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lundi, décembre 28, 2020

US : Le Noël le plus gay ( Les personnages LGBT plus que jamais à l'écran ) !

Quand l'agent de Jonathan Bennett l'a appelé pour lui parler d'un rôle principal dans un film de Noël, la première réaction de l'acteur a été : " Super, comment s'appelle la fille " ? 

Même si Jonathan Bennett est ouvertement homosexuel, l'acteur de " Lolita malgré moi " est plus habitué à camper des personnages hétérosexuels, en particulier lorsqu'il s'agit d'un film de Noël, un genre souvent convenu et stéréotypé. " Il y a eu un blanc, et ils ont dit... (Jake ). J'en revenais pas ! " se souvient l'acteur en rigolant. " Ça faisait longtemps qu'on attendait cela," ajoute-t-il. 

" The Christmas House ", sorti le mois dernier, est le premier film de Noël de la chaîne Hallmark à faire figurer un couple gay dans les rôles principaux. Le personnage de Jonathan Bennett, Brandon, et son mari Jake, joué par Brad Harder, tentent d'adopter un enfant. 

Dans la hotte du Père Noël cette année, les films comprenant des histoires de couples homosexuels figurent pour la première fois en bonne place. 

" J'imagine ce qu'aurait pensé mon ( moi ) plus jeune, assis à regarder un film avec des personnages qui me ressemblaient, dans des relations de couples comme celles que je souhaitais en grandissant. C'est juste tellement important ", salue Jonathan Bennett. 

Avec Kristen Stewart : " Ma belle-famille, Noël, et moi ", avec la star hollywoodienne Kristen Stewart, a même battu des records en nombre de visionnages pour la plate-forme de streaming Hulu depuis sa sortie le 25 novembre. 

Il raconte l'histoire d'un couple lesbien où l'une des femmes a des difficultés à révéler son homosexualité auprès de sa famille plutôt traditionnelle. Mackenzie Davis, Alison Brie, Aubrey Plaza, et Dan Levy partagent l'affiche avec la star de Twilight. La réalisatrice Clea DuVall, qui est lesbienne, a déclaré n'avoir " jamais vu sa propre expérience représentée " à l'écran dans des films de Noël, les personnages LGBTQ+, s'il y en a, étant habituellement relégués au second plan. 

Produit par Sony et racheté par Hulu quand les cinémas sont restés fermés en raison de la pandémie, le film affirme être la première comédie romantique de Noël avec un couple homosexuel, produit par l'un des studios majeurs d'Hollywood. 

La chaîne Lifetime a de son côté sorti ce mois-ci " The Christmas Setup ", tandis que la chaîne Paramount a diffusé " Dashing in December ". Deux téléfilms mettant en avant des idylles gays. 

La représentation des personnes gays augmente à Hollywood ( en particulier à travers les nouvelles séries sur les plateformes de streaming ), mais les films de Noël, follement populaires malgré leurs scénarios prévisibles, étaient restés jusqu'à maintenant en-dehors de la dynamique. 

L'année dernière, la chaîne Hallmark à l'orientation familiale, avait été vertement critiquée par les associations LGBTQ+ pour avoir cédé à la pression de groupes conservateurs et retiré des publicités pour une entreprise de mariage avec un couple homosexuel s'embrassant à l'autel. 

La chaîne avait rediffusé les publicités et s'était excusée lorsque la vedette lesbienne de télévision Ellen DeGeneres avait tweeté : " On n'est pas presque en 2020 ? Vous êtes sérieux " ? 

Submergée par l'émotion : Avec " The Christmas House ", Hallmark va bien plus loin. Même si l'histoire de Brandon et Jake n'est qu'une des trois relations entrecroisées dans le film, les deux personnages s'embrassent à l'écran avant les couples hétérosexuels. 

" Quand nous avons tourné notre premier baiser, l'équipe de tournage était juste submergée par l'émotion, plus d'une larme a coulé ", a déclaré Brad Harder à l'AFP. " Est-ce qu'il était plus que temps ? Absolument. Mais je suis content que nous en soyons là. C'est vraiment fort ", souligne l'acteur. Selon lui, " Noël pour la communauté LGBTQ+ est une période particulièrement délicate ", surtout pour ceux dont les membres de la famille ne sont pas super tolérants. Cette nouvelle tendance des films de Noël s'est attirée des commentaires élogieux de toute part. Jonathan Bennett a ainsi déclaré avoir reçu des " milliers de messages " de fans reconnaissants. De quoi en faire selon le site web de pop culture Decider, " le Noël le plus gay de l'histoire ". 

Le film est disponible en VOD grâce à Sony Pictures en France depuis le 21 décembre ! 

dimanche, décembre 27, 2020

Texte : Goldorak a 45 ans ( L’amitié, l’amour et la nostalgie, et des révélations après tant d’années ) !

UFO robo Grendizer est né officiellement le 5 octobre 1975, date de sa première diffusion au Japon. Ceci est comme un songe d’adulte. 

Avec Candy, Heidi, Maya l’abeille, Albator, Capitaine Flam ou Ulysse 31, combien de gamins de 40 ans aujourd’hui n’ont pas goûté à leurs aventures ou péripéties. Vous n’avez qu’à nous voir entendre les premières notes de générique pour nous voir courir et nous trémousser ! 

D'autres suivront bien sûr, mais, grâce à France Télévisions, nous avons rêvé gamins. 

Goldorak en France a été diffusé dans le cadre de Récré A2 de juillet 1978 à octobre 1980. Parfois de façon foutraque et avec des rediffusions aléatoires. 

C’est d’abord 74 épisodes : Un empire extraterrestre belliqueux, Vega, a broyé la belle planète d’Euphor. Duke Fleet, alias Actarus en Français, a toutefois pu échapper au massacré de sa planète. Atterri sur la Terre, il est recueilli et soigné et adopté par le Pr Procyon, Gemzō Umon en japonais. 

Actarus, en tous points semblables aux Terriens, un peu comme les migrants, travaille comme garçon de ferme dans le Ranch du Bouleau Blanc. Tout aurait pu bien se passer. 

Mais voilà Vega a soif de conquêtes et s’attaque à la Terre. Actarus ne veux pas utiliser son " engin de mort " qu’est Goldorak. Pourtant, il devra s’y résoudre. Dans un premier temps soutenu par le fidele Alcor, son pote, hum, puis viendront Vénusia, fille du propriétaire du ranch et la sœur cadette du prince Phénicia qui a elle aussi échappée au massacre. 

Au cours de ces combats, le Prince d’Euphor retrouvera beaucoup de connaissances. Il devra les combattre et en gardera beaucoup d’amertume. Mais à la fin, ils gagneront, le professeur y laissant la vie. 

Alcor et Vénusia en 1978 avaient vingt ans et sont terriens. Tout comme pour nous, le temps est passé sur eux. La soixantaine bien assumée ils coulent tous deux des jours heureux au Japon. 

Les habitants d’Euphor vieillissent bien moins vite que nous : Phénicia.s’est installée sur un voilier et parcourt le monde pour juste donner de la joie et du bonheur. 

Video : Coca-Cola Christmas ( Commercial 2020 ) !

jeudi, novembre 26, 2020

TV : Xavier Dolan va créer une série pour Canal+ !

Le réalisateur québécois délaissera le grand écran pour produire sa toute première fiction télé. Intitulé La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé, ce nouveau projet entre en tournage dès mars prochain pour une diffusion en 2022. 

Xavier Dolan dans le monde des séries ? Ça va arriver, et ce dès 2022. Dans un récent communiqué, Canal+ a officialisé la mise en chantier de la toute première production du réalisateur montréalais pour la télévision. Il s'agira donc d'une création originale pour la chaîne câblée française, coproduite avec le Québec. Et c'est un projet atypique que proposera le jeune cinéaste puisque la série, nommée La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé, mélangera les genres en alliant horreur, humour, drame et suspense. 

Tirée de la pièce de théâtre éponyme signée Michel Marc Bouchard, la série est décrite comme un drame familial s'étalant sur plusieurs époques. Tout commence avec Mireille, une thanatologue réputée, connue pour avoir embaumé les plus grandes personnalités de ce monde. Mais suite au décès de sa mère, elle décide de rentrer au bercail pour embellir la défunte une toute dernière fois. Elle est ainsi contrainte de renouer avec ses trois frères, à qui elle n'a pas adressé la parole depuis tant d'années. Entre non-dits et violences réprimées, le mystère autour du viol présumé de Mireille à 12 ans menace d'éclater enfin. 

Une envie d'innover : " J'ai vu la pièce de Michel Marc Bouchard en juin 2019 et j'y ai tout de suite vu mon prochain projet ", souligne Xavier Dolan. Il se montre particulièrement impatient de " repousser toujours plus ses limites " et " d'explorer le genre du thriller, de renouveler sa façon de raconter, auprès qui plus est d'une distribution de rêve ". Côté casting, il passera lui-même devant l'objectif en compagnie de Julianne Côté, Julie Le Breton, Magalie Lépine-Blondeau, Éric Bruneau et Patrick Hivon. Du beau monde, en somme. 

Pour l'heure, on sait surtout que La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé débutera son tournage au mois de mars prochain. Les 5 épisodes de cette série attendue seront diffusés courant 2022 sur Canal+. 

vendredi, novembre 20, 2020

LGBT : 20 ans après, Queer As Folk est une série toujours aussi culte !

La série anglaise " Queer as folk " a débarqué sur les écrans en 1999 et son remake américain un an plus tard. Vingt années ont passé et on n’a finalement jamais rien revu de tel à la télévision. On vous explique pourquoi.

Une série choc : Quand elle débarque à la télé en 1999, la mini-série anglaise Queer as folk est un choc. Enfin une série écrite par un gay, Russell T. Davies, qui parle des gays d'aujourd'hui sans faux semblant et avec une liberté de ton rare.

On y suit une petite bande d’amis/amants à Manchester. Stuart est un beau gosse cynique qui enchaîne les plans cul sans lendemain, avec son meilleur pote Vince, qui est secrètement amoureux de lui, ils traînent régulièrement sur Canal Street, la rue emblématique du quartier gay de la ville. C’est là que Stuart rencontre Nathan, 15 ans, dont il va tomber amoureux.

Un an plus tard, en 2000, la chaîne câblée Showtime lance un remake, transposé à Pittsburgh. Les personnages changent de nom. Nathan, devenu Justin n’a plus 15 ans, mais 17 ans... Après une saison qui colle globalement à la version originale, le Queer as folk américain s’en émancipe ensuite, en développant de nouvelles intrigues pour les personnages principaux et en donnant plus de place au couple lesbien qui a eu un enfant avec le personnage principal Brian ( Stuart en anglais ).

S’il ne fallait retenir qu’une scène, présente dans les deux versions, c’est celle où Stuart/Brian fait un annulingus à Nathan/Justin, le soir de leur premier épisode. Jamais on n’avait représenté cela à la télévision.

Une série pionnière : C’est la première série dont tous les personnages principaux sont gays. Elle a ouvert la voie à des séries comme Noah’s arc, Looking, Cucumber/Tofu/Banana, The New Normal, le remake des Chroniques de San Francisco, Special. En France, nous avons eu la websérie Les engagés. Malgré leurs qualités, aucune de celles-ci n’est parvenue à surpasser Queer as folk.

On n’en finit pas d’ailleurs de réclamer une suite à Russell T. Davies. Pour ne vexer personne, le scénariste promet régulièrement une " suite spirituelle ".

Une autre époque : Si Queer as folk marque à l’époque les esprits c’est en raison de son côté résolument actuel. 20 ans plus tard, c’est peut-être sa limite.

L’époque de Queer as folk, c’est une ère où les applis de rencontres géolocalisées n’existent pas, où le centre de la vie gay, c’est le clubbing ( du moins c’est ainsi qu’on le représente ) ; une ère où les homosexuels n’ont le droit de se marier nulle part ( Les Pays-Bas deviennent le premier pays à ouvrir le mariage aux couples de même sexe en 2001) ; une ère où les coming-outs heureux sont encore la minorité ; une ère où la PrEP n’existe pas encore.

On notera aussi que la série manque de diversité. On y suit des personnages gays plutôt jeunes, tous blancs. Les séries actuelles ont en général toutes progressé sur ce point.

Pour le reste tout est là, les relations difficiles, le chemsex ( qu’on n’appelle pas encore ainsi ) et l’addiction, les couples sérodiscordants. Il y a même un attentat au Babylon, qui préfigure en quelque sorte celui du Pulse, à Orlando en 2016.

A l’image de la série star de l’époque, Sex and the city, Queer as folk est aussi et peut-être surtout une série sur l’amitié, la solidarité qui remplacent parfois des liens familiaux défaillants. C’est ce que le philosophe Didier Eribon appelait " l’amitié comme mode de vie ", dans Réflexions sur la question gay.

Queer as folk anglais vs Queer as folk US : Dix épisodes d’un côté, quatre vingt trois de l’autre : la différence est d’abord quantitative. C’est lorsqu'elle dépasse l’intrigue de la version anglaise au début de la saison 2, que la série de Showtime devient la plus intéressante, en abordant au cours des quatre saisons suivantes tout un tas de sujets qui peuvent concerner les gays et les lesbiennes à un moment de leur vie. On peut voir les personnages mûrir, et être confrontés à nombre de situations qui leur font prendre de l’épaisseur.

Ensuite, la différence est la même qu’entre une série anglaise et une série américaine. La version anglaise est plus crue, moins léchée et moins consensuelle que sa petite sœur américaine. Plus authentique, pourrait-on dire. Et puis, comme souvent, on ne peut s’empêcher de préférer l’originale à la copie. Mais il faut voir les deux pour se faire une idée !

Que sont-ils devenus : Russell T. Davies, l’un des scénaristes anglais les plus talentueux de ces vingt dernières années, a écrit Cucumber/Tofu/Banana, Years and Years, relancé Doctor Who ( l’un des personnage du Queer as folk anglais est fan de Doctor Who ) et travaille sur Boys, une mini-série sur les ravages de l’épidémie chez les gays au début des années 80.

Aidan Gillen, le Stuart de la version anglaise, est peut-être le plus connu de tous les acteurs ayant participé à Queer as folk. On a pu le voir dans Sur Ecoute ( The Wire ), Peaky Blinders, et surtout dans Game of Thrones, où il jouait le redoutable Littlefinger. Au cinéma, il joue notamment dans Bohemian Rhapsody et The Dark Knight Rises.

Charlie Hunnam (Nathan, QAF UK) est devenue la star de la série Sons of Anarchy. Et côté États-Unis, on a pu voir Gale Harold ( Brian)  dans Desperate Housewives et dans divers petits films, dans toute une foule de séries. Randy Harrison, alias Justin, est apparu récemment dans la série Mr Robot, mais c’est surtout au théâtre qu’il poursuit sa carrière. Un site gay français l’avait rencontré en 2010 à Paris lors de la convention Planet Babylon.

Où les regarder : Queer as folk n’est disponible hélas sur aucune plateforme de streaming légal. La version anglaise est disponible gratuitement sur le site de la chaîne Channel 4, mais cette dernière n’est accessible que depuis le Royaume Uni... Il vous faudra tricher avec un VPN. La version américaine est disponible sur la chaîne Showtime mais il faudra vous abonner. En cherchant bien toutefois vous devriez pouvoir le trouver ailleurs...

samedi, novembre 14, 2020

People : Wentworth Miller ne reprendra pas " Prison Break " car il ne veut plus jouer de personnage hétéro !

Au milieu de rumeurs laissant entendre une énième cavale de Michael Scofield à la télévision, son interprète met les choses au clair : l'aventure Prison Break est terminée pour lui. Et la raison derrière ce choix est des plus compréhensibles. 

N'en déplaise aux mordus de Prison Break, la série ne devrait pas renaître de ses cendres. Ou, en tout cas, pas avec Wentworth Miller en tête d'affiche. Alors que des bruits de couloir circulaient quant à une sixième saison du show carcéral, l'acteur a définitivement fermé la porte à un retour dans la série. " Je quitte Prison Break, annonce-t-il via Instagram. Officiellement. Non pas à cause des réseaux sociaux, bien que ça ait clarifié le problème. Je ne veux juste pas jouer des personnages hétéros. Leurs histoires ont été racontées encore et encore ".

" Donc, plus de Michael, poursuit le comédien en évoquant son alter ego à l'écran. Si vous étiez fan de la série et que vous espériez des saisons supplémentaires, je comprends que ce soit décevant. Je suis désolé. Mais si vous êtes à cran parce que vous êtes tombés amoureux d'un homme hétéro fictif joué par un homme gay bien réel… Alors c'est votre problème ". Un choix que de nombreux followers soutiennent.

Un parcours difficile : Mais pour saisir sa décision, il est important de se rappeler d'où vient Wentworth Miller. Plus jeune, durant son adolescence, l'acteur britanno-américain tente de se suicider à de multiples reprises, ne parvenant pas à accepter sa propre homosexualité. Il fait son coming out en 2013 et explique qu'il avait peur que son orientation sexuelle ne mette en péril sa carrière. L'acteur a ensuite été victime de body-shaming sur les réseaux sociaux, le contraignant à parler de la dépression dont il souffre depuis de longues années.

En refusant d'endosser à nouveau ce rôle de hors-la-loi hétéro, Wentworth Miller privilégie son bien-être et ses convictions personnelles. Il prend aussi une position forte, laissant entendre, d'une certaine manière, que les personnages queers ont besoin de davantage de représentation et de profondeur. Il faut avouer qu'un Prison Break porté par un Michael Scofield gay, ça aurait quand même de la gueule.

Video : Quand on fait son coming out !

jeudi, novembre 12, 2020

UK : La BBC interdit désormais à ses employés de participer aux Prides ( Marches des Fiertés ) !

Par souci de " neutralité ", les équipes du groupe médiatique britannique n'auront désormais plus le droit de participer activement à des événements jugés trop politiques. Une entrave à leur liberté individuelle jamais vue jusqu'ici. 

La BBC serre la vis : Dans une récente annonce partagée sur son site, le groupe audiovisuel public n°1 du Royaume-Uni officialise l'instauration de nouvelles mesures pour garantir l'impartialité de ses équipes. Dès à présent, ses employé·e·s n'auront plus le droit " d'exprimer une opinion personnelle sur des sujets d'ordre public, sur la politique ou sur des sujets controversés ". Ces règles restrictives s'appliqueront aussi bien aux réseaux sociaux, professionnels comme personnels, qu'à la vie réelle de tous les jours.

Une vigilance accrue : Souvent pointée du doigt pour son manque présumé de neutralité, la BBC espère rectifier le tir avec ces mesures inédites et rétablir une certaine crédibilité. Concrètement, les équipes du groupe devront être vigilantes quant à leurs partages sur les plateformes sociales mais aussi à leurs likes, leurs abonnements ou à tout type de réaction concernant du contenu en ligne. Ils n'auront également pas le droit de tenir des propos déplacés vis-à-vis de leurs collègues, leurs supérieurs ou de leur employeur au sens large.

Plus encore, il leur sera interdit de soutenir et/ou de participer à des manifestations mettant en péril leur neutralité. En guise d'exemple, un·e employé·e ne pourra pas afficher son soutien au mouvement Black Lives Matter, ni épauler la communauté LGBTQ+ en se rendant à une Marche des Fiertés.

Sanction à la clé : Sans surprise, ces mesures seront d'autant plus drastiques pour les équipes traitant de l'actualité et des faits divers, mais également des présentateurs·trices identifié·e·s auprès du grand public. En cas de violation jugée grave de ces règles fraîchement mises en place, un licenciement immédiat est envisageable. " Si vous voulez être un chroniqueur engagé ou un partisan politique sur les réseaux sociaux, alors c'est un choix valide, reconnaît Tim Davie, directeur général du groupe médiatique. Mais vous ne devriez donc pas travailler pour la BBC ". Un changement radical qui risque d'en échauffer plus d'un·e. 

lundi, novembre 09, 2020

Video : Etre gay en 1984, c'était comment ?

People : Cyril Féraud est-il gay ?

Incontournable sur France 3, Cyril Féraud, 35 ans, ne vous dira rien sur son intimité ! Dans une récente interview, il répond à une question indiscrète que tout le monde se pose... 

Il a 35 ans et déjà 16 ans de carrière derrière lui, à la télévision. Devenu un des visages connus de France 3, Cyril Féraud reste très mystérieux sur sa vie privée. Lui qui est animateur de " Slam " depuis 2009, et la " Carte aux trésors " depuis 2018 est arrivé cet été dans " Fort Boyard ". Et sa récente notoriété ne l'a pas changé sur ce plan.

Dans le portrait que lui consacre " Libération ", ce 7 novembre, on apprend que Cyril Féraud garde " jalousement sa vie privée " et a fait le choix de ne rien dire ni sur sa famille, ni sur ses amours. Lui qui avait rendu hommage à son papa juste après sa disparition, en juin 2019, des suites d'une longue maladie, s'est toujours refusé à se confier sur son orientation sexuelle.

Si " je protège ma femme " ou si " je suis homo " : Nos confrères le citent d'ailleurs à ce sujet. Il s'amuse de cette curiosité autour de lui et note : " ça les intrigue de savoir si je ne parle pas de ma vie parce que je n'en ai pas, parce que je protège ma femme, parce que je suis homo..." Et ce n'est pas le seul sujet tabou pour Cyril Féraud. La star de télé ne parle pas plus de son orientation politique, ni même de sa religion, nous dit-on aussi. Il est seulement catholique " pas du genre tous les dimanches à la messe mais croyant ".

Quoi qu'il en soit, célibataire ou en couple, gay ou hétéro, pendant son temps libre, ce perfectionniste raconte qu'il corrige de nombreux tics de langage qu'il trouve disgracieux en visionnant des replay de lui. Il aime également regarder Netflix et lire ( surtout du Maupassant ). En voilà un qui doit adorer le confinement. 

vendredi, octobre 16, 2020

Culture : On a regardé le premier épisode de " We Are Who We Are ", la série de Luca Guadagnino !

Après avoir chamboulé les cinéphiles avec la romance italienne d'Elio et Oliver dans Call Me by Your Name, Luca Guadagnino entreprend de conquérir la télévision. Un pari audacieux qu'il pourrait bien tenir.

Lorsqu'un cinéaste réputé veut s'essayer dans une série télé, l'excitation se confond souvent avec l'appréhension. Ce fut le cas quand Luca Guadagnino a annoncé plancher sur sa première fiction pour le petit écran. Après son hit indéniable Call Me by Your Name, le réalisateur a dévoilé We Are Who We Are, une mini-série coproduite par l'Italie (Sky Atlantic) et les États-Unis (HBO). Et suite à la diffusion de son épisode inaugural, les craintes s'estompent.

Il était une (nouvelle) fois, en Italie : Avec We Are Who We Are, direction Chioggia. C'est dans cette ville côtière de l'Italie que Fraser (Jack Dylan Grazer) vient d'emménager, contraint d'élire domicile ici après la promotion de sa mère (Chloë Sevigny), désormais en charge d'un régiment au sein de la base militaire locale. Bien qu'il n'ait pas envie d'être là, Fraser explore les environs. Et se prend de fascination pour Caitlin (Jordan Kristine Seamón), sa voisine qui n'est peut-être pas qui elle prétend être.

Sur le papier, bien avant qu'elle n'entame sa diffusion, We Are Who We Are était décrite comme se focalisant sur l'amitié intense entre Fraser et Caitlin. Mais le pilote de la série est quasi-exclusivement centré sur Fraser. Une entrée en matière risquée, tant l'attitude du personnage en question déroute. On le voit gifler sa mère, sans raison apparente, et sans que le scénario ne prévoit de réprimande. Autant dire qu'à ce moment là, le capital sympathie du protagoniste principal est proche de zéro.

Mais cet épisode introductif de We Are Who We Are peut être segmenté en deux dimensions : Fraser avec sa famille ( un couple homoparental ), puis Fraser à la découverte de son nouvel environnement. La première partie pèche un peu, principalement car ce premier épisode ne donne pas au téléspectateur les éléments qui permettraient de mieux cerner, et surtout de comprendre, son héros central. Nul doute que davantage de réponses seront apportées par la suite, mais ces zones d'ombre contribuent, pour l'heure, à faire de Fraser un personnage difficile à suivre.

Identité queer : Dès lors qu'on l'extirpe de cet arrière-plan familial, le personnage respire tout de suite davantage. Il paraît plus innocent, plus familier. Fraser est perçu comme un marginal tout en cultivant cette marginalité. Il observe, scrute, effleure parfois le voyeurisme, sans jamais trop en donner en retour. Croisé dans le remake de Ça, Jack Dylan Grazer insuffle ce qu'il faut de candeur à sa performance, avec des regards qui font la différence. Comme celui, à la fois curieux et désorienté, qu'il arbore après avoir débarqué par mégarde dans les vestiaires de militaires, tous en tenue d'Adam. Si sa queerness n'est pas verbalisée, elle est suggérée avec subtilité.

Car, de la même manière que Call Me by Your Name, cette mini-série compte bien ausculter l'adolescence queer et la recherche identitaire. Sans trop tomber dans le spoil, ce premier épisode s'achève d'ailleurs sur une question d'un personnage à un autre : " Comment je devrais t'appeler ? ". Tout le contraire d'anodine, elle encapsule à elle seule le propos de la série : l'identité, celle qu'on ne choisit pas et qu'on s'approprie soi-même.

Captivant : Avec une colorimétrie qui n'est pas sans évoquer celle de Call Me by Your Name, Luca Guadagnino délivre un premier chapitre léché, porté par une approche naturaliste et une bande-son enivrante produite par Devonté Hynes, ou Blood Orange, son alias à la scène. Épaulé par ses cocréateurs Paolo Giordano, Francesca Manieri et Sean Conway, le réalisateur italien promet une œuvre singulière et gentiment provocatrice, cohérente avec le line-up de HBO.

Bien que bancales à certains égards, les bases sont posées pour faire de We Are Who We Are un récit queer exaltant sur la quête effrénée de liberté, caractéristique indissociable de l'âge adolescent. Prometteur, en espérant surtout que la mini-série ne se plante pas dans sa représentation ( pour le moment à peine suggérée ) de la transidentité. En attendant, on continue de déplorer le fait que la série n'ait pas trouvé de diffuseur dans notre Hexagone.

mardi, septembre 08, 2020

TV : Tu deviendras hétéro mon fils !

Aux Etats-Unis, des centaines de milliers d'homosexuels se sont engagés dans des thérapies dites "de conversion", des pratiques dangereuses, voire dévastatrices...

Produit par Tohubohu, le documentaire intitulé " Tu deviendras hétéro mon fils " sera diffusé dans le cadre de la soirée " Le Monde en face ", présentée par Marina Carrère d’Encausse, aujourd'hui à partir de 20h55 sur France 5. Décrit comme " fort et dérangeant ", ce documentaire retrace l’histoire de Lucas, Matthew et Jordan, qui ont tous subi une " thérapie de conversion " et ont souffert des choix que leur imposaient leur famille et leur milieu.

Synopsis : Assumer son homosexualité, quand on est Américain, ne va pas forcément de soi. Des centaines de milliers d'entre eux, par pression sociale, familiale ou religieuse, se sont engagés dans des thérapies dites " de conversion ". Au-delà de la dimension absurde d'une telle promesse, ces thérapies s'avèrent dangereuses voire dévastatrices. Aujourd'hui, à travers les Etats-Unis, s'engage un combat pour que ces prétendues thérapies, toujours légales dans une quarantaine d'Etats, cessent et qu'enfin les victimes soient reconnues en tant que telles. Ce film est une plongée dans une Amérique où l'homosexualité s'apparente à une maladie ". 

Fréquentes de nos jours aux Etats-Unis, ces thérapies, qui n’en ont que le nom, promettent de réparer une orientation sexuelle déviante, de changer l’identité profonde d’une personne ", indique le communiqué. 

Après la diffusion du documentaire, Marina Carrère d’Encausse animera un débat avec quatre invités.

Documentaire (société) de 1h09min de 2020

Regardez la bande annonce : Here/Ici

dimanche, septembre 06, 2020

TV : " The Boys in the Band ", le prochain film gay inratable de Netflix !

Le gratin gay d'Hollywood se donne rendez-vous dans cette adaptation de la pièce à succès signée Mart Crowley.

Quand des retrouvailles entre amis dérapent, ça donne The Boys in the Band. Planifié pour le 30 septembre prochain sur Netflix, ce film portera à l'écran la pièce de théâtre acclamée de Mart Crowley parue en 1968. C'est d'ailleurs dans le New York de cette année-là que nous embarquera le long-métrage produit par Ryan Murphy, alors qu'un groupe de proches se réunit pour célébrer l'anniversaire de l'élégant Harold (Zachary Quinto).

Une fois l'euphorie des retrouvailles estompée, les choses commencent à s'envenimer. Comme le montre ce trailer ( dans le billet ci-dessous, ndlr ) au rythme effréné, un Michael (Jim Parsons) plutôt imbibé lance un jeu : pour gagner des points, chacun des invités doit appeler la personne qu'il est sûr d'avoir aimé. Dès lors, la tension monte entre les convives et les règlements de comptes démarrent. 

Un lourd casting : Également au casting, Matt Bomer se glissera dans la peau de Donald, l'ex de Michael qui traverse une période d'introspection, alors qu'Andrew Rannells jouera Larry, un artiste en couple avec Hank (Tuc Watkins), qui vient tout juste de quitter sa femme. Michael Benjamin Washington sera Bernard, un libraire maladroit, dont l'amitié avec Emory (Robin de Jesús) pourrait être plus que ça. Enfin, l'éternel twink Charlie Carver incarnera un jeune escort, embauché pour l'anniversaire de Harold. Mais l'élément déclencheur de cette soirée cataclysmique sera Alan, l'ancien colocataire de Michael durant leurs années fac, interprété par Brian Hutchison.

Pour l'anecdote, The Boys in the Band sera le tout premier film produit par Ryan Murphy pour Netflix, en accord avec le deal record qu'il a signé avec la plateforme de streaming quelques années plus tôt. Un deuxième est déjà annoncé : il s'agit de The Prom, une comédie musicale basée sur la pièce éponyme qui a enflammé Broadway. Et sa distribution fait déjà saliver, avec Meryl Streep, Nicole Kidman ou encore Kerry Washington annoncées en têtes d'affiche.

Video : The Boys in the Band, la bande annonce !

mercredi, août 26, 2020

Pologne : La démission d’un recteur après une sortie atroce sur les LGBT+ fait polémique !

À la télévision, le recteur de Lodz a parlé d'un " virus LGBT " qu'il juge pire que la Covid-19. Après sa démission, le parti au pouvoir a dû marteler que sa démission " n'avait rien à voir avec ses déclarations dans les médias ".

Il avait évoqué un pseudo " virus LGBT ". Grzegorz Wierzchowski, le recteur de l'académie de la région de Lodz a été licencié. En Pologne, son retrait a fait l'objet d'une vive polémique. Les commentateurs croient savoir qu'il aurait été remercié pour ses propos tenus à la télévision. Dans l'émission " Discussions inachevées ", il compare le coronavirus et " l'idéologie LGBT " (sic) et défend une position LGBTphobe.

" Je pense que ce virus LGBT, le virus de l'idéologie est beaucoup plus dangereux ( que le coronavirus, ndlr ). Il s'agit d'un virus de déshumanisation de la société ", déclare le recteur sur Telewizja Trwam, une chaîne dirigée par une organisation catholique. Il a ensuite dénoncé l'éducation sexuelle des pays de l'ouest, notamment en Allemagne. " Regardez ce qui se passe au-delà des frontières, par exemple en Allemagne. Il y a une éducation sexuelle obligatoire et permissive où, dans les écoles par exemple, dans les manuels, il y a des exercices dans lesquels les enfants doivent concevoir un bordel et l'administrer. Nous avons affaire à une dictature. Une dictature de personnes clairement minoritaires et qui imposent leur idéologie ", lâche-t-il.

Demande de démission de l'opposition : Ces propos ont indigné l'opposition politique qui a demandé sa démission. " Le recteur dit que nous sommes au stade du virus LGBT et je dis que le conservateur a été attrapé par le virus de la stupidité. Et ce n'est pas la première fois ! ", écrit sur Twitter le député de gauche Tomasz Trela qui appelle à la démission. " Comment pouvez-vous parler des gens d'une manière aussi dégoûtante parce que ces personnes ont une orientation sexuelle différente ? Oui, monsieur le ministre ( de l'Éducation qui est interpellé, ndlr ), les LGBT ne sont pas une idéologie ou un virus, mais des gens. Comme vous, le recteur et tout autre militant de votre parti ", insiste-t-il dans une lettre au ministre de l'Éducation.

Sa demande a été soutenue par Slawomie Broniarz, le président du syndicat des enseignants polonais. " Le virus le plus grave est celui de la stupidité. Il est encore plus dangereux lorsqu'un personnel de l'éducation est infecté...", a appuyé Dariusz Joński, député de Lodz cité par le Polska Times.

Rien à voir avec ses déclarations : Mais lorsque le licenciement a été confirmé, le recteur a été soutenu par une partie de la population. À tel point que le ministère a précisé que le licenciement du recteur n'était pas lié aux propos qu'il a tenus à la télévision. " Le ministre de l'Éducation a répondu positivement à cette demande de licenciement après une analyse approfondie des activités du recteur de Lodz ", insiste une porte-parole du ministère à TVN24. Le préfet de la région a insisté en avançant que la démission " n'avait rien à voir avec ses déclarations dans les médias ". Il ajoute qu'ils ont commencé à discuter du cas du recteur à partir du 14 août, avant l'intervention télévisée.

Le parti Solidarna Polska ( parti de droite conservatrice issu d'une scission avec le PiS au pouvoir, mais qui a soutenu la réélection du président ) a déclaré sur Twitter : " La démission du recteur de Lodz, que les médias associent à sa déclaration à la télévision sur la menace de l'idéologie des LGBT, a suscité des inquiétudes au sein de nos électeurs. Nous partageons pleinement son opinion sur les menaces qui pèsent sur la jeunesse polonaise et qui sont posées par une idéologie LGBT agressive et discriminatoire ". " Solidarna Polska ne permettra à personne en Pologne de perdre son emploi car elle protège nos enfants contre l'offensive vulgaire des milieux de gauche qui luttent contre nos valeurs ! ", écrit Janusz Kowalski, un député Solidarna Polska.

Une centaine de communes " sans LGBT " : Les actes LGBTphobes sont de plus en plus décomplexés en Pologne. Andrzej Duda, le président ( Droit et Justice, PiS ) au pouvoir entretient un climat LGBTphobe. Pendant la campagne pour sa réélection, il a assimilé l'homosexualité à une "idéologie" comparable à du " néo-bolchevisme ". Une centaine de communes se sont déclarées " sans LGBT ". Un ministre a déclaré que " c'est toute la Pologne qui devrait être une zone sans LGBT ". Début août, des manifestations ont éclaté dans le pays pour soutenir des militants LGBT+ arrêtés par la police après avoir dégradé un véhicule d'une association " pro-vie " qui faisait un lien entre homosexualité et pédophilie.

jeudi, août 13, 2020

TV : Pourquoi il faut voir " Howard ", fascinant docu sur le génie gay derrière les chansons iconiques de Disney !

On lui doit les chansons de " La Petite Sirène ", " La Belle et La Bête", " Aladdin "... Le parolier Howard Ashman a changé la face de Disney pour toujours. Disney+ rend hommage à cet auteur majeur, mort du sida en 1991, à travers un docu déchirant et riche. C'est l'histoire d'un jeune gay du Maryland qui allait changer pour toujours la face de Disney. Howard Ashman est l'auteur des paroles des plus belles chansons de Disney des années 90. La chaîne Disney+ lui rend hommage dans un documentaire passionnant sobrement intitulé Howard.

Un film intimiste sur l'un des plus grands paroliers de l'univers Disney, mort du sida en 1991. Au-delà de ses chansons inoubliables, sa science de la dramaturgie va permettre à la firme à la souris de renouer avec le succès après des années 80 difficiles.

Un impact considérable : La confidentialité du personnage est, en partie, ce qui a poussé le producteur Don Hahn à consacrer un documentaire à Howard Ashman. " Il n'y a pas de roman, pas de biographie sur lui, déclare le réalisateur dans les lignes du média Entertainment Tonight. Il y a tellement de films sur les Michael Jordan de ce monde, à raison d'ailleurs. Sur ces héros politiques, sportifs ou historiques. Mais raconter une histoire sur un artiste qui est tout aussi héroïque dans son approche, qui est aussi érudit dans son art, qui connaît l'univers des comédies musicales comme sa poche... Montrer cette forme d'héroïsme est, selon moi, très important ". Et ça se ressent fortement à l'écran.

Conçu quasi exclusivement en voix off et images d'archives, Howard est une ode de 90 minutes à cette figure de l'ombre disparue trop tôt. Le film met en lumière ses premiers élans créatifs, tandis qu'enfant il construisait des univers presque oniriques avec ses jouets dans sa chambre pour divertir sa petite sœur. Des instants brillamment reconstitués pour le documentaire, avec un sens de la poésie et de l'esthétisme qui colle avec le personnage.

S'ensuivent alors ses années à se construire une réputation à la Grosse Pomme, en passant par l'adaptation de la comédie musicale d'épouvante La Petite Boutique des horreurs. Jusqu'à la consécration, soit le moment où il rejoint les rangs du tout-puissant Disney.

De la queerness chez Disney : Repéré par Jeffrey Katzenberg, alors président de Walt Disney Studios, Howard Ashman se fait un temps désirer puis finit par rejoindre l'entreprise pour en devenir l'un des plus grands paroliers. Dès lors, le documentaire se présente comme un must-see incontournable pour les aficionados des films d'animation Disney.

Le film rentre dans l'intimité de la genèse des œuvres sur lesquelles Ashman a travaillé, à l'instar de La Petite Sirène, La Belle et la bête ou encore Aladdin. Le docu regorge de clins d’œil aux coulisses de ces films et ne lésine pas sur les fun facts, ce qui devrait en ravir plus d'un. Comme la queerness que Ashman parvient à inoculer à l'univers Disney.

Fait notable, Disney n'escamote pas l'histoire personnelle de son parolier. Bien au contraire. Son homosexualité, sa première histoire d'amour avec Stuart White, l'arrivée du " cancer gay " et finalement, les premiers signes de la maladie chez le parolier font l'objet de séquences salutaires et bouleversantes.

Une homosexualité assumée : Tous deux originaires de Baltimore, Howard et Stuart se rencontrent lors d'un camp d'été pour jeunes théâtreux. Une passion amoureuse naît entre eux, une collaboration artistique également. Ensemble, avec leur ami Kyle Renick, ils reprennent un théâtre sur le déclin pour y produire leurs pièces. Mais lorsque le couple déménage à New York, Stuart vibre pour la scène clubbing de l'époque et refuse de toutes ses forces une vie hétéronormée. Il meurt très tôt du sida, en 1983. Maladie que l'on connait encore très mal à l'époque.

Ashman sera à son tour emporté par la maladie en 1991. Si le visionnage de Howard est un incontournable pour les férus d'animation Disney, il l'est tout autant pour celles et ceux qui souhaiteraient comprendre l'impact terrible de la maladie sur la communauté homosexuelle à l'époque.

Plus qu'un parolier au génie inégalé, Howard Ashman était une figure queer qui a traversé une période difficile et indélébile pour bon nombre d'hommes gays. " Je ne peux pas m'empêcher de penser que ses derniers instants font écho à d'autres histoires de personnes ayant traversé cette même crise ", argumente le réalisateur Don Hahn.

Virtuose : S'il fallait évoquer une raison supplémentaire de jeter un œil à ce documentaire, c'est bel et bien sa bande originale. Celle-ci a été conçue expressément par Alan Menken, ex-collaborateur de Howard Ashman. Ensemble, ils ont été récompensés aux Oscars pour " Under the Sea " dans La Petite Sirène en 1989 ou encore " A Whole New World " dans Aladdin en 1992. Virtuose, cette BO apporte une touche encore plus intimiste à un récit qui l'était déjà fortement. On retient une larme, quand le documentaire explique que certaines de ces chansons ont été écrites par Ashman alors qu'il était littéralement en train de mourir du sida.

Mort à l'âge de 40 ans, Howard Ashman laisse derrière lui un héritage conséquent. Son approche de la dramaturgie, sa connaissance intime d'univers des comédies musicales, sa modernité, sa queerness, son exigence aiguë du chant vont durablement impacter les créations Disney. Et ses chansons marquer plusieurs générations.

" Howard " de Don Hahn est disponible sur Disney+.

Video : Howard ( Official Trailer ) Disney+ !