vendredi, janvier 31, 2020
Sport : Viré de la fédération australienne pour homophobie, ce rugbyman vient d’être recruté par un club français !
Le joueur de rugby Israel Folau, viré de la fédération australienne après plusieurs dérapages homophobes, a été recruté par un club perpignanais de rugby à 13. Et c’est un tollé général.
Tout va bien au pays du sport. Le rugbyman homophobe Israel Folau, licencié de la Fédération australienne de rugby après des propos homophobes répétés, jouera la saison prochaine dans le club de rubgy à 13 de Perpignan, Les Dragons Catalans. Le seul club qui ait accepté de lui ouvrir ses portes, après les refus des clubs du Top 14.
L’ex arrière-vedette du XV d’Australie s’était fait remarquer, à plusieurs reprises, pour des propos particulièrement violents à l’encontre des personnes homosexuelles. Le fervent chrétien, qui s’était opposé à la légalisation du mariage homosexuel dans son pays en 2017, avait déjà affirmé, en avril 2018, que " l’Enfer attendait les homosexuels " à moins qu’ils ne se " repentent de leurs péchés ". La Fédération australienne s’était alors désolidarisée de son joueur, mais sans pour autant le sanctionner. C’est en 2019 qu’une publication sur son compte Instagram a vraiment mis le feu aux poudres. Sur une affiche, on lisait le message suivant : " Ivrognes, homosexuels, adultères, menteurs, fornicateurs, voleurs, athées, idolâtres, l’Enfer vous attend. Repentez-vous ! Seul Jésus peut vous sauver ". La levée de bouclier mondiale lui avait valu d’être viré de la Fédération de Rugby australienne, et lâché par son sponsor, Asics.
Une nouvelle opportunité : Mais il semblerait que ces sanctions n’aient rien changé à la volonté du joueur de partager ses appels à la haine. En mai, il publiait sur Twitter, un lien vers une vidéo d’un évangéliste américain qui mettait en garde contre le mariage entre personnes du même sexe, affirmant notamment que " nous vivons à une époque de gloutonnerie sans précédent, d’inégalités galopantes, de perversions sexuelles indescriptibles ". Ce message est toujours disponible sur le réseau social. Plus récemment encore, il a affirmé que les incendies qui ravagent l’Australie étaient une punition divine pour avoir légalisé le mariage homosexuel.
Bernard Guasch, le président des Dragons Catalan, a évidemment tenté de justifier l’arrivée de cette nouvelle recrue problématique. " Nous voulons donner à Israel une nouvelle opportunité de briller sur les terrains. Nous n’approuvons et ne partageons pas les propos d’Israel fondés sur sa croyance religieuse sincère. Nous ne partageons ni ne tolérons ses opinions et nous sommes totalement attachés à ce que notre club et notre sport soient ouverts et accueillants pour tout le monde. Nous pensons que ce genre de propos ne devraient pas être exprimées publiquement, en particulier par un sportif de haut niveau. Toute transgression entraînera la résiliation immédiate du contrat d’Israel et une amende substantielle pour le club ".
La Super League " inquiète " : Ce recrutement incompréhensible a provoqué un ras-de-marée de mécontentement. Et en premier lieu, les autres clubs de la Super League, célèbre compétition de rugby à 13 qui rassemble les équipes de France, du Pays de Galles, d’Angleterre et du Canada. Les Wigan Warriors, l’une des équipes star du tournoi, a déjà annoncé qu’ils feraient de leur match contre les Dragons un " Jour des Fiertés ", réaffirmant leur soutien à la communauté LGBTQ.
L’ex-rugbyman anglais ouvertement homosexuel Gareth Thomas a également tweeté sa déception, et a annoncé qu’il ne regarderait jamais un match du joueur. " Folau tenait à sa liberté d’expression, alors tout ce que j’espère c’est que les joueurs et les fans aient droit à leur droit de réponse. Je ne le regarderai jamais jouer ".
Les réactions en cascade ont bien sûr fait réagir la Super League, qui dans un communiqué commun avec la Fédération anglaise de rugby à XIII, a exprimé son inquiétude et sa désapprobation. " Nous accordons une grande valeur à la réputation de notre sport et donnons la priorité à l’inclusion de la diversité. Nous déplorons les commentaires ( homophobes ) du joueur. Mais la responsabilité morale de faire signer un joueur revient aux clubs. La Super League n’a pas un droit de veto sur la signature de joueurs. Il y a cependant un fort sentiment que cette décision va détourner beaucoup de gens attachés à notre sport "...
Sur le site du club, Israel Folau assure qu’il ne fera " plus aucun commentaire public à ce sujet ", et affirme qu’il n’a " jamais eu l’intention de blesser qui que ce soit ". La ministre des sports, Roxane Maracineanu, n’a pas réagi à cette nomination.
jeudi, janvier 30, 2020
Politique : Les LGBT, oubliés de la proposition de loi sur les violences conjugales ?
Alors que les députés ont entamé ce mardi l’examen d’une proposition de loi contre les violences conjugales, plusieurs parlementaires veulent y intégrer la question des couples de même sexe.
Pas encore discutée, déjà disputée. L’examen de la proposition de loi contre les violences conjugales a débuté ce mardi à l’Assemblée. Elle est portée par deux députés de la majorité, Bérangère Couillard et Guillaume Gouffier-Cha. Mais leur collègue LREM Raphaël Gérard pointe du doigt l’absence des couples de même sexe dans ce texte. Soutenu par neuf autres parlementaires LREM (1), il défendra deux amendements à ce sujet...
Car si le phénomène est minoritaire, il n’est pas isolé. L’enquête " Virage " de l’Institut national d’études démographiques montrait en 2015 que 1% des victimes de violences sexuelles dans un couple seraient lesbiennes, gays ou bis. Selon le député, cela pourrait correspondre à 3 750 personnes par an.
Adapter les dispositifs de prise en charge : Pour enrichir ces maigres données, le premier amendement préconise la réalisation d’un rapport. Il permettra de " documenter la réalité des violences conjugales dans les couples de même sexe et d’identifier les moyens d’adapter les dispositifs de prise en charge ".
" Cette question n’est traitée ni dans les enquêtes nationales ni par l’observatoire des violences faites aux femmes, déplore Laurène Chesnel, déléguée familles de l’Inter-LGBT. Mais il existe un important problème de prise en charge des victimes et de formation ".
Vous savez vous défendre : Ce point fait justement l’objet d’un autre amendement visant à étendre la formation des acteurs impliqués . L’élu charentais Raphaël Gérard évoque notamment les stéréotypes dont peuvent être victimes les personnes LGBT au moment de porter plainte. " Quand les policiers ou les gendarmes voient arriver une femme lesbienne ou un homme gay, au mieux ils minimisent ( " c’est du crêpage de chignons entre filles " ; " vous êtes des mecs, vous savez vous défendre " ) au pire ils refusent simplement de prendre la plainte (... ). Ils sont démunis ".
Mais mieux former ne suffit pas. Un troisième amendement, jugé irrecevable en raison d’une " subtilité rédactionnelle ", prévoyait la création d’un dispositif d’accompagnement dédié aux victimes " LGBT. C’est donc oralement que le député militera pour le décloisonnement du 39 19, destiné aux femmes, ou la création d’une nouvelle ligne d’écoute.
Personne pour écouter : Les rapporteurs de la proposition de loi devraient donner un avis défavorable à ces amendements. " Je soutiens leur ambition, mais je ne peux pas les intégrer dans le texte ", explique Bérangère Couillard. Selon elle, ce qui concerne la formation et les dispositifs d’accompagnement " ne relève pas de la loi ". Concernant le rapport sur les violences au sein des couples LGBT, elle estime que ça " chargerait énormément le travail "des politiques. A la place, la députée plaide notamment pour une meilleure exploitation des données du ministère de l’Intérieur.
Sollicité par Libération, le cabinet de la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, n’a pas souhaité faire de commentaire avant les discussions en séance. Des discussions qui, l’élu Raphaël Gérard l’espère, déboucheront sur des actions concrètes : " Libérer la parole des victimes, c’est bien. Mais s’il n’y a personne pour écouter "...
1) Laurence Vanceunebrock-Mialon, Jean-Louis Touraine, Yannick Kerlogot, Sandrine Mörch, Caroline Janvier, Stéphane Claireaux, Séphanie Atger, Frédérique Tuffnell et Fabienne Colboc
LGBT : Une antenne relais du Refuge est présente à Poitiers dans la Vienne !
Cela fait dix mois qu'une petite équipe s'est constituée afin de créer une antenne relais de l'association Le Refuge à Poitiers. A ce jour 13 bénévoles participent à cette aventure. L'association nationale possède des correspondants-relais sur une grande partie du territoire français. En Poitou-Charentes, il existe déjà des antennes dans les Deux-Sèvres (Niort) et en Charente-Maritime ( La Rochelle ). L'antenne-relais basée à Poitiers vient compléter le dispositif.
Le Refuge œuvre afin de prévenir l'isolement et le suicide des jeunes LGBT ( Lesbienne Gay Bi Trans ). L'association offre un hébergement aux victimes d'homophobie ou de transphobie et en situation de rejet familial.
Les projets de l'association basée à Poitiers : Une pièce de théâtre sera prochainement créée par Malik Astitou avec les membres de l'Association 1, 2, 3 en Scène, basée à Saint-Georges-Lès-Baillargeaux. Cette pièce évoquera le harcèlement scolaire, les discriminations en général et celles dirigées vers l'identité de genre et le rejet familial. Des représentations seront proposées le 26 mai 2020 au sein de la Maison des Etudiants de Poitiers, aux lycéens, étudiants et tous publics. Ces représentations seront suivies d'une discussion/débat avec les comédien-nes de la troupe 1, 2, 3 en Scène, ainsi qu'avec les membres du Refuge Vienne.
Mais l'association poitevine a aussi comme souhait de proposer des permanences d'écoute. Pour cela, il lui faudra trouver un local. Le souhait de ses bénévoles est aussi de pouvoir accueillir des jeunes rejetés pas leurs parents, et mis à la porte de chez eux. Mais là encore, il faudra que l'association trouve un appartement qui pourra décemment les accueillir et les accompagner en attendant qu'un éventuel dialogue se renoue avec leurs proches. Le but de cette association est aussi, en cas de rupture totale avec la famille, d'aider les jeunes à chercher un travail et un logement.
mercredi, janvier 29, 2020
LGBT : Grindr pourrait être racheté par la famille Berlusconi !
Une startup milanaise, en partie détenue par trois des enfants de Silvio Berlusconi, pourrait devenir le prochain propriétaire de Grindr. Le gouvernement américain avait demandé à la société chinoise Kunlun de revendre l’application, pour des raisons de craintes sur la sécurité nationale des États-Unis.
La nouvelle, pour le moins étonnante, a fait grand bruit dans la presse italienne. Après avoir passé près de quatre ans sous pavillon chinois, l’appli star des rencontres gays pourrait se retrouver entre les mains de la famille du Cavaliere, ex-président du Conseil italien. En effet, le quotidien italien Il Messaggero rapportait mardi 21 janvier que Bending Spoons, une startup milanaise qui développe principalement des applications mobiles, s’apprêtait à faire une grosse offre pour racheter l’app californienne aux 27 millions d’utilisateurs revendiqués. Or, le groupe Bending Spoons compte parmi ses actionnaires H14, le fonds d’investissement de Barbara, Eleonora et Luigi Berlusconi, trois des cinq enfants de l’ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.
D’après le journal, la société a préparé un contrat proposant un rachat de l’application à hauteur de 260 millions de dollars, soit 234,5 millions d’euros. Une somme qui permettrait à la société chinoise Kunlun, actionnaire majoritaire de Grindr depuis 2016, de faire d’importants bénéfices sur l’opération. La famille Berlusconi est donc en bonne passe de devenir, en partie, le prochain propriétaire du réseau social au succès mondial dans la communauté gay.
Jeux de pouvoir : Par-delà les Alpes, Silvio Berlusconi ne s’est pas franchement faire connaître, sous sa présidence du moins, comme un ami des droits LGBT+. " Il vaut mieux avoir la passion des belles femmes qu’être gay ", déclarait-il en 2010 alors qu’il était aux prises avec un scandale sexuel impliquant une mineure. Longtemps opposé à l’ouverture de l’union civile aux couples de même sexe, dans un pays conservateur sous l’influence du Vatican, le Cavaliere a, semble-t-il, opéré une conversion tardive à l’égalité des droits. En juillet 2014, à l’occasion de la Marche des fiertés, il affirmait dans La Repubblica : " Le combat pour les droits civils des homosexuels est un combat qui devrait être de la responsabilité de tous dans un pays profondément moderne et démocratique ". Luigi Berlusconi avait lui-même fait l’objet de rumeurs sur sa prétendue homosexualité, ce qui avait passablement déplu à son père.
Les jeux de pouvoir qui entourent Grindr sont décidément fascinants. Pour rappel, Beijing Kunlun Tech Co était devenu en janvier 2016 actionnaire majoritaire de l’application en en rachetant 60 % des parts au multimillionnaire gay Joel Simkhai, avant de passer en 2018 à 100 % du capital. Mais l’année dernière, le gouvernement américain a exprimé des craintes sur une possible utilisation par la Chine des données des fonctionnaires américains dans une optique de " chantage ". Une menace, d’après Washington, pour la sécurité nationale. Risque véritable ou fantasme ? Quoi qu’il en soit, Kunlun a fini par céder, en mai 2019, à la demande du Comité d’investissement étranger, et a mis l’entreprise à vendre. Reste à savoir si le prochain propriétaire de l’appli prendra enfin à bras le corps le problème de l’utilisation des données privées.
Politique : Israël et la Russie ont signé un accord interdisant aux couple LGBT l’adoption d'enfants !
Avant même l’arrivée du président russe Vladimir Poutine en Israël, Israël et la Russie ont signé un accord d’adoption entre les deux pays. L’accord conclu n’inclut pas la communauté gay, en raison des lois strictes en Russie et ne permettra donc pas aux couples LGBT israéliens d’adopter des enfants de ce pays.
Un responsable politique explique pourquoi l’accord n’inclut pas la communauté : " Il est vrai qu'aujourd’hui la loi russe n’autorise pas les couples LGBT et donc il n'y a aujourd’hui aucune adoption des LGBT en Russie. Si la loi russe change, cette réalité changera. Ce qui a été très mal accepté par de nombreux couples gay israéliens qui ont rencontré de nombreuses difficultés ces dernières années en raison de l’absence d’accord ".
La source a ajouté : " Les travaux sur l’accord se poursuivent depuis près d’une décennie car les Russes ne sont pas très enthousiastes à l’idée d’adopter ces évidences dans d’autres pays occidentaux et il a été très difficile d’extraire une signature de cet accord ". L’accord régit toutes les questions liées à l’adoption d’enfants entre les deux pays : le document est régi par les lois des deux pays et les LGBT ne sont donc pas inclus dans l’accord.
mardi, janvier 28, 2020
Sport : Des athlètes refusent de serrer la main de ce champion de taekwondo car il est bi !
Un champion de taekwondo irlandais raconte comme le regard des gens a changé depuis son coming out. Et comment certains de ses concurrents refusent de lui serrer la main...
Dans tous les sports, il y a des LGBTphobies. C’est ce que montre une nouvelle fois cette anecdote, racontée par un champion irlandais de de taekwondo, Jack Woolley... Ce dernier a fait son coming out bisexuel en 2016, à seulement 17 ans, dans une série documentaire sur les sélections pour les JO de Rio. Quatre ans plus tard, il est devenu le premier Irlandais à se qualifier pour les Jeux Olympiques en taekwondo. Il fera donc partie de la délégation irlandaise à Tokyo, à l’été 2020.
Mais depuis son coming out, plusieurs athlètes auraient refusé de lui serrer la main, à la fin des combats, comme le veut la tradition. " Plusieurs de mes concurrents ne veulent pas me serrer la main, a-t-il expliqué dans une interview à Extra.ie. Mais d’autres l’ont fait cela dit. Plusieurs des meilleurs combattants du monde sont venus me serrer la main après ma médaille d’argent au Championnat d’Europe. C’était appréciable ".
Jack, athlète gay : Mais Woolley se veut rassurant. " La plupart des gens se moquent de mon orientation sexuelle ", assure-t-il. Et il ne veut pas être labellisé comme " l’athlète gay ". Il regrette même parfois d’avoir fait son coming out publiquement. " J’aimerais ne jamais l’avoir dit. Je n’aime toujours pas cette étiquette. Les gens mettent tout le monde dans des cases aujourd’hui ". Et il refuse de devenir comme le rugbyman Gareth Thomas, ou le plongeur Tom Daley, trop identifiés selon lui par leur orientation sexuelle : " Je veux être le premier médaillé olympique irlandais dans mon sport, pas Jack, l’athlète gay ".
Toutefois, il est prêt à assumer d’être une inspiration pour des sportifs plus jeunes. " Si quelqu’un a besoin de me parler de ce qu’il traverse, il peut. Mais je n’ai pas envie de balancer ma sexualité à la figure des gens. Parce qu’ils attendent beaucoup de vous une fois qu’ils vous mettent dans cette case. On dit de moi que je suis flamboyant ou je ne sais pas quoi, mais la vérité, c’est que mon métier, c’est frapper des gens ". Effectivement, rien de très flamboyant là dedans...
Politique : Des députés appellent à reconnaître inconditionnellement les enfants nés par GPA !
Dix députés LREM et apparentés appellent dans le JDD à faciliter la transcription des actes de naissance des enfants nés par GPA à l’étranger. La Cour de cassation avait rendu en décembre une décision allant dans ce sens, mais le gouvernement y a mis un frein.
Dans le JDD du dimanche 25 janvier, dix députés La République en marche (LREM) et apparentés appellent à reconnaître sans condition la filiation des enfants nés par GPA à l’étranger. " Au moment où l’Assemblée Nationale s’apprête à examiner une proposition de résolution pour faire de la France la patrie des droits de l’enfant, il est indispensable que nous garantissions un cadre protecteur pour tous les enfants, indépendamment de leur mode de conception ", plaide-t-il.
La tribune a été initiée par Jean-Louis Touraine, député du Rhône, qui est l’un des six rapporteurs du projet de loi à l’Assemblée nationale. Dans la liste des signataires, on trouve notamment les députés LREM de l’Allier Laurence Vanceunebrock-Mialon et de Charente-Maritime Raphaël Gérard, qui avaient menacé de quitter le groupe politique si leur ex-collègue de l’Oise Agnès Thill, auteure de propos controversés sur la PMA, n’en était pas exclue. Le nom de Pacôme Rupin, député de Paris et candidat aux municipales dans la circonscription Paris Centre sur la liste de Benjamin Griveaux, y est également présent.
Cette famille n’a pas réellement droit de cité : Le texte intervient alors que le projet de loi bioéthique est examiné par les sénateurs ( le vote final aura lieu le 4 février ) après avoir été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 15 octobre dernier. Mi-décembre, la Cour de cassation avait reconnu dans deux arrêts que les deux membres d’un couple d’hommes pouvaient être reconnus comme parents d’un enfant né par GPA à l’étranger, sans que le père dit d’intention ait besoin de recourir à une adoption. comme elle l’avait fait pour les couples de sexe opposé deux mois plus tôt. Mais, juste avant l’arrivée du projet de loi bioéthique au Sénat, le gouvernement a déposé un amendement surprise pour mettre un coup d’arrêt à cette décision.
Partant du cas concret de trois jeunes enfants qui ont " deux papas " , nés par GPA au Canada, certains déplorent le fait " qu'en France, cette famille n’a pas réellement droit de cité ". Grâce à la circulaire Taubira, la nationalité française leur a certes été accordée. Mais, en matière de reconnaissance de la filiation, c’est le " parcours du combattant ". Les deux parents sont en effet obligés de se marier et d’adopter leurs trois enfants afin d’être reconnus en tant que tels. Une procédure longue qui ne garantit pas les " droits fondamentaux " des enfants. Et les députés d’appeler leurs collègues, lors de la seconde lecture du texte à venir, à faciliter la transcription des actes de naissance devant le juge : " Les enfants nés de GPA à l’étranger n’ont pas à porter la responsabilité des circonstances de leur naissance, ni de l’incrimination morale portée à l’encontre du projet de leurs parents ".
lundi, janvier 27, 2020
Justice : Un an après, quel bilan pour les référents LGBT au sein des forces de l'ordre ?
Un référent LGBT devait être nommé dans tous les commissariats et brigades de gendarmerie, après des annonces en ce sens de Christophe Castaner et Marlène Schiappa à l'automne 2018. Un an après, les associations LGBT dénoncent une situation encore très floue.
Le 30 octobre 2018, depuis les locaux de l'association SOS Homophobie, Christophe Castaner et Marlène Schiappa, face à la recrudescence des actes LGBTphobes, annonçaient en grande pompe la mise en place de référents LGBT dans tous les commissariats et brigades de gendarmerie.
Une mesure alors saluée par les associations, dans un contexte où seulement 4% des victimes d'insultes homophobes portent plainte ou déposent une main courante, selon une enquête de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales ( ONDRP ). Que s'est-il passé depuis et quel bilan faire de cette réforme un an après son annonce ?
Des rappels en janvier et février : Peu de temps après les annonces du gouvernement, un texte est publié sur le site du secrétariat d'Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il reprend " une série de mesures destinées à lutter contre les violences envers les personnes LGBT " présentées en conseil des ministres par Marlène Schiappa.
La troisième mesure concerne des " référents accueil luttant contre la haine anti-LGBT " qui devaient être " désignés dans tous les commissariats de police et brigades de gendarmerie ". " Ces référents bénéficieront de formations dédiées à l’accueil des victimes d’actes de haine. Le ministre de l’intérieur adressera une circulaire aux préfets rappelant la mise en oeuvre des dispositions d’accueil et de recueil des plaintes ", poursuit alors le texte.
En janvier, une circulaire a été adressée par la direction générale de la police nationale à l'ensemble des directions de la police. Le télégramme rappelait les mesures censées permettre aux personnes LGBT d'être mieux accueillies et prises en charge dans les commissariats. Parmi elles, la mise en place de référents LGBT.
Puis, en février, l'Assemblée nationale publiait une réponse du gouvernement à une question du député Pierre-Yves Bournazel, posée en octobre 2018. Le conseiller de Paris avait alors reçu une véritable standing ovation à l'Assemblée nationale en demandant des comptes au gouvernement après avoir énuméré les nombreux actes homophobes qui avaient émaillé la rentrée. C'est lui, le premier, qui évoquait la mise en place de référents LGBT dans les commissariats. En février, le gouvernement lui avait répondu que " pour améliorer en particulier le dépôt et la prise en compte des plaintes pour agressions anti-LGBT, des référents accueil luttant contre la haine anti-LGBT sont désignés dans tous les commissariats de police et brigades de gendarmerie ". " Ces référents bénéficieront de formations dédiées à l'accueil des victimes d'actes de haine. [...] Le ministre de l'Intérieur adressera une circulaire aux préfets rappelant la mise en œuvre des dispositions d'accueil et de recueil des plaintes ".
L'apprentissage d'un certain vocabulaire : À Châteauroux, dans l'Indre, Michel Cassagne, le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) d’Indre, assure à BFMTV.com avoir pris cette initiative dès l'automne 2018, devançant de peu les annonces du gouvernement. Il était tombé sur un fait divers en région parisienne qui l’avait fortement affecté. Deux personnes homosexuelles s’étaient fait tabasser dans un bus pour s’être tenues la main. " Je m’étais dit que ce n’était pas possible ce genre d’acte et qu’il y avait quelque chose à faire dans ce domaine ", raconte-t-il.
" Dans un service de police, on gère de la violence, une violence qui se banalise. Parfois, on a une méconnaissance complète d’une réponse adaptée à des personnes qui ne sont pas comme nous : un homme ou une femme hétérosexuel lambda ne sait pas toujours comment s’adresser à une personne homosexuelle. Ce n’est pas facile, même si on veut bien faire. […] Le but est de la prendre en charge comme une victime qui vient déposer plainte dans un commissariat. Cela demande des savoir-faire intellectuels et l’apprentissage d’un certain vocabulaire ", explique-t-il.
70 commissariats sans référent LGBT : En France, il existe 663 commissariats, dont 85 à Paris et sa petite couronne, et 3655 unités de gendarmeries, selon les derniers chiffres disponibles sur la plateforme ouverte data.gouv.fr. Le SICoP, le service de presse de la police nationale, a indiqué à BFMTV.com qu'il existe 638 référents LGBT, dont 508 au sein de la Direction générale de la police nationale (DGPN) et 130 au sein de la préfecture de police de Paris.
Du côté de la gendarmerie, on avance à BFMTV le chiffre de 175 référents LGBT dans les groupements de gendarmerie, c’est-à-dire au niveau des départements, ainsi qu'environ 1600 référents LGBT dans les brigades de gendarmerie. On dénombre donc au moins 70 commissariats où il n’y a pas de référent LGBT. Si les chiffres semblent montrer que la mesure est plutôt bien appliquée, un an après sa mise en place, les choses ne sont pas si simples.
Parmi les 70 commissariats où il n'y a pas de référents LGBT, certains se trouvent dans de grandes villes. S'il y en a bien à Paris, Marseille et Bordeaux, comme nous l'ont confirmé soit les référents eux-mêmes de ces villes, soit les membres d'associations LGBT, il n'y en aurait pas à Lille et à Lyon.
Le délégué régional dans le Nord de FLAG!, l'association en charge de lutter contre toutes les formes de discriminations à l'encontre des LGBT au sein des ministères de l’Intérieur et de la Justice, a indiqué à BFMTV.com ne pas connaître " encore le nom " du référent LGBT à Lille et ne pas savoir s'il y en avait " un déjà en place ".
Du côté de Lyon, le délégué régional Rhône-Alpes de FLAG! " n’a pas connaissance d’un référent " dans la métropole lyonnaise. Une réunion, à laquelle il a récemment assisté, a eu lieu " avec le préfet Rhône-Alpes, le procureur de la République, le directeur départemental de la sécurité publique et des associations parce que le sujet demande à être appliqué ", a-t-il ajouté.
Trois référents discriminations à Lyon : Le service de presse de la DDSP 69, département du Rhône où se trouve Lyon, contacté par BFMTV.com, a assuré qu'il existe " trois référents discrimination au niveau des états-majors ".
Ils ont " connaissance de tout le plan qui a été mis en oeuvre et si un policier a une question sur comment prendre la plainte, comment orienter la personne, ils peuvent se tourner vers ces référents ".
Mais un référent discrimination dans un état-major n'est pas la même chose que le poste de référent LGBT annoncé par Christophe Castaner et Marlène Schiappa. Questionné sur la tenue d'une réunion pour nommer un référent LGBT à Lyon, comme évoqué par le membre de FLAG!, le service de presse de la DDSP du Rhône nous a alors confirmé sa tenue, autour du 15 novembre.
On découvre l'existence des référents : Quand certaines nominations ont lieu, il y a parfois des dysfonctionnements qui apparaissent. " Les personnes qui nomment les référents LGBT oublient, dans certains cas, de prévenir les policiers en question qu'ils sont à ce poste ", regrette Johan Cavirot, président de l'association FLAG!.
" Dans un arrondissement parisien, par exemple, un membre des forces de l'ordre a demandé à sa patronne qui était le référent de sa zone. Elle lui a répondu : Je crois que c'est vous. Elle a ensuite regardé ses mails et lui a dit que ce n'était pas lui. Et quand il est allé voir la personne en question, elle ne savait pas qu'elle avait été nommée à ce poste...", poursuit-il.
" Dans la manière dont c’est censé fonctionner, forcément ils doivent être au courant ", a répondu quant à lui le service de presse de la police. Le SiCop explique que les référents LGBT sont choisis par les DDSP. Il s’agit soit d’une personne volontaire " qui se revendique en étant le sachant en la matière ou ayant la bonne sensibilité ", soit d’un policier que la direction nomme d’elle-même.
Cet agent a une mission de conseil et il doit appuyer le plaintier ( le policier en charge de prendre les plaintes, ndlr ) et l’enquêteur. Il n’est cependant pas censé prendre la plainte d’une personne LGBT, sauf " pour un fait particulièrement grave ", ou lorsque dans une petite structure un plaintier a lui-même la casquette de référent LGBT.
Or, lors de l’annonce de la mesure, en octobre 2018, Christophe Castaner expliquait bien que le poste de référent LGBT touchait à " la formation des femmes, des hommes, des policiers, gendarmes qui, dans l’accueil, doivent être présents et accompagner ceux qui viennent et qui portent plainte ".
Ces missions, qui semblent avoir évolué au fil des mois, sont toujours très floues pour les associations LGBT. Le co-président de SOS Homophobie, Jérémy Faledam, indique ainsi à BFMTV.com que " les attributions des personnes nommées, leur fiche de poste, ce qu’elles doivent faire, ce qu’elles peuvent faire et leur profil ne sont pas clairs ". " On n’a pas bien compris quelles étaient leurs missions très concrètes ", a-t-il résumé.
Du côté de Marseille, Frédérique Geckel est l’une des rares référentes LGBT à s’être elle-même proposée pour occuper ce rôle. Elle s’occupe des problématiques LGBT sur l’ensemble des arrondissements marseillais. Et dépasse même les missions aujourd'hui attachées aux référents LGBT.
Elle reçoit les victimes de LGBTphobies, prend la plainte elle-même, dans certains cas, leur explique le fonctionnement de la procédure. Elle s'occupe également de recenser le nombre d'actes de cette nature sur Marseille, du suivi des plaintes et de regarder les décisions qui en résultent. Elle a, enfin, organisé une journée de formation de ses collègues plaintiers, le 13 mai 2018, pour les sensibiliser à l'accueil des personnes LGBT.
L’idée n’est pas d’être formé : Les référents LGBT suivent-ils, enfin, une quelconque formation ? Michel Cassagne, le directeur départemental de la sécurité publique d’Indre, notait ainsi que prendre la plainte d’une personne homosexuelle ou transgenre " demande des savoir-faire intellectuels et l’apprentissage d’un certain vocabulaire ". Pour le SICoP, la réponse est négative :
" L’idée n’est pas d’être formé. Un référent LGBT n’est pas formé à la problématique LGBT. C’est simplement la personne qui est identifiée comme étant le point d’entrée pour signaler un problème sur cette thématique. Elle a son carnet d’adresses qui lui permet de rentrer en contact avec les associations. Et c’est elle qui va faire remonter la problématique auprès de la hiérarchie. […] Tous les plaintiers ont déjà cette formation. Tous les policiers qui prennent des plaintes sont formés aux plaintes et dans le cadre de cette formation ils ont un item dédié à cette thématique ".
Une absence de nouvelle formation confirmée par le président de FLAG!, Johan Cavirot, qui a souligné que seule la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH) a récemment réalisé " une sensibilisation auprès des référents de la préfecture de police de Paris ". " Pour le reste de la France, zéro formation ont été dispensées " par des autorités officielles.
Du côté des associations, on attend désormais un bilan et une politique plus ambitieuse de la part du gouvernement. " On nous a promis un bilan des différentes mesures qui avaient été annoncées fin 2018 ", assure le co-président de SOS Homophobie, Jérémy Faledam. " Normalement, un nouveau plan de lutte contre les LGBTphobies devrait être dévoilé à la fin de l’année. Le bilan des précédentes annonces doit donc être fait en même temps ".
Education : l’Inter-LGBT appelle Blanquer à " passer des discours aux actes " !
Scolarité des jeunes LGBT+ : Pour la journée internationale de l’éducation, l’Inter-LGBT appelle le ministère de l’Éducation nationale à agir davantage pour l’inclusion des jeunes LGBT+ à l’école. Et propose de former les référents égalité filles-garçons à ces questions.
On le sait, la scolarité des jeunes LGBT+, dans le secondaire en particulier, n’est pas toujours synonyme d’années enchantées. C’est pourquoi, en cette journée internationale de l’éducation, l’Inter-LGBT appelle dans un communiqué le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer à " amplifier sa politique éducative de lutte contre les LGBT+-phobies et d’y adjoindre une véritable politique d’inclusion des élèves LGBT+ ".
Dans ce texte, la fédération qui regroupe une soixantaine d’associations rappelle quelques chiffres effrayants. D'après une enquête du MAG Jeunes LGBT avec le soutien de l’Unesco, 29 % des jeunes LGBT+ se sentent " parfois " en sécurité dans leur établissement scolaire, 23 % ne s’y sentent " jamais ou rarement " en sécurité. Et 52 % des jeunes LGBT+ ont déjà subi des injures ou des menaces en milieu scolaire en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Référents égalité filles-garçons : Le communiqué souligne que cette ambiance délétère peut provoquer un " décrochage scolaire " et donc une " désocialisation " et une " précarisation ", qui mine l’insertion des personnes LGBT+ dans la société. Les élèves transgenres semblent être les plus touchés : d’après l’Éducation nationale elle-même, 72 % d’entre eux perçoivent leur expérience scolaire comme " mauvaise " ou " très mauvaise " .
La fédération dresse en outre un bilan critique de l’action du ministère, dont la campagne de 2019 ne serait limitée qu’à une simple " campagne d’affichage ". La lutte pour l’inclusion LGBT+ dépendrait du volontarisme de chaque établissement et des référents égalité filles-garçons ( activité majoritairement bénévole et sans formation ), censés s’intéresser également à ces problématiques.
C’est sur ce dernier point que l’Inter-LGBT enjoint le ministère à agir : " Une formation initiale et continue d’ampleur doit être déployée sur ces sujets, avec les référent·e·s égalité filles-garçons comme public prioritaire ".
C’est sur ce dernier point que l’Inter-LGBT enjoint le ministère à agir : " Une formation initiale et continue d’ampleur doit être déployée sur ces sujets, avec les référent·e·s égalité filles-garçons comme public prioritaire ".
dimanche, janvier 26, 2020
Sexe : 5 règles pour réduire les risques pendant le chemsex !
La culpabilisation n’a jamais protégé personne. Le chemsex comporte des risques et il est nécessaire que ses adeptes soient bien informés de ces dangers et des mesures à adopter pour une meilleure prévention. Voici donc plusieurs règles à lire très attentivement...
Règle n°1 ) Se protéger des IST : Les spécialistes de la prévention sont unanimes pour dire que le préservatif n’est pas la solution la plus efficace lors de ces marathons sexuels. En effet, les drogues utilisées vous désinhibant complètement," le comportement est altéré, on ne se contrôle plus ", prévient la sexologue Catherine Blanc. On imagine bien que la capote ne fait donc pas partie du décor. Les infectiologues préconisent aux hommes séronégatifs d’utiliser laPrEP, le traitement préventif qui protège d’une contamination au VIH. Il est aussi recommandé de se faire vacciner contre les hépatites A et B, ainsi que contre le papillomavirus, pour les moins de 26 ans. Se faire dépister régulièrement, au moins tous les trois mois, permet de traiter rapidement différentes infections sexuellement transmissibles, comme la syphilis, la chlamydia ou la gonorrhée. Enfin, pour empêcher la transmission du VIH lorsque l’on est séropositif, un traitement antirétroviral (TaSP) est essentiel.
Règle n°2 ) Surveiller sa consommation : Pour démarrer une session de chemsex, on conseille de mettre à disposition des participants un tableau afin d’inscrire l’heure et la dose de chaque prise pour être sûr de bien les espacer et éviter ainsi une surconsommation." À court terme, il y a un risque de crise cardiaque, de coma. On a eu des cas de décès par overdose, explique Chloé Lucet, psychiatre et addictologue à l’hôpital Sainte Anne, à Paris. À long terme, on remarque un risque psychiatrique, comme des hallucinations ou de l’anxiété chronique. " À l’heure actuelle, il est difficile de recenser le nombre de morts liés au chemsex. " Bien souvent, les urgentistes ne connaissent pas cette pratique, ajoute la médecin. De ce fait, on ne réalise pas systématiquement une analyse toxicologique ".
Règle n°3 ) Prendre garde à son corps : Si vous vous injectez des drogues, prêtez attention à votre réseau veineux." Il ne faut surtout pas multiplier les injections sur le même point ", prévient Fred Bladou, en charge de l’addictologie communautaire à Aides. Sinon, vous risquez de voir apparaître des plaies ou des abcès. L’association propose d’ailleurs un accompagnement pour que les chemsexeurs puissent se piquer dans les meilleures conditions possible. Par ailleurs, sniffer trop régulièrement des substances en poudre peut provoquer des nécroses de la cloison nasale. Fred Bladou préconise de " faire des breaks et d’alterner son mode de consommation ".
Règle n°4 ) Connaître le produit : Que ce soit sur internet ou dans la rue, acheter une drogue illégale présente des risques. Il y a bien souvent une différence entre le produit que l’on pense acheter et celui qu’on obtient." Très régulièrement, lorsque l’on analyse un produit, on remarque que le pourcentage de principe actif n’est pas celui annoncé ou qu’il est mélangé à d’autres substances toxiques ", raconte Fred Bladou. Ces sites, très intelligents sur le plan marketing," se donnent une apparence de laboratoire pharmaceutique, avec des molécules dessinées, etc... " ajoute-t-il. En cas de doute, pour connaître la composition exacte d’un produit, il est possible d’analyser un échantillon dans un centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud) ou auprès de l’association Aides.
Des sites spécialisés ( psychoactif.org ou technoplus.org ) contiennent de nombreuses informations sur les différents produits (bdosage, effets, risques, etc.). Prenez soin de savoir quelle molécule se dissimule derrière une appellation commerciale (bpar exemple, ce que l’on nomme "crystal ", c’est de la méthamphétamine, une substance encore plus addictive que les amphétamines ). Si vous n’avez pas le temps de faire des tests ou des recherches sur le produit, Fred Bladou recommande de commencer par une très petite quantité et d’attendre 45 minutes minimum avant toute nouvelle prise.
Règle n°5 ) Ne pas partager son matos : Le chemsex se pratique à plusieurs, mais le partage du matériel doit absolument être proscrit. Chaque participant doit avoir son propre matériel : ses seringues, ses pailles, sa pipe, etc. Cela est aussi valable pour les ustensiles de préparation, comme les coupelles. Des structures associatives de réduction des risques distribuent gratuitement des kits de shoot, d’inhalation et de sniff. Les seringues doivent impérativement être stériles ; il faut donc en changer après chaque injection. " Le danger est la transmission d’infections sexuellement transmissibles et d’autres bactéries ", précise Fred Bladou. Après utilisation, l’ensemble du matériel doit être jeté dans une bouteille en plastique pour éviter les blessures, et être apporté dans un lieu dédié (Caarud ou certaines pharmacies).
Règle n°6 ) Se soucier des autres : Si l’on fait du sexe à plusieurs, ce n’est pas pour ne s’occuper que de sa petite personne. Pensez donc à afficher des numéros d’urgence ( 112 en premier lieu, 15 pour le Samu, 18 pour les pompiers, 0177939777 pour Aides ), à veiller au consentement de chacun. N’oubliez pas de vous hydrater régulièrement. Si vous ou l’un de vos proches avez besoin d’aide ou de soutien, l’association Aides a mis en place un numéro sur WhatsApp (0762932229, chiffré de bout en bout) et un groupe fermé sur Facebook, InfoChemsex.
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Enquête : Malgré les progrès des traitements contre le VIH, la discrimination demeure !
Selon une enquête, les personnes porteuses du VIH continuent de subir au quotidien des discriminations. Et les campagnes visant à faire intégrer qu’une personne correctement traitée ne transmet pas le virus n’y font rien.
Le message ne passe visiblement pas. L’association Sida Info Service vient de dévoiler les premiers résultats de sa sixième enquête sur les discriminations à l’égard des personnes vivant avec le VIH, aussi connues sous le nom de sérophobie. Et c’est alarmant.
L’enquête a été menée en ligne, sur le site de l’association mais aussi sur Facebook et Twitter, entre juillet et octobre 2018. La majorité des répondants sont des hommes homosexuels ou bisexuels. Deux tiers (66 %) des personnes interrogées pensent avoir déjà été discriminés parce que séropositifs.
Indétectable = intransmissible : Souvent subies dans le milieu de santé, pour 60 % des répondants. Les dentistes sont particulièrement cités. Concernant les autres sphères de la vie quotidienne, la discrimination semble être moindre : la moitié des répondants disent avoir déjà été discriminés dans la sphère privée, et un tiers dans le monde professionnel.
Depuis quelques années, les associations de lutte contre le VIH/sida ont lancé des campagnes visant à faire passer le message " indétectable = intransmissible " ( ou " I = I " ). C’est-à-dire qu’une personne séropositive correctement traitée et ayant donc une charge indétectable ne peut pas transmettre le virus. Malgré cette communication, l’enquête de Sida Info Service montre que 53,7 % des répondants n’ont pas constaté d’évolution dans les situations de discrimination et de rejet. " Cela montre la nécessité de communiquer à plus large échelle sur l’impossibilité de transmettre le VIH dans cette situation " , conclut l’association.
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samedi, janvier 25, 2020
Politique : Suite aux propositions de la loi Avia, les escort en ligne sont épargnés, mais les acteurs porno s’inquiètent !
La référence au proxénétisme dans la proposition de loi Avia contre la haine en ligne, fortement critiquée par les travailleuses et travailleurs du sexe, a été supprimée mardi. Mais un amendement incluant les contenus pornographiques, adopté en dernière minute, suscite l’inquiétude des actrices et acteurs porno.
Comme un goût de victoire en demi-teinte. La proposition de loi visant à lutter contre les contenus haineux sur Internet, portée par la députée LREM de Paris Laetitia Avia, a fait son retour à l’Assemblée nationale, après avoir été vidée de sa substance par les sénateurs. Les députés ont réintroduit la mesure phare de la proposition avant d’adopter celle-ci en deuxième lecture. À cette occasion, une disposition controversée du texte (l’amendement CL93), potentiellement pénalisante pour les escort en ligne, a été supprimée.
L’été dernier, en effet, une référence aux articles 227-23 et 227-24 du Code pénal, avait été ajoutée en commission, étendant ainsi au proxénétisme l’article premier qui ne devait initialement viser que les contenus racistes, homophobes ou encore sexistes. Cet article, mesure phare de la proposition, oblige les opérateurs de plateformes ( Facebook, Twitter etc. ) et moteurs de recherche à retirer les contenus " manifestement illicites " dans un délai de 24 heures, sous peine d’amende.
Forte censure : Deux amendements visant à exclure du champ de la loi le proxénétisme, l’un gouvernemental, l’autre déposé par le député de Charente-Maritime Raphaël Gérard, ont été adoptés mardi soir. Le parlementaire s’en est réjoui sur son compte Twitter : " Une bonne nouvelle pour ceux qui craignaient que des contenus publiés par les associations de défense des droits des travailleurs du sexe fassent l’objet de retraits abusifs ". Son amendement souligne en effet la difficulté de caractériser l’infraction dans un tel cas. Laetitia Avia indique avoir donné un " avis favorable " à ces deux amendements : " Comme j’ai pu le dire aux travailleuses du sexe entre les deux lectures, la disposition en elle-même n’était pas attentatoire à leur activité. Le texte s’appliquait par exemple à un tweet ou à un post constitutif de proxénétisme. La réalité, c’est que ce n’est jamais le cas, c’est une activité hors ligne, qui se caractérise avec un certain faisceau d’indices ".
" C’est bien sûr une bonne nouvelle, concède Eva Vocz, porte-parole du Syndicat du travail sexuel (Strass). Ça aurait eu des conséquences très graves. Là, ça va rester tel quel. Les sites d’escort vont toujours être interdits en France mais pas être bloqués. Il va toujours être possible pour les travailleuses et travailleurs du sexe de s’exprimer en tant que tels sur les réseaux sociaux, sans voir leur compte supprimé, même si on subit déjà une très forte censure sur les réseaux sociaux ".
Bouche cousue : Depuis plusieurs mois, les associations de travailleuses et travailleurs du sexe et d’autres acteurs de la société civile se sont mobilisés, inquiets des conséquences que pourrait avoir la future loi Avia pour les escort en ligne. Le 12 novembre dernier, une tribune collective a été publiée sur le site de Libération, intitulée " Travailleuses du sexe sur Internet : le gouvernement doit cesser de nous faire la guerre ! " Déjà, au mois de juin, La Quadrature du Net invoquait une " lutte illégitime contre les travailleuses du sexe " : " Cet ajout poussera encore davantage Facebook et Twitter à exclure activement de leurs plateformes les travailleuses du sexe ainsi que leurs groupes d’entraide, leur fermant une alternative au travail en extérieur où elles seront exposées à bien plus de violences ".
Le 17 décembre, date de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux travailleurs du sexe, une trentaine de travailleuses et travailleurs du sexe, soucieux de la " précarisation " annoncée selon eux par la loi, se sont rassemblés à Paris à l’appel du Strass. L’activiste Bertoulle Beaurebec s’est même cousu la bouche, pour symboliser le silence auquel sont réduits ses pairs. Les députés ont-ils fini par entendre les appels de ces militants ? " Je pense que c’est plus des histoires de constitutionnalité, nuance Eva Vocz. Les lois sur le proxénétisme sont complètement floues et très englobantes. Ils seraient en incapacité de faire la différence entre ce qui est du réel proxénétisme et ce qui n’en est pas ".
Ça me garantit mon indépendance : Cette semi-victoire remet un coup de projecteur sur la loi contre le proxénétisme, très critiquée. Awen, 24 ans, utilise depuis deux ans et demi son site " L’Osmose des cendres ", qui lui sert aussi de blog personnel, pour trouver des clients. Comme la majorité des prostitués gays, il préfère passer par Internet et les applis. " C’est un outil de travail. Ça me permet de ne pas perdre mon temps, tout est écrit, j’ai juste à envoyer le lien aux clients. Ça me permet de sauvegarder mon temps et ma santé mentale et me garantit mon indépendance ". Awen renvoie régulièrement vers son site, que ce soit sur les applications de rencontres comme Grindr ou les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. D'après lui, sans le revirement de mardi soir, la loi Avia aurait obligé ces plateformes à censurer ces partages sous 24 heures.
Au regard des dispositions du code pénal réprimant le proxénétisme, l’hébergeur de ce site indépendant, Wix, peut en effet être considéré comme proxénète. " La loi empêche d’avoir un propriétaire d’appartement, des banques, un système de paiement en ligne, développe Eva Vocz. Elle empêche l’entraide. Si j’aide une collègue, je suis considérée comme proxénète même si je ne reçois aucun argent ".
Des escort aux acteurs porno : Les escort en ligne devraient donc être épargnés par la loi Avia, toujours discutée en deuxième lecture par les députés. Mais un autre amendement s’est glissé en dernière minute mardi soir et a été adopté. Déposé par Laetitia Avia elle-même, il ajoute à l’article premier, qui liste les contenus illicites concernés par l’obligation de censure des plateformes : " lorsque l’infraction porte sur un contenu à caractère pornographique ".
D’après le Strass, cette disposition pourrait pénaliser les camgirls et camboys, les actrices et acteurs porno indépendants utilisant par exemple le réseau social OnlyFans, mais aussi les productions indépendantes, queers et féministes. " Si c’est appliqué, ça va nous empêcher de faire notre auto-marketing sur les réseaux sociaux, estime Eva Vocz. C’est pourtant ce qui nous permet d’être indépendants. On va juste renforcer les gros producteurs de porno mainstream ".
Elle-même, actrice porno et camgirl, estime qu’elle pourrait être " précarisée ". Déjà, échaudée par la difficulté à mettre en place son propre paiement en ligne, elle a dû commencer à tourner pour des gros studios. " Je vais accepter des pratiques que je n’acceptais pas avant, travailler plus dans des productions mainstream qu’indé, s’inquiète-t-elle. Pourtant, j’ai plus de plaisir à tourner quand j’écris le scénario, que j’ai un contrôle total de mon image et que l’argent peut aller en priorité dans les acteurs plutôt que dans la poche de gens qui s’enrichissent sur mon cul ". De son côté, Laetitia Avia assure que la mesure ne visera pas ces sites s’il y a " un filtre d’âge " : " Il y a une réalité, et j’espère que c’est partagé par les travailleuses du sexe, c’est qu’il faut protéger les mineurs ".
Globalement, au sein du militantisme LGBT+, la proposition de loi Avia ne fait pas l’unanimité. Si SOS homophobie soutient la loi, les noms de l’Inter-LGBT, du sociologue Sam Bourcier et de la militante Gwen Fauchois figuraient aux côtés de celui du Strass dans une tribune publiée mardi sur Libération, fustigeant un risque de " censure de la part des plateformes numériques ".
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