuvre pour qu’Hugo rencontre Patrick, un ami du lycée. Hugo tombe amoureux et devra choisir entre l’homme de sa vie et une promotion qui l’obligerait à déménager à Londres. Cliquez ici pour découvrir la bande d’annonce de cette love story attachante. La petite anecdote : Les héros principaux du film, Ben Lewis et Blake Lee, sont mariés dans la vraie vie ! 

5 ) Breakfast with Scot (2007) : Dans Breakfast With Scot, Eric, un ancien joueur de hockey mène une existence rangée et discrète auprès de son compagnon, Sam. L’univers du couple bascule rapidement quand Eric doit s’occuper de son neveu Scot, dont la mère vient de mourir. Une comédie américaine familiale avec un scénario des plus basiques, on apprécie cependant la touche " LGBT " du film, qui lui donne sa place dans notre sélection. À regarder pour un Noël un peu plus gay ! 

6 ) The Christmas House (2020) : Confrontés à de difficiles décisions, Phylis et Bill Mitchell ont invité leurs deux fils, Mike, vedette du petit écran, et Brandon, à la maison pour les fêtes. Ils espèrent que le fait de réunir la famille et recréer la magie de Noël les aidera à trouver une solution. Quant à Mike, il renoue avec Andi, son béguin du lycée. Le personnage de Jonathan Bennett, Brandon, et son mari Jake, joué par Brad Harder, tentent d’adopter un enfant. 

7 ) Mysterious Skin (2004) : D’une part, Neil, jeune travailleur du sexe rêve d’une seule chose : quitter son quotidien ennuyeux pour New York. De l’autre côté, le mystérieux Bryan, est convaincu d’avoir été enlevé par des forces extraterrestres et pense que seul Neil possède la clé de l’énigme. Brian tente de retrouver Neil pour dénouer le mystère qui les empêche de vivre. Ce film est un véritable tour de force en terme de représentation puisqu’il nous parle d’un jeune travailleur du sexe homosexuel : Neil, incarné par Joseph-Gordon Levitt, mais aussi de deux personnages queer, dont un personnage asexuel : Bryan, incarné par Brady Corbet. 

8 ) Dashing in December (2020) : Après que Wyatt rentre enfin à la maison pour les vacances pour essayer de convaincre sa mère de vendre le ranch familial du Colorado, il trouve une relation amoureuse avec un nouveau propriétaire de ranch qui rêve de sauver la propriété et son attraction magique Winter Wonderland. Wyatt et Heath forgent une connexion réelle et crédible en partageant leurs histoires. Ce que l’on aime tout particulièrement avec ce film, c’est qu’il se concentre sur ce que signifie réellement être gay dans une petite ville rurale, et ça, c’est une première. Merry Christmas ! 

Sexe : Les statistiques de Grindr révèlent les pays où il y a le plus d’actifs et de passifs !

Dans la droite lignée de Spotify, l'appli de rencontres LGBTQ+ détaille elle aussi ses statistiques de l'année écoulée. Et nous apprend dans la foulée quels sont les pays où l'on débusque le plus d'actifs ou le plus de passifs. Prenez des notes ! 

En fin d'année, c'est l'heure du bilan. Du côté de Grindr, il est question d'un bilan un peu particulier. Sur son compte officiel Instagram, l'application de rencontres revient sur ses chiffres de 2020 et nous apprend des informations que certains jugeront capitales. En plus de nous apprendre que 13 millions d'usagers se connectent chaque mois à travers le monde, ce point statistique révèle quels sont les pays où l'on risque de tomber sur des hommes actifs ou passifs. Mais attention, mieux vaut faire preuve de précaution. 

Itinéraire à surveiller : En effet, Grindr nous apprend que les territoires où il y a le plus d'utilisateurs sexuellement actifs sont le Maroc, l'Inde, le Nigeria, le Chili et Israël. On précisera tout de même qu'il s'agit de pays où il ne fait pas bon vivre lorsqu'on fait partie de la communauté LGBTQ+. Être gay au Nigéria est passible de 14 ans de prison ferme, quand la peine de mort est maintenue dans 12 autres États du Nord du continent africain. Au Maroc, l'homosexualité est punissable de 6 mois à 3 ans d'emprisonnement, et les applications de rencontres sont souvent le lieu d'un chantage contre les homosexuels. En avril, plusieurs jeunes homosexuels marocains utilisateurs des applis de rencontres avaient été victimes d'un outing massif, mettant leur vie en danger. 

Pour ceux qui sont davantage en quête de partenaires passifs, Grindr nous oriente vers d' autres pays. En l'occurrence, ceux où les passifs sont en écrasante majorité sont le Vietnam, la Suède, la Thaïlande, le Pérou et l'Afrique du Sud. Il s'agit là de zones où le mariage de couples de même sexe n'est peut-être pas autorisé, mais où les conditions de vie sont un brin plus agréables que dans les pays suscités. Quant à ceux qui cherchent des versatiles purs et durs, direction le Venezuela, le Guatemala, l'Argentine, le Mexique ou encore l'Australie. En Amérique du Sud, les usagers de Grindr varient les plaisirs. 

À prendre avec des pincettes : " Ces données ne représentent qu'une sous-partie de nos utilisateurs, souligne Grindr dans un communiqué, précisant que tous les usagers de l'appli ne sélectionnent pas forcément leur position sexuelle fétiche. Et Grindr en elle-même ne représente qu'une sous-partie de la communauté queer globale. Il est donc important de noter que ça ne doit pas être interprété comme un rapport scientifique ou exhaustif sur les comportements sexuels queers à travers le monde ". 

Appelé " Grindr Unwrapped ", ce bilan annuel apporte aussi d'autres petits détails statistiques intéressants mais peu surprenants. Comme ce classement des emojis les plus utilisés par les membres de Grindr : ceux qui reviennent le plus dans les profils sont ainsi l'aubergine, la flamme et le diablotin. Enfin, c'est un total de 855 millions de photos qui ont été envoyées en 2020 contre environ 7,85 milliards de tapes. 

jeudi, décembre 24, 2020

Société : Selon une étude, les stéréotypes de genre impactent la santé mentale des enfants !

Une étude anglaise menée par la Fawcett Society nous apprend que l'éducation basée sur les distinctions de genre peut avoir des répercussions néfastes sur les enfants jusqu'à leur entrée dans l'âge adulte. Un constat alarmant. 

Une éducation trop genrée peut s'avérer mauvaise pour les enfants, et ce dès leur plus jeune âge. Selon une récente étude britannique réalisée par la Fawcett Society, les stéréotypes de genre représentent de véritables barrières pour les enfants, créant notamment des problèmes d'estime de soi chez les filles et des soucis de lecture chez les garçons. Plus encore, l'organisation caritative souligne le fait que ces stéréotypes genrés impactent la santé mentale des plus jeunes sur le long terme, pouvant causer des troubles alimentaires chez les filles ainsi que des tendances suicidaires chez les garçons. 

Menée pendant 18 mois, l'étude en question comprend également plusieurs données statistiques inquiétantes. D'une part, près de 74% des parents interrogés reconnaissent considérer différemment garçons et filles et 6 parents sur 10 avouent que cette distinction basée sur le genre possède des impacts négatifs. De plus, 70% des mères et 60% des pères sont d'accord pour dire que ce traitement différentiel influe sur la façon dont les garçons parlent ( ou, plutôt, ne parlent pas ) de leurs émotions. 

Les stéréotypes de genre ont également une influence sur les carrières professionnelles. Lorsqu'on a demandé aux parents quels métiers ils envisageaient pour leurs enfants, 22% se tournaient vers le secteur de la construction pour les garçons face à seulement 3% pour les filles. En comparaison, 22% verraient bien leur fille travailler comme infirmière ou auxiliaire de vie contre 8% pour leur fils. 

Une prise de conscience nécessaire : " Il faut mettre un terme à la princessification des filles et à la toxification des garçons, soutient Sam Smethers, directrice générale de la Fawcett Society. Le secteur commercial se repose trop souvent sur les stéréotypes de genre et sépare filles et garçons simplement pour vendre plus de produits. Mais il ne s'agit pas de tout rendre neutre. Il faut aussi rendre les femmes et les filles visibles quand la norme est masculine à cause de biais préexistants. Par exemple, montrer fréquemment aux enfants des femmes leaders ou scientifiques est important ". Par chance, une volonté de changement a été décernée chez les parents. 

Toujours selon l'étude, 66% des parents souhaiteraient que les entreprises markettent leurs produits de la même manière pour les garçons que pour les filles, sans véritable distinction de genre. " La majorité des parents reconnaissent qu'il y a un problème et sont de plus en plus nombreux à vouloir quelque chose de différent, conclut Sam Smethers. Ils veulent voir un vrai changement de la part du gouvernement et des entreprises, et ont besoin d'aide pratique pour effectuer eux-mêmes ce changement ". 

Culture : La pièce de théâtre " La Machine de Turing " pourra désormais être étudiée dans les collèges et lycées !

Multirécompensé aux Molières, le petit bijou théâtral de Benoit Solès gravit un nouvel échelon : La Machine de Turing rejoint la collection des Carrés classiques Nathan et pourra donc être analysé dans divers établissements scolaires. 

Voilà une bonne nouvelle pour la visibilité LGBTQ+ en milieu scolaire ! Après son succès sur les planches, La Machine de Turing de Benoit Solès sera intégrée dès janvier 2021 à la collection des Carrés classiques Nathan. Composée d'environ 120 titres, cette collection destinée aux enseignant·e·s répertorie une multitude de grandes œuvres de la littérature et du théâtre, lesquelles sont accompagnées d'une section analytique leur permettant d'être décortiquées par les élèves. En d'autres termes, La Machine de Turing peut désormais être étudiée dans les collèges et lycées au même rang que les classiques de Molière. 

Inspirée par la pièce anglaise Breaking the Code signée Hugh Whitemore, La Machine de Turing revisite à sa manière la trajectoire aussi exceptionnelle que tragique d'Alan Turing. Durant la première moitié du XXème siècle, ce mathématicien gay et génial est parvenu à briser le code secret de l'Enigma, la machine utilisée par les Allemands pour crypter leurs communications pendant la Seconde Guerre mondiale. Malgré ses prouesses professionnelles, il se voit condamné en 1952 pour homosexualité. Il meurt quelques années plus tard après avoir ingéré une dose létale de cyanure, bien qu'un suicide n'ait pas été avéré. 

Créée en 2018 et couronnée de lauriers lors de la cérémonie des Molières l'année suivante, La Machine de Turing devrait reprendre ses représentations à compter de la nouvelle année au Théâtre Michel, du mardi au samedi à 19h30. En parallèle, il n'y a plus qu'à croiser les doigts pour que de nombreux·euses professeur·e·s de littérature s'emparent de cette pièce contemporaine afin de l'étudier en classe. Et, ainsi, mettre en lumière à l'école l'une des grandes figures LGBTQ+ de l'histoire. 

mercredi, décembre 23, 2020

LGBT : La direction du Refuge se " met en retrait " après une enquête accablante de Mediapart !

Une enquête publiée sur Mediapart dénonce l'encadrement des jeunes au sein de la fondation Le Refuge, du harcèlement des bénévoles et des salariés et une gestion financière qui interroge. Le président et le directeur général de la fondation ont annoncé se mettre " en retrait " le temps qu'un audit soit réalisé. 

De toutes les associations LGBT+, Le Refuge est sans doute la plus connue du grand public. Basée à Montpellier, la fondation accompagne les jeunes LGBT+, de 14 à 25 ans, chassés de chez eux. Mardi 15 décembre, Mediapart a publié une enquête fleuve mettant notamment en cause une " prise en charge défaillante " des jeunes LGBT+. Le journal d'investigation étrille aussi la gestion financière de la Fondation, l'existence possible de travail dissimulé, mais, surtout, évoque des faits de harcèlement de la part de la direction. Directement visés, Nicolas Noguier, président, et Frédéric Gal, directeur général, ont dénoncé une enquête " à charge ". 

Cependant, lundi 21 décembre, dans un communiqué, la fondation annonce qu'un audit serait réalisé " par un cabinet extérieur " : " Le conseil d’administration a demandé à ce qu’un audit soit réalisé en janvier par un cabinet extérieur. Celui-ci portera sur trois volets : la gouvernance, les finances, les relations avec les bénévoles et les jeunes accueilli·e·s. Les conclusions de cet audit seront rendues publiques ". Le Refuge a également annoncé que le temps de cet audit, son président et son directeur général se mettraient " en retrait ". " Leurs fonctions seront assurées collégialement par le conseil d’administration pendant ce temps ", précise le communiqué. 

Un accompagnement " pas à la hauteur " : Mediapart a interrogé près de cinquante personnes passées par Le Refuge. Parmi elles 16 salariés, délégués et travailleurs sociaux, 23 bénévoles et 8 jeunes hébergés. Est dénoncé un suivi des jeunes parfois " problématique " et " dangereux ". Plusieurs des personnes interrogées pointaient du doigt le manque de professionnels encadrant les jeunes. Et malgré des alertes répétées depuis plusieurs années, et le passage en fondation, rien n'aurait changé. Des témoins racontent notamment une prise en charge des personnes trans, qui seraient ridiculisées et régulièrement mégenrées. " Ça revient tellement souvent qu’on se dit qu’ils font exprès. On demandait à ce qu'ils puissent se former sur la question, mais ça n’a jamais été fait ", se désole un jeune trans actuellement hébergé par la fondation. 

" En confiant des jeunes en détresse et en souffrance à des bénévoles que nous ne connaissons pas et que nous n’avons peu ou pas rencontrés, qui ne sont formés ni par Le Refuge ni par leurs connaissances professionnelles ou personnelles, nous mettons en danger ces jeunes ", écrit un salarié. " Je ne m'explique pas pourquoi avec l’argent qu’ils ont, le suivi ne s'améliore pas. L’accompagnement des jeunes n’est pas à la hauteur ", regrette une travailleuse sociale citée par le journal d'enquête. 

Une gestion financière problématique : Les personnes interrogées par Mediapart accusent par ailleurs la fondation de refuser d'utiliser sa trésorerie pour financer des formations. Une déléguée raconte aussi avoir falsifié une demande de subvention pour payer des consultations de psychologues qui n'auraient jamais eu lieu. Un autre problème soulevé : l'association demande un loyer minimum de 30 euros auprès de jeunes qui n'ont pas de ressources. Selon des témoins cités par Mediapart, des jeunes se seraient prostitués pour payer ces loyers, ce que dément le président de l'association. 

Pourtant, selon le bilan de l'année 2019 cité par le journal, la fondation a reçu trois millions d'euros de dons et de subventions. Le bilan comptable compte un excédent de plus de 800.000 euros et la trésorerie s'élève à 2 millions d'euros. Les frais de communication se sont élevés à 237.000 euros en 2019. Selon Mediapart, sur les 3,3 millions collectés cette année, seuls 46,8% ont servi à remplir la mission sociale du Refuge. Cette gestion financière a même interrogé la mairie de Paris qui aurait diligenté une enquête. 

Des " câlins " gênants : Selon plusieurs bénévoles interrogés par Mediapart, le président du Refuge Nicolas Noguier, se ferait appeler " papa " et donnerait fréquemment des " câlins " ou des " étreintes " à des jeunes. Un délégué décrit un comportement " pas sexuel, mais il était trop tactile, il les tripotait partout, c'était malsain ", ce qui provoquerait chez les bénévoles un sentiment de malaise. Les démonstrations affectives sont assumées par les dirigeants, qui avancent vouloir construire un lien de confiance avec les jeunes. Dans l'enquête, aucun jeune n'a confirmé ou infirmé ces pratiques. Une dizaine de témoins auraient par ailleurs confié à Mediapart avoir dû repousser les avances de Frédéric Gal. " Une fois, après un dîner pro, il m’a proposé de monter dans sa chambre. J’ai refusé. C’était dans la continuité d'un jeu de séduction permanent. Il peut faire du pied au restaurant, faire des massages alors qu’on n’a rien demandé. Je pense qu’il ne s’en rendait pas compte ", dit l'un d'entre eux. Selon Mediapart, le président a été visé par un rappel à la loi du procureur de Montpellier en 2007 après avoir envoyé des SMS de manière insistante à un individu. " Mais il ne s'agissait ni d’un jeune de l’association, ni d’un mineur. Il avait une vingtaine d’années ", se défend Nicolas Noguier. 

Une pression sur les bénévoles et salariés : Plusieurs salariés et bénévoles interrogés par Mediapart dénoncent également des " conditions de travail très difficiles ", un fonctionnement " monarchique " et un " management par la terreur ". Un environnement qui aurait conduit à un fort turnover. Comme le rappelle le site d'investigation, le tribunal d'Avignon avait déjà condamné Le Refuge à payer 1.000 euros de dommages et intérêts à neuf bénévoles qui en avaient été exclus. La décision de justice, citée par Mediapart, dénonce une mise au ban " dans des conditions particulièrement cavalières ". 

Selon le journal, plusieurs bénévoles effectueraient en réalité l'équivalent d'un travail à temps plein. Une déléguée lilloise estimerait son engagement bénévole à 39 heures par semaine, en dehors de son travail. Le journal rappelle qu'un bénévole ne peut être soumis à une sanction ni recevoir d'ordre de la part de la structure. " On travaillait tellement sous tension et avec la peur permanente de recevoir des reproches de Nicolas ou Frédéric, qu’on pouvait délaisser ( la ) prise en charge ( des jeunes ) ", déplore une autre salariée. 

Des conséquences sur l'association : Dans son communiqué, la Fondation regrette " l'augmentation des actes homophobes et transphobes et l’urgence de la situation des jeunes est une triste réalité qui a amené notre organisation à devoir se développer rapidement pour y répondre ". " Peut-être que la mobilisation permanente des équipes n’a pas laissé assez de temps pour professionnaliser notre structure comme il l’aurait fallu, admet-elle. Peut-être ne sommes-nous pas encore assez formé·e·s sur les questions relatives à la transphobie ". 

Suite à la parution de l'enquête, le maire de Montpellier, Michaël Delafosse a demandé lors du conseil de métropole " de surseoir au versement des subventions " de la fondation jusqu’à ce qu'une " clarification de la gouvernance " soit faite. La Dilcrah a également demandé des comptes à la Fondation Le Refuge dans un courrier daté du 17 décembre. Dans cette lettre, Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, invite Le Refuge " à bien vouloir fournir des explications détaillées permettant de faire toute la lumière sur les éléments soulevés dans cet article ". 

Cinema : Les nouvelles dates du festival LGBTQ+ Chéries-Chéris sont là !

Initialement planifiée pour le mois de novembre, la 26ème édition du festival queer Chéries-Chéris s'est vue repoussée à cause de la crise sanitaire. Elle se déroulera désormais à la rentrée prochaine, du 9 au 19 janvier 2021.  

Bien que le reconfinement ait eu raison du festival Chéries-Chéris cette année, ses organisateurs n'ont pas dit leur dernier mot. Un temps prévue pour novembre, la 26ème édition de l'événement se voit finalement décalée au début de la nouvelle année. En effet, du 9 au 19 janvier 2021, les films LGBTQ+ en lice investiront les salles parisiennes, précisément les cinémas MK2 Beaubourg, Quai de Seine et Bibliothèque. Les dates et horaires exacts de chaque projection n'ont pas encore été communiqués. 

Une nouveauté qui fait envie : Le line-up du festival demeure inchangé. En d'autres termes, les cinéphiles de la capitale pourront voir les derniers fleurons du cinéma queer, à l'instar du touchant Un printemps à Hong-Kong de Ray Yeung ou encore Le Prédateur, soit le nouveau long-métrage du réalisateur argentin Marco Berger. Le très attendu Ammonite de Francis Lee ( Seule la terre ) restera le film d'ouverture. On soulignera un ajout notable à la programmation : Supernova, le film gay dramatique porté par le duo Colin Firth/Stanley Tucci, fera partie de cette 26ème édition, bien qu'il ne soit pas intégré dans la compétition fiction du festival. 

Signé Harry Macqueen ( Hinterland ), Supernova relate la vie commune de deux hommes gays, Tusker et Sam, ensemble depuis une vingtaine d'années. Mais leur idylle toujours vive est ternie par une terrible annonce : Tusker est atteint de démence et la maladie menace d'impacter rapidement son quotidien. Suite à ce diagnostic, le couple décide de partir en voiture afin de parcourir l'Angleterre rurale, déterminé à profiter de ses proches avant que la santé de Tusker n'en pâtisse. On prépare déjà les mouchoirs. 

mardi, décembre 22, 2020

Suisse : Le mariage pour tous est désormais légal, mais…

Depuis longtemps dans les tuyaux, le projet de loi ouvrant le mariage à tous les couples a enfin été adopté en Suisse. Et le texte contient l'ouverture de la PMA pour les couples de femmes. 

C'est une légalisation tardive par rapport à de nombreux pays européens, mais au moins, elle va plus loin que de nombreux autres textes. Le Parlement helvétique a approuvé vendredi 18 décembre le projet de loi autorisant le mariage pour les couples homosexuels. Fin novembre, le Conseil des États avait approuvé la réforme de la loi dans sa version la plus extensive. Elle ouvre en effet aux couples de femmes le droit à la procréation médicalement assistée (PMA). 

Mariage et PMA pour toutes : Le texte adopté par le Parlement suisse inclura également l’accès à la PMA pour les couples de femmes. Celles-ci seront donc reconnues automatiquement comme mères de l’enfant à condition qu’elles aient eu recours à une banque de sperme en Suisse. Lors du vote du mariage pour tous, en 2013, François Hollande avait refusé d'inclure la PMA pour toutes dans le projet de loi. Il s'en était expliqué alors... 7 ans plus tard, la PMA pour toutes les femmes n'est toujours pas adoptée, mais devrait revenir au Sénat en seconde lecture le 19 janvier prochain. 

La Suisse est le 29ème pays au monde à ouvrir le mariage aux couples de même sexe, après sept longues années de débats. Le projet de loi sur l'égalité juridique des couples homosexuels avait en effet été déposé en 2013 par le Parti libéral vert. " Aujourd'hui est un jour historique pour la communauté LGBT et ses amis ! ", a déclaré le Comité national sur le mariage pour tous, repris par l'AFP. " Le Parlement suisse a confirmé aujourd'hui que les familles arc-en-ciel et les couples homosexuels méritent les mêmes droits que les familles hétérosexuelles. Bien que ce soit déjà une évidence pour beaucoup en Suisse, la victoire d'aujourd'hui est un incroyable pas en avant pour notre pays et tous ceux qui en bénéficient directement ou indirectement ", a-t-il réagi. 

Un référendum : Les Suisses devraient toutefois avoir le dernier mot car le parti de l'Union démocratique fédérale (UDF), une petite formation qui défend des valeurs chrétiennes, a déjà annoncé qu'il lancerait un référendum pour tenter de contrer le vote du texte. La démocratie suisse prévoit en effet qu'un référendum facultatif peut être organisé pour s'opposer à un acte législatif adopté par le Parlement. Le peuple (ici l'UDF) devra réunir 50.000 signatures dans les 100 jours suivant la publication officielle de la loi, pour pouvoir organiser un référendum. Toutefois, ils ont peu de chance de réussir à inverser le cours des évènement. Le député PS Mathias Reynard, en faveur du texte, en semble d'ailleurs convaincu. 

Cinema : Marvel révèle que Star-Lord des " Gardiens de la Galaxie " est bisexuel !

Dans de récentes mésaventures côté comics, le voyageur intergalactique Peter Quill est engagé dans une relation polyamoureuse avec un homme et une femme. C'est la première fois que la bisexualité du personnage est ouvertement évoquée. 

Davantage de représentation LGBTQ+ dans le monde des super-héros ? On ne va pas cracher dessus. Aux dernières nouvelles, c'est au personnage de Star-Lord de faire son coming out au rayon comics. Comme le rapporte le média spécialisé CBR, c'est à travers de récentes aventures sur papier que le super-héros rouquin a officiellement exploré sa bisexualité. Une première pour le héros des Gardiens de la Galaxie. 

Signées Al Ewing et Juan Cabal, les dernières tribulations de Peter Quill ( le véritable nom de Star-Lord ) dépeignent son origin story alors qu'il habite sur le territoire mythique de Morinus. Là-bas, il se rapproche fortement de deux êtres humanoïdes : Arcadia, une femme, et Mors, un homme. C'est au bout de douze ans de vie commune que leur histoire connaît un développement romantique. Dans les pages du comics donc, on les aperçoit tous les trois dans des bains d'eau chaude, s'enlaçant et s'embrassant. 

Bi(entôt) au cinéma : Sans grand étonnement, de nombreux fans se demandent alors si cette évolution du personnage sera répercutée dans les longs-métrages de l'écurie Marvel, et plus précisément dans le troisième opus des Gardiens de la Galaxie. Jusqu'ici, Star-Lord a essentiellement été présenté comme hétérosexuel dans les films de la franchise, avec une profonde attirance pour Gamora ( jouée par Zoe Saldana ). Bien entendu, le personnage pouvait d'ores et déjà être bi : cela voudrait simplement dire que cette partie-là de sa sexualité n'a pas encore été creusée ou exposée. Il n'y a plus qu'à croiser les doigts pour que ça change. 

Mais selon certains internautes, l'inclusion de la bisexualité de Star-Lord ne serait pas à l'ordre du jour. Surtout à cause de son interprète, Chris Pratt, visiteur assidu de la Zoe Church, une congrégation chrétienne de Los Angeles identifiée comme anti-LGBTQ+. Épinglé par Elliot Page sur les réseaux sociaux pour faire partie de ce groupe religieux, l'acteur aurait répondu en affirmant croire " que chacun peut aimer qui il veut aimer sans avoir à être jugé par son prochain ". Est-il suffisamment tolérant au point de bien vouloir incarner un super-héros ouvertement bisexuel sur grand écran ? C'est une tout autre question. 

lundi, décembre 21, 2020

Religion : L'archevêque de Lettonie demande de créer un cadre légal pour les couples homosexuels

L'archevêque de Lettonie, Zbignevs Stankevics, a appelé mardi 15 décembre à créer un cadre légal pour des couples homosexuels, mais également pour d'autres personnes souhaitant vivre ensemble, en plus du mariage traditionnel ! 

" Nous devrions repousser toutes les idéologies et créer un cadre juridique réel qui protégerait tous les membres de la société ", a déclaré l'archevêque lors d'une audition parlementaire. Les déclarations de l'archevêque interviennent après une décision historique du Tribunal constitutionnel letton en novembre qui a statué que le terme " famille " n'équivalait pas le terme " mariage ". Selon le Tribunal, la famille peut inclure un plus large éventail de relations qu'un simple mariage hétérosexuel entre deux personnes de sexe différent. 

" Il y a une polarisation des opinions : d'une part, des signatures sont collectées pour autoriser les mariages homosexuels. Pendant ce temps, d'autre part, il y a une action en cours contre cela, mais nous devons rechercher des tentatives d'unifier la société, pas de la diviser ", a déclaré l'archevêque. " Nous recherchons des propositions qui ne sont entachées d'aucune question idéologique ou religieuse, nous ne remettons pas en question le concept de famille traditionnelle mais nous parlons de mécanismes de protection de ces relations, y compris entre personnes de même sexe, qui échappent à la définition traditionnelle du mariage ", a-t-il indiqué. Selon lui, les couples qui émettent une déclaration de " ménage commun ", qui peut également inclure des personnes âgées veuves vivant ensemble, doivent bénéficier d'une protection en vertu de la loi. 

La constitution lettone définit le mariage en tant " qu'union entre un homme et une femme ". Mardi également, les évêques catholiques de Lettonie ont envoyé une lettre au président Egils Levits et à la présidente du Parlement, Inara Murniece, demandant de ne pas changer la définition légale du mariage mais de légaliser d'autres formes de relations qui peuvent bénéficier d'une protection juridique légale. 

Homophobie : Qui est Przemyslaw Czarnek, le ministre de l’Éducation polonais qui compare l’homosexualité au nazisme ?

Depuis sa nomination, le ministre de l'éducation polonais n'arrête pas de stigmatiser les personnes LGBT+ et renforce l'homophobie d'État. Selon lui, " l'idéologie LGBT " " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Attention, le point Godwin est vite atteint : En Pologne, Przemyslaw Czarnek a été nommé ministre de l'Éducation le 19 octobre. Depuis, il ne cesse de déraper, au point de comparer l'homosexualité au nazisme. Il fustige la " théorie du genre " et " l'idéologie LGBT " qui " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Pour cet homme de 43 ans qui dirige l'éducation des jeunes polonais, les femmes qui choisissent d'avorter "ne font pas ce pour quoi Dieu les a créées ", explique Le Monde. En 2019, en tant que voïvode, sorte de préfet de région, il décernait des " diplômes du mérite " aux collectivités qui se sont déclarées " sans-LGBT ". Il s'était même prononcé pour l'interdiction des Marches pour l'égalité avant de manifester avec l'ONR, un groupe d'extrême droite qui provient du fascisme de l'entre-deux guerres. 

En Pologne, " ces personnes ne sont pas égales aux gens normaux " : Au sujet des homos, il disait le 13 juin qu'il faut " défendre les familles polonaises contre le pourrissement et la dépravation (...) Ces personnes ne sont pas égales aux gens normaux ". L'Europe qui s'oppose ( timidement ) à l'application d'une homophobie d'État est " à un niveau pire qu'à l'époque de l'Union soviétique et du communisme ". Il faut " arrêter d'écouter ces idioties sur de prétendus droits de l'homme ou une prétendue égalité ". Pour lui, " l'idéologie LGBT " " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Le ministre " ne voit pas de place dans les programmes scolaires " pour la " théorie du genre ". " Nous sommes dominés par des gens de gauche qui n'ont pas grand chose à voir avec la liberté ", dit-il le 11 décembre dans un entretien à Rzeczpospolita. Pour lui, les LGBT+ sont " radicaux, intolérants à la vision conservatrice et chrétienne du monde ". 

Un ministère extra-large : Son ministère n'a jamais été aussi large depuis 1989. Przemyslaw Czarnek gère l'éducation des enfants de la maternelle aux universités. L'Académie polonaise des sciences craint déjà une guerre idéologique et un endoctrinement des enfants et adolescents. Car cet homme exècre ce qu'il appelle " la pédagogie de la honte ", soit l'évocation dans les manuels des pages sombres de l'histoire de la Pologne. Il déteste les disciplines humanistes, dominées par les " idéologies gauchistes ". Selon plusieurs experts, une charte de la liberté académique permet de lever les sanctions disciplinaires contre les universitaires négationnistes, souligne Le Monde. 

Le risque étant que l'éducation soit instrumentalisée politiquement. Selon Ryszard Terlecki, un dirigeant important du parti et proche de Jaroslaw Kaczynski, " l’école n’est pas encore au niveau auquel nous la voudrions. C’est une des raisons pour lesquelles la jeune génération n’apprécie pas notre formation politique ni ses idéaux ". Le message est limpide.