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vendredi, septembre 11, 2020

Cinema : Les scénaristes de " Brokeback Mountain " se réunissent pour un nouveau film queer !

Avec Mark Wahlberg en tête d'affiche, Good Joe Bell racontera l'histoire vraie d'un père anéanti après le suicide de son jeune fils homosexuel. Un film prometteur déjà en route pour les Oscars ?

Quinze ans après la sortie acclamée de Brokeback Mountain dans les salles obscures, son tandem de scénaristes se reforme. Fort de leur première collaboration, distinguée du prix du Meilleur scénario adapté aux Oscars en 2006, Larry McMurtry et Diana Ossana remettent le couvert avec Good Joe Bell. Un nouveau long-métrage à thématique LGBT+, inspiré d'une tragique histoire vraie. Il sera inauguré le 14 septembre au Festival international du film de Toronto.

Réalisé par Reinaldo Marcus Green ( Monsters and Men ), Good Joe Bell narrera le parcours déchirant de Joe Bell, lequel sera interprété par Mark Wahlberg. Sévèrement harcelé sur les réseaux sociaux comme dans la vie réelle à cause de son homosexualité, son fils Jadin a mis fin à ses jours. Suite à son suicide, son père Joe entreprend de traverser les États-Unis pour sensibiliser les écoles et autres communautés aux dangers du harcèlement. Le film mélangera le périple de Joe avec des flash-back soulignant la violence homophobe dont Jadin était victime.

Un projet engagé : Comme pour Brokeback Mountain, c'est Diana Ossana qui a insisté auprès de Larry McMurtry pour qu'ils planchent ensemble sur le scénario. Mais ce n'était pas chose facile. " Larry éprouvait des difficultés au début, avant qu'on attaque l'écriture, confie la scénariste à The Hollywood Reporter. Il n'était pas content de Joe. Je lui ai parlé pour cerner l'état psychologique dans lequel pouvait être Joe. Car Joe aimait profondément ses enfants et j'ai dit à Larry qu'on devait rentrer dans l'histoire par cet angle-là ". Le véritable Joe Bell est, quant à lui, décédé en 2013 lors d'un accident de la route. Sa famille et ses proches ont été impliqués dans la création de ce projet.

Bien que le film n'ait pas encore été accompagné d'une date de sortie nationale, son réalisateur Reinaldo Marcus Green aimerait que ce soit dans les prochains mois. " J'espère qu'il sortira cette année, surtout pour les élections, déclare-t-il. Je pense que ça pourrait faire réagir les gens ".

Tu veux jouer à Brokeback Mountain avec moi ?

samedi, mai 16, 2020

Cinema : La confidence touchante de Jake Gyllenhaal sur Heath Ledger ( Brokeback Mountain ) !

Dans une récente interview, l’acteur Jake Gyllenhaal a révélé comment son ancien partenaire à l’écran avait refusé de faire une blague homophobe aux Oscars.

Quand Le Secret de Brokeback Mountain se pointa dans les salles obscures au milieu des années 2000, personne n’aurait pu anticiper un tel succès. Avec plus de 170 millions de dollars récoltés au box-office mondial, le long-métrage culte d’Ang Lee fut une réussite surprenante quand on sait qu’il s’intéressait à la romance tumultueuse entre deux hommes. Cette success-story n’aura tout de même pas empêché les organisateurs des Oscars de vouloir faire une vanne homophobe là-dessus... mais c’était sans compter sur le soutien indéfectible d’un certain Heath Ledger.

Interviewé par Another Man, Jake Gyllenhaal s’est volontiers remémoré quelques souvenirs liés au film en question, et notamment la façon dont son ex-collègue l’a défendu sans broncher. " Je me rappelle qu’ils voulaient qu’on fasse un discours d’ouverture pour les Oscars cette année-là et c’était une sorte de blague sur le film, explique-t-il. Et Heath a refusé. Sur le moment, je m’étais dit OK, comme tu veux. Je me dis toujours que c’est bon enfant. Et Heath a dit ce n’est pas une blague pour moi et je ne veux faire aucune blague à ce sujet ".

Une expérience particulière : En prenant un peu de recul, l’acteur reconnaît que la réaction de Heath Ledger était " intelligente ". Il évoque en parallèle l’expérience de tournage singulière qu’a représenté Le Secret de Brokeback Mountain pour lui. " Il y a des choses pour lesquelles tu es choisi, détaille-t-il. Une qualité, une essence. Et c’est ce qu’a fait Ang ( Lee, le réalisateur, ndlr ). Et c’est encore un mystère pour moi. Et ce que Heath et moi partagions, c’était aussi un mystère pour nous à l’époque ".

Encore aujourd’hui, Jake Gyllenhaal avoue ne pas être capable de regarder le film. Pour la piqûre de rappel, Le Secret de Brokeback Mountain narre la liaison cachée entre deux cow-boys dans le Wyoming, en 1963. Mine de rien, le long-métrage aura fait parler de lui dans multiples cérémonies, remportant d’ailleurs le prix du Meilleur réalisateur, décerné à Ang Lee, aux Oscars ainsi que celui de Meilleur film dramatique aux Golden Globes.

lundi, août 26, 2019

Cinema : Heath Ledger détestait les blagues homophobes sur " Le Secret de Brokeback Mountain " !

Heath Ledger détestait qu’on se moque de l’intrigue et des personnages du Secret de Brokeback Mountain, révèle son compagnon de jeu Jake Gyllenhaal. 

Le long-métrage d’Ang Lee sorti en 2006, qui a remporté trois Oscars ( meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure musique ), a trop souvent été résumé à un film de " cowboys gays ", ce qui avait le don d’énerver Ledger : " Heath ne plaisantait jamais avec ça. Si quelqu’un faisait une blague sur le film, il répondait : Non, ça parle d’amour .

Il était incroyablement sérieux sur les enjeux politiques qui entouraient le film quand il est sorti ", se souvient Gyllenhaal dans une interview accordée au Today Show. " Souvent, les gens voulaient s’amuser et faire des vannes, et il était très véhément. Il refusait qu’on tourne tout ça en dérision ".

Lors d’une conférence de presse au moment de la sortie du film, Ledger avait d’ailleurs été on ne peut plus clair : " Il va falloir accepter que ce sont deux hommes. On montre que l’amour entre deux hommes est aussi fort et pur que l’amour hétérosexuel. Et si vous ne n’arrivez pas à le comprendre, n’allez simplement pas voir le film. On s’en fiche. Gérez ça en privé. Ne le criez pas sur les toits. On ne veut pas connaître votre avis ".

samedi, janvier 19, 2019

People : Découvrez Jake Gyllenhaal dans son nouveau rôle gay, 14 ans après " Brokeback Mountain " !

L’acteur sera au casting de " Velvet Buzzsaw ", un thriller qui sortira en février 2019 sur Netflix. Il y incarnera un galeriste confronté à des phénomènes surnaturels.

Quand un film ouvre le festival de cinéma de Sundance, c’est toujours bon signe. C’est le cas de " Velvet Buzzsaw ". Les attentes autour de ce thriller de Dan Gilroy pour Netflix sont donc hautes. D’autant que le rôle principal y est tenu par Jake Gyllenhaal. L’acteur y jouera son premier rôle d’homme gay, quatorze ans après celui du cowboy amouraché du regretté Heath Ledger dans " Brokeback Mountain ".

Jake Gyllenhaal sera Morf Vandewalt. Un galeriste homosexuel confronté à des phénomènes surnaturels et dangereux, après avoir acheté les tableaux d’un peintre décédé et inconnu du monde de l’art.

Une scène de sexe annoncée : Jake Gyllenhaal jouera aux côtés d’autres acteurs et actrices de renom. Parmi eux, Toni Collette ( " Le Sixième Sens ", " Little Miss Sunshine ", " United States of Tara " ) et John Malkovich ( " Les Liaisons Dangereuses ", " Burn After Reading ", " Bird Box " ) !

On sait déjà que le film d’horreur contiendra au moins une scène de sexe entre le galeriste Morf Vandewalt et un autre homme. Il semble d’ailleurs qu’elle apparaisse furtivement dans la bande-annonce ( vous voyez la paire de jambes sous Jake Gyllenhaal à 1 minute 14 ? ) . " Velvet Buzzsaw " sera diffusée sur la plateforme de streaming Netflix à partir du 1 février 2019.

Regardez la bande annonce : Here/ici

Source

mercredi, août 15, 2018

Cinema : Quand Hollywood passe le gay !

Out ! Lorsqu’en 2006, les votants de l’Académie des oscars désignent Collision, le drame choral de Paul Haggis, comme meilleur film au détriment du Secret de Brokeback Mountain, ils penchent davantage vers le " ouste ! " que le coming out. Collusion homophobe ? Qui sait. Depuis, Collision a été totalement oublié tandis que le film de Ang Lee a eu l’honneur insigne de faire entrer le cinéma LGBT dans le mainstream et d’arriver en tête d’un sondage du Hollywood Reporter en février 2015 demandant aux membres des oscars de réélire des films qu’ils regrettaient avoir négligé. Récemment, Moonlight (2016) de Barry Jenkins et Call Me by Your Name (2017) de Luca Guadagnino en sont les descendants qui n’auraient probablement pas autant existé sans ce prédécesseur. Avec cette même ambiguïté : des romances gay avec des acteurs hétérosexuels.

Vacher : La route vers la gloire du film fut plus mouvementée que celle empruntée par ses héros, les cow-boys Jack et Ennis, pour mener leurs moutons à l’alpage. Le scénario, adapté d’une nouvelle d’Annie Proulx parue dans le New Yorker, existe depuis 1998. Ses auteurs, Larry McMurtry ( à qui l’on doit un classique méconnu chez nous de la littérature cow-boy, la saga " Lonesome Dove " ) et Diana Ossana, après l’avoir expédié à divers studios, disent avoir vu débarquer à leur porte Gus Van Sant cinq jours après, désireux de tourner le film. Naviguant entre cinémas queer et commercial, le cinéaste, tout juste auréolé du triomphe de Will Hunting, est le candidat rêvé pour s’emparer de cette romance qui retourne un pilier fondateur de la culture américaine - le garçon-vacher macho, poli et mutique.

Mais Van Sant peine à trouver des stars pour les rôles de Jack et Ennis : " Personne ne voulait le faire, confiait-il au site IndieWire. J’ai demandé à Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Matt Damon, Ryan Phillippe. Ils ont tous dit non ". Si Damon botta en touche pour expliquer son refus - " je venais de faire un film gay ( le Talentueux Mr. Ripley, ndlr ) et un film de cow-boy ( De si jolis chevaux ), je ne pouvais pas faire un film de cow-boy gay juste après " ! se justifia-t-il dans Playboy, les acteurs approchés succombent à la crainte d’alors que jouer un personnage gay peut ruiner une carrière. Ces embûches entament la patience de Van Sant, qui se retire du projet.

En 2001, Ang Lee entre en scène. Né à Taïwan, le réalisateur de Tigre et Dragon est a priori très éloigné du Wyoming de la nouvelle mais tombe amoureux de l’histoire. Il devra tout de même attendre de finir son décrié Hulk (2003). Après maints entretiens où Lee sent la plupart des acteurs ( qu’il refuse de nommer ) réticents et nerveux, son choix finit par se porter sur Jake Gyllenhaal ( Jack, le plus ouvert, qui prend l’initiative ) et Heath Ledger ( Ennis, le plus taiseux, le plus réprimé ). Tous deux sont alors des valeurs montantes, à l’approche opposée de leur personnage : Gyllenhaal veut improviser, ce qui énerve Ledger, fidèle obsessionnel au mot et à la scène.

Rétrospectivement, comment expliquer le succès du film ? Sans doute par le fait qu’à l’époque comme aujourd’hui, acteurs et critiques ne sont jamais d’accord sur l’idée que le film et ses personnages, sont gays, hétéros ou bisexuels ( Jack et Ennis sont tous deux mariés ). Même le slogan sur l’affiche, " l’amour est une force de la nature ", évoque un documentaire sur l’écosystème du Wyoming. Dans les interviews, les acteurs parlent d’un amour " entre hétéros " ( Gyllenhaal ) ou " entre âmes sœurs " ( Ledger ). Universaliser l’expérience gay est la leçon du film pour la faire passer en contrebande à Hollywood et à en faire le plus gros succès du cinéma LGBT de tous les temps. Quitte à la traiter encore sur un mode tragique sacrificiel ( spoiler : l’un des amants meurt ), à la diluer puisque le film n’est jamais vraiment érotique - autre point commun avec Moonlight qui, lui, décrochera l’oscar sans jamais montrer une seule scène de sexe à l’écran.

Résistance : Dix ans après le Ang Lee, Hollywood ne résiste plus à un cinéma où confluent marges et mainstream, où les hétéros jouent les homos. Le nouveau front de résistance s’est créé du côté de la représentation des personnages trans. Si l’acteur cisgenre Jeffrey Tambor a pu être chouchouté par la critique en femme trans dans la série Transparent, le retour de bâton récent face à l’annonce du casting de Scarlett Johansson - qui s’est désistée depuis - en gangster transgenre pour le film Rub & Tug de Rupert Sanders montre le sous-emploi d’acteurs et actrices réellement trans comme Jamie Clayton (Sense 8) ou Laverne Cox ( Orange Is the New Black ). Ou, pour citer Jen Richards, actrice transgenre interviewée dans le Hollywood Reporter : 

" L’argument qui me met le plus en colère lorsque les gens répondent aux critiques sur le casting d’acteurs cisgenres dans des rôles trans est " cela s’appelle jouer un rôle ". Tous ces gens disent cela avec une sorte de joie, comme si nous n’y avions jamais pensé. Bien sûr que c’est jouer. Et dans un monde idéal, je voudrais que chacun puisse jouer n’importe quel rôle. C’est le genre de liberté que je veux pour moi-même autant que pour les autres ". Un dilemme qui est l’autre Secret de Brokeback Mountain.