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lundi, décembre 21, 2020

Homophobie : Qui est Przemyslaw Czarnek, le ministre de l’Éducation polonais qui compare l’homosexualité au nazisme ?

Depuis sa nomination, le ministre de l'éducation polonais n'arrête pas de stigmatiser les personnes LGBT+ et renforce l'homophobie d'État. Selon lui, " l'idéologie LGBT " " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Attention, le point Godwin est vite atteint : En Pologne, Przemyslaw Czarnek a été nommé ministre de l'Éducation le 19 octobre. Depuis, il ne cesse de déraper, au point de comparer l'homosexualité au nazisme. Il fustige la " théorie du genre " et " l'idéologie LGBT " qui " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Pour cet homme de 43 ans qui dirige l'éducation des jeunes polonais, les femmes qui choisissent d'avorter "ne font pas ce pour quoi Dieu les a créées ", explique Le Monde. En 2019, en tant que voïvode, sorte de préfet de région, il décernait des " diplômes du mérite " aux collectivités qui se sont déclarées " sans-LGBT ". Il s'était même prononcé pour l'interdiction des Marches pour l'égalité avant de manifester avec l'ONR, un groupe d'extrême droite qui provient du fascisme de l'entre-deux guerres. 

En Pologne, " ces personnes ne sont pas égales aux gens normaux " : Au sujet des homos, il disait le 13 juin qu'il faut " défendre les familles polonaises contre le pourrissement et la dépravation (...) Ces personnes ne sont pas égales aux gens normaux ". L'Europe qui s'oppose ( timidement ) à l'application d'une homophobie d'État est " à un niveau pire qu'à l'époque de l'Union soviétique et du communisme ". Il faut " arrêter d'écouter ces idioties sur de prétendus droits de l'homme ou une prétendue égalité ". Pour lui, " l'idéologie LGBT " " a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien ". 

Le ministre " ne voit pas de place dans les programmes scolaires " pour la " théorie du genre ". " Nous sommes dominés par des gens de gauche qui n'ont pas grand chose à voir avec la liberté ", dit-il le 11 décembre dans un entretien à Rzeczpospolita. Pour lui, les LGBT+ sont " radicaux, intolérants à la vision conservatrice et chrétienne du monde ". 

Un ministère extra-large : Son ministère n'a jamais été aussi large depuis 1989. Przemyslaw Czarnek gère l'éducation des enfants de la maternelle aux universités. L'Académie polonaise des sciences craint déjà une guerre idéologique et un endoctrinement des enfants et adolescents. Car cet homme exècre ce qu'il appelle " la pédagogie de la honte ", soit l'évocation dans les manuels des pages sombres de l'histoire de la Pologne. Il déteste les disciplines humanistes, dominées par les " idéologies gauchistes ". Selon plusieurs experts, une charte de la liberté académique permet de lever les sanctions disciplinaires contre les universitaires négationnistes, souligne Le Monde. 

Le risque étant que l'éducation soit instrumentalisée politiquement. Selon Ryszard Terlecki, un dirigeant important du parti et proche de Jaroslaw Kaczynski, " l’école n’est pas encore au niveau auquel nous la voudrions. C’est une des raisons pour lesquelles la jeune génération n’apprécie pas notre formation politique ni ses idéaux ". Le message est limpide. 

dimanche, décembre 20, 2020

LGBT : Pour lutter réellement contre les " thérapies de conversion ", oui à un projet de loi exhaustif !

En France, des organisations et personnes prétendent frauduleusement pouvoir changer ou " guérir " les personnes LGBTI+. Face aux violences que constituent ces méthodes, l'Inter-LGBT appelle le gouvernement à inscrire de toute urgence dans son agenda parlementaire une loi réellement adaptée pour lutter contre ces pratiques. 

Les pratiques connues sous le nom de " thérapies de conversion " constituent une violation flagrante des droits à l’intégrité physique et psychique, à la santé et à la libre expression des personnes LGBTI+. Lorsqu’elles sont menées par la force, elles représentent également une violation de l’interdiction de la torture et des mauvais traitements selon Victor Madrigal-Borloz, l’expert indépendant de l’ONU sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. 

Dès lors, nous ne pouvons que saluer la volonté politique des autorités françaises d’interdire les " thérapies de conversion " sur notre territoire. Que la question soit enfin prise au sérieux au plus haut sommet de l’État est un signal fort envoyé aux rescapé·e·s ayant subi de graves souffrances psychologiques et physiques durables.  

Véritable danger : Dans un article du journal Le Parisien du 10 octobre 2020, Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté, a annoncé que le gouvernement soutiendrait l’interdiction des " thérapies de conversion " dans la loi confortant les principes républicains ( dite loi sur les séparatismes ). 

La volonté d’inscrire cette interdiction par voie d’amendements dans un projet de loi " confortant les principes républicains " nous rend profondément inquièt·e·s. En effet, les " thérapies de conversion " ne concernent pas uniquement les approches confessionnelles, mais également des approches qui se prétendent médicales et sociales. Il existe un véritable danger pour que cette interdiction ne soit, dès lors, pas à la hauteur des risques et des ravages causés. 

Par ailleurs, le projet de loi " confortant les principes républicains " est loin de faire l’unanimité et nous pose de nombreuses questions, dont certaines dispositions du texte pouvant menacer la liberté d’association et avoir un effet dissuasif sur les défenseur·e·s des droits humains et les organisations de la société civile. Nous ne souhaitons pas que la question de l’interdiction des " thérapies de conversion " ( qui fait pourtant consensus au niveau national, européen et international ) soit instrumentalisée à des fins idéologiques dans un projet de loi déjà controversé et dénoncé. 

Une action politique à mener, et des textes déjà proposés : Après une mission d’information à l’Assemblée nationale menée en 2019 par les député·e·s Bastien Lachaud ( La France Insoumise ) et Laurence Vanceunebrock-Mialon ( La République En Marche ), cette dernière a déposé cet été une proposition de loi " interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne ". Cette proposition de loi contribue à apporter des réponses adaptées, en commençant à définir ces pratiques, créant des condamnations pénales et les ajoutant aux critères de pratique illégale de la médecine. De plus, la proposition de loi se penche également sur l’éducation, la sensibilisation et la connaissance de ces pratiques, répondant ainsi à une réelle nécessité d’une prévention en complément d’une réponse a posteriori. 

Dans une tribune au journal Le Monde, un collectif de rescapé·e·s appelait le gouvernement à soutenir la proposition de loi n°3030 pour interdire ces pratiques. Il signifiait aussi qu’il ne voulait pas du " texte au rabais ", annoncé par Marlène Schiappa dans le projet de loi confortant les principes républicains par voie d’amendements. 

Un projet exhaustif : Un projet de loi spécifique ne serait pas uniquement symbolique. Sa rédaction lui permettra au contraire d’être exhaustif et de lutter concrètement contre le phénomène des " thérapies de conversion " en France. L’inter-LGBT recommande également d’inclure l’interdiction des pratiques visant à modifier sans consentement les caractéristiques sexuelles dans la définition des pratiques connues sous le nom de " thérapies de conversion " pour protéger les personnes intersexes. 

Il est plus qu’urgent que la loi française rattrape son retard et prenne toute la mesure de la réalité, de la gravité et des conséquences dévastatrices des " thérapies de conversion ". À travers un projet de loi qui puisse être vérifié par le Conseil d’État et qu’y soient associés les organismes concernés et les associations mobilisées, le gouvernement doit inscrire un texte contre les " thérapies de conversion " dans le calendrier parlementaire pour une promulgation avant la fin de l’actuelle mandature d’Emmanuel Macron. 

Autres associations cosignataires : Les ActupienNEs, AIDeS, ASMF, Au-delà du Genre, Bi’Cause Centre LGBTQI+ de Paris-Ile de France, Couleurs Gaies, David & Jonathan, Fièr·e·s et Révolutionnaires, Fiertés Pas-de-Calais, HES LGBTI+, Mobilisnoo, Play Safe, Solidarité Internationale LGBTQI 

vendredi, décembre 18, 2020

EU : La Hongrie adopte " des reculs jamais vus pour les droits LGBTI " selon Amnesty International !

Le gouvernement hongrois a adopté ce mardi, un paquet législatif restreignant les droits des personnes LGBT+. Et ces reculs seront inscrits dans la Constitution. 

Le Parlement hongrois a adopté des amendements constitutionnels qui limitent le droit des personnes LGBT+. Pourtant, la Hongrie a été l'un des pays les plus progressistes de la région. Mais elle veut maintenant définir dans son texte fondateur le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme. Elle interdit de fait l'adoption des couples homoparentaux. Une définition restrictive du genre dans la Constitution a également été validée. 

L'homosexualité a été dépénalisée au début des années 1960 et l'union civile reconnue en 1996. Mais depuis l'arrivée au pouvoir de Viktor Orban, le pays régresse sur le plan des droits humains. Il dit vouloir défendre les " valeurs chrétiennes " traditionnelles après avoir promis une " nouvelle ère " culturelle. Au passage, le secrétaire d'État à la Famille a appelé les femmes à ne pas tenter de rivaliser avec les hommes, en terme de position dans la société ou de salaire. 

Le responsable des questions LGBTI chez Amnesty International est furieux. Sur Twitter, Sebastien Tüller a appelé les citoyens à interpeller les diplomates. Il explique en quoi ce paquet législatif met en cause les droits des personnes LGBT+ en Hongrie. Entretien. 

En quoi le gouvernement hongrois a profité de la crise sanitaire pour faire passer sa réforme LGBTphobe

Le 10 novembre, le gouvernement a déposé des amendements quelques heures après avoir pris des mesures sanitaires liées au Covid. Ces amendements vont à l'encontre des droits des personnes LGBTI. Selon l'une des principales asso LGBTI, les restrictions de mouvement et de rassemblement empêchent les citoyens de se rassembler dans les rues pour manifester. Le gouvernement hongrois profite du chaos lié au Covid pour mettre en application des reculs jamais vus pour les droits des personnes LGBTI. D'ailleurs, la commissaires aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a affirmé que des réformes constitutionnelles ne devraient pas être introduites lors d'état d'urgence. 

Concrètement, sur quoi le gouvernement hongrois revient-il ? 

Le gouvernement veut faire passer plusieurs choses : Un projet de loi et deux amendements à la Constitution. Le projet de loi limite l'adoption aux seuls couples mariés ( alors que les couples de même sexe n'ont pas le droit de se marier en Hongrie ). Cette réforme interdit, de fait, aux personnes LGBTI d'adopter. Les autres amendements visent les personnes trans. Le premier indique que le genre d'une personne, c'est le sexe assigné à la naissance. Cela institutionnalise l'impossibilité de reconnaissance juridique du genre des personnes trans et intersexes. Il impose également une éducation fondée sur les valeurs de l'identité de la Hongrie et de la culture chrétienne. Cela va à l'encontre de la liberté d'éducation des enfants et c'est particulièrement flou. Le second amendement prévoit que le mariage est l'union d'une femme et d'un homme et que les enfants naissent d'un père et d'une mère. " La mère est une femme, le père est un homme ", est-il écrit sans blague. 

Le fait d'inscrire ces changements dans la Constitution, qu'est-ce que ça implique ? 

Pour les Hongrois, c'est symbolique. La reconnaissance du genre est déjà impossible depuis mai. Mais la Constitution était l'un des derniers leviers des militants. Des personnes ont fait des recours pour déclarer cette loi inconstitutionnelle, ils ne pourront pas le faire. Donner une force constitutionnelle à des mesures qui vont à l'encontre des personnes LGBTI, ça va renforcer la stigmatisation des personnes sur place. C'est inévitable. Ensuite, pour supprimer ces mesures, il faudra repasser par un vote constitutionnel, ce qui est plus difficile qu'une simple loi. Dans tous les cas, ces textes sont contraires aux droits de l'Union Européenne, au droit international et aux conventions signées par la Hongrie. Ces textes ignobles sont tout simplement contraires aux droits humains. 

Les institutions de l'Union européenne peuvent-elles jouer pour stopper ces changements constitutionnels ? 

Le 12 novembre, la Commission européenne a présenté sa toute première stratégie pour l'égalité. Dans le discours d'Ursula Von der Leyen, un des principaux points d'action de sa stratégie, c'était de protéger les droits des " rainbow family " ( familles LGBTI ). Ce projet de loi s'attaque directement à l'homo- et la transparentalité. Dans ce plan d'action, des mesures juridiques sont prévues. Les financements sont censés être conditionnés au respect de la législation contre les discriminations de l'UE. Il faudra en tirer des conséquences. La commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a aussi demandé de reporter le vote. 

L'Union européenne peut donc prendre des sanctions ? 

Elle doit appliquer sa stratégie. C'est là qu'on va voir son utilité : Est-ce que c'est juste des engagements de principe ou est-ce qu'il y aura une réponse ciblée. Des procédures judiciaires sont lancées contre la Hongrie, pour non-respect des traités. On appelle tous les dirigeants européens à soulever les atteintes aux droits des personnes LGBTI dans cette procédure. Les États négocient actuellement un mécanisme pour conditionner les subventions européennes au respect de l'État de droit, mais cette conditionnalité ne sera mise en place que dans plusieurs années. D'ici-là, la Hongrie mettra tout en œuvre pour empêcher les personnes LGBTI de revendiquer leurs droits fondamentaux. 

US : Pete Buttigieg devient ministre des transports

Aux Etats-Unis, le président Joe Biden a nommé Pete Buttigieg comme ministre des transports, mardi 15 décembre. L’homme politique devient la première personnalité gay à avoir un poste à grande responsabilité.

Historique : Un jour après le vote favorable des grands électeurs à son élection, Joe Biden a désigné Pete Buttigieg comme ministre des transports américain, mardi 15 décembre. Cette annonce émane du compte officiel de la présidence. " South Bend était autrefois considérée comme l’une des villes mourantes d’Amérique. Aujourd’hui, c’est une plaque tournante de l’innovation et de la croissance de l’emploi ". a ainsi tweeté le compte officiel de transition de la présidence américaine pour justifier la nomination de l’homme politique. En cause, Joe Biden voit en Pete Buttigieg un " leader, patriote et solutionneur " qui sait parler à la nation. En conséquence, le nouveau ministre devient le premier homme politique ouvertement gay à accéder à un tel poste.

Dès le début de sa carrière, en 2007, Pete Buttigieg entend servir les intérêts des Etats-Unis. Pendant trois années, il est consultant au cabinet de conseil McKinsey & company. Entre-temps, l’homme politique intègre la United States Navy Reserve, dans laquelle il suit une formation de sept mois et aide dans le conflit avec l’Afghanistan (2013). En 2015, il fait son coming-out, révélant que sa foi chrétienne l’a fortement influencé dans ce choix, et devient la première personnalité out de l’Indiana. Puis, trois ans plus tard, Pete Buttigieg se marie avec Chasten Glezman. En 2019, alors maire de South Bend, l’homme politique fait la UNE du magazine Times. C’est une première. Cette année, il s’est lancé dans la course à la présidence américaine avant d’abandonner, au profit de Joe Biden. Un choix qui lui permet aujourd’hui d’accéder au gouvernement.

Une réelle avancée : Suivant cette nomination, Pete Buttigieg y a vu un honneur de pouvoir continuer à servir les Etats-Unis. " L’innovation dans le transport a aidé ma patrie, ça a propulsé notre pays. L’heure est maintenant à la construction d’infrastructures durables et modernes qui crée des millions d’emplois bien payés, qui revitalise l’économie et qui habilite tous les Américains à réussir ", a-t-il confié sur Twitter.

jeudi, décembre 17, 2020

LGTB : Deux assos portent plainte contre un maire qui refuse (encore) de marier des couples homos !

Deux associations LGBT+ portent plainte contre Franck Meyer, le maire de Sotteville-sous-le-Val. Cet ancien porte-parole de La Manif Pour Tous assume de refuser de marier des couples homos au nom de ses convictions religieuses. 

Sept ans après l'adoption du Mariage pour tous, certains maires refusent encore de célébrer des mariages, lorsqu'il s'agit de couples d'hommes ou de femmes. Ce mardi 15 décembre, Mousse et Stop homophobie portent plainte contre le maire de Sotteville-sous-le-Val en Seine-Maritime, Franck Meyer. Dans un entretien à La Croix, il assume de refuser de marier les couples de même sexe. 

Ancien porte-parole de La Manif pour tous, président du Comité protestant évangélique pour la dignité humaine, Franck Meyer assume publiquement de ne pas vouloir marier des couples homos et ne cherche même pas à déléguer à un adjoint. Il revendique une " clause de conscience " et invoque ses convictions religieuses. 

Ce protestant raconte notamment que deux hommes, dont un étranger lui ont demandé de les marier, alors qu'ils n'habitaient pas la commune. Le maire centriste leur a refusé au prétexte que ce mariage donnerait la nationalité française à l'un des deux membres du couple. Il parle de " dévoiement " de la notion de mariage. 

L'union d'un homme et d'une femme : " Le mariage doit rester l’union d’un homme et d’une femme, l'enfant a le droit de connaître son père et sa mère et d'être élevé par eux (sic). ( ... ) Je suis dans une situation où je m’estime en droit, même si ce droit m’est refusé par le Conseil constitutionnel ( ... ). En pleine conscience, je ne marierai pas deux hommes et deux femmes, donc je suis hors la loi ", dit-il dans un podcast de La Croix. 

Dans une interview à Croire et Lire, il ajoute : " Mes convictions peuvent entrer en conflit avec certaines lois de mon pays, mais dans ce cas il vaut mieux, comme le dit l’Évangile, obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes et défendre l’espérance que Dieu a mise en nous ". " Je crois qu’aujourd’hui, la liberté de conscience est véritablement en danger. Il faut la défendre, cette liberté. Croyants et non-croyants ensemble ", poursuit-il. 

Dans l'entretien de La Croix, ce maire admet causer du tort aux couples de même sexe, mais minimise cette discrimination. " À partir du moment où vous avez une position, si elle n'est pas semblable à celle de votre interlocuteur, il peut se sentir blessé ", explique-t-il avant de raconter avoir reçu un mail d'insultes à cause de ses positions LGBTphobes. " J'ai pris le temps pour prier pour ne pas rendre le mal par le mal ", lâche-t-il sans rire. 

Une discrimination au même titre que le racisme : Pour l'avocat des deux associations LGBT+, cette discrimination assumée doit être sanctionnée par les tribunaux. " Refuser de délivrer une carte d'identité à une personne noire, refuser d’inscrire dans une école une personne de confession musulmane ou refuser de marier deux personnes de même sexe est passible des mêmes sanctions ", note-t-il. 

" Il s’agit, dans chacun de ces cas, d’une discrimination commise par une personne détentrice de l’autorité publique dans le cadre de ses fonctions. Quelle que soit leur religion, leur couleur de peau ou leur orientation sexuelle, les citoyens français doivent avoir la certitude qu’ils ne seront pas discriminés par un officier d’état civil ! ", s'emporte Me Deshoulières. 

D'ailleurs, le projet de loi " Confortant les principes républicains" ( appelée aussi contre les séparatismes ) devrait renforcer les exigences. Les agents de l'Etat et des services publics ne pourront afficher leurs propres convictions religieuses et sont tenus de traiter de manière égale tous les usagers, indique Le Monde. Ainsi, les préfets pourront mettre en œuvre des recours contre des élus locaux prenant des décisions " gravement " contraires au principe de neutralité. 

mercredi, décembre 16, 2020

Hongrie : Le Parlement adopte un ensemble de mesures anti-LGBT !

Le Parlement hongrois a adopté mardi plusieurs textes anti-LGBT. L'un inscrit la notion traditionnelle de " genre " dans la Constitution, l'autre interdit de facto l'adoption aux couples de même sexe. 

" La mère est une femme, le père est un homme ", décrète un amendement à la charte fondamentale approuvé grâce au soutien des députés de la majorité, selon le site officiel de l'Assemblée. Ce texte définit le sexe comme étant uniquement celui de la naissance, et ajoute : " L'éducation est assurée conformément aux valeurs fondées sur l'identité constitutionnelle et la culture chrétienne " du pays. 

Dans son argumentaire, le gouvernement justifie cet amendement par la nécessité de " protéger l'enfant contre les possibles interférences idéologiques ou biologiques " du monde occidental moderne. 

Le Parlement a en outre voté une loi autorisant seulement les couples mariés à adopter des enfants, ce qui exclut en pratique les homosexuels qui n'ont pas le droit de s'unir en Hongrie. Des dérogations peuvent être accordées dans des cas exceptionnels. 

Depuis le mois de mai, il est déjà légalement interdit d'inscrire un changement de sexe à l'état civil dans ce pays d'Europe centrale, membre de l'Union européenne ( UE ), dont le Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis dix ans sans interruption, promeut " l'illibéralisme ". 

Valeurs européennes bafouées : Dans cette croisade pour la défense des " valeurs chrétiennes " traditionnelles, Viktor Orban a été récemment affaibli par l'affaire Jozsef Szajer. Ce proche, eurodéputé de longue date, avait été surpris fin novembre dans une soirée libertine gay, suscitant un tollé de l'opposition et de la presse indépendante contre l'hypocrisie du pouvoir hongrois. 

Les différentes organisations internationales ( ONU, Conseil de l'Europe, OSCE, UE ) accusent régulièrement le chef du gouvernement de bafouer les valeurs européennes. Par le passé, la Hongrie a été condamnée par la justice européenne pour le non-respect de ses engagements et de la primauté du droit communautaire sur les législations nationales. 

Dans ce contexte tendu, Viktor Orban a annoncé la semaine dernière son intention de déposer un recours contre la mise en place d'un nouveau mécanisme liant le versement de fonds européens au respect de l'Etat de droit. 

mardi, décembre 15, 2020

LGBT : Le Parlement du Bhoutan adopte un projet de loi historique pour dépénaliser l’homosexualité

Une séance conjointe des deux chambres du Parlement du Bhoutan a approuvé jeudi un projet de loi visant à légaliser l'homosexualité, faisant du petit royaume himalayen le dernier pays asiatique à prendre des mesures pour assouplir les restrictions sur les relations homosexuelles. Les articles 213 et 214 du code pénal ont érigé en infraction les " relations sexuelles contre nature ", largement interprétées comme l’homosexualité.  

Le législateur Ugyen Wangdi, vice-président d’un comité conjoint chargé d’examiner les changements, a déclaré que 63 des 69 membres des deux chambres du Parlement avaient voté en faveur de la modification du code pour supprimer la disposition. Six membres étaient absents.  
 
" L’homosexualité ne sera plus considérée comme un sexe artificiel maintenant ", a déclaré Wangdi à Reuters par téléphone depuis la capitale bhoutanaise de Thimphu, sans donner de détails. Les changements doivent encore être approuvés par le roi du Bhoutan pour devenir une loi.  

Le militant des droits Tashi Tsheten a déclaré qu’il était " ravi et vraiment heureux " de la décision parlementaire, la qualifiant de " victoire " pour la communauté LGBT + :  

" Je pense que le projet de loi adopté à l’occasion de la Journée des droits de l’homme est un jour mémorable pour tout le monde au Bhoutan ", a déclaré à Reuters Tsheten, le directeur du groupe LGBT +, Rainbow Bhutan. Je crois que tous ceux qui ont défendu la communauté LGBT + au Bhoutan vont célébrer aujourd’hui car c’est notre victoire ".  

La décision de la nation à majorité bouddhiste de 800 000 personnes intervient après que d’autres pays asiatiques ont assoupli les restrictions sur les droits des personnes LGBT +. L’Inde voisine a levé une interdiction coloniale séculaire d'homosexualité en 2018, déclenchant des célébrations dans tout le pays.   
Au Népal, les autorités compteront les personnes LGBT + pour la première fois dans le recensement national de l’année prochaine afin d’aider les minorités sexuelles à avoir un meilleur accès à l’éducation et aux programmes de santé. Le Bhoutan est célèbre pour son indice de " bonheur national brut " comme alternative au produit intérieur brut pour indiquer un progrès ou un développement économique réel.

vendredi, décembre 11, 2020

Société : La réforme de l’adoption votée par l’Assemblée est-elle une petite révolution ?

Une proposition de loi de la députée Monique Limon a été adoptée. Elle prévoit d'ouvrir l'adoption aux couples non mariés. Et de réformer les conseils des familles, qui refusent trop souvent l'adoption aux couples homos. 

C'est une petite révolution. L'Assemblée nationale a voté en première lecture une proposition de loi pour réformer l'adoption. Elle permet notamment aux couples non mariés d'adopter un enfant et facilite les procédures. 

Des règles actualisées : Jusqu'alors, il fallait être marié pour pouvoir adopter. Le texte prévoit que désormais, les couples pacsés ou concubins pourront adopter. L'âge minimal pour le faire a été abaissé de 28 à 26 ans. La durée du concubinage a aussi été réduite de deux à un an. De plus, l'écart d'âge entre le plus jeune des enfants et le plus jeune des parents ne pourra pas être supérieur à 50 ans. 

Bonne nouvelle pour les mères qui ont recourt à la PMA. En attendant l'adoption de la PMA pour toutes, la mère qui n'a pas accouché pourra adopter son enfant, malgré l'opposition de la mère qui a porté l'enfant. " Cela permet de donner une solution à des situation de couples de femmes qui ne s'entendent plus ", expliquait Monique Limon, la rapporteuse du texte. La proposition de loi doit également revoir le fonctionnement des conseils de familles, qui organise la tutelle des pupilles de l'État dans les départements. 

Les conseils de familles représentatifs de la diversité : " On demande aux membres des conseils de famille d'avoir une formation obligatoire pour que chacun ait une culture des discriminations ", poursuivait la députée de l'Isère. Un amendement du député LREM Raphaël Gérard a été adopté. Il prévoit " que les associations siégeant dans les conseils de famille soient représentatives de la diversité des familles ". En d'autres termes, ils devront accueillir des assos homoparentales. 

Pour rappel, en 2018, la responsable de l'adoption de Seine-Maritime assumait de discriminer les couples LGBT+ dans leur parcours d'adoption. Récemment, une information judiciaire a été ouverte pour " discrimination ". Rien pour les enfants nés d'une GPA à l'étranger : Un amendement du député Guillaume Chiche ( Écologie, démocratie, solidarité ) a malheureusement été rayé du texte. Il prévoyait " qu'aucune discrimination ne peut avoir lieu en raison de l'orientation sexuelle, du statut matrimonial, de l'identité de genre, de la religion (...) ". L'assemblée a également débattue de l'accueil des enfants nés d'une GPA à l'étranger, alors même que le texte ne le prévoit pas. 

Des députés ont souhaité faciliter la reconnaissance de la filiation lors d'une GPA réalisée à l'étranger. Actuellement, les états civils étrangers sont transcris de façon automatique en France. Mais pas pour longtemps... Lors de l'examen du projet de loi bioéthique, les députés ont légiféré pour interdire cette transcription automatique. 

Raphaël Gérard a porté un amendement pour la réintroduire, sans succès. " Ce n’est pas aux enfants nés de GPA de payer pour l’incrimination morale que la société fait peser sur le projet parental de leurs parents ", explique-t-il. Une circulaire du ministère de la Justice devrait être rendue publique après l'adoption définitive de la loi. 

On renforce les droits de l'enfant : Les Républicains, eux, ont fustigé une " idéologie du droit à l'enfant ". Au contraire, " on renforce les droits de l'enfant ", a répondu le secrétaire d'État à l'Enfance, Adrien Taquet. 

" L’APGL souhaite témoigner de son soutien à toutes ces personnes qui se sont heurtées et pour certaines subissent encore l’homophobie institutionnelle présente dans un certain nombre de conseils de famille qui devront désormais assurer un traitement équitable entre les candidat·e·s à l’adoption ", a réagi l'association de parents gay et lesbiens. 

Navette parlementaire réduite : " Malgré ces avancées, l'APGL déplore qu'une fois de plus, les problématiques de nombreuses familles ne soient pas réglées. Aujourd'hui, aucun dispositif légal ne sécurise les liens existants entre l'enfant et ses parents sociaux ou ses beaux-parents dans le cadre des familles homoparentales en coparentalité ou hétéroparentales recomposées ", déplore l'association. 

Au total, en 2018, 650 pupilles de l'État ont été adoptés et 615 enfants ont été adoptés à l'étranger la même année. Mais le nombre de familles engagées dans un processus d'adoption est largement supérieur. Soutenu par le gouvernement, le texte a été adopté en première lecture. Il doit encore être débattu au Sénat, mais la navette parlementaire a été réduite à une seule lecture par chambre. Histoire d'éviter que le Sénat fasse obstruction. 

jeudi, décembre 10, 2020

Politique : L’élu LREM Clément Beaune fait son coming-out gay !

L’élu LREM Clément Beaune, secrétaire d’état chargé des relations européennes, a fait son coming-out gay médiatique, cette semaine. Avec cette initiative, l’homme politique entend ainsi se poser en porte-voix face aux discriminations. 

Un geste fort : Dans une interview accordée au magazine Têtu, l’élu LREM Clément Beaune a dévoilé publiquement son homosexualité. En tant que secrétaire d’état chargé des affaires européennes, l’homme politique juge nécessaire de prendre la parole pour lutter contre l’homophobie. " Aujourd’hui cela paraît banal de le dire, mais ce n’est pas une évidence. Les coups, la violence, le rejet, ça existe en 2020. Dire aujourd’hui mon orientation sexuelle, ce n’est pas de l’indécence ou de la mise en scène de l’intimité ", a-t-il confié. En conséquence, il rejoint les traces de ses partisans politiques Mounir Mahjoubi, Franck Riester et bien d’autres. 

Avant lui, certains (anciens) élus du gouvernement, Franck Riester et Gabriel Attal, ont fait leur coming-out au cours de leur carrière politique. En 2011, l’ancien ministre de la culture a en effet dévoilé son homosexualité. " C’était beaucoup plus facile pour moi d’accepter mon homosexualité, et ensuite de le révéler à ma famille et au grand public. ( En cause ), il y a eu des hommes et des femmes avant moi qui ont dit qu’ils étaient homosexuels ", a-t-il détaillé, prenant ainsi l’exemple de Bertrand Delanoë, qui avait fait son coming-out quelques années avant lui. En 2018, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait à son tour, fait état de son homosexualité. En cause, prenant comme prétexte la " promotion canapé ", l’Insoumis Juan Branco avait outé le jeune homme politique. 

Une visite en Pologne : Après son coming-out médiatique, Clément Beaune envisage de se rendre en Pologne en début d’année prochaine, dans une zone dite sans LGBT. Ce déplacement, comme il le précise, n’a rien à voir avec le geste qu’il vient de faire à titre personnel. " Je n’aimerais pas qu’on dise que je me démène contre les zones sans LGBT" parce que je suis gay. Ce serait insultant de dire que je mène ce combat pour moi-même ", confie-t-il. " Je dois me battre pour diffuser la tolérance ", conclut l’élu. 

mardi, décembre 08, 2020

Afrique : Pour cette candidate à la présidentielle au Ghana, la priorité, c’est de mettre les homos en prison !

Au Ghana, où l'homosexualité est pénalisée, une candidate à l'élection présidentielle promet d'enfermer les homos... dans des cellules séparées pour éviter des " actes abjects ". 

Il ne fait pas bon être gay ou lesbienne au Ghana. Akua Donkor, candidate à l'élection présidentielle qui s'est déroulé ce lundi, a promis d'enfermer les personnes homosexuelles si elle est élue. Heureusement, selon plusieurs médias sur place, elle a très peu de chances de l'emporter. 

À entendre Akua Donkor, qui souhaite devenir la première femme présidente du Ghana, l'homosexualité est un péché. La candidate du parti Ghana pour la liberté ajoute que les homos devraient être séparés dans des cellules différentes pour qu'ils ne s'adonnent pas à leurs " actes abjects ", rapporte GH Page. 

Je veux m'assurer qu'ils ne puissent pas entrer dans notre pays : Cela pourrait être risible, si cette femme de 68 ans n'avait pas expliqué qu'arrêter les homos serait une priorité. " Mon premier sujet, quand je serai élue, c'est de m'occuper de la question de l'homosexualité au Ghana. Je veux m'assurer qu'ils ne puissent pas entrer dans notre pays. Je le ferai en arrêtant toutes les personnes impliquées dans de tels actes. Ils ne devront pas être enfermés dans les mêmes cellules, mais être séparés pour empêcher leurs actes abjects ", a-t-elle déclarée. 

Lors de cette élection," trois femmes, sont en lice, mais leurs chances de l'emporter sont minimes, alors que les deux principaux partis dominent la vie politique depuis l'instauration de la démocratie, il y a 28 ans ", selon France 24. TV5 monde renchérit : " le Ghana, réputé pour être un exemple démocratique en Afrique de l'Ouest, se prépare à élire son président, dans un scrutin qui s'annonce particulièrement serré entre deux adversaires politiques de longue date ". Nana Akufo-Addo brigue en effet un second mandat face à son prédécesseur John Mahama. 

Les personnes LGBT+ restent les victimes fréquentes de violences : La loi de 1960, héritière de la colonisation britannique, est très claire. " Toute personne se livrant à des relations charnelles non naturelles (sic) encourt une peine de prison qui ne pourra pas être inférieure à 5 ans et supérieure à 25 ans ". 

Mais selon Human Rights Watch (HRW), cette loi est peu appliquée. Malgré tout, " les personnes LGBT+ restent les victimes fréquentes de violences physiques et d’abus psychologiques, d’extorsion et de discrimination dans de nombreux aspects de leur vie quotidienne ", indique un rapport de 2018. 

Incitation à la violence : " Les propos homophobes exprimés par des représentants publics locaux et nationaux, par des chefs traditionnels et par des hauts dignitaires religieux fomentent la discrimination et, dans certains cas, incitent à la violence ", déplore Wendy Isaack, chercheuse auprès du programme Droits de personnes LGBT+ au sein de l'ONG. 

Le Ghana est l'un des 70 pays à toujours criminaliser l'homosexualité. Selon le dernier rapport de l'ILGA, 70 pays pénalisent encore l'homosexualité dont 32 en Afrique ( dont le Gabon qui a engagé un processus de dépénalisation ). Six pays imposent même la peine de mort, et dans cinq, elle est techniquement possible. 

lundi, décembre 07, 2020

LGBT : Une réforme de l’adoption arrive à l’Assemblée pour faciliter l’adoption des " homoparents " !

Une proposition de loi pour réformer l'adoption arrive en séance à l'Assemblée. Elle doit permettre d'ouvrir l'adoption aux couples non mariés et de réformer les Conseils des familles, souvent trop hostiles à l'adoption par des couples homos. 

Depuis mercredi 2 décembre, l'Assemblée nationale planche sur une proposition de loi pour faciliter l'adoption. Très attendue, cette proposition permet d'ouvrir l'adoption aux couples non mariés. La majorité parle d'un " texte de progrès " et " d'actualisation " de l'adoption. Depuis l'ouverture de l'adoption aux couples homos, force est de constater que ce droit n'est pas entré dans les faits. 

En six ans à Paris, seuls deux couples homos ont accédé à l'adoption. En Seine-Maritime, c'est encore pire. L'inspection générale des affaires sociales a reconnu dans un rapport qu'une règle explicite donnait la priorité aux parents hétéros. Ce rapport a été commandé alors que la responsable de l'adoption du département avait lâché publiquement que les couples homos " sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique. ( Il faut donc ) que leur projet supporte des profils d'enfants atypiques ". En d'autres termes, on leur propose des enfants en situation de handicap ou en mauvaise santé. 

Le texte qui arrive à l'Assemblée est issu d'un rapport publié fin 2019. Parmi les mesures phares pour " faciliter et sécuriser l'adoption ", la fin de l'obligation de mariage, donc. Au-delà, le texte prévoit un abaissement de l'âge minimum pour adopter ( qui passe de 28 à 26 ans ), mais aussi la durée minimale de concubinage des couples ( de deux ans à un an ). L'adoptant le plus jeune ne pourra pas être 50 ans plus âgé que l'enfant à adopter. Mais surtout, la proposition de loi vise à dépoussiérer le fonctionnement des Conseils des familles. Pour tout comprendre, la rapporteuse du texte et députée LREM de l'Isère, Monique Limon répond à nos questions. 

L'un des points principaux de cette proposition de loi permet aux couples non mariés d'adopter. En quoi est-ce que cela change la donne ? 

Aujourd'hui, l'adoption est ouverte aux couples mariés et aux personnes seules. Lorsque le mariage pour tous a été adopté, il a permis par ricochet l'adoption. On veut ouvrir l'adoption à tous les statuts matrimoniaux. Ce texte vise à mieux coller à l'évolution de notre société. Car le mariage n'est plus nécessairement une garantie de stabilité de la vie d'un couple, d'autant que les divorces sont en augmentation. Beaucoup de personnes sont pacsées ou vivent en concubinage. Et puis, la stabilité du couple est déjà évaluée par la procédure d'adoption, pas par le mariage. Ce serait dommage de les priver de la possibilité d'adopter, d'autant qu'il y a beaucoup d'enfants qui cherchent une famille. Pour les enfants, c'est un plus. Ils se fichent que leurs parents soient mariés, pacsés ou concubins, ça ne change absolument rien pour eux. 

Quels sont les autres points qui vous tiennent à cœur dans ce texte ? 

La proposition vise à valoriser l'adoption simple. Avec elle, l'enfant garde une filiation avec ses parents biologiques et rajoute une filiation avec ses parents adoptifs. Beaucoup d'enfants sont placés à l'Aide sociale à l'enfance, mais ne peuvent pas être adoptés de façon plénière ( où l'acte de naissance ne comporte plus les parents antécédents, ndlr ). Ils pourront être accueillis dans une famille plutôt que de rester en famille d'accueil ou en établissement jusqu'à leur majorité. Quand le projet de vie permet de pouvoir être adopté, il faut l'encourager. C'est important de rappeler qu'une fois adopté, l'enfant ne peut pas être récupéré par ses parents biologiques : l'autorité parentale est actée. 

On constate de fortes disparités territoriales selon les départements. Comment comptez-vous rendre l'adoption plus homogène sur le territoire ? 

Le constat de notre rapport, c'était de voir que des départements mettaient en œuvre de façon disparate la loi. On renforce les outils en demandant que les commissions puissent étudier la situation des enfants jusqu'à trois ans. Ils pourront l'étudier de manière régulière pour que l'enfant puisse être adopté le plus rapidement possible et partout. 

Les homoparents ont le droit d'adopter, mais ce droit se traduit difficilement dans les faits. Comment rendre cette possibilité concrète ? 

Nous voulons faciliter l'adoption des homoparents. On souhaite que les Conseils de famille soient composés d'une personne dont l'expertise est liée à l'éthique et la lutte contre les discriminations. Cela permettra d'avoir toutes les qualités autour de la table. On demande aux membres des Conseils de famille d'avoir une formation obligatoire pour que chacun ait une culture des discriminations. Mais c'est un changement de société, il se fera, mais pas du jour au lendemain. 

Comment répondez-vous à La Manif pour Tous qui refuse qu'on s'arroge un pseudo " droit à l'enfant " ? 

Toute ma réflexion s'est construite dans l'intérêt supérieur des enfants. Nous ne voulons pas donner un enfant à des parents, mais une famille à un enfant. Je ne dis pas que les parents ne m'intéressent pas, mais entre les deux, c'est l'intérêt de l'enfant qui prime. 

Pendant le projet de loi bioéthique, le gouvernement a demandé de revenir sur la transcription des états-civils de GPA réalisées à l'étranger. Est-ce que vous souhaitez aborder le sujet ? 

Ce ne sera pas dans notre texte, une circulaire doit être écrite après la promulgation de la loi bioéthique. En revanche, en attendant l'application de la loi bioéthique, on fait une proposition à l'attention des mères d'intention engagées dans un processus de PMA à l'étranger. De manière transitoire, elles pourront avoir un statut vis-à-vis de l'enfant par l'adoption. Cela permet de donner une solution à des situations de couples de femmes qui ne s'entendent plus. 

samedi, décembre 05, 2020

Politique : Un député homophobe lituanien surpris sur Zoom en compagnie d’un garçon à moitié nu !

Petras Grazulis, connu pour ses positions (très) ouvertement homophobes, a été aperçu en compagnie d'un homme à moitié nu lors d'une réunion Zoom. 

C'est un vrai jeu des sept familles d'homophobes dans le placard. Après l'eurodéputé hongrois, le prêtre américain, voici donc le parlementaire lituanien. La scène dure à peine une seconde. Alors que les parlementaires lituaniens de la commission de la culture discutent devant une présentation, Petras Grazulis a des problèmes avec son ordinateur. L'espace d'un instant, sa caméra se met en marche. Il est accompagné d'un homme à moitié nu ( on ne voit pas l'autre moitié ) qui semble l'aider à paramétrer son ordinateur. Le député a immédiatement éteint sa caméra, et lorsqu'il est réapparu, il était tout seul. Mais trop tard. 

À moitié nu lors d'une réunion officielle : La video a fait le tour du web, d'autant que la réunion était diffusée en direct sur la page du Parlement, indique LRT. " C'est la responsabilité de chaque député de faire en sorte que personne n'apparaisse sur l'écran. Mais une question se pose : pourquoi sont-ils à moitié nus pendant les heures de travail ? Bien sûr, c'est une affaire de vie privée, mais il est dans une réunion officielle ", a réagi le président de la commission Vytautas Juozapaitis. Selon le média lituanien 15min, le député s'est énervé lorsqu'on lui a demandé qui était cet homme à ses côtés. Dans un premier temps, ce membre du parti Ordre et justice a affirmé que c'était son fils avant de changer de version à peine une heure après. Et ses explications sont particulièrement étranges... 

Il avance que l'homme à côté de lui, c'est Andrius Tapinas, un journaliste télé qui le " persécute " depuis des mois. " Oui, j'ai dit que c'était mon fils, mais en regardant mieux la vidéo, je peux vous garantir que c'est Andrius Tapinas. Il me hante partout, ce n'est pas étonnant qu'il doit là ", explique le parlementaire. Sauf que l'homme dans la vidéo ne ressemble pas du tout au journaliste. " Andrius pourrait facilement changer d'apparence ", justifie Petras Grazulis. 

Il me hante depuis six mois : Au Parlement, le lendemain, il a voulu faire taire les rumeurs insistantes. " Pour que vous n'ayez pas à poser la question, je vais vous le dire. 10 députés m'ont déjà posé la question. C'était Andrius Tapinas, c'était vraiment Andrius Tapinas. Si vous me croyez pas, vous n'avez qu'à lui demander (...) Il me hante depuis six mois maintenant...", dit-il à ses collègues. Andrius Tapinas n'a pas souhaité répondre aux questions. 

Plusieurs fois, le député a associé homosexualité et pédophilie, rappelle PinkNews.. En 2010, il a proposé une loi pour mettre une amende à toute personne qui " fait la promotion de l'homosexualité " auprès d'enfants. " Je soutiens la position de l'Eglise qui n'est pas ambigüe là-dessus. Ces personnes sont en effet malades et perverties. Ils représentent une menace pour la société parce qu'ils importunent les enfants ", disait-il cité par PinkNews. 

L'Union Européenne corrompue moralement : Il a également incité les gays à quitter la Lituanie, pendant une conférence de presse lors de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie. " J'ai honte que cette perversion, venue de l'Union européenne qui est corrompue moralement, se propage en Lituanie. On nous dit comment on devrait traiter les homosexuels. Les gays devraient quitter la Lituanie, et ne pas nous dicter leur loi ", lâchait-il. 

La Lituanie, qui est entrée dans l'Union Européenne en 2004, a décriminalisé l'homosexualité en 1993. L'année de l'adhésion de la Lituanie à l'UE, l'âge du consentement sexuel a été abaissé de 18 à 14 ans pour les relations homosexuelles. Il a ainsi été ramené au même âge que pour les relations hétérosexuelles. En 2007, 89 députés sur 141 considéraient que l'homosexualité est une perversion. 

vendredi, décembre 04, 2020

Politique : La partouze de Bruxelles va-t-elle finir en crise diplomatique ?

La Hongrie accuse des pays étrangers d'avoir été impliqués dans la partouze qui a conduit à la démission de József Szájer. Ils auraient selon eux organisé cet événement pour déstabiliser la Hongrie qui négocie le budget européen. 

Une partouze lourde de conséquences. Vendredi dernier, une orgie a été arrêtée par la police à Bruxelles. Une vingtaine d'hommes ont reçu une amende pour non respect des règles de distanciations. Parmi eux, deux diplomates et József Szájer, un eurodéputé hongrois proche de Viktor Orbán. Ce dernier avait d'abord tenté de s'échapper par la gouttière, avant d'invoquer son immunité parlementaire. Les forces de l'ordre ont également retrouvé de la drogue dans son sac à dos. Après 30 ans de vie politique, cet homme de 59 ans a démissionné de son mandat de député, juste avant la médiatisation de l'affaire. 

Un rapport sur une prétendue intervention des services secrets : Les théories complotistes les plus folles circulent au plus niveau. Très sérieusement, le Comité de sécurité nationale hongrois devra enquêter pour savoir si le scandale n'a pas été monté par les services secrets allemands. Le ministère des affaires étrangères devra également " rendre un rapport public sur l'intervention des services secrets d'autres pays ", selon le média hongrois Szeretlek magyarorsza. 

Avec la Pologne, la Hongrie est en guerre ouverte contre les autres pays de l'Union Européenne sur le budget européen. Ces deux pays refusent notamment l'instauration d'un mécanisme de condition des subventions au respect de l'État de droit. Pour cause, Pologne et Hongrie s'enfoncent dans une LGBTphobie d'État. En Pologne, des zones " sans LGBT " pullulent. Et la Hongrie semble s'en inspirer, créant à son tour des zones " sans LGBT ". Proche d'Orbán, József Szájer était justement l'architecte de la révision constitutionnelle de 2012. Cette révision inscrit la définition du mariage comme l'union d'un homme et d'une femme dans la Constitution hongroise. 

Contre-vérités et affabulation : Gêné par cette affaire d'orgie, l'exécutif hongrois tente donc de réécrire l'histoire. Alors que le média indépendant Telex tentait d'obtenir des réponses de la part du gouvernement hongrois, la police a délogé les journalistes présents devant le bureau du Premier ministre. Le journaliste à France 24, Dave Keating, remarque que, selon le gouvernement hongrois, les policiers sont venus contrôler cette partouze parce que József Szájer était présent. La manœuvre aurait eu pour objectif de déstabiliser la Hongrie. 

Les médias hongrois ont relégué l'événement dans les pages intérieures, sans autre contexte que la déclaration de l'intéressé. " La télévision d'État s'inquiète que le député Szajer ait été victime d'un complot des services secrets... et ajoute que de hauts diplomates russes faisaient partie de cette partouze. Ça devrait aider la défense de József Szájer, sans aucun doute ", ironise VK Judit. L'analyste politique indique également que le Centre Soros de contre-espionnage a donné une version des faits très éloignée de la réalité. Selon les services secrets hongrois, József Szájer était, sans le savoir, l'invité d'une réunion où des " travailleurs du sexe étaient également présents ". Sauf que l'organisateur de l'orgie, un étudiant de 29 ans, a évoqué une " fête ". 

Quatre autres politiciens polonais, selon l'organisateur : " Lors de mes fêtes, j’invite toujours quelques amis, qui à leur tour amènent quelques amis, et ensuite nous nous amusons ensemble. On parle un peu, on boit un peu, comme au café. La seule différence est qu’entre-temps, nous avons aussi des relations sexuelles. Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à cela. Nous sommes tous des adultes, tout se passe par consentement mutuel ", dit David, cité par le journal belge 7 sur 7. Dans un entretien au média polonais Onet, il indique que quatre politiciens du parti polonais Droit et Justice sont des " habitués ". Des politiciens d'autres nationalités, dont un Français, étaient présents, selon lui. 

József Szájer est un véritable pilier du Fidesz à Bruxelles, note Le Monde. Il a participé à la fondation du parti aux côtés de Viktor Orbán en 1988. Un an plus tôt, le maire de Györ a été filmé sur un yacht en pleine orgie avec des travailleuses du sexe et de la drogue. Après ces révélations, l'élu local avait démissionné. En février dernier, la justice a confirmé la découverte de 19.000 images pédopornographiques dans l'ordinateur de Gábor Kaleta, ancien ambassadeur de Hongrie au Pérou. 

jeudi, décembre 03, 2020

Politique : Un eurodéputé hongrois proche de Viktor Orban surpris dans une partouze d’hommes à Bruxelles !

La police est intervenue pour stopper une partouze en Belgique, en plein confinement. 25 hommes ont été verbalisés à Bruxelles, dont un eurodéputé du parti de Viktor Orban. 

Ving-cinq hommes ont été interpellés et verbalisés par la police vendredi, dans le centre de Bruxelles. Ces hommes étaient en pleine partouze quand les forces de l'ordre sont arrivées. En plein confinement, ils ont évidemment tous été verbalisés. Et parmi eux, on comptait plusieurs diplomates et un député européen. Selon plusieurs médias flamands et européens, l'eurodéputé en question serait membre du Fidesz, et un proche de Viktor Orban. 

Des diplomates et un eurodéputé : " On a interrompu un gang bang ! ", s'est exclamé une source proche du dossier à la Dernière heure. À en croire les informations de 7 sur 7, le député européen a d'abord tenté de s'enfuir par la gouttière avant d'opposer son immunité parlementaire. Le ministère belge des Affaires étrangères aurait même dû intervenir. De l'alcool et des stupéfiants ont été retrouvés mais le parquet n'a pas cru bon d'ouvrir une enquête. 

" Une vingtaine de personnes ont été verbalisées pour non-respect des mesures sanitaires à la suite d’une soirée organisée vendredi soir, au premier étage d’un immeuble au centre-ville de Bruxelles ", a confirmé ce mardi Sarah Durant, porte-parole du parquet de Bruxelles citée par Nice Matin. Le parquet a précisé ne pas souhaiter faire davantage de commentaires sur les circonstances de la soirée et sur les personnes présentes. 

Un eurodéputé LGBTphobe : Selon le media belge HLN, l'eurodéputé en question n'est autre que József Szájer. Ce parlementaire hongrois a surpris en démissionnant de façon très inattendue en fin de semaine dernière. Sa démission est effective au 30 novembre. Dans un communiqué cité par HLN, il admet lui-même sa présence à la partouze. " Je suis désolé d'avoir violé les règles du pays. C'était irresponsable de ma part. Je n'ai pas consommé de drogue ", indique-t-il. 

Il reste que politiquement, cet homme est membre depuis 30 ans du Fidesz, le parti de Viktor Orban. Ce parti remet ouvertement en cause les droits des personnes LGBT+. " Ma démission n'a rien à voir avec l'actuel débat politique animé au niveau européen. Dans ce débat, j'approuve et soutiens complètement la position du gouvernement hongrois ", a-t-il déclaré dans un communiqué de presse cité par Euronews. József Szájer est qualifié par l'EU Observer de proche conseiller de Viktor Orbán. 

Il est utile de préciser également que József Szájer est l’un des trois auteurs du changement constitutionnel de 2012, selon Euractiv. L’article M de cette révision constitutionnelle prévoit que " la Hongrie protège l’institution du mariage qui est l’union d’un homme et d’une femme ". 

La Hongrie s'enfonce avec la Pologne dans la LGBTphobie. Une localité a mis en place une zone qualifiée de " sans LGBT " après une polémique sur un conte de fée. Le vice-premier ministre Viktor Orban s'en est également pris aux droits des personnes trans en déposant un texte pour que le " sexe à la naissance " figure sur les documents officiels. Le gouvernement veut également interdire l'adoption par des couples homoparentaux. 

lundi, novembre 30, 2020

Homophobie : Les Indonésiens n'auront pas à dénoncer les homos au sein de leur famille !

Alors que le pouvoir indonésien multiplie les attaques contre les LGBTQ+, le Parlement a mollement repoussé une loi qui aurait notamment permis à l’État de superviser la " réhabilitation " de parents et enfants " déviants ". 

Certains débats du Parlement indonésien sont dignes d’un mauvais préquel de " La Servante écarlate ". Ainsi le Jakarta Globe rapportait hier l’abandon d’un projet législatif appelé " Résilience familiale ". Le Parti de la justice et de la prospérité ( PKS, islamiste ) voulait y préciser les rôles assignés aux époux et aux parents, afin de " réaliser le développement émotionnel et spirituel du peuple indonésien ". 

Il prévoyait notamment de rendre les femmes officiellement responsables des travaux domestiques et de " l'accomplissement des droits du mari et des enfants conformément aux normes religieuses ". 

Un des articles les plus controversés consistait en l’obligation de signaler tout " problème familial " à un organisme gouvernemental. À cet égard, les personnes " déviantes " ( parce qu’elles auraient commis des actes homosexuels, sadomasochistes ou incestueux, précise le texte ) auraient dû être dénoncées aux autorités par leur conjoint, parent ou enfant. Objectif : permettre leur " réhabilitation sociale ou psychologique ", leur " remise sur le droit chemin spirituel ", voire de leur " réhabilitation médicale ". Significativement, les violences domestiques ne faisaient pas partie des " problèmes familiaux " identifiés par le PKS. 

Trop intrusif : Ce n’est pas le caractère grossièrement patriarcal et homophobe de cette " résilience familiale " qui a convaincu les parlementaires indonésiens de rejeter la loi. C’est plutôt l’idée de voir l’État mettre son nez dans les foyers. " Nous sommes une société hétérogène, qui ne peut être uniformisée, surtout en ce qui concerne les affaires du foyer. Chaque famille a sa propre façon de s’organiser ", constatait Nurul Arifin, élue du parti conservateur laïc Golkar, qui a soutenu le texte avant de changer d’avis. 

L’homosexualité n’est pas illégale en Indonésie ( hormis dans la province d’Aceh ). Mais la situation des minorités sexuelles et de genre s’y est fortement dégradée ces dernières années. Les partis conservateurs et islamistes exercent une pression accrue pour criminaliser les relations entre personnes de même sexe. La police, de son côté, mène des raids et des vagues d’arrestations hautement médiatisés dans des saunas et des soirées. Au mois d’août, une cinquantaine de jeunes hommes soupçonnés de " pornographie " ont été jetés en prison et exhibés devant les caméras. 

vendredi, novembre 27, 2020

Tribune : Hommage national à Daniel Cordier ( L'occasion manquée d’Emmanuel Macron ) !

Alors qu'Emmanuel Macron a rendu hier hommage au résistant Daniel Cordier, il n'a jamais mentionné l'homosexualité de ce dernier. Pour l'auteur Olivier Charneux, une occasion manquée de rappeler que de nombreux héros et héroïnes de la Résistance étaient homosexuel.le.s. Et que leur orientation sexuelle n'était pas pour rien dans leur engagement.

Daniel Cordier fut un résistant de premier ordre, secrétaire de Jean Moulin, oui. Mais il était aussi ouvertement homosexuel. Pour le dire sans le dire, le président Emmanuel Macron, dans son hommage officiel aux Invalides ce jeudi 26 novembre 2020, a usé de cette périphrase : " il était libre dans ses amours ", comme si prononcer le mot " homosexuel " était infamant, honteux. Quelle occasion manquée ! Pourquoi est-ce si important de rappeler clairement que Daniel Cordier était homosexuel ? Valoriser un héros gay aurait contribué à la fierté d’une communauté aussi bien dans son sein qu’à l’extérieur, et aurait participé à lutter contre les clichés, les a priori et les discriminations.

Résistance contre un régime homophobe : À ceux qui me rétorquent " C’est une récupération communautariste, ce résistant n’a pas agi en tant qu’homosexuel mais comme un patriote. On n’a pas besoin de connaître son orientation sexuelle. Ce qui compte ce sont ses actes de résistance et son courage ", j’oppose les arguments suivants. Peut-on dissocier son orientation sexuelle de son engagement, dans une France où une loi discriminatoire avait été votée par le gouvernement de Vichy en août 1942 introduisant, pour la première fois depuis la Révolution, la notion " d’actes contre nature " pour désigner les relations homosexuelles ? ( Cette loi a perduré 40 ans et fut abolie par Robert Badinter en 1982 ). Peut-on oublier son orientation sexuelle quand on risque d’être arrêté et déporté à cause de celle-ci ? Combattre pour la liberté et contre le nazisme impliquent-t-ils que l’on efface qui on est ? La réponse est non.

Certains refusent d’associer l’orientation sexuelle à la résistance mais n’hésitent pas, en revanche, à l’associer à la collaboration comme notamment pour Abel Bonnard ( ministre gay dans le gouvernement de Vichy, surnommé " la Gestapette " ), Robert Brasillach, Suzy Solidor et en accusant à tort, des personnalités comme Charles Trenet, entre autres... Pourtant, pour la Résistance, les homosexuel.le.s étaient des recrues idéal.e.s, puisqu’elles/ils avaient l’habitude de mener une double vie, de faire croire à une hétérosexualité de façade et n'avaient souvent pas d’enfants à charge.

Les homos, " éléments de peu de valeur " : Mais la résistance a toujours refusé d’admettre qu’il y avait des homosexuel.le.s dans ses rangs. Les communistes autant que les gaullistes considéraient qu’elles/ils étaient un obstacle à leur combat et donnaient d’eux une mauvaise image. Un.e homo était forcément un.e lâche, un.e traitre en puissance, un.e collabo couchant avec l’ennemi. Et les homosexuels masculins, pas assez virils. La résistance a toujours refusé la réalité de ces résistant.e.s-là. À ce déni des homosexuel.le.s résistants il faut ajouter le déni des étoiles roses, internés dans des camps de concentration. Et aussi le déni des expériences pseudo-scientifiques pratiquées sur des homosexuels à Buchenwald. Des militants gays se sont battus durant des décennies pour avoir le droit de participer aux commémorations les concernant. Dans les camps de concentration comme Buchenwald, les homosexuels étaient mis à l’écart par les prisonniers politiques qui ne les associaient jamais à leur combat et les rejetaient. " Le camp avait cette tendance compréhensible de se séparer des éléments considérés comme moins importants, de peu de valeur ou sans valeur, les homosexuels" écrit un des rescapés, étoile rouge, Eugen Kogon, dans son livre référence " L’État SS ". Ni héros, ni victimes, en un mot INEXISTANTS.

Hommage aux résistants homosexuels : Profitons de l’hommage national rendu à Daniel Cordier pour clamer haut et fort combien les homosexuel.le.s ont contribué à la liberté de la France. Citons d’autres résistant.e.s homosexuel.e.s assumé.e.s comme Rose Valland, historienne d'art qui participa au sauvetage et à la récupération de dizaines de milliers d'œuvres d'art volées par les nazis, Edith Thomas, romancière et archiviste, cofondatrice du Comité national des écrivains, et toutes ces lesbiennes résistantes qui participèrent à la libération de leur ville, de leur région, comme Rolande Trempé et Andrée Dubos-Larouquette, Marie-Henriette Doin, Claude Cahun, Suzanne Malherbe et Marie Thérèse Auffray. N’oublions pas Pascal Copeau, l’un des chefs les plus importants de la Résistance, commandant en second de Libération-Sud.

Jean Desbordes, écrivain, secrétaire et amant de Jean Cocteau avant-guerre qui dirigea le Réseau marine F2 en charge de surveiller les mouvements maritimes de la Manche et qui participa au succès du débarquement allié de juin 1944 ( il mourut sous la torture de la Gestapo en 1944 ), Roger Stéphane, écrivain et journaliste, cofondateur de L’Observateur, militant au parti communiste qui s’engagea par amour pour Jean-Pierre Sussel, lui-même engagé au réseau Combat, Pierre Herbart, écrivain, proche de Jean Cocteau et d’André Gide qui fut membre du réseau " Défense de la France ", co-créa le journal homonyme qui deviendra France Soir et organisa la libération de la ville de Rennes et tous ceux qui fabriquaient des faux-papiers, aidaient des juifs, transmettaient des message comme Joseph Royan, Joseph Beauffrey, François Vernet, Aimé Spitz, Roger Wybot, Maurice van Moppès. Cette liste n’est pas exhaustive. Toutes et tous méritent d’être célébré.e.s et honoré.e.s par la République. En 2020, finissons-en avec la peur du " lèse résistance ".

Le temps où seul.e.s les hétérosexuel.le.s avaient droit au statut de héros est révolu. Daniel Cordier est l’un des symboles les plus forts de notre fierté.

dimanche, novembre 15, 2020

En savoir plus : Les Pays-Bas sur la piste de " faux " réfugiés LGBT !

Les autorités néerlandaises soupçonnent des Ougandais d’avoir bénéficié d’un réseau pour se forger un profil de réfugié LGBT. Les associations s’inquiètent d’un tour de vis dans la politique d’asile. 

Des dizaines de décisions d’asile sont en cours de révision aux Pays-Bas. Les autorités soupçonnent des fraudes dans les déclarations de requérants ougandais qui s’affirment victimes de persécutions en raison de leur orientation sexuelle, rapporte un article d’Openly. Leurs récits présenteraient un " nombre frappant de similitudes, à la fois en termes d’événements et de scénarios ". 

Quelque 400 Ougandais ont trouvé refuge aux Pays-Bas ces dernières années, notamment depuis 2014 et le durcissement des lois anti-gay par Kampala. À l’époque, le régime avait même évoqué la peine de mort pour les homosexuels. 

L’IND, le service de l’immigration et de la naturalisation néerlandais, estime que des requérants ont bénéficié, auprès d’un " réseau organisé ", de faux documents et d’une " formation " destinés à convaincre leur pays d’accueil qu’ils étaient LGBT+. Ils auraient payé pour cela l’équivalent de 2500 euros. Pour l’instant, 36 cas sur 250 ont été jugés suspects, et une personne a vu son statut de réfugiée révoqué. 

Scepticisme : Les organisations de défense des demandeurs d’asile LGBT+ s’inquiètent d’une méfiance accrue de la part des autorités, dont les réfugiés font les frais. Certains militants sont en outre sceptiques quant à l’existence d’une " filière " de migrants se faisant passer pour homosexuels. De tels soupçons pourraient naître des méthodes d’audition des candidats à l’asile, souvent déroutantes pour ces derniers. 

" On demande à des gens qui n’ont souvent jamais parlé à quiconque de leur orientation sexuelle de raconter comment ils sont devenus conscients de leur orientation sexuelle ", explique Philip Tijsma, porte-parole de l’association COC Nederland. " Je peux imaginer qu’ils veulent être bien préparés à ce type de questions. Cela ne veut pas dire qu’ils et elles ne sont pas lesbiennes, gay, bisexuels ou transgenres ".

samedi, novembre 14, 2020

EU : Ce que contient le plan de l’Union européenne pour l’égalité des personnes LGBT+ !

La Commission européenne doit annoncer ses actions sur les prochaines années pour garantir les droits des personnes LGBT+. Sans citer la Pologne et la Hongrie ouvertement LGBTphobes, la Commission européenne appelle à promouvoir la sécurité des personnes LGBT+, la santé, l'éducation, les droits des familles homoparentales... dans toute l'Europe. 

Ce jeudi 12 novembre, la Commission européenne a présenter un plan pour lutter pour l'égalité des personnes LGBT+ pour les cinq prochaines années. Ce plan est attendu de longue date car les droits des personnes LGBT+ est remis en cause au sein même de l'Union européenne. En Pologne et en Hongrie, la situation est particulièrement inquiétante. Les gouvernements au pouvoir sont ouvertement homophobes et s'en prennent aux personnes LGBT+ pour renforcer leur pouvoir autoritaire. 

Dans son discours sur l'état de l'union, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a dénoncé les zones dites " sans LGBT " en Pologne. Ces territoires ouvertement hostiles aux minorités ont été qualifiés de " zones sans humanité ", le 16 septembre. Force est de constater qu'au-delà des paroles, les actes ont du mal à suivre. Certes, la commissaire européenne à l'Égalité, Helena Dalli, a gelé une subvention pour six villes qui se sont déclarées comme telles. Mais en retour, le ministre de la justice polonais à annoncé prendre à sa charge la subvention qu'il augmenterait. 

Des valeurs fondamentales et des droits : Le document de 23 pages présenté ce jeudi indique que " l'égalité et la non discrimination sont des valeurs fondamentales et des droits au sein de l'UE ". La commission indique que si les États membres ont fait des progrès législatifs pour améliorer les droits des personnes LGBT+, " cela ne s'est pas toujours traduit par des améliorations dans la vie des personnes LGBT+". Ainsi, la Commission compte proposer en 2022 une législation pour renforcer la directive sur l'égalité face à l'emploi après la publication d'un rapport sur l'application de cette directive. 19% des LGB, 35% des personnes trans et 32% des personnes intersexes se sont senties discriminées au travail au cours de l'année précédente. " De nombreuses personnes ont des difficultés à trouver un travail stable, ce qui augmente le risque de pauvreté, d'exclusion et de perte de domicile ", appuie le document. 

La Commission dit soutenir les améliorations des demandeurs d'asile LGBT+ notamment en prenant en compte les spécificités de ces migrants, d'améliorer les conditions d'hébergement et de détention, ainsi que de former les officiers de protection et les interprètes qui travaillent avec les demandeurs d'asile LGBT+. La Commission entend " apporter un soutien à l'égalité des personnes LGBT+ à travers les fonds pour l'asile et les migrations ", ces fonds devraient donc être augmentés pour mieux accueillir les réfugiés LGBT+. L'institution veut " lutter contre l'influence des discriminations ou des stéréotypes contre les LGBT+ lors de leur demande d'asile ". 

Plan pour la santé des personnes LGBT+ : Au-delà de ces actions, la Commission soutiendra également les États membres à renforcer les plans contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'expression de genre. Elle veut améliorer l'éducation sexuelle et la prévention pour les jeunes LGBT+. " Promouvoir une éducation plus inclusive est dans l'intérêt de tous les étudiants et les citoyens. Cela permet de combattre les stéréotypes et de bâtir une société plus inclusive pour tous ". Enfin, la Commission s'engage à soutenir la recherche en matière de santé, notamment pour mieux accompagner les personnes trans et intersexes. Les États membres seront incités à " organiser des formations pour les professionnels de santé afin de les sensibiliser aux besoins des gays et des hommes bisexuels, des femmes lesbiennes et bies, des personnes intersexes et trans afin d'éviter des discriminations et la stigmatisation dans l'accès aux soins ". 

À propos des thérapies de conversion, le texte prévoit d'encourager les " bonnes pratiques " des États membres pour y mettre fin. " J'aurais souhaité une plus grande ambition sur ce sujet. Mais le fait que la Commission reconnaisse que ces pratiques ont de graves répercussions sur la santé physique et mentale des victimes est une bonne chose ", pointe Pierre Karleskind, eurodéputé Renew. 

38% des Européens LGBT+ ont subi des actes LGBTphobes : L'institution souligne qu'en Europe, 38% des personnes LGBT+ ont dû faire face à des actes LGBTphobes au cours de l'année. Mais que seuls 21% des victimes LGBT+ ont signalé leur agression au cours des cinq dernières années. En 2021, la Commission souhaite étendre la liste des crimes de haine pour y inclure les actes LGBTphobes, ainsi que débloquer des fonds pour les " initiatives qui combattent les crimes et les discours de haine, la violence et les pratiques violentes contre les personnes LGBT+ ". Les pays seront encouragés à s'engager contre les LGBTphobies. 

" Nous soutenons fortement la proposition de la Commission d'inclure les actes LGBTphobes dans cette liste. Cette proposition explicite ce que l'on ne peut pas tolérer sur le territoire européen. La recommandation à l'égard des États membres de mettre en œuvre des plans pour encourager les droits peut aider certains pays. Mais pour d'autres comme la Pologne, un simple conseil n'est pas suffisant. La Commission a besoin d'aller plus loin et de conditionner l'accès aux fonds européens au respect des droits fondamentaux ", pointe Terry Reintke, eurodéputée verte et co-présidente de l'intergroupe LGBTI au Parlement. 

Défense des familles homoparentales : Dans son discours sur l'état de l'Union, Ursula Von der Leyen s'était engagée en faveur des familles homoparentales. La Commission entend revoir la politique de liberté de circulation pour " refléter la diversité des familles ". Pour ce faire, elle compte proposer une avancée législative pour reconnaître la parenté de chaque État membre. En clair, si une famille homoparentale est reconnue dans un pays, un autre ne pourra pas lui refuser cette reconnaissance. De même, la Commission veut " explorer les mesures possibles pour encourager la reconnaissance mutuelle des unions de même genre entre États membres ", indique la feuille de route. L'institution s'engage à encourager les États membres pour mieux inclure les personnes trans, non-binaires et les personnes intersexes. 

" C'est essentiel que la reconnaissance des documents officiels devienne une réalité au nom de la protection des enfants. Malgré cela, une telle proposition législative doit protéger totalement les familles. La relation entre les parents, notamment lorsqu'il s'agit de couples de même sexe, doit également être reconnue. La Commission européenne doit avancer dans une procédure législative qui inclut explicitement l'identité de genre aux côtés de l'orientation sexuelle ", juge Terry Reintke. 

Promotion des droits dans le monde : Enfin, la Commission européenne entend promouvoir les droits des personnes LGBT+ dans le monde. " Une approche au cas par cas est nécessaire pour maximiser le soutien de l'UE, en utilisant tous les outils à notre disposition. L'UE a engagé le dialogue politique avec des pays partenaires pour les sensibiliser sur les lois discriminatoires, les politiques et les pratiques hostiles aux personnes LGBT+. Elle soutient la décriminalisation des relations de même genre et de l'identité trans ", souligne le document. 

" Cette stratégie est publiée à un moment crucial, alors que la communauté fait face à des attaques répétées au sein de l'Union européenne. En Hongrie, les changement constitutionnels représentent une nouvelle menace contre les droits fondamentaux et contre les personnes LGBT+. Le gouvernement polonais fait campagne contre la communauté LGBT+ et soutient les zones dites sans LGBT. La présidente de la Commission européenne doit transformer ses mots en actions et en sanctions contre les violations de l'État de droit et des droits humains ", juge Terry Reintke. 

" C'est la première fois de son histoire que la Commission adopte un texte spécifiquement dédié à la question LGBTIQ. Le simple fait que cette stratégie ait été initiée par une Présidente de la Commission européenne appartenant à la famille politique de droite, chrétienne-démocrate, est le signe que les mentalités ont évolué en Europe ", salue le français Pierre Karleskind. 

vendredi, novembre 13, 2020

Pologne : Le parti conservateur et LGBTphobe inquiet après la victoire de Joe Biden !

Alliés fidèles de Donald Trump, les conservateurs nationalistes polonais ont du mal à reconnaître sa défaite et craignent les prises de position du président élu Joe Biden, volontiers critique des violations de l'État de droit en Pologne. Alors que le monde saluait la victoire du candidat démocrate Joe Biden, le président de la Pologne Andrzej Duda s’est borné, lui, à le féliciter samedi 7 novembre " pour une campagne présidentielle réussie ". Même figure de style que le Premier ministre hongrois Victor Orban. 

" En attendant la nomination par le Collège électoral, la Pologne est déterminée à maintenir un partenariat stratégique PL-US de haut niveau et de haute qualité pour une alliance encore plus forte ", a-t-il ajouté dans son tweet. Andrzej Duda a semblé ainsi oublier qu’il y a quatre ans, il avait félicité Donald Trump pour sa victoire immédiatement après la publication des résultats.

La Pologne perd " un allié de poids sur la scène internationale " : La télévision publique TVP, considérée comme un véritable outil de propagande des populistes au pouvoir, continuait encore lundi de présenter sur son site internet Joe Biden comme un homme politique " que certains médias aux États-Unis ont qualifié de vainqueur de l’élection présidentielle ". Pendant le weekend, la TVP a cité abondamment les accusations de fraude émises par Donald Trump, ainsi que les médias russes.

" La TVP s’est engagée davantage que Fox News ", constate le politologue Marcin Zaborowski. Selon lui, les conservateurs polonais du Droit et Justice (PiS) " sont très malheureux d’avoir perdu un allié de tel poids sur la scène internationale ". " Isolé dans l’Union européenne, le PiS avait le confort d’être soutenu outre-Atlantique grâce à Trump ", explique-t-il à l’AFP.

Les liens entre les deux partenaires étaient très étroits : Depuis leur arrivée au pouvoir en 2015, les conservateurs du PiS ont misé sur de bonnes relations avec Washington, cherchant notamment avec succès à renforcer la présence militaire américaine sur le sol polonais, alors que leurs rapports avec l’UE ont été marqués par des tensions provoquées notamment par leurs réformes judiciaires controversées et par leur refus d’accueillir des migrants.

Fin juin, à quatre jours du premier tour du scrutin présidentiel en Pologne, Andrzej Duda, candidat à sa réélection, a rendu visite à M. Trump, lui aussi en campagne électorale. Le président américain n’a alors pas tari d’éloges sur son " ami " polonais, premier dirigeant étranger invité à la Maison Blanche depuis les mesures anti-Covid-19 aux États-Unis.

Le chef d’État polonais a quant à lui loué la politique de son homologue américain et n’a pas programmé une rencontre avec le candidat démocrate.

Joe Biden, critique des " zones sans LGBT " : Joe Biden sera sans aucun doute un partenaire plus difficile pour les conservateurs. En octobre, il avait provoqué l’ire de Varsovie en s’émouvant de " ce qui s’est passé, de la Biélorussie à la Pologne en passant par la Hongrie, et la montée des régimes totalitaires dans le monde ".

Plus tôt, il a également fortement critiqué la campagne des conservateurs polonais contre la communauté LGBT+. " Soyons clairs : les droits des LGBTQ+ sont des droits de l’Homme, et les " zones sans LGBT " n’ont pas lieu dans l’Union européenne ou partout dans le monde ", a-t-il déclaré en septembre.

Pour autant, selon le politologue Marcin Zaborowski, Joe Biden n’a aucune intention de miner les relations stratégiques entre les deux pays. " Ces relations peuvent rester fortes, et peut-être même devenir plus fortes. En fait, dans des domaines comme la politique à l’égard de l’espace post-soviétique, Varsovie peut constater qu’elle a plus en commun avec la Maison Blanche de Biden qu’avec celle de Trump ", explique-t-il.

L’ancien ambassadeur polonais aux États-Unis, Ryszard Schnepf, le confirme : " Les démocrates ont toujours été plus fermes vis-à-vis de la Russie que les conservateurs ". " Biden connait bien l’Europe, la comprend mieux que Donald Trump ", mais à la différence du président sortant, il ne mise pas uniquement sur la Pologne et la Hongrie dans ses relations avec l’Europe, explique-t-il à l’AFP.

" Même si aucun soldat américain ne sera retiré, la Pologne perdra son statut de partenaire privilégié, et aussi bien le PiS que le président Duda sont inquiets. Ils ne savent pas comment ils vont être traités par la nouvelle administration ", ajoute-t-il.

Lundi, comme pour souligner l’importance des liens transatlantiques, le président Duda a ratifié l’accord sur la présence des forces américaines en Pologne, finalisant ainsi l’initiative de l’administration Obama-Biden datant de 2009. Lors de son discours, le président polonais a soigneusement omis de prononcer aussi bien le nom Trump que Biden.