dimanche, juin 30, 2019

LGBT : Pourquoi le die-in est le moment le plus fort de la Marche des Fiertés !

Acte militant qui prend de plus en plus des accents de commémoration collective, le die-in permet, notamment dans le cadre des Marches des Fiertés, de se rappeler de la force de notre nombre.

Ma première fois fut une grande claque. La vague sonore est partie de très loin. Comme un bruissement interrompant le silence qui avait saisi la Pride et Paris. Les cris de joie, à mesure qu’ils se rapprochaient, gagnaient en intensité. Pour finir par frapper en pleine face, avec la force d’une émotion qui submerge. C’était ma première Marche des Fiertés et c’était mon premier die-in. J’en suis sorti rechargé, rempli de forces pour l’année à venir.

Le die-in consiste à s’allonger au sol en silence pendant quelques minutes, pour dénoncer une mort ou un risque de mort, et la réaction ( absente ou insuffisante ) des pouvoirs publics. Dans le cas des mouvements LGBT, cette pratique est évidemment rattachée à la lutte contre le sida. Ma prise de conscience de notre force collective s’est opposée à la solitude que l’on ressent face aux regards, aux remarques, aux intimidations, aux insultes, voire aux coups. Et même en apprenant ensuite la signification exacte du die-in, ma manière de le vivre n’a pas vraiment changé.

Défier la mort : La puissance que peut transmettre la phase finale du die-in, nous sommes nombreux.ses à la ressentir. Militante à Act-Up Paris de 1992 à 1997, Gwen Fauchois a pratiqué ce mode d’action de nombreuses fois, lors de Marches des Fiertés et à d’autres occasions militantes. " Le moment où l’on se relève m’a toujours donné de l’énergie, se souvient-elle. Et l’effet de nombre renforce ce sentiment ".

Qu’on ne s’y trompe pas : le die-in, même à sa fin, n’est pas un moment d’allégresse. " Quand tu te lèves, tu sens que les morts t’accompagnent, explique l’ancienne d’Act-Up Paris. Pour nous, c’était un moyen de faire que nos proches ne soient pas des victimes passives, mortes dans l’indifférence ". Cette invocation de la mort n’est donc pas forcément contradictoire avec la force individuelle et collective que chacun peut en tirer. Pour l’anthropologue Christophe Broqua " se relever après avoir mimé la mort est un moyen de s’en distancier, comme pour la défier ".

Le geste juste : En France, le die-in semble indissociable d’Act-Up Paris. Il faut dire que le groupe militant a pour " acte de naissance " deux die-in clandestins organisés par Didier Lestrade, cofondateur de l’association, lors de la Pride de 1989. L’inspiration est assumée : cette manœuvre collective est emblématique d’Act-Up New-York. Mais ce mode d’action n’est pas né avec la lutte contre le sida. Selon Christophe Broqua, on en retrouve déjà aux États-Unis dans les années 1960 et 1970, dans des mouvements écologistes et contre la guerre du Vietnam.

" Act-Up New-York a beaucoup utilisé le die-in pour deux raisons, liste l’anthropologue. D’abord parce qu’il faisait partie du répertoire d’actions habituelles des militants américains. Et parce qu’il est très approprié à la cause sida. À l’époque, les militants sont dans une proximité avec la mort que l’on ne peut plus imaginer aujourd’hui ". " C’était le geste juste pour rendre visible l’hécatombe que personne ne voulait voir ", abonde Gwen Fauchois.

Un mode d’action critiqué : En France, les die-in d’Act-Up Paris ont, selon Christophe Broqua, toujours été intégrés à des actions plus larges : zaps, picketings, enterrements politiques, et donc Marche des Fiertés. Ce qui n’a pas empêché cet acte militant d’être l’objet de critiques. Surtout à ses débuts. Le chercheur se souvient, à titre personnel, d’un ami séropositif sortant avec colère du cortège au moment du die-in. Ayant récemment perdu son compagnon des suites du sida, la charge émotionnelle lui était insupportable.

L’opposition à cette pratique a divisé pendant de longues années les militants LGBT. En témoigne AIDES, qui s’est longtemps dressée contre un mode d’action jugé inopportun. Arnaud Marty-Lavauzelle, ancien président de l’association avait pour habitude de dire " à Aides, on ne se couche pas face au sida ".

L’Inter-LGBT, qui organise les Pride parisiennes, a elle-même tardé à intégrer officiellement les die-in à son programme, malgré ceux pratiqués ( " clandestinement " mais avec une forte adhésion du public) chaque année par Act-Up Paris. Pour Gwen Fauchois, l’officialisation " des die-in de Pride est finalement arrivée comme une proposition de compromis " adressée au groupe militant insistant ( en vain ) pour que le mot d’ordre de la Marche évoque précisément le sida ".

Protestation ou commémoration : Ces divisions sont aujourd’hui très atténuées. AIDES prend désormais part aux die-in. Ils sont devenus un rendez-vous attendu des Marches des Fiertés. Mais celles et ceux qui le pratiquent aujourd’hui lors des Prides en connaissent-ils toujours le sens ? Gwen Fauchois regrette qu’il soit " devenu moins politique aujourd’hui ".

Depuis les années 1990, le die-in semble en effet avoir muté. Il revêt un sens plus commémoratif, sans perdre pleinement ses origines revendicatives. Le pratiquer reste en tout cas d’actualité : l’épidémie du VIH continue, et les mémoires de celles et ceux qui ont vu leurs proches décimés par le sida n’irriguent toujours pas la conscience collective.

Source

Video : Alex Sensation, Anitta, Luis Fonsi - Pa' Lante !

Je suis stoïque, mais plus pour longtemps...

Oh la la !

Plus on connait quelqu'un, plus ses contours deviennent flous...

TV : La série Euphoria a-t-elle vraiment battu le record du nombre de pénis montrés dans une seule scène ?

La nouvelle série HBO " Euphoria " continue de faire parler d'elle. Pour sa qualité d'abord, ses bonnes audiences ensuite et enfin pour son goût pour les pénis à l'écran. L'une des scènes de l'épisode 2 en montrait une vingtaine. Mais est-ce un record ?

Décidément, la scène de vestiaires de la série ado HBO Euphoria fait parler d'elle ! Pour rappel, le footballeur Nate se retrouve entouré de pénis en début d'épisode, semant chez lui la gêne et le trouble. Une scène importante car signifiante pour comprendre le personnage et pour explorer le sujet de la masculinité toxique, mais une scène qui a forcément suscité de vives réactions dans une Amérique puritaine peu habituée à voir de manière aussi frontale des sexes masculins, particulièrement sur le petit écran même si HBO n'en est pas à son coup d'essai !

C'est surtout leur nombre qui semble avoir déstabilisé les critiques, le public peut-être aussi. Car précision importante tout de même : ils ne sont pas en érection ( contrairement à une scène du pilote ). Une trentaine, selon une poignée de journalistes. Un chiffre exagéré, comme le souligne un article du site The Ringer, qui a interrogé un autre site, Mr Man, spécialisé dans la nudité masculine à l'écran. " Notre compte officiel est de 21 pénis " a ainsi indiqué son PDG. Et d'après leurs recherches, il s'agit bien d'un record dans une même scène... à la télévision !

Mais si on élargit au grand écran en revanche, on trouve quelques précédents. " C'est le plus grand nombre depuis la seconde 40 du film de 2004 Sex Trip, où l'on dénombrait 28 pénis dans une même scène ! " poursuit l'article. Ils citent également le film Yanks avec Richard Gere en 1979 qui contenait une scène avec 13 membres différents.

Video : No money kids - The street !

Pietro Boselli !

D'étranges visions couvrent mon front...

samedi, juin 29, 2019

Video : Video : Madonna - God Control !

M'a mis tout sens dessus dessous...

Henry Cavill !

Passe-moi le sel !

Video : Not the One !

Il est l'ange pour moi, je lui dis tout bas...

Oups !

Je me fous bien des qu'en dira-t-on...

vendredi, juin 28, 2019

Etude : Les personnes LGBT mieux acceptées par la société française, mais des malaises subsistent !

Selon une étude Ifop publiée mercredi, les personnes LGBT sont de mieux en mieux acceptées par la société française, mais de nombreux malaises perdurent.

L’enquête a été publiée ce mercredi 26 juin. En 2019, 85% des personnes interrogées considèrent que l’homosexualité est " une manière comme une autre de vivre sa sexualité ", alors qu’ils étaient 24% en 1975, selon cette enquête réalisée par l’Ifop pour la Fondation Jasmin Roy-Sophie Desmarais, en partenariat avec la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT).

Seuls 8% pensent encore que c’est " une maladie que l’on doit guérir ". Contre 42% en 1975, soit sept ans avant la dépénalisation de l’homosexualité. Et 7% considèrent encore aujourd’hui que c’est " une perversion sexuelle que l’on doit combattre " (22% en 1975).

Pas trop de marques d’affection en public : Les Français sont aussi plus ouverts concernant la manifestation de l’homosexualité dans l’espace public. Mais c’est encore loin d’être gagné : 33% trouvent " plutôt choquant " qu’un couple homosexuel s’embrasse dans un lieu public, en baisse de 30 points depuis 1996. Et le fait de se tenir la main choque 17% d’entre eux (-10 points).

Autre chiffre : 41% des répondants sont mal à l’aise à l’idée que des enfants voient des personnes de même sexe s’embrasser sur la bouche, ou se tenir la main en public (25%).

Concernant la parentalité, 83% des Français pensent " qu’un couple homosexuel est capable d’assurer son rôle de parent aussi bien qu’un couple hétérosexuel ". Plus la personne interrogée fréquente des offices religieux, moins elle est d’accord (88% des personnes qui assistent uniquement à des cérémonies ( mariage, baptême, etc ) sont d’accord, contre 54% pour celles qui le font de manière hebdomadaire ).

Pas de " normalisation intégrale " : " Il y a une acceptation croissante du principe d’homosexualité, mais elle ne doit pas être confondue avec sa normalisation intégrale ", commente auprès de l’AFP François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop.

Pour le sondeur, les évolutions législatives ( dont le mariage pour tous en 2013 ) et la plus grande représentation des familles homoparentales dans les médias ont contribué à légitimer ces familles. La plus grande acceptation n’anéantit toutefois pas certains clichés récurrents à l’égard des homosexuels.

Certains métiers " devraient être interdits aux homosexuels " : Un Français sur cinq (20%) estime que " certaines professions où l’on est en contact permanent avec des enfants devraient être interdites aux homosexuels ", indique l’enquête.

Parmi les sondés, 27% se déclarent mal à l’aise en présence de personnes transgenres et 14% avec des personnes homosexuelles ou bisexuelles du même sexe qu’eux. Au total, 30% des Français ont au moins une fois été mal à l’aise avec des personnes LGBT.

10% des personnes interrogées estiment également que " les violences contre les homosexuels sont parfois compréhensibles ".

Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 mai au 3 juin 2019, auprès d’un échantillon de 3.013 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Video : Indochine - Kimono dans l'ambulance ( Le film ) !

Esope reste ici et se repose...

Oups !

Que faire de tes matins...

Je m'en veux tu vois...

Un soir au musée !

Et dans ma prison de verre, moi je ne sais plus comment faire...

jeudi, juin 27, 2019

Culture : " Champs d’Amours ", l’exposition qui célèbre un siècle de cinéma LGBT !

En collaboration avec la Cinémathèque, la Mairie de Paris accueille l’exposition " Champs d’Amours, 100 ans ans de cinéma arc-en-ciel " . Une réussite, à voir gratuitement depuis le 25 juin et jusqu'au 28 septembre à l’Hôtel de Ville.

1919-2019. L’évolution de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transidentité au cinéma a été longue. Et il reste encore du chemin. En un siècle cependant, le septième art a déjà eu le temps de révolutionner sa manière de représenter les personnes LGBT. Et de changer quelques mentalités au passage. C’est dans ces décennies cruciales que nous plonge la très belle exposition " Champs d’Amours, 100 ans de cinéma arc-en-ciel " qui a ouvert le 25 juin.

Prolifique, l’exposition nous offre affiches, photographies, livres, costumes, scénarios de films LGBT. Ainsi que 95 extraits de longs-métrages ( et 10 courts en intégralité). On y croise pêle-mêle Jean Cocteau, Adèle Haenel, Mahershala Ali, Arnaud Valois, Divine, ou encore Andy Warhol...

Une somme de matériaux importante pour mieux comprendre comment nos histoires ont été représentées au cinéma. Mais loin de nous assommer de science, l’ambitieuse " Champs d’Amours " réussit à s’adresser au grand public, tout en ravissant les plus cinéphiles.

Mater un film aux urinoirs : Un équilibre que l’on doit aux cinq commissaires de l’exposition ( le commissaire général Alain Burosse et ses quatre commissaires Laurent Bocahut, Michèle Collery, Jean-Baptiste Erreca et Didier Roth-Bettoni ) qui ont travaillé pour la mairie de Paris, en collaboration avec la Cinémathèque. " Un travail en commun indispensable " , nous a confié le commissaire général.

Mais aussi aux trouvailles scénographiques ludiques de Pascal Rodriguez, Matéo Baronnet et Raymond Belle. Après un couloir de rappels historiques et cinématographiques aux couleurs de l’arc-en-ciel, on déambule dans huit salles thématiques qui explorent les questions du Paris gay, de la censure, des festivals, des succès grand public, etc.

Sans tout dévoiler, ces salles réservent quelques pépites de mise en scène. Et notamment la salle du " Petit Coin ", interdite aux moins de 16 ans, où les films se cachent parmi les urinoirs et les glory holes. Plus loin, on est fasciné par " Séance de Minuit " de José Cunéo, une commande expresse de l’exposition, où l’artiste recrée une salle de cinéma aux spectateurs iconiques. Les yeux les plus vigilants reconnaîtront au milieu des célébrités la maire de Paris Anne Hidalgo, drapeau arc-en-ciel en main et entourée de trois Sœurs de la Perpétuelle Indulgence.

Prendre des notes : Très enrichissante, " Champs d’Amour " prend pour point de départ " Autre que les autres ", un film allemand oublié, datant de 1919. Ce film ( dont un extrait est présenté au début de l’exposition ) est le premier à clamer " qu'être amoureux de quelqu’un de son propre sexe est aussi noble et pur que d’aimer quelqu’un du sexe opposé ". A l’époque, il s’oppose frontalement au paragraphe 175 du Code Pénal allemand qui condamne l’homosexualité. Ce qui lui vaudra d’ailleurs de voir toutes ses copies détruites par les nazis. Jusqu’à ce qu’une bande survivante soit retrouvée en Ukraine.

L’exposition montre également à quel point le cinéma LGBT a gagné en quantité et en qualité aux cours des dernières décennies. Plongé parmi des oeuvres mythiques ( " Querelle ", " Mulholland Drive ", " 120 Battements par Minute "... ) et d’autres plus confidentielles, on repart excité à l’idée d’aller au cinéma pour cocher quelques cases de notre liste de films à voir, qui vient subitement de s’allonger. Ça tombe bien, la Cinémathèque a prévu une rétrospective du 19 juin au 11 juillet, " Révoltes sexuelles, révolutions visuelles, 100 ans de cinéma arc-en-ciel ".

L’exposition " Champs d’Amours, 100 ans ans de cinéma arc-en-ciel " est accessible gratuitement depuis le 25 juin, et jusqu'au 28 septembre à la Mairie de Paris. Accès par la rue Lobau.

N'emprisonne pas toujours tes pensées...

Oups !

Perds plus ton temps, dis-lui je t'aime...

Video : 4 questions auxquelles Eddy de Pretto en a marre de répondre !

Sur mon 31, pour un 5 à 7...

Love !

mardi, juin 25, 2019

Video : Conséquences, la bande annonce !

Baptiste Giabiconi !

Hot !

Et tous les jours, c'est le même refrain...

Video : Flavien Berger - Deadline !

Répondre à mon chagrin...

Le spectacle grandiose de Mylène #Farmer sera diffusé au cinéma pour une séance unique le jeudi 7 novembre à 20h... Un show monumental à vivre en immersion au cinéma sur écran géant ! Billetterie sur http://www.pathelive.com à partir du jeudi 27 juin... #MyleneFarmer2019LeFilm

Nous volons au passage un plaisir clandestin...

lundi, juin 24, 2019

TV : Les séries ont clairement un problème avec les personnages bisexuels !

Rares dans les séries, les personnages bisexuels sont (en plus) souvent mal représentés. Entre clichés et homophobie, quels sont les poncifs dont les scénaristes feraient mieux de se débarrasser une bonne fois pour toutes ?

Mais où sont les bisexuels dans les séries ? Alors que les personnages lesbiens et gays sont de plus en plus présents, les bis manquent toujours à l’appel. Cette invisibilisation est une histoire de " méconnaissance " pour Hélène Breda, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 13. " C’est simplement le reflet de la société actuelle. Beaucoup de gens ne croient pas à la bisexualité ". Et quand on voit la manière dont les bisexuels sont représentés dans les séries, ça ne risque pas de changer tout de suite.

La bisexualité est une phase d’exploration : Premier cliché concernant la bisexualité, c’est un " truc à tenter une fois dans sa vie ". " Beaucoup de séries présentent la bisexualité comme une phase d’exploration " selon Hélène Breda. En effet, dans la catégorie " la bisexualité ça va cinq minutes " : on peut citer la série Newport Beach. Dans la saison 2, Alex, bisexuelle, séduit Marissa. Mais elle quitte Orange County et Marissa retourne bien gentiment à son hétérosexualité. Son attirance pour les femmes n’est plus jamais abordée par la suite. Sa bisexualité momentanée n’a pas vraiment plu aux producteurs de la série qui y ont mis le holà.

Même cas de figure du côté british dans la série Mistresses. Jessica doit organiser le mariage d’Alex, mais les deux femmes entament une relation. Alex finit par se marier et les deux femmes se séparent. Surprise, surprise (non) : au début de la saison 2, on retrouve Jessica mariée à un homme. Sans un seul commentaire sur sa bisexualité.

Alors, certes, on ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Aucune orientation sexuelle n’est gravée dans le marbre. Mais la bisexualité est si peu représentée qu’il serait peut-être judicieux d’orienter les intrigues autour des questionnements des personnages ou de les faire revendiquer plus souvent cet aspect de leur sexualité.

Une étape avant d’assumer son homosexualité : " Les bisexuels se mentent à eux-mêmes " chantait Phoebe dans Friends. Exemple parfait d’un des écueils dans lequel les séries ne cessent de tomber. Dans les séries, la bisexualité est une lubie. Un sas de décompression : on y entre hétéro et on en ressort homo. Willow, dans la série Buffy, en est un bon exemple pour Hélène Breda : " Elle ne se dit jamais bi. Au départ elle sort avec Oz, un garçon. Mais se dit gay quand elle rencontre Tara. Tout cela participe à l’invisibilisation des bies ". Les personnages sont hétéros et passent par une phase trouble avant de se reconnaître homos.

Finalement, certains personnages de série ont aussi été collés un peu vite dans la case " homos ". Pour Hélène Breda, c’est le cas d’un des personnages de la série Friends. " Carol, l’ex-femme de Ross a beaucoup fait pour la visibilité lesbienne à l’époque. Mais si on regarde bien, elle est bi ". Mariée à Ross pendant des années, elle le quitte pour une femme avant le début de la série.

Mais plusieurs blagues ont attiré l’attention de certains fans. Notamment ce flash-back. Ross rentre de l’université pour Thanksgiving et parle de sa nouvelle petite amie, Carol. " Elle joue dans l’équipe de crosse et dans l’équipe de golf. Vous arrivez à le croire ? Elle joue pour les deux équipes ".

Un atout commercial : " L’orientation sexuelle devient vite un accessoire narratif quand il s’agit d’un personnage LGBT+ " explique Hélène Breda. Coming out tragique, personnage queer qui meurt brutalement… Les héros bisexuels n’échappent pas aux clichés qui s’abattent sur les gays et les lesbiennes.

" La série The 100, a été accusée de queerbating par ses fans. Elle a utilisé la relation de Clarke (bisexuelle) et Lexa (lesbienne) pour attirer les spectateurs LGBT+. Sauf que Lexa est tuée violemment très peu de temps après le début de leur idylle ". Les fans n’ont pas apprécié l’entourloupe. D’autant plus que beaucoup d’amateurs de séries se plaignent du phénomène " bury your gays ", littéralement " enterre tes gays ". Un trope récurent dans les séries qui consiste à faire mourir prématurément un personnage LGBT+ pour donner un nouveau rebondissement au scénario.

Autre exemple : la série Desperate Housewives. Au milieu des mères au foyer complètement barges de Wisteria Lane et entre deux cakes aux olives et un crash d’avion, les scénaristes se sont dit que la série manquait d’un personnage bisexuel.

C’est ainsi que Katherine rencontre Robin, ancienne strip-teaseuse qui vit chez Susan. Les deux femmes vivent une parfaite idylle. À tel point qu’elle s’envolent pour Paris main dans la main. C’est là que les choses se gâtent du côté des scénaristes. À son retour, Katherine apprend à ses amies qu’elle a " décidé qu’elle n’était plus intéressée par les femmes ". Normal. Tout le monde sait que l’orientation sexuelle est un choix.

La bisexualité comme accessoire narratif : La bisexualité est également utilisée comme un ressort narratif pour montrer deux facettes d’un personnage ". Pour souligner les moments de transgression ". selon Hélène Breda. " Au début de la série Orange is The New Black, le personnage de Piper, est fiancée à un homme. Elle vit une vie proprette et bien rangée. Les moments où elle est avec des femmes correspondent à ses moments de " rébellion ". " Sa première expérience avec une femme la mène d’ailleurs à vivre une vie de criminelle. Ce sont les effets de cette relation qui vont la mener en prison.

Dans la série Killing Eve, le personnage de Villanelle est une immense psychopathe. Et sa bisexualité ne vient que renforcer son côté dérangé. Pour Hélène Breda, " il y a également une certaine forme de pathologisation de la bisexualité. Cette sexualité renverrait à une forme d’instabilité ". Tout ce qui ne cocherait pas la case hétérosexualité ou homosexualité serait un révélateur de déséquilibre mental.

Et les hommes bis dans tout ça : Si dans les séries, les femmes bisexuelles sont rares, les hommes bis se comptent sur les doigts d’une main. Et leur présentation est souvent bourrée de clichés. En première place, la figure de " l’homo refoulé ". Celui qui a des aventures cachées avec des hommes puis retourne auprès de sa femme et de ses enfants. Sur la seconde marche du podium du cliché simpliste : le " coming-out tardif ". Sol et Robert dans la série Grace and Frankie sont de bons exemples. Les deux hommes ont passé toute leur vie avec leur femme avant de leur révéler qu’ils entretiennent une relation extra-conjugale ensemble depuis des années. Un des deux a même à nouveau une aventure avec son ex-femme à un moment de la série. Pourtant, aucun n’est présenté comme bisexuel.

Alors, pourquoi les femmes sont-elles beaucoup plus présentes que les hommes ? Pour Hélène Breda, c’est parce que " deux femmes ensemble sont considérées comme un objet de désir pour le fantasme masculin. Alors qu’un homme bisexuel fait écho à des peurs masculines de perte de virilité ". Dans une série, on est soit hétéro, soit homo. Tout trouble dans l’orientation sexuelle d’un personnage est effrayant. " Les hommes qui couchent avec des femmes doivent, dans la représentation sociale des choses, avoir un côté viril. Ce qu’il sont supposés perdre en couchant aussi avec des hommes ". regrette la chercheuse. On peut toutefois donner un bon point au personnage d’Oberyn dans Game of Thrones, qui ne tombe dans aucun de ces clichés, bien que les autres personnages le considèrent déviant.

Un peu d’espoir : Une meilleure représentation est pourtant possible. La série Crazy Ex-Girlfriend met par exemple en avant le personnage de Darryl, ouvertement bi. Il entend d’ailleurs démystifier la bisexualité, notamment à travers une chanson qui résume très bien les problèmes de représentation qui pèsent sur les bis.

Autre personnage bi qui devrait faire figure d’exemple : Rosa Diaz dans Brooklyn Nine-Nine. Fait rare dans une série, le personnage fait son coming-out. " Elle prononce les mots " je suis bi " et son coming-out se passe bien. C’est très important ". explique Hélène Breda.

Pour la chercheuse, l’espoir est permis. " Les mentalités évoluent. Et la fiction va dans ce sens aussi. Elle peut aussi participer à faire accepter la bisexualité par tous. On peut espérer que les choses vont changer. Mais le problème est loin d’être résolu ".

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Matin silence, déjà s'éveille...

Sweet !

Moi aussi, je rêve au prince charmant...

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Ton aquarium, c'est pas du barnum...

Tom Holland !