dimanche, mai 27, 2018

Santé : La vaccination contre l'hépatite B est insuffisante chez les homosexuels !

Les chercheurs estiment que la couverture vaccinale doit être augmentée pour les " hommes homosexuels non immunisés vis-à-vis du VHB, notamment ceux infectés par le VIH et/ou ayant des partenaires multiples "... La vaccination contre l’hépatite B est insuffisante chez les hommes fréquentant les lieux de rencontre homosexuels, ont estimé des épidémiologistes de Santé publique France.

Ces scientifiques se sont particulièrement intéressés à ce groupe car il est parmi les plus actifs sexuellement, et que les rapports sexuels sont le mode de transmission le plus fréquent du virus (VHB). Celui-ci tue 600.000 personnes chaque année dans le monde.

La prévalence du VHB apparaît faible : Pour leur étude menée en 2015, les chercheurs ont analysé le sang de 2.645 hommes homosexuels, clients de 60 " établissements de convivialité gay " !

Un résultat encourageant en est ressorti : " la prévalence du VHB apparaît faible " chez ces hommes, à 0,6 %, écrivent les auteurs dans un Bulletin épidémiologique hebdomadaire. Ce chiffre est à mettre en perspective avec un autre article qui donne une prévalence plus forte dans l’ensemble de la population française, à 0,8 %. Mais Santé publique France ne rapproche pas les deux chiffres, les deux échantillons étant constitués avec des méthodes différentes.

Une couverture vaccinale inégale : " Ces résultats incitent cependant à augmenter la couverture vaccinale contre l’hépatite B des HSH [hommes homosexuels] non immunisés vis-à-vis du VHB, notamment ceux infectés par le VIH et/ou ayant des partenaires multiples, et à poursuivre les messages et actions préventifs auprès de cette population ", ont nuancé les auteurs.

Cette couverture vaccinale est en effet inégale, en fonction du niveau socio-économique, et surtout " insuffisante " notamment chez les " personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples ". Ainsi chez les participants à l’étude, la couverture vaccinale était " estimée à 63,0 % " ( ou 73,9 % en excluant ceux qui ne savaient pas s’ils étaient vaccinés ). Mais elle plafonne à 66,1 % chez les homosexuels à " partenaires multiples ", et à 67,7 % chez les séropositifs, qui risquent plus de complications de l’hépatite B.

Video : Avec ou sans toi !

Je prends mon dernier rêve...

Tom Daley !

jeudi, mai 24, 2018

Biélorussie : Un drapeau LGBT sur l'ambassade britannique rend Minsk furieux !

Décriminalisée à la chute de l'URSS, l'homosexualité reste un tabou dans l'ancienne république soviétique.

La Biélorussie a violemment critiqué le Royaume-Uni pour avoir levé un drapeau LGBT sur le territoire de son ambassade à Minsk à l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie, assurant que les relations homosexuelles sont une " supercherie ".

" Les relations homosexuelles sont une supercherie ", selon l'Intérieur. Le ministère de l'Intérieur biélorusse a dit dimanche " regretter " cette initiative de l'ambassade britannique menée le 17 mai, affirmant que Londres cherchait à "créer un problème là où il n'existe pas" et lui reprochant de mettre au défi les " valeurs traditionnelles " de cette ex-république soviétique située aux portes de l'Union européenne.

" Quoi qu'on en dise, les relations homosexuelles sont une supercherie. (...) La communauté LGBT et tout ce combat pour 'leurs droits' ainsi que la journée de cette communauté, tout est faux ", a poursuivi le ministère dans un long communiqué, affirmant que les relations hétérosexuelles sont " le seul moyen naturel de procréer ". " Le Bélarus est basé sur le fondement des institutions traditionnelles que sont la famille et le mariage ", a ajouté le ministère.

Une pratique pourtant habituelle pour l'ambassade. Une porte-parole de l'ambassade britannique à Minsk a de son côté indiqué que l'affichage d'un drapeau LGBT le 17 mai était une pratique habituelle pour la journée contre l'homophobie.

La Biélorussie, ou Bélarus, est dirigée depuis 1994 d'une main de fer par l'autoritaire président Alexandre Loukachenko, qui s'est notamment illustré en 2012 en assurant qu'il valait " mieux être dictateur que pédé ". L'homosexualité a été décriminalisée en Biélorussie à la chute de l'Union soviétique, mais comme en Russie voisine, elle reste un tabou.

En 2016, l'UE avait levé la plupart des sanctions prises contre le Bélarus à la suite de libérations d'opposants, emprisonnés par Loukachenko après la présidentielle de 2010, qui avait été marquée par des manifestations.

Video : Bad Wolves - Zombie !

Il est des heures où les ombres se dissipent...

mercredi, mai 23, 2018

LGBT : Lens aura sa première Gay Pride le dimanche 27 mai !

L’association Arc-en-ciel Power, de Lens, va enfin pouvoir organiser sa première Gay pride. Elle donne rendez-vous à tous les participants le dimanche 27 mai dès 11 h sur le parvis de l’hôtel de ville pour découvrir son village associatif, avant une série d’animations dont la Marche des fiertés, des spectacles de transformistes et des concerts.

S’engager pour la tolérance, voilà le combat mené par Jérôme Capet et l’association LGBT (Lesbiennes, Gay, Bi, Transgenre) Arc-en-ciel Power qu’il préside. Fondée en 2011, l’association est aussi ouverte aux hétéros et a pour mission de lutter contre les discriminations. Pour se faire entendre, Jérôme a décidé de lancer une Gay Pride dans les rues de Lens.

La première édition devait se tenir le 1er juillet 2017. Mais, compte tenu du contexte d’état d’urgence, elle n’avait pas pu avoir lieu. La première édition aura finalement lieu le dimanche 27 mai.

L’association a vu les choses en grand et a investi 8 600 € de sa poche pour l’occasion. Pour sensibiliser le public, un village associatif avec douze stands se tiendra de 11 h à 19 h sur le parvis de l’hôtel de ville, ainsi que des spectacles transformistes et des concerts à partir de 17 h 45. Mais le temps fort de la journée reste la Marche des fiertés, au départ de la place Salengro à 16 h. Les participants pourront suivre sept chars sonorisés customisés en blanc et bleu, en noir et rouge et sur le thème marin, entre autres. La soirée se poursuivra au Cubana Bar à 21 h. 

L’association espère réunir 1 000 personnes à son défilé. Si tout se passe bien, l’événement pourrait être reconduit l’année prochaine.

Les chaotiques sont des anges...

Mecs à nique...

samedi, mai 19, 2018

LGBT : En Grèce, un pas vers l'adoption !

Le Parlement grec a adopté mercredi un amendement qui permettra notamment aux couples homosexuels d'adopter des enfants, malgré l'opposition de la droite et de l'extrême droite.

La nouvelle loi vise à accélérer les procédures de placement d'enfants sans famille, dans un pays où l'aide publique à l'enfance est notoirement déficiente. A ce titre, les couples de même sexe, pacsés, pourront prétendre à accueillir ces enfants. Mais pour les homosexuels le compte n'y est pas.

Paraskevi Damaskou, activiste LGBT : " Si je meurs, moi qui suis une mère biologique, qu'arrivera-t-il à ma fille ? Elle devra vivre avec des parents adoptifs ? Elle devra vivre avec des parents qu'elle ne connaît pas ? Ma compagne n'aura aucun droit concernant son éducation, ou sa prise en charge en matière de santé ".

La communauté LGBT a salué le pas en avant décidé par les parlementaires grecs tout en regrettant que le mariage homosexuel ne soit toujours pas légal. Depuis 2015, seule une union civile entre deux personnes du même sexe est autorisée en Grèce.

Video : SYTYCD Tucker & Robert - Medicine !

Lové en volupté...

On devient l'ombre de soi-même...

jeudi, mai 17, 2018

Société : Depuis 15 ans, le Refuge aide de jeunes homosexuels à se reconstruire !

L'association reconnue d'utilité publique aide chaque jour de jeunes homosexuels chassés de leurs familles à se reconstruire. Quel que soit leur milieu social, selon son président.

Chassés du domicile familial, certains jeunes homosexuels, de tous les milieux sociaux, sont victimes de coups ou d’insultes...

" Ici, c’est comme une famille ", témoigne Andreas, un Grec hébergé par Le Refuge. Quinze ans après sa création à Montpellier, l’association reste fidèle à son objectif fondateur : permettre à de jeunes homosexuels rejetés par leurs proches de se reconstruire en leur offrant notamment un toit.

" La création de l’association en 2003 est liée à mon vécu d’isolement, d’homophobie intériorisée pendant mon enfance et mon adolescence à Saint-Thibéry ", une commune héraultaise d’environ 2.000 habitants, se souvient Nicolas Noguier, 41 ans, cadre à l’Agence régionale de santé et président-fondateur du Refuge.

" J’ai grandi avec la crainte d’une réaction négative de mes parents. Finalement, je ne l’ai pas vécue, mais je me suis mis à la place de jeunes qui sont brisés par le rejet de leurs proches ".

" Chassés du domicile familial, certains jeunes homosexuels, de tous les milieux sociaux, sont victimes de coups ou d’insultes de la part de leurs parents ou de leurs frères et sœurs.. A la rue, sans argent, ils multiplient parfois les conduites à risques – suicide, prostitution, consommation abusive de drogues et d’alcool, scarifications "...

" Ca a été la catastrophe quand j’ai annoncé à mes parents que j’étais homosexuel ", raconte Andreas, 24 ans. " Ils m’ont bien fait comprendre qu’ils n’allaient jamais m’accepter comme je suis ", ajoute le jeune homme : " Avec le Refuge, j’ai l’espoir de m’en sortir : j’ai un appartement, un travail, ce sont les premières étapes pour retrouver la confiance en soi ".

Au début des années 2000, Nicolas Noguier constate qu’il n’existe pas de suivi social pour ces jeunes en souffrance. Une structure à Manchester et des échanges avec des travailleurs sociaux vont l’inspirer.

Famille recomposée : Aujourd’hui, Le Refuge est devenu une structure nationale reconnue d’utilité publique avec un budget annuel de 1,3 millions d’euros (venant à 75% du privé), 18 délégations à travers la France, 350 bénévoles et 16 salariés. L’association, au cœur l’an dernier d’une polémique avec Cyril Hanouna après un canular jugé " homophobe ", a hébergé depuis sa création 1.300 jeunes et en a accompagné 7.000 à travers des dispositifs d’accueil de jour et d’écoute.

Alexis a été le premier jeune hébergé alors qu’il avait 19 ans. " J’étais dans le milieu de la prostitution à Perpignan et en rupture familiale totale ", raconte cet homme de 35 ans, qui est aujourd’hui aide-soignant et a repris des études pour devenir infirmier. Le Refuge est devenu pour lui une " famille recomposée " qui lui a permis de comprendre qu’il n’était " pas tout seul ". " On ne sait plus qui on est quand on a été rejeté ", assure le trentenaire, qui n’a jamais renoué avec sa famille.

" Nous offrons un accompagnement social global mais aussi un soutien psychologique à des jeunes qui sont mobilisés pour être guidés vers l’autonomie ", explique Céline Gross, travailleuse sociale au sein des " appartements relais " montpelliérains de l’association. L’idée est de stabiliser le jeune dans un appartement afin de travailler avec lui et éventuellement sa famille – un jeune sur quatre repartant vivre avec des proches. L’association dispose de 96 places d’hébergement fixe et privilégie les petites structures.

De plus en plus de demandeurs d’asile : Elle accueille aujourd’hui un nombre croissant de demandeurs d’asile (8% des hébergés en 2016 et 26% en 2017), souligne Céline Gross. C’est le cas de Camarra, un Malien de 25 ans. " Au Mali, dans ma famille et plus largement dans un pays dont 95% des habitants sont musulmans, l’homosexualité est rejetée et considérée comme un péché ", souligne-t-il. Ludovic, 28 ans, et Fabien, 27 ans, ont bien aussi la " nostalgie " de l’île Maurice, mais " vivre là-bas en tant qu’homosexuel est impossible ", assurent-ils.

Autre axe de développement pour l’association, souligne son président Nicolas Noguier : " le milieu rural " où il y a " beaucoup de travail à faire ", et la sensibilisation en milieu scolaire. Quinze ans après sa création, le but du Refuge est de " faire évoluer les mentalités pour ne plus recevoir d’appels de jeunes en détresse ".

Je me suis perdu, après, je ne sais plus...

Même s'il me faut tout recommencer...

mercredi, mai 16, 2018

LGBT : Les actes homophobes ont augmenté en France en 2017, pour la deuxième année consécutive !

L'homophobie reste " très ancrée en France ". Pour la deuxième année consécutive, les actes homophobes ont augmenté en 2017, selon le rapport annuel de SOS Homophobie dévoilé mardi 15 mai. L'an dernier, l'association " a recueilli 1 650 témoignages d'actes " homophobes. Soit une augmentation de 4,8% par rapport à 2016, année qui avait déjà enregistré une forte hausse (+19,5%), observe SOS Homophobie. Après le pic constaté en 2013 (3 517 témoignages), lié à l'adoption de la loi sur le mariage pour tous, le niveau " se situe dans la fourchette haute " des années qui ont précédé la loi Taubira, souligne SOS Homophobie.

La délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, et la haine anti-LGBT a elle dénombré 1 026 crimes et délits à caractère homophobe, dans un rapport dévoilé mardi. Un chiffre stable par rapport à 2016 (+0,58%). La différence entre les chiffres de l'association SOS Homophobie et ceux de la délégation interministérielle (rattachée au ministère de l'Intérieur) peut s'expliquer par le fait que cette dernière ne comptabilise que les cas où il y a un dépôt de plaintes et où le caractère homophobe est pris en compte.

Manifestations de rejet et insultes : Parmi les témoignages recueillis par SOS Homophobie, dont certains pouvaient cumuler plusieurs actes homophobes, les manifestations de rejet (62%) et les insultes (52%) sont les faits les plus fréquemment relevés, devant les cas de discrimination (34%), de harcèlement (20%) et de menaces et chantage (19%). Plus inquiétant, les agressions physiques repartent à la hausse (+15%), après plusieurs années de baisse, avec 139 cas recensés en 2017, contre 121 en 2016 selon ce rapport.

Les victimes sont le plus souvent des hommes (58%), jeunes (56% ont moins de 35 ans, quand leur âge est connu). Lieux publics, travail, voisinage, famille, école, commerces et services : dans plus d'un cas sur deux (55%), l'homophobie survient "dans les contextes relatifs à la vie quotidienne ", note l'étude. Les cas relevant du voisinage (+84%) et du milieu scolaire (+38%) explosent ainsi. Cela " a de quoi alarmer dans la mesure où le domicile est censé être un lieu où l'on se sent en sécurité ", souligne SOS Homophobie, qui rappelle par ailleurs que " PD reste l'insulte la plus prononcée dans les cours de récréation ".

Ta voix de tarlouze : Parmi les témoignages, souvent très durs, celui de Mickaël et Gabriel, un couple de Toulousains, qui n'invitent " plus personne à la maison de peur d'être insultés " par leur voisin qui, un jour, a vociféré : 

" Hitler a mal fait son travail, je vais vous balancer une bouteille d'essence chez vous et vous faire brûler ". Hurle le voisin de Mickaël et Gabriel !! 

A l'école, les insultes sont le plus souvent proférées entre élèves, mais sont parfois le fait des enseignants. Ainsi, le témoignage d'un stagiaire dans un établissement spécialisé à qui le formateur intime d'arrêter de parler "avec [sa] voix de tarlouze ". Malgré ce constat assez sombre, SOS Homophobie dit espérer que l'année 2018, marquée par les débats bioéthiques sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux lesbiennes et aux femmes célibataires, ne se traduira pas par " une hausse des actes LGBTphobes et des agressions physiques ".

Video : MC ★ Solaar - AIWA !

Roux de secours !

Je doute de tout en somme...

mardi, mai 15, 2018

Belgique : Le cardinal De Kesel réfléchit à un mariage alternatif pour les homosexuels !

Le cardinal Jozef De Kesel estime que l'Église catholique doit avoir davantage de respect pour les couples gay, lesbiens et bisexuels, y compris dans l'expérience de leur sexualité, rapportent ce samedi plusieurs journaux flamands. L'archevêque de Malines-Bruxelles réfléchit également à une célébration de prière pour sceller une relation homosexuelle.

Avec cette façon de penser, le cardinal belge va au-delà de la position officielle de Rome, qui pense que les homosexuels ne devraient pas avoir de relations sexuelles.

Jozef De Kesel a confié cette vision des choses lors d'un récent entretien avec cette communauté. Il a alors également abordé leur relation et la distinction avec un mariage chrétien entre un homme et une femme. Il souhaiterait à présent répondre à la demande de croyants homosexuels de pouvoir bénéficier d'une reconnaissance symbolique de l'Église comme couple.

Très loin d'un échange d'alliances : Malgré son progressisme, un mariage religieux parait toutefois aller un pont trop loin pour l'archevêque de Malines-Bruxelles. Il ne voit pas non plus d'un bon oeil une " bénédiction " ecclésiastique car elle ressemblerait trop à celle d'un mariage. 

Si les homosexuels veulent malgré tout un symbole de la part de l'Église, le cardinal pense plutôt à une " célébration de remerciement " ou une " célébration de prière ". Un échange d'alliances ne serait par contre pas possible, selon lui.

Video : Madame Monsieur - Mercy - France Grand Final live ( Eurovision 2018 ) !

Parfois, je pose à pas d'heure...

Mes petites fesses ne cessent de t'inspirer...

lundi, mai 14, 2018

Lire : Édouard Louis cherche à échapper à la violence ( Qui a tué mon père ) !

Comme dans ses livres précédents, Qui a tué mon père, d’Édouard Louis, a pour centre la violence : celle que l’on subit, celle que l’on inflige, violence physique et psychologique. Mais la violence dont il est question ici dépasse les limites de ce que l’on entend habituellement par " violence " puisqu’il s’agit aussi de violence symbolique, de violence systémique, de la violence de rapports de pouvoir qui ne se réduisent pas aux coups de matraque de la police. Ce sont toutes ces dimensions de la violence que visent à décliner En finir avec Eddy Bellegueule, Histoire de la violence et, aujourd’hui, Qui a tué mon père. La violence n’est jamais simplement localisée dans un type d’actes, dans un " lieu " exclusif, dans une institution identifiable, dans un sujet qui par essence l’exercerait : elle est dispersée à travers un ensemble de relations et de places plurielles et variables.

Face à cette violence, écrire pourrait apparaître comme une violence en retour ( présente dans les titres : " en finir ", " tué ", ) mais surtout comme une lutte contre la violence, celle des autres autant que la sienne, comme une façon de contrer ses objectifs et ses effets, en même temps qu’un moyen de faire exister les individus par-delà cette violence, y compris, comme dans Qui a tué mon père, par-delà celle qu’ils peuvent exercer. Il ne s’agit pas d’absoudre dans un geste chrétien, encore moins de tout rendre équivalent en mettant sur un même plan les victimes et les bourreaux. Si la violence est constitutive, elle l’est de tous et s’exerce sur tous, comme le père du livre qui à la fois peut infliger la violence de paroles, de silences, d’actes, et subir lui-même la violence de son fils, la violence sociale, la violence d’un néolibéralisme économique et politique destructeur. La violence ne définit pas une essence mais est le mode de rapports mobiles et complexes, stratifiés, pluriels.

Qui a tué mon père s’organise autour de souvenirs du narrateur, souvenirs qui sont comme des instantanés brefs, suscités – lors d’un retour du fils auprès de son père –, par la vision de ce qu’est devenu celui-ci : un corps en lambeaux, souffrant, détruit. Ce corps est l’axe du récit, ce à partir de quoi les souvenirs se déploient et ce vers quoi ils convergent. Et ces souvenirs formeront une histoire de ce corps, une sorte d’archéologie par laquelle est reconstituée une histoire faite d’une violence plurielle qui, s’exerçant sur ce corps, étant aussi produite par lui, aboutit à son état présent, à l’état détruit de ce corps déjà presque agonisant. Le corps subit une sorte de fatalité : celle de la violence sociale, physique, psychologique, symbolique, économique, violence de discours et de gestes qui assignent des identités, des places à l’intérieur des relations. Le livre d’Édouard Louis construit l’histoire de cette violence, entremêlant la pluralité qui lui est inhérente, les différentes strates qui la constituent, pour aboutir à cet état d’un corps massacré, lentement assassiné.

Si ce corps est ainsi mis en avant, c’est qu’il est ce qui dans ce massacre est le plus évident, le plus immédiatement visible. Mais il est aussi le signe d’un processus de démolition, d’une logique destructrice qui, moins visible, tirant en partie son efficacité de ne pas l’être, doit être mise au jour. C’est cette opération de mise au jour que, de manière extrêmement condensée, réalise Qui a tué mon père. Il s’agit de faire l’histoire de ce corps pour, à travers celle-ci, faire l’histoire des dimensions d’un pouvoir pluriel et violent, pour faire apparaître le développement de ce pouvoir à travers la durée d’une vie.

Habituellement, la violence structurelle, systémique, n’est pas perçue en tant que telle, elle est au contraire recouverte par des discours et représentations qui la font passer pour un ordre naturel des choses, ordre qui permet à la violence, dans toutes ses dimensions, de s’exercer efficacement, de détruire ou sauver selon la place que l’on occupe dans le système. Ainsi les pauvres sont des fainéants, les hommes sont virils, faire des études est une idée de PD, etc. Tout un ensemble de discours, de stéréotypes, de conditions matérielles est réuni pour produire en chacun une subjectivité, une représentation de soi et des autres, une identité que l’on s’attribue ou que l’on attribue aux autres, des affects et façons de percevoir – tout ceci étant régulé par une logique de la violence par laquelle cette violence est produite et reproduite. Si la violence est constitutive des relations mais aussi, à l’intérieur de ces relations, des identités et subjectivités, cette violence n’est jamais " naturelle ", elle est toujours ( comme les identités, les subjectivités, les existences matérielles ) prise dans un système de production de cette violence, elle est acquise, transmise, répétée selon des modalités plurielles et complexes. Ce sont ces modalités et cette complexité qu’Édouard Louis déplie et donne à voir.

Il n’y a pas d’un côté les méchants et de l’autre les gentils, personne n’est en soi victime ou bourreau même si, dans le système, les places de la victime et du bourreau ne sont pas équivalentes, ne doivent pas être confondues selon une forme de cynisme qui ne serait, au fond, qu’un masque pour la domination et la violence. Dans Histoire de la violence, par exemple, celui qui subit le viol est aussi celui qui peut facilement, en tant que Blanc, exercer la violence, reproduisant un système de violence raciste. Aux positions de l’agresseur et de l’agressé dans ce cas de violence sexuelle ( positions conditionnées par un système hétérocentré et sexiste ) se superposent ici celles du Blanc et du non Blanc, de celui qui est devenu un membre de la bourgeoisie intellectuelle et de celui qui demeure parmi les pauvres, les déclassés, etc. L’identité de chacun est ainsi multiple, et son action sur les autres ou ce qu’il peut subir, sa place dans la relation de pouvoir sont mobiles et pluriels. Dans Qui a tué mon père, le père et le fils occupent tour à tour des places différentes, le rapport de pouvoir s’inversant, sautant d’une strate à l’autre, d’un degré à l’autre – mobilité qui s’accompagne d’affects et sentiments eux-mêmes mobiles, complexes, réversibles, et d’une subjectivité traversée de changements et inversions. ( Cette pluralité et complexité sont d’ailleurs condensées dans le titre du livre qui peut être autant lu comme une affirmation que comme une interrogation mais sans point d’interrogation : celui ou celle ou cela " qui a tué mon père " n’étant pas, dans le titre, énoncés, peuvent correspondre à une pluralité d’assassins divers et tous également coupables ; la couverture du livre peut aussi être lue comme " Édouard Louis qui a tué mon père ", ouvrant une série d’interprétations possibles sur l’identité du coupable… ).

Cette complexité des relations de pouvoir est l’objet des livres d’Édouard Louis, la mobilité et pluralité de celles-ci, les subjectivités qui leur sont liées, leurs effets matériels, affectifs, politiques. Dans Qui a tué mon père, Édouard Louis insiste sur la sorte d’enfermement impliqué par ces relations : enfermement non pas nécessairement dans des prisons ou des asiles, mais à ciel ouvert, dans son propre corps, sa propre tête : emprisonnement que l’individu opère lui-même sur lui-même ( sans pourtant que cette opération ait été consciemment choisie ) comme il le produit chez les autres. Le soi est un soi qui résulte d’une oppression subie autant qu’auto-effectuée, comme l’autre est constitué autant qu’il se constitue à l’intérieur de ce système d’oppression sans matraque ni esclavage. Ce qui en résulte est l’exclusion de possibles non actualisés, étouffés et recouverts par le poids d’un soi qui est le produit fini d’une chaîne de production de la violence. Ces possibles affleurent parfois dans un geste, un regard, une action imprévue ou insuffisamment maitrisée par la subjectivité policière qui est devenue la nôtre. Ils sont là, dans le corps, dans la pensée, en conflit avec le corps et la pensée du flic que nous constituons en nous, et parfois lui échappent, la plupart du temps lui obéissent – ce que chacun est se constituant à l’intérieur de ces rapports conflictuels, se déplaçant sans cesse à l’intérieur de ces rapports : subjectivité scindée, plurielle, mobile...

Par rapport à cette réalité des rapports violents constitutifs d’un pouvoir anonyme et pluriel, l’écriture aurait deux fonctions. La première consiste, par l’écriture, par le livre, à s’emparer d’un moyen qui dans l’ordre de la violence sert à perpétuer et à produire cette violence – violence symbolique, violence dont les effets sont bien matériels – mais pour étaler cette violence, sa réalité, ses mécanismes, ses effets. L’écriture, donc, comme moyen d’une mise en évidence de ce qui nous gouverne et, littéralement, détruit. Un moyen valorisé de l’ordre bourgeois, hétérocentré, sexiste, raciste, néolibéral, devient la possibilité d’une arme contre cet ordre. La seconde fonction de l’écriture consiste à faire exister, au sein de l’ordre symbolique, ceux et celles qui en sont exclus, de faire advenir leurs paroles, leurs réalités, leurs vies à l’intérieur d’un système qui habituellement n’en veut pas, qui au contraire pour exister ne peut que les exclure et les piétiner. Ce qui, par l’écriture advient dans l’espace public, dans l’espace valorisé de la littérature, c’est non seulement toutes ces vies ignorées, condamnées, massacrées, mais aussi une dénaturalisation qui sert d’alibi aux assassins. L’écriture est ici synonyme d’échec de la violence – une sortie hors de ses rouages, une sorte de sabotage. Ce serait la question centrale de ce livre d’Édouard Louis comme des précédents : comment s’extraire de la violence ? comment la combattre mais surtout lui échapper, exister autrement et ailleurs que dans les mailles de sa logique ?

Édouard Louis, Qui a tué mon père, éditions du Seuil, mai 2018, 96 p., 12 €

Lire un extrait : Here/Ici

Video : Netta - Toy - Israel Grand Final live ( Eurovision 2018 ) !

La perfection n'existe pas...

Un soir au musée !

Smile !