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samedi, décembre 26, 2020

Job : Selon cette étude du Crédit Suisse, les entreprises LGBTfriendly ont de meilleurs résultats !

Une étude du Crédit Suisse démontre que les entreprises favorables aux personnes LGBT+ ont de meilleurs résultats que les autres. Une étude à partager, alors que les LGBT+ sont toujours discriminés au boulot.

Toutes les nouvelles positives sont bonnes à prendre. " Nous avons démontré que 350 entreprises LGBTfriendly ont de meilleurs résultats en termes financiers et de performance boursière " par rapport aux autres entreprises. Le Crédit Suisse l'affirme : avoir une approche inclusive dans sa boite, c'est bon pour les affaires. Malgré cela, les discriminations restent nombreuses.

L'étude met en avant l'importance d'être une entreprise favorable à l'avancée des droits des personnes LGBT+. Le Crédit Suisse remarque que les personnes LGBT+ dépensent plus d'argent dans les produits et services que les hétéros. Toutes les personnes LGBT+ réunies représentent 5.600 milliards de dollars de dépenses chaque année (oui, oui). " Si la communauté LGBT+ était une économie, elle serait la troisième plus importante au monde ", écrit le Crédit Suisse dans un communiqué.

Deux revenus mais pas d'enfants : Pour ces dirigeants d'entreprise, la règle qui concerne les personnes LGBT+, c'est PINK : "partner income no kids " ( deux revenus mais pas d'enfants ). Ce qui offre aux personnes LGBT+ un pouvoir d'achat plus fort. Bien évidemment, cette règle comporte de nombreuses exceptions. D'abord, les familles homoparentales sont heureusement plus nombreuses. L'étude oublie également que les personnes LGBT+ sont plus régulièrement victimes de précarité. Cette étude minimise les discriminations, que ce soit dans l'accès au prêts pour les personnes porteuses du VIH, que ce soit en terme d'avancement dans la carrière ou de difficultés à être recruté.

Malgré cela, l'analyse nuance et indique qu'une " politique d'entreprise pour l'égalité des personnes LGBT+ n'entraîne pas de fait une potentielle meilleure performance ". En revanche, une politique d'inclusion est un indicateur de la bonne santé financière de l'entreprise. Ces entreprises sont qualifiées de friendly lorsque des postes à responsabilités sont occupés par des managers ouvertement LGBT+. Mais ces boîtes doivent également être bien noté dans le baromètre de Human Rights Campaign.

Des politiques RH qui ont du mal à se voir : Sur 350 entreprises qui ont mis en place une politique d'inclusion ambitieuse, 27 ont des résultats au-dessus de la moyenne de rentabilité, 29 ont de bons résultats sur plusieurs critères et 22 ont des bénéfices et un cours de bourse supérieurs à la moyenne. Les entreprises de ce panel ont surperformé 7 années sur les 11 analysées. Dans un second panel, les 100 entreprises friendly de l'ESG Index montrent des résultats de 18% contre 12% pour les autres entreprises.

Malgré ces résultats positifs, être LGBT+ en entreprise reste, en 2020, difficile. Et les politiques de ressources humaines ont du mal à percoler partout dans l'entreprise. De fait, les personnes LGBT+ sont plus régulièrement malheureuses au travail. Seuls 43% des LGBT+ sont out auprès de tous leurs collègues, contre 54% en 2018, selon une étude du Boston Consulting Group. Plus de la moitié des personnes trans considèrent leur identité de genre comme un désavantage au travail. La Commission européenne fait ce triste constat : 19% des LGB, 35% des personnes trans et 32% des personnes intersexes se sont senties discriminées au travail au cours de l'année précédente.

vendredi, décembre 25, 2020

Société : Quelques conseils à l’usage de l’Éducation nationale, " et des autres " pour une école plus queer !

Le suicide d'une lycéenne trans la semaine dernière à Lille a mis en lumière le manque de connaissances des personnels éducatifs sur les questions LGBT+. Pourtant, pour Gabrielle Richard, sociologue du genre et autrice de " Hétéro, l’école ? Plaidoyer pour une éducation anti-oppressive à la sexualité ", il y a des moyens simples et rapides de rendre l'école plus inclusive. 

Témoignage : " En France, n’oublie surtout pas de dire bonjour madame et bonjour monsieur, pas seulement bonjour ". Ce conseil bien avisé, je l’ai eu il y a plus de cinq ans, quand je quittais Montréal pour Paris, encore animée d’une grande naïveté quant aux similitudes entre les deux villes, entre les deux pays. Puis sont venus les manifestations contre la PMA pour les femmes lesbiennes. Le meurtre de Vanesa Campos, une femme trans et racisée. Les tergiversations autour des appellations " parent 1 " et " parent 2 " plutôt que " père " et " mère " dans les formulaires scolaires. Les attaques contre Alice Coffin. Les suicides de Doona en septembre, d'Avril/Luna la semaine dernière, deux jeunes femmes trans avec la vie devant elles et tant de choses à accomplir. 

Et j’ai compris. J’ai compris à quel point la société française était attachée aux catégories de genre binaires. J’ai compris combien elle pouvait être violente à l’égard des personnes qui forment ses groupes minoritaires et minorisés. J’ai compris que c’était le sexisme, et non la galanterie, qui constituait la prémisse de ce " romantisme à la française " qu’on nous vend dans les films césarisés et dans les best-sellers. J’ai compris qu’il y faisait encore bon rire des homosexuels à heure de grande écoute, dans Les grosses têtes ou Touche pas à mon poste. Et que l’école républicaine était trop souvent davantage le lieu de cimentation des statuts sociaux que celui de tous les possibles. 

Être cisgenre, c'est aussi une identité de genre : D’abord, mettons les choses au clair. Quand il est question d’inclure les réalités LGBTQ dans les contenus scolaires, on se heurte à deux types de questions : 

1) Est-ce le rôle de l’école ou de la famille d’aborder ces sujets ? 

2) Les enfants et adolescent.es ne sont-iels pas trop jeunes, trop innocent.es pour qu’on évoque ces questions ? 

Est-ce donc bien le rôle de l’école ou de la famille de parler d’homosexualité, de pansexualité, des transidentités, de queer ? Voilà une fausse question puisque – entendons-nous bien – il est déjà amplement question de genre, de sexe et d’attirances à l’école. Ces sujets ne s’arrêtent pas aux portes des établissements, mais y entrent de plain-pied. On les retrouve dans les contes pour enfants en maternelle. Dans les insultes, les moqueries et les provocations au primaire. Dans les rumeurs et les premiers amours au collège. Dans les séances d’éducation à la sexualité au lycée. Le hic, c’est qu’on n’accepte pas que parler d’hétérosexualité, c’est aussi parler d’orientation sexuelle. Et qu’être cisgenre, c’est aussi une identité de genre. Parler d’homosexualité n’est tabou que parce que ça brise cette norme non-dite, cette présomption constante de l’hétérosexualité de tout le monde. 

L'intérêt des élèves est là : Quant aux jeunes, sont-iels prêt.es à entendre parler de tels sujets ? Bien entendu. Les enquêtes nous montrent que les adolescent.es sont globalement insatisfait.es de ce qu’on leur enseigne sur le genre et les sexualités à l’école et considèrent apprendre davantage sur les réseaux sociaux, sur des sites ou des forums web ou auprès de proches de leur âge. 

Et pour cause : L’Obs publiait en mars 2019 les résultats d’une enquête YouGov selon laquelle 14% des adultes de 18-44 ans s’identifiaient comme non-binaires. Les données dont on dispose sur le plan scientifique laissent entendre que ces chiffres sont encore plus élevés chez les jeunes, dont un nombre croissant entretient des conceptions du genre fluides et ne se retrouvent pas dans une hétérosexualité stricte. Et les enseignant.es seront les premier.es à dire que dès lors que la conversation dévie en classe vers ces sujets, l’intérêt des élèves est là, il est vif, et il est difficile à rassasier. 

Bonne conscience : Jean-Michel Blanquer, anormalement coi les jours suivant le suicide d'Avril/Luna, a finalement déclaré qu’il fallait que l’Éducation nationale " réussisse beaucoup mieux ", tout en affirmant du même souffle avoir " fait énormément sur la lutte contre le harcèlement, qui inclut l’enjeu du harcèlement contre les élèves LGBT ". L’Éducation nationale ferait-elle vraiment déjà beaucoup pour favoriser l’inclusion des élèves LGBT? Loin s’en faut. Certes, les mots " homophobie " et " transphobie " sont maintenant prononcés par des haut.es fonctionnaires et apparaissent depuis peu dans les circulaires de rentrée et sur le site web de l’Éducation nationale. Les LGBTphobies sont censées s’être imposées comme une préoccupation des rectorats, dans la continuité des efforts de la campagne Tous égaux, tous alliés de janvier 2019. 

Or, ajouter les mots " homophobie " et " transphobie " à des documents officiels, rassembler des ressources sur une page web, et faire parvenir des affiches aux établissements des quatre coins de la France, ce n’est pas agir contre les violences et pour l’inclusion scolaire des élèves LGBT : c’est se donner bonne conscience. C’est refuser d’opter pour un plan d’action clair et d’y accorder les ressources nécessaires, sous prétexte que les personnels éducatifs se débrouillent déjà bien au meilleur de leurs capacités sur le terrain. 

Respecter l'auto-identification : Si ce n’est pas assez, alors comment faire mieux ? D’abord, l’accueil des élèves trans et non-binaires ne doit plus se faire au cas par cas et dépendre du bon vouloir des équipes éducatives locales : il doit plutôt faire l’objet de lignes directrices claires, prescriptives, dans une perspective trans-affirmative. 

En conformité avec les revendications des associations trans, elles devraient affirmer que le seul indicateur fiable de l’identité de genre d’une personne est son auto-identification; que les mesures mises en place pour accueillir les jeunes doivent être guidées par leur volonté et leurs besoins; que le droit des élèves trans à la confidentialité et à la vie privée doit être préservé, et que l’usage interne de leurs prénom, pronom et mention de sexe doit respecter leur auto-identification, quel que soit leur statut à l’état civil. 

Des contenus pédagogiques qui alimentent les stéréotypes : Les programmes et les contenus scolaires doivent être repensés de manière à inclure les réalités LGBTQ de manière à encourager la réflexion critique sur les normes dominantes. Cela inclut évidemment l’éducation à la sexualité, qui devrait être beaucoup plus substantielle, sexe-positive, inclusive et critique des normes dominantes. La presque totalité (95%) des jeunes LGBTQ en France rapporte que les contenus d’apprentissage ne sont pas adaptés à leurs besoins. Si ces jeunes considèrent leur curriculum comme symboliquement violent à leur égard, c’est parce qu’il les maintient invisibles et contribue à les mettre à l’écart. 

Par exemple, lorsque les programmes et manuels scolaires évoquent l’homosexualité, le lesbianisme ou la transidentité, cela se fait plus souvent qu’autrement pour dire " ces personnes aussi vivent des discriminations " ou " ces groupes aussi ont obtenu des droits ". Ce traitement du sujet plaide ( insidieusement ) en faveur d’une tolérance à la différence, sans adresser le manque d’information sur le sujet, et sans confronter les préjugés sexistes, homophobes et transphobes susceptibles d’être ancrés de longue date chez les élèves. En cela, on peut considérer que ce genre de référence alimente plutôt qu’enrage les violences de genre à l’école, puisqu’on ne questionne jamais la naturalité présumée de l’hétérosexualité ou des rôles de genre, la prétendue complémentarité des sexes ou la nécessaire détermination de l’identité de genre d’une personne à partir du seul indicateur que sont ses organes génitaux. 

Former les personnels : C’est dans cette perspective aussi qu’il faut former systématiquement les personnels scolaires. On essaye souvent de le passer sous silence, mais les personnes impliquées dans la scolarité de nos enfants ne sont pas neutres. Elles occupent toutes une place dans les rapports de pouvoir : elles possèdent un genre et une orientation sexuelle, elles se situent sur le plan racial et linguistique, etc. Ces attributs leur confèrent des privilèges ou les disqualifient socialement, à différents degrés. Non seulement les personnels scolaires ne sont pas immunisé.es contre les préjugés, iels sont susceptibles de transmettre les leurs à leurs élèves, sans même s’en rendre compte. Une formation initiale doit être l’occasion pour les personnels d’interroger leur propre positionnement dans les rapports de pouvoir, ainsi que les privilèges et les angles morts que ce positionnement est susceptible de leur conférer. 

La refonte des programmes et l’obligation de formation des personnels sont donc des visées à long terme pour créer les conditions d’une école républicaine véritablement inclusive et émancipatrice. Dans l’immédiat, toutefois, les personnels éducatifs ne sont pas contraints à garder les mains liées. Les pistes suivantes leur permettent dès maintenant d’aborder de manière anti-oppressive les questions relatives au genre et à l’orientation sexuelle. 

Nommer ce qui est d’ordinaire tu : Les normes dominantes sont difficiles à voir, en partie parce qu’elles ne sont pas nommées. L’hétérosexualité, le statut cisgenre, la blanchité sont pourtant des caractéristiques identitaires d’importance, puisqu’elles traduisent une série de privilèges rarement interrogés ( pouvoir tenir son/sa partenaire par la main en public, ne pas craindre d’être injustement pénalisé.e dans l’accès à l’emploi ou au logement, etc... ). Au même titre qu’on peut estimer nécessaire de le faire en parlant de personnes homosexuelles, trans ou racisées, il est intéressant de spécifier l’hétérosexualité ou le statut cisgenre des personnes dont on parle. Cela permet de mettre à jour l’existence de présomptions d’ordinaire invisibles. Tout cela crée un terrain fertile pour l’amorce d’une réflexion critique sur les normes sociales dominantes. 

Miser sur les instances de dissonance cognitive : Les préjugés reposent sur une série d’énoncés et de conceptions perçues comme allant de soi, donc comme étant partagées par tout le monde. Les instances de dissonance cognitive s’avèrent être d’efficaces outils pédagogiques, puisqu’elles permettent d’instiller ( parfois pour la toute première fois ) le doute chez les personnes qui les énoncent. Dès lors qu’elles sont sollicitées pour expliciter leurs idées reçues, ces personnes peuvent s’apercevoir qu’elles se retrouvent rapidement dépourvues d’arguments solides. Par exemple, à un.e élève qui affirmerait qu’une femme ne peut/doit pas gagner un salaire plus élevé que celui de son époux, on peut répondre : " Je ne comprends pas. Pourquoi dis-tu ça " ? À un.e autre élève qui entretiendrait des conceptions rigides sur la complémentarité des sexes, on pourrait donner l’exemple de la répartition des tâches au sein de couples gays ou lesbiens, dont la recherche a montré qu’elle se basait sur les disponibilités et les préférences des partenaires, non sur des rôles de genre. 

Faire état de son propre processus d’apprentissage : Cela nécessite de reconnaitre ses erreurs et de les corriger, mais aussi de faire état des choses qu’on ne connait pas, ou pas assez. Par exemple, lorsqu’on attribue erronément à quelqu’un une identité de genre, qu’il s’agisse d’une personnalité publique ou du personnage d’un film, il faut faire amende honorable : " J’ai fait une erreur. J’ai considéré que cette personne était une femme en raison de la longueur de ses cheveux. Pourquoi n’est-ce pas le meilleur indicateur " ? 

Autre exemple : si vous êtes appelé.e à expliciter l’acronyme LGBTQ, mais avez peur de vous tromper, n’hésitez pas à le dire : " Je ne connais pas assez cet acronyme. Que diriez-vous qu’on se renseigne ensemble à ce sujet " ? Plutôt que le signe d’une ignorance, ces phrases témoignent de la transparence de vos propres processus d’apprentissage. Ils transmettent le message qu’on ne peut deviner le genre d’une personne à sa seule apparence, et que la norme, c’est la diversité. 

Assumer les limites du matériel pédagogique : Aucun matériel pédagogique n’est parfait. L’important, c’est d’enseigner aux élèves à faire preuve d’esprit critique face aux représentations disponibles dans leurs contenus scolaires ou dans les livres. Il peut simplement s’agir d’attirer leur attention sur le fait qu’un texte à l’étude ne met en scène que des hommes, et de questionner avec les élèves cet état de fait. On peut souligner l’absence de certains groupes ou événements quand elle se donne particulièrement à voir : " C’est quand même étrange que ce manuel n’évoque pas les émeutes de Stonewall aux États-Unis. J’ai pourtant l’impression qu’elles ont joué un rôle central dans la mobilisation pour les droits civils des personnes homosexuelles ". Ce faisant, germe chez les élèves l’idée qu’il existe tout un pan de l’histoire contemporaine qu’ils et elles n’apprendront peut-être pas sur les bancs d’école, mais qui a néanmoins bien eu lieu. 

Se rendre visibles comme personnes ayant un genre ( et une orientation sexuelle ) : Les discussions informelles sont autant d’opportunités pour transmettre des messages sur les normes de genre et d’orientation sexuelle, tout particulièrement pour les personnes cisgenres et/ou hétérosexuelles. Ce faisant, on fait comprendre aux élèves que tout le monde est en constante construction sur le plan du genre et de l’orientation sexuelle. Les enseignant.es peuvent ainsi spécifier leurs pronoms d’usage en début d’année, parler de leurs intérêts considérés comme atypiques sur le plan du genre, ou encore expliquer comment leurs goûts et habiletés ont pu changer avec les années. 

Inverser les rapports de pouvoir pour réfléchir aux privilèges : L’exercice d’inversion est un moyen pédagogique par lequel des énoncés ou des affirmations communes sont détournées de manière à mettre en évidence l’arbitraire des normes que nous tenons pour acquises. Il peut s’agir d’un exercice réalisé en soi pour sa valeur pédagogique, ou encore d’un outil d’analyse de contenus à l’étude. Ainsi, le questionnaire hétérosexuel ( dont plusieurs versions sont disponibles en ligne ) initie une réflexion critique sur les normes en matière d’orientation sexuelle. Il comprend une série de questions couramment posées aux gais et aux lesbiennes, mais reformulées pour l’occasion de façon à interroger l’expérience des personnes hétérosexuelles ( " Qu’est-ce qui a causé votre hétérosexualité ? ", " Est-il possible que votre hétérosexualité ne soit qu’une phase et que vous n’ayez simplement pas encore rencontré le bon partenaire du même genre ? " ). Dans d’autres exercices d’inversion, on prend un récit connu et on y inverse le genre des personnages principaux. Il s’agit d’une méthode facile à mettre en place et efficace pour mettre en évidence les rapports de pouvoir et les normes (masculine, hétérosexuelle, blanche ) qui nous entourent constamment sans pour autant qu’on les voit. 

Il est donc possible de travailler dans l’immédiat à la mise en œuvre d’une pédagogie anti-oppressive et à la création d’un climat de classe véritablement inclusif pour l’ensemble des élèves. Plusieurs enseignant.es et membres du personnel éducatif le font d’ailleurs déjà, dans l’ombre, individuellement ou dans des associations comme Queer Education. Mais ce qu’on attend impatiemment et qui tarde, qui brille par son absence, c’est l’impulsion venue d’en haut. C’est la volonté politique. 

jeudi, décembre 24, 2020

Société : Selon une étude, les stéréotypes de genre impactent la santé mentale des enfants !

Une étude anglaise menée par la Fawcett Society nous apprend que l'éducation basée sur les distinctions de genre peut avoir des répercussions néfastes sur les enfants jusqu'à leur entrée dans l'âge adulte. Un constat alarmant. 

Une éducation trop genrée peut s'avérer mauvaise pour les enfants, et ce dès leur plus jeune âge. Selon une récente étude britannique réalisée par la Fawcett Society, les stéréotypes de genre représentent de véritables barrières pour les enfants, créant notamment des problèmes d'estime de soi chez les filles et des soucis de lecture chez les garçons. Plus encore, l'organisation caritative souligne le fait que ces stéréotypes genrés impactent la santé mentale des plus jeunes sur le long terme, pouvant causer des troubles alimentaires chez les filles ainsi que des tendances suicidaires chez les garçons. 

Menée pendant 18 mois, l'étude en question comprend également plusieurs données statistiques inquiétantes. D'une part, près de 74% des parents interrogés reconnaissent considérer différemment garçons et filles et 6 parents sur 10 avouent que cette distinction basée sur le genre possède des impacts négatifs. De plus, 70% des mères et 60% des pères sont d'accord pour dire que ce traitement différentiel influe sur la façon dont les garçons parlent ( ou, plutôt, ne parlent pas ) de leurs émotions. 

Les stéréotypes de genre ont également une influence sur les carrières professionnelles. Lorsqu'on a demandé aux parents quels métiers ils envisageaient pour leurs enfants, 22% se tournaient vers le secteur de la construction pour les garçons face à seulement 3% pour les filles. En comparaison, 22% verraient bien leur fille travailler comme infirmière ou auxiliaire de vie contre 8% pour leur fils. 

Une prise de conscience nécessaire : " Il faut mettre un terme à la princessification des filles et à la toxification des garçons, soutient Sam Smethers, directrice générale de la Fawcett Society. Le secteur commercial se repose trop souvent sur les stéréotypes de genre et sépare filles et garçons simplement pour vendre plus de produits. Mais il ne s'agit pas de tout rendre neutre. Il faut aussi rendre les femmes et les filles visibles quand la norme est masculine à cause de biais préexistants. Par exemple, montrer fréquemment aux enfants des femmes leaders ou scientifiques est important ". Par chance, une volonté de changement a été décernée chez les parents. 

Toujours selon l'étude, 66% des parents souhaiteraient que les entreprises markettent leurs produits de la même manière pour les garçons que pour les filles, sans véritable distinction de genre. " La majorité des parents reconnaissent qu'il y a un problème et sont de plus en plus nombreux à vouloir quelque chose de différent, conclut Sam Smethers. Ils veulent voir un vrai changement de la part du gouvernement et des entreprises, et ont besoin d'aide pratique pour effectuer eux-mêmes ce changement ". 

mardi, décembre 22, 2020

Suisse : Le mariage pour tous est désormais légal, mais…

Depuis longtemps dans les tuyaux, le projet de loi ouvrant le mariage à tous les couples a enfin été adopté en Suisse. Et le texte contient l'ouverture de la PMA pour les couples de femmes. 

C'est une légalisation tardive par rapport à de nombreux pays européens, mais au moins, elle va plus loin que de nombreux autres textes. Le Parlement helvétique a approuvé vendredi 18 décembre le projet de loi autorisant le mariage pour les couples homosexuels. Fin novembre, le Conseil des États avait approuvé la réforme de la loi dans sa version la plus extensive. Elle ouvre en effet aux couples de femmes le droit à la procréation médicalement assistée (PMA). 

Mariage et PMA pour toutes : Le texte adopté par le Parlement suisse inclura également l’accès à la PMA pour les couples de femmes. Celles-ci seront donc reconnues automatiquement comme mères de l’enfant à condition qu’elles aient eu recours à une banque de sperme en Suisse. Lors du vote du mariage pour tous, en 2013, François Hollande avait refusé d'inclure la PMA pour toutes dans le projet de loi. Il s'en était expliqué alors... 7 ans plus tard, la PMA pour toutes les femmes n'est toujours pas adoptée, mais devrait revenir au Sénat en seconde lecture le 19 janvier prochain. 

La Suisse est le 29ème pays au monde à ouvrir le mariage aux couples de même sexe, après sept longues années de débats. Le projet de loi sur l'égalité juridique des couples homosexuels avait en effet été déposé en 2013 par le Parti libéral vert. " Aujourd'hui est un jour historique pour la communauté LGBT et ses amis ! ", a déclaré le Comité national sur le mariage pour tous, repris par l'AFP. " Le Parlement suisse a confirmé aujourd'hui que les familles arc-en-ciel et les couples homosexuels méritent les mêmes droits que les familles hétérosexuelles. Bien que ce soit déjà une évidence pour beaucoup en Suisse, la victoire d'aujourd'hui est un incroyable pas en avant pour notre pays et tous ceux qui en bénéficient directement ou indirectement ", a-t-il réagi. 

Un référendum : Les Suisses devraient toutefois avoir le dernier mot car le parti de l'Union démocratique fédérale (UDF), une petite formation qui défend des valeurs chrétiennes, a déjà annoncé qu'il lancerait un référendum pour tenter de contrer le vote du texte. La démocratie suisse prévoit en effet qu'un référendum facultatif peut être organisé pour s'opposer à un acte législatif adopté par le Parlement. Le peuple (ici l'UDF) devra réunir 50.000 signatures dans les 100 jours suivant la publication officielle de la loi, pour pouvoir organiser un référendum. Toutefois, ils ont peu de chance de réussir à inverser le cours des évènement. Le député PS Mathias Reynard, en faveur du texte, en semble d'ailleurs convaincu. 

lundi, décembre 21, 2020

Religion : L'archevêque de Lettonie demande de créer un cadre légal pour les couples homosexuels

L'archevêque de Lettonie, Zbignevs Stankevics, a appelé mardi 15 décembre à créer un cadre légal pour des couples homosexuels, mais également pour d'autres personnes souhaitant vivre ensemble, en plus du mariage traditionnel ! 

" Nous devrions repousser toutes les idéologies et créer un cadre juridique réel qui protégerait tous les membres de la société ", a déclaré l'archevêque lors d'une audition parlementaire. Les déclarations de l'archevêque interviennent après une décision historique du Tribunal constitutionnel letton en novembre qui a statué que le terme " famille " n'équivalait pas le terme " mariage ". Selon le Tribunal, la famille peut inclure un plus large éventail de relations qu'un simple mariage hétérosexuel entre deux personnes de sexe différent. 

" Il y a une polarisation des opinions : d'une part, des signatures sont collectées pour autoriser les mariages homosexuels. Pendant ce temps, d'autre part, il y a une action en cours contre cela, mais nous devons rechercher des tentatives d'unifier la société, pas de la diviser ", a déclaré l'archevêque. " Nous recherchons des propositions qui ne sont entachées d'aucune question idéologique ou religieuse, nous ne remettons pas en question le concept de famille traditionnelle mais nous parlons de mécanismes de protection de ces relations, y compris entre personnes de même sexe, qui échappent à la définition traditionnelle du mariage ", a-t-il indiqué. Selon lui, les couples qui émettent une déclaration de " ménage commun ", qui peut également inclure des personnes âgées veuves vivant ensemble, doivent bénéficier d'une protection en vertu de la loi. 

La constitution lettone définit le mariage en tant " qu'union entre un homme et une femme ". Mardi également, les évêques catholiques de Lettonie ont envoyé une lettre au président Egils Levits et à la présidente du Parlement, Inara Murniece, demandant de ne pas changer la définition légale du mariage mais de légaliser d'autres formes de relations qui peuvent bénéficier d'une protection juridique légale. 

samedi, décembre 19, 2020

Société : Les droits des LGBT+ progressent mais 69 pays pénalisent encore les relations homosexuelles !

Les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes ont fait des progrès en 2020, a souligné l'Association Internationale des personnes LGBTI dans un rapport annuel paru ce mardi 15 décembre. Mais selon celui-ci, 69 pays continuent de criminaliser les relations consensuelles entre personnes de même sexe, dont six sont passibles de la peine de mort. 

" Ce chiffre a baissé d'un point cette année, car le Gabon a fait marche arrière par rapport à la disposition criminalisante qu'il avait adoptée en 2019, qui est devenue la loi de ce type à la vie la plus courte de l'histoire moderne ", a noté Lucas Ramón Mendos, coordinateur de la recherche à l'Association Internationale des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans et Intersexes (ILGA) et principal auteur du rapport annuel, paru ce mardi. 

" De plus, la semaine dernière, le Parlement du Bhoutan a approuvé un projet de loi visant à dépénaliser les relations consensuelles entre personnes du même sexe, qui pourrait bientôt être promulgué ", a-t-il ajouté. 

Parmi ces 69 pays, au moins 34 États membres des Nations Unies ont appliqué des lois punitives au cours des cinq dernières années, selon l'association, qui estime toutefois que ce nombre est " peut-être beaucoup plus élevé ". 

" Partout où de telles dispositions existent, explique Lucas Ramón Mendos, les personnes peuvent être dénoncées et arrêtées à tout moment, même si elles sont simplement soupçonnées d'avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe. Les tribunaux les poursuivent activement et les condamnent à la prison, à la flagellation publique, voire à la mort ". 

Situation " empirée " pendant la pandémie de Covid-19 : La pandémie de Covid-19 a là aussi eu des effets délétères. " Dans de nombreux endroits où les lois étaient déjà une cause d'inégalité, les choses n'ont fait qu'empirer ", a accusé Julia Ehrt, directrice des programmes d'ILGA World. 

Et de citer la prolifération de ce que l'on appelle les " zones sans LGBT " en Pologne, l'Indonésie qui a cherché à donner une nouvelle impulsion aux " thérapies de conversion " et l'annulation de deux interdictions de telles pratiques en Floride, aux États-Unis, par exemple. 

Ces " thérapies " sont censées changer l'orientation sexuelle et sont extrêmement controversées, en raison des risques psychologiques qu'elles présentent et de l'absence de preuve d'une quelconque efficacité. 

Des bonnes nouvelles " contre toute attente " au Soudan, au Costa Rica et en Europe : L'ILGA World a aussi trouvé des développements positifs en 2020, de son propre aveu, " contre toute attente ". Ainsi, note l'organisation, le Soudan a abrogé en juillet 2020 la peine de mort pour les actes sexuels consensuels entre personnes du même sexe. De plus, l'Allemagne est désormais l'un des quatre États membres des Nations unies qui ont interdit les " thérapies de conversion " au niveau national, et " d'autres juridictions en Australie, au Canada, au Mexique et aux États-Unis ont suivi cet exemple ". 

L'ILGA World se réjouit également du fait que le mariage pour tous " est désormais une réalité dans 28 États membres des Nations unies ". 

Le Costa Rica est devenu le premier pays d'Amérique centrale à autoriser le mariage égalitaire et " 34 États membres des Nations Unies prévoient des formes de reconnaissance du partenariat pour les couples du même sexe, puisque Monaco et le Monténégro ont voté pour leur reconnaissance légale au cours des douze derniers mois ", souligne encore l'organisation internationale basée à Genève. 

En décembre 2020, 81 États membres des Nations unies disposent de lois protégeant contre la discrimination au travail fondée sur l'orientation sexuelle. " Il y a vingt ans, ils n'étaient que quinze ", rappelle l'ILGA World. 

dimanche, décembre 13, 2020

LGBT : La France remonte à la 4e place du classement de l’Ilga des pays européens les plus friendly !

L'Ilga-Europe a mis à jour son classement des 49 pays européens. Jusqu'alors en 13ème position, la France grimpe dans le top 5 grâce à la publication d'un plan sur trois ans pour lutter contre les discriminations. Mais il reste encore beaucoup de chemin... 

Au ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes, on a sabré le champagne. La France a grimpé de la 13ème à la 4ème place dans le classement Rainbow Index de l'Ilga-Europe. Ce classement compare 49 pays européens dans leur politique concernant la lutte contre les discriminations des personnes LGBT+. La France obtient un score global de 69% de réformes en cours. 

En mai, l'hexagone remplissait les critères à 56% contre 63% en 2019 et 73% en 2018. Lors de la précédente vague, la France avait dégringolé à cause de " l'expiration du plan d'action du gouvernement ", selon l'Ilga. " La France est remontée à la quatrième place notamment parce qu'elle a mis en place un plan national pour l'égalité des personnes LGBT+ pour les trois prochaines années. Alors que plusieurs pays européens reculent rapidement dans notre index, la publication de ce plan global est particulièrement encourageante ", indique Evelyne Paradis, la directrice exécutive de l'association. 

" De plus en plus de gouvernements ciblent activement les personnes LGBTI dans un contexte de pandémie. C'est pourquoi nous félicitons les efforts de la France pour mettre en place des mesures pour l'égalité. Nous invitons le gouvernement à être encore plus proactif à l'échelle européenne ", poursuit la directrice. " Nous encourageons les associations à s'assurer que ce plan d'action se transforme en changements concrets et efficaces pour les personnes LGBTI. Nous espérons que le gouvernement allouera les ressources nécessaires pour mettre en œuvre ce plan rapidement. Nous remarquons que pour l'heure, aucun budget spécifique n'a été approuvé ", assure la directrice. La Dilcrah assure que son budget est malgré tout sanctuarisé, mais les associations réclament plus d'aides financières. 

" Je me réjouis de la progression de la France dans le nouveau classement établi par l’ILGA Europe, a déclaré Élisabeth Moreno. Nous devons néanmoins rester résolument déterminés et redoubler d’efforts et de vigilance pour favoriser toujours plus l’égalité des droits des personnes lesbiennes, gays, bi ou trans ainsi que la lutte contre toutes les formes de LGBTphobies ". 

Des limites au classement : Ce classement est un encouragement, mais les mesures pour lesquelles il félicite le gouvernement sont encore loin d'être mises en œuvre sur le terrain. Par exemple, le texte sur la PMA pour toutes est encore en discussion au Sénat. Le texte ( qui ne comporte pas certaines avancées pourtant capitales ) devait être voté définitivement en avril 2020, ce ne sera vraisemblablement pas avant avril de l'année suivante. L'Ilga se félicite également que le Parlement ait voté la loi Avia qui oblige les réseaux sociaux à modérer les contenus en 24 heures. Cette loi a été en grande partie censurée par le Conseil constitutionnel. L'association applaudit la proposition de loi sur l'interdiction des " thérapies " de conversion, mais Marlène Schiappa a réduit la porté du texte. 

" Ministres ouvertement homophobes nommés, subitement affichés comme progressistes, complainte sur les manif pour tous ( LMPT ) soi-disant maltraités et humiliés sous la gauche, discours énamourés à l’épiscopat français, amitiés bien médiatisées entre le président et des soutiens clairs de LMPT, tragiques épisodes autour d’Agnès Thill, alliances fréquentes avec la droite anti-LGBT+ aux élections locales en 2020, discours injurieux venant des membres de la majorité LREM lors de débats parlementaires... Rien n’est oublié et rien ne saurait faire croire à la sincérité réelle de LREM sur les droits LGBTI+ ", a réagi l'association HES (Homosexualités et socialismes ). 

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Bolivie : Le pays reconnaît pour la première fois le mariage homosexuel !

Après une longue bataille juridique menée par un couple gay, la Bolivie a reconnu pour la première fois de son histoire l'union civile entre deux personnes du même sexe. 

C'est après une longue bataille juridique menée par un couple gay que la Bolivie a, pour la première fois de son histoire, reconnu une union civile entre deux personnes du même sexe ce vendredi 11 décembre. 

Le Service de l'état civil de Bolivie ( Sereci ) a enregistré " l'union libre entre David Victor Aruquipa Perez et Guido Alvaro Montaño Duran ", annulant sa précédente disposition prise en 2018, a indiqué la Défenseure du peuple, Nadia Cruz. Il s'agit de la première reconnaissance du genre pour un couple de même sexe, fruit d'une longue bataille judiciaire entamée par les deux hommes il y a deux ans. 

Le Sereci avait en premier lieu refusé la demande du couple d'enregistrer leur union de fait depuis onze années, faisant valoir que la loi bolivienne n'envisageait pas les unions de couples du même sexe. Le Service d'état civil s'était alors réfugié derrière l'article 63 de la Constitution bolivienne, qui décrit le mariage comme un lien entre une femme et un homme et précise que " les unions libres et de fait (...) peuvent exister entre une femme et un homme sans restriction légale et produisent les mêmes effets qu'un mariage civil ". 

Les deux hommes se sont tournés vers la Cour constitutionnelle, qui a rappelé la décision de la Cour interaméricaine des droits de l'homme (Cidh) de 2017 stipulant que " les Etats ont l'obligation de reconnaître les liens familiaux des personnes du même sexe et de les protéger ". 

Il reste encore beaucoup à faire : " C'est un fait historique ", s'est enthousiasmé David Victor Aruquipa Perez, dirigeant d'entreprises, lors d'une conférence de presse, même s'il reste beaucoup à faire pour que cette reconnaissance des couples de même sexe devienne effective dans le pays. " Ce précédent renforce le principe d'égalité devant la loi et permettra à ce couple et aux autres couples de même sexe d'exercer leurs droits sans discrimination ", a écrit la Défenseure du Peuple dans un communiqué. 

Les organisations LGTBI du pays andin se sont également réjouies que cette décision constitutionnelle " place la Bolivie sur le chemin d'un plus grand respect des droits de la diversité, d'un frein à la discrimination et d'une égalité entre tous les habitants du pays ". 

samedi, décembre 12, 2020

Turquie : Des étudiants risquent la prison pour avoir célébré une marche des Fiertés !

La justice doit rendre sa décision concernant 19 personnes poursuivies en Turquie. Elles sont accusées d'avoir organisé et participé à une Marche des Fiertés pacifique sur le campus de leur université en 2019. Les étudiants et leurs professeurs encourent jusqu'à trois ans de détention.  

Dix-huit étudiants et un professeur de l'Université technique du Moyen-Orient sont poursuivis par la justice turque. Ils risquent jusqu'à trois ans de prison. Leur crime ? Avoir organisé et défilé lors d'une marche des Fiertés sur le campus de l'université alors que la direction leur avait interdit. 

" À l’été 2019, des étudiants et d’autres personnes participant à une fête de l’amour et de la solidarité pacifique ont dû faire face à des tirs de gaz poivre, de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène par la police. Dix-neuf d’entre eux sont aujourd’hui traînés devant les tribunaux pour des chefs d’accusation dénués de tout fondement et encourent des peines de prison absurdes ", décrit Nils Muižnieks, directeur régional pour l’Europe d'Amnesty International. 

Aucun motif juridique : " L'interdiction de la Marche des Fiertés n'était justifiée par aucun motif juridique. Ces étudiants courageux qui l'ont bravée n'ont fait qu'exercer leur droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique, qui a été bafoué. Ils doivent être acquittés ", poursuit l'ONG. En février 2019, la cour d'appel administrative d'Ankara avait pourtant levé l'interdiction totale de tous les événements, décrétée en raison de l'état d'urgence. C'est cet état d'urgence que l'université avait invoqué pour interdire l'événement, indique Amnesty. Le recteur de l'université a qualifié les manifestants " de  groupes de LGBT, de marxistes, d’extrémistes et de HDP ( le parti pro-kurdes de Turquie ) ". 

Alors que les étudiants étaient assis pacifiquement sur l'herbe de l'université, la police a utilisé du gaz  poivre, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène pour les disperser. Plusieurs étudiants ont été blessés et certains ont même été arrêtés. Depuis, en juin 2020, la cour administrative d'Ankara a jugé illégale l'interdiction de la part de l'université. " Dans un contexte d'homophobie croissante en Turquie, des étudiants et des membres du personnel de l'université défilent chaque année sur leur campus pour célébrer les Fiertés et exiger l'égalité et la dignité pour les personnes LGBTI+ et ils en ont tout à fait le droit ", poursuit Niels Muižnieks. 

Des actes LGBTphobes réguliers : L'homosexualité est vilipendée en Turquie. Selon Courrier international, le quotidien islamiste Yeni Akit a décrit l'événement de cette manière : " les pervers homosexuels ont organisé leur marche immorale dans ce nid de terroristes et ce lieu de scandales qu’est l'Odtü. ( ... ) Ils tentent de normaliser l’immoralité en Turquie et piétinent les valeurs morales des Turcs musulmans ". Rien que ça. 

Les dirigeants turcs sont, jour après jour, un peu plus homophobes. Ce 9 décembre, des membres du ministère du Commerce ont proposé que les " produits LGBT+ " soient accompagnés de la mention " +18 ans ". Les entreprises qui le refusent auront interdiction de faire de la publicité pour leurs produits. Des sources ministérielles ont déclaré à la BBC que cette mesure était une " décision pour protéger les enfants ". Cet été, c'est une série Netflix qui s'est attirée les foudres du gouvernement... parce qu'elle comportait un personnage gay. Recep Tayyip Erdogan, le président turc a défendu un religieux qui associe homosexualité et maladie. Depuis 2017, les Marches des Fiertés sont violemment réprimées. Le pays a également boycotté l'Eurovision... en raison de la participation de la drag-queen Conchita Wurst. 

vendredi, décembre 11, 2020

Société : La réforme de l’adoption votée par l’Assemblée est-elle une petite révolution ?

Une proposition de loi de la députée Monique Limon a été adoptée. Elle prévoit d'ouvrir l'adoption aux couples non mariés. Et de réformer les conseils des familles, qui refusent trop souvent l'adoption aux couples homos. 

C'est une petite révolution. L'Assemblée nationale a voté en première lecture une proposition de loi pour réformer l'adoption. Elle permet notamment aux couples non mariés d'adopter un enfant et facilite les procédures. 

Des règles actualisées : Jusqu'alors, il fallait être marié pour pouvoir adopter. Le texte prévoit que désormais, les couples pacsés ou concubins pourront adopter. L'âge minimal pour le faire a été abaissé de 28 à 26 ans. La durée du concubinage a aussi été réduite de deux à un an. De plus, l'écart d'âge entre le plus jeune des enfants et le plus jeune des parents ne pourra pas être supérieur à 50 ans. 

Bonne nouvelle pour les mères qui ont recourt à la PMA. En attendant l'adoption de la PMA pour toutes, la mère qui n'a pas accouché pourra adopter son enfant, malgré l'opposition de la mère qui a porté l'enfant. " Cela permet de donner une solution à des situation de couples de femmes qui ne s'entendent plus ", expliquait Monique Limon, la rapporteuse du texte. La proposition de loi doit également revoir le fonctionnement des conseils de familles, qui organise la tutelle des pupilles de l'État dans les départements. 

Les conseils de familles représentatifs de la diversité : " On demande aux membres des conseils de famille d'avoir une formation obligatoire pour que chacun ait une culture des discriminations ", poursuivait la députée de l'Isère. Un amendement du député LREM Raphaël Gérard a été adopté. Il prévoit " que les associations siégeant dans les conseils de famille soient représentatives de la diversité des familles ". En d'autres termes, ils devront accueillir des assos homoparentales. 

Pour rappel, en 2018, la responsable de l'adoption de Seine-Maritime assumait de discriminer les couples LGBT+ dans leur parcours d'adoption. Récemment, une information judiciaire a été ouverte pour " discrimination ". Rien pour les enfants nés d'une GPA à l'étranger : Un amendement du député Guillaume Chiche ( Écologie, démocratie, solidarité ) a malheureusement été rayé du texte. Il prévoyait " qu'aucune discrimination ne peut avoir lieu en raison de l'orientation sexuelle, du statut matrimonial, de l'identité de genre, de la religion (...) ". L'assemblée a également débattue de l'accueil des enfants nés d'une GPA à l'étranger, alors même que le texte ne le prévoit pas. 

Des députés ont souhaité faciliter la reconnaissance de la filiation lors d'une GPA réalisée à l'étranger. Actuellement, les états civils étrangers sont transcris de façon automatique en France. Mais pas pour longtemps... Lors de l'examen du projet de loi bioéthique, les députés ont légiféré pour interdire cette transcription automatique. 

Raphaël Gérard a porté un amendement pour la réintroduire, sans succès. " Ce n’est pas aux enfants nés de GPA de payer pour l’incrimination morale que la société fait peser sur le projet parental de leurs parents ", explique-t-il. Une circulaire du ministère de la Justice devrait être rendue publique après l'adoption définitive de la loi. 

On renforce les droits de l'enfant : Les Républicains, eux, ont fustigé une " idéologie du droit à l'enfant ". Au contraire, " on renforce les droits de l'enfant ", a répondu le secrétaire d'État à l'Enfance, Adrien Taquet. 

" L’APGL souhaite témoigner de son soutien à toutes ces personnes qui se sont heurtées et pour certaines subissent encore l’homophobie institutionnelle présente dans un certain nombre de conseils de famille qui devront désormais assurer un traitement équitable entre les candidat·e·s à l’adoption ", a réagi l'association de parents gay et lesbiens. 

Navette parlementaire réduite : " Malgré ces avancées, l'APGL déplore qu'une fois de plus, les problématiques de nombreuses familles ne soient pas réglées. Aujourd'hui, aucun dispositif légal ne sécurise les liens existants entre l'enfant et ses parents sociaux ou ses beaux-parents dans le cadre des familles homoparentales en coparentalité ou hétéroparentales recomposées ", déplore l'association. 

Au total, en 2018, 650 pupilles de l'État ont été adoptés et 615 enfants ont été adoptés à l'étranger la même année. Mais le nombre de familles engagées dans un processus d'adoption est largement supérieur. Soutenu par le gouvernement, le texte a été adopté en première lecture. Il doit encore être débattu au Sénat, mais la navette parlementaire a été réduite à une seule lecture par chambre. Histoire d'éviter que le Sénat fasse obstruction. 

Tech : Grindr et d’autres applis de rencontres sont victimes d’une faille de sécurité sur Android !

Grindr, comme de nombreuses applications de drague, a été victime d'une faille de sécurité sur Android. L'application est régulièrement décriée pour sa gestion des données. 

Nouvelle faille de sécurité sur Grindr. Mais cette fois, elle ne concerne pas les utilisateurs d'iPhone, mais ceux d'Android. Une erreur permettait à des hackers d'accéder à des données sensibles des utilisateurs de nombreuses applications de drague. 

La semaine dernière, des chercheurs de Check Point, un institut de sécurité informatique, ont révélé que plusieurs applications de rencontre posaient problème. Parmi elles, Bumble, Grindr, ou encore OkCupid. Grindr a annoncé avoir réglé la faille de sécurité. 

Une faille réparée... chez certaines applis : " Nous remercions Check Point de nous avoir alertés. Le jour même, notre équipe a pu trouver une solution. Nous nous engageons à renforcer la sécurité de notre service et nous nous sommes associés avec une entreprise en pointe dans la sécurité pour simplifier et renforcer les différentes équipes de recherches pour signaler ces failles ", a déclaré le porte-parole de Grindr au Computer Weekly. 

Aviran Hazum, le directeur de l'équipe qui s'occupe de la recherche sur les smartphones, a estimé que des centaines de millions d'utilisateurs d'Android seraient concernés par la faille. " Si quelqu'un utilise cette vulnérabilité avec des intentions malveillantes, il peut accéder à des applications qui n'ont pas réglé le problème. Par exemple, la vulnérabilité permettrait de voler des identifications à deux facteurs, et ainsi avoir accès à des comptes bancaires ", a-t-il commenté. 

En octobre déjà, un utilisateur a remarqué qu'il était très simple de récupérer le mot de passe de n'importe quel utilisateur de Grindr en fouillant dans le code de l'application. Avec le mail associé au compte de l'internaute et un simple copier/coller, il pouvait changer le mot de passe. " L'une des techniques de hacking les plus basiques que je n'ai jamais vue ", disait-il. 

Une gestion des données dénoncée : Au-delà des failles de sécurité, la gestion des données sensibles par les applications de drague est centrale. En janvier dernier, un rapport relayé par le New York Times alertait l'Europe. Grindr et Tinder partageraient certaines informations concernant leurs utilisateurs avec des publicitaires. Selon les chercheurs, ces applications enfreindraient " systématiquement " la loi européenne. 

Grindr aurait transmis des codes pour suivre ses utilisateurs à des dizaines d'entreprises. Elles avaient donc accès au nom des utilisateurs sur l'appli, leur adresse IP, leur âge et de fait, leur orientation sexuelle. Mais, notamment lorsqu'on est dans le placard, on n'a pas envie de recevoir de publicités ciblées en fonction de notre orientation sexuelle. 

Une pub anti-PrEP : Quelques jours avant la journée mondiale de lutte contre le sida, Grindr a également été accusé de diffuser une publicité contre la PrEP. Cette publicité enjoignait les prepeurs de poursuivre en justice Gilead qui produit le Truvada. Le cabinet d'avocats en question leur promettait de gagner de l'argent en dénonçant les effets secondaires. Les militants de la lutte contre le VIH ont accusé l'application de dissuader les personnes LGBT+ de prendre la PrEP, pourtant capitale dans la lutte contre la pandémie. 

mercredi, décembre 09, 2020

Chine : Des gays et lesbiennes prêt.e.s à " sortir des cases " du recensement !

Ce sera peut-être le plus grand " coming-out administratif " du monde : de nombreux couples de même sexe chinois veulent profiter du recensement national en cours pour mettre fin à leur invisibilisation sociale. 

Depuis le début du mois, ils sont plus de 7 millions à faire du porte-à-porte à travers la Chine. Leur mission : mener à bien le recensement décennal auprès d’une population estimée à 1,4 milliard d’individus. 

Parmi ces derniers, il y a aussi des gays et lesbiennes bien décidé·e·s à saisir l’occasion pour montrer qu’ils/elles existent, rapporte " The Guardian ". Ainsi un groupe basé à Guangzhou, LGBT Rights Advocacy China, a lancé la campagne " Ce n’est pas mon/ma colocataire c’est mon/ma partenaire ". Il invite les gays et lesbiennes vivant sous le même toit à s’affirmer au moment de répondre au questionnaire. En pratique, à la question " Relation au chef du foyer ", il s’agit pour le/la partenaire de répondre " Autre " et prier l’agent de rajouter à la main le mot " Couple ". 

La campagne a pris son élan sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes racontent fièrement avoir réussi à faire inscrire ce coming-out administratif. " Il faut prendre la parole si l’on veut être vus ", a écrit l’un d’eux. Évidemment, il n’y a aucune garantie que ces résultats soient pris en compte. Le Bureau chinois des statistiques a d’ailleurs laissé entendre au " Guardian " que ces notes manuscrites ne seraient pas enregistrées. 

Mais Peng Yanzi, directeur de LGBT Rights Advocacy China, est persuadé que le jeu en vaut la chandelle, même symboliquement. " Il est possible que certains agents n’aient jamais rencontré, voire jamais entendu parler de personnes gay. Mais si nous avons l’occasion de leur parler, ils peuvent comprendre la communauté LGBT ". 

Ignoré·e·s par l’État : En 2016, une enquête de l’ONU avait estimé qu’en Chine, seulement 15% des personnes LGBT avaient fait leur coming-out auprès de leur famille, et 5% en dehors. La République populaire a dépénalisé et dépsychiatrisé l’homosexualité au tournant des années 2000, mais depuis lors le régime n’a rien fait pour reconnaître les minorités sexuelles. Il est même resté très sourcilleux face aux mouvements LGBTQ+, malgré une opinion publique de plus en plus ouverte, notamment sur la question des couples de même sexe, voire du mariage pour tous. 

lundi, décembre 07, 2020

LGBT : Une réforme de l’adoption arrive à l’Assemblée pour faciliter l’adoption des " homoparents " !

Une proposition de loi pour réformer l'adoption arrive en séance à l'Assemblée. Elle doit permettre d'ouvrir l'adoption aux couples non mariés et de réformer les Conseils des familles, souvent trop hostiles à l'adoption par des couples homos. 

Depuis mercredi 2 décembre, l'Assemblée nationale planche sur une proposition de loi pour faciliter l'adoption. Très attendue, cette proposition permet d'ouvrir l'adoption aux couples non mariés. La majorité parle d'un " texte de progrès " et " d'actualisation " de l'adoption. Depuis l'ouverture de l'adoption aux couples homos, force est de constater que ce droit n'est pas entré dans les faits. 

En six ans à Paris, seuls deux couples homos ont accédé à l'adoption. En Seine-Maritime, c'est encore pire. L'inspection générale des affaires sociales a reconnu dans un rapport qu'une règle explicite donnait la priorité aux parents hétéros. Ce rapport a été commandé alors que la responsable de l'adoption du département avait lâché publiquement que les couples homos " sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique. ( Il faut donc ) que leur projet supporte des profils d'enfants atypiques ". En d'autres termes, on leur propose des enfants en situation de handicap ou en mauvaise santé. 

Le texte qui arrive à l'Assemblée est issu d'un rapport publié fin 2019. Parmi les mesures phares pour " faciliter et sécuriser l'adoption ", la fin de l'obligation de mariage, donc. Au-delà, le texte prévoit un abaissement de l'âge minimum pour adopter ( qui passe de 28 à 26 ans ), mais aussi la durée minimale de concubinage des couples ( de deux ans à un an ). L'adoptant le plus jeune ne pourra pas être 50 ans plus âgé que l'enfant à adopter. Mais surtout, la proposition de loi vise à dépoussiérer le fonctionnement des Conseils des familles. Pour tout comprendre, la rapporteuse du texte et députée LREM de l'Isère, Monique Limon répond à nos questions. 

L'un des points principaux de cette proposition de loi permet aux couples non mariés d'adopter. En quoi est-ce que cela change la donne ? 

Aujourd'hui, l'adoption est ouverte aux couples mariés et aux personnes seules. Lorsque le mariage pour tous a été adopté, il a permis par ricochet l'adoption. On veut ouvrir l'adoption à tous les statuts matrimoniaux. Ce texte vise à mieux coller à l'évolution de notre société. Car le mariage n'est plus nécessairement une garantie de stabilité de la vie d'un couple, d'autant que les divorces sont en augmentation. Beaucoup de personnes sont pacsées ou vivent en concubinage. Et puis, la stabilité du couple est déjà évaluée par la procédure d'adoption, pas par le mariage. Ce serait dommage de les priver de la possibilité d'adopter, d'autant qu'il y a beaucoup d'enfants qui cherchent une famille. Pour les enfants, c'est un plus. Ils se fichent que leurs parents soient mariés, pacsés ou concubins, ça ne change absolument rien pour eux. 

Quels sont les autres points qui vous tiennent à cœur dans ce texte ? 

La proposition vise à valoriser l'adoption simple. Avec elle, l'enfant garde une filiation avec ses parents biologiques et rajoute une filiation avec ses parents adoptifs. Beaucoup d'enfants sont placés à l'Aide sociale à l'enfance, mais ne peuvent pas être adoptés de façon plénière ( où l'acte de naissance ne comporte plus les parents antécédents, ndlr ). Ils pourront être accueillis dans une famille plutôt que de rester en famille d'accueil ou en établissement jusqu'à leur majorité. Quand le projet de vie permet de pouvoir être adopté, il faut l'encourager. C'est important de rappeler qu'une fois adopté, l'enfant ne peut pas être récupéré par ses parents biologiques : l'autorité parentale est actée. 

On constate de fortes disparités territoriales selon les départements. Comment comptez-vous rendre l'adoption plus homogène sur le territoire ? 

Le constat de notre rapport, c'était de voir que des départements mettaient en œuvre de façon disparate la loi. On renforce les outils en demandant que les commissions puissent étudier la situation des enfants jusqu'à trois ans. Ils pourront l'étudier de manière régulière pour que l'enfant puisse être adopté le plus rapidement possible et partout. 

Les homoparents ont le droit d'adopter, mais ce droit se traduit difficilement dans les faits. Comment rendre cette possibilité concrète ? 

Nous voulons faciliter l'adoption des homoparents. On souhaite que les Conseils de famille soient composés d'une personne dont l'expertise est liée à l'éthique et la lutte contre les discriminations. Cela permettra d'avoir toutes les qualités autour de la table. On demande aux membres des Conseils de famille d'avoir une formation obligatoire pour que chacun ait une culture des discriminations. Mais c'est un changement de société, il se fera, mais pas du jour au lendemain. 

Comment répondez-vous à La Manif pour Tous qui refuse qu'on s'arroge un pseudo " droit à l'enfant " ? 

Toute ma réflexion s'est construite dans l'intérêt supérieur des enfants. Nous ne voulons pas donner un enfant à des parents, mais une famille à un enfant. Je ne dis pas que les parents ne m'intéressent pas, mais entre les deux, c'est l'intérêt de l'enfant qui prime. 

Pendant le projet de loi bioéthique, le gouvernement a demandé de revenir sur la transcription des états-civils de GPA réalisées à l'étranger. Est-ce que vous souhaitez aborder le sujet ? 

Ce ne sera pas dans notre texte, une circulaire doit être écrite après la promulgation de la loi bioéthique. En revanche, en attendant l'application de la loi bioéthique, on fait une proposition à l'attention des mères d'intention engagées dans un processus de PMA à l'étranger. De manière transitoire, elles pourront avoir un statut vis-à-vis de l'enfant par l'adoption. Cela permet de donner une solution à des situations de couples de femmes qui ne s'entendent plus. 

LGBT : Sur Instagram, Lille est la ville la plus friendly de France !

Lille est la ville qui recueille le plus de hashtag accompagnés de la mention " gay ". Derrière elle, Lyon, puis Bordeaux. Marseille peine à la 11ème position, signe du manque de vitalité de la vie communautaire. 

La capitale du Nord est la ville la plus friendly sur Instagram. En tout cas, c'est Lille qui attire le plus de hashtag accompagnés de la mention " gay " sur le réseau social. C'est ce qu'indique l'étude " Pulsation " du cabinet de conseil Nouvelles marges. 

Le cabinet a analysé les occurrences du mot " gay " accompagné du nom d'une ville. #GayLille et #Lillegay arrivent donc en premier. La médaille d'argent revient à Lyon, puis Bordeaux obtient le bronze. Pour être précis, les résultats de l'étude ont été pondérés par rapport au nombre d'habitants dans la métropole. Paris a été exclue de l'étude car elle attire de nombreux touristes internationaux. 

Dès les années 50, les homos lillois ont disposé de lieux de rencontre connus et tolérés. Parmi ces lieux de drague, les vespasiennes où les rencontres furtives étaient connues et tolérées, rappelle l'historien Sébastien Landrieux lors de ses visites de la ville, mais aussi des bars emblématiques, comme Le Privilège, des clubs, et des lieux de cruising. " Cette étude permet de prendre la température de la possibilité d'être soi-même au sein d'une ville, mais surtout de le revendiquer ", indique Jean-Pierre Papin, directeur associé du cabinet de conseil. 

Marseille loin derrière : Jadis qualifiée de " ville la plus friendly de France ", Montpellier atteint difficilement la quatrième place, avant Rouen puis Toulouse. Marseille est classée 11ème sur 17. Redorer le blason LGBT+ de Marseille est l'une des priorités de la mairie. Théo Challande-Névoret disait à à l'époque : " mon objectif est de faire de cette ville une ville LGBTfriendly, une ville fière, une ville de respect. Ce sont trois mots que je veux accoler à la définition de notre ville. Quand on pourra dire que l'on est fier de la diversité qui compose Marseille, on aura fait un grand pas ". En revanche, Marseille est la ville la plus " rebelle ", avec plus de 400.000 photos associées au hashtag, contre une dizaine pour les autres métropoles. 

Ces hashtag ne sont pas simplement un effet de fierté locale. Instagram est devenu un véritable réseau de rencontre. Utiliser le nom de sa ville est désormais un moyen de se localiser et de se montrer. C'est donc un indice de la vie communautaire que l'on peut déceler. " Ce sont des posts très spontanés, l'utilisation d'un tel hashtag n'est pas nécessairement encouragé par les villes ", poursuit le directeur. En revanche, il remarque que ces hashtag sont très majoritairement masculins et peu féminisés. 

L'étude montre également que Lyon est la ville la plus instagrammée de France. En 2019, 14 photos étaient postées par habitant, montrant l'attachement de la population à sa ville. Par comparaison, on publie 6,8 fois plus par habitant sur le hashtag de la ville à Lyon qu'à Saint-Étienne. 

jeudi, décembre 03, 2020

LGBT : La Suisse fait un pas de géant vers l’adoption du mariage pour tous !

Le Conseil des États suisse a approuvé l'ouverture du mariage pour tous ainsi que l'ouverture de la PMA aux couples de femmes. Un projet dans les tuyaux depuis... 2013. 

Sept années n'ont pas encore suffi pour faire adopter le mariage pour tous en Suisse. Mais le pays y est presque : le Conseil des États a approuvé mardi 30 novembre la réforme de la loi. Il a d'ailleurs adopté la version la plus extensive qui ouvre aux couples de femmes le droit à la procréation médicalement assistée (PMA). Les associations LGBT+ saluent une journée historique. 

Cela fait sept ans que nous attendions : Ce sont les Vert'libéraux qui ont porté le projet depuis... 2013. Plusieurs versions du texte ont depuis été débattues, notamment à propos d'une modification possible de la Constitution. Une telle réforme nécessite de faire un referendum populaire et d'être validé par une majorité de cantons pour que la décision soit acceptée de façon homogène sur le territoire. Selon Le Temps, les sénateurs ont voulu accélérer l'adoption du texte après un vote serré. " Cela fait sept ans que nous attendions cela. L’émotion est très forte ", se félicite Olga Baranova, directrice de campagne pour le mariage pour tous. 

Les conseillers aux États ont voté l'accès aux banques de sperme aux couples de femmes. Elles n'auront donc plus à recourir à une PMA à l'étranger. L'épouse de la mère qui porte l'enfant est reconnue automatiquement comme sa deuxième mère, alors que jusqu'alors, il fallait avoir recours à l'adoption. 

Pas d'égalité totale : " Le projet de loi n'instaure cependant pas encore l'égalité totale pour les enfants issus de familles arc-en-ciel ", déplorent les organisations LGBT+ citées par Le Temps. Le texte prévoit que la mère sociale ne sera reconnue que si l'enfant a été conçu via une banque de sperme suisse officielle. À ce stade, les dons de sperme " privé " ( insémination artisanale ou à l'étranger, don dirigé ) ne permet pas la reconnaissance automatique de la mère. 

Surtout, le projet n'est pas encore adopté. Il doit être examiné de nouveau au Conseil national pour qu'une version définitive soit adoptée. Le texte pourrait être fixé d'ici la fin de l'année. Alors, la proposition de loi pourrait être votée par un referendum facultatif. Si la Suisse est l'un des derniers pays d'Europe occidentale à ne pas avoir ouvert le mariage pour tous, quatre Suisses sur cinq y sont favorables, selon une étude zurichoise. L'étude montre également que 72% des sondés sont en faveur de l'adoption pour les couples homos. La PMA recueille 70% d'opinions favorables. 

lundi, novembre 30, 2020

Hongrie : L'adoption pour les couples homosexuels mise en cause !

En Hongrie, les couples homosexuels s'inquiètent d'un projet de modification de la Constitution qui les priverait du droit d'adopter.
 
Andrew, 4 ans, a deux pères adoptifs Adam et Martin. Ces derniers souhaiteraient un second enfant mais cela semble compromis en raison d'un projet d'amendement de la Constitution défendu par le gouvernement conservateur de Viktor Orban, en Hongrie. " Il y a déjà beaucoup de débat sur le sujet. Chaque fois que vous allumez la télévision, vous entendez que nous ne sommes pas une bonne famille, et que nous ne méritons pas de vivre heureux comme nous le faisons maintenant ", explique Adam. 

L'amendement entend inscrire dans la Constitution que " la mère est une femme et le père un homme ". C'est la ministre de la justice Judit Varga qui a présenté le projet au Parlement. Il va sérieusement compliquer l'adoption par les couples homosexuels. 

La mère est une femme et le père est un homme : Gergely Gulyas, responsable du cabinet du Premier ministre défend un texte destiné, selon lui, à protéger les enfants : " le développement physique et mental d'un enfant est favorisé par le fait qu'il a une mère et un père. Mais il peut y avoir des cas exceptionnels ", dit-il, " je pense que c'est une réglementation raisonnable dans l'intérêt supérieur de l'enfant ". 

Adam et Martin ont l'impression de vivre dans un monde parallèle. Ils affirment n'avoir jamais ressenti de rejet de leur entourage. " Amis, voisins, famille, même à la campagne, tout le monde est très compréhensif. Tout le monde nous connaît, ça n'a jamais posé de problème ", témoigne Martin. 

Selon un autre projet de loi, seuls les couples mariés pourront adopter des enfants. Or actuellement, l'adoption dans le pays n'est possible pour les couples de même sexe que si l'un des partenaires a fait une demande en tant que célibataire. Les associations de défense des droits des personnes LGBT dénoncent des mesures discriminatoires. 

La communauté LGBT dénonce des discriminations : " On ne comprend pas ce que cela va signifier exactement en pratique. Mais lorsqu'on lit le texte conjointement avec le projet de loi sur l'adoption, il s'agit d'empêcher les personnes de même sexe d'adopter quelle que soient les circonstances ", explique Tamas Dombos, membre du conseil d'administration de Hatter Society, la principale association gay de Hongrie. Selon le projet d'amendement, pour adopter, les célibataires devront demander l’autorisation spéciale du ministère chargé des Affaires familiales. 

Katalin Novák est à la tête de ce ministère. Elle a déclaré sur Facebook que l'objectif était que tous les enfants puissent grandir dans une famille et que leur intérêt soit protégé. " Un petit garçon doit avoir le droit de grandir comme un petit garçon et une petite fille doit pouvoir grandir comme une fille. En Hongrie, aujourd'hui, c'est devenu nécessaire " a-t-elle déclaré. 

" Comme le sujet concerne les droits fondamentaux , il est nécessaire de modifier la Constitution. Cela nécessite un vote aux deux tiers au Parlement, ce qui est depuis 10 ans une simple formalité, car les représentants des partis au pouvoir disposent de cette majorité constitutionnelle qu'ils ont toujours utilisée, lorsque c'était nécessaire " conclut notre reporter à Budapest, Olivia Harangozó. 

samedi, novembre 28, 2020

LGBT : Un collectif de victimes appelle à " bannir " les " thérapies de conversion " !

Dans une tribune au Monde, les membres du collectif Rien à guérir appellent le gouvernement à appuyer la proposition de loi pour interdire les " thérapies de conversion ". Et de ne pas s'arrêter à des amendements qui laissent des trous dans la raquette. 

Ils craignent un texte au rabais. Dans une tribune au journal Le Monde, un collectif de victimes de thérapies de conversion, appelle le gouvernement à soutenir la proposition de loi pour interdire ces pratiques. Ils ne veulent pas du " texte au rabais ", annoncé par Marlène Schiappa dans le projet de loi sur le " séparatisme " par voie d'amendements. 

Ces thérapies prétendant " guérir " de l'homosexualité ou de l'identité de genre sont encore encouragées par une frange religieuse de la population, mais aussi par des personnes qui se réclament de la médecine. " Ces pratiques existent bel et bien aujourd’hui, en France, nous en sommes témoins. Que ce soit par des sessions spirituelles, des accompagnements thérapeutiques ou spirituels, des exorcismes, des rassemblements de prière, des jeûnes ou tout autre type de pressions, ces actes qualifiés d'homothérapie ou, plus fréquemment, de thérapies de conversion, portent gravement atteinte à la personne humaine et à son identité, qu’on ne peut modifier ", écrit le collectif Rien à guérir. 

Honte, culpabilité, isolement, désespoir : Ils dénoncent également les effets sur la santé mentale des victimes. Car si ces " thérapies " n'ont aucune influence sur leur identité de genre ou leur orientation, elles causent " honte, culpabilité, isolement, désespoir ". Les victimes font état d'épisodes dépressifs, d'une grande anxiété. Certains ont même tenté de mettre fin à leurs jours. 

" Les promoteurs de ces pratiques ont non seulement pu agir depuis des années sans être inquiétés, mais ont aussi prospéré au cours des vingt dernières années sur le territoire national et en Europe. Tant que la qualification pénale de ces pratiques et l’infraction spécifique n’existeront pas, il sera impossible de les identifier et de les combattre. Nous ne pourrons toujours pas porter plainte ni nous reconnaître en tant que victimes ", dénoncent les victimes. " Lutter contre ces dérives, c’est permettre aux personnes, en particulier les plus jeunes en recherche d’identité, de trouver la liberté d’être ce qu’ils sont sans la culpabilité induite ou confortée par les fausses promesses ", ajoutent-elles. 

Une initiative du gouvernement qui sape le travail parlementaire : " C’est un cri d’alerte que nous lançons aujourd’hui : alors que ces pratiques dévastatrices progressent par l’importation des mouvements " ex-gays " américains en France depuis les années 1990, elles ne font pas l’objet d’une interdiction spécifique sur notre territoire. Il est temps d’agir fermement et intelligemment ", alertent-ils. C'est là que le bât blesse. Sans avoir consulté personne, Marlène Schiappa a annoncé en octobre que l'interdiction de ces thérapies serait inscrite dans le projet de loi du gouvernement contre les " séparatismes ". 

La ministre déléguée à la Citoyenneté ne pouvait pas ne pas savoir que Laurence Vanceunebrock-Mialon travaille d'arrache pied ( avec son collègue insoumis Bastien Lachaud ) depuis plusieurs années pour mettre à l'ordre du jour une proposition de loi à ce sujet. En juin, elle avait obtenu de son groupe que la proposition de loi soit débattue après avoir écrit un rapport particulièrement documenté. Dans nos colonnes, la députée craignait que son texte soit vidé de sa substance. Depuis, elle semble hésiter à quitter la République en Marche. " Le manque d'écoute parfois, même pour les sujets qui me tiennent à cœur, laisse une impression d'impuissance et de manque de considération des travaux que nous menons, avec certains de mes collègues parlementaires ", ajoute-elle. 

Des amendements " au rabais " : Les auteurs de la tribune appuient la députée. " Nous souhaitons mettre en garde le gouvernement contre cette approche qui ne tient pas compte de l’ensemble du phénomène. Procéder ainsi aurait pour conséquence de laisser de côté les thérapies de conversion médicales ou sociétales. De plus, alors que l’interdiction des thérapies de conversion fait consensus, l’intégrer à un projet gouvernemental qui fait débat risque de mettre en péril le travail de longue haleine des parlementaires et de la société civile ". Avant de conclure : " ne misons pas sur un texte au rabais, soutenons le travail déjà effectué ". 

Video : L'homosexualité est-elle un choix ?

jeudi, novembre 26, 2020

Société : Dans la famille ou l’espace public, les bisexuels sont plus régulièrement victimes de violences que les homos !

Les bisexuels font l'objet de plus de violences que les lesbiennes et les gays, selon l'étude Virage. Par ailleurs, 47% des personnes trans interrogées ont fait l'objet de violences sexuelles dans l'espace public.

" La situation des bisexuel·le·s est moins étudiée , mais plusieurs études suggèrent qu'ils déclarent plus d'expériences difficiles et de violences que les homosexuel·le·s ". C'est le triste constat que fait l'enquête Virage, réalisée entre 2015 et 2016 qui paraît ce 25 novembre dans Violences et rapports de genre ( édition Ined ). 46% des femmes bies ou homo ont subi des violences familiales. Chez les hommes, 36% des bis et 30% des homos en ont subi. Ces violences sont deux fois plus courantes que dans la population générale : 19% des femmes hétéros rapportent des violences contre 13% chez les hommes.

" Les bisexuelles et homosexuelles sont 4 à 5 fois plus nombreuses que les hétérosexuelles à déclarer des violences sexuelles subies dans leur famille ", poursuit l'étude. " Les hommes gays et les bisexuels déclarent plus de violences sexuelles dans le cadre de la famille que les hétérosexuels, mais les prévalences pour les gays et les bisexuels, de l'ordre de 5%, sont bien moins importantes que celles concernant les lesbiennes et les bisexuelles ", indiquent les auteurs.

74% des femmes bies ont subi des violences dans l'espace public : Virage s'intéresse au départ du domicile familial. Les chiffres sont édifiants. 9% des hommes bis et 6% des hommes homos invoquent un conflit " selon le sexe et l'identification sexuelle " pour justifier le départ du domicile parental. Chez les femmes, ces chiffres atteignent 17% chez les homosexuelles et une femme sur quatre pour les bies (25%) ! " Dans les enquêtes antérieures ce départ est plutôt présenté comme la conquête d'une autonomie : dans un foyer familial où les jeunes LGB sont surexposé·e·s aux violences ou aux questionnements, le départ peut être conçu comme une émancipation ", insistent Mathieu Trachman et Tania Lejbowicz.

Mais c'est dans l'espace public que les chiffres sont les plus édifiants. Trois femmes bies sur quatre (74%) disent avoir subi des violences dans les espaces publics, que ce soit une insulte, de la drague, des violences physiques ou sexuelles. 45% des femmes bies disent avoir subi des violences sexuelles, contre 25% des hommes bis. " Les bisexuelles sont la seule population à déclarer en majorité de la drague importune ou des insultes : on peut penser qu'elles fréquentent des espaces plus mixtes que les lesbiennes, et sont d'autant plus susceptibles de connaître ces formes de violences ", analysent les chercheurs.

Les parents des bis plus ouverts : Les femmes ont plus tendance à parler de leur identification sexuelle à leurs parents que les hommes : 92% des lesbiennes en ont parlé à leur mère contre 67% des bies. Chez les hommes, ce sont 85% des gays et seulement 44% des bis. Seul un bi sur quatre (24%) parle de son orientation à son père. Généralement, les parents ont une réaction plus positive à l'annonce de la bisexualité que de l'homosexualité. " Cette différence n'est pas nécessairement l'indice qu'une plus grande acceptation de la bisexualité en tant que telle : elle peut être liée à l'image sociale d'une bisexualité transitoire ; les parents peuvent réagir plus positivement à une identification qu'ils n'estiment pas nécessairement sérieuse ou contradictoire avec une hétérosexualité future ", notent les chercheurs.

Les personnes trans surreprésentées dans les violences : Enfin, " si les gays et les lesbiennes peuvent cacher leur identification sexuelle, l'identification et les pratiques de genre d'une partie des personnes trans implique une visibilité qui peut les exposer à des stigmatisations et des violences ", notent les chercheurs. Au sein de la famille, 61% des répondant·e·s trans font état de violences, 53% évoquent des violences psychologiques, 38% des violences physiques et 14% des violences sexuelles ( sur 253 personnes trans répondant·es). 22% des personnes trans évoquent leur identité de genre comme conflit justifiant leur départ du domicile familial. Huit personnes trans sur 10 ont subi des violences dans l'espace public dont 47% des violences sexuelles ( 32% chez les cis ).

" Dans la famille comme dans l'espace public, les violences verbales et psychologiques sont omniprésentes : on peut penser que ces formes moins physiques de violence tiennent une place majeure dans la vie des trans et font des espaces privés comme publics des espaces hostiles ", regrettent les sociologues.