jeudi, octobre 31, 2019

Tribune : Si vous avez un projet pour lutter contre les LGBTphobies, ceci peut vous aider !

Il ne vous reste que quelques jours pour participer à l’appel à projet de la DILCRAH, qui finance des projets de lutte contre les discriminations, notamment LGBTphobes. Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT nous en dit plus.

Tandis que nous célébrions cet été le cinquantième anniversaire des émeutes de Stonewall qui donnèrent naissance aux premières Marches des Fiertés, il faut sans doute se souvenir du chemin parcouru... Jusque dans les années 1980, l’Etat français menait une politique discriminatoire contre les personnes homosexuelles.


Une société plus ouverte : Incontestablement, le degré d’ouverture de la société française progresse. Une enquête de l’IFOP pour la Fondation Jasmin Roy et la DILCRAH publiée fin juillet dernier démontrait que pour 85% de la population française " l’homosexualité est une manière comme une autre de vivre sa sexualité ".

Un chiffre record qui ne doit pas cacher une autre réalité : Cette plus grande ouverture de la société s’accompagne également ( et ce n’est pas nécessairement paradoxal ) d’une hausse des actes et menaces LGBTphobes recensés par les services de police de gendarmerie ( +34% en 2018 ). Bien que cette hausse indique une amélioration des signalements aux forces de l’ordre, et donc de la confiance entre les personnes LGBT et les institutions, il convient de mesurer tout le chemin qui reste encore à parcourir.

Les LGBTphobies existent encore : La double agression qui s’est produite à Lyon récemment au cours de laquelle trois hommes et un couple ont été roués de coups en raison de leur orientation sexuelle nous l’a encore rappelé : les agressions, les menaces et les discriminations dont sont victimes les personnes LGBT sont loin d’avoir disparu.

Prenant la mesure de la situation, le Gouvernement a présenté en décembre dernier une série de mesures qui se sont notamment traduites par le déploiement d’un très grand nombre de formations dans les écoles de police et de gendarmerie. En partenariat avec des experts du droit et des psychologues cliniciens, l’équipe de la DILCRAH déploie des outils de formation destinés à améliorer l’accueil et la prise en charge des victimes d’agressions LGBTphobes dans les commissariats et les gendarmeries.

A travers ces formations, il s’agit de donner des clés de lecture permettant aux forces de l’ordre de mieux identifier, dans les déclarations des victimes, les éléments factuels de nature à objectiver la circonstance aggravante d’homophobie ou de transphobie.

A vous de jouer : Oui, assurément, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avec le soutien des acteurs de la société civile. En 2019, la DILCRAH a financé l’ensemble des grandes associations nationales et 292 projets locaux de lutte contre les LGBTphobies dans 90 départements ( de France métropolitaine et dans les territoires ultramarins : éducation, prévention, formation, aide aux victimes, actions de communication, organisation d’événements ) Impossible de tous les citer !

Parmi les plus connus, on peut sans doute retenir le festival Bisqueers roses à Reims, Ecrans-Mixtes à Lyon ou Chéries-Chéries à Paris. Le vendredi 4 octobre dernier, la DILCRAH a lancé l’édition 2020 de l’appel à projets " Mobilisés contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT ".

Cet appel à projets est ouvert à celles et ceux qui souhaitent s’engager. La DILCRAH invite ainsi tous les porteurs de projets à prendre attache avec les préfectures de leur département d’ici au 4 novembre de façon à valoriser leurs actions et à agir ensemble en faveur de la lutte contre la haine et l’intolérance.

Toutes les informations : Here/Ici
 

Video : Westlife - My Blood !

Va falloir mettre le paquet...

Fixement, le ciel se tord...

Video : Saint PHNX - Sorry !

Les anges sont las de nous veiller...

Slurps !

Encore un peu vivant sans trop savoir comment...

mercredi, octobre 30, 2019

En savoir plus : En Tchétchénie, un journaliste américain fait son coming-out au chef de la police !

Dans un reportage diffusé le 24 octobre dernier sur ABC, un journaliste américain a fait son coming-out au chef de la police tchétchène, accusé d’avoir mené des " purges anti-LGBT ".

La séquence fait froid dans le dos. Le 24 octobre dernier, la chaîne ABC a diffusé le reportage d’un de ses journalistes, James Longman, qui a enquêté sur les " purges " des homosexuels en Tchétchénie. Dans la vidéo, on entend notamment le témoignage bouleversant d’une victime présumée de ces exactions. Amin dit s’être échappé du pays après avoir été " battu et électrocuté pendant 14 jours ".

Mais plus terrifiant encore, le journaliste a rencontré le premier vice-ministre des Affaires intérieures de la République tchétchène, à la tête de la police, Apti Alaudinov, accusé d’avoir mené les " purges anti-LBGT " dans le pays.

Une scène presque surréaliste : Au micro de James Longman, l’homme a nié toute violence qui pourrait être commise envers les personnes LGBT+ dans le pays. Selon lui, elles ne peuvent pas exister puisque les personnes homosexuelles n’existent pas en Tchétchénie.

" Demandez à n’importe quel Tchétchène avez-vous des gays dans votre famille ?, il vous frapperait, a-t-il simplement rétorqué au journaliste. Pourquoi ? Parce que ça serait une insulte pour lui ".

Quelques secondes plus tard, on retrouve James Longman dans une des cellules où auraient été incarcérées et torturées des personnes homosexuelles. " Que se passerait-il si je vous disais que j’étais gay ? ", a alors demandé le journaliste au chef de la police.

Les secondes qui suivent semblent presque surréalistes. Apti Alaudinov se met alors à éclater de rire et demande : " Je suis curieux, comment ça marche " ?

" Ca ne vous gêne pas que je vous dise que je suis gay ? ", ajoute James Longman. " Je n’ai pas à baptiser mes enfants avec vous. Vous allez retourner dans votre pays ( ... ) C’est votre vie, mais ne nous apprenez pas comment vivre. C’est tout ! " a rétorqué le chef de la police.

Un peu plus tard, dans la voiture, James Longman estime face caméra, que " c’est parce qu’il est étranger que ça n’a pas d’importance ". " Je n’aimerais pas que vous soyez mon ami ", a toutefois conclu Apti Alaudinov.

Purges en Tchétchénie : Le journal russe Novaïa Gazeta avait révélé en 2017 que des homosexuels étaient la cible de persécutions de la part des autorités tchétchènes. Des témoignages similaires avaient ensuite été recueillis par plusieurs médias français, dont l’AFP, et plusieurs réfugiés tchétchènes ont été accueillis dans l’hexagone.

Dans un communiqué de presse publié le 8 mai dernier, Human Rights Watch (HRW) dénonce une " nouvelle vague de répression anti-gay " dans le pays. La police tchétchène a procédé à une " nouvelle série d’arrestations illégales, de passages à tabac et d’actes humiliants à l’encontre d’hommes présumés homosexuels ou bisexuels ", peut-on lire dans le texte.

L’ONG dit par ailleurs avoir recueilli les témoignages de quatre hommes détenus dans un centre géré par le départements des affaires intérieures de Grosny ( capitale de la Tchétchénie ) entre décembre 2018 et février 2019.

Un détenu a été violé avec un bâton : " La police les a battus en utilisant des bâtons et des tuyaux en polypropylène, les a frappés à coups de pied, et a torturé trois des quatre hommes par le biais de décharges électriques, détaille HRW. Un détenu a été violé avec un bâton ".

Les quatre hommes auraient été détenus durant des périodes allant de trois jours à vingt jours. " Dans au moins trois cas, la police a exigé d’importantes sommes d’argent pour la libération des hommes détenus ", ajoute l’ONG.

Selon Igor Kochetkov, le président d’un réseau LGBT russe, la police tchétchène a détenu au moins 23 hommes entre décembre 2018 et avril 2019, en raison de leur homosexualité ou bisexualité présumée. En janvier dernier, il affirmait que près " de 40 personnes ont déjà été arrêtées ( ... ) et au moins deux personnes sont mortes à la suite de tortures ".

Face aux demandes des ONG et des associations, une enquête avait été ouverte en 2017 par le parquet général russe. Mais les enquêteurs ont dit n’avoir reçu " aucune plainte officielle " de victime. Le Réseau russe LGBT et plusieurs ONG ont regretté à plusieurs reprises qu’aucune " enquête sérieuse " n’ait été entreprise.

Video : Låpsley - My Love Was Like The Rain !

Et là, j'ai envie qu'on m'aime...

Oups !

Et puis là pour les sentiments, fais sourde oreille aux compliments...

Video : Andy Grammer - My own hero !

Pietro Boselli !

Qu'aimer n'est pas un jeu d'enfant...

mardi, octobre 29, 2019

US : Tim Cook parle de diversité et de son coming out !

Tim Cook a évoqué sa décision de dévoiler son homosexualité en 2014, affirmant qu’il ne l’a jamais regretté une seule minute.

Cook a été le premier PDG d’une société du classement Fortune 500 à déclarer publiquement qu’il était gay. Il a envoyé une lettre ouverte à Bloomberg en 2014. Dans une interview accordée à People en Espanol, Cook a expliqué qu’il s’agissait d’une décision difficile, mais elle devait être prise à ce moment là.

" Il y a beaucoup de significations derrière cette sortie. La première est que c’était la décision de Dieu, pas la mienne. Deuxièmement, du moins pour moi, parce que je ne peux parler que pour moi-même, cela me donne un niveau d’empathie qui je pense est probablement beaucoup plus élevé que la moyenne parce que, étant gay, vous êtes une minorité... Et je pense que lorsque vous faites partie de la majorité, même si vous pouvez comprendre mentalement ce que signifie être en minorité, il ne s’agit en réalité que d’une compréhension intellectuelle ".

Tim Cook a toujours expliqué que sa décision de sortir du placard était principalement prise pour aider les plus petits et les plus faibles, qui avaient peur de prendre une telle mesure :

" J’ai reçu tellement de lettres d’amis et de gays que je ne connaissais pas. Beaucoup étaient déprimés. Certains ont dit qu’ils pensaient au suicide. D’autres encore ont été rejetés par leurs parents et leurs familles. Je me demandais ce que je pouvais faire pour eux. Évidemment, je ne pouvais pas les aider individuellement, mais je voulais leur donner un coup de main pour essayer d’améliorer leur vie. De là, la décision de déclarer publiquement mon homosexualité.

Il m’a fallu environ un an pour trouver les mots justes que je voulais partager, pour choisir le bon moment pour cette annonce, ce que le conseil d’administration d’Apple a notamment soutenu à l’unanimité. Avant de prendre cette mesure, je devais parler à l’entreprise pour empêcher des dommages causés à Apple. De toute évidence, je ne m’inquiétais pas des réactions internes, car chez Apple, nous avons des employés avec une vision très ouverte, mais de celles de l’extérieur, car le monde n’est pas encore complètement amical avec les homosexuels et les transgenres, en particulier dans certains pays, mais aussi aux États-Unis. Il suffit de dire, dans la moitié des États du monde, que vous soyez gay ou trans, pour vous faire virer ".

Le PDG d’Apple a ensuite voulu laisser un message aux jeunes qui n’ont pas encore fait leur coming out, mais également à ceux qui ne savent pas comment dire qu’ils sont homosexuels :

" Être gay n’est pas une limite. C’est une caractéristique qui doit être considérée comme le plus grand cadeau de Dieu. C’est ce que j’espère : faire passer le message à tous les jeunes qui luttent pour leur identité et qui peuvent se sentir inférieurs ou, pire encore, ostracisés.

Certains parents ont du mal avec ça. Je le sais parce qu’ils m’ont écrit et ont avoué leurs peurs. Ils pensent que le potentiel de leur enfant est inférieur parce qu’il est homosexuel. Ils pensent qu’il ne peut pas atteindre tous les objectifs et qu’il pourrait être victime d’intimidation. Certains y voient presque une condamnation à ne pas avoir une vie heureuse. Mon message est que ce n’est pas le cas. Ils doivent commencer par traiter leur enfant avec respect et dignité, comme nous nous traitons les uns les autres. Cet enfant peut faire ce qu’il veut, y compris être l’administrateur Apple ou le président des États-Unis. Il peut tout faire. Être gay n’est pas une limite. C’est une caractéristique de la personne ".

Au cours de l’entretien Tim Cook a également abordé un autre sujet d’actualité, l’immigration aux États-Unis. Il y a quelques semaines, Deirdre O’Brien, vice-président directeur du commerce de détail d’Apple, a signé une lettre adressée à la Cour suprême afin d’appuyer la règle permettant aux personnes venues aux États-Unis de continuer à travailler dans le pays :

" Parfois, les gens sont confus et considèrent cela comme une affaire de chiffres. Mais ce sont des gens. Ce sont des gens avec de vraies histoires derrière eux. Et ils sont aussi américains que moi. Quand je leur parle, je parle aux Américains. Ils sont américains à tous égards sauf qu’ils n’ont pas de visa. Alors donnons-leur le visa et faisons ce qui est juste. En tant qu’entreprise, nous essayons de prendre la bonne décision devant les tribunaux ".

Enfin, Cook a évoqué l’engagement d’Apple en faveur des initiatives environnementales, y compris la tâche maintenant terminée consistant à gérer toutes les opérations de l’entreprise avec une énergie 100% renouvelable.

Video : Coldplay - Orphans !

Je peine à rire, je peine à croire...

Tes faux départs sont toujours les mêmes...

En savoir plus : Les fabricants de jouets signent une charte pour lutter contre les stéréotypes de genre !

À Noël cette année, les magasins de jouets ne seront pas exclusivement bleu d’un côté et rose de l’autre. Les professionnels du secteur se sont engagés à lutter contre les stéréotypes de genre.

Le gouvernement a signé mardi dernier une charte avec la Fédération française des industries jouet/puériculture (FJP) pour une représentation mixte des jouets d’enfants afin de réduire les stéréotypes de genre.

Pour Michel Moggio, président de la FPJ, il s’agit de valider un certain nombre d’actions concrètes. Pour lui, les fabricants ont fait des progrès. " Dans les univers très typés, on évite que les jouets soient excluants en ajoutant des caractères féminins " par exemple dans les jeux de constructions, imitation, figurines "...

Pour la secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, l’univers des jouets est d’autant plus important que " la période des 1000 premiers jours (de vie), c’est là où beaucoup de choses se construisent pour l’enfant ". Ainsi, " lutter contre des discriminations plus tard, cela passe par une action dès ces premiers jours-là ", a commenté le secrétaire d’État à l’Enfance, Adrien Taquet.

Et les conséquences de ces stéréotypes ne sont pas des moindres puisqu’elles excluent notamment les filles des jouets à dominante scientifique " ou les cantonnent à des univers domestiques, ce qui ne favorise pas leur identification aux études ou aux carrières scientifiques ", a relevé le ministère.

Un changement dans la formation des vendeurs : À la place de la question typique " c’est pour un garçon ou pour une fille ? ", vous entendrez désormais " qu’est-ce que préfère l’enfant " ? de la part des vendeurs qui suivront eux aussi une nouvelle formation demandée par la charte. Les familles seront elles appelées à remettre en question leurs stéréotypes et à ne pas associer automatiquement la poupée avec les petites filles.

Source

Video : Philippine - C'est beau, c'est toi !

Le soleil est parti, comme toi...

Oh la la !

Petite nausée...

lundi, octobre 28, 2019

Société : C'est quoi, " l'amitié virile " ?

Des films " de mecs " ultra-populaires comme " Top Gun " et " Point Break " en parlent ( sans forcément le vouloir ) et pourtant, il n'est toujours pas simple de comprendre cette drôle de bestiole qu'est " l'amitié virile ". Explications.

Will Smith et Martin Lawrence dans Bad Boys, Jonah Hill et Channing Tatum dans 21 Jump Street, Mel Gibson et Danny Glover dans L'arme fatale, Edward Norton et Brad Pitt dans Fight Club ( no spoiler please )... La culture populaire regorge de duos masculins emblématiques. Duos, ou plutôt couples. Des mecs liés par le sang. Qui passent leurs journées ensemble, s'envoient des vannes pas toujours fines, se bastonnent à s'en arracher la mâchoire, renversent les obstacles main dans la main. Pas forcément doués pour les sentiments, ils préfèrent s'adonner aux bons vieux contacts physiques. Mais en toute hétérosexualité bien sûr. C'est par l'action, la prouesse et le corps que leur relation se soude : ainsi se caractérise leur " amitié virile ".

L'amitié virile est un drôle de concept. Le cinéma d'action américain l'a exploré jusqu'à l'usure à travers le genre du " buddy movie " : un duo de personnages antinomiques apprenant à se connaître ( et à s'aimer ) à travers les coups, les poursuites et les flammes. Malgré la présence de personnages féminins ( délaissés, tués ou sauvés ), seule importe cette union ( sacrée ) entre les " buddies ", c'est-à-dire les "copains". Entre eux, c'est à la vie, à la mort. Loin d'être un simple gimmick, ces passions mâles fascinent par leurs extrêmes. Et déroutent. Car les films avec lesquels nous avons grandi en disent long sur l'ambivalence des amitiés entre mecs.

De quoi cette " amitié virile " est-elle au juste le nom ? Encore une fois, un film culte ( d'aucuns diraient : " générationnel " ) comme Fight Club pourrait en être la Bible. Selon Christine Castelain Meunier, sociologue au CNRS et spécialiste des transformations du masculin, l'amitié virile est une amitié " très forte, solide ". Elle correspond en cela aux représentations populaires de " l'idéal viril ", fait de muscles et de puissance. C'est une amitié qui résiste, à l'image d'un biceps en plein bras de fer. Ou d'un corps roué de coups. " Mais l'idée de " virilité " étonne lorsque l'on parle simplement d'amitié : est-ce en référence à un serment particulier ? à un pacte ? ", s'amuse l'autrice de L'instinct paternel : plaidoyer en faveur des nouveaux pères. Pacte, serment, règles tacites : bienvenue au Fight Club.

En réponse à cette si vaste interrogation, Mélanie Mâge a une petite idée du " comment " de l'amitié virile. Dans son podcast Ils se confient, la trentenaire recueille avec attention la parole des hommes. L'occasion de questionner leur masculinité. L'un d'entre eux, le jeune Valentin, explique qu'il ment à ses potes depuis son adolescence, dès lors qu'il s'agit de relater ses prouesses sexuelles. Autour de lui, tout tourne vite autour du " qui couche avec qui ", des conquêtes, voire même du plan à trois. Ce qui définit l'amitié virile, par-delà les vantardises, c'est donc la compétition. L'amitié masculine, pour exister, s'encombre de rituels de validation. Et de rites de passage. A l'image d'une véritable " fraternité ", dont il faut respecter le règlement.

" Les potes s'imposent eux-mêmes, entre eux, une forme de pression sociale, qui n'est pas très saine. C'est comme si, à travers le regard de ces amis masculins, il y avait celui de la société ", observe la podcasteuse. Et à travers lui, une logique largement relayée au gré des représentations les plus populaires : celle du " qui a la plus grosse ". Un " concours de bites qui dévoile une troisième caractéristique : la virilité est (toujours) une rivalité.

Des genres, des amitiés : Cette contradiction mâle est d'ailleurs au coeur d'un autre film " culte ", Point Break. Infiltré parmi une bande de surfeurs-braqueurs, le super-flic Johnny Utah ( Keanu Reeves ) se rapproche du leader charismatique ( et mystique ) Bodhi ( Patrick Swayze ). Ne vous y trompez pas : malgré la présence d'un élément " perturbateur " féminin, c'est bel et bien leur confrontation qui a tout du " je t'aime, moi non plus ". Entre quelques corps à corps fougueux ( sur le sable, en chute libre, avec supplément arts martiaux ), Utah ne cesse de vouer à Bodhi une fascination masochiste. Si bien que tous deux " s'épargnent " mutuellement dès qu'ils le peuvent et qu'Utah y sacrifie même sa carrière. Mâtinée d'adrénaline, cette liaison imaginée par la cinéaste Kathryn Bigelow dépeint l'ambiguïté fraternelle : qui dit virilité dit rivalité, si bien que la compétition se ritualise ( repousser sans cesse ses limites au fil de défis mutuels ) au sein d'un entre-soi très fermé. Et vers un idéal que seuls les hommes semblent pouvoir atteindre ou comprendre.

Comme à l'intérieur d'un " boys club ". un club de garçons, c'est-à-dire " un lieu d'exclusion et de domination au sein duquel le masculin se conforte pour maintenir son pouvoir ", explique la sociologue Christine Castelain Meunier. Car si la notion de " virilité " s'immisce, c'est pour mieux opposer amitié masculine et amitié féminine. " Les codes de l'amitié ne sont pas les mêmes selon le genre ", affirme à ce titre la journaliste Victoire Tuaillon. Pour l'instigatrice du podcast Les couilles sur la table ( Binge Audio ), il y a par exemple " moins de proximité physique dans l'homosociabilité masculine hétérosexuelle ". Alors que les fictions les plus pop esquissent les contours de la virilité à coups de poing, les signes d'affection, eux, restent aux vestiaires.

" Les hommes, souvent, n'ont pas été socialisés à faire preuve d'intimité et de soutien émotionnel. Il y a une rétention de certaines émotions et surtout une rétention des signes d'affection : se faire des câlins, se caresser les cheveux, se prendre dans les bras, sont plus des caractéristiques de l'amitié féminine ", analyse la podcasteuse érudite en gender studies. En se différenciant l'une de l'autre, ces amitiés " de genre " se confortent fatalement dans cet entre-soi. Au lieu de signes d'attachement impudiques et autres " trucs de meufs ", l'amitié masculine nous renvoie plus volontiers à la vision de deux hommes " à la fraîche, détendus du gland ", entre mecs. Puisque leur amitié est virile, elle est bien plus " forte " que la relation qu'ils pourraient nouer avec une femme. C'est d'ailleurs là l'éternelle ( et désuète ) ritournelle du chanteur Henry Garat : " Avoir un bon copain / Voilà c'qui y a d'meilleur au monde / Oui, car, un bon copain / C'est plus fidèle qu'une blonde ". No comment.

C'est l'histoire d'une bromance : Le souci avec l'amitié virile, c'est qu'elle ne s'oppose pas simplement à la féminité. Par-delà les grosses machines hollywoodiennes des années 80 et 90, de nouvelles variations de la fraternité sont entrées en ligne de compte. Sitcoms et comédies potaches sont venus renouveler cet imaginaire du " buddy movie " en popularisant l'idée de " bromance " : une romance entre " brothers ". De Scrubs au film pour ados Supergrave en passant par Friends et Very Bad Trip, l'amitié, teintée de lose, n'a alors plus grand-chose de " virile " et tourne volontiers à la dérision.

Les mecs ne craignent plus de rire de leur " règlement " tacite et détournent non sans malice l'idée de love-story au masculin. Problème, le principal ressort comique de ces " nouvelles amitiés " reste toujours le même : semer la confusion en s'amusant de son côté " gay friendly ". Câlins et larmes vrillent volontiers au burlesque, voire au grotesque. Après tout, les mecs restent des mecs. Cette propension à qualifier de " gay friendly " la moindre émotion considérée comme trop " efféminée " peine à cacher, par-delà une crainte des sentiments et de leur expression, une peur inavouée de l'homosexualité.

" Si deux mecs sont proches, ils sont obligés de préciser qu'ils ne sont pas gays. Et les contacts physiques ne sont pas forcément autorisés ", constate Victoire Tuaillon. Cependant, les hommes perpétuent entre " bros " la plus décomplexée des promiscuités physiques. Ils peuvent rester torse nu ( voire en caleçon ) dans un appart' confiné, et ce des journées entières. Uriner côte à côte, au sein d'une rue où ils " marquent leur territoire ". Voire même, il y a quelques décennies de cela, se masturber à l'unisson au sein d'un cinéma pornographique. Sans la moindre gêne. Et pourtant, un malaise plus insidieux pointe le bout de son nez à un certain niveau de proximité.

" Les relations entre hommes se construisent dans une tension entre interdiction de l'homosexualité et une survalorisation des relations entre hommes ", décrypte la podcasteuse. Cette " tension " entre un culte ritualisé et démesuré de l'amitié masculine et la peur ( parfois inconsciente ) qu'elle porte en elle fait de l'idéal viril une vaste construction sociale, élaborée " par différenciation et même répulsion à l'égard de l'homosexualité et de la féminité, comme une forme de différenciation hiérarchisée ", dixit Christine Castelain Meunier. Et entre les lignes, c'est encore une autre façon pour les mecs d'affirmer leur domination de bons copains.

Vers un masculin " humanisé " : Mais tout cela ne demande qu'à être renversé. Mieux, à en lire l'autrice de L'instinct paternel : plaidoyer en faveur des nouveaux pères, la révolution a déjà commencé. Les masculinités se réécrivent tant et si bien que le terme de " virilité " n'a plus grand-chose à faire ici. " Les représentations qu'il suppose sont en train de devenir obsolètes ", se réjouit la spécialiste, qui en appelle à une " humanisation " du masculin. Se débarrasser de ces images d'un mâle " sauvage, dominateur, brutal " en mettant l'accent sur une solidarité globale. Une fraternité qui, par exemple, " ne considère plus la femme comme un trophée pour l'homme, ou un objet de rivalité ". Ce masculin " humanisé " ne désigne pas juste les nouveaux amis, mais les nouveaux pères et amants.

C'est aussi là l'opinion de Mélanie Mâge, qui rêve d'une amitié masculine sans " validation ni jugement, score ou compétition ". Et pourquoi pas, après tout ? Car entre hommes, les émotions ne sont pas rares. " On observe très souvent cette idée de vie de couple entre potes : des amis qui se voient tous les jours et prennent l'apéro ensemble, qui considèrent leur ami comme un " frangin ", voire même une seconde famille - mais une famille qu'ils ont choisie ", soutient la podcasteuse. Alors, si l'on balançait aux oubliettes ce fichu concept de " virilité " pour se recentrer sur l'amitié ?

Video : Video : Louis Tomlinson - We Made It !

D'autres minotaures hurlent en ces lieux...

Me plonger dans ta réalité...

Société : Racisme, antisémitisme, homophobie... comment sont formés les policiers pour prendre en charge les victimes !

Depuis le mois de juillet, des policiers, des gendarmes et des magistrats se forment pour mieux prendre en charge des délits racistes, antisémites ou homophobes et recueillir la parole des victimes. Reportage lors d'une intervention de la Dilcrah, qui tente de combler un retard français.

Une main se lève dans l'assemblée toute d'uniformes vêtue. " Dans mon commissariat, on est confrontés à des guerres de quartiers, c'est possible d'appliquer la circonstance aggravante en raison de l'appartenance à un groupe " ? Réponse de l'un des intervenants chargé de l'atelier auquel assistent une trentaine de policiers et gendarmes : " Ah non, ça ne marche que pour un groupe religieux ou une ethnie ". Hochements de képi. Comprendre ces délits : c'est tout l'enjeu de la formation qui s'est déroulée le 26 septembre à Orléans (Loiret). 

Dispensée par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), elle vise à sensibiliser les forces de l'ordre à la prise en charge des infractions racistes, antisémites ou anti-LGBT et de leurs victimes.

Depuis 2018, ces discriminations sont une circonstance aggravante des crimes et délits. Pourtant, la France reste très en retard. Ces infractions y sont 12 fois moins prises en compte qu'au Royaume-Uni : 7.500 plaintes en France en 2018, contre 92.800 outre-Manche. Mauvais accueil des victimes, ­sous-estimation de la haine, formation insuffisante, les raisons sont multiples. " Il faut prendre ce combat à bras-le-corps, assure Christian Gravel, préfet ­rattaché à la Dilcrah. Avec la libération de la parole sur les réseaux sociaux et la crispation ambiante, c'est un vrai enjeu ".

Un réseau de 300 référents : D'ici à la fin 2020, la Dilcrah entend constituer un réseau de 300 magistrats, policiers et gendarmes référents à travers le pays. Sur la base du volontariat, des formations, dispensées par des juristes, des policiers, des chercheurs ou des psychologues, sont désormais organisées tous les deux mois. " L'idée est de faire comprendre l'impact des délits et crimes de haine, explique Christian Gravel. Afin que les victimes soient en confiance ".

Une mission peu évidente de prime abord. Un policier de ­l'Essonne confie : " Je sais que je suis le premier maillon de l'enquête, mais je n'avais pas conscience d'être aussi celui de la reconstruction d'une victime ". La formation chamboulerait presque ses dix-huit ans de pratique. " En début de carrière, on écoute. Ensuite, on se fait des carapaces, on va vite ". Pour pallier ces dysfonctionnements, la Dilcrah intervient aussi en amont dans les écoles de police. " Je ferai plus attention, promet-il. Mais la hiérarchie doit nous laisser plus de temps ".

Video : Dermot Kennedy - Outnumbered !

Oui mais non, en fait...

Un soir au musée !

J'suis l'ice dans l'eau, j'suis mélo, dis...

dimanche, octobre 27, 2019

En savoir plus : Des associations catholiques auditionnées par la mission d’information sur " Les thérapies de conversion " !

Ce mercredi 23 octobre, des membres d’associations catholiques ont été entendus par la mission d’information portant sur les " thérapies de conversion ".

La table ronde s’est tenue ce mercredi 23 octobre. Plusieurs membres d’associations catholiques et du centre contre les manipulations mentales (CCMM) ont été entendus par la mission d’information parlementaire sur " les pratiques prétendant modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne ".

" Les échanges ont été très riches, confie à la députée LREM Laurence Vanceunebrock-Mialon, à l’origine de la mission d’information avec le député LFI Bastien Lachaud. Nous avons reçu des représentants d’associations catholiques qui tentent de faire le lien ou la conciliation entre la foi et leur sexualité ainsi que des membres du CCMM ".

" Nul ne peut prétendre (…) pouvoir changer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre revendiquée d’une personne. Pourtant, divers acteurs tels que des médecins, des psychiatres ou apparentés, et certaines autorités religieuses prétendent pouvoir réaliser ce type de changements sur notre territoire ", constatait la députée dans un communiqué de presse publié mercredi 10 juillet.

" Exorcisé " à huit reprises : Parmi les participants se trouvait notamment Jean-Michel Dunand, fondateur de Communion Béthanie. Selon La Croix, qui se trouvait sur place, il a raconté les " thérapies de conversion " qu’il a été contraint de subir dans les années 70-80. Il dit notamment avoir été " exorcisé " à huit reprises et eu des pensées suicidaires.
" C’est une perversité très grave que la spirituelle, car elle avance masquée, en se drapant d’une grande moralité ", a-t-il ajouté. Laurence Vanceunebrock-Mialon évoque un " moment très poignant ".

D’autres personnes étaient présentes à cette table ronde : Marina Zuccon, présidente Carrefour des chrétiens inclusifs, Anthony Favirer, coprésident de David et Jonathan, Jean-Philippe Cavroy, président de Devenir un en Christ ou encore Annie Guibert, présidente nationale du CCMM.

Toujours selon La Croix, Marina Zuccon a estimé que les " thérapies de conversion " étaient " dans tous les milieux religieux ". " Ce terreau restera encore particulièrement fructueux pour ces groupes ( tant que ) le monde chrétien ne voudra pas revoir sa condamnation de l’homosexualité comme péché ".

D’autres auditions à venir : Il y a quelques semaines, la mission d’information avait reçu des membres de l’Association Française des Avocats LGBT+. " Une rencontre très intéressante ", nous assure Laurence Vanceunebrock-Mialon qui n’est plus certaine de vouloir passer une proposition de loi pour interdire les " thérapies de conversion ".

" Il existe déjà beaucoup d’infractions qui se rapprochent des thérapies de conversion ( violences volontaires, abus de faiblesse, harcèlement sexuel ), détaille-t-elle. Il faudrait peut-être plutôt éplucher le catalogue des infractions qui tournent autour des thérapies et en redéfinir quelques alinéas pour permettre aux victimes de se présenter dans n’importe quel service et déposer plainte pour ces faits précis ".

Et d’ajouter : " On va forcément légiférer mais peut être pas en utilisant la proposition de loi ".

La mission d’information doit continuer de mener des auditions dans les prochaines semaines. Le Défenseur des droits Jacques Toubon doit être entendu le 5 novembre prochain tandis que les journalistes Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, auteurs de " Dieu est Amour " seront reçus le 26 novembre.

Chris Mears !

Oups !

Gavroche ou bien bidoche, rester en vie c'est moche...

Internet : Facebook et Instagram veulent-ils censurer les émojis " à caractère sexuel " ?

La censure de Facebook et Instagram se fait plus sévère concernant les contenus à caractère sexuel.

C’est la fin de la saison des pêches chez Facebook. Durant l’été dernier, sans annonce particulière, le géant américain a actualisé ses " normes communautaires " concernant l’expression sexuelle sur les plateformes de l’entreprise, Instagram inclus.

Désormais, l’utilisation de certains émojis comme l’aubergine ou la pêche ne pourront plus être associé à des posts trop explicitement sexuels. Les utilisateurs ne pourront plus user d’émojis pour masquer leur nudité.

Enfin, les liens vers des sites montrant de la pornographie seront interdits sous peine de voir votre profil signalé ou bloqué pour " sollicitation sexuelle " . Les nombreux profils Instagram mettant en avant dans leur bio une page OnlyFans ou JustForFans risquent la suppression. Les travailleurs du sexe qui utilisent l’application de microblogging semblent être dans le collimateur du géant de la tech.

Rien n’a changé : Contacté par le site de contenu pour adultes, XBIZ, un porte-parole de Facebook ( qui possède Instagram ) botte en touche : " Rien n’avait changé en terme de politiques ou dans la manière dont nous les appliquons, nous avons simplement mis à jour le langage afin de le rendre plus clair pour la communauté ".

" Nous apportons souvent des mises à jour à nos normes communautaires ", a déclaré la société. " Nous publions ces modifications afin que notre communauté en soit informée ".

Des procédures déjà entamées : Depuis plusieurs mois, des utilisateurs dont le profil dirigeait leurs abonnés vers leurs comptes Only Fans ou JustForFans avaient été bannis, sans préavis, de la plateforme de partages de photos. De plus l’algorithme de la plateforme ne semble pas faire la différence entre le nu artistique et une expression plus clairement sexuelle.

Une " panique sexuelle " en ligne : En décembre 2018, Facebook avait déjà affolé les utilisateurs du réseau social en bannissant tout contenu qui " facilite, encourage ou coordonne les rencontres sexuelles entre adultes ". Cela impliquait notamment des termes " implicites " comme " à la recherche d’un bon moment ce soir " ou bien de propos faisant mention " de rôles sexuels, de positions, de scénarios fétichistes ".

Facebook avait alors déjà déclaré que cette censure était utile car " certains membres de notre communauté mondiale peuvent être sensibles à ce type de contenu et que cela peut entraver leur capacité de se connecter avec leurs amis ".

Video : Charlie Puth – I warned myself !

Le petit chaperon blanc...

Gratuitous distraction !

Dis-moi comme j'extase...

samedi, octobre 26, 2019

Témoignage : Comment faire son coming out dans une famille homophobe !

L’homophobie commence souvent à la maison. Voici comment gérer le rejet de ceux qui sont censés vous aimer plus que tout au monde.

Aucune discussion n’égale celle qui consiste à révéler à ses parents que l’on est homo. En 2015, j’ai fait mon coming-out à ma famille et, après quelques débats intenses, ils ont fait des efforts pour comprendre ma vie. Mais quand je suis enfin tombé amoureux de quelqu’un que je pensais pouvoir ramener à la maison, la tempête s’est déchaînée. Mes cousins s’en sont mêlés et mes parents m’ont viré de la maison à cause d’une photo de moi et de mon partenaire. Tout cela a eu lieu en l’espace d’une semaine. Je savais que je ne pourrai plus jamais correspondre aux idéaux que mes parents avaient imaginés pour moi. J’avais deux sœurs plus âgées, et elles avaient tout fait selon les règles, à savoir épouser un homme de leur rang et avoir des enfants, une fille et un garçon chacune. Mais moi ? J’étais le mouton arc-en-ciel de ma famille.

Je mentirais si je disais que ce virage soudain de la compréhension à l’incompréhension de ma famille ne m’a pas blessé. Mais, au fond de moi, j’avais toujours su que ça arriverait. J’avais anticipé ce moment depuis des années et, après avoir réfléchi pendant six ans, c’est ma mère qui a décidé que je devais partir. De bien des façons, ça a été une bonne chose, car j’ai pu emménager dans mon propre petit paradis queer avec mon compagnon, même si nous aimerions que nos deux familles reconnaissent qu’on ne choisit pas qui on aime. En toute honnêteté, si je dois de nouveau me confronter à des insultes homophobes, je préférerais que ça vienne de parfaits inconnus plutôt que de mon propre père. Donc, si vous voulez vous en sortir, laissez-moi ( et quelques-uns de mes amis queer ) vous aider à préparer l’inévitable, à savoir : survivre seul.

Étape n° 1 : Faites votre possible pour que ça marche à la maison ! Tout d’abord, il ne faut pas penser que votre famille va automatiquement vous détester et organisez votre fuite sans qu’ils le sachent. Je comprends que pour beaucoup de personnes, ne pas sortir du placard, c’est aussi une décision volontaire, et je la respecte. Mais si vous voulez vivre une vie qui correspond à votre sexualité, commencez par ce que j’appelle le " jeu des indices ", histoire de tâter le terrain. Il y a beaucoup de médias queer disponibles aujourd’hui, qui peuvent aider à simplifier la conversation concernant l’homosexualité à la maison. Je me souviens de m’être servi d’un épisode d’une série indienne populaire, appelée Satyameva Jayate, qui parlait de l’acceptation des différentes sexualités, comme excuse pour amorcer la conversation.

Divya Roop, un maquilleur et mannequin qui ne se conforme pas à son genre de naissance, explique : " Il faut tenter de savoir ce que la famille pense des LGBT. On peut le faire en parlant de sujets liés à ça, que ce soient les mariages de célébrités, les figures politiques queer, ou encore les problématiques auxquelles nous faisons face. Quand vous êtes certain que votre famille les soutient, alors vous pouvez leur en parler, mais essayez de ne pas être trop direct au début. Cela peut ne pas être facile pour eux, même s’ils vous comprennent. Mais si vous pensez que votre famille ne vous soutient pas, pensez d’abord à votre éducation et à votre carrière ". Donnez le temps à votre famille de comprendre, sans vous attendre à ce qu’ils comprennent tout à 100 % immédiatement. Montrez-leur à quel point vous êtes heureux et en bonne santé. Et donnez-leur des outils pédagogiques pour qu’ils comprennent ce que signifie être queer. Essayez de garder le contact avec eux. Mais si cela devient trop compliqué, alors il est temps d’organiser votre retrait.

Étape n° 2 : Économisez ! S’il y a bien une façon très coercitive dont les parents peuvent se servir pour " extraire l’homosexualité " de leurs enfants, c’est la menace d’être coupés de tous moyens financiers. À cela, j’ai une solution simple : allez ouvrir un compte bancaire. Ce n’est pas si difficile, et ce ne sera pas perçu comme quelque chose de honteux non plus. Tentez de gagner autant d’argent que vous le pouvez, discrètement, et rajoutez-le à votre compte, pour les mauvais jours, quand il n’y a plus d’arc-en-ciel. Croyez-moi, être autonome apporte un tout nouveau degré de confiance en soi.

Prachi et sa partenaire ont dû s’enfuir six fois, mais sont rentrées à la maison, avant d’être enfin capables de subvenir elles-mêmes à leurs besoins financiers. " Avant notre première fugue, nous n’avions pas d’argent, dit-elle. Mais il vaut mieux être bien préparé avant de commencer une nouvelle vie ". Bollywood a glorifié la fugue comme étant une voie complexe vers la vie d’adulte, mais tout le monde n’est pas chanceux. Si vous êtes étudiant, pensez à réserver votre coming out pour le moment où vous serez financièrement indépendant.

Étape n° 3 : Prévoyez un plan de secours ! Rajshri habite avec sa compagne à Toronto. Elles se connaissent depuis presque vingt ans, et avant de déménager au Canada, où elles n’avaient pas à cacher leur histoire d’amour, elles ont essayé de vivre ensemble à Bombay, en Inde. Mais l’homophobie bien ancrée en Inde a poussé le couple à trouver un cocon de sécurité à l’étranger. Votre plan B ne doit pas nécessairement être aussi extrême que de traverser le processus d’immigration et recommencer une nouvelle vie dans un autre pays. Mais créez-vous une sorte de carte de route qui indique où vous vous voulez aller dans la vie, que vous soyez accompagné de votre famille ou non. Parfois, changer de ville pour s’éloigner de personnes qu’on aime, mais qui ne peuvent simplement pas accepter notre sexualité, peut s’avérer être une bonne idée. Et d’autres fois, il suffit parfois juste de déménager du foyer familial.

Étape n° 4 : Rassemblez votre #FamilledeCoeur ! Mes amis sont TOUT pour moi. Je n’exagère même pas. Ils m’ont laissé dormir sur leurs canapés, m’ont préparé des repas, et ont simplement été là pour moi. Rassemblez vos amis les plus proches quand vous décidez de faire votre coming out : vos amis, vos frères et sœurs, vos professeurs, vos collègues, vos patrons… Ceux sur qui vous savez que vous pouvez compter si les choses tournent mal. C’est aussi ce qu’a fait Divya Roop. " Quand je suis parti, ma première pensée a été : Comment vais-je survivre à ça ? J’ai dû quitter mes études secondaires à mi-chemin, donc je n’avais aucune licence, aucun diplôme, aucun ensemble de compétences. J’ai immédiatement contacté mes amis, car ils formaient mon groupe de soutien. Ils m’ont même organisé une pendaison de crémaillère quand je me suis trouvé mon propre pied-à-terre, et ils sont venus avec tout ce dont j’avais besoin pour aménager l’endroit ". Une " famille de cœur " parle à beaucoup de gens, mais pour les personnes queers sans-abri, elles sont ce qu’il y a de plus important.

Étape n° 5 : Travaillez jusqu’à l’épuisement s’il le faut ! Sortir et trouver des canapés sur lesquels dormir, ce n’est pas le plus dur. Payer pour subvenir à ses propres besoins, va, en revanche, réveiller le génie des mathématiques et de la budgétisation qui sommeille en vous, et dont vous ignoriez l’existence. Les trois amis à qui j’ai parlé dans le cadre de cet article ont bossé d’arrache-pied pour s’assurer qu’ils ont de quoi survivre. Une fois dans la partie, vous vous sentirez aussi moins solitaire. J’ai travaillé en tant qu’acteur, écrivain, podcasteur pour me maintenir à flot. Prachi travaille maintenant en tant que professionnel du marketing, et a pu retomber sur ses pattes grâce au soutien d’un de ses patrons. Rajshri organise des événements à Toronto et vit dans un petit studio sympathique avec sa petite amie. Divya Roop fait du mannequinat. Il lutte toujours pour se faire une place dans l’industrie de la mode mainstream, mais il est en bonne voie. Il brise les normes et les rôles de genres. Cela ne se limite pas simplement aux déménagements des personnes queers, mais bien à quiconque n’ayant pas le système de soutien qu’il ou elle voudrait, à la maison. Souvent, l’argent c’est le pouvoir, et quand vous dépendez de quelqu’un d’autre pour avoir cet argent, vous lui donnez le contrôle de votre vie. Emparez-vous de ce pouvoir !

Étape n° 6 : Prenez le temps de vivre ! Au milieu de tout cela, il est nécessaire de profiter des plaisirs simples de la vie. Maintenant, vous queerifiez entièrement votre vie, et personne ne peut vous arrêter. Ces innombrables nuits d’insécurité et d’angoisses porteront leurs fruits. Bon courage !

Source

Video : Par un regard ( Chapitre 2 ) !

Tout lasse, tout passe, tout casse...

C'est pas du Tolstoï, c'est d'la série Z qui cogne dans les grands ensembles...

US : Kellogg’s sort des céréales LGBT+ ( pour la bonne cause ) !

Kellogg’s lance la " All Together Cereal ", une édition limitée contenant différentes céréales de la marque. Vendue 19,99 dollars, elle servira à financer un don pour l’association américaine Glaad. 

Vous aimez les froot loops, ces petites céréales américaines multicolores ? Vous aviez déjà remarqué que si vous les mettiez côte à côte, ça pouvait faire le rainbow flag (ou presque) ? Les gens du marketing de Kellogg’s, oui. De là à dire que c’est pour ça qu’ils ont inventé la All Together Cereal, il n’y a qu’un pas. 

Cette boite de céréales aux couleurs de l’arc-en-ciel lancée jeudi 17 octobre à l’occasion du Spirit Day (journée anglo-saxonne de sensibilisation aux questions LGBT+) est vendue 19,99 dollars. Pas (trop) de pink washing pour autant, puisque l’entreprise promet en parallèle de reverser 50 000 dollars à Glaad, l’une des principales organisations américaines de veille sur les questions LGBT au sein des médias. 

6 mascottes dans une seule boite : A l’intérieur de la All Together Cereal, on trouvera 6 petites boites, chacune contenant une céréale différente : Corn Flakes, Frosties, Froot Loops, Rice Krispies, Raisin Bran et Frosted Mini-Wheats, nous détaille le site Pink News.

" Cette boite réunit six des plus célèbres mascottes et céréales Kellogg’s ensemble dans le même carton comme un symbole de tolérance quel que soit votre apparence, votre origine ou la personne que vous aimez ", écrit l’entreprise. Déjà que Tony, ( le tigre qui est en toi, souvenez-vous ) recevait il y a quelques années des photos cochonnes de la part des furries, il va bientôt pouvoir se faire de nouveaux amis. 

Video : Julia - Passe... comme tu sais !

Le rouge est mis...

Sweet !

De couloirs en défouloirs...