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mercredi, décembre 09, 2020

Chine : Des gays et lesbiennes prêt.e.s à " sortir des cases " du recensement !

Ce sera peut-être le plus grand " coming-out administratif " du monde : de nombreux couples de même sexe chinois veulent profiter du recensement national en cours pour mettre fin à leur invisibilisation sociale. 

Depuis le début du mois, ils sont plus de 7 millions à faire du porte-à-porte à travers la Chine. Leur mission : mener à bien le recensement décennal auprès d’une population estimée à 1,4 milliard d’individus. 

Parmi ces derniers, il y a aussi des gays et lesbiennes bien décidé·e·s à saisir l’occasion pour montrer qu’ils/elles existent, rapporte " The Guardian ". Ainsi un groupe basé à Guangzhou, LGBT Rights Advocacy China, a lancé la campagne " Ce n’est pas mon/ma colocataire c’est mon/ma partenaire ". Il invite les gays et lesbiennes vivant sous le même toit à s’affirmer au moment de répondre au questionnaire. En pratique, à la question " Relation au chef du foyer ", il s’agit pour le/la partenaire de répondre " Autre " et prier l’agent de rajouter à la main le mot " Couple ". 

La campagne a pris son élan sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes racontent fièrement avoir réussi à faire inscrire ce coming-out administratif. " Il faut prendre la parole si l’on veut être vus ", a écrit l’un d’eux. Évidemment, il n’y a aucune garantie que ces résultats soient pris en compte. Le Bureau chinois des statistiques a d’ailleurs laissé entendre au " Guardian " que ces notes manuscrites ne seraient pas enregistrées. 

Mais Peng Yanzi, directeur de LGBT Rights Advocacy China, est persuadé que le jeu en vaut la chandelle, même symboliquement. " Il est possible que certains agents n’aient jamais rencontré, voire jamais entendu parler de personnes gay. Mais si nous avons l’occasion de leur parler, ils peuvent comprendre la communauté LGBT ". 

Ignoré·e·s par l’État : En 2016, une enquête de l’ONU avait estimé qu’en Chine, seulement 15% des personnes LGBT avaient fait leur coming-out auprès de leur famille, et 5% en dehors. La République populaire a dépénalisé et dépsychiatrisé l’homosexualité au tournant des années 2000, mais depuis lors le régime n’a rien fait pour reconnaître les minorités sexuelles. Il est même resté très sourcilleux face aux mouvements LGBTQ+, malgré une opinion publique de plus en plus ouverte, notamment sur la question des couples de même sexe, voire du mariage pour tous. 

dimanche, septembre 06, 2020

Chine : Faute de mariage, des homosexuels convolent en ligne !

Fatigués d'attendre une reconnaissance du mariage homosexuel, une nouvelle fois rejeté par les députés le mois dernier dans une Chine aux mœurs conservatrices, des couples LGBT s'en remettent à internet pour faire reconnaître leur relation.

L'idée d'une union entre deux personnes du même sexe a fait du chemin ces dernières années dans ce pays, notamment auprès des jeunes. Mais manifestement pas encore assez pour être acceptée par l'ensemble de la société.

" On ne peut plus vivre dans l'ombre ", déclare à l'AFP M. Guo, en couple depuis 11 ans avec M. Zhu et qui ne souhaite pas révéler son prénom afin de préserver son anonymat.

Pour afficher leur relation, ils ont fait comme des milliers d'autres homosexuels : ils ont " célébré " leur union via une application mobile délivrant des certificats de mariage numériques, qui peuvent être partagés avec amis, famille ou collègues.

En Chine, seuls les couples mariés peuvent adopter un enfant, avoir accès à la procréation médicalement assistée ou avoir leurs deux noms sur un acte de propriété. La légalisation du mariage homosexuel faisait partie des principales suggestions émises l'an passé par le grand public au moment de la rédaction du premier Code civil chinois. Mais le vote et la publication le mois dernier de ce texte a constitué une douche froide pour la communauté LGBT : le mariage y a été défini de façon claire comme " l'union entre un homme et une femme ".

" C'est une grande déception ", déclare Sun Wenlin, un militant de la première heure qui avait été le premier en Chine en 2015 à avoir entamé une procédure ( infructueuse ) pour obtenir l'autorisation de se marier avec son conjoint.

C'est après l'adoption du Code civil qu'il a inauguré son application mobile afin d'accroître la visibilité des couples homosexuels : 3.000 d'entre eux l'ont déjà utilisée. " On ne peut pas prendre congé quand notre conjoint ou nos parents sont malades. En tout cas pas aussi facilement que les couples hétérosexuels ", souligne M. Guo.

La Chine a décriminalisé l'homosexualité en 1997 et a arrêté en 2001 de la qualifier de " maladie mentale ". Mais si la cause LGBT a gagné en visibilité ces dernières années, notamment dans la presse, le sujet est toujours rarement abordé à la télévision ou dans les films.

L'an passé en prévision de la rédaction du Code civil, des députés ont affirmé avoir reçu plus de 237.000 suggestions et 5.600 lettres plaidant pour le mariage homosexuel ou une meilleure reconnaissance des couples de même sexe. Yan Shanshan avait alors envoyé un message dans lequel elle parlait de son souhait d'épouser sa copine. Des mots sur lesquels sa mère avait ajouté les siens : " Nous avons accepté le choix de notre fille. Alors pourquoi pas vous " ?

Ses parents m'ont délogée : Les couples homosexuels chinois qui souhaitent avoir un enfant sont contraints de se rendre à l'étranger pour accéder à la procréation médicalement assistée (PMA) ou à des mères porteuses. Le mariage entre personnes de même sexe permettrait pourtant de régler certains différends, fréquents, autour des biens immobiliers. Car seuls les gens mariés peuvent avoir leurs deux noms sur un acte de propriété.

He Meili avait démissionné pour s'occuper de sa conjointe malade, qui est finalement morte en 2016 après plusieurs années d'une longue maladie. A la disparition de sa copine, elle s'est retrouvée à la rue. " En l'espace d'une semaine, ses parents m'ont délogée de l'appartement où on vivait ensemble ", raconte-t-elle à l'AFP. Saisie par He Meili, la justice a refusé de reconnaître la relation entre les deux femmes.

Mais les mœurs évoluent lentement : Le nouveau Code civil contient ainsi une clause qui entretient l'espoir d'une meilleure protection pour les couples de même sexe : il autorise le propriétaire d'un bien immobilier à donner à un particulier le droit de l'occuper toute sa vie. " Au moins, les gens ont désormais une base juridique pour protéger certains de leurs droits ", assure He Meili.

mercredi, janvier 15, 2020

Chine : Alibaba remercié par la communauté LGBT après une pub inclusive !

L’entreprise chinoise Alibaba a diffusé une publicité pour des apéritifs mettant en scène un jeune couple homosexuel. Et c’est un évènement.

Pour le Nouvel An chinois, Alibaba a choisi de rendre hommage à la population chinoise homosexuelle. Dans une pub d’une vingtaine de secondes, la plateforme chinoise de commerce électronique montre un jeune homme rentrer chez sa famille pour célébrer la nouvelle année lunaire, et leur présenter son petit ami Kelvin, non sans susciter l’étonnement de certains proches.

Une publicité pour des graines et des noix séchées, qui a largement circulé sur les réseaux sociaux chinois… pas vraiment pour se réjouir du goût de ces apéritifs. Comme l’indique l’agence de presse britannique Reuters, mercredi 8 janvier, " des groupes gays l’ont louée pour son humour de bon goût et sa subtilité ". " Le Nouvel An chinois est le moment de la réunion familiale et de l’inclusion, et cette pub est une expression créative pour célébrer une telle occasion ", a développé l’entreprise dans un communiqué.

L’agence de presse rappelle qu’en Chine, la représentation des couples homosexuels est rare, à cause de la " dissuasion du gouvernement " ou de " censure franche ". Malgré cela, le pays compte de nombreux activistes LGBT+ et les couples de même sexe sont de plus en plus tolérés par la société. " Le soutien des grandes entreprises aux minorités sexuelles est l’un des facteurs importants pour qu’elles gagnent en visibilité et soient vues et reconnues par le public ", a tweeté Lovematters, un compte Twitter populaire parmi la communauté homosexuelle chinoise.

Alibaba n’en est pas à son premier geste en faveur de l’égalité. En 2015, l’entreprise avait participé à la campagne " We don ! " visant à marier sept couples chinois ( six couples de femmes et un couple d’hommes ) à Los Angeles. À l’époque, la journaliste Marina Torre s’interrogeait sur le site de La Tribune sur la vision entretenue par certaines entreprises, notamment américaines d’un " pink yuan ", c’est-à-dire de Chinois homosexuels plus riches que le reste de la population dans la classe moyenne. Rappelons qu’en 2016, Grindr est passé à 60 % sous pavillon chinois.

vendredi, janvier 10, 2020

Chine : Des garçons conditionnés pour devenir de " vrais hommes " !

Dans plusieurs grandes villes chinoises, des clubs prônent l’apprentissage de la virilité aux petits garçons. Derrière ce phénomène en plein essor se cache le poids des traditions et la peur de ne pas correspondre à un modèle familial classique.

" Qui sont les meilleurs ? Nous ! Qui sommes-nous ? Nous sommes de vrais hommes ! ", scandent une vingtaine de petits garçons réunis dans un parc de Pékin, sous les yeux de leur coach Tang Haiyan. 

Dans un article du Los Angeles Times, la routine de ce club pour garçons est décrite en détails. Entre entraînements de football américain et bandeaux estampillés " Real Man " ( " vrai mec " ), tout y est mis en œuvre pour que les petits garçons ne se transforment pas en " figures efféminées ", comme l’explique Tang Haiyan.

Depuis 2012, Tang Haiyan, ancien maître d’école et coach sportif, apprend aux 2 000 membres de son club à être des " durs ", pour contrer l’influence des idoles coréennes de K-pop ( de jeunes artistes au style très souvent androgyne, ndlr ) qu’il considère comme une " calamité " pour son pays. Inspiré par une visite en Californie en 2006, Tang Haiyan a pris pour modèle la façon dont les petits garçons étaient entraînés au football américain, afin de façonner son " Real Men Training Club ". Déjà interrogé en 2018 par le New York Times, il s’épanchait sur les valeurs qu’un petit garçon doit porter selon lui : " la galanterie, le courage, la capacité de différencier le bien du mal ".

L’enfant unique doit réussir : " En Chine, la société tourne autour de la famille ", explique à France 24 Marie Holzman, sinologue et présidente de l’association Solidarité Chine. " Il y a une absence totale d’imagination d’une quelconque forme d’altérité. Ne pas être dans le moule, c’est impensable ". Et payer l’équivalent de 2 000 dollars par semestre pour que son petit garçon entre dans le fameux moule paraît logique pour ces familles. " Depuis la mise en place de la politique de l’enfant unique, le rapport parent-enfant s’est inversé ", continue Marie Holzman. " Désormais, c’est l’enfant qui domine, tout est mis en place pour sa réussite ". Pour réussir, l'enfant doit suivre les traditions, et éviter à tout prix les chemins alternatifs.

Point de vue partagé par Julie Remoiville, docteure en étude de l’Extrême-Orient à l’École pratique des hautes études, qui évoque elle aussi le poids de la politique de l’enfant unique. " Il faut que cet enfant soit le meilleur pour réussir, aussi bien à l'école pour pouvoir entrer dans une grande université que dans le monde du travail par la suite, afin qu'il fasse honneur à la famille ", explique-t-elle à France 24. " Le nombre de petits garçons étant nettement supérieur à celui des petites filles ", la concurrence est rude. " Mettre son fils dans ce genre d'endroit est pour beaucoup de parents un atout qui lui permettra de se démarquer et de trouver une épouse plus facilement que ses homologues masculins ", ajoute Julie Remoiville.

Virilité et sexualité : Slogans à la gloire de la masculinité, activités sportives et mise en avant de la virilité par tous les moyens : un programme qui n’est pas sans rappeler ceux utilisés dans les centres de thérapies de conversion, dans lesquels de jeunes homosexuels ( majoritairement aux États-Unis ) sont envoyés afin de changer leur orientation sexuelle.

Un sujet de plus en plus médiatisé, notamment à travers " Boy Erased ", film du réalisateur australien Joel Edgerton sorti en mars 2019 retraçant l’histoire d’un jeune garçon américain homosexuel forcé par ses parents à suivre ce genre de thérapie. Et si les mentalités évoluent en Chine, " l'homosexualité est encore un sujet tabou dans la société ", précise Julie Remoiville. " Le carcan de la culture chinoise traditionnelle reste très présent à l'esprit des Chinois de la société contemporaine et l'importance d'avoir une descendance pour notamment respecter le culte aux ancêtres reste une priorité aujourd'hui ". Alors s’appuyer sur une vision occidentale de la masculinité devient un moyen de s’assurer une descendance, malgré l’amalgame entre genre et sexualité.

Qu’il pleuve ou qu’il vente, Tang Haiyan fait courir ses disciples, âgés de 7 à 12 ans, en extérieur. Pas question d'envisager des activités moins radicales, plus tournées vers l'écoute ou le partage. " Il y a une négation très forte de l’aspect psychologique en Chine ", constate Marie Holzman. " Pour désintoxiquer les jeunes accros aux jeux vidéo, on les envoie dans des camps de redressement façon militaire. L’action prime toujours sur l’écoute ". Les parents, présents pour assister à l’entraînement de leur progéniture, sont frigorifiés. Mais ils les prennent en photo, coûte que coûte, car, comme la mère de l’un des enfants le confie au LA Times, " c’est une bonne opportunité pour qu’ils cultivent une personnalité de macho ".

mardi, décembre 24, 2019

Chine : Un possible débat parlementaire sur le mariage homosexuel !

Une éventuelle légalisation du mariage homosexuel figure parmi les principales suggestions faites par les Chinois aux législateurs de leur pays pour amender le Code civil, a révélé un porte-parole du parlement à Pékin.

L’opinion de la population de base a été sollicitée en novembre par sa Commission des affaires juridiques, dans la perspective d’une réunion prévue pour la semaine prochaine en vue de discuter de mises à jour du code civil.

Plus de 237 00 suggestions ont été reçues à ce sujet via internet, a révélé le porte-parole de cette commission, Yue Zhongming, au cours d’une conférence de presse vendredi.

Les auteurs de ces messages réclamaient notamment de clarifier la " définition de famille proche (...) et de légaliser le mariage entre personnes du même sexe ", a dit M. Yue. Il n’a pas précisé cependant si le mariage homosexuel serait inclus dans le projet final sur le Code civil, sur lequel les parlementaires doivent se pencher du 23 au 28 décembre.

Bien que l’homosexualité ait été décriminalisée en 1997 et que celle-ci ait été officiellement retirée, en 2001, de la liste des maladies mentales, le mariage entre personnes du même sexe reste illégal en Chine.

Ces dernières années encore, des discussions sur le sujet ont été censurées sur les réseaux sociaux et les censeurs ont interdit la représentation de l’homosexualité au cinéma et même empêché la vente en ligne d’articles arc-en-ciel.

En avril, un tribunal pékinois a rejeté un appel interjeté contre des règlements récemment introduits par l’organisme de contrôle des médias, visant à bannir les contenus à caractère homosexuel au cinéma et à la télévision et décrivant l’homosexualité comme " anormale ".

L’année dernière, le grand site de vente en ligne chinois Taobao a fermé les officines vendant des drapeaux arc-en-ciel et des vêtements portant des inscriptions homosexuelles, tandis que des scènes gays de Bohemian Rhapsody, le biopic sur le chanteur du groupe Queen Freddie Mercury, ont été censurées.

Pour la première fois en Chine, deux groupes LGBT de la région de Canton ont été interdits par le gouvernement ces derniers mois, en tant " qu’organisations illégales ". L’annonce selon laquelle les parlementaires envisageaient d’inclure le mariage homosexuel dans la révision du Code civil a déclenché des débats enflammés en ligne, révélant la division de l’opinion à ce sujet.

" La légalisation du mariage homosexuel détruit le caractère sacré du concept de mariage ", a écrit un intervenant sur Weibo ( le Twitter chinois, ndlr ).

" Même si le mariage entre personnes du même sexe est autorisé sur le papier, les discriminations continueront ", a estimé un autre.

L’île de Taïwan, que Pékin considère comme une province sécessionniste, a été la première en Asie à légaliser le mariage homosexuel, en mai dernier.

jeudi, août 15, 2019

Chine : Faute de mariage pour tous, des LGBT " adoptent " leur partenaire !

Face à l’impossibilité pour les couples de personnes de même sexe de se marier, de plus en plus de LGBT+ chinois décident de passer par une tutelle mutuelle.

Certains LGBT+ chinois ont trouvé un subterfuge légal plutôt malin pour obtenir des droits sans se marier. Désigner son partenaire en tant que tuteur légal. C’est ce qu’a révélé le site chinois Supchina lundi 5 août. Une pratique inaugurée fin 2017 par un couple de lesbiennes.

Lǐ Chényáng, un notaire travaillant à Shanghai, a déclaré qu’il avait traité plus d’une douzaine de cas de tutelles impliquant des couples de même sexe en moins de deux ans. Cette même année, la Chine a modifié sa loi afin de permettre aux adultes de désigner leur tuteur librement et d’un commun accord. " Les couples gays et lesbiens sont confrontés à une série de problèmes comme les soins de santé, les soins aux personnes âgées et les successions ", a-t-il déclaré. " Ce que nous essayons de faire, c’est de résoudre les problèmes sociaux qui se posent à eux ".

Pis-aller : La procédure est néanmoins longue et difficile. Une avocate spécialisée dans les affaires de tutelle a expliqué à Sohu News que lorsqu’elle a aidé un couple à bénéficier de ce système, tout ne s’est pas déroulé sans encombres avec le notaire. " La discussion était centrée sur le fait de savoir si l’approbation de tels cas perturberait le désordre public ou la moralité. Nous étions également préoccupés par les problèmes juridiques pouvant en découler ".

Ce système permet surtout de contourner les familles qui, souvent, n’acceptent pas l’orientation sexuelle de leurs enfants. Un pis-aller permettant de gérer au sein des couples les problèmes d’héritage et de soins médicaux, en cas d’éventuelle maladie.

En mai dernier, Taïwan est entré dans l’histoire en devenant le tout premier pays asiatique à légaliser le mariage pour tou.te.s.

mardi, janvier 29, 2019

Chine : Blued, ou le grand galop des mœurs !

Ce n’est que depuis 2001 que l’homosexualité n’est plus une " maladie mentale " en Chine. En 2010, un chercheur de l’OMS estimait à 40 millions les Chinois homosexuels ( 同性恋, tóngxìngliàn ). 

Ce chiffre se trouve être aussi celui des membres du site gay Blued, l’application mobile créée en 2012 par Ma Baoli, ancien policier de Qinhuandao qui est devenue depuis le plus grand site de rencontres du monde sur internet. Blued est aussi actif à l’étranger, y comptant 12 millions de ses inscrits. Le site permet de tchatter, partager ses vidéos en live, et de géolocaliser les autres homosexuels du voisinage.

A présent, suite à une enquête de Caixin, Blued fait parler de lui, accusé d’avoir laissé s’inscrire des mineurs ( dont les plus jeunes avaient 12 ans ). Certains auraient été poussés à consentir à des relations sexuelles avec des adultes, et contracté le Sida. Pourtant, le contrôle du Sida en Chine est plutôt meilleur qu’ailleurs, avec seulement 820.756 séropositifs détectés en juin dernier, 0,1% de la population, un bilan comparable à celui d’Europe. Mais sur les 12 derniers mois, le chiffre avait augmenté de 14%. Sur ces nouveaux malades, 93% avaient été infectés par voie sexuelle, dont 30% par voie homosexuelle. Mais les jeunes homosexuels deviennent actifs toujours plus tôt, et se donnent pour objectif n°1 de s’enregistrer sur l’application. Faisant usage de subterfuges toujours plus ingénieux, ils refusent de se laisser exclure du " club des adultes ".

En réaction à ce scandale, Blued bloquait toute nouvelle inscription pendant une semaine, le temps d’écarter les mineurs mentant sur leur âge, et tout contenu inapproprié,  tel des images de poitrines dénudées, de streaming en salle de bain, ou de pieds en chaussettes blanches ( considérées comme très suggestives en Chine ).

Pourtant, Ma Baoli affirme n’avoir pas démérité, de par son travail d’éveil des groupes à risque, et de prévention du Sida : " Nous sommes probablement les plus avancés du pays en la matière, et en tout cas, ceux qui ont fait le plus ". Sauf que Blued n’est pas habilité par les autorités à vérifier l’identité de ses utilisateurs. Une telle mesure provoquerait sûrement la baisse du nombre d’utilisateurs de Blued, mais protégerait les mineurs, récréant la confiance au sein de la communauté LGBT.

mercredi, janvier 23, 2019

Chine : Une campagne LGBT choc s'inspire du film " 3 Billboards " !

Un artiste et un policier homosexuel mènent actuellement en Chine une campagne pour dénoncer les traitements censés " guérir " les orientations sexuelles des gays, à l'aide de camions équipés de panneaux accusateurs comme dans le film américain " 3 Billboards ".

Pékin a dépénalisé l'homosexualité en 1997 et l'a retirée de sa liste des maladies mentales en 2001. Mais les gays et lesbiennes font encore l'objet d'une très forte pression familiale et sociale.

Ils sont nombreux à se résigner au mariage pour répondre au désir de petits-enfants de leurs parents. Et sont parfois incités par leurs proches à subir des traitements de " réorientation " à base de médicaments, d'isolements ou d'électrochocs.

Ces " thérapies de conversion " sont considérées comme non scientifiques et inefficaces par les experts. Certains hôpitaux les proposant ont été condamnés par la justice chinoise. Mais de nombreux autres sont toujours actifs.

L'artiste chinois Wu Qiong, excédé par ces pratiques, a choisi de lancer une campagne-choc itinérante afin d'attirer l'attention de ses compatriotes sur le phénomène.

Il dit avoir été inspiré par le film américain " 3 Billboards : les panneaux de la vengeance " (2017), où une mère de famille en colère ( interprétée par l'actrice Frances McDormand ) fait afficher trois panneaux accusateurs pour interpeller la police après le viol et le meurtre non élucidé de sa fille.

" Ce film visait à soulever des problèmes non résolus. On voulait également utiliser cette méthode pour émettre des doutes quant à ces thérapies de conversion ", explique M. Wu à l'AFP.

Cet artiste de 28 ans basé dans la métropole de Shenzhen (Sud) affirme ne pas être homosexuel. Il fait équipe avec un policier seulement connu par son nom de famille : M. Lin.

" Un traitement contre une maladie qui n'existe pas ", proclame en caractères chinois noirs sur fond rouge un des panneaux montés sur les camions sillonnant les rues.

Les deux autres portent les messages suivants : " La classification chinoise des désordres mentaux inclut toujours les désordres d'orientation sexuelle" et " Cela fait 19 ans, pourquoi " ?

La campagne a commencé à Shanghai (Est) le week end dernier. Elle devrait se poursuivre dans sept autres villes du pays, dont la capitale Pékin.

Ce type de mise à l'index publique est inhabituel en Chine, où le niveau de tolérance des autorités envers toute manifestation pouvant " troubler l'ordre public " est extrêmement bas. Mais Wu Qiong assure qu'il n'a rencontré aucune opposition jusqu'à présent.

samedi, septembre 22, 2018

Hongkong : Des visas facilités pour les couples gays !

Tout étranger ayant conclu une union civile avec une personne de son sexe, ou un mariage, peut depuis ce mercredi prétendre à un visa de dépendant, qui permet de travailler.

Hongkong donne formellement aux homosexuels étrangers la possibilité de rejoindre avec un visa " marital " leur partenaire travaillant dans la mégapole, et non plus avec un visa de touriste plus restrictif.

Les autorités de l'ex-colonie britannique ont annoncé une révision de leur politique d'immigration, pour la mettre en conformité avec un jugement rendu en juillet par la Cour d'appel final de Hongkong, qui avait été saluée par les défenseurs de la cause gay.

La plus haute juridiction du territoire semi-autonome du sud de la Chine avait alors accordé le droit de vivre et de travailler dans la mégapole à une lesbienne britannique qui était alors privée d'un visa " marital " parce qu'elle était en couple avec une femme. Dans ce haut lieu de la finance, les plus grandes banques internationales avaient mis leur poids dans la balance pour la défendre au nom des nécessités du recrutement. La requérante, identifiée seulement sous les lettres " QT ", est arrivée à Hongkong en 2011 après avoir conclu en Grande-Bretagne un partenariat civil avec " SS ".

Cette dernière s'était rendue à Hongkong pour y occuper un nouvel emploi. Hongkong ne reconnaissant pas le mariage gay ou les unions entre personnes du même sexe, " QT " n'avait initialement pu obtenir un visa de dépendant, qui permet de travailler, seulement un visa touristique.

Que pour les couples étrangers : Au terme de la politique d'immigration révisée, tout étranger ayant conclu une union civile avec une personne de son sexe, ou un mariage, peut depuis mercredi prétendre à un visa de dépendant.

Mais le gouvernement a précisé que le seul mariage reconnu à Hongkong demeurerait celui unissant deux hétérosexuels, en ajoutant qu'il ne fallait pas s'attendre à la légalisation des unions entre personnes de même sexe.

En juillet, la Cour d'appel final avait rappelé que les visas accordés aux gens qui viennent travailler à Hongkong l'étaient car " il ou elle a le talent ou les compétences jugées nécessaires ou désirables. Cette personne peut être hétérosexuelle ou gay ". L'avocat de " QT " avait présenté cette décision comme la première de la Cour d'appel final en faveur des droits des couples du même sexe.

Douze grandes institutions financières internationales, dont Morgan Stanley, Goldman Sachs et Credit Suisse, avaient volé au secours de " QT ", arguant qu'une politique de recrutement " diversifiée " était vitale pour attirer les meilleurs talents. L'homosexualité n'a été dépénalisée à Hongkong qu'en 1991.

vendredi, novembre 24, 2017

Thaïlande : Un havre de paix pour les touristes chinois homosexuels !

Dans un bar gay aux lumières roses de la station balnéaire de Phuket, dans le sud de la Thaïlande, un chanteur transsexuel entonne une chanson d’amour en mandarin. Car les touristes chinois sont nombreux dans l’auditoire, en quête d’un espace public où exprimer librement leur homosexualité, loin de Pékin.

Que le chanteur ne maîtrise visiblement pas la langue n’entame en rien son succès. Et quand entrent en scène les " go-go boys ", version masculine des gogo-danseuses, les clients chinois se pressent pour se prendre en photo avec eux.

" Je veux trouver un moyen de vivre ici. On s’amuse et c’est si ouvert. Les hommes peuvent se tenir la main dans la rue et personne n’y prête attention ", s’enthousiasme un jeune développeur de sites web venu de Shangaï, rencontré parmi les clients du bar ZAG, un des établissements de la zone " Paradise Complex ", épicentre de la vie nocturne de Phuket.

" En Chine, si vous faites cela, ça fait toute une histoire, les gens vous prennent en photo ", dit-il avant de monter sur scène pour une danse.

Avec une population LGBT estimée à 70 millions de personnes, la Chine est le troisième plus grand marché " rose " derrière l’Europe et les Etats-Unis. Les professionnels du tourisme, notamment en Thaïlande, font tout pour attirer ces clients.

En Chine, faire son coming-out reste difficile et s’habiller ou parler de façon jugée efféminée peut valoir l’opprobre familiale. Des parents chinois vont jusqu’à conduire leurs enfants dans des cliniques de " conversion " pour tenter de ramener leur progéniture dans ce qu’ils estiment être le droit chemin.

L’homosexualité était considérée en Chine comme une maladie mentale jusqu’en 2001 et même comme un crime jusqu’en 1997. Des défenseurs des droits des homosexuels ont été arrêtés par le passé.

En comparaison, la Thaïlande, connue pour sa tolérance sexuelle, est un havre de paix pour les touristes gays chinois.

Officiellement en Thaïlande, les mariages du même sexe ne sont pas reconnus. Mais des mariages symboliques sont tenus, souvent en présence de moines bouddhistes. En Chine au contraire, c’est totalement illégal, et l’an dernier deux hommes ayant essayé de se marier se sont retrouvés devant la justice.

Gay-friendly : Même si la situation n’est pas toujours facile pour les homosexuels thaïlandais dans le monde du travail classique, au moins les cabarets et bars " gay-friendly " sont légion en Thaïlande.

" Chaque nuit, la moitié de nos clients viennent de Chine. Ils venaient déjà par le passé, mais cette année ils sont très nombreux, alors on a ajouté des chansons en chinois " , explique Bon Nadech, le propriétaire thaïlandais du bar ZAG.

Une dizaine d’agences de voyage offrent des packages " spécial gay " vers la Thaïlande, en présentant comme argument de vente des photos de fêtes sur des yachts aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Pour de nombreux touristes chinois, c’est l’occasion de respirer : " J’ai beaucoup d’amis qui ne se sentent pas en sécurité en Chine et ont le sentiment qu’ils doivent se cacher ", explique Ji Chengfeng, un homme d’affaires de Pékin âgé de 37 ans qui vient souvent en vacances en Thaïlande.

Les Chinois forment le gros des troupes des millions de touristes étrangers qui débarquent chaque année sur les plages de Thaïlande. Depuis le début de 2017, ils ont déjà été plus de 6,6 millions à séjourner en Thaïlande, contre moins de 700.000 Américains et 500.000 Français.

De son côté, la Thaïlande a mis le paquet pour attirer les touristes gays étrangers. Dès 2013, l’Autorité thaïlandaise du tourisme (TAT) a lancé une campagne à New York pour les séduire : " Go Thai, be free ", disait le slogan publicitaire.

En plein boom depuis plusieurs années, le marché chinois du voyage aiguise les appétits de toutes les grandes destinations touristiques.

A fortiori celui de la Thaïlande voisine, où le tourisme est un secteur primordial de l’économie : tour-opérateurs comme discothèques font désormais apprendre des rudiments de mandarin à leurs employés.

vendredi, juillet 07, 2017

Chine : Les autorités interdisent aux plateformes vidéos de diffuser dans le pays des films montrant des relations gays !

Les autorités chinoises ont publié une nouvelle réglementation sommant les plateformes de diffusion de vidéos en streaming de censurer les relations sexuelles qu'elle jugent anormales, visant entre autres l'homosexualité et l'adultère. Parmi les fictions et films d'animation visés par la nouvelle réglementation de l'Association chinoise des services internet (CNSA) figurent notamment ceux qui " montrent des actes ou relations sexuelles " anormaux " comme (...) l'homosexualité ".

Les plateformes de diffusion de vidéos doivent désormais recourir aux services de censeurs professionnels pour visionner chaque film du début à la fin et écarter ceux qui ne sont pas conformes " aux critères politiques et esthétiques corrects ", selon la réglementation publiée par l'organisme. La nouvelle réglementation ordonne le retrait ou des coupures des vidéos qui " portent atteinte à l'image nationale, à celle des dirigeants révolutionnaires, qui mettent en scène les conquêtes militaires des anciens empereurs ou répandent l'extrémisme religieux ".

lundi, mars 20, 2017

En savoir plus : En Chine, l’homosexualité est toujours un tabou !

Il est difficile d’assumer son homosexualité en Chine, en 2017. En effet, selon une étude du Pew Research Center, seulement 21 % des Chinois la jugent acceptable. Sortir du placard peut ainsi avoir des conséquences professionnelles, sociales et familiales immenses. Mais cela n’a pas toujours été le cas. 

Un rejet culturel toujours fort : En Chine, les LGBT sont encore loin d’être acceptés. Bien que l’homosexualité ait été décriminalisée en 1997, et retirée de la liste des maladies mentales en 2001, les LGBT continuent de subir d’énormes pressions familiales, professionnelles et sociales. Ainsi, il y a encore vingt ans, les gays et lesbiennes pouvaient être envoyés en camp de travail. Encore aujourd’hui, plusieurs cliniques proposent des " thérapies d’ajustement de la sexualité ", consistant à administrer des décharges électriques sur les parties génitales pour modifier l’orientation sexuelle des patients. Des pratiques barbares, souvent peu abordées et qui pourtant persistent. 

Un véritable tabou : En effet, le sujet est encore largement tabou. À la télévision, toute représentation de l’homosexualité est interdite, le gouvernement considérant cette dernière comme " vulgaire " et " immorale ". Ainsi, les rares chercheurs à s’y intéresser sont poussés à s’installer hors des universités, comme Zhang Beichuan, l’un des précurseurs dans l’étude du VIH en Chine à la fin des années 1980, qui s’est depuis intéressé aux femmes hétérosexuelles mariées à des hommes gays : une situation fréquente en Chine.

Le phénomène des Tongqi : Appelées Tongqi, ces femmes seraient au nombre de 10 à 20 millions en Chine. Mariées souvent très jeunes – dans un pays où la cohabitation avant le mariage ne dure généralement que quelques mois, et où il est mal vu pour une femme d’être célibataire à l’âge de trente ans – elles ne savaient pas que leurs maris étaient gays avant de les épouser. Quant à leurs époux, c’est souvent sous pression familiale qu’ils ont du vivre dans le refoulement, dans un pays où seuls 18 % des Chinois homosexuels ont révélé leur orientation à leur famille selon l’ONG WorkForLGBT.

En effet, en Chine, il est souvent très difficile d’annoncer son homosexualité à sa famille, pour deux raisons principales. La première est que dans un pays d’enfants uniques, les parents attendent beaucoup de leur enfant, qui est le seul à même de leur donner des petits-enfants. La seconde est que le fossé culturel séparant les parents des jeunes mariés de leurs enfants est immense : la génération des parents – quinquagénaires ou sexagénaires – a grandi sous Mao, dans un contexte de répression particulièrement forte de l’homosexualité, passible d’emprisonnement voire de peine de mort dans certains cas. Au contraire, la génération des enfants en âge de se marier a quant à elle grandi dans un contexte d’occidentalisation, avec l’accès à internet et à une meilleure éducation sexuelle.

Engendrant des situations de grande détresse, la situation des Tongqi est aujourd’hui particulièrement critique et le suicide de Luo Hongling, une professeure de 31 ans mariée depuis seulement quelques mois, a levé le voile sur ce phénomène encore méconnu.

Une situation qui n’a pas toujours été ainsi : L’existence de ces phénomènes montre qu’en Chine, l’homosexualité est encore mal acceptée. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Dans la culture chinoise ancienne, le sujet pouvait être abordé. En effet, même si le modèle " traditionnel ", un homme avec une femme, domine largement le confucianisme, l’homosexualité n’y est pas considérée comme un péché au sens chrétien. Certaines divinités taoïstes sont même présentées en couples de même sexe, et plusieurs récits d’amours homosexuels nous sont parvenus, certains remontant au XVIIe siècle.

Une situation qui fait penser à celle de l’Occident, la Grèce antique admettant largement l’homosexualité, une tolérance qui s’est perdue avec l’essor du christianisme, mais qui, peu à peu, revient : mariage gay, meilleure visibilité, la situation progresse peu à peu en Occident. Elle s’améliore également en Chine : des bars gays existent maintenant dans la plupart des grandes villes, et une Gay Pride s’est tenue pour la première fois à Shanghai en 2009. Mais la situation demeure toujours compliquée, notamment dans les campagnes. Souhaitons donc qu’en Chine, les mentalités continuent d’évoluer, et peut-être qu’un jour les LGBT chinois disposeront, eux aussi, des mêmes droits à s’aimer.

mercredi, avril 27, 2016

Chine : Stop aux mariages de convenance !

En Chine, une campagne encourage les hommes gays à ne plus s’enfermer dans des mariages de façade avec des femmes hétéros, une pratique pourtant bien ancrée dans le pays...

Depuis plusieurs semaines, le réseau social Weibo ( l’équivalent de Twitter en Chine ) est le théâtre d’une campagne lancée par Pflag China, une association LGBT. Profitant d’une intensification du débat sur les droits et le mariage des homosexuels dans les médias chinois, cette campagne vise à mettre fin aux mariages de convenance, en invitant les individus à poster des selfies sous le hashtag " Je suis gay et je n’épouserai par une personne hétéro ".

En Chine, 16 millions d’hommes homosexuels seraient en effet mariés à une femme hétérosexuelle. Une manière de cacher son homosexualité derrière les canevas du mariage hétéro. Cette pratique a même un nom en Chine : le " xinghun ". Dans de pareilles unions, un contrat prénuptial établi alors les cadres de la relation ainsi mise en place. Une situation " tragique " d’après les associations, autant pour les hommes gays que pour leurs épouses. Celles-ci sont surnommée les " tongqi " et bénéficient d’ailleurs d’un véritable élan de sympathie dans le pays depuis que la presse chinoise les a récemment mises en évidence.

En France on parlerait plus volontiers de " mariage de convenance ", mais le résultat est le même : une vie de façade convenant néanmoins à certains. Car comme le précise Zhou Ying, le porte-parole de Pflag China, le but de cette campagne n’est pas de dénigrer ni de pointer du doigt les individus ayant opté – de gré ou de force – pour cette option, mais bien d’aider les personnes homosexuels à s’accepter :

" Cette campagne ne vise pas à critiquer les homosexuels qui se marient avec des personnes hétérosexuelles. Nous voulons juste encourager les gays à se chérir, à vivre la vie qu’ils veulent et à être qui ils sont vraiment… et nous voulons pousser le message de l’égalité des droits ".

La campagne lancée par Pflag China sur le réseau social Weibo invite également les parents d’enfants homosexuels à s’opposer au " xinghun ", de manière à atténuer la forte pression sociale et familiale au mariage dans le pays. Un des participants de la campagne souligne ainsi que :

" Cette forme de situation maritale est une forme de déloyauté. Pour beaucoup de personnes gays, la grande institution du mariage s’est vraiment transformée en cimetière de l’amour ".

Pour une autre participante, cette campagne est une occasion de porter le débat autour du " mariage pour tous " qui, rappelons-le, vient d’être relancé en Chine suite à une décision de justice refusant qu’un homme épouse son compagnon :

" De nombreuses personnes LGBT prenant part (à ce genre de campagnes), la puissance de la foule permettra au moins aux autres de nous voir avec un nouveau regard. Et plus encore, peut-être pourrons-nous attirer l’attention des organismes gouvernementaux compétents qui pourront nous aider à gagner une victoire pour l’avenir du mariage gay ".

En février 2015, une campagne chinoise contre l’homophobie avait rencontré un fort succès, rappelant des idées simples comme " l’amour n’est pas un choix ", ou encore " je n’ai pas décidé d’être homosexuel ". Des combles d’évidence qui semblent malheureusement nécessaires dans un pays où l’homosexualité n’est pourtant plus un délit depuis 1997.

vendredi, janvier 15, 2016

Cruising : L’application de rencontres gay Grindr passe sous pavillon chinois !

La firme chinoise Kunlun Tech, spécialiste des jeux en ligne, a pris une participation majoritaire dans l’application de rencontres pour homosexuels Grindr, ont annoncé les deux parties, alors même que l’homosexualité reste l’objet en Chine d’une très forte pression sociale. Grindr, qui se qualifie volontiers de " plus grand réseau mondial de rencontres pour hommes gays ", revendique des millions d’utilisateurs pour son application de mise en relation, basée notamment sur la localisation.

Fondé en 2009, Grindr a été un pionnier de la technologie permettant de se localiser par l’intermédiaire de son smartphone, pour trouver des partenaires potentiels en fonction de leur profil mais également de leur proximité géographique. Ce modèle a ensuite été copié par nombre d’autres sites de rencontres comme, par exemple, Tinder.

Dans un message posté sur son blog, le CEO et fondateur de Grindr, Joel Simkhai, a indiqué que sa société " avait accepté de voir Kunlun Tech prendre une participation majoritaire " et que cette opération " représentait une énorme marque de confiance dans (sa) vision de connecter encore davantage les hommes homosexuels au monde qui les entoure ".

Kunlun Tech ( l’un des plus importants créateurs et opérateurs de jeux en ligne en Chine ) a ultérieurement confirmé qu’il prenait une participation de 60% dans Grindr pour 93 millions de dollars, valorisant donc la firme californienne à quelque 155 millions de dollars. Si Grindr est déjà bien implanté en Chine, Kunlun Tech a suggéré qu’il était autant intéressé par sa spécialisation (les rencontres gays) que par ses innovantes technologies de networking.

" Cet investissement dans un réseau social spécialisé améliorera encore davantage le profil stratégique de l’entreprise sur le marché internet mondial ", a-t-il assuré dans un communiqué. En retour, son expérience dans la gestion de jeux et autres produits en ligne pourrait contribuer à faire mieux prospérer les affaires de Grindr, a-t-il promis. L’annonce a visiblement séduit le marché : le titre de Kunlun Tech s’est envolé mardi de 10% à la Bourse chinoise de Shenzhen, la limite maximale autorisée.

Forte de la première population d’internautes au monde (près de 670 millions de personnes), la Chine représente un marché crucial et une source de croissance considérable pour ce genre d’applications, en dépit des pressions qu’y subissent toujours les homosexuels.

Pékin a dépénalisé l’homosexualité en 1997 et l’a retirée de sa liste des maladies mentales en 2001, mais les gays et lesbiennes chinois font encore l’objet d’une très forte pression familiale et sociale, et les contenus liés à l’homosexualité sont régulièrement censurés sur l’internet local.

Si les bars et autres lieux de socialisation gays sont très prisés dans les grandes villes, ils demeurent rares, et beaucoup de jeunes homosexuels préfèrent la discrétion et le caractère pratique des applications de smartphones.

Kunlun Tech a indiqué qu’il nommerait trois des cinq membres du conseil d’administration de Grindr, parmi lesquels figurera son président, le milliardaire Zhou Yahui. Le bond enregistré mardi par son action a gonflé la capitalisation de Kunlun Tech à 1,13 milliard de yuans (158 millions d’euros).

jeudi, janvier 07, 2016

LGBT : Un gay chinois veut obtenir en justice le droit de se marier !

Un homosexuel chinois a saisi la justice pour se voir reconnaître le droit au mariage. Sa plainte, une première en Chine, a été jugée recevable par le tribunal de Changsha, la capitale de la province du Hunan (sud).

Le plaignant, Sun Wenlin, âgé de 26 ans, a déclaré à Reuters qu'il était optimiste sur l'issue de la procédure. " Je pense que d'un point de vue juridique, nous devrions réussir. Notre loi sur le mariage parle de liberté de se marier et d'égalité des genres. Ces termes peuvent s'appliquer à un mariage homosexuel ", a-t-il dit.

Déposée en décembre, sa plainte a été acceptée mardi, a-t-il précisé. Sun veut faire casser le refus opposé au mois de juin par le bureau des affaires civiles du district de Furong à sa demande de mariage avec son compagnon, âgé de 36 ans.

L'homosexualité, qui était considérée comme un trouble mental jusqu'en 2001, n'est pas interdite en Chine, mais les mariages homosexuels n'y sont pas reconnus et les couples homosexuels n'ont pas de protection juridique.

Pour les militants de la cause homosexuelle, la plainte de Sun pourrait être un tournant. " En Chine, les tribunaux rejettent souvent les dossiers politiquement sensibles. Par conséquent, le fait que cette plainte ait été acceptée atteste d'une certaine volonté officielle de prendre en compte la discrimination dont sont victimes les LGBT, ce qui est en soi encourageant ", a commenté Maya Wang, spécialiste de la Chine au sein de l'organisation Human Rights Watch (HRW).

dimanche, septembre 06, 2015

Cinema : Un film sur un couple gay autorisé par la censure en Chine !

Les autorités chinoises ont approuvé pour la première fois la diffusion de Seek McCartney sur un amour homosexuel, avec un acteur français dans l'un des rôles-titres. Une première saluée mercredi par les activistes LGBT dans un pays où la censure reste sévère et moralisatrice. Les autorités chinoises ont approuvé la diffusion en salle d'un film sur un amour homosexuel, avec un acteur français dans l'un des rôles titres.

Seek McCartney selon son titre en anglais ( Xunzhao Luo Mai en mandarin ) a reçu le feu vert des censeurs pour sa diffusion dans les salles de cinéma du pays, a indiqué son réalisateur Wang Chao, l'une des figures du cinéma indépendant chinois : " C'est un petit pas pour l'Administration du Film, mais c'est un grand pas pour le monde du cinéma ", s'est félicité Wang Chao, non sans ironie, sur son compte de microblogs.

Cette coproduction franco-chinoise met en scène la relation secrète entre un Chinois, interprété par le comédien Han Geng, et un Européen, joué par le Français Jérémie Elkaïm. Le long-métrage attendait depuis douze mois la décision de l'organisme chargé de la censure, selon des médias chinois, et il devrait être désormais programmé dans les salles obscures dans le courant de l'hiver.

Cette nouvelle n'est pas anodine pour la communauté LGBT en Chine: Pékin a dépénalisé l'homosexualité en 1997 et l'a retirée de sa liste des maladies mentales en 2001, mais les gays et lesbiennes chinois font encore l'objet d'une très forte pression familiale et sociale. Et si plusieurs réalisateurs chinois de renom avaient déjà mis en scène des héros gays - dont Zhang Yuan avec East Palace, West Palace ou plus récemment Lou Ye avec Nuits d'ivresse printanière -, aucun long-métrage chinois ayant l'homosexualité comme thème principal n'avait jusqu'alors passé le barrage de la censure.

Une très grande avancée : " On a déjà vu à l'écran des films chinois avec des personnages secondaires gays (...) mais un feu vert à une histoire dont les héros principaux sont homosexuels, c'est une très grande avancée», a indiqué à l'AFP Fan Popo, jeune documentariste et activiste LGBT.

Pour autant, ce militant se veut prudent : " Le fait que cette oeuvre particulière puisse sortir dans les salles ne signifie aucunement que des salves de films gays vont pouvoir à l'avenir être diffusés en Chine ", prévient-il. «Le système chinois d'approbation des films est extrêmement instable, les règles sont floues. Et au final, tout dépend des caprices des censeurs ", a-t-il déploré. Dans ces conditions, " il est difficile de dire si cela va encourager d'autres réalisateurs chinois ".

En 2008, les autorités avaient inclus l'homosexualité parmi les contenus " pornographiques et vulgaires " à bannir des écrans, mais cette clause avait été supprimée en 2010, précisait mercredi le quotidien officiel Global Times.
Wang Chao est le réalisateur, entre autres, de L'orphelin d'Anyang (2001) et de Voiture de luxe ( prix " Un certain regard " à Cannes en 2006 ).

mardi, février 17, 2015

LGBT : 60 millions de gays chinois encouragés à sortir du placard !

Sous le slogan " L'amour n'est pas un choix ", une campagne a été lancée sur le web chinois. Objectif : accroître la visibilité des gays et lesbiennes du pays.

En admettant qu’ils représentent 5% de la population, ils seraient au moins 60 millions: autant que tous les Français. Et pourtant, l’immense majorité des LGBT chinois restent invisibles. Pour tenter de briser le tabou qui entoure encore l’homosexualité en République populaire, une association a lancé une campagne virale à l’intention des internautes. Elle est illustrée de couples gay et lesbiens photographiés chez eux, en toute complicité, sous le slogan " L’amour n’est pas un choix ". " Nous n’avons pas choisi d’être homosexuels, nous le sommes. Heureusement, le monde est assez vaste pour nous tous ", ajoute la légende.

Informations positives : L’opération a débuté vendredi, veille de la Saint-Valentin, rapporte le Huffington Post. " La majorité des Chinois pensent encore qu’être gay est une perversion ou une sorte de maladie ", explique David Li, de China LGBT Awareness Campaign. " Et bien sûr, en raison de la censure, il est très difficile de faire passer des informations positives sur les LGBT ".

L’homosexualité n’est plus un crime en Chine depuis 1997, mais les gays et lesbiennes peinent à gagner une reconnaissance de la part des autorités, très frileuses sur ce thème en dépit de la naissance de communautés et de scènes LGBT dans les principales métropoles du pays.

Source

lundi, décembre 29, 2014

Chine : Homosexualité - Un choc électrique pour en venir à bout !

Un tribunal de Pékin a ordonné à une clinique psychiatrique de verser une indemnité à un homosexuel pour avoir administré des chocs électriques dans une tentative de le rendre hétérosexuel, une décision sans précédent vis à vis de la thérapie de conversion.

Le plaignant, un homme gay ayant le nom de Yang Teng, a dit qu’il se sentait traumatisé après avoir a reçu ces chocs électriques La clinique Xinyu Piaoxiang a été condamnée à lui verser 3 500 yuans (690 dollars) et à poster des excuses publiques sur son site internet. Le tribunal de Pékin a estimé aussi qu’il n’était pas nécessaire d’administrer ces chocs puisque l’homosexualité n’a nullement besoin d’un traitement.

" Je vais prendre ce verdict et le montrer à mes parents afin qu’ils puissent voir qu’un tribunal chinois a déclaré que l’homosexualité n'est pas une maladie mentale ", a-t-il dit. Des photos d’un document détaillant la décision de ce verdict, le premier du genre en Chine, ont été partagées sur les médias sociaux. L’homosexualité a cessé d’être classée comme un trouble mental en Chine en 2001, mais l’intolérance généralisée envers les gays et les lesbiennes est toujours une réalité évidente dans la société chinoise. Les militants pour la cause ont salué le cas sans précédent de M. Yang comme un important pas en avant.

En mai dernier, un jeune de 19 ans militant des droits des homosexuels dans la province centrale du Hunan a été arrêté pour avoir organisé une manifestation de 100 personnes que la police décrit comme " illégale ". Cette année, un avocat dans la même province à fait les manchettes quand il a annoncé qu’il poursuivait des fonctionnaires pour avoir refusé sa demande de création d'une ONG de défense des droits des homosexuels.