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dimanche, avril 05, 2020

Santé : Pourquoi les hommes sont plus sensibles que les femmes au Covid-19 ( Coronavirus ) !

Plusieurs hypothèses pourraient expliquer les différences entre les sexes. D’autres susceptibilités génétiques sont activement recherchées.

Au début de l’épidémie, les médecins ont pensé que la surreprésentation des hommes parmi les cas graves de Covid-19 était liée au tabagisme. Il faut dire que les Chinois fument quatre fois plus que les Chinoises.

Mais cette sensibilité plus forte des représentants du sexe mâle est apparue quasiment dans les mêmes proportions quand le Covid-19 a frappé l’Europe ( 60 % des décès en France ), où le tabagisme est mieux partagé entre les sexes. Les femmes sont aussi touchées que les hommes par le virus, mais souffrent moins souvent de complications. D'évidence, il y a autre chose que le tabac, même s’il n’arrange rien.

" Une étude américaine, sortie il y a trois ans, et portant sur les précédents coronavirus pathogènes pour l’homme (SRAS et le MERS), montrait déjà de fortes différences selon les sexes, souligne Jean-Charles Guéry. Mais seulement sur les sujets âgés ".

Le chercheur Inserm au centre de physiopathologie Purpan de Toulouse s’intéresse spécifiquement à ces différences de réponse aux pathogènes selon les sexes. " Pour le Covid-19, l’hypothèse est que des facteurs biologiques agissent sur la modulation de la réponse immunitaire et donc sur la sévérité de l’inflammation ". C’est cette inflammation excessive qui est la cause des syndromes respiratoires aigus sévères nécessitant une hospitalisation en réanimation.

L’étude américaine, qui portait sur un modèle murin (souris) suggérait fortement que les récepteurs cellulaires aux œstrogènes ( les hormones femelles ) jouaient un rôle dans cette réponse immunitaire. Autre hypothèse, " les variations de la composition du microbiote intestinal, différent selon les sexes, et qui joue un rôle sur le contrôle des inflammations ".

Des réponses génétiques : Les différences de sensibilité aux maladies selon le sexe ont souvent plusieurs causes, qui peuvent se combiner. Il pourrait ainsi y avoir une composante génétique directe. Les femmes possèdent deux chromosomes X ( et les hommes un seul X complété par un Y pauvre en gène ), ce qui peut favoriser la sur-expression de certains gènes.

Mais au-delà des différences selon les sexes, la grande variabilité des symptômes et des réactions au nouveau coronavirus suggère qu’il y a bien une part génétique. De nombreux chercheurs à travers le monde, dont une équipe de l’Institut Cochin, sont lancés dans l’analyse génomique à grande échelle des prélèvements Covid-19.

L’enjeu est de tenter d’identifier des mutations génétiques protectrices ou prédisposant à des complications. Ou prédisant une plus ou moins bonne réponse aux traitements. Actuels et futurs.

Car là aussi, la composante sexuée pourrait avoir un rôle : " Nous avons montré que la réponse au vaccin de la grippe saisonnière est deux fois meilleure chez les femelles ", souligne Jean-Charles Guéry.

Face au Covid-19, mieux vaut être une femme qu’un homme. Cependant, les principaux facteurs de risque restent bien l’âge et un certain nombre de pathologies associées.

mercredi, mars 04, 2020

Santé : Les hommes anorexiques peinent à sortir de l'ombre !

Bien souvent assimilée à une " maladie de fille ", l’anorexie concerne aussi les hommes. Entre prise en charge tardive et clichés, l’anorexie masculine est encore mal connue et largement sous-estimée.

À 16 ans, Gaël Michel n'est pas obèse, simplement un peu rond. Suffisamment, en tout cas, pour attirer les railleries de ses camarades. Son homosexualité, il a du mal à l'assumer. Quant à l'éloignement de sa meilleure amie, il ne l'a pas supporté. Il fallait reprendre le contrôle sur quelque chose. Son mal-être s'exprime alors rapidement à travers l'anorexie. " Au début, je faisais simplement un peu de sport et attention à ce que je mangeais ", explique-t-il.

Le point de non-retour : Dès les premiers kilos perdus, les compliments de son entourage abondent. Mais sur la balance, les chiffres se succèdent, toujours plus petits. L'adolescent, au sourire encadré de fossettes rieuses, s'abandonne à corps perdu dans le sport ( footing, natation, marche ) et exerce un contrôle strict de son alimentation : pas plus de 500 calories par jour. Une pomme, un yaourt et un peu de muesli. La restriction devient un plaisir addictif, presque une fierté. " On est dans un état dichotomique. Une partie de toi sait que tu te fais du mal. L'objectif final c'est quand même la mort. Mais l'autre partie veut vivre. Je n'ai pas vu le stade où ça allait trop loin ", souffle doucement le jeune Perpignanais.

Un jour, il tombe à 47 kilos, pour un mètre quatre-vingt sept. Soit une perte de 27 kilos en trois mois. Sa mère, qui n'avait rien remarqué jusque là, l'emmène d'urgence chez le médecin. Là, il se heurte à l'incompréhension d'une partie du personnel médical. " Le premier médecin que j'ai vu m'a dit de manger des pâtes pour aller mieux. Il ne s'est pas rendu compte que j'étais anorexique. Et ma diététicienne m'a fait un plan alimentaire. Personne ne pensait à traiter le fond du problème ".

Gaël Michel est formel : On ne parle pas suffisamment des hommes anorexiques. " J'ai fait des recherches sur le sujet quand j'étais encore malade. Dans les interviews, les spécialistes parlent tout le temps au féminin. On se sent déjà à part parce qu'on a un trouble du comportement alimentaire (TCA). Mais en étant garçon on est encore plus dans une minorité. Ça fout un peu les boules. Quand je regardais des émissions sur l'anorexie, je me disais Et moi ? "...

Dans l'inconscient collectif, un cliché persiste : Les anorexiques sont des filles. Un stéréotype renforcé par un chiffre avancé par la plupart des spécialistes, et repris par la Haute Autorité de Santé en 2013 : sur dix patient·es anorexiques, seulement un serait un homme. Mais ces chiffres cachent une nuance : ils ne prennent en compte que les patient·es traité·es. Et c'est là que ça pose problème, car beaucoup d'hommes passent alors à la trappe.

Pour la psychiatre Christine Foulon, les hommes anorexiques sont bloqués par un problème de représentation. " L'homme doit être viril, et comme l'anorexie est une maladie stéréotypée, associée aux femmes, les garçons hésitent à aller consulter ", explique-t-elle. " Les filles viennent directement me voir pour des problèmes d'anorexie. Elles ont posé le diagnostic toutes seules. Pour les garçons ce n'est pas le cas. Ils ne vont pas directement y penser ". C'est ainsi que beaucoup d'hommes passent au travers du diagnostic, ne sont pas soignés et finissent par guérir seuls... en tout cas pour les plus chanceux.

Une maladie genrée : Ces stéréotypes sont bien souvent ancrés dans l'entourage des malades. " Les gens me disent : mais t'as qu'à manger, c'est pas compliqué. Comme je suis un homme, pour eux je ne peux pas être anorexique ", confie Valentin Oger, 24 ans. Dans son parcours de soins, il n'a rencontré que peu de garçons. " Je suis sûr qu'il y en a beaucoup plus que ça ", affirme-t-il. " C'est tellement associé aux femmes que je pense qu'on ose moins en parler, qu'on se dit que ce n'est pas possible qu'on soit concerné. Il y a peut-être une part de honte. Ce sont mes parents qui ont déclenché le processus de soins et qui m'ont sauvé. Sans eux, je ne sais pas si j'en aurais parlé ".

Chris Coupan, 42 ans, subit les mêmes remarques de la part de certains de ses proches. " Les gens me regardent avec des yeux ronds et me disent t'es un mec, tu ne peux pas être anorexique ". Cela va faire trente ans que Chris souffre d'anorexie. Assigné femme à la naissance, il s'amaigrit depuis l'adolescence, notamment pour effacer tout attribut lié au féminin et avoir enfin la sensation de vivre dans un corps qui lui correspond. " J'ai de la chance parce que je fais ma transition. Quand j'étais assimilé au sexe féminin, tout a été accepté facilement. Autrement, je ne sais pas ce qu'il serait advenu de moi ". Deux de ses amis refusent de se faire soigner parce qu'il est inconcevable pour eux d'avoir une " maladie de nana ". " Les hommes ne vont pas consulter et se laissent mourir. C'est révoltant ".

Chez certains médecins, même credo. " Il y a quelques années, des confrères de la Pitié Salpêtrière m'ont envoyé en consultation un jeune homme, en section sport étude rugby ", raconte Christine Foulon. " Très musclé, il venait pour faire un bilan en raison d'un amaigrissement très important, malgré ses 90 kilos. Il a eu la totale : bilan, scanner, ponction lombaire... Au bout de quelques semaines, un chef de clinique a fini par me l'envoyer ". Elle se met alors à l'interroger. " Il m'a finalement avoué qu'il ne faisait que monter et descendre les escaliers toute la journée, en comptant les calories... Il m'a sorti tous les symptômes de l'anorexie, mais lui-même ne pouvait pas accepter l'idée qu'il pouvait avoir ce trouble. C'était inenvisageable pour ses parents qui ont trois garçons. Et même les médecins de la Pitié Salpêtrière n'avaient pas imaginé une seule seconde que ce garçon soit anorexique. Ils ne faisaient tout simplement pas cette hypothèse ".

Pour le professeur Olivier Cottencin, responsable du service addictologie à l'hôpital Fontan 2 de Lille, l'anorexie masculine est de plus en plus fréquente, et commence à être mieux repérée. " On est en train de casser les genres, c'est un constat clinique ", explique-t-il. " Les rôles des uns et des autres dans la société sont de moins en moins clivés ".

Il existe autant d'anorexiques que de formes d'anorexie. On peut toutefois trouver des similitudes, des comportements relativement communs. " La vraie anorexie mentale, ce sont ceux qui se trouvent toujours trop gros car ils ont une dysmorphie. Ils maigrissent à outrance et ils deviennent cadavériques ", explique le professeur Cottencin. " D'autres hommes en sont là parce qu'ils ont vécu un traumatisme. Ils se protègent du regard de ceux qui les auraient agressés. L'anorexie peut aussi survenir en réaction à des transformations corporelles pouvant être sources d'angoisse. Vous reprenez le pouvoir sur quelque chose dont vous aviez perdu le contrôle ".

Énorme et sec : Les obsessions des hommes anorexiques semblent foncièrement différentes de celles des femmes. Ils ne cherchent pas à maigrir le plus possible, mais à baisser leur indice de masse graisseuse dans le but d'avoir un corps toujours plus sec. Cela se traduit par une réduction de l'alimentation, parfois par la prise de laxatifs, mais surtout par la pratique intensive du sport. " On les diagnostique assez tardivement car, parallèlement à leur perte rapide de poids, ils se musclent ", précise Olivier Cottencin. " Contrairement aux autres anorexiques, ils ne semblent pas souffrir de dénutrition. Ils ne viennent pas consulter, ils sont dans le déni, se répètent qu'ils veulent juste faire du sport et se trouver beaux ".

C'est là qu'interviennent les coachs sportifs virtuels. Majoritairement non certifiés, ils fourmillent sur les réseaux sociaux, affichent leur corps bodybuildé et dispensent savoir et conseils à leurs millions d'abonnés. Ils font partie de la catégorie des influenceurs et sont les modèles d'une bonne partie des millennials. Pour Nicolas Sahuc, diététicien spécialiste des troubles alimentaires, ce phénomène est un calvaire absolu. " On a un vrai problème avec les réseaux sociaux. Les coachs donnent des conseils irresponsables à une population fragile et gourmande de ce type d'infos. Je rencontre en permanence des gens influencés par eux ". Ce que confirme le professeur Olivier Cottencin : Dans l'anorexie masculine, il y a une quête de la performance, du corps parfait. On le voit bien sur YouTube... Ils veulent être énormes et secs ", soupire-t-il.

" Énorme et sec ", c'est justement le slogan de Tibo Inshape. Ces mots, il les répète comme un mantra dans ses vidéos. A 27 ans, le YouTubeur aux six millions d'abonnés et à la musculature saillante cartonne sur le web. Entre coaching et vidéos humoristiques sur le sport, le Toulousain prêche les bienfaits de son temple, la salle de musculation. Il y explique les programmes d'entraînement qu'il suit, notamment ses programmes de sèche, filme la préparation de ses repas... 150g de riz, 200g de dinde : tout est pesé, au milligramme près. Nicolas Sahuc résume : " des propositions de diététique à la hauteur de ses connaissances, c'est-à-dire nulles ". Contacté, le YouTubeur n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.

La sèche est un terme principalement utilisé par les bodybuilders. C'est la dernière étape de la perte de poids. Cette phase consiste à perdre le maximum d'eau et de gras, à éliminer les dernières cellules graisseuses pour arriver à une définition musculaire quasi-parfaite. C'est une diète violente qui nécessite de suivre un régime alimentaire drastique et de pratiquer beaucoup d'activités physiques pendant plusieurs semaines.

" J'ai eu des patients qui se sont servi de la sèche, prônée par les coachs, pour maigrir ", se scandalise la psychiatre Christine Foulon. Valentin Oger, par exemple, a faillit se laisser séduire par ce régime. " Sur Facebook, je suivais deux mecs qui faisaient une sèche. Mais je n'ai pas osé faire pareil. Leurs programmes ne sont pas adaptés aux gens malades. Ils sont à l'opposé de ce qu'on nous apprend en rythme alimentaire dans les structures de soins. Les sèche peuvent emmener quelqu'un de déterminé à maigrir dans un engrenage pervers ".

À la mode : William Kadmiry, lui, refuse d'accompagner les sportifs dans un programme de sèche. Il y a bientôt six ans, ce trentenaire a monté sa boîte de coaching. L'année dernière, il a publié une vidéo sur sa chaîne YouTube suivie par 3.000 personnes : dans " La sèche en musculation ", une forme d'anorexie à la mode, il met en garde contre les dérives de cette pratique sportive.

" Ce n'est pas un régime ", insiste-t-il. " C'est spécifique à la compétition. Non seulement ça épuise, mais ça a des conséquences importantes sur la santé. La déshydratation peut provoquer des problèmes cardiaques, ça accélère le vieillissement des cellules. Ils descendent à des pourcentages de masse graisseuse très bas, parfois jusqu'à 4%, alors que le minimum est entre 10 et 20%. Cela impacte le système hormonal, donc ça influe sur l'humeur, la libido, la motivation "...

Pour Gaël Michel, les influenceurs sportifs ne sont pourtant pas à la source de l'anorexie. " Il faut déjà avoir une grosse fragilité de base ", affirme-t-il. Aujourd'hui âgé de 22 ans, le jeune homme a repris 32 kilos, après six années de combat. Lorsqu'il raconte son histoire, son ton est hésitant, presque retenu. Mais sa voix est ferme et déterminée quand il affirme que " maintenant c'est fini ", qu'il ne rechutera pas. Inscrit en BTS de diététique, Gaël Michel souhaite se spécialiser dans la prise en charge des TCA afin de " donner un sens à tout ça ". Et de pouvoir prodiguer des conseils avisés à celles et ceux qui, comme lui, seraient tombé·es dans la spirale de l'anorexie.

dimanche, janvier 12, 2020

Science : En voulant renforcer leur masculinité, des hommes font baisser leur fertilité !

Les stéroïdes et les médicaments anti-calvitie peuvent affecter la qualité du sperme.

Pour plaire à de potentiel·les partenaires, certains hommes s'efforcent de cultiver un corps musculeux ou une crinière de rêve. Quitte à compromettre leur capacité à avoir des enfants. On appelle cela le paradoxe Mossman-Pacey, d'après James Mossman et Allan Pacey, les deux chercheurs américains ayant récemment théorisé ce phénomène contraire aux principes de l'évolution. Selon ces scientifiques, la prise de stéroïdes ou de pilules anti-calvitie endommage la fertilité masculine de manière parfois irréversible.

" J'ai remarqué que certains des hommes qui venaient pour faire tester leur fertilité étaient énormes, relate James Mossman, chercheur à l'Université de Brown aux États-Unis. Ils essaient d'avoir l'air vraiment grands, bodybuildés, de ressembler à des surhommes au sommet de l'évolution, explique-t-il dans un article de la BBC. Mais paradoxalement, ils se rendent complètement inaptes au sens de l'évolution, puisqu'ils n'ont, sans exception, aucun sperme dans leur éjaculation. […] Ils deviennent des ratés de l'évolution ".

La faute aux stéroïdes anabolisants, régulièrement utilisés par les culturistes, qui imitent l'effet de l'hormone mâle, la testostérone, dans l'organisme et permettent d'améliorer la performance et la croissance musculaires.

Revers de la médaille, ils trompent la glande pituitaire du cerveau, responsable de la sécrétion de nombreuses hormones, en lui faisant croire que les testicules sont en surmenage. La glande réagit donc en arrêtant la production de deux hormones, la FSH et la LH, indispensables à la production de sperme, ce qui engendre des risques d'infertilité considérables chez les hommes consommateurs réguliers de stéroïdes.

Dépression, idées suicidaires ou baisse de la libido : Une réalité cynique que souligne le professeur Allan Pacey, de l'Université de Sheffield : " N'est-il pas ironique que ces hommes se rendent à la salle de sport pour avoir l'air séduisants, la plupart dans le but d'attirer les femmes, et qu'ils amenuisent par la même occasion leur fertilité ? ", interroge-t-il, précisant qu'environ 90% des utilisateurs de stéroïdes anabolisants sont susceptibles de devenir stériles. Un chiffre inquiétant alors que la qualité du sperme des Occidentaux a diminué de 50% en quarante ans.

" Concernant les traitements anti-calvitie, c'est un peu plus aléatoire, mais les ventes atteignent des sommets, ce qui en fait un problème de plus en plus courant ", indique Allan Pacey. En France, le Propecia, appellation commerciale du finastéride, un médicament très utilisé pour lutter contre la calvitie car il modifie la façon dont la testostérone est métabolisée dans l'organisme ( ce qui limite la chute des cheveux ) est prescrit à environ 30.000 hommes chaque année.

Les effets secondaires peuvent inclure la dysfonction érectile et une baisse de la fertilité. D'après les mises en garde des autorités sanitaires, le Propecia peut également engendrer dépression, idées suicidaires ou baisse de la libido.

Pour Allan Pacey, il est urgent de sensibiliser les hommes dès le plus jeune âge aux dangers liés à la consommation de ces médicaments ou stéroïdes. " On en voit de plus en plus dans les cliniques, se désole-t-il. Le message n'est pas entendu, mais il faut que les jeunes hommes comprennent que ces quelques informations pourraient à terme leur éviter beaucoup de chagrin et de détresse ".

vendredi, janvier 10, 2020

Chine : Des garçons conditionnés pour devenir de " vrais hommes " !

Dans plusieurs grandes villes chinoises, des clubs prônent l’apprentissage de la virilité aux petits garçons. Derrière ce phénomène en plein essor se cache le poids des traditions et la peur de ne pas correspondre à un modèle familial classique.

" Qui sont les meilleurs ? Nous ! Qui sommes-nous ? Nous sommes de vrais hommes ! ", scandent une vingtaine de petits garçons réunis dans un parc de Pékin, sous les yeux de leur coach Tang Haiyan. 

Dans un article du Los Angeles Times, la routine de ce club pour garçons est décrite en détails. Entre entraînements de football américain et bandeaux estampillés " Real Man " ( " vrai mec " ), tout y est mis en œuvre pour que les petits garçons ne se transforment pas en " figures efféminées ", comme l’explique Tang Haiyan.

Depuis 2012, Tang Haiyan, ancien maître d’école et coach sportif, apprend aux 2 000 membres de son club à être des " durs ", pour contrer l’influence des idoles coréennes de K-pop ( de jeunes artistes au style très souvent androgyne, ndlr ) qu’il considère comme une " calamité " pour son pays. Inspiré par une visite en Californie en 2006, Tang Haiyan a pris pour modèle la façon dont les petits garçons étaient entraînés au football américain, afin de façonner son " Real Men Training Club ". Déjà interrogé en 2018 par le New York Times, il s’épanchait sur les valeurs qu’un petit garçon doit porter selon lui : " la galanterie, le courage, la capacité de différencier le bien du mal ".

L’enfant unique doit réussir : " En Chine, la société tourne autour de la famille ", explique à France 24 Marie Holzman, sinologue et présidente de l’association Solidarité Chine. " Il y a une absence totale d’imagination d’une quelconque forme d’altérité. Ne pas être dans le moule, c’est impensable ". Et payer l’équivalent de 2 000 dollars par semestre pour que son petit garçon entre dans le fameux moule paraît logique pour ces familles. " Depuis la mise en place de la politique de l’enfant unique, le rapport parent-enfant s’est inversé ", continue Marie Holzman. " Désormais, c’est l’enfant qui domine, tout est mis en place pour sa réussite ". Pour réussir, l'enfant doit suivre les traditions, et éviter à tout prix les chemins alternatifs.

Point de vue partagé par Julie Remoiville, docteure en étude de l’Extrême-Orient à l’École pratique des hautes études, qui évoque elle aussi le poids de la politique de l’enfant unique. " Il faut que cet enfant soit le meilleur pour réussir, aussi bien à l'école pour pouvoir entrer dans une grande université que dans le monde du travail par la suite, afin qu'il fasse honneur à la famille ", explique-t-elle à France 24. " Le nombre de petits garçons étant nettement supérieur à celui des petites filles ", la concurrence est rude. " Mettre son fils dans ce genre d'endroit est pour beaucoup de parents un atout qui lui permettra de se démarquer et de trouver une épouse plus facilement que ses homologues masculins ", ajoute Julie Remoiville.

Virilité et sexualité : Slogans à la gloire de la masculinité, activités sportives et mise en avant de la virilité par tous les moyens : un programme qui n’est pas sans rappeler ceux utilisés dans les centres de thérapies de conversion, dans lesquels de jeunes homosexuels ( majoritairement aux États-Unis ) sont envoyés afin de changer leur orientation sexuelle.

Un sujet de plus en plus médiatisé, notamment à travers " Boy Erased ", film du réalisateur australien Joel Edgerton sorti en mars 2019 retraçant l’histoire d’un jeune garçon américain homosexuel forcé par ses parents à suivre ce genre de thérapie. Et si les mentalités évoluent en Chine, " l'homosexualité est encore un sujet tabou dans la société ", précise Julie Remoiville. " Le carcan de la culture chinoise traditionnelle reste très présent à l'esprit des Chinois de la société contemporaine et l'importance d'avoir une descendance pour notamment respecter le culte aux ancêtres reste une priorité aujourd'hui ". Alors s’appuyer sur une vision occidentale de la masculinité devient un moyen de s’assurer une descendance, malgré l’amalgame entre genre et sexualité.

Qu’il pleuve ou qu’il vente, Tang Haiyan fait courir ses disciples, âgés de 7 à 12 ans, en extérieur. Pas question d'envisager des activités moins radicales, plus tournées vers l'écoute ou le partage. " Il y a une négation très forte de l’aspect psychologique en Chine ", constate Marie Holzman. " Pour désintoxiquer les jeunes accros aux jeux vidéo, on les envoie dans des camps de redressement façon militaire. L’action prime toujours sur l’écoute ". Les parents, présents pour assister à l’entraînement de leur progéniture, sont frigorifiés. Mais ils les prennent en photo, coûte que coûte, car, comme la mère de l’un des enfants le confie au LA Times, " c’est une bonne opportunité pour qu’ils cultivent une personnalité de macho ".

Santé : Le premier contraceptif masculin pourrait être disponible dans six mois !

Conçu en Inde, le produit a été testé cliniquement et les résultats sont très encourageants...

Plus de cinquante ans après l'arrivée de la pilule contraceptive féminine, les hommes n'ont encore guère d'autre choix que le préservatif ou la vasectomie. Alors que la pilule masculine est toujours à l'étude, une injection contraceptive mise au point en Inde pourrait être disponible au premier semestre 2020 : une première à l'échelle mondiale.

Ce moyen de contraception consiste en l'injection d'un polymère appelé styrène anhydride maléique directement dans les testicules. Développée dans les années 1970, cette solution inhibe la production de sperme pendant treize ans, avant de perdre progressivement de son efficacité.

" Le produit est prêt, il ne manque plus que l'approbation finale du contrôleur général des médicaments ( d'Inde ), a déclaré à l'Hindustan Times le docteur RS Sharma, scientifique au Conseil indien de la recherche médicale. Il peut en toute sécurité être appelé le premier contraceptif masculin au monde ". Il faudra tout de même attendre six mois minimum pour que tous les voyants soient au vert et que le produit puisse être fabriqué.

Aucun effet secondaire : Le docteur Sharma a ajouté que les tests sur ce médicament étaient terminés, " y compris les essais cliniques prolongés en phase 3 effectués sur 303 candidats ", dont le taux de réussite a atteint 97,3%. En comparaison aux autres contraceptifs masculins, celui-ci n'entraînerait aucun effet secondaire, souligne le scientifique.

" Nous examinons tous les aspects du produit, en particulier les bonnes pratiques de fabrication, pour qu'il n'y ait aucun problème du point de vue de la qualité ", a précisé VG Somani, contrôleur général des médicaments en Inde.

Les femmes disposent aujourd'hui d'un large panel de moyens pour contrôler leur fertilité, mais elles devront encore patienter avant de partager ce fardeau avec la gent masculine : la pilule pour hommes ne devrait pas arriver avant une dizaine d'années.

Dans ce contexte, de plus en plus d'hommes se tournent vers la vasectomie. En France, la pratique a augmenté entre 2010 et 2018. Malgré cette hausse très significative, les champions du monde restent les Britanniques, avec près de 21% des hommes vasectomisés en 2008.

Chaque année, on compterait plus de quatre-vingts millions de grossesses non désirées dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé. Le développement des moyens de contraception masculine constitue donc un enjeu majeur.

dimanche, décembre 22, 2019

Mode : Les 12 meilleurs concept-stores mode homme à Paris !

Zoom sur les concept-stores mode et lifestyle pour homme stars de la capitale... Du Marais au XVIème, les concept-stores se font une place de maître à Paris. Voici les 12 meilleurs d'entre eux, pour homme.

1 ) The Broken Arm : Niché dans le Haut-Marais, The Broken Arm est considéré comme la boutique la plus pointue de la capitale. Puisant sa force dans son éclectisme, les amateurs et pro de la mode s'y pressent tant pour dénicher des vêtements pur luxe signés Balenciaga, Prada ou Celine, que pour mettre la main sur des pièces de créateurs émergeants. Accolé à la boutique, The Broken Arm Cafe, ouvert de 8h30 à 17h, pousse l'expérience lifestyle jusqu'à l'extrême.

The Broken Arm, du mardi au samedi de 11h à 19h, 12 Rue Perrée, 75003 Paris.

2 ) Tom Greyhound : Direction le numéro 19 de la rue de Saintonge dans le 3ème arrondissement. Tout droit débarqué de Séoul, Tom Greyhound, sur ses deux étages, regorge de vêtements et accessoires de créateurs edgy : Loewe, Hed Mayner, Jil Sander, Raf Simons, Botter... Le plus ? Le florilège de magazines de mode, souvent de niche, venus des quatre coins du monde.

Tom Greyhound, du lundi au samedi de 11h à 19h, 19 Rue de Saintonge, 75003 Paris.

3 ) VOS : Off-White, Casablanca, Palm Angels, Yeezy, Heron Preston... À deux pas de l'hôtel Peninsula dans le 16ème arrondissement, le concept-store VOS (acronyme de Vision Of Style) fondé en 2018 par Lucas Di Matteo, met en lumière une sélection de pièces à l'impulsion street dans un décor brut et minimaliste inspiré des quartiers arty de New York. Plus qu'une simple boutique, à l'étage, l'espace accueille des expos éphémères et des pop-ups. En somme, le hot spot pour les hommes en quête d'inédit.

VOS, du lundi au samedi de 11h à 19h, 21 Avenue Kléber, 75016 Paris.

4 ) Nous Paris : Alors qu'en décembre 2017, colette décide de tirer sa révérence, deux anciens salariés du temple du cool, Sébastien Chapelle, directeur du pôle high tech et horlogerie, et Marvin Dein, responsable du département sneaker, ouvrent leur propre boutique à quelques pas, au 48 de la rue Cambon. Nous Paris est pensé comme un lieu de rencontre où se mêlent high tech, beauté, horlogerie, lunettes, accessoires, streetwear et livres.

Nous Paris, du mardi au samedi, 11h30 à 19h30, 19 Rue Clauzel, 75009 Paris.

5 ) Archive 18-20 : Concept-store situé dans la très passante rue des Archives, Archive 18-20 est avant tout une marque créée par Severine Lahyani en 2015. Au cœur de la boutique d'environ 300m2, qui se mue aussi en espace d'exposition, on retrouve une série de pièces de créateurs soigneusement choisis : Isabel Marant, Stone Island, adidas, Marni... À ceci s'ajoutent des objets déco, high tech, magazines et un café où déguster matcha lattes, granolas et smoothie bowls.

Archive 18-20, tous les jours de 11h à 19h30, 20 Rue des Archives, 75004 Paris.

6 ) Merci : Doit-on vraiment présenter Merci ? Emblématique concept-store du boulevard Beaumarchais, reconnaissable par son entrée gardée par une Fiat 500 rouge, ce sanctuaire du lifestyle est une référence dans le monde entier. Les touristes s'y hâtent pour dénicher les meilleurs articles mode, beauté, lifestyle, bijoux, design, déco... Un must.

Merci, du lundi au samedi de 10h à 19h30, 111 Boulevard Beaumarchais, 75003 Paris.

7 ) L’Éclaireur : Pionnier des concept-stores, L'Éclaireur est la boutique parisienne visionnaire (comme son nom l'indique) depuis 1980. Armand et Martine Hadida ont choisi de réunir mode, design, art et lifestyle dans un seul et même écrin, qui compte aujourd'hui pas moins de trois boutiques à Paris. Ann Demeulemeester, Maison Margiela, Yohji Yamamoto... Outre les pièces de créateurs d'avant-garde, L'Éclaireur propose aussi sa propre ligne de vêtements.

L'Éclaireur - Boissy d'Anglas, du lundi au samedi de 11h à 19h, 10 rue Boissy d'Anglas 75008 Paris. L'Éclaireur - Sévigné, du lundi au samedi de 11h à 19h et le dimanche de 14h à 19h, 40 rue de Sévigné, 75003 Paris. L'Éclaireur - Hérold, du lundi au samedi de 11h à 19h, 10 rue Hérold, 75001 Paris.

8 ) Boys Don’t Cry : Pourquoi on aime Boys Don't Cry ? Pour les marques cool de la scène street qui foisonnent au sein de la boutique : The Elder Statesman, Bode, Telfar, Casablanca... Ce concept-store a investi la rue des Saints-Pères dans le VIIème arrondissement. Dans son écrin épuré 100% industriel imaginé par l’architecte Payam Askari, BDC regorge de pièces arty ultra désirables, de livres et magazines, mais aussi d'objets design.

BDC, du lundi au samedi de 10h30 à 19h30, 62 Rue des Saints-Pères, 75007 Paris.

9 ) Centre Commercial : À deux pas du Canal Saint-Martin -et plus récemment exporté Rive gauche-, Centre Commercial, fondé par les créateurs de la marque de baskets Veja, mise sur une mode épurée, sans fioriture. Mettant un point d'honneur à privilégier l'éthique et l'humain, tout le monde y trouve son compte : femmes, hommes et enfants.

Centre Commercial, 2 rue de Marseille, 75010 Paris et 9 rue Madame, 75006 Paris.

10 ) Le Vif : Les amoureux de vintage et du sustainable vont être conquis. Le pro du vintage Gauthier Borsarello, avec ses amis Arthur Menguy et Jérémie Le Febvre, ont pris leur quartier au numéro 101 de la rue Boileau, dans le 16ème arrondissement. Chez Le Vif, on retrouve des pièces rétro tout droit débarqués des USA : jeans en denim typiques, t-shirts de rockeurs, chemises à carreaux... Bref, l'endroit idéal pour dénicher la perle rare.

Le Vif, du mercredi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 19h (18h le dimanche), 101 Rue Boileau, 75016 Paris.

11 ) Beige Habilleur : Le mot d'ordre ? Le chic. Le site de vente en ligne Beige Habilleur ouvre sa première boutique en 2018 dans le 16ème arrondissement. Le concept-store acquiert rapidement une belle notoriété avec sa sélection de pièces débusquées dans le monde entier : Japon, Royaume-Uni, États-Unis...

Beige Habilleur, du mardi au samedi de 11h à 19h (20h le samedi), 83 Rue Chardon Lagache, 75016 Paris.

12 ) À Rebours : Vous ne connaissez peut-être pas encore tous les noms des créateurs qui peuplent la boutique À Rebours au sein de Lafayette Anticipations, et pourtant, ils forment la nouvelle garde de la mode masculine. Ottolinger, Eckhaus Latta, Ludovic de Saint Sernin, Marine Serre... À la sélection edgy du concept-store s'ajoutent des pièces déco, design mais aussi une série de livres soigneusement choisis par la librairie Yvon Lambert. Un espace qui vaut le détour.

À Rebours, le lundi de 11h à 20h et du mercredi au samedi de 11h à 20h, le dimanche de 13h à 20h, 46 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris.

mercredi, décembre 18, 2019

Santé : Le vaccin contre le papillomavirus désormais recommandé aux garçons !

Le vaccin contre le papillomavirus, infection sexuellement transmissible responsable de nombreux cancers, sera bientôt recommandé aux jeunes garçons de 11 à 14 ans. Ils étaient jusqu’alors exclus de la prévention contre ce virus.

Désormais, les jeunes garçons de 11 à 14 ans seront inclus dans la recommandation du vaccin contre le papillomavirus, a annoncé lundi 16 décembre la Haute Autorité de santé (HAS). Cette dernière a ajouté que le ministère de la Santé " souhaite que cette recommandation soit intégrée dans le calendrier des vaccinations 2020 pour une mise en œuvre d’ici l’été ".

Le papillomavirus humain (HPV), sexuellement transmissible, est à l’origine chaque année de 1 750 nouveaux cas de cancers chez les hommes, contre 4 580 chez les femmes. Il peut s’agir de cancers du col de l’utérus, du vagin, du pénis, de l’anus, voire de la gorge en cas de rapports sexuels bucco-génitaux.

À ce jour, la recommandation de ce vaccin était uniquement ciblée sur les jeunes filles, les personnes immunodéprimées (notamment séropositives) et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu’à leurs 26 ans. La décision de l’HAS intervient après quatre semaines de consultations publiques auprès de professionnels et d’associations.

Risque plus élevé chez les homosexuels : Cette extension était demandée depuis plusieurs années. L’année dernière, le docteur Jean-Paul Marre rappelait ainsi sur le site Pourquoi Docteur " qu’on doit toujours traiter les deux partenaires lors d’une infection sexuellement transmissible si l’on veut l’éradiquer ". En 2016, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) avait déjà étendu la recommandation du vaccin aux HSH, rappelant que ceux-ci étaient vingt fois plus touchés par l’infection anale au papillomavirus que les hommes hétérosexuels.

La Haute Autorité de santé a estimé que " l’élargissement de la vaccination anti-HPV aux garçons permettrait, sous réserve d’une couverture vaccinale suffisante, de freiner la transmission au sein de la population générale, et ainsi de mieux protéger les garçons et les hommes quelle que soit leur orientation sexuelle, mais aussi de mieux protéger les filles et les femmes non vaccinées ".

mardi, décembre 10, 2019

Société : Comment la masculinité se redéfinit en 2019 ?

On assiste aujourd'hui à l'éclosion du genre libre et les conventions s’effondrent. La société accorde davantage aux hommes l’opportunité d’interroger la masculinité et sa pluralité. Mais parallèlement à cet éveil, la haine et l’incompréhension font rage.

" Métrosexuel ", " queer ", " transgenre ", " homosexuel ", " drag queen "... La distinction entre ces différents termes en surprendra encore certains mais elle est nécessaire afin de s’exprimer avec respect. Premièrement, la différence entre " sexe " et " genre " est fondamentale. Le sexe concerne les " caractéristiques biologiques et physiologiques " tandis que le genre " sert à évoquer les rôles qui sont déterminés socialement, les comportements, les activités et les attributs qu'une société considère comme appropriés pour les hommes et les femmes " selon l’OMS.

De plus, un homme métrosexuel prend tout simplement soin de lui, sans corrélation aucune avec son orientation sexuelle. Le mot " queer ", littéralement " étrange " , était une insulte homophobe jusqu’à ce qu’il soit réapproprié par les individus concernés. Il désigne aujourd’hui la dimension militante qui sous-tend la communauté LGBT+.

Enfin, il est nécessaire de noter la différence absolue entre l’homosexualité, la transidentité et les drag queens. Etre homosexuel, c’est être attiré par un individu du même genre que soi. Selon l’Association Nationale Transgenre, " est transgenre toute personne qui ne s’identifie pas complètement au rôle social culturellement assigné à son sexe ". Il s’agit d’une identité. Faire du drag, au contraire, est éphémère, c’est une performance théâtrale donc artistique : un individu qui reprend les codes de la féminité pour les exagérer.

On n’est heureux qu’en étant soi : Cette charte comportementale qui plane au-dessus des hommes porte un nom. Eddy de Pretto parle de " virilité abusive " dans " Kid " mais on parle plus généralement de " masculinité toxique ". " Se cacher derrière un masque et un comportement est épuisant. J’en rencontre beaucoup qui ont vécu ça ", raconte Raphaël. Parmi ses 28 000 followers sur Instagram, des centaines de garçons le contactent pour aborder ce sujet. " Je reçois tous les jours des messages de garçons de tout âge qui me remercient d’être moi et de les représenter. Des plus âgés qui auraient aimé avoir ce courage aux plus jeunes qui me remercient de parler d’ambition et de rêve en étant soi ".

Aujourd’hui, les hommes prennent soin d’eux : Selon le cabinet d'études Euromonitor International, le marché mondial des soins pour hommes devrait atteindre en 2020 les 60,7 milliards de dollars, soit 51,4 milliards d’euros, multipliant par trois son chiffre d'affaires par rapport à 2015. Prendre soin de soi n'est plus exclusivement féminin. " Une femme peut ne pas être féminine et un homme peut l’être tout comme une femme peut être masculine alors qu'un homme pas ". Mais si les hommes se sont mis à prendre soin d’eux, ils le font avec des produits estampillés " pour homme ". " Un fond de teint masculin est de la même composition qu’un fond de teint pour femme ", rappelle Raphaël. En les distinguant, on épargne aux hommes l'impression qu’ils adoptent tout simplement des codes de la féminité. Ce qui est pourtant un pas en avant vers l’égalité.

Le fait que les masculinités plurielles soient médiatisées ne signifie pas pour autant qu’elles sont mieux acceptées. En France, le nombre d’agressions physiques signalées à SOS Homophobie a progressé de 66% en 2019 par rapport à l’an dernier. Et au dernier trimestre 2018, une agression physique par jour était rapportée à l’association. Malgré cet affligeant constat, le combat progresse petit à petit. Mettre en avant la pluralité des masculinités dans les médias permet une représentation démultipliée. Les individus concernés ont pu se regrouper et se sentir légitimes. Cela a également permis aux individus non concernés mais bienveillants de reconsidérer leurs stéréotypes et d’accepter que la masculinité peut être plurielle, différente, redéfinie.

mardi, novembre 19, 2019

Santé : Les garçons devraient-ils se vacciner contre le papillomavirus ?

Afin d'éradiquer la propagation du virus, les jeunes garçons pourraient être amenés à se faire vacciner également. Malgré la prévention constante, une large portion de 15-25 ayant une vie sexuelle active n'utilise pas de préservatifs.

Pour ces derniers, un contraceptif oral, tel que la pilule, suffit à les protéger d'une grossesse indésirable, ce qui n'empêche toutefois pas des maladies sexuellement transmissibles.

Parmi ces maladies, le papillomavirus fait toujours parler de lui, et pour cause : ce virus est responsable de 1 750 nouveaux cas de cancer chez des hommes et de 4 580 chez des femmes, chaque année.

Afin de lutter contre la propagation du virus, la Haute Autorité de santé souhaite étendre l'âge de vaccination pour les adolescentes, mais aussi proposer une vaccination aux garçons.

La HAS explique : " La HAS recommande l'élargissement de la vaccination anti-HPV (...) pour tous les garçons de 11 à 14 ans révolus (...) avec un rattrapage possible pour tous les adolescents et jeunes adultes de 15 à 19 ans révolus ". Pour le moment, la vaccination des adolescentes n'est pas obligatoire mais elle est remboursée par la Sécurité Sociale.

Le plan de vaccination reste trop peu suivi pour le moment, avec seulement 30%, contre les 60% espérés pour freiner la progression du virus.

jeudi, août 01, 2019

Santé : Les hommes ont eux aussi une horloge biologique !

Congeler son sperme avant 35 ans serait même recommandé.

Si le concept d’horloge biologique est généralement associé aux femmes, les hommes pourraient eux aussi être limités dans le temps pour avoir des enfants, d’après une étude publiée dans la revue Maturitas.

La gent masculine devrait même envisager de conserver son sperme avant d’atteindre " l’âge paternel avancé ", défini comme supérieur à 35 ou 45 ans. Ces travaux scientifiques, menés par trois chercheuses américaines, mettent en évidence qu’au-delà du risque d’infertilité, concevoir un enfant de manière tardive peut engendrer d’autres complications.

Risques pour la mère et l'enfant : Les hommes pourraient notamment faire courir des risques à leurs partenaires féminines avec des complications liées à la grossesse et à la naissance, des risques de diabète gestationnel ou encore de naissances prématurées.

En outre, les nourrissons nés de pères âgés auraient plus de risques de contracter des maladies congénitales ou cardiaques et de peser un poids trop faible à la naissance. Selon l’étude, certains enfants seraient même susceptibles de développer des cancers ou des troubles cognitifs comme l’autisme.

À l’origine de ces défaillances, le déclin naturel des niveaux de testostérone de l’homme au fil du temps, en plus d’une baisse de la qualité du sperme produit, selon Gloria Bachmann, co-autrice de l’étude et directrice de l’Institut de santé des femmes à la faculté de médecine Rutgers Robert Wood Johnson.

La chercheuse précise par ailleurs que les femmes sont plus soucieuses de ces questions, alors que les hommes consultent rarement un médecin sauf en cas de problème de fertilité évident.

À la lumière de ces résultats, des spécialistes recommandent aux hommes qui prévoient de retarder leur désir d’enfants d’envisager la congélation de leur sperme avant leur 35 ans pour diminuer les risques de complications, rapporte Science Daily.

Source

mardi, février 26, 2019

Société : Pourquoi les pères gays sont de super parents !

Une récente étude canadienne s'est penchée sur la gestion des tâches ménagères et de l'éducation des enfants au sein des familles homoparentales composées d'hommes.

Ce mardi 12 février, l'Assemblée nationale a adopté l'amendement visant à remplacer les mentions " père " et " mère " par " Parent 1 " et " Parent 2 " dans les formulaires scolaires afin de mieux représenter la diversité des schémas familiaux modernes.

Comme on pouvait, hélas, s'y attendre, le mouvement conservateur la Manif pour Tous s'est empressé de s'ériger contre cette mesure, la qualifiant de " bêtise idéologique niant la réalité de la filiation ".

Fermement opposée à la loi Taubira ( qui ouvre le droit au mariage et à l'adoption pour les couples de même sexe ) la Manif pour Tous ressert son argument ultime pour justifier son opposition aux familles homoparentales : privé de figure paternelle ou de figure maternelle, l'enfant sera malheureux.

Les papas gays très impliqués dans l'éducation de leurs enfants : Or, une récente étude menée par le chercheur Eric Feugé, doctorant à l'Université de Montréal, prouve le contraire. Publiée dans la revue La Gazette de Montréal, la thèse de fin d'études consacrée au sujet a observé pendant sept ans 46 familles, dont 92 pères en couple et 46 enfants âgés de un à neuf ans. " Le premier volet visait à observer et à analyser le degré d'engagement et d'implication des pères gays auprès de leurs enfants, notamment quant à l'éducation et aux soins prodigués, puis à identifier les principaux déterminants de cet engagement", explique Eric Feugé.

Première conclusion : les papas gays se montrent très impliqués dans la vie de leurs enfants et ont tendance à partager la charge de travail de manière équitable. L'étude d'Eric Feugé révèle que les pères ont tendance à assumer des rôles différents dans l'éducation des enfants, même si les différences restent "mineures" en comparaison des pères hétérosexuels.

Une forte implication assure le bien-être de l'enfant : Autre donnée intéressante, le doctorant a cherché à contrer l'idée reçue selon laquelle un enfant élevé par deux pères est privé de la sensibilité d'une mère, trait de caractère que l'on associe souvent aux femmes.

" Nous avons montré un lien fort entre la sensibilité des pères et la sécurité d'attachement de l'enfant ", souligne Eric Feugé, qui insiste sur le degré d'implication et de présence des pères dans l'éducation des enfants.

Si la recherche d'Eric Feugé constitue la première étude du genre réalisée au Québec, d'autres études ont déjà prouvé avant que les enfants issus de familles homoparentales vont bien.

Opinion basée sur des préjugés : En septembre 2017, la professeure anglaise en psychologie Susan Golombok ( directrice du Centre Family Research de l'Université de Cambridge ) a passé au peigne fin les enfants de 84 familles à travers le monde entier, notamment aux États-Unis, en Belgique, Alemagne, Pays-Bas et Grande-Bretagne.

Les recherches ont porté à la fois sur les familles monoparentales par choix, les familles homoparentales, les enfants issus de PMA et de Gestation pour autrui (GPA), ainsi que les parents transgenres.

Les conclusions sont sans équivoque : Ce n'est pas parce qu'un enfant est issu de ces nouvelles structures familiales que son identité sexuelle ou son bien-être s'en trouve perturbé.

" De nombreuses personnes pensent que plus un modèle familial dévie de la norme, plus l'impact sur l'enfant sera négatif. Cette opinion est basée sur des préjugés. Le besoin de résultats empiriques est crucial pour être au clair avec ces situations ", souligne la Pr Golombok.

vendredi, janvier 11, 2019

Science : Rien ne sert de (trop) s’abstenir avant de donner son sperme !

Faut-il revoir les recommandations des procédures de fécondation in vitro ? Les procédures de fécondation in vitro conseillent aux hommes de s'abstenir d'éjaculer pendant plusieurs jours avant de donner leur sperme. Des recommandations qui pourraient ne pas être pertinentes, si on en croit une étude menée par des chercheurs du Centre de médecine reproductive de l'hôpital de Shenyang, en Chine.

Selon ces scientifiques, qui publient leurs travaux dans la revue Molecular & Cellular Proteomics, s'abstenir d'éjaculer entre trois et sept jours avant le prélèvement n'augmente pas les chances de réussite de la FIV. C'est même tout l'inverse : le " meilleur " sperme semble produit dans les trois à quatre heures après une éjaculation.

Il est peut-être temps de changer de perspective : " Pendant des années, on a conseillé en général aux hommes de limiter leur activité sexuelle pour augmenter les chances de grossesse ", explique le Dr. Da Li, auteur principal de l'étude. " Mais il est peut-être temps de changer de perspective ".

Les conclusions de Li et de ses collègues se fondent sur l'analyse de près de 500 couples traités pour des problèmes de fertilité, montrant que les hommes ayant éjaculé seulement trois heures avant le prélèvement avaient une motilité spermatique supérieure à ceux ayant fait ceinture depuis plusieurs jours.

Sur un plan moléculaire, les principaux changements entre les deux types d'éjaculats concernaient les protéines impliquées dans l'adhérence cellulaire, soit ce qui permet aux cellules du spermatozoïde de fusionner avec celles de l'ovule pendant la fécondation. En outre, les modifications observées se rapportaient au métabolisme des gamètes mâles et notamment à leur gestion des espèces réactives de l'oxygène (ERO) générées par la production d'énergie de la cellule. Si les ERO sont nécessaires au bon fonctionnement spermatique, leur excès peut endommager le matériel génétique des gamètes.

Selon Li, plus un spermatozoïde est " vieux ", plus son ADN est menacé par les ERO, des dégâts susceptibles d'endommager sa motilité et donc, globalement, les chances de fécondation et de viabilité de l'embryon.

Les chercheurs estiment que réduire la durée d'abstinence avant un prélèvement de sperme pourrait améliorer les chances de réussite des FIV de près de 35%.

Video : 40 Years of Men's Goth Style !

mercredi, décembre 26, 2018

Société : Pourquoi la société peine à accepter les hommes aux ongles vernis !

Les comptes mettant en scène des hommes aux ongles vernis se multiplient sur Instagram. Mais le phénomène passe encore très mal dans une large partie de la société occidentale.

En 2016, le styliste Marc Jacobs avait fait œuvre de pionnier en postant un portrait de lui sur Instagram, les ongles vernis en violet foncé, avec le hashtag #malepolish.

Le jeune musicien anglais Luke Banton lui aussi s'est affiché récemment sur le compte " Boys in polish ", compilation de garçons aux ongles peints. La page a été lancée par Jess Young, qui se définit comme une " artiste des ongles " soucieuse de faire bouger les lignes.

Des railleries aux lourdes conséquences : Car le vernis pour hommes passe encore mal. En août dernier aux Etats-Unis, un garçon de neuf ans s’est suicidé suite aux railleries de ses camarades à propos de ses ongles peints et de son désir de porter des robes.

Fin octobre, c'est un père américain qui s’est photographié avec du mauve aux doigts pour soutenir son fils de cinq ans, moqué à l’école pour avoir arboré le rouge de son équipe de foot préférée.

Alors que l’on n’a jamais autant parlé de genres et d’égalité entre les sexes, il semble bien plus facile à une fillette de porter un t-shirt de rugby qu’à un garçonnet de mettre du vernis. " C'est plus facile pour une fille de faire des choses étiquetées du sexe opposé que pour un garçon ", constate la docteure en psychologie sociale Anne-Dafflon Novelle.

L'image d'une masculinité supérieure : Cette experte de la socialisation différenciée des filles et des garçons y voit deux raisons principales. La première tient à la position sociale du masculin : " Dans nos sociétés, le masculin a une valeur hiérarchique supérieure au féminin ", rappelle-t-elle. "Ainsi, quand un garçon fait des trucs étiquetés fille, il descend sur l'échelle sociale. Alors qu'une fille, quand elle fait des trucs étiquetés garçon, elle grimpe sur l'échelle sociale ".

La deuxième raison touche à l'homosexualité : " Les parents imaginent que, si leur fils fait quelque chose d'étiqueté féminin, il va devenir homosexuel, surtout dans le domaine de la petite enfance ", constate Anne-Dafflon Novelle. " Et là, vraiment j'insiste, cela n'a strictement rien à voir ".

D'autant qu'historiquement, le bleu a été longtemps la couleur des filles tandis que le rose-rouge ( évoquant la vivacité ) était volontiers associé aux garçons.

samedi, octobre 06, 2018

Parfum : Louis Vuitton dévoile sa première collection pour homme !

En 2016, Louis Vuitton surprenait tout le monde en dévoilant une collection de parfums pour femme signée Jacques Cavallier Belletrud. Et le nez revient sur le devant de la scène avec cinq nouveaux jus…pour homme.

Honneur aux femmes et maintenant place aux hommes ! Il y a deux ans, la prestigieuse maison Louis Vuitton offrait ses sept premiers jus à la gent féminine. En 2018, c’est au tour des hommes d’avoir le choix parmi cinq parfums signés eux-aussi par Jacques Cavallier Belletrud. L’Immensité, Nouveau Monde, Orage, Sur la Route et Au Hasard sont les doux noms pourtant pleins de caractère donnés aux créations de l'orfèvre de la parfumerie. Un éloge du voyage qui rappelle les premières amours du malletier.

Des partitions olfactives riches : Du pamplemousse et de l’ambroxan boostés par du gingembre extrait au CO2 pour l’un ou du cacao et du safran pour l’autre ou encore du patchouli, de la bergamote et du vetiver pour un troisième… Jacques Cavallier Belletrud s’est amusé avec son orgue offrant ainsi une élégante ligne qui parle aussi bien aux hommes mystérieux et vagabonds qu’à ceux plus discrets en quête de fraîcheur. Les flacons quant à eux ont toujours leurs lignes épurées et vierges. D’une simplicité désarmante, ils résument à eux seuls l’élégance de la maison.