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vendredi, septembre 25, 2020

En savoir plus : 6 conseils utiles (et faciles) pour protéger ses nudes !

Afin d'éviter de reproduire ce que l'on appellera " l'incident Chris Evans " ou toute tentative de doxing, voici quelques conseils pour protéger au mieux vos photos persos.

Le week-end dernier, notre cher Captain America ( ou Chris Evans pour les intimes ) a partagé par mégarde une story Instagram, où l'on aperçoit dans l'aperçu de sa galerie photos... une dick pic. La sienne, supposément. Un moment gênant pour l'acteur qui aurait surtout pu être évité. En effet, contre ces moments d'inattention ou dans des cas plus graves de doxing ou de revenge porn, il existe plusieurs méthodes pour sécuriser au maximum ses nudes. Bien que le risque zéro n'existe pas, voici 6 étapes à suivre pour s'assurer que vos photos intimes sont en sûreté.

1 ) Protéger son smartphone : Bon, là, on attaque avec le b.a.-ba mais ça fait toujours du bien de le rappeler. Lorsqu'on a des fichiers qu'on préférerait garder cachés sur son mobile, mieux vaut s'assurer que ce dernier soit protégé par une quelconque méthode d'authentification. Reconnaissance faciale, lecture d'empreinte, glissement ou encore mot de passe numérique classique... les alternatives ne manquent pas. Bien que ça n'empêchera pas les hackers d'accéder à vos données à distance, cela évitera qu'un fouineur mal intentionné vienne mettre ses yeux là où il ne devrait pas être.

2 ) Éviter le Cloud : Encore aujourd'hui, on se rappelle de la fameuse fuite de nudes de célébrités, telles que Jennifer Lawrence ou Kate Upton, en 2014. Le point commun de tous ces fichiers piratés est qu'ils se trouvaient tous sur le iCloud d'Apple. Il y a donc ici une leçon à en tirer : en effet, lorsque l'on décide de conserver du contenu sensible, mieux vaut miser sur l'espace de stockage local du smartphone. Non pas que le Cloud ne soit pas sécurisé, il l'est, de manière générale. Il s'agit surtout de sauvegarder ses photos dénudées à un seul endroit : cela réduit la surface d'attaque si des hackers s'en prenaient à vous. Dans cette perspective, évitons d'ailleurs tout duplicata.

Quand bien même vous souhaiteriez stocker vos nudes sur votre Cloud personnel, veillez à bien sécuriser l'accès à celui-ci. " Le moins que vous puissiez faire pour optimiser votre cybersécurité est d'utiliser l'authentification à deux facteurs, explique Daniel Markuson, expert en confidentialité numérique chez NordVPN. Lorsqu'un internaute malveillant essaie de se connecter à un compte depuis un appareil inconnu, une demande d'accès est automatiquement envoyée à l'appareil initialement associé au compte concerné. Cette solution peut compromettre une cyberattaque avant même que celle-ci ne commence ".

3 ) Isoler ses photos : Chris Evans, cette étape est pour toi. L'erreur qu'a commise l'acteur, c'est surtout de laisser errer ses nudes dans sa galerie photos. Or, il existe différentes applications spécialement conçues pour stocker ce genre de contenu, à l'instar de Keepsafe Photo Vault. Disponible aussi bien sous iOS qu'Android, ce " coffre fort " permet de ranger des photos et vidéos à part, dans un album protégé par mot de passe ou bien par lecture d'empreinte. Les fichiers sont doublement cryptés, ce qui veut dire que seul le détenteur des documents peut les visualiser. Et bien entendu, un mot de passe n'ayant jamais été utilisé jusqu'alors est à privilégier. Le changer ponctuellement est aussi préconisé.

4 ). Surveiller les métadonnées : Pour la piqûre de rappel, dans notre récent guide pour réussir sa dick pic, on vous déconseillait d'inclure votre visage dans toute photo trop sexy. Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'il existe une autre façon de faire remonter un nude jusqu'à vous : les métadonnées. En effet, lorsqu'on prend une photo avec son smartphone, des données " cachées " sont enregistrées avec le fichier : cela comprend la date de capture de la photo, une légende... mais aussi le lieu où le cliché a été pris. Et si le lieu en question est votre domicile, il sera difficile de nier qu'un nude vous appartient.

Cela dit, pas de panique : il est possible d'empêcher votre smartphone d'enregistrer ces métadonnées, ou tout du moins celles renvoyant à votre géolocalisation. Sous iOS, il suffit d'aller à Confidentialité & Service de localisation & Appareil photo, puis sélectionner l'option " Jamais ". Pour ce qui est d'Android, il faut aller dans Applications & Appareil photo et désactiver votre position dans les autorisations. Attention néanmoins : cela ne supprimera pas les métadonnées des photos prises avant cette modification. Pour ça, il faudra idéalement passer par une application tierce qui se chargera d'effacer les métadonnées de toute image jugée sensible par vos soins.

5 ) Bien choisir son destinataire : Avant d'envoyer des nudes, on ne vous conseillera jamais assez d'avoir une confiance totale en votre destinataire. C'est rassurant et, forcément, ça limite le risque de voir vos photos olé olé atterrir sur la Toile. Mais parce qu'on ne peut jamais être sûr, on vous conseillera d'utiliser une application comme Snapchat pour l'envoi de nudes. Les photos envoyées sont éphémères et l'application vous avertit si votre destinataire réalise une capture d'écran de votre photo. En définitive : non, ça n'empêchera pas la personne en face de divulguer vos fichiers privés mais, au moins, vous saurez qui est en possession des fichiers en question. Et c'est déjà ça.

6 ) Assurer ses arrières : Dans l'éventualité que votre smartphone vous ait été dérobé ( avec vos nudes dedans, cela va sans dire ), il y a toujours une option. Avec Find My iPhone (pour iOS) et Find My Device (pour Android), il est possible de retracer votre mobile. Mais si vous craignez de ne jamais remettre la main dessus, cet outil permet de supprimer à distance toutes vos données personnelles. Pratique. *

dimanche, septembre 13, 2020

Sexe : Le porno se refait une santé grâce à ses fans !

Valeurs montantes du cyberérotisme, OnlyFans, JustFor.Fans et consorts tendent à changer les règles du jeu du porno, notamment gay. Pour le meilleur ?

Pendant ces six derniers mois synonymes de confinement pour une très large partie de la planète, les amateurs de porno frais ont dû se serrer la ceinture: studios et " tubes " avaient cessé de déverser du nouveau matériel. La période a par contre donné un coup de boost aux nouvelles plateformes de l’érotisme en ligne: les réseaux sociaux " adultes ", comme OnlyFans et son concurrent gay JustFor.Fans.


Ici, ce sont les actrices et acteurs qui sont les principaux protagonistes. Comme leur nom l’indique, ces réseaux leur offrent la possibilité de se forger une base de fans. À ceci près que ces derniers paient un abonnement pour des contenus ( en principe ) exclusifs : photos, vidéos, voire dialogues. La plateforme prend 20 à 30% des transactions.

Quand on débarque sur OnlyFans et JustFor.Fans, le spectacle est plutôt décevant. Pas de grandes galeries de portraits émoustillants à sélectionner, ni de rubriques à butiner. C’est normal : les internautes arrivent ici le plus souvent en provenance de réseaux sociaux plus classiques : Twitter, Tumblr ou Instagram, où la plupart des performeurs non professionnels se sont fait connaître à grands renforts de photos alléchantes dûment " linkées ".

Peignoir entrebâillé : Sur Justfor.fans, on clique sur William Hairyartist, pour voir. Il a l’air sympa. Une vidéo teaser montre le mec, plus très frais, en robe de chambre dans ce qui ressemble à un débarras. Il s’adresse à la caméra. " Hey mec, t’es passé dire bonjour ? C’est cool. Quand je te vois, ça me relaxe ", dit il en posant son pied nu sur la table. Sa chaise grince, son peignoir s’est entrebâillé. Gloups. Pas sûr de vouloir dépenser 9,99 dollars par mois pour faire plus ample connaissance.

Mais sans doute y a-t-il des amateurs pour ces productions maison où l’accent est mis sur le spontané, l’accidentel. " Les comptes qui remportent le plus de succès sont ceux que les spectateurs trouvent naturels, authentiques, et quelque part personnels, puisqu'on suit les performeurs ", notait le magazine " Out " dans une enquête de 2018.

Bon à prendre pour les performers... et au passage gratifiant. " Quand je fais mes propres trucs, j’ai l’impression d’être important. On paie pour moi ", explique à Jezebel Lil D, jeune acteur porno de 20 ans actif sur OnlyFans. Peu importe que ses fans soient des mecs ou des filles. " Ils aiment ma gueule ", rigole-t-il.

Fluidité : C’est justement une des particularité d’OnlyFans : une bonne partie de ses performeurs masculins sont straight, mais ont appris à cultiver leur audience gay, notamment dans des scènes solo. " Leur engagement avec les spectateurs est non-genré, ils se réfèrent aux " fans " ou à un " vous général ", constate Jezebel. C’est plutôt nouveau dans une industrie du porno plutôt segmentée et homophobe. L’acteur Logan Pierce se souvient s’être entendu dire au début de sa carrière de ne pas faire de solo, ni de trio avec un gay/bi, sous peine d’être relégué ( et même exclu des studios par peur du VIH ).

Drôle de retour des choses. Ces réseaux sociaux seraient-ils la planche de salut pour des performeurs de plus en plus précarisés dans une industrie sinistrée par les " tubes " ? L’opacité d’entreprises telles que OnlyFans ne permet pas de le dire pour l’instant. Et si certaines " stars " revendiquent des revenus se chiffrant en centaines de milliers de dollars par mois, il n’est pas sûr que William Hairyartist et une foule d’autres performers se fassent des couilles en or. Ce qui serait pourtant très photogénique.

dimanche, septembre 06, 2020

Chine : Faute de mariage, des homosexuels convolent en ligne !

Fatigués d'attendre une reconnaissance du mariage homosexuel, une nouvelle fois rejeté par les députés le mois dernier dans une Chine aux mœurs conservatrices, des couples LGBT s'en remettent à internet pour faire reconnaître leur relation.

L'idée d'une union entre deux personnes du même sexe a fait du chemin ces dernières années dans ce pays, notamment auprès des jeunes. Mais manifestement pas encore assez pour être acceptée par l'ensemble de la société.

" On ne peut plus vivre dans l'ombre ", déclare à l'AFP M. Guo, en couple depuis 11 ans avec M. Zhu et qui ne souhaite pas révéler son prénom afin de préserver son anonymat.

Pour afficher leur relation, ils ont fait comme des milliers d'autres homosexuels : ils ont " célébré " leur union via une application mobile délivrant des certificats de mariage numériques, qui peuvent être partagés avec amis, famille ou collègues.

En Chine, seuls les couples mariés peuvent adopter un enfant, avoir accès à la procréation médicalement assistée ou avoir leurs deux noms sur un acte de propriété. La légalisation du mariage homosexuel faisait partie des principales suggestions émises l'an passé par le grand public au moment de la rédaction du premier Code civil chinois. Mais le vote et la publication le mois dernier de ce texte a constitué une douche froide pour la communauté LGBT : le mariage y a été défini de façon claire comme " l'union entre un homme et une femme ".

" C'est une grande déception ", déclare Sun Wenlin, un militant de la première heure qui avait été le premier en Chine en 2015 à avoir entamé une procédure ( infructueuse ) pour obtenir l'autorisation de se marier avec son conjoint.

C'est après l'adoption du Code civil qu'il a inauguré son application mobile afin d'accroître la visibilité des couples homosexuels : 3.000 d'entre eux l'ont déjà utilisée. " On ne peut pas prendre congé quand notre conjoint ou nos parents sont malades. En tout cas pas aussi facilement que les couples hétérosexuels ", souligne M. Guo.

La Chine a décriminalisé l'homosexualité en 1997 et a arrêté en 2001 de la qualifier de " maladie mentale ". Mais si la cause LGBT a gagné en visibilité ces dernières années, notamment dans la presse, le sujet est toujours rarement abordé à la télévision ou dans les films.

L'an passé en prévision de la rédaction du Code civil, des députés ont affirmé avoir reçu plus de 237.000 suggestions et 5.600 lettres plaidant pour le mariage homosexuel ou une meilleure reconnaissance des couples de même sexe. Yan Shanshan avait alors envoyé un message dans lequel elle parlait de son souhait d'épouser sa copine. Des mots sur lesquels sa mère avait ajouté les siens : " Nous avons accepté le choix de notre fille. Alors pourquoi pas vous " ?

Ses parents m'ont délogée : Les couples homosexuels chinois qui souhaitent avoir un enfant sont contraints de se rendre à l'étranger pour accéder à la procréation médicalement assistée (PMA) ou à des mères porteuses. Le mariage entre personnes de même sexe permettrait pourtant de régler certains différends, fréquents, autour des biens immobiliers. Car seuls les gens mariés peuvent avoir leurs deux noms sur un acte de propriété.

He Meili avait démissionné pour s'occuper de sa conjointe malade, qui est finalement morte en 2016 après plusieurs années d'une longue maladie. A la disparition de sa copine, elle s'est retrouvée à la rue. " En l'espace d'une semaine, ses parents m'ont délogée de l'appartement où on vivait ensemble ", raconte-t-elle à l'AFP. Saisie par He Meili, la justice a refusé de reconnaître la relation entre les deux femmes.

Mais les mœurs évoluent lentement : Le nouveau Code civil contient ainsi une clause qui entretient l'espoir d'une meilleure protection pour les couples de même sexe : il autorise le propriétaire d'un bien immobilier à donner à un particulier le droit de l'occuper toute sa vie. " Au moins, les gens ont désormais une base juridique pour protéger certains de leurs droits ", assure He Meili.

lundi, juillet 20, 2020

LGBT : Quatre associations accusent Twitter de rechigner à modérer ses contenus !

Plusieurs associations dénoncent les manquements de Twitter en matière de modération de contenu et exigent plus de transparence. Les contenus haineux ont augmenté de 43% pendant le confinement.

Sur Twitter, les messages homophobes, racistes ou de haine sont légion et l’oiseau bleu ne fait pas grand chose pour que cela change. Plusieurs associations ( SOS Homophobie, SOS Racisme, l’ONG J’accuse ainsi que l’Union des étudiants juifs de France ) appellent l’entreprise à faire plus en matière de modération. Elles exigent, devant la justice, la nomination d’un expert judiciaire pour connaître la manière dont les messages sont modérés. Parce que jusqu’à présent, l’entreprise garde jalousement le secret sur le sujet.

Selon les quatre associations citées par Les Echos, les contenus haineux ont augmenté de 43% pendant le confinement. Les injures homophobes et les tweets racistes, notamment dirigés contre les Chinois, ont explosé. 1.100 tweets " manifestement illicites " ont été signalés à Twitter au pic de la crise du coronavirus. La loi sur la confiance dans l’économie numérique oblige la plateforme à les supprimer dans un " délai raisonnable ". Les associations ont donné jusqu'à 5 jours à Twitter pour les retirer. Résultat, passé le délai, seuls 12% des tweets ont été retirés. Chez Facebook, 68% des messages signalés ont été supprimés ( mais le testing ne portait que sur 78 posts ). Fin juin, la Commission européenne fait le même constat dans un autre testing : sur 1.400 tweets signalés, seuls 36% ont été retirés. L’exécutif européen indique même que le taux de retrait est plus faible cette année qu’en 2019.

Un manque d’effectifs de modération : " On n’est même pas dans le peut mieux faire, il s’agit bien d’une inaction massive de la part de Twitter ", accuse dans le quotidien économique Pauline Birolini, la responsable du service juridique de SOS Racisme. La justice a audiencé les associations une première fois à la mi-juin et elles seront de nouveau convoquées le 25 août. " Presque dix ans après notre combat contre le hashtag #UnBonJuif, il y a même quelque chose de funeste dans le fait que nous dussions retourner devant la justice. Cela montre que rien n’a changé ", souffle Samuel Lejoyeux, vice-président de l’UEJF. Ce weekend, le mot-clef #JewishPrivilege ( privilège juif ) a fait florès.

Le directeur général en France assurait pourtant dans le JDD que " tout ce qui permettra de promouvoir des conservations apaisées, sereines, intéressantes et éclairées, ainsi que la mise en avant d’infos vérifiées et vérifiables doit être étudié. C’est notre obsession, et ce n’est pas une question d’image, c’est une question de survie ". Contrairement à Facebook qui a augmenté ses effectifs en 2020 pour lutter contre les contenus dangereux, Twitter est accusé de traîner des pieds. La plateforme souligne que 50% des tweets contraires à sa politique de contenu sont repérés automatiquement par un algorithme. Les autres doivent être modérés par des humains. Mais l’oiseau bleu n’a pas précisé ses effectifs, à l’inverse de Facebook qui y dédie 35.000 salariés dans le monde.

La loi Avia jugée " inutile " : La loi contre la haine en ligne, portée par la députée La République en marche (LREM) Laetitia Avia, devait limiter les contenus haineux sur ces plateformes. Dans le principe, elle oblige les plateformes à retirer les contenus haineux en moins de 24 heures. Mais le Conseil constitutionnel a supprimé cette disposition. Les associations LGBT+ craignaient une censure des plateformes. Aides, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature s’étaient réjouis : " depuis plus d’un an, associations et syndicats dénoncent ce texte inutile et dangereux, qui aurait notamment abouti au bâillonnement des militants des luttes contre les LGBTQ-phobies et le VIH utilisant des termes jugés haineux ".

jeudi, juillet 16, 2020

LGBT : Instagram et Facebook refusent désormais les publicités pour les " thérapies de conversion " !

Suite à la mobilisation d’internautes britanniques, les réseaux sociaux Facebook et Instagram ont annoncé que les publicités promouvant les très controversées " thérapies de conversion " seront désormais bannies des plateformes.

C’est pas trop tôt. Facebook s’engage enfin à bannir tous les contenus faisant la promotion des " thérapies de conversion " sur ses supports. C’est ce qu’a déclaré une représentante du réseau social à la chaîne CNN vendredi 10 juillet 2020 après que des activistes ont appelé les annonceurs à boycotter la plateforme.

Facebook a annoncé étendre sa politique concernant les discours de haine au reste du monde pour y inclure les posts promouvant ou faisant l’apologie de cette pratique. Cette décision s’appliquera aux deux réseaux sociaux stars du groupe, Facebook et Instagram.

Une forme de torture : Les " thérapies de conversion " sont une forme de torture prétendant pouvoir changer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne. La grande majorité du corps médical et des associations de médecins jugent cette pratique dangereuse et plusieurs études ont prouvé son inefficacité. Les personnes ayant subi ces " traitements " rencontrent souvent de nombreux problèmes psychologiques, allant de la dépression au suicide.

Depuis plusieurs années, la tolérance de Facebook et Instagram pour les pages hostiles aux personnes LGBT+, et notamment celles faisant l’apologie des " thérapies de conversion " est pointée du doigt par les militants et les associations LGBT+.

La prise de conscience tardive du géant américain du numérique s’explique par une énième polémique née cette fois au Royaume-Uni. En effet, plusieurs utilisateurs britanniques ont fait campagne pour que le compte Instagram de Core Issues Trust, un promoteur de " thérapies de conversion ", soit banni de la plateforme.

Améliorer notre approche : " Nous n’autorisons pas les attaques à l’encontre des gens basées sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre et nous mettons à jour nos politiques pour bannir la promotion des services de thérapies de conversion " a ainsi déclaré la directrice des politiques publiques d'Instagram pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, Tara Hopkins.

" Nous avons supprimé tous les contenus en violation de nos politiques de la page @coreissuestrusttv. Nous revoyons nos politiques en permanence et nous continuerons de consulter des experts et des gens avec une expérience personnelle pour améliorer notre approche ", a poursuivi la représentante d’Instagram. Si certains contenus ont bien été effacé, ce lundi 13 juillet 2020, la page de ce groupuscule religieux était toujours active.

La plateforme cessera aussi de recommander les contenus liés aux " thérapies de conversion ", notamment les témoignages et les articles louant l’efficacité de cette technique barbare, " sauf dans un contexte législatif ", tempère le réseau social.

Une pratique légale : Cette décision pourrait faire tâche d’huile. Un porte-parole de Twitter a déclaré que le réseau social avait déjà " renforcé sa politique à l’encontre des contenus promouvant les " thérapies de conversion ". Le site de microblogging serait actuellement en train de " travailler pour rendre ses plateformes de formation plus claires pour que les membres de nos équipes puissent avoir une grande variété d’exemples auxquels se référer et que notre application de cela soit cohérente et évolutive à l'échelle mondiale ". a-t-il ajouté.

Souvent promues par des mouvements religieux, les " thérapies de conversion " sont encore légales dans la plupart des pays du monde. L’Allemagne est le premier grand pays à avoir interdit la technique pseudo-scientifique sur les mineurs en mai 2020.

En France, les " thérapies de conversion " ne sont pas à proprement parler illégales. La députée LREM Laurence Vanceunebrock a déposé en juin dernier une proposition de loi visant à interdire ces pratiques sur le sol français. Elle veut introduire une infraction spécifique dans le code Pénal et espère pouvoir compter sur le soutien du gouvernement.

samedi, juillet 04, 2020

En savoir plus : Pour Facebook, les menaces de mort envers les personnes LGBT+ ne méritent pas d’être modérées !

Les discours de haine ont explosé sur les réseaux sociaux depuis la mort de Sarah Hegazy. Des militants LGBT+ ont adressé une lettre à Facebook pour réclamer une meilleure modération des contenus.

Dans une vidéo publiée sur Facebook, on peut voir une femme qui justifie de lapider des homos. Une autre montre Sarah Hegazy brûler. Des militants LGBT+ du monde arabe ont écrit, ce jeudi 2 juillet, à Facebook pour qu’il modère les contenus haineux. Au Moyen-Orient, ces discours de haine explosent depuis la mort de la militante, symbole des luttes pour les droits LGBT+ en Égypte. Sarah Hegazy a été retrouvée morte dans son appartement canadien deux semaines plus tôt. Elle s’y était expatriée après avoir été accusée de " promouvoir une dérive sexuelle " pour avoir brandi un drapeau arc-en-ciel en Égypte.

Pourtant, le réseau social se targue d’une tolérance zéro concernant les discours de haine. La lettre est co-signée par 22 groupes militants des droits des LGBT+ dans le monde arabe. Ils accusent l’entreprise de " laxisme " dans l’application de sa politique de modération. " Alors que la communauté LGBTQI+ de la région a signalé des centaines de posts de haine, la plupart de ces signalements ont été refusés car le contenu " ne contrevient pas aux standards de Facebook ", explique la lettre.

Appliquer les mêmes critères de modération au Moyen-Orient qu’en Occident : " Aux États-Unis et en Europe, il n’y a pas de place pour diffuser un message de haine à l’égard de l’orientation sexuelle, de la couleur de peau, de la religion ou n’importe quel autre critère social ", explique Adam Muhammed, le directeur de l’un des collectifs basé au Maroc, cité par Openly, l’agence de la Thomson Reuters Fondation. " On a adressé une lettre à Facebook pour demander à ses dirigeants d’instaurer les mêmes règles de modération ici que dans les autres pays ", poursuit-il.

Dans sa réponse, Facebook argue que le réseau social dispose d’équipes de modération disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les équipes parlent 50 langues, y compris l’arabe. Selon Facebook, son outil d’intelligence artificielle parvient à repérer 90% des discours de haine. Ces contenus seraient retirés avant même que les utilisateurs ne les signalent. " Nous savons que nous avons encore beaucoup de travail à faire et nous continuerons à travailler avec des membres de la communauté LGBTQI+ dans le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord pour développer nos outils, notre technologie et nos standards de modération ", commente Facebook.

Une prise de conscience : Nicolas Gilles, l’un des co-fondateurs de l’association ANKH qui défend les droits LGBT+ espère que la mort de Sarah Hegazy occasionnera une prise de conscience. Il rappelle que la militante s’est battue contre le harcèlement en ligne. " La communauté LGBT+ dans le monde arabe voit les effets du harcèlement et chacun se dit qu’il pourrait être le prochain, nous ne l’accepterons pas ", explique-t-il.

vendredi, juin 12, 2020

Internet : Les sites pornos gratuits bientôt bloqués

Lors de l’examen de la proposition de loi sur les violences conjugales au Sénat, un amendement a été voté pour pénaliser les sites pornos dont le contenu est librement accessible aux mineurs. 

C’est un amendement qui s’est glissé dans la proposition de loi visant à protéger les victimes de violences, avec lesquelles, à première vue, il n’a rien à voir. Dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 juin, les sénateurs ont adopté à l’unanimité la proposition d’amendement de Marie Mercier, élue Les Républicains de Saône-et-Loire, qui permettrait au président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de mettre en demeure tout site diffusant du contenu pornographique afin qu’il prenne des mesures pour contrôler l’âge de ses clients et donc empêcher son accès aux mineurs.

Si, au bout de quinze jours, le site en question n’a pas " présenté ses observations ", le président du CSA pourrait demander à la justice de bloquer le site. Comme le rappelle le texte, l’article 227-24 du code pénal permet déjà de sanctionner les plateformes qui diffusent du contenu pornographique accessible aux mineurs, avec une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison et 75.000 euros d’amende. D'après la sénatrice, cependant, cette législation ne serait pas appliquée dans l’univers numérique, notamment parce que la plupart des éditeurs de ces sites sont installés à l’étranger.

Retour de la censure : À en croire Marie Mercier, les demandes d’accès aux sites pornographiques " ont explosé pendant le confinement, et surtout pour des films pornographiques violents, autrefois limités aux personnes sadomasochistes ou BDSM. Aujourd'hui, le violent est devenu normal, et les jeunes filles trouvent normal que leur partenaire soit violent ". Le 20 novembre 2019, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, le président de la République Emmanuel Macron avait formulé le vœu que l’accès des mineurs aux contenus pornographiques soit limité.

D'après le site d’information sur les nouvelles technologies Next INpact, l’amendement de la sénatrice a été poussé par l’association Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique ( OPEN ) et, de façon plus surprenante a priori, la société de production pornographique Dorcel. Cette dernière, installée en France, repose sur un modèle payant et pâtit comme certains de ses concurrents de l’explosion des " tubes ", ces multinationales du porno qui, à l’image de YouPorn ou PornHub, diffusent gratuitement, et en flux continu, du contenu fréquemment piraté. Des travailleuses et travailleurs du sexe se sont toutefois élevés contre l’amendement. D'après le Syndicat du travail sexuel ( Strass ), il s’agirait d’un " retour à la censure " qui " vise à prohiber toutes les représentations des corps et des sexualités, car elles seraient responsables des violences conjugales ".

dimanche, mai 31, 2020

LGBT : Qui est Karèn Shainyan, le youtubeur gay qui bouscule la Russie ?

En pleine pandémie du COVID-19, le youtubeur gay russe, Karèn Shainyan, vient en aide aux personnes LGBTQI+ persécutées dans son pays. Avec son talk show virtuel, il donne la parole aux personnalités qui, comme lui, cherchent à changer le monde.

Hors de l’ombre. Editeur et écrivain à Moscou, Karèn Shainyan lance son talk-show sur Youtube, " Straight talk with gay people ", en février dernier. Le but est clairement d'encourager les personnes LGBTQI+ du pays à sortir de l’ombre et lutter contre l’homophobie. " L’ignorance et l’indifférence sont les principales raisons derrière la pire homophobie ", a-t-il confié au Daily Beast, le 22 mai dernier.

En conséquence, l’icône gay donne la parole à de nombreuses personnalités LGBTQI+ et friendly du monde entier. Parmi elles, Cynthia Nixon, Billy Porter, Garrard Conley, Bruce Cohen ou encore Gideon Lichfield ont raconté leur histoire. " Pour les célébrités russes, le coming-out signifie un message politique, une exigence pour obtenir certains droits ", exprime Karèn Shainyan, pointant la situation en Tchétchénie notamment, " Mais, un coming-out public impliquerait une énorme et immédiate perte dans l’accès au succès, à l’argent et à une large audience ".

Sensibiliser sur la situation en Russie : Depuis le lancement de sa chaîne YouTube, plus de trois millions de personnes ont visionné les différentes vidéos de Karèn Shainyan. " Le but du projet est d’attirer l’attention d’une large audience et d’exposer tous les mythes existants autour des personnes LGBTQI+ ", a-t-il précisé. " Dès lors que les personnes entendent le mot " gay " dans un média russe, ça provient toujours de deux pôles, à la fois des homophobes et de la propagande de l’état qui demandent le retour de la loi criminelle soviétique ou des militants LGBTQI+, qui utilisent le mot dans leurs revendications, enfreignent les droits et affrontent la police ".

Encore aujourd’hui, les chiffres sur les personnes LGBTQI+ restent absents, la communauté étant invisibilisée et non représentée dans l’espace public. " Si nous appliquions les statistiques usuelles, il y aurait plus de 10 millions de lesbiennes, gay, trans, queer ou bisexuels dans notre pays ", a-t-il conclu.

Karèn Shainyan ne s’est jamais caché : Contrairement à beaucoup de personnalités russes, Karèn Shainyan n’a jamais gardé secrete son homosexualité. A Moscou, ses amis et collègues, et même les intellectuels reconnaissent son talent. A contrario, l’artiste a toujours connu l’humiliation et la peur dans sa ville natale, Irshruck (Sibérie), où il retourne parfois.

L’artiste se rend régulièrement à Moscou avec un de ses fils. De ce fait, il craint parfois que les agences d’adoption ne le lui enlèvent. " Ils causent la plus grande peur pour les personnes LGBTQI+. Aucun de ceux qui ont des enfants n’osent se mobiliser politiquement, car il sont les plus vulnérables ".

Retrouvez les actions de Karèn Shaynian :

Sur Instagram : Here/Ici 

Sur YouTube : Here/Ici

lundi, mai 18, 2020

LGBT : Marches des Fiertés, journée mondiale contre l’homophobie ( Les assos prennent d’assaut internet ) !

Épidémie oblige, les marches des fiertés françaises sont toutes annulées ou reportées. Mais les associations s’organisent : entre livestreams et " Prides au balcon ", le mois des fiertés s’adapte à la distanciation sociale. La priorité : rester présent·e·s.

La crise sanitaire aurait pu avoir raison des marches des fiertés françaises : entre reports ( Paris, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse... ) et annulations ( Rennes, Strasbourg, Nantes... ), la communauté LGBTQI+ française ne marchera pas cet été, puisque les rassemblements de plus de 5.000 personnes restent interdits au moins jusque fin août. Mais pas de panique, les organisations ont prévu de quoi se consoler, en transposant la pride sur internet.

Pride internationale : Le 27 juin, une " global pride " aura lieu pendant 24 heures en ligne. Les organisations internationales InterPride et EPOA mettent en place un livestream avec concerts, prises de paroles publiques et animations, dont le thème sera l’intersectionnalité. Le but : " montrer la communauté LGBTQI+ sous son meilleur jour, faire preuve de solidarité dans une période où beaucoup d’entre nous sont en deuil ", explique J. Andrew Baker, le co-président d’InterPride. Pour les organisateurs, " il est essentiel que, cette année, nous fassions en sorte qu’il y ait une possibilité d’être en lien, même si cela doit se faire depuis chez nous ". Les associations du monde entier sont invitées à participer. Le Canada, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont déjà répondu présents.

Et la France a répondu à l’appel : les structures de Bordeaux, Paris, Montpellier, Lyon et Tours travaillent ensemble à un projet commun. Une des possibilités serait de monter un clip à partir de captations de marches, pour recréer l’engouement autour du sentiment de communauté. D'autres organisations pourraient participer de leur côté, comme l’indique Philippe, de " Pride Marseille ". " L’objectif est vraiment de montrer que 2020 n’est pas une année blanche ". Ils pensent faire une rétrospective sur les 26 dernières années de la Pride Marseille, et à continuer la dynamique engagée pendant le confinement : " certaines associations qu’on coordonne ont fait des soirées en ligne. On va le refaire. Il s’agit toujours de la même chose : créer du lien ".

Se donner du courage aussi : Même son de cloche du côté de la ville rose. Jérémy, de l’organisation Pride Toulouse, souhaiterait laisser la parole aux artistes LGBTQI+, aux shows drag par exemple, qui " eux aussi, ont dû arrêter toutes leurs activités et pâtissent de la précarité ". " On songe même à faire un mois entier de visibilité, où on encouragerait toutes les initiatives ", ajoute Jérémy. En attendant, l’association profite du hiatus pour prendre le pouls de sa communauté, à travers un questionnaire en ligne ( ouvert jusqu'à la fin du mois de mai ) : " l’idée, c’est de demander à ceux et celles qui viennent à nos événements ce qu’ils attendent des prochains mois. Quand on a la tête dans le guidon, on ne prend pas le temps de réfléchir à notre manière de faire. Là, on veut savoir ce qui les intéresse, pour pouvoir s’adapter. Et puis se donner du courage aussi ".

A Nantes, le centre LGBTQI+ Nosig a tout prévu pour se consoler de l’annulation de la marche du 6 juin et " retrouver d’une autre manière cette visibilité ". Plusieurs actions " Covid-compatibles " sont prévues en accord avec la Mairie : une grande campagne d’affichage de drapeaux arc-en-ciel, une couche de peinture fraîche sur les Marches des Fiertés ( l’escalier arc-en-ciel " malheureusement régulièrement vandalisé ", rappelle l’association ), et une opération " Pride au balcon " dès le 7 juin : les Nantais·e·s sont invité·e·s à mettre leurs drapeaux arc-en-ciel à leurs fenêtres et balcons. " Dans le même temps, nous demanderons aux participant·e·s de se prendre en photo avec leur drapeau pour une animation sur les réseaux sociaux ", indique Violette, Secrétaire Générale de Nosig. La communauté nantaise sera aussi présente pendant le livestream de la global pride avec une vidéo " colorée et festive " avec tous les visages des bénévoles. Le tout sur une chanson de Lady Gaga.

Un 17 mai en ligne : Du côté de la capitale, l’Inter-LGBT, association coordinatrice de la marche des fiertés parisienne ( reportée à une date ultérieure ) veut multiplier les actions pour rester présente. Elle doit encore préciser sa contribution à la global pride, mais, en attendant, son site présente une page dédiée aux initiatives de solidarité LGBT en temps de confinement. L’enjeu est de continuer à faire communauté, mais surtout de se faire entendre sur les droits et les discriminations, avance Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT : " Il faut faire en sorte que nos problématiques ne soient pas passées sous silence à cause de la crise actuelle : nous continuons à nous battre pour la PMA, contre les violences ( y compris intrafamiliales ) et les LGBTphobies ".

Pour elle, il s’agira aussi d’honorer un devoir de mémoire, de rappeler le contexte dans lequel ont émergé les premières marches des fiertés ( qui trouvent leur origine dans les émeutes de Stonewall à New York en 1969, NDLR ).

Dans cette perspective, l’Inter-LGBT se mobilise dès cette semaine, autour du 17 mai, journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Elle travaille notamment avec la ville d’Ivry-sur-Seine pour sensibiliser autour des LGBTphobies. Toute la semaine, les habitant·e·s sont invité·e·s à poser des questions. La médiathèque de la ville propose également sur son site une sélection sur la thématique. Enfin, l’inter-LGBT encourage les municipalités à mettre leurs sites aux couleurs du drapeau LGBTQI+.

Une question d’engagement : Interpeller les décisionnaires au niveau local, c’est ce que fait également l’association organisatrice de la Pride Toulouse. " Nous voulons qu’ils s’engagent autour du 17 mai ", explique Jérémy. " Leur demander de prendre leur part de responsabilité, de mettre en avant cette journée avec des campagnes d’affichage par exemple ". Il rappelle que " rien n’est encore acquis, notamment sur la PMA" , et que " c’est maintenant qu’il faut faire pression ", alors que l’examen du projet de loi en deuxième lecture a été repoussée à une date inconnue.

Rendez-vous donc sur les pages Facebook des associations organisatrices des prides pour suivre tous les événements en ligne, et sur l’événement Facebook de la global pride. Et si le début de l’été LGBT sera numérique, les organisations croisent encore les doigts pour pouvoir marcher à Lyon (au cours de l’automne), à Marseille et Toulouse ( le 5 septembre ), à Paris, Lille et Bordeaux. Car pour ces associations, rien de tel que de se rassembler, comme le dit Jérémy : " Beaucoup de gens attendent la marche pour se renseigner, s’engager, s’affirmer. Et puis sans événement rassembleur, quel degré d’engagement aura-t-on demain " ?

lundi, mai 04, 2020

Internet : La haine en ligne explose avec le confinement ( Cyberharcèlement ) !

Pour essayer de limiter la haine en ligne et ses conséquences, les associations LGBT+ tentent d’alerter sur la situation. Depuis le début du confinement, 80% des messages Facebook contiennent des propos haineux.

Depuis le début du confinement, des militants LGBT+, des travailleurs du sexe (TDS) mais également des associations racontent être victimes, encore plus que d’habitude, de vagues de haine en ligne. " Sale PD ", " pute ", " je vous souhaite de mourir du sida ou du coronavirus ". " Ces derniers jours les gens se lâchent, explique Beverly Ruby, militante queer et TDS. Je reçois tellement d’insultes ". D'une voix calme et résignée, elle raconte les menaces de mort, de viols, les insultes. " J’essaie de me blinder, mais ça m’affecte encore ". Sur Snapchat et Instagram, elle décrit des messages groupés, organisés avec des phrases et des fautes très similaires.

Déchaînement de haine : " Dès les premières semaines, nous avons remarqué que les minorités étaient montrées du doigt comme si elles étaient responsables du virus ", raconte Marie Giner-Dufour, directrice d’Urgence Homophobie. Avec plusieurs autres associations, Urgence Homophobie a donc lancé une campagne " Ensemble sur Internet " pour alerter sur cette violence.

" C’est assez fou quand on y pense, mais la vidéo que nous avons réalisée pour dénoncer ce type de commentaires a été la cible de commentaires d’une rare violence ". En l’espace de 24h, plus de 450 commentaires haineux s’agrippent à la vidéo, et avec eux plus de 1000 dislikes. " On a été sidérés du déchaînement de haine envers cette vidéo. Et au final, on a décidé de ne pas les retirer pour montrer à quel point notre vidéo tapait juste ".

Cette sensation de messages plus haineux depuis quelques semaines, se confirme à en croire le baromètre Netino, une société qui s’est spécialisée dans l’étude des réseaux sociaux. Depuis le début du confinement, le nombre de commentaires sur Facebook a presque doublé (+90%) et ils ne parlent quasi-exclusivement que du coronavirus, des mesures barrières, du confinement mais aussi de celles et ceux qui ne les respecteraient pas.

" Globalement, nous avons observé un climat d’intransigeance envers l’autre, raconte Jean-Marc Royer, président de Netino. C’est tout le paradoxe. Ceux qui sortent ont toujours une bonne raison de le faire. En revanche, ils jugent inadmissibles les raisons avancées par les autres ". A ce ressentiment s’ajoute une présence en ligne accrue à cause du confinement. Résultat, 80 % des messages contiennent des propos haineux, dont 20 % portent sur les discriminations racistes et LGBTphobes, rapporte le président de Netino. " Ils sont aussi plus ciblés envers celles et ceux qui ne respectent pas le confinement, qui mettraient en doute les mesures sanitaires ".

Des fake news qui alimentent la haine : A cela s’ajoutent les théories complotistes et autres messages de fausses informations. 4% des commentaires, selon Netino. Dans celles reçues par les associations, on découvre que les homosexuels et les travailleurs du sexe seraient responsables du virus, que les personnes juives auraient déjà un vaccin qu’ils garderaient pour eux ou encore que les LGBT seraient tous malades.

" C’est complètement absurde, mais cela conduit à une discrimination très forte et dans une période de tensions extrêmes, cela se traduit par un harcèlement des minorités ", dénonce Véronique Godet de SOS-Homophobie. Même constat du côté des militants de la lutte contre le VIH qui dénoncent la multiplication de propos sérophobes et les liens douteux faits entre covid-19 et VIH.

Réunion expéditive : Pour tenter d’apporter une réponse, une réunion a été organisée au secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations, jeudi dernier. Autour de la table, des associations de tout bord ( SOS Homophobie, la Licra, UEJF, Respect Zone ), exception faite d’associations féministes. " L’objet de la réunion portait sur la lutte contre les contenus discriminatoires et haineux en ligne liés au complotisme recrudescent en période de pandémie ", explique le cabinet de Marlène Schiappa. Pendant 45 minutes et à tour de rôle, les associations ont exposé leur ressenti face aux gérants des plateformes internet. " C’était important de réfléchir ensemble, explique Véronique Godet, seulement nous n’avons pas reçu beaucoup de réponses ".

Elle décrit une réunion rapide pendant laquelle les plateformes ont expliqué avoir moins de personnel disponible pour cause de confinement. " On s’est beaucoup interrogé sur la place de l’humain dans leur façon de modérer mais aussi sur le rôle de l’Etat ". " On est vraiment déçus de cette réunion, conclut Véronique Godet parce que nous n’avons fait qu’un constat et qu’en attendant on n’avance pas et les victimes continuent de subir ces vagues de haine en ligne ".

Dans la loi française, le harcèlement est un délit défini comme " le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale ". Depuis 2018, le harcèlement peut être établi si plusieurs personnes s’en prennent à une seule et même victime de façon concertée ou en sachant que leurs comportements constituent une répétition, et cela même si chacun n’a agi qu’une seule fois. Quant aux peines, elles peuvent aller jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

vendredi, mai 01, 2020

Maroc : La police ouvre une enquête après la campagne d’outing homophobe !

Depuis mi-avril, des jeunes homosexuels au Maroc sont victimes d’une campagne d'outing, qui en a poussé au moins un au suicide. La police vient d’ouvrir une enquête.

On attendait une première réaction des autorités marocaines. Elle est arrivée, une semaine après les premières mentions de l’affaire dans la presse. La police marocaine a ouvert une enquête préliminaire pour " incitation à la haine et à la discrimination " après des fuites de données privées visant la communauté LGBT+, a appris l’AFP vendredi 24 avril auprès de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

C’est un phénomène inédit, inquiétant par sa rapidité et son ampleur, difficile toutefois à mesurer. Vendredi 17 avril, nous révélions l’horrible campagne d’outing menée contre de jeunes homosexuels au Maroc depuis quelques jours. Incités par un influenceur sur Instagram aux motivations troubles, de nombreuses personnes ont en effet diffusé sur les réseaux sociaux photos et informations privées issues d’applications de rencontres gays comme Grindr, dans un contexte de forte homophobie légale et sociétale. Nous avions alors recueilli les témoignages de six victimes, et une association nous avait indiqué qu’au moins une centaine de cas avaient été recensés.

Un suicide confirmé : Depuis, un collectif d’une vingtaine d’associations marocaines a dénoncé une " chasse aux sorcières " et une " campagne de diffamation " et " d’intimidation ". Cet instagrameur, souvent décrit comme une femme transgenre mais se décrivant comme un homme gay, " tente de faire subir la même rupture familiale ( qu’il a subie ) à son groupe en adoptant le discours et les codes de ses propres détracteurs, a estimé le sociologue marocain Khalid Mouna dans Libération. Cet individu, manifestement instable psychiquement, souhaite isoler les jeunes homosexuels marocains en faisant éclater leur cellule familiale ". On trouve aussi dans certaines de ses vidéos des références à la charia.

Les conséquences de ces outings en masse sont parfois dramatiques. Dans notre enquête, nous faisions déjà état d’une tentative de suicide racontée par un de nos témoins. De plus, une des victimes a fait part de sa volonté de quitter le Maroc pour se mettre en sécurité. D'après le journaliste marocain Hicham Tahir, un jeune homme de 21 ans, étudiant en France mais confiné dans sa famille à Rabat, s’est donné la mort vendredi 17 avril. Une affirmation confirmée par Le Desk, média marocain.

Droit à la vie privée : L’écrivain marocain ouvertement homosexuel Abdellah Taïa a dénoncé dans un texte puissant la " chasse aux gays " qui se joue actuellement dans son pays, appelant le pouvoir à réagir : " Mais l’Etat n’est pas là. Aux abonnés absents. Et sans une réponse politique, rien ne va bouger. On continuera de sacrifier les gays, les lesbiennes, les personnes transgenres et leurs ami-e-s. Et on continuera de dire que le Maroc se modernise et la jet-set internationale continuera d’y trouver le décor Mille et Une Nuits dont elle a tellement besoin pour survivre au rythme tellement infernal de l’Occident ". Lundi 27 avril, c’est l’organisation Human Rights Watch qui a réagi à son tour dans un communiqué : " Le gouvernement devrait à la fois faire respecter le droit à la vie privée et dépénaliser les relations entre personnes de même sexe ".

L’enquête de la police marocaine a été déclenchée par la publication par un individu d’un contenu numérique " portant " atteinte aux systèmes de traitement automatisé des données ", a indiqué à l’AFP le porte-parole de la DGSN, sans autre précision. La police est prête à " enregistrer et traiter toutes les plaintes déposées par les plaignants, conformément à la législation en vigueur ", a-t-il toutefois ajouté. Pour l’instant, rares sont les victimes qui osent aller porter plainte. En effet, l’article 489 du code pénal criminalise les actes homosexuels, avec une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.

jeudi, avril 23, 2020

Maroc : De jeunes hommes gays victimes d’un outing massif !

Une instagrameuse marocaine, vivant en Turquie, a initié depuis quelques semaines une campagne de dénonciation, de diffamation, voire d’extorsion visant la communauté LGBT+ du Maroc. L’objectif étant de piéger les utilisateurs des applications de rencontres pour les " outer " et les dénigrer. Des membres de la société civile se sont déjà saisis de l'affaire en appelant les autorités à agir face aux agissements de cette influenceuse.

Depuis quelques semaines, la communauté marocaine LGBT+ est la victime d’une intense campagne de dénonciation, de diffamation et dans certains cas d’extorsion. La cible, les utilisateurs d’applications de rencontre dédiées à la communauté qui se retrouve piégés par de faux comptes, qui les menacent de dévoiler leur identité.

Derrière cette campagne, une influenceuse transsexuelle sur Instagram suivie par 600 000 personnes, vivant en Turquie et qui, via des " lives " sur le réseau social, n’hésite pas à partager les données personnelles et les photographies de ses victimes, les diffamant notamment en les accusant de propager le virus du Sida . Dans ses vidéos, la personne en question va jusqu'à demander à ses " followers " de créer de faux comptes afin de piéger le maximum de personnes. Certains de ces faux comptes auraient même tenté d’extorquer de l’argent à des victimes.

Des appels à signaler le compte de l’initiatrice de ces attaques ont déjà été lancés par plusieurs internautes et militants des libertés individuelles afin de mettre fin à cette campagne qui a déjà fait plusieurs victimes.

Dans un appel signé par plusieurs entité de la société civile, dont l’Institut Prometheus, Atyaf Collective, le Groupe des Jeunes Femmes pour la Démocratie ou encore l’association Akaliyat, le nom de la personne responsable de cette campagne est directement mentionné : Sofia Talouni utilisant comme pseudo Naoufalmoussa.

Les associations et collectifs signataires appellent les institutions et organisations à informer les autorités concernées des agissements de cette influenceuse sur les réseaux sociaux. " Beaucoup de ces personnes vivent avec leur famille, surtout en raison de la quarantaine ", alerte l’appel.

Et de préciser que l’influenceuse en question a attaqué également les efforts des associations de la société civile marocaine, " en particulier les associations de lutte contre le Sida qui font de gros efforts et travaillent dur pour la sécurité et le bien-être de la communauté LGBTQA+ et de la société marocaine ".

Pour rappel, le code pénal marocain mentionne, dans son article 489, que " les actes obscènes ou contre nature entre personnes du même sexe sont punis ".

Face à cette situation, les applications de sites de rencontre, dont surtout la plus connue, Grindr, avaient lancé des recommandations pour parer ce genre d’attaques. Une notification sur l’application permettait d’alerter les utilisateurs s’ils venaient à se trouver dans un des 69 pays où l’homosexualité est criminalisée. L’initiative visait justement à éviter les pièges tendus par des dénonciateurs. Le Maroc en faisait bien évidemment partie.

jeudi, avril 16, 2020

UK : Pendant le confinement, ce sex-club londonien continue ses soirées... en ligne !

Un sex-club londonien a décidé de continuer ses soirées du dimanche soir en cette période de confinement, mais en ligne. La première a rassemblé pas moins de 3.000 personnes.

À Londres, les habitants sont en confinement depuis le lundi 23 mars pour lutter contre la propagation du coronavirus. Ils ont même eu droit, dimanche 5 avril, à une allocution télévisée de la reine Elizabeth II pour les appeler au courage et au respect des mesures de confinement, une intervention qui marquera l’histoire. Dans ce contexte, un sex-club londonien a eu une autre idée pour participer à l’effort national et aider les homosexuels confinés à tenir le coup.

Comme le raconte le site d’information LGBT+ britannique Gay Star News, ce club à Vauxhall, dans le sud de Londres, organise d’ordinaire, chaque dimanche, des soirées SBN ( " Stark Bollock Naked ", c’est-à-dire " Les couilles à l’air " ). Habituellement, l’établissement accueille jusqu’à 600 participants lors de ces soirées dénudées. L’organisateur, Jamie HP, ne s’est pas laissé démonter par le coronavirus. Il a décidé d’organiser une nouvelle soirée SBN... en ligne.

3.000 participants : Et le succès a dépassé toutes les attentes. Dimanche 29 mars, lors de la première SBN virtuelle, pas moins de 3.000 personnes ont participé à la soirée en visioconférence. Une affluence compliquée à gérer sur le plan technique. " On avait des DJ, deux performances sexuelles en direct, a raconté Jamie HP à Gay Star News. On a gardé la même règle selon laquelle tout le monde doit être nu. Certains se masturbaient et certains jouaient avec le partenaire avec lequel ils sont confinés ".

L’organisateur a indiqué qu’il souhaitait reconduire l’expérience, peut-être en en profitant pour lever des fonds pour le National Health Service, le système de santé britannique mobilisé pour lutter contre le coronavirus. Certains sondages et témoignages ont montré qu’une partie des hommes gays et bisexuels du pays continuaient à sortir de chez eux pour faire des plans cul malgré les mesures de confinement. Mais Jamie HP se refuse à noircir le tableau : " En fait, je suis assez impressionné par les gens. Ils restent à la maison, en sécurité, en utilisant Internet. J’espère donc que nous pourrons faire plus d’événements comme celui-ci ".

mardi, avril 14, 2020

LGBT : La Fondation Le Refuge s'inquiète de la baisse des dons !

La fondation Le Refuge qui accueille de jeunes homosexuels rejetés par leur famille lance un appel à ses donateurs après une baisse importante des dons constatée depuis le début du confinement.

L'association Le Refuge, créée à Montpellier constate depuis la mise en place du confinement, une baisse sensible des dons, de l'ordre de 40% au mois de mars. Une situation qui si elle dure pourrait mettre l'Association en difficulté, dont 80% des ressources proviennent des dons. Le Refuge lance un appel à ses donateurs.


Nos jeunes ne peuvent être des victimes collatérales de la situation du Covid-19 : Le Refuge devenu une Fondation nationale prend en charge à ce jour plus de 250 jeunes homosexuels rejetés par leur famille dont 48 à Montpellier. Ces jeunes sont hébergés dans des appartements collectifs et individuels en urgence, mais ils y restent souvent plusieurs mois, le temps de se reconstruire.

Le confinement les isole et les met encore plus en danger : " On a une recrudescence du nombre d'appels sur la ligne d'écoute d'urgence, de jeunes qui se retrouvent confinés au sein d'une famille homophobe et parfois violente, rapporte Nicolas Noguier, le président du Refuge, ces jeunes en temps normal sortent, vont à l'école, voient des amis et là ils se retrouvent confinés 24 heures sur 24. Cela peut devenir intenable," et Nicolas Noguier évoque le cas d'un jeune de Thionville à qui l'association a pu fournir un billet de train jusqu'à Toulouse où il restait une place dans une structure d'accueil de l' association.

La période est particulièrement difficile pour ces jeunes qui ont besoin de partager, d'être entourés, ce qui n'est pas possible matériellement en ce moment, " on a mis en place une cellule de crise, explique Nicolas Noguier, chaque jeune est en contact téléphonique avec un bénévole, un travailleur social et un psychologue au besoin. On leur apporte également des colis alimentaires, ça permet en respectant les distances et gestes barrières de passer un quart d'heure avec eux ".

La fondation Le Refuge a déjà mis en place des mesures de chômage partielle de ses salariés, mais il y a tous les frais d'hébergement, de prise en charge du quotidien de plus de 250 jeunes à payer chaque mois, d'où cet appel à dons lancé via les réseaux sociaux.

Les dons se font directement sur le site du refuge : Here/Ici

samedi, avril 11, 2020

LGBT : 5 courts-métrages queers à voir sur MyFrenchFilmFestival !

Jusqu’au 27 avril, MyFrenchFilmFestival.com vous propose de découvrir ou redécouvrir plus de soixante-dix court-métrages français gratuitement. Une aubaine pendant le confinement. Focus sur cinq très beaux courts LGBT+ du jeune cinéma français.

Cela fait 10 ans que le premier festival en ligne de cinéma francophone MyFrenchFilmFestival.com dévoile chaque année ( de janvier à février ) une programmation riche et diverse du jeune cinéma français. 

Confinement oblige, depuis le 27 mars et pour une durée d’un mois, la plateforme propose gratuitement et dans le monde entier ( les films sont sous-titrés dans plus de 10 langues ) la STAY HOME édition : une sélection des meilleurs courts-métrages qui ont constitué les dix dernières éditions de la manifestation. A travers 6 thématiques proposées aux cyber-festivaliers : Family Affair, Love and Feelings, Portraits of Women, Teen Spirit, What’s Going On ? et Kids Corner, nous avons repéré cinq très beaux films qui nourrissent les représentations LGBT+ du cinéma français. 

1 ) 1992 d’Anthony Doncque (2016) : Martin a 17 ans. Il vit seul avec son père qui travaille de nuit. Plutôt introverti, il occupe son temps libre à filmer son quotidien avec sa caméra HI8. Un jour, il rencontre Dominique, 23 ans, le nouveau pion de son lycée. Dans ce très doux coming(out) of age film, le réalisateur Anthony Doncque mêle ses archives personnelles filmées à ses 17 ans, (en 1992 !) aux images mises en scène en 2016. Entre journal filmé et autofiction, 1992 accompagne les premiers instants de chair d’un jeune homme solitaire et rêveur. Entre images volées de basketteurs transpirants et premiers baisers devant Step by Step des New Kids le réalisateur décrit tout en pudeur son initiation sentimentale ainsi qu’une relation père/fils aussi bienveillante que compliquée. 

2 ) Ceci n’est pas un film de cowboys de Benjamin Parent (2012) : Le Secret de Brokeback Mountain est diffusé à la télévision. Le lendemain, le western homo-érotique anime les discussions de quatre collégiens. D'un côté, Vincent (Finnegan Oldfield) fait part de son bouleversement à son meilleur ami Moussa, tous deux aux urinoirs ; de l’autre, Jessica en profite pour poser de nombreuses et maladroites questions à Nadia (Garance Marillier), dont le père est homosexuel. Le film de Benjamin Parent parle d’amour, de tendresse, d’homosexualité et d’homophobie grâce à un habile montage parallèle des deux discussions. Sélectionné à la Semaine de la critique, il remporte à Cannes la Queer Palm en 2012. Programmé au Festival du film d’éducation des Pays de la Loire en 2014, il reçoit les foudres de la Manif pour Tous qui demande son retrait de la programmation. Le film a été maintenu et a fait salle comble. Love wins ! 

3 ) Le Repas dominical de Céline Devaux (2015) : Dimanche. Jean prolonge son weekend d’ivresse ininterrompu en rejoignant sa famille pour le déjeuner. Un instant banal, parfois tendre et aussi pénible, surtout quand chacun devient sa propre caricature. Et puis Jean est pédé, ce n’est pas nouveau, ils le savent tous, et pourtant, chacun se démène par tous les moyens pour lui prouver que non, non, ils n’ont aucun problème avec son homosexualité. Céline Devaux a mis en image cette situation grotesque grâce à son coup de crayon acéré et une animation ingénieuse et comique. Les solutions graphiques de la réalisatrice permettent de traduire au plus juste l’intensité de ce repas dans son amour et sa violence, ainsi que les émotions de Jean, son ivresse et sa lassitude. Vincent Macaigne prête sa voix pour la narration, le tout sublimé par la bande originale signée Flavien Berger. Le film est célébré par le César du Meilleur Court-métrage d’Animation en 2016. 

4 ) La Traction des pôles de Marine Levéel (2018) : Mickaël est éleveur de porcs dans le Grand-Est. Un de ses cochons s’est échappé, il doit le retrouver. C’est aussi l’histoire d’un jeune homme isolé qui manque de tendresse. Dans d’immenses champs de colza, il chevauche son quad et part à la rencontre de mecs trouvés sur des applis, jusqu’au jour où Paul refait surface. Marine Levéel brosse le portrait délicat d’un jeune agriculteur homosexuel, en prise avec ses problématiques professionnelles telles que la conversion à l’agriculture biologique ou encore le recours à la technologie pour sa culture. Avec une palette de couleurs magnifique, elle dessine l’environnement social d’un jeune homme qui tente de trouver sa place. 

5 ) Un homme mon fils de Florent Gouëlou (2017) : Fred est projectionniste. Il doit se rendre dans le Cotentin pour projeter un documentaire que présente sa sœur. Sauf que c’est un film en argentique et qu’il aurait bien besoin d’être aidé. C’est l’occasion de renouer joyeusement avec son père, lui aussi projectionniste et davantage sensible aux bobines de film. Un homme mon fils est un road-trip père-fils où sur la route, le gap générationnel amuse autant les spectateurs qu’il agace ses personnages. C’est aussi le récit tendre d’un jeune homme qui est enfin prêt à s’ouvrir davantage à son père, à l’inclure notamment ( et un peu malgré lui pour commencer ) dans son environnement drag. Le film de fin d’études de cet alumni de la Fémis brille autant par son rythme et ses dialogues au cordeau que par la justesse de ses acteurs et le soin apporté à la photographie. 

Ces cinq films sont à retrouver gratuitement jusqu’au 27 avril 2020 : Here/Ici 

vendredi, avril 10, 2020

En savoir plus : #EnsembleSurInternet, la campagne contre la haine en ligne pendant le confinement !

Un collectif de six associations dont Urgence Homophobie et Stop Homophobie, soutenues par des personnalités, a lancé une campagne contre la haine en ligne qui se propage depuis le début de la crise du coronavirus.

Le confinement n’a pas fait taire la haine en ligne. Bien au contraire. Lundi 6 avril, un collectif de six associations ( Urgence Homophobie, l’Union des étudiants juifs de France, Stop Homophobie, Cool Kids Féministes et SOS racisme ) a lancé la campagne #EnsembleSurInternet. Une campagne à laquelle de nombreuses personnalités ont apporté leur soutien : Cali, Tim Dup, Lola Dubini, Camille Lou, Alex Goude, Tristan Lopin, Gwendal Marimoutou, Romain Costa, Marion Séclin, Lucas Wild, Adrien Rohard, Paul Darbos, Garance Teillet, Emilie Lopez, Jean-Baptiste Marteau, Jonas Ben Ahmed et Christophe Millette.

Le principe ? Rappeler que, même dans un contexte de confinement et de lutte contre la propagation du coronavirus, la haine en ligne ne s’arrête pas, comme le rappelle la tribune publiée à l’occasion : " Ainsi, là où le lien social était devenu roi le temps de quelques jours, tendent à se propager des caricatures qui désignent Juifs, homosexuels, ou encore migrants comme responsables de la propagation de ce virus, des insultes envers les personnes d’origine asiatique, des mises en cause des afrodescendants accusés de ne pas respecter le confinement, des vociférations LGBTphobes, d’ignobles et constantes pressions sexistes, ou des théories complotistes. Au contraire de ce que nous espérions, certains des plus vils aspects des réseaux refleurissent ".

Putain de gouines de merde : Dans une vidéo publiée lundi à 18 heures sur les réseaux sociaux, des membres du collectif se sont filmés en train de lire des commentaires orduriers postés sur les réseaux sociaux depuis le début du confinement, comme " Je préfère un fils mort qu’un fils gay ", " Bordel la tête qu’il a l’autre trans, il me dégoûte, j’ai envie de le frapper ", " Parce que ce sont des putain de gouines de merde " ou encore " En plus c’est un pédé ou un trans, qu’il aille brûler ". Sans compter les allégations antisémites et ou anti-Asiatiques parfois formulées sur l’origine du coronavirus...

Au-delà de la volonté revendiquée de choquer, la campagne se veut un appel passé aux grandes plateformes, notamment Twitter et Facebook, pour modérer plus efficacement les contenus haineux sur les réseaux sociaux : " En tant qu’associations, nous appelons les grandes plateformes du numérique à également prendre leur part de responsabilité face à la catastrophe à laquelle nous sommes actuellement confrontés. Nous les appelons ainsi à modérer massivement les contenus complotistes, racistes, sexistes, antisémites, LGBTphobes, et tous les autres contenus haineux qui se propagent sur leurs réseaux sociaux. 

Dans le seul espace où nous pouvons encore communiquer, il est de leur devoir citoyen d’enfin mener une politique de modération qui devrait pourtant être quotidienne et continue. Il est de leur devoir d’empêcher que les promoteurs de la haine ( aussi minoritaires soient-ils ) y déploient leurs habituelles stratégies toxiques ".

jeudi, avril 02, 2020

Music : Malgré l’annulation de l'Eurovision 2020, une émission spéciale sera proposée sur YouTube !

Pour compenser l’annulation du concours compte tenu des circonstances sanitaires, les organisateurs de l’Eurovision annonce une émission un peu particulière le 16 mai prochain.

Il y a deux semaines de ça, l’annulation de l’Eurovision était officialisée, au grand regret des fans comme des organisateurs de l’événement. La décision a été bien entendu prise par mesure de précaution au vu du contexte actuel, alors que le coronavirus continue de faire des victimes à travers le globe. Désormais, les aficionados du concours musical européen peuvent se réjouir : une émission alternative sera proposée sur YouTube.

Le 16 mai donc, date à laquelle devait se tenir la finale du concours, les organisateurs de l’Eurovision 2020 diffuseront sur la chaîne YouTube de l’événement un programme un peu spécial, conçu en fonction des contraintes sanitaires en vigueur. Intitulée Eurovision : Europe Shine a Light, cette émission de deux heures ne sera plus une compétition mais se contentera de faire honneur aux 41 chansons originellement sélectionnées. En prime, tous les artistes de l’édition 2020 se réuniront malgré la distance pour interpréter un titre culte dans l’histoire du concours.

" On veut mettre en place un show qui braque les projecteurs non seulement sur les 41 artistes qui devaient apparaître à Rotterdam, mais inspire aussi les gens à la maison et parvienne à réunir les gens à travers l’Europe et au-delà durant ces temps difficiles, explique Sietse Bakker, producteur de l’événement, dans un communiqué. Bien entendu, on rendra aussi hommage à tous ceux qui sont touchés par la crise du coronavirus et ceux qui travaillent dur pour y remédier ".

Les organisateurs encouragent vivement les diffuseurs habituels du concours à partager cette émission spéciale à leur antenne. En l’occurrence, France 2 ne s’est pas exprimée sur le sujet. Pour ce qui est du Royaume-Uni, rien n’est moins sûr, puisque la BBC prépare Eurovision : Come Together, un programme à mi-chemin entre une rétrospective des années passées et un état des lieux de ce à quoi aurait pu ressembler l’édition 2020 de l’Eurovision. Pas de bol, cette émission sera aussi diffusée le 16 mai outre-Manche.

mercredi, avril 01, 2020

Télétravail : Cette nouvelle fonctionnalité de Grindr risque de nuire à votre productivité !

En plein confinement, Grindr a lancé la version " desktop " de son application. Et compte bien mettre à mal tous vos efforts pour télétravailler.

Être confiné seul, ce n’est pas facile. Tous les moyens sont bons pour trouver un peu de réconfort. On fait la cuisine, on suit la routine fitness de Tom Daley, on joue à Animal Crossing, on revoit des séries queer cultes... Et on s’envoie des nudes. Si vous êtes nombreux à faire les grandes heures des sites de cam, plus nombreux encore sont ceux qui utilisent Grindr pour discuter, se chauffer et échanger des photos sexy. Et l’application de rencontres compte bien profiter de cette opportunité pour augmenter son nombre d’utilisateurs, et le temps qu’ils y passent. 

L’application au masque jaune a en effet lancé, ce lundi 30 mars, la version desktop de son réseau social. Ceci permettra à chacun de se connecter depuis son ordinateur, et non plus uniquement depuis son mobile. Pour avertir de cette nouvelle fonctionnalité, le réseau social a envoyé un message à tous ses utilisateurs. " Vous travaillez à la maison ? Profitez en au maximum et essayez Grindr sur le web ".

Mode " bureau " : Pour se connecter, c’est comme pour la version web de Whatsapp. Une fois sur la version web de Grindr, un code QR apparaît. Il suffit ensuite de se rendre dans les paramètres de l’application mobile, de cliquer sur " Se connecter à Grindr Web " et de scanner le QR code sur votre écran d’ordinateur grâce à l’appareil photo de votre smartphone. Une fois connecté, l’application propose deux modes : un mode normal, qui ressemble à l’application que vous connaissez, et un mode " bureau " où les images des personnes connectées n’apparaissent pas, et où il faut passer sa souris sur les vignettes pour voir les images.

Vous pouvez également trier les profils qui ont ou non une photo de visage, et retrouver, comme sur l’application, les filtres d’âge, de position ou de " tribu ". Les fenêtres de tchat s’ouvrent en bas de l’écran, comme sur Messenger ou Google Hangouts, rendant l’utilisation très intuitive. Une innovation qui devrait plaire à de nombreux accros à l’appli, qui pourront se connecter au bureau sans se faire griller sur leur téléphone. Leurs patrons, en revanche, risquent de s’arracher les cheveux...

mardi, mars 17, 2020

Sexe : Grâce au coronavirus, plusieurs sites porno offrent un accès premium gratuit !

En ces temps difficiles où les gouvernements européens encouragent à limiter toutes sorties, les sites porno ont une petite idée pour occuper nos week-ends.

La pandémie de Covid-19, désigné par beaucoup sous le nom de coronavirus, est au cœur de toutes les discussions. Afin de ralentir la croissance dudit virus, chaque pays y va de ses propres mesures préventives. En Italie, le confinement a été officiellement proclamé : les restaurants et bars baissent le rideau, de même que les lieux culturels ferment leurs portes. Que faire pour meubler leur temps libre durant les week-ends à venir ? Pornhub a déjà pensé à tout. 

Comme l’atteste le Daily Mail, le site pornographique de référence propose aux citoyens italiens un accès libre à tout son contenu payant, et ce jusqu’au 3 avril prochain. " Pour vous aider durant ces semaines à la maison, vous pourrez accéder pendant le mois entier à Pornhub Premium sans avoir à dépenser un centime, ni à entrer vos données bancaires ", annonce l’entreprise dans un communiqué. Et non, au grand dam des amateurs du site en question, l’offre se limite exclusivement à nos voisins transalpins pour le moment. Mais pour peu que la situation évolue par chez nous, il n’est pas exempt que Pornhub étende son opportunité à la France. 

Cependant, le géant du porno n’est pas le seul à avoir joué les bons samaritains. D’après Gay Star News, Mr Man offre deux semaines d’accès libre à l’intégralité de son contenu, sans qu’aucun engagement ne soit requis. Pour ceux qui l’ignorent, ce site, spécialisé en " celebrity porn ", répertorie tout un tas de photos et vidéos d’acteurs célèbres ayant réalisé des scènes de nu. 

Léger bémol là encore, la proposition alléchante du site semble concerner uniquement les habitants du sol américain. À défaut, on se rabattra sur Netflix et autres plateformes de streaming qui, elles, sauront nous distraire à coup sûr. Plus sage, mais tout autant efficace.

vendredi, mars 13, 2020

Sexe : Il crée un site de rencontres pour les hommes avec un petit pénis !

Pour briser le tabou des petits pénis, David Minns a lancé Dinky One, un site de rencontres réservé aux gabarits sous la moyenne. All penises are beautiful. C’est, en substance, le message que veut faire passer David Minns, fondateur d’un nouveau site de rencontres, Dinky One, lancé lundi 9 mars. " Dinky ", en anglais, ça veut dire " petit " ou " minuscule ". La mission que s’est donnée l’entrepreneur ? " Connecter ceux qui ont un petit pénis avec ceux qui les préfèrent ", annonce l’interface du site, disponible dans le monde entier.

Une manière, pour Minns, de contrebalancer des représentations faussées et culpabilisantes : " Il y a une pression sur tous les genres pour se conformer aux idéaux établis par la télévision, le cinéma et même le porno, écrit-il dans un communiqué de presse. L’industrie du divertissement pour adultes ne caste que des hommes avec des pénis bien supérieurs à la moyenne. De plus, les publicités sur les principaux sites pornos vendent des produits douteux pour augmenter la taille du pénis. Tout cela rend les hommes déjà troublés par la taille de leur sexe encore plus mal à l’aise ".

Un cinquième d’utilisateurs gays ou bis : Car, comme le rappelle le site de rencontres, la taille moyenne, à l’échelle mondiale d’un pénis en érection est de 5 pouces et demi, soit 14 centimètres. Les hommes avec un gabarit inférieur à cette moyenne sont autorisés à s’inscrire sur le site ( sur une base de déclaration bien sûr, aucune vérification ne vous sera demandée ) ainsi que celles et ceux qui sont simplement intéressés par ces ordres de grandeur. Toutes les orientations sexuelles sont acceptées et, d’après Dinky One, les inscrits sont à 27 % des femmes et à 71 % des hommes. Sur les 27.000 utilisateurs inscrits dès le jour du lancement, auquel il faut ajouter les 5.000 nouveaux arrivants le jour suivant, un cinquième seraient gays ou ou bis.

Les petits pénis sont en effet un sujet tabou dans la communauté gay, d’autant plus à l’heure où Grindr permet de renseigner la taille de son sexe et où ses utilisateurs demandent souvent des dickpics à leurs interlocuteurs avant même de connaître leur profession. D'après le site d’information LGBT+ britannique PinkNews, 22 % des hommes gays ont déjà rejeté un partenaire sexuel en raison de la taille de son pénis, et 16 % affirment avoir déjà reçu des commentaires désobligeants sur leur sexe. Pire 38 % des hommes gays ont déjà ressenti de l’anxiété à cause de la longueur de leur pénis ! Dinky One parviendra-t-il à introduire plus de bienveillance dans ce domaine ? En tout cas, la révolution des petits pénis est en marche...