mercredi, février 07, 2018
mardi, février 06, 2018
En savoir plus : Mais ça veut dire quoi, LGBTQIA+
Le sigle désignant les personnes qui ne sont pas hétérosexuelles n'en finit plus de s'étendre. Mais à quoi correspondent toutes ses lettres ? " L'homme est un concept " fait le point.
Mais ça veut dire quoi, LGBTQIA+ : Une femme qui aime les femmes, un homme qui aime les hommes, OK, on maîtrise : une lesbienne, un gay. Mais un homme né femme, et qui aime les femmes ? Et une personne qui ne se définit ni comme homme, ni comme femme ? Et une personne qui n’a aucune sexualité ? Comment les définir ?
Ces catégories bien précises, qui peuvent par ailleurs avoir des revendications différentes, sont souvent regroupées dans le même sac du sigle LGBT ( lesbienne gay bi trans ), qui a remplacé dès le début des années 90 le terme " gay " jugé trop restrictif. Les " revendications gay " ou la " culture gay " n’embrassaient pas tout le spectre des personnes non hétérosexuelles, laissant notamment croire que, chez les homos, il n’y avait que des hommes. " On se bat pour dire LGBT ; parler de communauté gay est un raccourci, une facilité de penser ", explique Mathieu Brancourt, de l’association des journalistes LGBT (AJL). Le sigle LGBT " permet de désigner une orientation sexuelle [LGB] mais aussi une identité de genre ( T ) ". Pour qu’il soit efficace, continue-t-il, LGBT " doit être explicité à chaque fois " par les journalistes.
Si LGBT paraît donc aujourd’hui largement adopté ( c’est le terme par exemple employé par le gouvernement ), on voit aussi apparaître des variantes, comme LGBTQ ( recommandé aux Etats-Unis par l’association LGBT de critique des médias Glaad ), LGBT+ ou l’extension LGBTQIA+. Ces termes un peu barbares ont tout de même le mérite de représenter l’ensemble des identités possibles rassemblées (au moins) par un point commun : elles ne correspondent pas à la sexualité majoritaire dans laquelle un homme (né homme) a un rapport avec une femme (née femme).
Mais à quoi correspondent toutes les lettres de ces sigles ? Examinons-les une à une :
- L comme lesbienne. Une femme qui a des relations sexuelles avec une femme.
- G comme gay. Un homme qui a des relations sexuelles avec un homme.
- B comme bi. Une personne qui a des relations sexuelles avec un homme ou avec une femme.
- T comme trans. Une personne née homme ou née femme et qui ne se sent pas appartenir à ce genre. " Le terme transsexuel-le est parfois utilisé pour désigner plus spécifiquement les personnes trans opéré-e-s. Les personnes non-opéré-e-s peuvent être appelé-e-s trangenres. Pour éviter d’instaurer une hiérarchie, on préférera le terme personnes trans, qui permet d’inclure la multiplicité des parcours et des identités ", détaille l’AJL, dans son " kit à l’usage des rédactions ".
Q comme queer. Sa définition est un peu plus floue, mais le terme est finalement très simple à comprendre : une personne se dit queer quand elle ne se reconnaît pas dans la sexualité hétérosexuelle, ou ne se sent pas appartenir à un genre défini.
I comme intersexe. Les personnes intersexes ne sont nées ni homme ni femme. Il existe plusieurs situations qui peuvent mener à l’intersexuation. Gaëtan Schmitt par exemple, que Libération avait rencontré en 2017, est né avec un micropénis et un vagin rudimentaire. En France, environ 200 enfants seraient concernés sur les 800 000 naissances annuelles.
A comme asexuel. " Les personnes asexuelles ne ressentent pas le besoin de s’engager dans des relations sexuelles ", explique l’association pour la visibilité asexuelle. Elles peuvent avoir des relations amoureuses mais revendiquent le droit à ne pas ressentir d’attirance physique.
+ comme : et tous les autres. Aux Etats-Unis, le sigle le plus long est LGBTTQQIAAP : lesbian, gay, bisexual, transgender, transexual, queer, questioning ( des personnes qui se questionnent sur leur sexualité ), intersex, asexual, allies ( les alliés hétérosexuels de la cause ), pansexuels ( qui revendiquent une attirance pour n'importe quel genre ). On voit parfois aussi en anglais apparaître un O, pour " other " (les autres) !
Aujourd’hui, le terme LGBT est le plus couramment utilisé et, à ce titre, correspond le mieux pour décrire la situation de ces personnes et de leurs revendications. Nous y ajoutons un + pour englober toutes les autres réalités.
lundi, février 05, 2018
dimanche, février 04, 2018
Cinéma : " Matt & Max ", le prochain film de Xavier Dolan, parlera de deux amis qui tombent amoureux !
Xavier Dolan n’a pas encore présenté son prochain film, The Death and Life of John F. Donovan, qu’il a déjà annoncé préparer le suivant.
Selon le Hollywood reporter, Xavier Dolan mettra deux amis gays à l’honneur de son huitième long métrage, Matt & Max. Les éléments révélés jusqu’à présent font écho au premier film du réalisateur québécois, J’ai tué ma mère : non seulement Xavier Dolan interprétera lui-même le personnage de Max, mais il aimerait encore que sa mère soit incarnée par Anne Dorval – qui jouait également la mère du héros dans Mommy.
Le film racontera l’histoire d’amitié de deux amis à l’approche de la trentaine, qui se découvrent des sentiments l’un pour l’autre. Il sera tourné au Québec, comme tous les premiers films du réalisateur. Il a expliqué son projet au Hollywood Reporter :
" Cette année, j’ai vu des films qui m’ont semblé si courageux et si authentiques dans leur écriture et leur manière de parler d’amour queer. Pendant un temps, j’ai ressenti le besoin d’explorer des personnages qui ne soient pas nécessairement gays. Mais ces expériences de cinéma m’ont donné envie de les remettre en avant ".
Xavier Dolan envisage " une combinaison de Tom à la ferme, pour l’esthétique, et de Mommy, pour l’énergie et l’esprit ".
Le réalisateur, qui aura 29 ans en mars, n’a pas été insensible au charme de God’s own country ( Seule la Terre ) de Francis Lee, auquel il a consacré un hommage appuyé : " Ce film m’a brisé le cœur. Il m’a rendu vivant et inspiré ", écrit-il sur son compte Instagram.
Son premier film en anglais pour 2018.
Le Amélie Nothomb du septième art se fait attendre avec son premier film intégralement tourné en langue anglaise, The Death and Life of John F. Donovan, dont nous n’avons pour le moment que quelques images de tournage, des éléments de scénario, et un casting impressionnant : Jessica Chastain, Susan Sarandon, Natalie Portman, Kit Harington. Une volonté de s’entourer des noms les plus en vue du cinéma qui n’est pas sans rappeler son précédent film, Juste la fin du monde, mise en image de la pièce de Jean-Luc Lagarce, qui rassemblait à l’écran Nathalie Baye, Gaspard Ulliel, Léa Seydoux, Marion Cotillard et Vincent Cassel.
The Death and Life of John F. Donovan, son septième long métrage, parlera de célébrité et de coming out. John F. Donovan (Kit Harington), tient le rôle d’un acteur outé et harcelé par un tabloïd dont la directrice (Jessica Chastain) tente de détruire la carrière.
Le tournage du film s’est achevé durant l’été 2017. Il a nécessité un budget de 28 millions de dollars, ce qui fait de lui le film de Xavier Dolan le plus cher jusqu’à présent. Actuellement en post-production, The Death and Life of John F. Donovan pourrait être présenté au festival de Cannes 2018 qui ouvrira ses portes le 8 mai prochain. Les Cahiers du cinéma l’ont placé en tête de ses films les plus attendus en 2018 .
Acteur aux côtés de Nicole Kidman : Encore un projet pour l’insatiable Dolan, mais devant la caméra cette fois-ci : il a tourné dans Boy erased, un film de Joel Edgerton sur les thérapies de conversion. Un fils de pasteur est obligé de " soigner " son homosexualité… Au casting : Nicole Kidman, Russell Crowe mais aussi le chanteur Troye Sivan. Sur le même sujet, The Miseducation of Cameron Post de Desiree Akhavan a fait un triomphe au festival Sundance.
samedi, février 03, 2018
Indonésie : Google supprime un site de rencontres gay !
Le gouvernement indonésien a mis la pression sur le géant du numérique pour qu'il supprime l'application Blued destinée aux utilisateurs indonésiens.
Le géant américain du numérique Google a retiré de ses boutiques en ligne en Indonésie l'une des applications de rencontres pour homosexuels les plus utilisées au monde, à la demande des autorités, a indiqué mercredi un porte-parole.
Courant janvier, le ministère indonésien des Communications avait appelé Google à retirer de sa boutique en ligne Play Store 73 applications LGBT ( lesbien, gay, bisexuel, transgenre ) incluant des services de rencontres, et a appelé la population à éviter d'utiliser des applications ne correspondant pas aux normes sociales et culturelles du pays musulman le plus peuplé au monde.
En conséquence, Blued ( application et réseau social qui compte plus de 27 millions d'utilisateurs à travers le monde ) n'est plus disponible dans la boutique en ligne Google Play pour les utilisateurs indonésiens, a indiqué un porte-parole du ministère, Noor Iza.
" Il y avait dans cette application du contenu négatif lié à la pornographie. Sans doute qu'un ou plusieurs utilisateurs de l'application y ont mis du contenu pornographique ", a déclaré le porte-parole à l'AFP, sans autres détails. Google s'est refusé à tout commentaire.
Mercredi, l'application Blued était en revanche toujours disponible dans la boutique en ligne d'Apple, autre géant américain de l'internet.
D'autres applications retirées : Selon le quotidien indonésien Kompas citant le porte-parole du ministère, 14 autres applications LGBT ont également été retirées de la boutique en ligne de Google en Indonésie.
Les relations homosexuelles sont légales en Indonésie, à l'exception de la province d'Aceh, la seule de l'archipel d'Asie du Sud-Est à appliquer la loi islamique (charia). Cependant, la police indonésienne a fréquemment recours aux strictes lois anti-pornographie pour réprimer des membres de la communauté LGBT.
Le retrait de ces applications intervient sur fond d'hostilité croissante à l'égard de la communauté LGBT en Indonésie. Depuis quelque temps, des ministres, des conservateurs et des groupes islamistes se livrent publiquement à des propos homophobes.
En décembre dernier, dix hommes avaient été condamnés à deux ans de prison pour avoir participé à une fête homosexuelle dans un sauna de la capitale.
vendredi, février 02, 2018
Suisse : La photo d'un couple gay qui agite les protestants !
Un cliché publié dans le journal de l'église réformée a suscité des réactions outrées. Le directeur de la publication s'explique.
Un homme nu, les bras en croix, enlacé par un autre homme nu. C'est le cliché, réalisé par l'artiste suédoise Elisabeth Ohlson Wallin, qui accompagne un dossier publié dans " Réformés ", le mensuel romand de l'église protestante, au sujet de l'accueil des personnes homosexuelles dans les paroisses. Il n'a pas été du goût de tous.
C'est par centaines que des lecteurs ont fait part de leur indignation au journal, écrit " 24 heures " mardi. D'après un responsable du site du journal, ceux-ci sont majoritairement issus du milieu évangélique.
C'est par centaines que des lecteurs ont fait part de leur indignation au journal, écrit " 24 heures " mardi. D'après un responsable du site du journal, ceux-ci sont majoritairement issus du milieu évangélique.
Le co-rédacteur en chef de la publication, Gilles Bourquin, a alors publié une réponse détaillée aux différentes critiques reçues, et n'a de loin pas fait machine arrière. " Cette photographie montre la dignité de la relation homosexuelle. Il y a de la noblesse dans ces deux corps qui se touchent avec tendresse ", écrit-il sur son site.
Mais des lecteurs ont fait part de points précis. Certains ont pu voir dans la position de l'homme rappelant la crucifixion une insinuation selon laquelle le Christ serait homosexuel. " Cette interprétation va trop loin. L'évocation de la crucifixion renvoie aux persécutions dont sont victimes les LGBTI dans plusieurs pays du monde ", répond le journaliste et théologien.
D'autres ont reproché à la publication " d'inciter les jeunes à devenir homosexuels ". Gilles Bourquin rétorque : " Nous n’avons aucune volonté d’inciter qui que ce soit à devenir autre qu’il n’est. Il s’agit par contre d’instaurer le respect des personnes LGBTI, en découvrant que ce sont des personnes ordinaires ".
Pas de quoi convaincre ceux qui ont été choqués par l'image. Sur les réseaux sociaux, la publication de la réponse du théologien suscite quelques commentaires amers. " Cette photo accumule les poncifs de la bienpensance contemporaine. Ceux qui l'ont choisie n'ont fait que relayer le discours que les médias dominants nous rabâchent ad nauseam ", écrit ainsi un internaute.
Mais pour Gilles Bourquin, le cliché suscitait ces commentaires à dessein. " Cette image a pour but de nous interroger : Pourquoi sommes-nous choqués en regardant deux hommes allongés l’un contre l’autre, exprimant ainsi leur amour? ", conclut-il.
Source
jeudi, février 01, 2018
Russie : Un mariage gay reconnu pour la première (et dernière) fois !
" La fonctionnaire qui a tamponné les passeports des jeunes hommes ainsi que le responsable du service seront licenciés " a indiqué Moscou.
Alors que le monde entier regarde les cadets russes, habillés de slip et sanglés de lanière de cuir, danser sur " satisfaction " de Benny Benassi, la presse internationale ignore les évènements plus sérieux survenant à Moscou.
Le climat homophobe n'a pas tardé à produire ses effets : les critiques des autorités russes sont tombées en trombes sur les jeunes étudiants de l'institut d'aviation civile d'Oulianovsk. " Tragédie ", " société tournée en dérision ", la " honte ", etc.
La Russie de Poutine, machiste, sous la domination d'un homme torse nu, qui pêche, tire au fusil, ne digère pas le spectacle des étudiants dansant en tenue " bdsm ". Le directeur de l'école les a déjà prévenus : il n'y aura pas de pardon.
La réaction est sans surprise. En 2013, Vladimir Poutine promulguait une loi prohibant la " propagande homosexuelle devant mineurs ", interdisant à quiconque d'évoquer ou de représenter d'homosexualité dans l'espace public. Selon un sondage, quelque 81% de Russes considèrent les relations du même sexe comme répréhensibles.
Les scènes homoérotiques ont certes provoqué la polémique, mais aussi déclenché un large mouvement de soutien, nommé " satisfaction challenge " et porté par des nageurs, jockeys, électriciens, infirmiers et même retraitées. Depuis la publication de cette vidéo, les clips de parodies en soutien aux jeunes hommes se multiplient.
Or, au même moment, à Moscou, le premier mariage entre deux hommes a été reconnu par les autorités publiques.
Le 25 janvier, la chaine de télé russe indépendante Dozhd avait invité un couple homosexuel. Pavel Stotsko, médecin, et son conjoint, Evgeniy Voitsekovski, étudiant, se sont mariés à Copenhague le 4 janvier. Leur union a désormais été reconnue par l'administration russe de l'intérieur.
Les époux s'étaient simplement adressés au " MCF ", un simple guichet unique municipal. Une fonctionnaire avait alors accepté d'enregistrer le dossier, reconnaissant très légalement ce mariage conclu à l'étranger.
En effet, selon l'article 14 du code russe des familles, les mariages formés à l'étranger entre deux citoyens russes sont reconnus en Russie, dès lors que n'existent pas de " circonstances faisant obstacle à l'union ". En l'occurrence, ces circonstances sont limitées aux proches, les parents et les enfants adoptifs des époux, ainsi que les personnes déjà mariées ou dont le mariage a déjà été annulé par la justice à cause de troubles mentaux d'un des époux.
Or, la conclusion d'un mariage par deux personnes du même sexe à l'étranger n'est pas évoquée comme une circonstance faisant obstacle à une union.
Peut-on annuler ce mariage : La Douma ( la chambre basse du Parlement russe ) a déjà promis de corriger cette " lacune " dans la législation interne. S'il y a une contradiction dans la loi, les personnes y ayant un intérêt peuvent demander au tribunal d'invalider le mariage. Mais les avocats préviennent : l'amendement du code des familles pourrait prendre des mois ou même des années.
En 2014, un mariage entre une fille et un transsexuel avait été enregistré à Saint-Pétersbourg. L'union n'était possible que parce qu'au moment du mariage, l'époux transgenre n'avait pas encore changé de passeport et était juridiquement un homme. Officiellement, il s'agit d'un mariage conclu entre un homme et une femme, mais factuellement conclu entre deux femmes ", - avait alors expliqué le représentant de l'ONG LGBT " Vykhod ".
Et en France : En Russie, rien n'est joué. Pour prendre l'exemple de la France, jusqu'en 2015, des conventions bilatérales bloquaient la reconnaissance des mariages de personnes du même sexe issues de onze pays : Maroc, Tunisie, Algérie ou encore, Pologne...
En 2015, la Cour de cassation a validé le mariage d'un couple gay franco-marocain, estimant que l'ordre public français, qui porte en lui la liberté fondamentale de se marier, l'emportait sur la convention bilatérale entre la France et d'autres pays. Cette primauté de l'ordre public français n'était rendue possible que parce que la convention bilatérale le prévoyait.
Or, la loi russe ne prévoit aucun mécanisme inverse de blocage des mariages de personnes du même sexe, de sorte que les mariages gays doivent, jusqu'à nouvel ordre, être reconnus en Russie.
Finalement, vendredi, le 26 janvier, le ministère de l'intérieur russe a annoncé que les passeports du couple seront considérés comme invalides. " La fonctionnaire qui a tamponné les passeports des jeunes hommes ainsi que le responsable du service seront licenciés " pour la violation de la loi précise la police russe.
Un jour de " satisfaction " pour la communauté LGBT est désormais fini. Le premier " challenge " de mariage gay reconnu par la Russie sera probablement, sous le pouvoir de Poutine, le dernier.
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