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dimanche, décembre 27, 2020

Sport : Le football uni contre la discrimination, l'homophobie et le racisme dans un nouveau documentaire de l’UEFA ( Outraged ) !

Des joueuses et des joueurs vedettes du football européen donnent leur avis sur le racisme, le sexisme et l’homophobie dans un nouveau documentaire sur UEFA.tv qui aborde sans détour la question de la discrimination dans le football. 

Dans Outraged ( Indignés ), un documentaire produit par l’UEFA et lancé aujourd’hui sur UEFA.tv, certains des plus grands noms du football d’hier et d’aujourd’hui parlent de leur expérience personnelle du racisme et de la discrimination, qui continuent de gangréner le sport le plus populaire au monde. 

De grandes stars du football actuel telles que Paul Pogba, Nadia Nadim, Megan Rapinoe, Moise Kean, Dejan Lovren, Olivier Giroud, Shanice van de Sanden, Tyrone Mings, Juan Mata, Guram Kashia et Kalidou Koulibaly y partagent leurs histoires d’exclusion et de discrimination dans le football, et donnent leur avis sur le meilleur moyen d’éradiquer ces fléaux du sport. 

Pernille Harder, Lucy Bronze et Megan Rapinoe ainsi que l’arbitre pionnière Stéphanie Frappart expliquent combien elles ont dû lutter et combien elles luttent encore contre le sexisme et la discrimination pour gagner l’élite du football féminin et s’y maintenir. 

L'entraîneur principal José Mourinho et la légende du football néerlandais Ruud Gullit figurent aussi dans ce documentaire, qui emmène les téléspectateurs dans un voyage en Europe et en Amérique du Nord, à la découverte de toute la complexité de la discrimination dans le football mondial, qu’elle soit basée sur l’origine ethnique, sur le genre, sur la religion, sur l’orientation sexuelle ou sur le statut de réfugié. 

Tous les participants soulignent l’importance de l’écoute et la nécessité d’une collaboration active : " Il est très important que les joueuses et les joueurs puissent s’exprimer. Ce sont elles et eux qui souffrent de la discrimination ", déclare le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, dans le documentaire Outraged. « Nous devons parler davantage à celles et ceux qui sont sur le terrain et qui ressentent directement la discrimination ". Il souligne également que le football doit montrer l’exemple dans la lutte contre la discrimination : " Le football est suivi par des milliards de personnes dans le monde entier, et nous devons profiter de cette exposition pour montrer que la discrimination n’a pas lieu d’être, ajoute-t-il. Nous devons montrer l’exemple. Si un secteur peut le faire dans le monde, c’est bien le football ". 

Interviewé(e)s dans le cadre d’Outraged, ils disent les choses franchement : 

- Pour Ruud Gullit, " C’est un cancer social que nous devons toutes et tous essayer de soigner ". 

- Pour Tyrone Mings, " Il n'est pas nécessaire d’en faire l’expérience concrète soi-même pour savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Donc ceux qui ne font rien contre la discrimination font partie du problème ". 

- Pour Thomas Hitzlsperger, " Je voulais faire mon coming out pendant que j’étais encore joueur, parce que je savais que l’impact serait énorme, mais mes amis les plus proches m’en ont dissuadé. Rassembler le courage nécessaire m’a pris trop de temps ". 

- Pour Megan Rapinoe : " Nous avons une occasion unique dans le football, contrairement aux autres sports, d’utiliser ce beau jeu pour vraiment changer le monde ". 

- Pour Stéphanie Frappart, " Je pense que mes performances sur le terrain et le fait de me voir sur des matches masculins vont faire bouger des lignes. Je me dis que si je suis là aujourd’hui, c’est que j'avais ma place ". 

- Pour José Mourinho, " Nous ne pouvons pas cacher la discrimination qui a toujours lieu aujourd’hui, et nous devons la combattre pour réaliser un monde meilleur ". 

Intervenant(e)s dans le documentaire " Outraged " ( par ordre d’apparition ) : 

• Paul Pogba 
• Moise Kean 
• José Mourinho 
• Tyrone Mings 
• Ruud Gullit 
• Aleksander Čeferin 
• Megan Rapinoe 
• Guram Kashia 
• Pernille Harder 
• Olivier Giroud 
• Juan Mata 
• Hope Powell 
• Thomas Hitzlsperger 
• Shanice van de Sanden 
• Nikita Parris 
• Lucy Bronze 
• Samantha Johnson 
• Nadia Nadim 
• Stéphanie Frappart 
• Dejan Lovren 
• Kalidou Koulibaly 
• Didier Deschamps 

Outraged est en accès libre sur UEFA.tv : Here/Ici 

lundi, décembre 21, 2020

Homophobie : Qui est Przemyslaw Czarnek, le ministre de l’Éducation polonais qui compare l’homosexualité au nazisme ?

Depuis sa nomination, le ministre de l'éducation polonais n'arrête pas de stigmatiser les personnes LGBT+ et renforce l'homophobie d'État. Selon lui, " l'idéologie LGBT " " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Attention, le point Godwin est vite atteint : En Pologne, Przemyslaw Czarnek a été nommé ministre de l'Éducation le 19 octobre. Depuis, il ne cesse de déraper, au point de comparer l'homosexualité au nazisme. Il fustige la " théorie du genre " et " l'idéologie LGBT " qui " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Pour cet homme de 43 ans qui dirige l'éducation des jeunes polonais, les femmes qui choisissent d'avorter "ne font pas ce pour quoi Dieu les a créées ", explique Le Monde. En 2019, en tant que voïvode, sorte de préfet de région, il décernait des " diplômes du mérite " aux collectivités qui se sont déclarées " sans-LGBT ". Il s'était même prononcé pour l'interdiction des Marches pour l'égalité avant de manifester avec l'ONR, un groupe d'extrême droite qui provient du fascisme de l'entre-deux guerres. 

En Pologne, " ces personnes ne sont pas égales aux gens normaux " : Au sujet des homos, il disait le 13 juin qu'il faut " défendre les familles polonaises contre le pourrissement et la dépravation (...) Ces personnes ne sont pas égales aux gens normaux ". L'Europe qui s'oppose ( timidement ) à l'application d'une homophobie d'État est " à un niveau pire qu'à l'époque de l'Union soviétique et du communisme ". Il faut " arrêter d'écouter ces idioties sur de prétendus droits de l'homme ou une prétendue égalité ". Pour lui, " l'idéologie LGBT " " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Le ministre " ne voit pas de place dans les programmes scolaires " pour la " théorie du genre ". " Nous sommes dominés par des gens de gauche qui n'ont pas grand chose à voir avec la liberté ", dit-il le 11 décembre dans un entretien à Rzeczpospolita. Pour lui, les LGBT+ sont " radicaux, intolérants à la vision conservatrice et chrétienne du monde ". 

Un ministère extra-large : Son ministère n'a jamais été aussi large depuis 1989. Przemyslaw Czarnek gère l'éducation des enfants de la maternelle aux universités. L'Académie polonaise des sciences craint déjà une guerre idéologique et un endoctrinement des enfants et adolescents. Car cet homme exècre ce qu'il appelle " la pédagogie de la honte ", soit l'évocation dans les manuels des pages sombres de l'histoire de la Pologne. Il déteste les disciplines humanistes, dominées par les " idéologies gauchistes ". Selon plusieurs experts, une charte de la liberté académique permet de lever les sanctions disciplinaires contre les universitaires négationnistes, souligne Le Monde. 

Le risque étant que l'éducation soit instrumentalisée politiquement. Selon Ryszard Terlecki, un dirigeant important du parti et proche de Jaroslaw Kaczynski, " l’école n’est pas encore au niveau auquel nous la voudrions. C’est une des raisons pour lesquelles la jeune génération n’apprécie pas notre formation politique ni ses idéaux ". Le message est limpide. 

dimanche, décembre 20, 2020

LGBT : Plus de 300 dignitaires religieux plaident pour interdire les " thérapies de conversion " !

Un texte, signé par plus de 300 dignitaires religieux invite les gouvernements à mettre fin aux " thérapies de conversion ". Ces thérapies inefficaces sont unanimement dénoncées dans les instances internationales. 

Ils sont plusieurs centaines. Plus de 300 dignitaires religieux, en provenance de 35 pays appellent à interdire les " thérapies de conversion ". Ces pseudo " thérapies " promettent de transformer l'orientation sexuelle et l'identité de genre des personnes LGBT+. Si elles sont souvent pratiquées au nom de la foi, d'autres " thérapies " sont dites médicales ou sociales. 

C'est la fondation britannique Ozanne qui a publié cette déclaration. Lors d'une conférence organisée à Londres, des représentants de plusieurs religions prennent la parole. Parmi les signataire, on compte des représentants anglicans, musulmans, juifs, bouddhistes, sikhs... Desmond Tutu, ancien archevêque sud-africain, prix Nobel de la paix et compagnon de lutte de Nelson Mandela est l'un d'entre eux. 

" Nous devons reconnaître avec regret que certains enseignements religieux ont souvent, à travers les âges, causé et continuent de causer des souffrances profondes et offensent des lesbiennes, gay, bisexuels, personnes transgenres, queer et intersexes. (...) Nous appelons toutes les nations à mettre fin à la criminalisation de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre. (...) Aussi, nous demandons à ce que tout le possible soit fait pour mettre fin aux pratiques appelées communément " thérapies de conversion " (...) et nous demandons que ces pratiques néfastes soient interdites ", déclarent-ils. 

Unanimement condamnées : Dans la liste des signataires, un seul représentant est français. Ludovic-Mohamed Zahed est le premier Imam français ouvertement homosexuel. Lui même a ouvert en 2012 la première mosquée dite inclusive. " Il nous fallait un espace sécurisé pour exprimer la soif de spiritualité et de respect ", disait-il en 2017. 

Les " thérapies " sont largement condamnées par la communauté scientifique. Les experts et les institutions internationales les jugent non seulement inefficaces, mais surtout dangereuses. Elles entraînent des risques de dépression et de dépréciation de soi pouvant conduire au suicide. Aux États-Unis, la pratique concerne des centaines de milliers de personnes, selon OutRight Action International, une association de défense des droits des personnes LGBT+. 

3 pays européens les interdisent : L'Union européenne a condamné ces pratiques et encouragé les pays à légiférer dessus. L'Allemagne devrait être le quatrième pays à interdire la pratique. Avant elle, Malte, la Belgique ou les Pays-Bas les ont interdites. La France est aussi en passe de le faire. Une proposition de loi de la députée LREM Laurence Vanceunebrock a été déposée à l'Assemblée. Mais Marlène Schiappa a entretenu le doute sur la véritable portée de cette interdiction et son souhait de l'inclure dans le projet de loi confortant les principes républicains ( dite Séparatismes ). 

Ce même mercredi, l'Inter-LGBT approuvait la proposition de loi d'interdiction des " thérapies ". " Nous ne souhaitons pas que la question de l’interdiction des thérapies de conversion ( qui fait pourtant consensus au niveau national, européen et international ) soit instrumentalisée à des fins idéologiques dans un projet de loi déjà controversé et dénoncé ", écrivait l'association. 

La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Élisabeth Moreno, soutient la démarche de la députée. " Laurence Vanceunebrock-Mialon n'a pas souhaité que sa proposition soit intégrée au projet de loi confortant les principes de la République, je le comprends. Je suis attachée à la séparation des pouvoirs et je ne vais pas m'immiscer dans ces débats. En revanche, je la soutiendrai et je lui fais confiance pour trouver le bon chemin ". 

samedi, décembre 19, 2020

Société : Les droits des LGBT+ progressent mais 69 pays pénalisent encore les relations homosexuelles !

Les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes ont fait des progrès en 2020, a souligné l'Association Internationale des personnes LGBTI dans un rapport annuel paru ce mardi 15 décembre. Mais selon celui-ci, 69 pays continuent de criminaliser les relations consensuelles entre personnes de même sexe, dont six sont passibles de la peine de mort. 

" Ce chiffre a baissé d'un point cette année, car le Gabon a fait marche arrière par rapport à la disposition criminalisante qu'il avait adoptée en 2019, qui est devenue la loi de ce type à la vie la plus courte de l'histoire moderne ", a noté Lucas Ramón Mendos, coordinateur de la recherche à l'Association Internationale des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans et Intersexes (ILGA) et principal auteur du rapport annuel, paru ce mardi. 

" De plus, la semaine dernière, le Parlement du Bhoutan a approuvé un projet de loi visant à dépénaliser les relations consensuelles entre personnes du même sexe, qui pourrait bientôt être promulgué ", a-t-il ajouté. 

Parmi ces 69 pays, au moins 34 États membres des Nations Unies ont appliqué des lois punitives au cours des cinq dernières années, selon l'association, qui estime toutefois que ce nombre est " peut-être beaucoup plus élevé ". 

" Partout où de telles dispositions existent, explique Lucas Ramón Mendos, les personnes peuvent être dénoncées et arrêtées à tout moment, même si elles sont simplement soupçonnées d'avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe. Les tribunaux les poursuivent activement et les condamnent à la prison, à la flagellation publique, voire à la mort ". 

Situation " empirée " pendant la pandémie de Covid-19 : La pandémie de Covid-19 a là aussi eu des effets délétères. " Dans de nombreux endroits où les lois étaient déjà une cause d'inégalité, les choses n'ont fait qu'empirer ", a accusé Julia Ehrt, directrice des programmes d'ILGA World. 

Et de citer la prolifération de ce que l'on appelle les " zones sans LGBT " en Pologne, l'Indonésie qui a cherché à donner une nouvelle impulsion aux " thérapies de conversion " et l'annulation de deux interdictions de telles pratiques en Floride, aux États-Unis, par exemple. 

Ces " thérapies " sont censées changer l'orientation sexuelle et sont extrêmement controversées, en raison des risques psychologiques qu'elles présentent et de l'absence de preuve d'une quelconque efficacité. 

Des bonnes nouvelles " contre toute attente " au Soudan, au Costa Rica et en Europe : L'ILGA World a aussi trouvé des développements positifs en 2020, de son propre aveu, " contre toute attente ". Ainsi, note l'organisation, le Soudan a abrogé en juillet 2020 la peine de mort pour les actes sexuels consensuels entre personnes du même sexe. De plus, l'Allemagne est désormais l'un des quatre États membres des Nations unies qui ont interdit les " thérapies de conversion " au niveau national, et " d'autres juridictions en Australie, au Canada, au Mexique et aux États-Unis ont suivi cet exemple ". 

L'ILGA World se réjouit également du fait que le mariage pour tous " est désormais une réalité dans 28 États membres des Nations unies ". 

Le Costa Rica est devenu le premier pays d'Amérique centrale à autoriser le mariage égalitaire et " 34 États membres des Nations Unies prévoient des formes de reconnaissance du partenariat pour les couples du même sexe, puisque Monaco et le Monténégro ont voté pour leur reconnaissance légale au cours des douze derniers mois ", souligne encore l'organisation internationale basée à Genève. 

En décembre 2020, 81 États membres des Nations unies disposent de lois protégeant contre la discrimination au travail fondée sur l'orientation sexuelle. " Il y a vingt ans, ils n'étaient que quinze ", rappelle l'ILGA World. 

LGBT : L’Ilga dévoile la liste des pays les plus LGBTphobes de la planète !

L'Ilga a mis à jour son rapport sur l'homophobie d'État. L'association internationale des personnes LGBTI fait un état des lieux des lois punitives sur la planète. 69 des 193 pays du monde criminalisent encore l'homosexualité. 

" En temps d'incertitudes, il y a du progrès ", c'est le constat rassurant en cette fin d'année de l'ILGA-monde. 69 États sur 193 pays membres de l'ONU continuent de criminaliser les relations entre les personnes de même sexe. En revanche, 48 pays imposent des sanctions pénales contre la haine liée à l'orientation sexuelle, selon l'actualisation du dernier rapport de l'Association internationale des personnes LGBTI. 81 États disposent par exemple de lois pour lutter contre les discriminations au travail. 

Le nombre d'États qui pénalisent l'homosexualité " a baissé d'un point cette année, car le Gabon a fait marche arrière par rapport à la disposition criminalisante qu'il avait adoptée en 2019 - devenue la loi de ce type dont la durée de vie a été la plus courte de l'histoire ", remarque Lucas Ramón Mendos, coordinateur de la recherche à ILGA World et principal auteur du rapport annuel, paru ce mardi. Au total, 36% des États membres de l'ONU criminalisent les rapports entre personnes de même sexe. 

34 pays appliquent des lois LGBTphobes : Selon le rapport, 34 États ont appliqué ces lois LGBTphobes au cours des cinq dernières années. Ce nombre est malheureusement certainement sous-estimé. " Partout où ces dispositions existent, les personnes peuvent être dénoncées et arrêtées à tout moment. Même si elles sont simplement soupçonnées d'avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe. Les tribunaux les poursuivent activement et les condamnent à la prison, à la flagellation publique, voire à la mort ", poursuit Lucas Ramón Mendos. 

La peine de mort est appliquée dans six pays ( Brunei, Iran, Mauritanie, Nigeria, Arabie Saoudite et Yémen ) et dans cinq autres, elle est applicable mais n'est pas prononcée ( Afghanistan, Pakistan, Qatar, Somalie et les Émirats Arabes Unis ). 

" Dans de nombreux endroits où les lois étaient déjà une cause d'inégalité, les choses n'ont fait qu'empirer ", dénonce Julia Ehrt, la directrice des programmes d'ILGA-World. Elle regrette notamment la prolifération des zones " sans LGBT " en Pologne, et une politique ouvertement LGBTphobe en Hongrie. L'Indonésie encourage les pseudo " thérapies " de conversion, pourtant condamnées unanimement à l'international. " Pour nos communautés, les espaces sûrs se sont considérablement réduits du jour au lendemain, à cause de la pandémie de Covid-19. Certains gouvernements ont profité de ces circonstances et ont intensifié leurs efforts pour nous opprimer ", regrette Julia Ehrt. 

Des tortures toujours appliquées : En Égypte, Sarah Hegazy était persécutée pour avoir brandi un drapeau arc-en-ciel au milieu de la foule d'un concert. Après avoir été torturée en prison, elle s'est exilée au Canada où elle s'est donné la mort cet été. En Tchétchénie, un dissident a été torturé et une vidéo de son viol a été diffusée, après avoir émis des critiques contre le dictateur Kadyrov. En Arabie saoudite, un jeune Yéménite a été placé en détention pour avoir défendu les personnes LGBT+. Selon Amnesty International, il aurait subi un examen anal pour " prouver son homosexualité ". En Turquie, des étudiants et leur professeurs, risquent la prison pour avoir organisé une marche des Fiertés pacifique au sein de l'université. 

Mais, contre toute attente il y a également de bonnes nouvelles. Cette semaine, les parlementaires du Bhoutan ont voté ( au moment de la publication du rapport ) à une large majorité la dépénalisation de l'homosexualité. En juillet 2020, le Soudan a abrogé la peine de mort pour les rapports consentants entre personnes du même sexe. L'Allemagne est le quatrième pays à avoir interdit les " thérapies " de conversion. L'Australie, le Canada, le Mexique et les États-Unis ont engagé un processus pour faire de même. En France, une proposition de loi devrait être débattue, sans que le calendrier législatif ne soit arrêté. 

Le Costa Rica est devenu le premier pays d'Amérique centrale à avoir autorisé le Mariage pour tous. Désormais, 28 pays autorisent le mariage pour tous et 34 prévoient des formes de reconnaissance des unions de même sexe. Au total, 81 États de l'ONU ont dans leur arsenal législatif des lois pour lutter contre la discrimination au travail liée à l'orientation sexuelle, contre 15 pays il y a 20 ans. 

vendredi, décembre 18, 2020

EU : La Hongrie adopte " des reculs jamais vus pour les droits LGBTI " selon Amnesty International !

Le gouvernement hongrois a adopté ce mardi, un paquet législatif restreignant les droits des personnes LGBT+. Et ces reculs seront inscrits dans la Constitution. 

Le Parlement hongrois a adopté des amendements constitutionnels qui limitent le droit des personnes LGBT+. Pourtant, la Hongrie a été l'un des pays les plus progressistes de la région. Mais elle veut maintenant définir dans son texte fondateur le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme. Elle interdit de fait l'adoption des couples homoparentaux. Une définition restrictive du genre dans la Constitution a également été validée. 

L'homosexualité a été dépénalisée au début des années 1960 et l'union civile reconnue en 1996. Mais depuis l'arrivée au pouvoir de Viktor Orban, le pays régresse sur le plan des droits humains. Il dit vouloir défendre les " valeurs chrétiennes " traditionnelles après avoir promis une " nouvelle ère " culturelle. Au passage, le secrétaire d'État à la Famille a appelé les femmes à ne pas tenter de rivaliser avec les hommes, en terme de position dans la société ou de salaire. 

Le responsable des questions LGBTI chez Amnesty International est furieux. Sur Twitter, Sebastien Tüller a appelé les citoyens à interpeller les diplomates. Il explique en quoi ce paquet législatif met en cause les droits des personnes LGBT+ en Hongrie. Entretien. 

En quoi le gouvernement hongrois a profité de la crise sanitaire pour faire passer sa réforme LGBTphobe

Le 10 novembre, le gouvernement a déposé des amendements quelques heures après avoir pris des mesures sanitaires liées au Covid. Ces amendements vont à l'encontre des droits des personnes LGBTI. Selon l'une des principales asso LGBTI, les restrictions de mouvement et de rassemblement empêchent les citoyens de se rassembler dans les rues pour manifester. Le gouvernement hongrois profite du chaos lié au Covid pour mettre en application des reculs jamais vus pour les droits des personnes LGBTI. D'ailleurs, la commissaires aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a affirmé que des réformes constitutionnelles ne devraient pas être introduites lors d'état d'urgence. 

Concrètement, sur quoi le gouvernement hongrois revient-il ? 

Le gouvernement veut faire passer plusieurs choses : Un projet de loi et deux amendements à la Constitution. Le projet de loi limite l'adoption aux seuls couples mariés ( alors que les couples de même sexe n'ont pas le droit de se marier en Hongrie ). Cette réforme interdit, de fait, aux personnes LGBTI d'adopter. Les autres amendements visent les personnes trans. Le premier indique que le genre d'une personne, c'est le sexe assigné à la naissance. Cela institutionnalise l'impossibilité de reconnaissance juridique du genre des personnes trans et intersexes. Il impose également une éducation fondée sur les valeurs de l'identité de la Hongrie et de la culture chrétienne. Cela va à l'encontre de la liberté d'éducation des enfants et c'est particulièrement flou. Le second amendement prévoit que le mariage est l'union d'une femme et d'un homme et que les enfants naissent d'un père et d'une mère. " La mère est une femme, le père est un homme ", est-il écrit sans blague. 

Le fait d'inscrire ces changements dans la Constitution, qu'est-ce que ça implique ? 

Pour les Hongrois, c'est symbolique. La reconnaissance du genre est déjà impossible depuis mai. Mais la Constitution était l'un des derniers leviers des militants. Des personnes ont fait des recours pour déclarer cette loi inconstitutionnelle, ils ne pourront pas le faire. Donner une force constitutionnelle à des mesures qui vont à l'encontre des personnes LGBTI, ça va renforcer la stigmatisation des personnes sur place. C'est inévitable. Ensuite, pour supprimer ces mesures, il faudra repasser par un vote constitutionnel, ce qui est plus difficile qu'une simple loi. Dans tous les cas, ces textes sont contraires aux droits de l'Union Européenne, au droit international et aux conventions signées par la Hongrie. Ces textes ignobles sont tout simplement contraires aux droits humains. 

Les institutions de l'Union européenne peuvent-elles jouer pour stopper ces changements constitutionnels ? 

Le 12 novembre, la Commission européenne a présenté sa toute première stratégie pour l'égalité. Dans le discours d'Ursula Von der Leyen, un des principaux points d'action de sa stratégie, c'était de protéger les droits des " rainbow family " ( familles LGBTI ). Ce projet de loi s'attaque directement à l'homo- et la transparentalité. Dans ce plan d'action, des mesures juridiques sont prévues. Les financements sont censés être conditionnés au respect de la législation contre les discriminations de l'UE. Il faudra en tirer des conséquences. La commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a aussi demandé de reporter le vote. 

L'Union européenne peut donc prendre des sanctions ? 

Elle doit appliquer sa stratégie. C'est là qu'on va voir son utilité : Est-ce que c'est juste des engagements de principe ou est-ce qu'il y aura une réponse ciblée. Des procédures judiciaires sont lancées contre la Hongrie, pour non-respect des traités. On appelle tous les dirigeants européens à soulever les atteintes aux droits des personnes LGBTI dans cette procédure. Les États négocient actuellement un mécanisme pour conditionner les subventions européennes au respect de l'État de droit, mais cette conditionnalité ne sera mise en place que dans plusieurs années. D'ici-là, la Hongrie mettra tout en œuvre pour empêcher les personnes LGBTI de revendiquer leurs droits fondamentaux. 

jeudi, décembre 17, 2020

LGTB : Deux assos portent plainte contre un maire qui refuse (encore) de marier des couples homos !

Deux associations LGBT+ portent plainte contre Franck Meyer, le maire de Sotteville-sous-le-Val. Cet ancien porte-parole de La Manif Pour Tous assume de refuser de marier des couples homos au nom de ses convictions religieuses. 

Sept ans après l'adoption du Mariage pour tous, certains maires refusent encore de célébrer des mariages, lorsqu'il s'agit de couples d'hommes ou de femmes. Ce mardi 15 décembre, Mousse et Stop homophobie portent plainte contre le maire de Sotteville-sous-le-Val en Seine-Maritime, Franck Meyer. Dans un entretien à La Croix, il assume de refuser de marier les couples de même sexe. 

Ancien porte-parole de La Manif pour tous, président du Comité protestant évangélique pour la dignité humaine, Franck Meyer assume publiquement de ne pas vouloir marier des couples homos et ne cherche même pas à déléguer à un adjoint. Il revendique une " clause de conscience " et invoque ses convictions religieuses. 

Ce protestant raconte notamment que deux hommes, dont un étranger lui ont demandé de les marier, alors qu'ils n'habitaient pas la commune. Le maire centriste leur a refusé au prétexte que ce mariage donnerait la nationalité française à l'un des deux membres du couple. Il parle de " dévoiement " de la notion de mariage. 

L'union d'un homme et d'une femme : " Le mariage doit rester l’union d’un homme et d’une femme, l'enfant a le droit de connaître son père et sa mère et d'être élevé par eux (sic). ( ... ) Je suis dans une situation où je m’estime en droit, même si ce droit m’est refusé par le Conseil constitutionnel ( ... ). En pleine conscience, je ne marierai pas deux hommes et deux femmes, donc je suis hors la loi ", dit-il dans un podcast de La Croix. 

Dans une interview à Croire et Lire, il ajoute : " Mes convictions peuvent entrer en conflit avec certaines lois de mon pays, mais dans ce cas il vaut mieux, comme le dit l’Évangile, obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes et défendre l’espérance que Dieu a mise en nous ". " Je crois qu’aujourd’hui, la liberté de conscience est véritablement en danger. Il faut la défendre, cette liberté. Croyants et non-croyants ensemble ", poursuit-il. 

Dans l'entretien de La Croix, ce maire admet causer du tort aux couples de même sexe, mais minimise cette discrimination. " À partir du moment où vous avez une position, si elle n'est pas semblable à celle de votre interlocuteur, il peut se sentir blessé ", explique-t-il avant de raconter avoir reçu un mail d'insultes à cause de ses positions LGBTphobes. " J'ai pris le temps pour prier pour ne pas rendre le mal par le mal ", lâche-t-il sans rire. 

Une discrimination au même titre que le racisme : Pour l'avocat des deux associations LGBT+, cette discrimination assumée doit être sanctionnée par les tribunaux. " Refuser de délivrer une carte d'identité à une personne noire, refuser d’inscrire dans une école une personne de confession musulmane ou refuser de marier deux personnes de même sexe est passible des mêmes sanctions ", note-t-il. 

" Il s’agit, dans chacun de ces cas, d’une discrimination commise par une personne détentrice de l’autorité publique dans le cadre de ses fonctions. Quelle que soit leur religion, leur couleur de peau ou leur orientation sexuelle, les citoyens français doivent avoir la certitude qu’ils ne seront pas discriminés par un officier d’état civil ! ", s'emporte Me Deshoulières. 

D'ailleurs, le projet de loi " Confortant les principes républicains" ( appelée aussi contre les séparatismes ) devrait renforcer les exigences. Les agents de l'Etat et des services publics ne pourront afficher leurs propres convictions religieuses et sont tenus de traiter de manière égale tous les usagers, indique Le Monde. Ainsi, les préfets pourront mettre en œuvre des recours contre des élus locaux prenant des décisions " gravement " contraires au principe de neutralité. 

US : Des organisations Anti-LGBT arrosées d'aides Covid !

Des " hate groups " ultraconservateurs ont bénéficié des largesses du gouvernement américain sous couvert de lutte contre la pandémie. 

C’est un peu la touche finale d’un mandat Trump qui aura été aussi calamiteux pour les droits des LGBTQ+ américains que pour sa gestion du coronavirus. Une enquête de NBC News révèle que des groupes et entreprises qui luttent ouvertement contre l’égalité et la non-discrimination ont reçu une part significative des fonds d’aide mis en place pour soutenir les secteurs économiques frappés par les effets de la pandémie. 

Selon le Southern Poverty Law Center (SPLC), sept entités catégorisées comme des hate groups ont reçu un montant total de 2,5 millions de dollars de prêts à fonds perdu. C’est l'American Family Association, qui mène une croisade contre le soi-disant " agenda homosexuel ", qui se taille la part du lion. Cet influent lobby lié à l’extrême droite religieuse, principalement connu pour ses campagnes de boycott agressives contre des entreprises gay-friendly, s’est vu octroyer 1,4 million à lui seul.

Un chèque de 428’000 dollars est allé à Liberty Counsel, une organisation de juristes qui avait plaidé en 2019 pour ne pas inclure le genre et l’orientation sexuelle dans les lois énumérant des motifs de lynchage. Parmi les autres bénéficiaires, on trouve aussi l’American College of Pediatricians, organisation pseudo-scientifique qui défend les " thérapies de conversion " et assimile l’homosexualité à la pédophilie.

Des groupes qui mettent en pièces le tissu démocratique : L’administration Trump " laisse des millions d’Américains et de petites entreprises souffrir, alors qu’elle soutient financièrement des groupes qui mettent en pièces le tissu de notre démocratie ", commente Cassie Miller, du SPLC.

La liste des bénéficiaires comprend également des écoles religieuses qui se sont illustrées par leur politiques homophobes et transphobes, notamment celle où enseigne la vice-Première dame Karen Pence ou celle qu’administrait la nouvelle juge de la Cour suprême, Amy Coney Barrett.

Les programmes d’aide fédérale sont aussi épinglés pour leur soutien massif aux industries les plus polluantes. Il s’élèverait à 10, voire 15 milliards de dollars, s’est vu octroyer 1,4 million à lui seul. 

mercredi, décembre 16, 2020

Hongrie : Le Parlement adopte un ensemble de mesures anti-LGBT !

Le Parlement hongrois a adopté mardi plusieurs textes anti-LGBT. L'un inscrit la notion traditionnelle de " genre " dans la Constitution, l'autre interdit de facto l'adoption aux couples de même sexe. 

" La mère est une femme, le père est un homme ", décrète un amendement à la charte fondamentale approuvé grâce au soutien des députés de la majorité, selon le site officiel de l'Assemblée. Ce texte définit le sexe comme étant uniquement celui de la naissance, et ajoute : " L'éducation est assurée conformément aux valeurs fondées sur l'identité constitutionnelle et la culture chrétienne " du pays. 

Dans son argumentaire, le gouvernement justifie cet amendement par la nécessité de " protéger l'enfant contre les possibles interférences idéologiques ou biologiques " du monde occidental moderne. 

Le Parlement a en outre voté une loi autorisant seulement les couples mariés à adopter des enfants, ce qui exclut en pratique les homosexuels qui n'ont pas le droit de s'unir en Hongrie. Des dérogations peuvent être accordées dans des cas exceptionnels. 

Depuis le mois de mai, il est déjà légalement interdit d'inscrire un changement de sexe à l'état civil dans ce pays d'Europe centrale, membre de l'Union européenne ( UE ), dont le Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis dix ans sans interruption, promeut " l'illibéralisme ". 

Valeurs européennes bafouées : Dans cette croisade pour la défense des " valeurs chrétiennes " traditionnelles, Viktor Orban a été récemment affaibli par l'affaire Jozsef Szajer. Ce proche, eurodéputé de longue date, avait été surpris fin novembre dans une soirée libertine gay, suscitant un tollé de l'opposition et de la presse indépendante contre l'hypocrisie du pouvoir hongrois. 

Les différentes organisations internationales ( ONU, Conseil de l'Europe, OSCE, UE ) accusent régulièrement le chef du gouvernement de bafouer les valeurs européennes. Par le passé, la Hongrie a été condamnée par la justice européenne pour le non-respect de ses engagements et de la primauté du droit communautaire sur les législations nationales. 

Dans ce contexte tendu, Viktor Orban a annoncé la semaine dernière son intention de déposer un recours contre la mise en place d'un nouveau mécanisme liant le versement de fonds européens au respect de l'Etat de droit. 

lundi, décembre 14, 2020

Société : En danger partout même en Europe, les droits des personnes LGBT+ sont des droits humains fondamentaux !

La violation de ces droits fondamentaux des personnes LGBT+ prend de multiples formes et n’épargne aucune région du monde. 

À l’occasion de la journée internationale des droits de l’Homme, rappelons ce qui peut sembler être une évidence, mais que l’actualité récente nous impose de réaffirmer avec conviction : les droits des personnes lesbiennes, gay, bi, trans et plus (LGBT+) relèvent de manière non discutable du domaine des droits humains fondamentaux. 

Hélas, la violation de ces droits prend de multiples formes et n’épargne aucune région du monde. Aujourd’hui même, des étudiants comparaissent devant la justice turque pour avoir organisé une Marche des fiertés à Ankara en 2019. En Tchétchénie, les persécutions d’hommes homosexuels, dénoncées dès 2017 notamment par le Parlement européen, se sont accentuées l’an dernier. En Ouganda, alors que l’homosexualité y est déjà pénalisée, un ministre d’État a annoncé vouloir déposer un projet de loi punissant les relations homosexuelles de la peine de mort. En Tanzanie, l’État traque et arrête les personnes considérées comme homosexuelles, suscitant l’inquiétude de Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Droits de l’Homme des Nations Unies. Plus récemment Human Rights Watch a alerté la communauté internationale sur le décès tragique d’une militante LGBT égyptienne, Sarah Hegazy, ayant mis fin à ses jours après avoir été arrêtée et torturée par les autorités. Rappelons que 70 États pénalisent encore les relations entre personnes de même sexe ! 

Ces violations des droits humains n’épargnent pas l’Union européenne : Ainsi, la lutte contre " l’idéologie LGBT " était l’un des principaux thèmes de campagne du parti Droit et Justice lors des élections législatives polonaises de 2019. 80 villes et régions s’y affirment aujourd’hui " zones sans idéologie LGBT ". En Hongrie, l’article 33 d’une loi de 2020 interdisant l’inscription du changement de sexe à l’état civil et la reconnaissance de l’identité de genre des personnes trans est contraire au droit à l’autodétermination reconnu par la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l’Homme. Dans le même esprit, un projet d’amendement à la Constitution hongroise, déposé le mois dernier, vise à interdire le mariage homosexuel et la reconnaissance de l'homoparentalité. Enfin, le contexte de crise sanitaire actuel est propice à la hausse des violences anti-LGBT+ et aux actions de répression prenant la lutte contre le coronavirus comme prétexte. L’arrestation abusive de militants LGBT+ en juin dernier aux Philippines l’illustre. 

Dans cette triste conjoncture, il est du devoir des démocraties libérales progressistes de réaffirmer leur engagement. Le respect des droits des personnes LGBT+ ne relève pas d’un caprice, d’une fantaisie ou d’une excentricité. Ces personnes ne constituent pas non plus un lobby ou un groupe de pression occulte. L’homosexualité et la transidentité ont été rayées, et il faut s’en féliciter, des listes des maladies ou des troubles psychologiques. En 2011, l’ONU a adopté une résolution reconnaissant que les discriminations et les violences anti-LGBT+ constituent une violation des droits fondamentaux. Son action ne cesse de s’étendre pour promouvoir le respect des droits des personnes LGBT+ partout dans le monde. 

Au niveau européen, le droit n’a jamais été aussi protecteur des droits fondamentaux des personnes LGBT+. La jurisprudence de la CEDH montre une évolution favorable de son interprétation de la Convention. Dès 1988, la Cour impose aux États membres du Conseil de l’Europe la dépénalisation des relations homosexuelles. Mais le respect des droits fondamentaux des personnes LGBT+ ne se limite pas à la dépénalisation : les États doivent s’assurer à la fois de l’égalité des droits et de la protection des victimes de haine. En 1999, la Cour reconnaît que l’interdiction de discriminations dans l’accès aux droits garantis par la Convention inclut l’orientation sexuelle. Cet arrêt est suivi de nombreux autres qui protègent les personnes LGBT+ des traitements inhumains et dégradants, leur garantit le respect au droit à la vie privée et familiale, ou encore l’exercice de leur liberté d’expression et de réunion. L’Union européenne, que ce soit dans ses traités ou à l’article 21 de la charte des droits fondamentaux, interdit la discrimination sur le fondement de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. Aussi, sortir de la CEDH ou de l’Union Européenne, comme le proposent certaines personnalités politiques et commentateurs, reviendrait assurément à cautionner une régression des droits fondamentaux. 

Nous le constatons, ces droits sont fragiles et ne se traduisent pas partout par une égalité effective entre les citoyens. Les associations seules, bien qu’essentielles, ne peuvent pas se substituer aux responsabilités des pouvoirs publics. La Commission européenne a ainsi publié en novembre dernier sa première stratégie en faveur de l’égalité de traitement des personnes LGBTQI. Au-delà des actions qui seront menées dans la lutte contre la haine en ligne, la protection des droits des familles LGBT+ ou encore l’égalité de traitement au travail, la stratégie comporte un volet de défense des droits fondamentaux LGBT+ à l’international. 

Cette dimension intégrée dans le nouveau plan national d’actions de la France, présenté par la Ministre déléguée Elisabeth Moréno, se donne pour objectif de porter les droits des personnes LGBT+ au sein des instances internationales et d’apporter le soutien de la France aux personnes LGBT+ à l’étranger. Comportant de nombreuses dispositions, ce plan a permis à la France de se hisser à la 4e place des 49 pays européens notés avec un score de 69%. Ce classement nous invite à aller encore plus loin dans la lutte contre la haine et la discrimination anti-LGBT. 

En cette journée internationale des droits de l’homme, rappelons à tous la responsabilité de faire des droits des personnes LGBT+ un élément non négociable des droits fondamentaux dans l’esprit même de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 rédigée par René Cassin et Eleanore Roosevelt, qui dans son article premier, rappelle que les êtres humains " sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ". 

samedi, décembre 12, 2020

Turquie : Des étudiants risquent la prison pour avoir célébré une marche des Fiertés !

La justice doit rendre sa décision concernant 19 personnes poursuivies en Turquie. Elles sont accusées d'avoir organisé et participé à une Marche des Fiertés pacifique sur le campus de leur université en 2019. Les étudiants et leurs professeurs encourent jusqu'à trois ans de détention.  

Dix-huit étudiants et un professeur de l'Université technique du Moyen-Orient sont poursuivis par la justice turque. Ils risquent jusqu'à trois ans de prison. Leur crime ? Avoir organisé et défilé lors d'une marche des Fiertés sur le campus de l'université alors que la direction leur avait interdit. 

" À l’été 2019, des étudiants et d’autres personnes participant à une fête de l’amour et de la solidarité pacifique ont dû faire face à des tirs de gaz poivre, de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène par la police. Dix-neuf d’entre eux sont aujourd’hui traînés devant les tribunaux pour des chefs d’accusation dénués de tout fondement et encourent des peines de prison absurdes ", décrit Nils Muižnieks, directeur régional pour l’Europe d'Amnesty International. 

Aucun motif juridique : " L'interdiction de la Marche des Fiertés n'était justifiée par aucun motif juridique. Ces étudiants courageux qui l'ont bravée n'ont fait qu'exercer leur droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique, qui a été bafoué. Ils doivent être acquittés ", poursuit l'ONG. En février 2019, la cour d'appel administrative d'Ankara avait pourtant levé l'interdiction totale de tous les événements, décrétée en raison de l'état d'urgence. C'est cet état d'urgence que l'université avait invoqué pour interdire l'événement, indique Amnesty. Le recteur de l'université a qualifié les manifestants " de  groupes de LGBT, de marxistes, d’extrémistes et de HDP ( le parti pro-kurdes de Turquie ) ". 

Alors que les étudiants étaient assis pacifiquement sur l'herbe de l'université, la police a utilisé du gaz  poivre, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène pour les disperser. Plusieurs étudiants ont été blessés et certains ont même été arrêtés. Depuis, en juin 2020, la cour administrative d'Ankara a jugé illégale l'interdiction de la part de l'université. " Dans un contexte d'homophobie croissante en Turquie, des étudiants et des membres du personnel de l'université défilent chaque année sur leur campus pour célébrer les Fiertés et exiger l'égalité et la dignité pour les personnes LGBTI+ et ils en ont tout à fait le droit ", poursuit Niels Muižnieks. 

Des actes LGBTphobes réguliers : L'homosexualité est vilipendée en Turquie. Selon Courrier international, le quotidien islamiste Yeni Akit a décrit l'événement de cette manière : " les pervers homosexuels ont organisé leur marche immorale dans ce nid de terroristes et ce lieu de scandales qu’est l'Odtü. ( ... ) Ils tentent de normaliser l’immoralité en Turquie et piétinent les valeurs morales des Turcs musulmans ". Rien que ça. 

Les dirigeants turcs sont, jour après jour, un peu plus homophobes. Ce 9 décembre, des membres du ministère du Commerce ont proposé que les " produits LGBT+ " soient accompagnés de la mention " +18 ans ". Les entreprises qui le refusent auront interdiction de faire de la publicité pour leurs produits. Des sources ministérielles ont déclaré à la BBC que cette mesure était une " décision pour protéger les enfants ". Cet été, c'est une série Netflix qui s'est attirée les foudres du gouvernement... parce qu'elle comportait un personnage gay. Recep Tayyip Erdogan, le président turc a défendu un religieux qui associe homosexualité et maladie. Depuis 2017, les Marches des Fiertés sont violemment réprimées. Le pays a également boycotté l'Eurovision... en raison de la participation de la drag-queen Conchita Wurst. 

mercredi, décembre 09, 2020

Job : La Défenseure des droits alerte sur l’augmentation des discriminations au travail !

Dans un baromètre, la Défenseure des droits dresse un constat alarmant : seul un gay ou bi sur trois déclare n'avoir jamais été l'objet de discriminations au travail. 

Malgré une prise de conscience de certains directeurs des ressources humaines, l'entreprise reste un lieu où se perpétuent les discriminations. Selon le dernier baromètre du Défenseur des droits publié ce mardi 1er décembre, 42% des personnes actives ont déclaré être témoin de discriminations au travail. Ce chiffre est en forte augmentation (+8%) et les personnes LGBT+ sont particulièrement concernées. 

Une personne sur quatre (26%) pense que les personnes LGBT+ sont " souvent " ou " très souvent " discriminées en fonction de leur orientation sexuelle, selon les résultat du 13ème baromètre sur la perception des discriminations au travail. Ils sont 54% supplémentaires à penser que ces personnes sont discriminées " rarement " ou " parfois ". Au total, seuls 17% des sondés avancent que les LGBT+ ne sont " jamais " sujets de traitements défavorables. Lorsqu'on interroge les personnes concernées, ce chiffre grimpe. Pour quatre homos ou bis sur dix (39%) les discriminations liées à l'orientation sexuelle se produisent " souvent " ou " très souvent ". Seul un homme gay ou bi sur trois (30%) déclare n'avoir jamais été l'objet de propos homophobes au travail. 

Les discriminations au travail en hausse : Au travail, les discriminations ( racisme, physique, genre... ) avaient tendance à baisser jusqu'en 2012. Malgré une meilleure visibilité, elles sont maintenant en augmentation. 42% des actifs déclarent avoir été témoin de discrimination au travail, contre 34% en 2012. Au travail, un actif sur trois (29%), dit avoir déjà été témoin d'un acte discriminatoire en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre. Conséquence : seuls 43% des LGBT+ sont out auprès de tous leurs collègues (contre 54% en 2018), selon la dernière étude du Boston Consulting Group. 

Les préjugés ont la vie dure. 17% des répondants déclarent être moins à l'aise avec un·e collègue transgenre, 12% si le collègue en question est atteint d'une maladie grave. Une petite lueur d'espoir, la parole semble s'être libérée. Seulement 5% des travailleurs discriminés déclaraient l'être en fonction de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Ils sont maintenant 37% à citer ces critères comme étant facteur de discrimination. Et les salariés ne sont plus que 3% à se dire mal-à-l'aise à l'idée d'avoir un·e collègue homo. 

Les sanctions rarement appliquées : En revanche, le baromètre constate que ces discriminations s'inscrivent dans le quotidien. Et les ressources humaines ne les prennent pas suffisamment en compte. Quand on leur demande comment les discriminations se manifestent, trois personnes victimes sur quatre (74%) disent l'être dans leur travail au quotidien. Une sur deux déclare avoir du mal à avancer dans sa carrière (56%). D'autant que les faits ne sont pas encore assez sanctionnés, alors même qu'ils sont rapportés à la direction ou à l'encadrement une fois sur deux (53%) ! 

Selon les sondés, seuls 9% des cas ont conduit à une sanction, une mutation ou au licenciement de l'auteur des discriminations. Seulement 18% des personnes discriminées déclarent avoir obtenu une réparation de leur préjudice. Régulièrement même, la dénonciation d'une discrimination se retourne contre la victime : une personne discriminée sur cinq (19%) a été licenciée ou n'a pas vu son contrat renouvelé. 

Des chiffres " très préoccupants " : L'institution qualifie l'ensemble de ces chiffres de " très préoccupants ". " L'ampleur de ce phénomène rappelle l'importance pour les entreprises et les administrations de s'engager pleinement dans la lutte contre les discriminations au travers de plans annuels structurés et évalués périodiquement ", appelle Claire Hédon, à la tête de l'institution. Le document rappelle qu'il est de l'obligation de l'entreprise de protéger ses salariés des discriminations. Régulièrement, les DRH indiquent qu'au-delà du climat sain pour l'entreprise, la lutte contre les discriminations permet d'être un levier de performance. Pour bien travailler, il est nécessaire d'être à l'aise dans son environnement de travail. C'est encore malheureusement très loin d'être le cas partout. 

mardi, décembre 08, 2020

Afrique : Pour cette candidate à la présidentielle au Ghana, la priorité, c’est de mettre les homos en prison !

Au Ghana, où l'homosexualité est pénalisée, une candidate à l'élection présidentielle promet d'enfermer les homos... dans des cellules séparées pour éviter des " actes abjects ". 

Il ne fait pas bon être gay ou lesbienne au Ghana. Akua Donkor, candidate à l'élection présidentielle qui s'est déroulé ce lundi, a promis d'enfermer les personnes homosexuelles si elle est élue. Heureusement, selon plusieurs médias sur place, elle a très peu de chances de l'emporter. 

À entendre Akua Donkor, qui souhaite devenir la première femme présidente du Ghana, l'homosexualité est un péché. La candidate du parti Ghana pour la liberté ajoute que les homos devraient être séparés dans des cellules différentes pour qu'ils ne s'adonnent pas à leurs " actes abjects ", rapporte GH Page. 

Je veux m'assurer qu'ils ne puissent pas entrer dans notre pays : Cela pourrait être risible, si cette femme de 68 ans n'avait pas expliqué qu'arrêter les homos serait une priorité. " Mon premier sujet, quand je serai élue, c'est de m'occuper de la question de l'homosexualité au Ghana. Je veux m'assurer qu'ils ne puissent pas entrer dans notre pays. Je le ferai en arrêtant toutes les personnes impliquées dans de tels actes. Ils ne devront pas être enfermés dans les mêmes cellules, mais être séparés pour empêcher leurs actes abjects ", a-t-elle déclarée. 

Lors de cette élection," trois femmes, sont en lice, mais leurs chances de l'emporter sont minimes, alors que les deux principaux partis dominent la vie politique depuis l'instauration de la démocratie, il y a 28 ans ", selon France 24. TV5 monde renchérit : " le Ghana, réputé pour être un exemple démocratique en Afrique de l'Ouest, se prépare à élire son président, dans un scrutin qui s'annonce particulièrement serré entre deux adversaires politiques de longue date ". Nana Akufo-Addo brigue en effet un second mandat face à son prédécesseur John Mahama. 

Les personnes LGBT+ restent les victimes fréquentes de violences : La loi de 1960, héritière de la colonisation britannique, est très claire. " Toute personne se livrant à des relations charnelles non naturelles (sic) encourt une peine de prison qui ne pourra pas être inférieure à 5 ans et supérieure à 25 ans ". 

Mais selon Human Rights Watch (HRW), cette loi est peu appliquée. Malgré tout, " les personnes LGBT+ restent les victimes fréquentes de violences physiques et d’abus psychologiques, d’extorsion et de discrimination dans de nombreux aspects de leur vie quotidienne ", indique un rapport de 2018. 

Incitation à la violence : " Les propos homophobes exprimés par des représentants publics locaux et nationaux, par des chefs traditionnels et par des hauts dignitaires religieux fomentent la discrimination et, dans certains cas, incitent à la violence ", déplore Wendy Isaack, chercheuse auprès du programme Droits de personnes LGBT+ au sein de l'ONG. 

Le Ghana est l'un des 70 pays à toujours criminaliser l'homosexualité. Selon le dernier rapport de l'ILGA, 70 pays pénalisent encore l'homosexualité dont 32 en Afrique ( dont le Gabon qui a engagé un processus de dépénalisation ). Six pays imposent même la peine de mort, et dans cinq, elle est techniquement possible. 

samedi, décembre 05, 2020

Politique : Un député homophobe lituanien surpris sur Zoom en compagnie d’un garçon à moitié nu !

Petras Grazulis, connu pour ses positions (très) ouvertement homophobes, a été aperçu en compagnie d'un homme à moitié nu lors d'une réunion Zoom. 

C'est un vrai jeu des sept familles d'homophobes dans le placard. Après l'eurodéputé hongrois, le prêtre américain, voici donc le parlementaire lituanien. La scène dure à peine une seconde. Alors que les parlementaires lituaniens de la commission de la culture discutent devant une présentation, Petras Grazulis a des problèmes avec son ordinateur. L'espace d'un instant, sa caméra se met en marche. Il est accompagné d'un homme à moitié nu ( on ne voit pas l'autre moitié ) qui semble l'aider à paramétrer son ordinateur. Le député a immédiatement éteint sa caméra, et lorsqu'il est réapparu, il était tout seul. Mais trop tard. 

À moitié nu lors d'une réunion officielle : La video a fait le tour du web, d'autant que la réunion était diffusée en direct sur la page du Parlement, indique LRT. " C'est la responsabilité de chaque député de faire en sorte que personne n'apparaisse sur l'écran. Mais une question se pose : pourquoi sont-ils à moitié nus pendant les heures de travail ? Bien sûr, c'est une affaire de vie privée, mais il est dans une réunion officielle ", a réagi le président de la commission Vytautas Juozapaitis. Selon le média lituanien 15min, le député s'est énervé lorsqu'on lui a demandé qui était cet homme à ses côtés. Dans un premier temps, ce membre du parti Ordre et justice a affirmé que c'était son fils avant de changer de version à peine une heure après. Et ses explications sont particulièrement étranges... 

Il avance que l'homme à côté de lui, c'est Andrius Tapinas, un journaliste télé qui le " persécute " depuis des mois. " Oui, j'ai dit que c'était mon fils, mais en regardant mieux la vidéo, je peux vous garantir que c'est Andrius Tapinas. Il me hante partout, ce n'est pas étonnant qu'il doit là ", explique le parlementaire. Sauf que l'homme dans la vidéo ne ressemble pas du tout au journaliste. " Andrius pourrait facilement changer d'apparence ", justifie Petras Grazulis. 

Il me hante depuis six mois : Au Parlement, le lendemain, il a voulu faire taire les rumeurs insistantes. " Pour que vous n'ayez pas à poser la question, je vais vous le dire. 10 députés m'ont déjà posé la question. C'était Andrius Tapinas, c'était vraiment Andrius Tapinas. Si vous me croyez pas, vous n'avez qu'à lui demander (...) Il me hante depuis six mois maintenant...", dit-il à ses collègues. Andrius Tapinas n'a pas souhaité répondre aux questions. 

Plusieurs fois, le député a associé homosexualité et pédophilie, rappelle PinkNews.. En 2010, il a proposé une loi pour mettre une amende à toute personne qui " fait la promotion de l'homosexualité " auprès d'enfants. " Je soutiens la position de l'Eglise qui n'est pas ambigüe là-dessus. Ces personnes sont en effet malades et perverties. Ils représentent une menace pour la société parce qu'ils importunent les enfants ", disait-il cité par PinkNews. 

L'Union Européenne corrompue moralement : Il a également incité les gays à quitter la Lituanie, pendant une conférence de presse lors de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie. " J'ai honte que cette perversion, venue de l'Union européenne qui est corrompue moralement, se propage en Lituanie. On nous dit comment on devrait traiter les homosexuels. Les gays devraient quitter la Lituanie, et ne pas nous dicter leur loi ", lâchait-il. 

La Lituanie, qui est entrée dans l'Union Européenne en 2004, a décriminalisé l'homosexualité en 1993. L'année de l'adhésion de la Lituanie à l'UE, l'âge du consentement sexuel a été abaissé de 18 à 14 ans pour les relations homosexuelles. Il a ainsi été ramené au même âge que pour les relations hétérosexuelles. En 2007, 89 députés sur 141 considéraient que l'homosexualité est une perversion. 

vendredi, décembre 04, 2020

Société : Un manuel scolaire sexiste et homophobe d’un lycée catholique breton suscite l’indignation !

Deux députés ont interpellé les ministres de l'Éducation et de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Ils dénoncent un manuel, mis à disposition des élèves de terminale, ouvertement homophobe et qui encourage la culture du viol. 

" Désolé de cette polémique ", a écrit le chef d'établissement du lycée Notre-Dame de Kerbertrand de Quimperlé. C'est le moins qu'il puisse faire. Une revue sexiste et homophobe de 72 pages était à disposition des élèves de terminale de son établissement. Ce manuel, ayant déjà été signalé en 2017, a été écrit par un curé qui a notamment appelé à lutter contre le VIH par la chasteté. Deux députés interpellent le gouvernement. 

Des " approximations ", selon le proviseur : Cette revue " est cousue d'approximations, d'affirmations caricaturales, de mélange de psychologie et de spirituel, d'erreurs... Je ne partage pas tout ce qui est écrit et je n'ai pas plus d'idée arrêtée sur ces sujets ", écrit le proviseur de l'établissement Ghislain de Barmon. " Heureux que les élèves, avec de l'esprit critique, aient repéré les limites de cet écrit ", poursuit le proviseur qui ne condamne pas plus les propos du livre. Mercredi 2 décembre, l'ensemble du personnel du lycée a débrayé en signe de protestation. 

" Les membres de l’équipe de direction et toute l'équipe enseignante du collège-lycée ne peuvent que regretter l’absence de concertation et de discernement qui ont conduit le chef d’établissement à mettre à la disposition des lycéens une publication dont certains propos étaient homophobes et sexistes ", écrivent-ils dans un communiqué cité par Le Télégramme. Ils précisent qu’ils ne portent pas " la responsabilité de cette diffusion et nous-mêmes, blessés et bouleversés, comprenons les réactions et la vive émotion que cela a pu provoquer ". 

Les députés Laurence Vanceunebrock-Mialon (LREM) et Bastien Lachaud (LFI) ont écrit au ministre de l'Éducation et à la ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Dans leur courrier, il écrivent : " le choix des manuels ne peut être laissé à la libre appréciation des établissements, sans contrôle par vos services, lorsque de tels extraits nous parviennent. Il est urgent de remédier à ces dérives constatées sur l'ensemble du territoire ". 

Des propos ouvertement homophobes : Dans le manuel, on peut lire des abominations comme : " l'homosexualité résulte souvent d'une évolution psychique marquée par l'influence excessive ou insuffisante du père ou de la mère dans l'enfance ; ou suite à des perversions d'adultes (sic) qui ont provoqué une attirance pour le même sexe, ou une peur de l'autre sexe (sic) ". " La tendance homosexuelle (sic) n'est pas voulue, et ne rend pas spécialement heureux (sic) ". S'adressant aux adolescents, l'auteur, le père Jean-Benoît Casterman, écrit : " n'active pas cette tendance en passant à l'acte (...) L'engrenage peut être fatal (sic), car nos actes confirment nos tendances. Aujourd'hui, certains prétendent que l'homosexualité est normale. Pourtant, l'épanouissement sexuel n'est totalement possible que dans l'altérité homme/femme (sic) ". Pour rappel, la doctrine catholique juge " désordonnés " les " actes homosexuels ". 

Mais le manuel ne s'en tient pas à des propos homophobes. Il banalise également la culture du viol : " Microjupe, nombril à l'air, pantalon taille basse, string, décolleté vertigineux, dos nu invitent à des suites voluptueuses. Tu passes pour une gamine frivole et disponible. Si on te drague, c'est ton problème ", peut-on lire à une autre page. Contactée par plusieurs journaux, la direction de l'enseignement catholique du Finistère n'a pas donné suite à nos sollicitations. 

lundi, novembre 30, 2020

Homophobie : Les Indonésiens n'auront pas à dénoncer les homos au sein de leur famille !

Alors que le pouvoir indonésien multiplie les attaques contre les LGBTQ+, le Parlement a mollement repoussé une loi qui aurait notamment permis à l’État de superviser la " réhabilitation " de parents et enfants " déviants ". 

Certains débats du Parlement indonésien sont dignes d’un mauvais préquel de " La Servante écarlate ". Ainsi le Jakarta Globe rapportait hier l’abandon d’un projet législatif appelé " Résilience familiale ". Le Parti de la justice et de la prospérité ( PKS, islamiste ) voulait y préciser les rôles assignés aux époux et aux parents, afin de " réaliser le développement émotionnel et spirituel du peuple indonésien ". 

Il prévoyait notamment de rendre les femmes officiellement responsables des travaux domestiques et de " l'accomplissement des droits du mari et des enfants conformément aux normes religieuses ". 

Un des articles les plus controversés consistait en l’obligation de signaler tout " problème familial " à un organisme gouvernemental. À cet égard, les personnes " déviantes " ( parce qu’elles auraient commis des actes homosexuels, sadomasochistes ou incestueux, précise le texte ) auraient dû être dénoncées aux autorités par leur conjoint, parent ou enfant. Objectif : permettre leur " réhabilitation sociale ou psychologique ", leur " remise sur le droit chemin spirituel ", voire de leur " réhabilitation médicale ". Significativement, les violences domestiques ne faisaient pas partie des " problèmes familiaux " identifiés par le PKS. 

Trop intrusif : Ce n’est pas le caractère grossièrement patriarcal et homophobe de cette " résilience familiale " qui a convaincu les parlementaires indonésiens de rejeter la loi. C’est plutôt l’idée de voir l’État mettre son nez dans les foyers. " Nous sommes une société hétérogène, qui ne peut être uniformisée, surtout en ce qui concerne les affaires du foyer. Chaque famille a sa propre façon de s’organiser ", constatait Nurul Arifin, élue du parti conservateur laïc Golkar, qui a soutenu le texte avant de changer d’avis. 

L’homosexualité n’est pas illégale en Indonésie ( hormis dans la province d’Aceh ). Mais la situation des minorités sexuelles et de genre s’y est fortement dégradée ces dernières années. Les partis conservateurs et islamistes exercent une pression accrue pour criminaliser les relations entre personnes de même sexe. La police, de son côté, mène des raids et des vagues d’arrestations hautement médiatisés dans des saunas et des soirées. Au mois d’août, une cinquantaine de jeunes hommes soupçonnés de " pornographie " ont été jetés en prison et exhibés devant les caméras. 

samedi, novembre 28, 2020

LGBT : Un collectif de victimes appelle à " bannir " les " thérapies de conversion " !

Dans une tribune au Monde, les membres du collectif Rien à guérir appellent le gouvernement à appuyer la proposition de loi pour interdire les " thérapies de conversion ". Et de ne pas s'arrêter à des amendements qui laissent des trous dans la raquette. 

Ils craignent un texte au rabais. Dans une tribune au journal Le Monde, un collectif de victimes de thérapies de conversion, appelle le gouvernement à soutenir la proposition de loi pour interdire ces pratiques. Ils ne veulent pas du " texte au rabais ", annoncé par Marlène Schiappa dans le projet de loi sur le " séparatisme " par voie d'amendements. 

Ces thérapies prétendant " guérir " de l'homosexualité ou de l'identité de genre sont encore encouragées par une frange religieuse de la population, mais aussi par des personnes qui se réclament de la médecine. " Ces pratiques existent bel et bien aujourd’hui, en France, nous en sommes témoins. Que ce soit par des sessions spirituelles, des accompagnements thérapeutiques ou spirituels, des exorcismes, des rassemblements de prière, des jeûnes ou tout autre type de pressions, ces actes qualifiés d'homothérapie ou, plus fréquemment, de thérapies de conversion, portent gravement atteinte à la personne humaine et à son identité, qu’on ne peut modifier ", écrit le collectif Rien à guérir. 

Honte, culpabilité, isolement, désespoir : Ils dénoncent également les effets sur la santé mentale des victimes. Car si ces " thérapies " n'ont aucune influence sur leur identité de genre ou leur orientation, elles causent " honte, culpabilité, isolement, désespoir ". Les victimes font état d'épisodes dépressifs, d'une grande anxiété. Certains ont même tenté de mettre fin à leurs jours. 

" Les promoteurs de ces pratiques ont non seulement pu agir depuis des années sans être inquiétés, mais ont aussi prospéré au cours des vingt dernières années sur le territoire national et en Europe. Tant que la qualification pénale de ces pratiques et l’infraction spécifique n’existeront pas, il sera impossible de les identifier et de les combattre. Nous ne pourrons toujours pas porter plainte ni nous reconnaître en tant que victimes ", dénoncent les victimes. " Lutter contre ces dérives, c’est permettre aux personnes, en particulier les plus jeunes en recherche d’identité, de trouver la liberté d’être ce qu’ils sont sans la culpabilité induite ou confortée par les fausses promesses ", ajoutent-elles. 

Une initiative du gouvernement qui sape le travail parlementaire : " C’est un cri d’alerte que nous lançons aujourd’hui : alors que ces pratiques dévastatrices progressent par l’importation des mouvements " ex-gays " américains en France depuis les années 1990, elles ne font pas l’objet d’une interdiction spécifique sur notre territoire. Il est temps d’agir fermement et intelligemment ", alertent-ils. C'est là que le bât blesse. Sans avoir consulté personne, Marlène Schiappa a annoncé en octobre que l'interdiction de ces thérapies serait inscrite dans le projet de loi du gouvernement contre les " séparatismes ". 

La ministre déléguée à la Citoyenneté ne pouvait pas ne pas savoir que Laurence Vanceunebrock-Mialon travaille d'arrache pied ( avec son collègue insoumis Bastien Lachaud ) depuis plusieurs années pour mettre à l'ordre du jour une proposition de loi à ce sujet. En juin, elle avait obtenu de son groupe que la proposition de loi soit débattue après avoir écrit un rapport particulièrement documenté. Dans nos colonnes, la députée craignait que son texte soit vidé de sa substance. Depuis, elle semble hésiter à quitter la République en Marche. " Le manque d'écoute parfois, même pour les sujets qui me tiennent à cœur, laisse une impression d'impuissance et de manque de considération des travaux que nous menons, avec certains de mes collègues parlementaires ", ajoute-elle. 

Des amendements " au rabais " : Les auteurs de la tribune appuient la députée. " Nous souhaitons mettre en garde le gouvernement contre cette approche qui ne tient pas compte de l’ensemble du phénomène. Procéder ainsi aurait pour conséquence de laisser de côté les thérapies de conversion médicales ou sociétales. De plus, alors que l’interdiction des thérapies de conversion fait consensus, l’intégrer à un projet gouvernemental qui fait débat risque de mettre en péril le travail de longue haleine des parlementaires et de la société civile ". Avant de conclure : " ne misons pas sur un texte au rabais, soutenons le travail déjà effectué ".