jeudi, février 28, 2019

US : Trump a-t-il un plan pour décriminaliser l’homosexualité dans le monde entier ?

Le 19 février, l’ambassadeur américain en Allemagne a fait une annonce pour le moins étonnante. Son administration aurait ainsi pour projet de décriminaliser l’homosexualité dans le monde. Des déclarations qui ont de quoi nous laisser sceptiques.

Explications : Un plan pour décriminaliser l’homosexualité à travers le monde. Rien que ça. C’est l’annonce étonnante faite le 19 février dernier par Richard Grenell, ambassadeur américain en Allemagne. Ce diplomate ouvertement gay le plus en vue de l’administration Trump recevait ce jour-là, dans sa résidence berlinoise, des activistes LGBT+ venus de toute l’Europe, a rapporté NBC News. Parmi eux, des membres d’une association lituanienne, qui n’ont pas manqué de saluer sur Twitter cet " effort pour la défense des droits humains ".

Trump pas au courant : " Il est inquiétant de constater qu’au XXIe siècle, quelque 70 pays continuent de se doter de lois criminalisant le statut ou la conduite des personnes LGBTI ", a affirmé Richard Grenell. Il n’a toutefois pas donné de détails sur ce fameux plan. Plus étonnant encore : Donald Trump lui-même ne semble pas avoir été mis au courant. Interrogé à ce sujet le mercredi 20 février, le président américain a d’abord demandé à la journaliste de répéter sa question. " Je ne sais pas de quel rapport vous parlez. Nous avons beaucoup de rapports ", a-t-il ensuite répondu, toujours selon NBC News.

Une annonce pas officialisée : Cette annonce est donc pour le moins " ambiguë ", commente  Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord à l’Institut français des relations internationales (Ifri) : " Il s’agirait d’une initiative de l’ambassadeur, qui ne vient pas du département d’État ni de la Maison Blanche directement, et qui n’a pas été officialisée, même s’il est très peu probable qu’il ait agi sans accord préalable ".

Sur Twitter, une journaliste émet une autre hypothèse : " Ou peut-être qu’il est au courant mais ne veut pas le reconnaître devant la caméra car cela risquerait d’offenser une partie de sa base électorale ", analyse Maggie Haberman, correspondante du New York Times à la Maison Blanche.

Un moyen d’attaquer l’Iran : L’évocation de ce " plan ", qui serait avant tout une réaction à une nouvelle exécution d’un homme gay en Iran, peut toutefois servir les intérêts de Trump. La République islamique, où les relations entre personnes de même sexe sont criminalisées depuis 1979, constitue aujourd’hui le premier ennemi géopolitique de l’administration américaine. Pour Laurence Nardon, " c’est un moyen de lancer une initiative qui nuit à l’Iran sans trop gêner ses autres alliés ".

Donald Trump souhaiterait-il, par ailleurs, draguer l’électorat LGBT à travers une telle annonce ? " Agiter la menace d’un islam anti-gay peut constituer un moyen, pour les partis d’extrême droite, d’amener à eux l’électorat LGBT. C’est d’ailleurs ce que fait le Rassemblement national en France ", ajoute la chercheuse à l’Ifri.

Une politique anti-LGBT : Le 5 février dernier, Donald Trump avait annoncé, lors de son discours annuel devant le Congrès, vouloir mettre fin à l’épidémie de sida aux États-Unis d’ici 10 ans. Avec ce plan visant à dépénaliser l’homosexualité dans le monde entier, l’administration américaine brouille de nouveau les pistes, en annonçant une politique radicalement opposée à ce à quoi elle nous avait habitué.e.s.

Rappelons en effet que les États-Unis ont multiplié les attaques à l’encontre des personnes LGBT+ ces derniers mois. Dès juillet 2018, l’ONG Human Rights Watch s’alarmait dans un rapport des conséquences dévastatrices de la politique de Trump sur l’accès des personnes LGBT+ au système de santé américain. Sa politique discriminatoire n’a ensuite fait que s’amplifier.

Le projet d’une redéfinition stricte de " l’identité sexuelle " laissait ainsi présager le pire pour les personnes trans’, en octobre dernier. Le même mois, le président américain s’en prenait aux conjoints de diplomates LGBT. Et le 22 janvier, la Cour suprême a autorisé Trump à bannir les personnes trans’ de l’armée. Avant d’envisager des mesures internationales, l’administration américaine ferait donc mieux de s’assurer du respect des droits des personnes LGBT+ sur son propre territoire.

Video : Zedd & Katy Perry - 365 !

Si c'est un homme, lui parler d'amour à volonté...

Tous ces hommes en flexion qui s'enflamment au parfum de ton nom...

Video : Harry Hudson - Gone !

Moi je veux vivre, aller haut et pouvoir me dire que c'est beau...

Moi pauvre diable, j'ai si mâle...

mardi, février 26, 2019

Société : Pourquoi les pères gays sont de super parents !

Une récente étude canadienne s'est penchée sur la gestion des tâches ménagères et de l'éducation des enfants au sein des familles homoparentales composées d'hommes.

Ce mardi 12 février, l'Assemblée nationale a adopté l'amendement visant à remplacer les mentions " père " et " mère " par " Parent 1 " et " Parent 2 " dans les formulaires scolaires afin de mieux représenter la diversité des schémas familiaux modernes.

Comme on pouvait, hélas, s'y attendre, le mouvement conservateur la Manif pour Tous s'est empressé de s'ériger contre cette mesure, la qualifiant de " bêtise idéologique niant la réalité de la filiation ".

Fermement opposée à la loi Taubira ( qui ouvre le droit au mariage et à l'adoption pour les couples de même sexe ) la Manif pour Tous ressert son argument ultime pour justifier son opposition aux familles homoparentales : privé de figure paternelle ou de figure maternelle, l'enfant sera malheureux.

Les papas gays très impliqués dans l'éducation de leurs enfants : Or, une récente étude menée par le chercheur Eric Feugé, doctorant à l'Université de Montréal, prouve le contraire. Publiée dans la revue La Gazette de Montréal, la thèse de fin d'études consacrée au sujet a observé pendant sept ans 46 familles, dont 92 pères en couple et 46 enfants âgés de un à neuf ans. " Le premier volet visait à observer et à analyser le degré d'engagement et d'implication des pères gays auprès de leurs enfants, notamment quant à l'éducation et aux soins prodigués, puis à identifier les principaux déterminants de cet engagement", explique Eric Feugé.

Première conclusion : les papas gays se montrent très impliqués dans la vie de leurs enfants et ont tendance à partager la charge de travail de manière équitable. L'étude d'Eric Feugé révèle que les pères ont tendance à assumer des rôles différents dans l'éducation des enfants, même si les différences restent "mineures" en comparaison des pères hétérosexuels.

Une forte implication assure le bien-être de l'enfant : Autre donnée intéressante, le doctorant a cherché à contrer l'idée reçue selon laquelle un enfant élevé par deux pères est privé de la sensibilité d'une mère, trait de caractère que l'on associe souvent aux femmes.

" Nous avons montré un lien fort entre la sensibilité des pères et la sécurité d'attachement de l'enfant ", souligne Eric Feugé, qui insiste sur le degré d'implication et de présence des pères dans l'éducation des enfants.

Si la recherche d'Eric Feugé constitue la première étude du genre réalisée au Québec, d'autres études ont déjà prouvé avant que les enfants issus de familles homoparentales vont bien.

Opinion basée sur des préjugés : En septembre 2017, la professeure anglaise en psychologie Susan Golombok ( directrice du Centre Family Research de l'Université de Cambridge ) a passé au peigne fin les enfants de 84 familles à travers le monde entier, notamment aux États-Unis, en Belgique, Alemagne, Pays-Bas et Grande-Bretagne.

Les recherches ont porté à la fois sur les familles monoparentales par choix, les familles homoparentales, les enfants issus de PMA et de Gestation pour autrui (GPA), ainsi que les parents transgenres.

Les conclusions sont sans équivoque : Ce n'est pas parce qu'un enfant est issu de ces nouvelles structures familiales que son identité sexuelle ou son bien-être s'en trouve perturbé.

" De nombreuses personnes pensent que plus un modèle familial dévie de la norme, plus l'impact sur l'enfant sera négatif. Cette opinion est basée sur des préjugés. Le besoin de résultats empiriques est crucial pour être au clair avec ces situations ", souligne la Pr Golombok.

Video : Lady Gaga & Bradley Cooper - Shallow ( The Oscars 2019 )

Love !

Les trois grâces !

Cinema : Matt Smith défend son droit de jouer un homosexuel !

L’acteur, hétérosexuel, va incarner Robert Mapplethorpe à l’écran !

Matt Smith incarnera le photographe Robert Mapplethorpe dans le prochain biopic qui lui sera consacré. Allant au devant d’éventuelles critiques pour avoir accepté d’incarner un homosexuel à l’écran sans l’être dans la vie, celui qui a incarné le prince Philip dans The Crown a défendu son choix.

" Je pense que votre orientation sexuelle, votre sexe ou vos choix extérieurs à votre travail, ne devraient pas influencer ( de façon positive ou négative ) ce qu’il se passe. Donc, pour moi, ça n’a pas d’importance que vous soyez gay ou hétéro. Cela n’a aucune incidence sur qui devrait avoir le rôle ", a-t-il répondu à Eliza Dushku ( productrice du film ) qui lui posait la question lors d’une conférence à New York, comme le rapporte Vulture.

Une polémique bien réelle : La place accordée aux personnes LGBTQ + dans le cinéma fait débat outre-Atlantique depuis quelque temps. Scarlett Johansson a ainsi dû abandonner le rôle du gangster Dante Tex Gill, né Lois Jean Gill en 1930 et qui s’est toujours présenté comme un homme, dans le biopic Rub & Tug. L’actrice avait été fortement critiquée pour avoir choisi d’incarner un rôle qui aurait pu être tenu par un comédien transgenre et elle avait fini par jeter l’éponge l’été dernier. Le projet, dont la réalisation a été confiée à Rupert Sanders, est pour l’instant au point mort.

Néanmoins, d’autres biopics ont échappé à la polémique. Rami Malek n’a pas été critiqué pour incarner Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody, tout comme Keira Knightley a interprété sans encombre l’auteure française dans Colette.

Source

Video : Walk the moon - Timebomb !

Marry me, Kerry Degman...

Love !

lundi, février 25, 2019

US : Bernie Sanders, candidat LGBT-friendly aux élections présidentielles !

A 77 ans, et après sa défaite en 2016, on pensait que Bernie Sanders se retirerait de la vie politique. Le sénateur socialiste vient pourtant d’annoncer sa candidature pour 2020. Son programme, qui vise entre autres à combattre le racisme, le sexisme et l’homophobie, s’oppose à celui de Donald Trump.

Battu aux primaires démocrates par Hillary Clinton en 2016, Bernie Sanders n’abandonne pas pour autant. Dans une vidéo parue le 19 février, l’homme politique a annoncé être candidat aux élections présidentielles américaines 2020. Une bonne nouvelle pour la communauté LGBT+ américaine.

En effet, le candidat ( extrêmement populaire auprès des jeunes ), s’était illustré par un programme moderne, inclusif, qui promettait de combattre les inégalités il y a quatre ans.

Un engagement toujours d’actualité. " Notre campagne propose de redoubler d’efforts pour mettre fin au racisme, sexisme, à l’homophobie, la bigoterie religieuse et toutes les formes de discriminations ", a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Impliqué de longue date dans les droits des personnes LGBT+ : Son implication de longue date en faveur des droits LGBT+ lui vaut d’être un des candidats favoris des personnes queer. Dès 1983, il avait soutenu la " gay pride " de Burlington (Vermont) en tant que maire de la ville. " On doit tous être engagés pour le respect mutuel des styles de vie des uns et des autres ", avait-il alors dit. En 1995, il avait défendu le droit des homosexuel.les à servir dans l’armée face au républicain Duke Cunningham.

Il s’est également battu en faveur de l’union civile, puis du mariage pour tous. " Au cours de ses décennies de service public, Bernie a voté contre les mesures qui portaient atteinte aux droits de la communauté LGBTQ et a soutenu celles qui la protègent des discriminations ", abondent les supporters de Bernie Sanders sur le site FeelTheBern. S’il est élu président, il promet en tout cas de faire de la lutte pour l’égalité une priorité.

Source

Video : Panic at the disco - High hopes !

Plus loin, plus haut, j'atteins mon astre...

Je suis un brin sauvage...

Video : 5 Seconds Of Summer - Lie to me !

Sage comme une image...

Shawn Mendes !

C´est l'amour à la plage, baisers et coquillages...

dimanche, février 24, 2019

Video :Bilal Hassani - Roi !

Redevenir l'enfant que nous étions...

Sweet !

Je suis stoïque, mais plus pour longtemps...

Video : The Strumbellas - Salvation !

L'amour, la mort peut-être...

Sables émouvants...

samedi, février 23, 2019

US : Bientôt un mannequin ouvertement gay président des Etats-Unis ?

Le mannequin, acteur et chanteur Ronnie Kroell, 36 ans, a annoncé il y a quelques jours être candidat aux élections présidentielles américaines. Il est le deuxième homme ouvertement homosexuel à se présenter. 

Ronnie Kroell, 36 ans, a fait cette annonce il y a quelques jours lors d’une soirée privée organisée dans le bar Pump, à Los Angeles.

Le jeune homme n’est affilié à aucun parti politique et défend sa candidature avec le slogan : " Meet me in the middle " ( littéralement, " Retrouvez-moi au centre " ).

Kroell n’est pas inconnu du grand public. Cet acteur, chanteur et mannequin a fait partie du désormais célèbre " Pit Crew " de l’émission de télé-réalité " RuPaul’s Drag Race ". Il s’agit d’un groupe d’hommes musclés, le plus souvent en sous-vêtements, qui n’ont généralement pas beaucoup de dialogue.

Il est temps de s’écouter les uns les autres : Mais Kroell est également très engagé dans le milieu associatif. En 2012, il a co-fondé la structure " Friend Movment ", qui lutte contre le suicide, l’exclusion et le harcèlement scolaire des jeunes américains. " Nous avons créé le merdier dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, et on ne pourra pas en sortir avec le même état d’esprit qu’en 2016 ( année de l’élection de Donald Trump, NDLR ) ", a-t-il expliqué à Towleroad News.

Et d’ajouter : " Je dirais que le défi le plus important auquel nous allons devoir faire face sera de ramener l’amour et la logique dans nos conversations. Il est temps de s’écouter les uns les autres, non pas pour réagir, mais pour comprendre ". Un beau message d’amour qui pourrait bien en séduire certains.

En janvier dernier, Pete Buttigieg, maire ouvertement gay de South Bend dans l’Indiana, avait laissé entendre qu’il pourrait, lui aussi, être candidat aux élections présidentielles américaines. On attend désormais une annonce officielle.

Video : Gesaffelstein & The Weeknd - Lost in the Fire !

Alex Ramires !

Oups !

Au diable les proses brutales...

Video : Radio Elvis - Ces Garçons-là !

Derrière des barreaux, pour quelques mots...

Oh la la !

M'extraire du cadre, ma vie suspendue...

vendredi, février 22, 2019

US : Victime de discriminations, le sportif Michael Sam regrette d’avoir fait son coming-out !

L’ancien joueur de football américain Michael Sam regrette d’avoir fait son coming-out avant les sélections de la National Football League (NFL). Il a affirmé avoir été victime de réactions discriminantes et homophobes qui ont impacté sa carrière.

Un discours inspirant. L’ancien joueur de football américain, Michael Sam, a été invité, mardi 12 février, à l’Université de New Mexico, pour une conférence sur l’homosexualité dans le sport. En 2014, il avait marqué l’histoire en devenant le premier joueur ouvertement gay à entrer dans une équipe majeure de football américain. Il a donc profité de l’occasion pour revenir sur son coming-out très médiatisé, dont il dit regretter le timing.

Sa carrière aura duré un an. Recruté en 2014 par l’équipe des " Rams de Saint Louis ", à Los Angeles, il sera finalement mis à l’écart. Il rejoint ensuite l’équipe de Dallas avant d’être à nouveau écarté par ses coéquipiers, seulement sept semaines plus tard.

Son homosexualité mise en cause : Sam pense que le fait d’être ouvertement gay l’a défavorisé lors des sélections de la ligue nationale de football (NFL). Il ne s’est pas senti accepté comme il est, et lors des entrainements, il est arrivé qu’il se soit fait insulter par des co-équipiers. Il pense également que la NFL a mal vu qu’il se soit fait filmer entrain d’embrasser son ex-copain, l’ancien nageur Vito Cammisano. Un baiser qui avait fait les gros titres.

" Je pense que si je n’avais jamais fait mon coming-out (…), je serais toujours dans la ligue nationale de football ", avait-il confié en 2016 dans un média sportif.

Le joueur a avoué avoir arrêté sa carrière pour soigner une dépression. " La NFL a été dure avec moi. Cela a été très difficile de pardonner ", a-t-il confié aux étudiants mardi 12 février. Et de poursuivre : " J’aime le football. Le football m’a donné une éducation (…). Je suis très reconnaissant pour le sport ".

Depuis, l’ancien joueur donne des conférences dans les universités américaines pour aider les jeunes à s’accepter comme ils sont.

Video : Christine and the Queens - 5 dollars !

Je me fous des saisons...

Nick Jonas !

C'est la peine ombre...

Et tous ces signes que tu envoies, qui me chavirent à chaque fois...

T'as tout pour plaire...

jeudi, février 21, 2019

Cinema : " Grâce à Dieu ", lumières et ombres d'une affaire !

Le film de François Ozon documente avec précision et sensibilité l'affaire de pédophilie dans le diocèse de Lyon et la naissance de l'action citoyenne qui en a permis la révélation.

1,2,3… soleil ? Non, pas soleil, ni même grande lumière, mais un peu moins d’obscurité. Parce qu'un type, puis un deuxième, un troisième, et peu à peu d’autres, ont trouvé l’énergie, le courage, la colère de s’extraire d’une glu sinistre qui leur collait à la peau depuis l’enfance.

On le sait, le film de François Ozon est consacré à l’affaire de pédophilie qui a secoué le diocèse de Lyon ( et au-delà ) et mis en cause le cardinal Barbarin pour ne pas avoir dénoncé ni mis un terme aux agissements d’un prêtre pédophile.

Mais " Grâce à Dieu ", s’il s’appuie sur une reconstitution scrupuleuse d’un ensemble de faits avérés, fait ce que fait tout film: il choisit parmi les éléments disponibles, il organise un récit; il construit une certaine relation, émotionnelle, à des situations.

Bien davantage qu’un dossier de société : Les choix de narration et de mise en scène de François Ozon s’appuient sur des événements ayant eu lieu, des paroles ayant été prononcées, des actes ayant été reconnus par leurs auteurs. Et c'est aussi pour s’approcher d'enjeux qui dépassent ces sujets évidents.

Ceux-là, affichés et traités, ce sont les innombrables actes de pédophilie du père Preynat, le silence des victimes, de l’institution religieuse et des familles pendant des décennies, les manœuvres de la hiérarchie catholique pour minimiser les faits ou ralentir les tentatives de les exposer, le caractère nullement exceptionnel de tout cela au sein de l’Église catholique.

Mais " Grâce à Dieu " est bien davantage qu’un " dossier de société " bien ficelé et bien filmé, parce qu’il touche, deux fois, à une zone obscure.

La première concerne Preynat, le curé pédophile. La manière dont Bernard Verley, qui l’interprète, et François Ozon, qui le filme, acceptent et rendent sensibles cette présence, dans son vertige de culpabilité, de souffrance, de brutalité et de volonté de bien faire, de piété sans doute, de narcissisme aussi, engendre une extraordinaire zone de trouble, sans minimiser une seconde la gravité des actes commis.

Face à lui, le jugement moral est sans appel, mais le film trouve l’intelligence sensible de prendre acte que l'on n’en aura pas fini ainsi –et pas plus avec le jugement pénal et le procès canonique encore à venir. Qu’il y a un reste, opaque et terriblement humain, au-delà de ce que peuvent prendre en charge la morale et le droit.

Abîme individuel et émergence du collectif : L’autre dimension, centrale pour le film, est la construction d’une action collective mobilisant des personnes extrêmement différentes.

" Grâce à Dieu " commence aux côtés d’Alexandre ( Melvil Poupaud, excellent comme toujours, mais dans un emploi où l'on ne l’attendait pas ). Bourgeois lyonnais, catholique pratiquant, père de famille nombreuse, il se lance dans sa croisade lorsqu’il découvre que celui qui a abusé de lui adolescent est toujours au contact d’enfants.

Puis il entre en relation avec une autre victime, au profil très différent, et le film se recentre sur celui-ci, puis à nouveau sur un troisième, d’un autre âge, d’un autre milieu, et qui vit autrement ce traumatisme.

" Grâce à Dieu " est ainsi, tout autant que le récit de " l’affaire Preynat " et de son corollaire, " l’affaire Barbarin ", le récit de la naissance d’un collectif, La Parole libérée. François, Emmanuel, Gilles ( mais aussi les parents, les épouses, les enfants ) sont associés à un processus complexe, loin d’être évident, où s’activent de manière fragile, incertaine, parfois douloureuse, la fabrication d’une parole et d’une action communes.

Sans jamais perdre de vue les événements qui ont motivé leur entrée en action, et auxquels il consacre son film, Ozon accueille dans son film ces deux mystères, abîme individuel et complexité instable de l’investissement dans un groupe.

François Ozon, cinéaste des gouffres : Ce film s’inscrit parfaitement dans une œuvre très diverse mais qui, de " Gouttes d'eau sur pierres brûlantes " et " Sous le sable " à " Dans la maison " ou " Une nouvelle amie ", ne cesse d’explorer ce qui meut obscurément les êtres humains.

" Grâce à Dieu " est assurément l'un des films les plus réalistes du cinéaste qui, avec " 8 femmes ", " Ricky " ou " Potiche ", a beaucoup pratiqué des approches plus stylisées ou même fantastiques. Il participe ainsi d'une tendance très active en ce moment où, pour le meilleur, la fiction documente avec acuité des faits réels et récents.

Il s'agit en l’occurrence de catastrophes, aussi graves qu’incommensurables les unes aux autres, la pédophilie dans l’Église, le mauvais coup porté à la démocratie américaine par Dick Cheney que raconte " Vice " ou, dans quinze jours, " Fukushima, le couvercle du soleil ", consacré à la catastrophe nucléaire.

Loin du banal et souvent bien peu probant " film inspiré de faits réels ", ces trois propositions de cinéma, aussi différentes entre elles que les événements auxquels elles se réfèrent, témoignent de la capacité de la mise en scène à mieux comprendre le monde.

" Grâce à Dieu ", de François Ozon, avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Eric Caravaca, François Marthouret, Bernard Verley, Martine Erhel, Josiane Balasko, Hélène Vincent, Frédéric Pierrot.

Durée: 2h17. Sortie le 20 février 2019.

Source

Video : Grâce à Dieu ( Bande annonce ) !

Ne vois-tu rien venir...

Hot !

Ma salive sent le chlore, et alors...

Lire : Numbers, le roman crûment gay de 1967 signé John Rechy, enfin traduit !

Numbers (1967), inédit jusqu’à ce jour en France, est le deuxième roman de John Rechy. Considéré, au même titre que Cité de la nuit, comme l’un de ses chefs-d’œuvre, il rencontra un considérable succès lors de sa publi­cation aux États-Unis et fut largement traduit à l’étranger.

Johnny Rio, ex-prostitué, rentre à Los Angeles après trois ans d’un exil choisi à Laredo, Texas, ville de son enfance. Au contact de la métropole, il est assailli par les souvenirs de sa vie passée et submergé par un désir de conquête qu’il était parvenu à brider. Au gré des cinémas, des plages, des parcs de la Cité des Anges, porté par la musique rock en fond sonore, Johnny Rio, poussé par une force irrépressible, une compulsion de séduction, multiplie les rencontres et les étreintes anonymes.

Dorian Gray des temps modernes, Johnny Rio est mu par un narcissisme exacerbé et ne supporte nulle concurrence sur le vaste marché du sexe où il rôde constamment, aspirant à être l’unique objet de désir de chaque homme croisé. Rongé par la culpabilité et peu à peu envahi par une angoisse insidieuse que seul parvient à dissiper, l’espace d’un instant, un contact fugitif, Johnny met en place un jeu aux règles fluctuantes : pour reprendre le dessus sur le " Parc " et sur ses propres pulsions, il lui faut séduire trente hommes, et donc autant de " numéros ", en dix jours.

Préfigurant le Démon de Hubert Selby Jr, Numbers offre l’examen systématique d’une obsession dévorante ( frisant parfois le comique ), mais livre aussi le témoignage précieux d’une topographie du désir dans le Los Angeles des années 60, terrain de jeu subversif d’une sexualité clandestine et désormais mythique. L’attention portée à l’environnement, à la végétation, à la lumière et aux symboles, confère au texte un caractère quasi élégiaque dont se dégage une nostalgie entêtante.

Numbers offre au lecteur une réflexion universelle sur le passage du temps et la hantise de la mort, servie par une langue contemporaine, abrupte et crue, aux envolées poétiques saisissantes.

Le nombriliste romantique : Lorsque la plupart des romanciers se rendent à une fête, ils n’ont pas à s’inquiéter à l’idée d’être menacés, défiés, ou jetés à terre. Pourtant les choses se passaient ainsi pour John Rechy à l’époque où il était de toutes les fêtes d’Hollywood et ses environs. " À l’époque, j’étais très connu " déclare l’auteur de Cité de la nuit, chronique révolutionnaire de 1963 de la prostitution homosexuelle.