samedi, septembre 15, 2018
vendredi, septembre 14, 2018
People : Kit Harington veut voir plus d'acteurs gays dans les films Marvel !
Kit Harington, star de Game of Thrones et du nouveau film de Xavier Dolan, Ma vie avec John F. Donovan, a évoqué la représentation des homosexuels dans le milieu du cinéma.
Interrogé par Variety lors du festival de Toronto, il assure qu’il " y a un gros problème avec l’idée que la masculinité et l’homosexualité ne pourraient pas coexister. Qu’on ne pourrait pas avoir un acteur gay dans la vraie vie qui joue un super-héros dans un film Marvel. Mais enfin, quand est-ce que ça arrivera " ? Il est vrai que jusqu’ici, aucun comédien embauché par le studio n’est homosexuel, du moins pas ouvertement.
Thandie Newton (Westworld), également au casting de Ma vie avec John F. Donovan, assure de son côté que " les choses changent, mais il ne faut rien lâcher et continuer à pousser ". Et Xavier Dolan d’ajouter que ceux qui sortent du placard sont libérés et peuvent enfin exposer au grand jour leur personnalité, mais n’ont pas forcément les mêmes opportunités de carrière que les hétérosexuels.
Ma vie avec John F. Donovan n’a pour l’instant pas de date de sortie. Le nouveau long-métrage de Xavier Dolan a été plutôt froidement reçu par la critique.
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jeudi, septembre 13, 2018
mercredi, septembre 12, 2018
Société : Aux origines de l'homophobie chrétienne
La déclaration maladroite du pape se voulait bienveillante. Elle l'est incontestablement si on la compare aux diatribes de Paul.
Alors que le pape François vient de tenir des propos controversés sur les homosexuels, quelles sont les origines de l'homophobie chrétienne ?
L'homosexualité vue comme une maladie : Le pape François sous-entend, dans sa conférence de presse, que l'homosexualité est une sorte de maladie. C'est pourquoi il emploie le mot remède. François reprend ici des idées déjà exprimées par son prédécesseur, le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, alors à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans les années 1980 : l'homosexualité n'est pas un péché, mais tout de même une mauvaise tendance d'un point de vue moral. Cette position officielle de l'Église catholique, tout en prenant la défense des homosexuels en tant que personnes, demeure néanmoins sujette à controverse, dans la mesure où elle présuppose que l'homosexualité est un problème " moral ", voire médical.
Au cours de l'histoire de l'humanité, les relations sexuelles entre personnes du même sexe n'ont pas toujours été condamnées. Dans la mythologie grecque, les principaux dieux et héros ( Zeus, Apollon, Héraclès... ) ont des aventures homosexuelles, sans faire l'objet de critiques. En fait, comme l'ont montré Michel Foucault ou encore Paul Veyne, le concept même d'homosexualité, tel que nous l'entendons aujourd'hui, n'existait pas dans l'Antiquité gréco-romaine.
Beaucoup d'hommes, au cours de leur existence, alternaient des relations avec des partenaires des deux sexes. Les individus n'étaient pas catégorisés en " hétérosexuels " ou " homosexuels ", comme aujourd'hui. Une forme de " bisexualité " prédominait dans les faits. Rois grecs et empereurs romains s'affichaient tantôt avec des femmes, tantôt avec des hommes, comme Alexandre le Grand qui aima Roxane, son épouse iranienne, mais aussi son ami d'enfance Héphestion : une sorte de ménage à trois.
Les homosexuels dignes de mort selon Saint Paul : Ce problème entre homosexualité et christianisme ne date pas des déclarations de François, le 26 août 2018. Il remonte aux origines mêmes de la nouvelle religion qui triompha dans l'Empire romain, à la fin de l'Antiquité.
Jésus ne parle pas de relations homosexuelles dans les Évangiles. C'est l'apôtre Paul qui aborde cette question pour la première fois dans l'histoire du christianisme. Bon connaisseur de la tradition juive, il s'inspire d'un passage de la Bible :
" Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ce qu'ils ont fait tous les deux est une abomination ; ils seront mis à mort, leur sang retombe sur eux " (Lévitique 20, 13).
Dans son Épître aux Romains (1, 18-31), Paul associe la sodomie au paganisme. Il condamne les femmes qui " ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ", c'est-à-dire celles qui acceptent des relations anales avec leurs partenaires masculins, ou encore les femmes qui aiment d'autres femmes.
Mais surtout, l'apôtre stigmatise avec vigueur les hommes qui, " abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l'infamie d'homme à homme ". Suit une cascade de termes négatifs, constituant une diatribe exceptionnellement longue. Paul entend marteler sa désapprobation absolue à l'égard des homosexuels :
" Ils sont remplis de toutes sortes d'injustice, de perversité, de cupidité, de méchanceté, pleins d'envie, de meurtres, de querelles, de ruse, de dépravation, diffamateurs, médisants, ennemis de Dieu, provocateurs, orgueilleux, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents, sans intelligence, sans loyauté, sans cœur, sans pitié ".
Parmi toutes ces accusations, la plus terrible est sans conteste celle " d' ennemis de Dieu ", puisqu'elle conduit les homosexuels à être finalement déclarés " dignes de morts " par Dieu lui-même.
La sodomie contre nature : On peut se demander pourquoi Paul s'intéresse tant aux " sodomites ". Dans quelle mesure ceux ou celles qui pratiquent la sodomie par consentement mutuel et pour leur seul plaisir personnel indisposent-ils Paul ? Pourquoi s'occupe-t-il de ce qui se passe dans les chambres à coucher des autres ? Paul dit qu'il a choisi le célibat pour lui-même. Soit. Mais pourquoi vouloir ainsi réglementer, voire réprimer, les désirs sexuels des autres ?
C'est que Paul, de même d'ailleurs que l'auteur du Lévitique avant lui, considère la sodomie comme une pratique contre nature et " contre-Dieu ", pourrait-on dire, puisque Dieu est confondu avec la " nature ". Les relations sexuelles ne devraient avoir qu'un seul but selon lui : la procréation. On comprend dès lors pourquoi des pans entiers de la sexualité humaine ont été prohibés par le christianisme : homosexualité masculine et féminine, sodomie, fellation, masturbation...
L'idéologie chrétienne qu'entreprend de définir Paul est parfaitement logique. Le christianisme dénigre le plaisir sexuel ; l'homophobie n'est qu'une manifestation de ce refus plus général de l'érotisme et du sexe pour le plaisir.
Mais en cela, le christianisme s'éloigne aussi de la tradition juive. En effet, si le Lévitique condamne sans appel la sodomie, les plaisirs érotiques entre un homme et sa femme sont vantés dans la Bible. L'époux peut profiter des charmes de sa belle épouse : " Jouis de la femme. […] Que ses seins te comblent en tout temps ", peut-on lire dans le livre des Proverbes (5, 18-19).
Dans le christianisme, par contre, le plaisir sexuel paraît toujours plus ou moins suspect. Il est facilement associé au péché, à la culpabilité et à la honte. Et ce, à plus forte raison, s'il n'est pas directement lié à une nécessité reproductive dans le cadre d'un mariage légal entre deux individus de sexe opposé.
La condamnation des sodomites par les empereurs chrétiens : Lorsque le christianisme triomphe dans l'Empire romain, au IVe siècle, les empereurs mettent en place une législation réprimant durement les " sodomites ".
En 342, Constance II et Constant Ier décrètent : " Lorsqu'un homme s'accouple comme s'il était une femme […] alors nous ordonnons que les lois s'insurgent, que le droit soit armé de l'épée vengeresse, de manière à ce que les peines prévues soient infligées aux infâmes d'aujourd'hui et de demain ". ( Code théodosien IX, 7, 3 ). Le texte ne donne pas de précisions sur ce supplice de l'épée. On peut supposer qu'il s'agissait d'une décapitation ou d'une émasculation.
En 438, Théodose II les condamne au bûcher, sur la place publique : ainsi, ils " expireront dans les flammes vengeresses, devant le peuple " ( Code théodosien IX, 7, 6 ).
Au VIe siècle, l'empereur byzantin Justinien confirme cette répression des homosexuels. En 542, deux évêques, Isaïe de Rhodes et Alexandre de Diospolis, surpris en flagrant délit, sont amputés de leurs pénis et traînés dans les rues de Constantinople, pour servir d'exemple à tous les prélats et à la population.
Au Moyen Âge, pour effrayer les fidèles, des peintures de supplices affreux ornent les édifices religieux. À San Gimignano, en 1393, Taddeo di Bartolo imagine le châtiment de deux homosexuels lors du Jugement dernier : un diable empale un homme qui porte sur la tête un bonnet sur lequel est écrit Sottomitto ( sodomite ). À gauche, son partenaire est transpercé par le même pieu, mais à travers la bouche : une manière de rappeler que la sodomie et la fellation sont deux pratiques également condamnées par Dieu.
Au regard de cette sanglante répression des homosexuels, les propos tenus par le pape François paraissent plutôt modérés. Ils s'inscrivent néanmoins dans une vieille tradition chrétienne homophobe et sur des préjugés tenaces remontant à saint Paul.
mardi, septembre 11, 2018
lundi, septembre 10, 2018
dimanche, septembre 09, 2018
samedi, septembre 08, 2018
Religion : Des fidèles catholiques demandent à être débaptisés après les propos du pape sur l'homosexualité !
Des fidèles débaptisé(e)s après ce qu'a dit le pape dans l'avion le ramenant d'Irlande, le dimanche 26 août. Le souverain pontife a déclaré : " Qu'il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie dans le cas de l'éventuelle homosexualité d'un enfant ".
Des fidèles qui ne se reconnaissent pas dans ce qu'a déclaré le pape François saisissent l'archevêché de Strasbourg pour demander à être débaptisé(e)s. Des demandes d'apostasie qui font suite à une partie des propos tenus par le souverain pontife dans l'avion qui le ramenait de son voyage en Irlande, le dimanche 26 août. La question, posée par un journaliste, concernait l'attitude à adopter de la part de parents chrétiens dont l'enfant se découvrirait homosexuel.
Tant les associations LGBTIQ qu'une partie des fidèles de l'Église catholique ont condamné cette déclaration, bien qu'elle fasse partie d'un discours plus large. Une poignée de ces fidèles a écrit à Bernard Xibaut, chancelier de l'archevêché de Strasbourg, pour demander leur " apostasie ", littéralement leur renoncement à être considérés comme catholiques. Le chancelier précise : " Ils demandent à être radiés du registre des baptêmes "Il existe une lettre-modèle pour ce faire. Bernard Xibaut tient tout de même à nuancer le terme employé et faire un rappel : " Elle invite à avoir une attitude de très grand respect envers les personnes homosexuelles, et c'est sûr que ce type de mots peut laisser entendre l'inverse ".
" Il y a toujours eu des homosexuels et des personnes avec des tendances homosexuelles. Toujours. Les sociologues disent ( je ne sais pas si c'est vrai ) que lors de périodes de changement d'époque, certains phénomènes sociaux et éthiques croissent dont celui-là. C'est une opinion de certains sociologues. Mais la question est claire : qu'est-ce que je dirais à un papa qui verrait que son fils ou sa fille a cette tendance ? Je lui dirais premièrement de prier, ne pas condamner, de dialoguer, de comprendre, de donner une place au fils ou à la fille, de donner une place pour qu'il s'exprime ".
" Et puis, je regarderais à quel âge se manifeste cette inquiétude de son fil. C'est important. Quand cela se manifeste dès l'enfance, il y a alors beaucoup de choses à faire par la psychiatrie pour voir comment les choses se présentent. La situation est différente quand cela se manifeste après vingt ans. Mais je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité. Tu es mon fils. Tu es ma fille. Comme tu es. Je suis ton père ou ta mère : parlons !
Et si vous, père et mère, vous ne comprenez pas, demandez de l'aide. Mais toujours dans le dialogue. Parce que ce fils ou cette fille a droit à une famille. Et sa famille qui est-elle ? Ne le chassez pas de la famille. C'est un défi sérieux fait à la paternité et à la maternité ".
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