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dimanche, décembre 27, 2020

Texte : Goldorak a 45 ans ( L’amitié, l’amour et la nostalgie, et des révélations après tant d’années ) !

UFO robo Grendizer est né officiellement le 5 octobre 1975, date de sa première diffusion au Japon. Ceci est comme un songe d’adulte. 

Avec Candy, Heidi, Maya l’abeille, Albator, Capitaine Flam ou Ulysse 31, combien de gamins de 40 ans aujourd’hui n’ont pas goûté à leurs aventures ou péripéties. Vous n’avez qu’à nous voir entendre les premières notes de générique pour nous voir courir et nous trémousser ! 

D'autres suivront bien sûr, mais, grâce à France Télévisions, nous avons rêvé gamins. 

Goldorak en France a été diffusé dans le cadre de Récré A2 de juillet 1978 à octobre 1980. Parfois de façon foutraque et avec des rediffusions aléatoires. 

C’est d’abord 74 épisodes : Un empire extraterrestre belliqueux, Vega, a broyé la belle planète d’Euphor. Duke Fleet, alias Actarus en Français, a toutefois pu échapper au massacré de sa planète. Atterri sur la Terre, il est recueilli et soigné et adopté par le Pr Procyon, Gemzō Umon en japonais. 

Actarus, en tous points semblables aux Terriens, un peu comme les migrants, travaille comme garçon de ferme dans le Ranch du Bouleau Blanc. Tout aurait pu bien se passer. 

Mais voilà Vega a soif de conquêtes et s’attaque à la Terre. Actarus ne veux pas utiliser son " engin de mort " qu’est Goldorak. Pourtant, il devra s’y résoudre. Dans un premier temps soutenu par le fidele Alcor, son pote, hum, puis viendront Vénusia, fille du propriétaire du ranch et la sœur cadette du prince Phénicia qui a elle aussi échappée au massacre. 

Au cours de ces combats, le Prince d’Euphor retrouvera beaucoup de connaissances. Il devra les combattre et en gardera beaucoup d’amertume. Mais à la fin, ils gagneront, le professeur y laissant la vie. 

Alcor et Vénusia en 1978 avaient vingt ans et sont terriens. Tout comme pour nous, le temps est passé sur eux. La soixantaine bien assumée ils coulent tous deux des jours heureux au Japon. 

Les habitants d’Euphor vieillissent bien moins vite que nous : Phénicia.s’est installée sur un voilier et parcourt le monde pour juste donner de la joie et du bonheur. 

mercredi, novembre 25, 2020

En savoir plus : Un quart des japonais LGBT+ ont été victimes d’un outing forcé !

Une importante étude met en lumière la difficulté d'être soi au Japon. 54% des hommes trans sont victimes d'une révélation de leur identité de genre. Si la situation s'améliore, le Japon reste très (très) loin d'une société inclusive pour les personnes LGBT+. 

Un quart des japonais LGBT+ (25%) ont subi un outing forcé. Et parmi les hommes trans, ce chiffre grimpe jusqu'à 54%. C'est ce que révèle une importante étude réalisée sur 10.769 participant·e·s de tous âges et rapportée par Gay Times. Mais les japonais LGBT+ voient une lueur d'espoir : 67% des répondants considèrent qu'il y a eu un changement de regard significatif à l'égard des personnes LGBT+ depuis quelques années. 

Une grande majorité des sondés pense que la société est bien plus respectueuse à l'égard de la communauté qu'il y a cinq ans. Mais il y a encore beaucoup à faire puisque plus de la moitié des répondants disent taire leur orientation sexuelle sur leur lieu de travail. Ces personnes témoignent d'une " peur d'être out et de voir leur vie chamboulée. Dans le pire des cas, ils pensent à mourir ", indique Yasuharu Hidaka, professeur de sociologie à l'université Takarazuka. D'autant que 79% des personnes interrogées disent avoir " entendu des propos discriminatoires à propos des minorités sexuelles au travail ou à l'école ". 

Des petits pas : " La société doit continuer son travail. Le gouvernement et les entreprises doivent coordonner leurs efforts pour une meilleure compréhension de la diversité ", a-t-il ajouté. Le Japon ne reconnaît toujours pas le mariage des couples de même sexe. En revanche, une dizaine de municipalités ont mis en place un certificat d'union civile pour les couples LGBT+. En juin dernier, une loi a été votée pour obliger les règlements intérieurs des entreprises à interdire l'outing ainsi que les insultes basées sur l'identité de genre ou l'orientation sexuelle, indique le South China Morning Post. 

Selon Le Monde, de nombreux gays sont mariés à une femme et inversement pour les lesbiennes, " sans ressentir nécessairement le besoin de révéler leur homosexualité étant donné la fluidité des identités de genre qui a discrètement survécu à la modernisation ". Le journal cite Erik Laurent, auteur de Les Chrysanthèmes roses, homosexualités masculines dans le Japon contemporain. " Dans un contexte japonais, la banalisation sociale et une acceptation culturelle ( de la diversité des genres ) ne passent pas forcément par une approche de type occidental ". Il y voit plutôt " une sorte de cohabitation entre les valeurs sociétales japonaises et des formes occidentales de militantisme ". 

dimanche, octobre 11, 2020

Japon : Un élu reproche aux personnes LGBT+ de faire baisser le taux de natalité !

Selon ce conseiller d'arrondissement, les LGBT+ empêchent le renouvellement de la population. Les associations dénoncent un discours politique discriminant.

Sa circonscription du Nord de Tokyo au Japon " va s'éteindre " si les droits des personnes LGBT+ sont maintenus. C'est ce que dit ( sans rire ) un conseiller municipal du parti au pouvoir qui accuse la communauté LGBT+ de faire baisser la natalité au Japon.

" Si toutes les Japonaises étaient lesbiennes ou si tous les Japonais étaient gays, vous pensez que la nouvelle génération verra le jour ? ", demande Masateru Shiraishi lors d'un conseil d'arrondissement le 25 septembre. L'assemblée débattait justement du taux de natalité, considéré comme trop bas. Au Japon, le mariage pour tous n'est pas reconnu, mais les militants des droits LGBT+ ont obtenu des changements au niveau local. Dans tout le pays, 50 localités ( dont l'arrondissement en question ) proposent des " pactes civils " pour les couples LGBT+, explique Japan Times.

Des excuses maladroites : " Je ne cherchais pas à m'immiscer dans la vie d'une personne LGBT+ ", a tempéré le responsable politique de 78 ans membre du parti libéral démocrate ( PLD, majoritaire au niveau national ). " Se marier normalement, avoir des enfants normaux et les éduquer de façon normale (sic) est très important pour les gens ", a-t-il ajouté avant d'insister pour que l'école enseigne de telles valeurs. Rapidement, les réseaux sociaux ont dénoncé ce discours LGBTphobe.

" Je m'oppose totalement au fait qu'un homme qui propage de telles idées discriminatoires puisse représenter des électeurs ", a déclaré Soshi Matsuoka, à la tête d'une ONG de défense des droits des personnes LGBT+, dans une tribune publiée par Yahoo Japan. Il indique qu'environ la moitié des ados LGBT+ sont victimes d'intimidations à l'école et que la situation ne s'améliore pas.

" J'aimerais que Shiraishi corrige ses propos qui découlent de préjugés discriminatoires. Les personnes LGBT ne sont pas responsables de la chute du taux de natalité ", a poursuivi Takeru Shimodaira, militant de l'Alliance japonaise pour la législation LGBT, qui travaille à la fin des discriminations contre les personnes LGBT+ dans la loi.

Des précédents au sein du parti au pouvoir : En 2018, une parlementaire du même parti, Mio Sugita, a été sévèrement critiquée pour des faits similaires. Dans la presse, elle a affirmé que le gouvernement ne devrait pas promouvoir le mariage pour tous parce que les personnes LGBT ne sont pas " productives " car " elles ne font pas d'enfants ". Fin septembre, le même jour que Masateru Shiraishi, cette députée ultraconservatrice en a rajouté une couche. Elle a affirmé que " les femmes peuvent mentir autant qu'elles le veulent " à propos des violences sexuelles.

mardi, octobre 06, 2020

Fashion : Le créateur de mode Kenzo Takada rejoint son amour de toujours, Xavier de Castella !

Figure emblématique de la mode et plus encore, le styliste nippon avait créé l'empire Kenzo. Il est décédé des suites du Covid-19, et rejoint son amour éternel, mort du sida.

Le monde de la mode est en deuil. Fondateur de la marque iconique à laquelle il a donné son nom, Kenzo Takada est mort ce dimanche 4 octobre, à Paris, des suites du Covid-19. L'annonce de son décès a été relayée par un porte-parole. À ce jour, il restera le premier créateur de mode japonais à s'être imposé dans la ville lumière. Les aficionados de l'industrie, ainsi que ses fidèles clients, se souviendront de lui pour son amour des motifs, géométriques, floraux et bien plus encore.

" C'est avec une tristesse immense que Kenzo a appris le décès de notre fondateur, Kenzo Takada, déclare l'enseigne de mode via un post Instagram. Pendant un demi-siècle, M. Takada a été une personnalité emblématique de l'industrie de la mode, infusant toujours de la créativité et de la couleur dans le monde. Aujourd'hui, son optimisme, son enthousiasme et sa générosité continuent d'être des piliers de notre Maison. Il manquera grandement et on se souviendra toujours de lui ".

Un parcours inspirant : Né en 1939 à Himeji, Kenzo Takada développe un attrait pour le dessin et le vêtement dès un très jeune âge. Mais c'est à 26 ans qu'il débarque sur le territoire français. Initialement de passage, le styliste finit par élire domicile à Paris et commence, pièce par pièce, à construire son empire. Sa griffe éponyme est officiellement créée en 1976 et se voit rachetée en 1993 par le groupe de luxe LVMH. La marque Kenzo devient incontournable, aussi bien dans le secteur du prêt-à-porter que de la parfumerie. Il demeure l'une des figures créatives les plus inspirantes de la France.

Côté vie privée, Kenzo Takada n'avait jamais réellement clarifié ses préférences amoureuses. Discret durant les dernières années de sa vie, il compte tout de même une relation connue du grand public, à savoir celle l'unissant à l'architecte Xavier de Castella. Les deux s'étaient rencontrés à la soirée d'anniversaire de Paloma Picasso, la fille du célèbre peintre, où étaient également présents Karl Lagerfeld et son amant Jacques de Bascher. Ils ne s'étaient pas lâchés ensuite et ont vite entamé une vie commune.

Jusqu'en 1990, année de la mort de Xavier de Castella des suites du sida, alors qu'il n'avait que 38 ans. " Sa mort prématurée est une blessure qui ne s'est jamais refermée, confiait-il dans les colonnes de Gala en 2018. J'y pense beaucoup. Dans ma vie, j'ai fait beaucoup de bêtises. S'il était toujours là, j'en aurais fait moins ".

lundi, juin 29, 2020

Japon : Dans une région du pays, le " outing " des LGBT est désormais puni par la loi !

C’est un grand pas pour l’histoire de la cause LGBT japonaise... Il est désormais interdit de divulguer la sexualité ou le genre d’une personne sans son consentement. Cette interdiction concerne pour l’instant une seule région du pays... mais les choses avancent petit à petit.

D’après le Japan Today, le gouverneur de la préfecture de Mie, une région de la côte sud de Honshu ( la plus grande île du Japon ), a annoncé, le 3 juin, l’interdiction de divulguer l’orientation sexuelle ainsi que l’identité de genre d’une personne LGBT sans sa permission.

Cette nouvelle interdiction fait partie d’une législation anti-discriminations plus large. Elle s’appliquera aussi pour les personnes qui voudraient obliger ou contraindre quelqu'un à dévoiler son orientation sexuelle. Le montant des pénalités n’a pas encore été annoncé.

" Nous devons faire plus pour créer une société qui se soucie les uns des autres ", explique le gouverneur Eikei Suzuki. Selon lui, dénoncer les personnes LGBT contre leur gré peut avoir pour conséquence de déstabiliser les relations familiales et professionnelles et conduire les personnes LGBT à l’isolement en perturbant leurs amitiés et leurs contacts avec d’autres personnes.

Cette décision est le premier pas en faveur des LGBT japonais. En effet, au Japon, le mariage pour tous et l’adoption n’ont toujours pas été ratifiés. Depuis 2017, certaines autorités locales ont commencé à délivrer des " certificats de partenariat " aux couples de même sexe. Mais la démarche est purement symbolique et n’a hélas aucune valeur légale et juridique.

lundi, avril 27, 2020

Japon : Le traçage anti-Covid ravive les craintes d’outing !

De nombreux gays, lesbiennes et bi nippons redoutent de voir leur vie privée exposée par les technologies mises en place afin de lutter contre la propagation du coronavirus.

Dans quels lieux avez-vous été, et avec qui ? Les autorités sanitaires nippones ont le droit de mener des enquêtes précises sur les faits et gestes de leurs administrés. Les mesures de traçage pour combattre le coronavirus ont été renforcées, alors que le Japon apparaissait au départ moins restrictif que ses voisins taïwanais et sud-coréens. La politique actuelle autorise désormais les gouverneurs de chacune des 47 préfectures du pays à interroger des patients et remonter l’historique de leurs contacts et des lieux qu’ils ont visités.

Les inquiétudes sur les libertés individuelles sont nombreuses du côté des LGBTQ+. C’est ce que révèle un sondage réalisé auprès de 180 lesbiennes, gays bi et trans* par " Marriage for All Japan ", un groupe de promotion du mariage égalitaire, rapporte Kyodo News. Un jeune gay de la province de Fukuoka vivant avec son partenaire explique avoir choisi de rester prudent au bureau sur son orientation sexuelle. Dans un pays où la culture du travail est particulièrement coercitive, il craint d’être outé s’il attrapait le coronavirus, potentiellement susceptible de devoir faire état au centre de santé publique de ses contacts quotidiens et rapprochés avec son compagnon.

Manque de clarté : Le sondage révèle aussi des craintes quant à l’accès à l’information pour les partenaires de même sexe en cas d’hospitalisation. " Il se peut qu’on ne me prévienne pas des conditions de santé de mon partenaire en cas de décision thérapeutique importante ", souligne un habitant de Saitama âgé de 28 ans, dont l’union est pourtant reconnue par sa mairie comme équivalente au mariage légal. Dans les familles arc-en-ciel, beaucoup renoncent aux compensations prévues pour la garde des enfants, faute de directives claires de la part des pouvoirs publics.

Responsable d’une ONG locale pour les LGBTQ+, Gon Masunaka confie : " Nous comprenons les priorités du gouvernement à protéger la vie des gens, mais nous demandons à ce qu’il reste attentif aux implications pour les personnes LGBT et d’autres minorités que leurs mesures pourraient rendre plus vulnérables encore ".

samedi, décembre 14, 2019

Lire : Gengoroh Tagame libère les ados gays !

Après des décennies à travailler sur la domination, le viol et l'acceptation de soi, le mangaka s'ouvre à des thématiques plus douces, afin d'éveiller les consciences d'un plus large public.

Gengoroh Tagame a beau signer des mangas depuis 1986, son nom est encore peu connu du grand public français. Lorsque j'officiais dans une petite librairie parisienne spécialisée dans la vente de mangas, je me souviens que ses titres et illustrations s'échangeaient sous le manteau entre les client·es qui s'y connaissaient. Pendant des années, les mangas de Tagame pouvaient se résumer à des histoires de sexe entre hommes, très poilus et très musclés, souvent teintées de viols et et de BDSM.

Très représentative, la série Pride regroupe différentes obsessions de son auteur. Dans celle-ci, un étudiant qui passe ses loisirs à sodomiser et humilier des hommes dans un parc, finit par rencontrer un professeur de psychologie qui en fait son esclave sexuel. Le professeur fait preuve d'une grande violence avec celui qui est devenu son soumis, afin de lui faire perdre sa fierté de pénétrant, dépourvu de considération pour le pénétré. À la dure, à force d'humiliations prenant la forme de lavements, d'exhibitions forcées et de contraintes physiques quotidiennes ( dont une à base de balles de ping-pong ), l'étudiant apprend une autre forme de fierté, qui ne s'exerce plus au détriment des autres.

Mais les œuvres de Gengoroh Tagame ne sont pas toujours morales, ce qui est par exemple le cas de Kureta no Meushi, une version revisitée du mythe de Thésée et le Minotaure, où ce dernier viole inlassablement le héros grec avant de l'inséminer avec son sperme, l'union de ces deux personnages finissant par donner naissance à une entité monstrueuse.

En laissant parler ses fantasmes, Tagame offre au public une œuvre qui joue sur les complexes et la honte. Le viol est souvent utilisé par l'auteur pour imposer à ses personnages des désirs profondément enfouis ( comme dans Ore No Sensei, réservé à un public averti ). La contrainte permet de jouer avec les diktats sociaux, l'homophobie intégrée ou la peur d'assumer son identité. Il n'y a pas de raison d'avoir honte de s'être fait sodomiser, si c'est sous le joug d'une bande de yakuzas dangereusement agressifs : un paradigme largement exploré par l'auteur à travers différentes formes de dominations sociales, à l'époque romaine, en temps de guerre, via la police ou des figures d'autorité scolaire.

Des muscles et des poils : Outre son absence de limites morales dans le sexe, qui caractérise un certain nombre de ses œuvres, Gengoroh Tagame s'est aussi fait connaître pour sa façon de jouer avec un autre tabou, encore plus marqué au Japon qu'ailleurs : la pilosité. Les poils, pubiens en particulier, constituent un tabou fort au Japon, qui tend à se dissiper depuis le début des années 2000.

C'est ainsi que, pendant des années, des commissions d'éthique ont interdit la présence de poils sur les hommes comme sur les femmes dans les œuvres audiovisuelles, obligeant les films, pornographiques ou pas, à subir une censure à base de floutage. Depuis 2008, une nouvelle jurisprudence permet la présence de pilosité pubienne et des organes génitaux dans les productions, à condition que l'objectif soit artistique.

Si Tagame a principalement trouvé le succès à l'étranger (France, États-Unis, Allemagne), c'est probablement parce que son œuvre est extrême à plusieurs points de vue, mais aussi par la façon dont ses personnages sont caractérisés physiquement. L'auteur leur insuffle une hyper-virilité qui passe autant par la pilosité que par une musculature surdéveloppée.

Au de niveau la représentation de la communauté gay, Gengoroh Tagame s'inscrit dans un courant très opposé à ce qui est habituellement produit au Japon, dans ce genre parfois nommé boy's love ou man's love dont les personnages sont souvent de très beaux jeunes hommes ( dits " bishōnen " ) entretenant un rapport flou avec leur genre.

Le style de Tagame se rapproche davantage de celui de l'artiste Tom of Finland, dessinateur finlandais qui a vu son succès croître grâce aux revues américaines de fitness, et dont le travail a considérablement marqué l'imagerie et l'histoire de la culture gay.

Toucher le public hétéro : Désormais quinquagénaire, Gengoroh Tagame utilise son talent dans d'autres finalités. Le Mari de mon frère, édité en France par Akata, est sa première série de mangas tous publics. Au Japon, elle fut d'abord publiée dans Monthly Action Comics, un magazine de prépublication généraliste.

En 2016, interrogé par Vice, Tagame s'exprimait sur la genèse de cette nouvelle série : " L'éditeur, qui est venu à moi, était très enthousiaste, donc le projet s'est fait vite. Au moment où j'ai dessiné, le mariage pour tous était en train de devenir une vraie tendance partout dans le monde. Mais, au Japon, les homosexuels sont toujours invisibilisés par la société. Le mouvement pour leurs droits ne trouve pas une grande résonance ici. En tant que partie intégrante de la pop culture, le manga peut être un outil intéressant pour parler des droits des personnes homosexuelles à un plus grand public. J'ai donc fini par signer une intrigue où le personnage principal est hétérosexuel, mais a un frère jumeau homosexuel, marié à un homme. Cette configuration est aussi plus facile à accepter pour un public hétérosexuel ".

Aujourd'hui, l'auteur milite pour plus de visibilité dans la société japonaise : " Je suis un artiste gay et je n'ai pas besoin de cacher mon identité pour signer un manga qui s'adresse aux hétérosexuels. J'espère que de jeunes artistes gays y verront une opportunité ".

Pédagogie douce : Sa seconde série tous publics, Our Colorful Days, est actuellement publiée par Akata en simultrad, c'est-à-dire que les chapitres sont traduits directement du Japon puis publiés numériquement par l'éditeur au fil des avancées de l'auteur. Au printemps, une version papier sera également proposée au public, toujours chez Akata.

Our Colorful Days raconte l'histoire d'un lycéen secrètement amoureux d'un camarade de classe, et souffrant de cacher son identité et ses sentiments. Un jour, il découvre un café dont le tenancier est ouvertement gay, ce qui va débloquer chez lui une nouvelle réflexion et une nouvelle façon de voir la vie.

Our Colorful Days brille particulièrement par la finesse et la justesse des sentiments dépeints par Tagame, qui exprime avec talent les difficultés que les adolescents gays peuvent traverser dans une société où les représentations demeurent faibles ou caricaturales.

C'est une œuvre sensible et d'utilité publique et, avec Le Mari de mon frère, un tournant dans la carrière de Gengoroh Tagame. Le mangaka semble avoir choisi de consacrer de son temps et de son talent à une forme de pédagogie douce... à l'inverse de ce qu'il pratiquait dans ses productions destinées aux adultes.

Le succès qu'il rencontre actuellement au Japon et partout dans le monde ( Le Mari de mon frère a reçu le prestigieux prix Eisner de la meilleure édition américaine d'une œuvre internationale en 2018 ) prouve à quel point il a su toucher un lectorat aussi large que varié, accompagnant le changement progressif d'une société malheureusement encore trop réprimée. Un vent de tolérance et d'acceptation de l'autre semble commencer à souffler au pays du soleil levant.

Video : Le mari de mon frère ( Bande annonce ) !

mardi, septembre 17, 2019

Lire : Je ne suis pas un gay de fiction !

Les éditions Akata viennent d'annoncer le prochain roman de leur label " Young Novel " : Je ne suis pas un gay de fiction, un récit signé Naoto Asahara, ayant fait beaucoup parler de lui au Japon.

D’abord prépublié sur une plateforme de romans sur le web, ce roman de 350 pages a connu, en février 2018, une publication au format papier, qui fut l’un des évènements young adult au Japon cette année-là.

L'éditeur annonce un roman très dense, qui devrait décrire avec un réalisme troublant le quotidien d'un lycéen gay, et qui a su fédérer autant les concernés que les lecteurs lambdas.

Signe particulier : Le récit confronte aussi une lectrice fan de boy’s love à un gay bien " réel ", et l'auteur devrait alors nous questionner, tandis que la littérature homo-érotique se développe. Akata précise également que, de par ses thématiques et son côté parfois explicite, ce roman est à réserver à un public averti.

Toujours d'après l'annonce de l'éditeur, le succès de cet ouvrage a eu de nombreuses répercussions au Japon. Faisant la une de la presse, il a beaucoup questionné. Naoto Asahara, très présent sur les réseaux sociaux et sur internet, a fini par faire son coming-out public, cent jours après la publication de son premier roman. Plus d’un an après, l’ouvrage a continué à faire parler, en étant adapté en série TV sur NHK. Une adaptation manga a également été lancée cette année.

A noter que pour cette version française, l'éditeur a réalisé une illustration inédite, car la couverture originale, bien que très jolie, lui semblait trop " douce " par rapport au contenu parfois difficile de l’histoire. Mais rassurez-vous, l’illustration japonaise sera reprise au début de l’ouvrage, en couleur uniquement dans le premier tirage, puis en noir et blanc dans les tirages suivants. Signalons que cette illustration est signée Yojiro Arai, animateur ayant travaillé au sein du studio Ghibli, et ayant par exemple signé le chara-design du film d'animation Le Mystère des Pingouins.

Jun est lycéen, et il est gay. Bien que vivant caché, il sait parfaitement qui il est. Fan de Freddie Mercury, il fréquente un homme plus âgé que lui… et marié ! Son seul véritable confident, Mister Farenheit, est une connaissance d’internet avec qui il discute via les réseaux sociaux. Mais quand un matin, au détour d’une librairie, il croise Miura, une de ses camarades de classe, en train d’acheter un manga homo-érotique, son quotidien va petit à petit s’effriter. Car cette dernière, fan de " tout ce qui est homo ", ne voit pas l’évidence devant elle. Petit à petit, la lycéenne va tomber amoureuse de Jun... Ce dernier, prêt à tout pour entrer dans le moule et obtenir un bonheur " comme les autres ", va essayer de répondre à cet amour. Combien de temps pourra-t-il entretenir ce mensonge ?

Sortie prévue le 10 octobre, au prix de 14,99€ !

lundi, juillet 29, 2019

Japon : Le premier parlementaire ouvertement gay promet l’ouverture du mariage aux couples homos d’ici peu !

Son nom ne vous dit sûrement pas grand chose, pourtant il fait déjà date. Au Japon, Taiga Ishikawa, 45 ans, est devenu dimanche le premier parlementaire ouvertement gay élu de l’archipel, rapporte la presse locale. 

Candidat pour le principal parti d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel du Japon (centre-gauche), cet ancien socialiste a en effet été élu sénateur après ses candidatures malheureuses aux législatives tout en promettant des avancées pour les LGBT japonais dans un pays où l’homosexualité reste taboue. 

" Depuis les années 2000, la question du mariage entre personnes du même sexe a progressé par à-coups, a-t-il d’ailleurs expliqué à Reuters mardi. Mais je suis sûr que ce sera voté d’ici six ans au terme de mon mandat ". 

Out depuis 2011, ce défenseur des droits des homos peut compter sur son parti pour faire avancer ce dossier malgré l’opposition du parti majoritaire du Premier ministre conservateur Shinzo Abe. Le CDPJ a d’ailleurs tenté en juin de mettre sur la table une proposition de loi ouvrant le mariage à tous les couples à la chambre basse du Parlement où la première députée ouvertement lesbienne du pays, Kanako Otsuji a par ailleurs été élue en 2017. 

Selon un sondage du géant de la publicité Dentsu, 78% des Japonais de 20 à 60 ans sont favorables au mariage pour tous dans l’archipel.

dimanche, avril 28, 2019

Société : Pourquoi 10 % des trentenaires japonais sont-ils toujours vierges ?

Sur le spectre plus large des 25-39 ans, c'est même un quart des sondés qui n'a jamais eu de relation sexuelle. S'interrogeant sur l'effondrement démographique du pays, l'Université de Tokyo met en lumière les liens entre le niveau de salaire et l'activité sexuelle.

Agacée par les titres sensationnalistes ou moqueurs de la presse sur l'absence de sexualité de la jeunesse japonaise, l'Université de Tokyo vient de publier la première grande étude nationale sur l'évolution du comportement sexuel de la population nippone. Et ses chercheurs en santé publique ont mis à jour une entrée de plus en plus tardive des jeunes adultes dans la sexualité.

Selon la dernière enquête conduite en 2015, sur plus de 10.000 personnes, plus d'un trentenaire sur 10 n'a jamais eu de rapport hétérosexuel ( l'étude menée par l'Institut national de la population n'interrogeait pas sur les rapports homosexuels ). Sur le spectre plus large des 25-39 ans, c'est un quart des sondés qui n'a jamais eu de relation sexuelle.

Ratio plus élevé qu'ailleurs : Ce ratio, notent les analystes, est très supérieur à ce qui est mesuré dans d'autres pays développés. Chez les trentenaires américains, anglais ou australiens, moins de 5 % des personnes interrogées se déclarent encore vierges. Un chiffre qui serait toutefois en légère progression, même dans ces nations. " Le Japon est peut-être un précurseur d'une tendance globale vers l'inactivité sexuelle ", suggère l'étude, qui s'intéresse aux comportements par tranche d'âge.

Sur le segment des 30-34 ans, 12,7 % des hommes japonais se présentent désormais comme vierges, alors qu'ils n'étaient que 8,8 % à indiquer qu'ils n'avaient jamais eu de rapport dans une étude de 1987. Chez les femmes, ce ratio de vierges est désormais de 11,9 %, contre 6,2 % en 1987. Les analyses de l'Université de Tokyo montrent que ce " retard " de sexualité touche aussi les trentenaires plus âgés. Dans la catégorie des 35-39 ans, 9,5 % des hommes et 8,9 % des femmes n'ont jamais eu de rapport hétérosexuel. Dans une étude de 1992, seuls 5,5 % des hommes et 4 % des femmes se présentaient comme vierges.

Taux de natalité insuffisant : Ces résultats interpellent les scientifiques au Japon qui cherchent, depuis des années, à comprendre pourquoi le taux de natalité dans le pays peine à se redresser, malgré la mise en place par le gouvernement de multiples politiques de soutien aux jeunes parents.

S'il a très légèrement remonté, le taux de fécondité n'est toujours que de 1,43 enfant par femme, quand le pays, déjà vieillissant, aurait besoin d'atteindre le taux de 2,1 pour stabiliser sa population, hors mouvements migratoires. L'an dernier, seulement 921.000 bébés sont nés dans l'archipel, quand les autorités enregistraient, sur la même période, 1,37 million de décès. Le Japon semble ainsi condamné à perdre entre 500.000 et 1 million d'habitants chaque année.

Enjeux socio-économiques : Cherchant à expliquer l'entrée tardive des Japonais dans la sexualité, les chercheurs notent que l'insécurité économique et le cadre social pourraient jouer dans l'évolution du comportement de la jeunesse locale. " Si la discussion sur la cause et les effets de ces différences entre ceux qui deviennent expérimentés sexuellement et ceux qui restent vierges s'avère forcément très complexe, notre étude montre que l'inexpérience sexuelle des hommes relève en partie d'enjeux socio-économiques ", détaille Cyrus Ghaznavi, l'un des chercheurs de l'Université de Tokyo. " Simplement, l'argent parle ", résume-t-il.

Source

jeudi, novembre 24, 2016

Tokyo : Les LGBT japonais sur le chemin de la visibilité !

Cinéma, médias, services, marketing ou monde du travail : l’Archipel bouge lentement sur les questions de diversité sexuelle et de genre. La droite conservatrice, au pouvoir, reste frileuse.

Deux hommes qui s’aiment. L’un a les épaules nues et le regard fragile lorsqu’il regarde par la fenêtre après l’amour. L’autre lui lance un sourire ravageur dont il use sans doute un peu trop. Ils se sont connus dans la vapeur du sauna, c’est cliché, mais le reste ne l’est pas. Ils essaient de se rencontrer, de vivre ensemble, de se faire confiance dans un appartement qui domine la nuit tokyoïte. Sur l’écran de cinéma, leur relation surprend par son réalisme. Surtout, ce n’est qu’une relation parmi d’autres : " Ikari ", l’un des films-phares de la rentrée japonaise, met en perspective trois couples, dont l’un s’avère être homosexuel d’une manière aussi anecdotique que frontale.

Oui, " Ikari " fera date en termes de visibilité LGBT au Japon, parce que le film met en lumière une relation non hétérosexuelle sans en faire l’axe principal de l’intrigue. Celle-ci, policière, met en scène des personnages qui soupçonnent un proche d’être un violent criminel. Ken Watanabe ( en père inquiet ) et Ryuichi Sakamoto ( qui signe la somptueuse bande originale) apparaissent au générique, tandis que les hyper-stars Satoshi Tsumabuki et Go Ayano campent les deux amants masculins. 

Boy’s Love : Le Japon est loin d’être exempt de représentations homosexuelles, cependant celles-ci prennent généralement place dans le cadre bien défini du BL (Boys’ Love), un style de mangas, d’animés et de séries télévisées qui s’adresse principalement à un public féminin. Le genre cultive des codes stéréotypés et paradoxalement hétéronormatifs, qui font souvent dire à la communauté LGBT que le BL ne reflète en rien la réalité quotidienne des gays et lesbiennes japonais et, en ce sens, dessert leurs intérêts. 

Doté historiquement d’une structure de genre moins rigide que l’occident ( le travestissement est pratiqué de longue date sur la scène du kabuki, plus récemment par la troupe de théâtre 100 % féminin Takarazuka ), dépourvu de lois condamnant les relations entre personnes de même sexe ( elles étaient socialement tolérées entre hommes durant l’ère Edo ), l’Archipel a néanmoins embrassé les valeurs victoriennes, l’idéal du couple homme-femme et le modèle de la famille nucléaire depuis sa modernisation rapide, dès la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, si certaines poches de pop culture offrent des représentations alternatives, l’espace public, l’école, le monde de l’entreprise et l’institution de la famille traditionnelle n’encouragent pas la visibilité des LGBT. 

Les signes d’une évolution se multiplient pourtant. Le film " Ikari " semble traduire l’expression d’un mouvement plus général qui inclut le marketing, les médias, plusieurs grands groupes industriels et une poignée de municipalités. La préfecture de Shibuya (Tokyo), la première du pays à avoir mis sur pied une union civile, vient de se doter d’un attaché aux minorités sexuelles et de genre. Les géants de la télécommunication et du commerce en ligne SoftBank, NTT Docomo et Rakuten offrent aux couples de même sexe des avantages similaires aux couples hétéros. Sony et Panasonic travaillent dans le même sens depuis cette année. La compagnie aérienne JAL permet à toutes les configurations de couples de mettre en commun leurs miles, tandis que l’assurance Sompo Japan Nipponkoa a étendu les conditions des congés mariage aux employés en concubinage avec un partenaire de même sexe. 

Avant même les ressources humaines, ce sont les départements de marketing qui se sont penchés sur le potentiel et les caractéristiques des populations LGBT japonaises. Dentsu, le plus important publicitaire du pays, a mené l’une des premières études de grande ampleur sur le sujet en 2012, étude réactualisée en 2015 sur un échantillon de 70 000 personnes, selon laquelle 7,6 % des Japonaises et Japonais se considèrent LGBT. Hakuhodo, une autre firme de communication, a établi il y a quelques mois un think tank baptisé LGBT Research Institute, avec le double objectif de donner davantage de visibilité aux minorités sexuelles tout en investigant leurs préférences de consommation. 

Partis pris religieux : En mai, le bureau japonais de Human Rights Watch publiait un rapport alarmant sur le harcèlement à l’école. Non seulement les cas de violence et d’exclusion sont fréquents, mais le corps enseignant semble mal équipé pour répondre à ce genre de situations : selon les étudiants interrogés dans le cadre du rapport, les informations fournies par les professeurs sont souvent inexactes, subjectives plutôt que basées sur les droits humains ou la science, et teintées de partis pris religieux. Début octobre, l’organisation appelait le gouvernement à mieux inclure les questions de diversité sexuelle et de genre dans le curriculum scolaire.

 Hélas, si la gauche d’opposition ( le parti démocratique ) poursuit une politique constructive dans ce sens, le parti libéral démocrate au pouvoir ( LDP, droite conservatrice ) est loin d’y être pleinement sensible. Le LDP, probablement pour faire bonne figure en amont des JO de Tokyo 2020, reconnaît bien l’importance de prendre en compte les difficultés auxquelles les personnes LGBT font face. Mais le parti est réticent à l’idée d’inclure dans la loi une protection contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Il promeut aussi une vision hétéronormative de la famille comme brique primordiale de la société, et rejette l’égalité des droits en matière de mariage. Enfin, le LDP affirme aspirer à une société dans laquelle les minorités ne ressentent pas le besoin de se rendre visibles par le processus du coming out. La route sera encore longue.

vendredi, juillet 31, 2015

Japon : La municipalité de Setagaya à Tōkyō s'apprête à légaliser le mariage homosexuel !

Le mariage homosexuel est un sujet de société ô combien important dans les pays développés depuis quelques années. En France, si le soufflé est un peu retombé, au Japon, il est d'actualité. Après que la municipalité tokyoïte de Shibuya l'a adopté plus tôt cette année, c'est au tour de celle voisine de Setagaya de s'apprêter à offrir aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux hétérosexuels.

Dans les faits, il s'agit d'une loi locale, pas entièrement reconnue par l'Etat. Ainsi, si ce PACS à la japonaise permettra aux couples homos de louer ou acheter un bien immobilier, de devenir une famille et ainsi pouvoir rendre visite à un parent malade à l'hôpital, il n'en sera rien concernant la fiscalité qui, étant contrôlée par l'Etat, ne deviendra pas plus favorable pour eux.

Toutefois, le mouvement LGBT japonais voit une avancée positive et espère un effet domino qui verra à terme le Japon dans son intégralité offrir une égalité parfaite entre couples homo et hétérosexuels.