dimanche, novembre 03, 2019

Rwanda : Une église évangélique accueille les personnes LGBT !

Basée dans un quartier populaire de Kigali, cette église pentecôtiste prêche " l'inclusion radicale " en ouvrant ses portes aux personnes homosexuelles, souvent rejetées et stigmatisées par les communautés religieuses du pays.

Au micro, Albert Nabonibo part dans les aigus tandis qu'autour de lui la congrégation applaudit, danse et reprend en chœur. Il y a quelques semaines pourtant, ce comptable rwandais passionné de gospel pensait ne plus jamais pouvoir chanter dans une église. En août 2019, il faisait en effet la Une de la presse locale et internationale pour avoir avoué son homosexualité sur une chaîne YouTube chrétienne. " J'en avais marre de me cacher. Ce coming out était une manière de dépasser ma peur et de montrer l'exemple ", explique-t-il.

Très vite, les messages de haine affluent, on lui demande de quitter son travail et il ne se sent plus le bienvenu dans son église. " Si elles savent que vous êtes homosexuel, les églises considèrent que votre musique ne peut pas servir Dieu et que vous ne pouvez pas vous présenter devant la congrégation ", soupire-t-il.

C'est finalement grâce à l'organisation de défense des droits de l'homme Amahoro, qu'Albert Nabonibo a pu renouer avec le gospel. Cette ONG rwandaise s'est donné pour mission de permettre aux personnes marginalisées d'avoir un lieu de culte. C'est ainsi qu'est né il y a deux ans le partenariat entre une église locale, l'Église de Dieu d'Afrique et du Rwanda, et une église fondée au sein de la communauté afro-américaine États-Unis, TFAM, qui prône l'ouverture de la congrégation à tous et à toutes, y compris aux personnes LGBT.

Un prêche pro-LGBT : Assis sur quelques dizaines de chaises en plastique, les fidèles sont pendus aux lèvres de l'évêque Joseph Tolton, venu ce dimanche spécialement de New York. Robe blanche, croix dorée autour du cou et ordinateur portable dernier cri, il entonne un prêche effréné, ouvertement pro-LGBT : " Faites de la place pour les personnes homosexuelles, pour les transgenres, pour les pauvres, pour les femmes, pour tous les marginalisés ! ", hurle-t-il. En réponse, les alléluias retentissent.

Ici, tout le monde est le bienvenu : les jeunes mères, les quarantenaires, mais aussi les choristes à dreadlocks, jeans moulant et boucles d'oreilles. C'est ce qui a conquis Lucie, jeune Rwandaise travaillant dans l'humanitaire : " J'ai choisi cette église, car elle ne prêche pas l'exclusion. À mon avis, les personnes homosexuelles ont tout simplement été créées comme telles ", explique-t-elle.

Réconciliation spirituelle : " Nous faisons un travail de réconciliation spirituelle, en présentant au monde le message originel de Jésus-Christ, qui est un message d'inclusion radicale ", renchérit l'évêque Joseph Tolton. " Son église assure-t-il s'oppose à la mainmise des conservateurs américains sur le développement mondial des églises évangéliques " et à leur " influence sur les évolutions sociétales de certains pays africains ".

Une allusion, entre autres, aux liens entre le gouvernement ougandais et les milieux évangéliques américains, accusés d'être à l'origine de l'homophobie grandissante dans le pays. En 2009, un député ougandais a ainsi présenté devant le Parlement un tristement célèbre projet de loi prévoyant la peine de mort pour des cas " d'homosexualité aggravée ". Si la loi n'a jamais été adoptée, les conditions de vie des personnes LGBT en Ouganda se sont depuis gravement détériorées.

Au Rwanda, rien de tel. Le pays ne pénalise pas l'homosexualité, faisant ainsi figure d'exception dans la région. Lorsqu'Albert Nabonibo a fait son coming out cet été, il a même été soutenu par un ministre du gouvernement qui a écrit sur Twitter : " Tous les Rwandais naissent libres et égaux en droits et en liberté, et le restent ", encourageant également le chanteur à continuer le gospel.

Pourtant, les discriminations sont encore monnaie courante dans le pays. Ainsi Patrick, 24 ans, assure avoir beaucoup de mal à trouver un travail et s'être fait chasser de plusieurs chorales pour être " trop féminin ". " Avec le gouvernement, il n'y a aucun problème. C'est la société qui nous rejette ", explique-t-il. Pour lui, TFAM représente donc bien plus qu'une église : " Ça a changé ma vie. Ici, je chante sans peur devant des gens comme moi, des gens qui m'applaudissent et qui reconnaissent mon talent », lance-t-il. Ce dimanche, le jeune homme monte sur scène le sourire aux lèvres, entouré de quatre autres choristes. Ils forment " sa nouvelle famille ", dit-il, un endroit où il peut être totalement lui-même.

Video : Call Me Karizma - Bleach !

Je bascule à l'horizontal, démissionne ma vie verticale...

Love !

Le corps est une inscription sur de l’eau...

Video : Cognitio !

Un plaisir clandestin...

samedi, novembre 02, 2019

Société : En quoi consiste le poste d'officier de liaison LGBT, inauguré par la préfecture de police de Paris ?

La préfecture de police de Paris a confié, le 7 octobre dernier, le poste d'officier de liaison LGBT à Mickaël Bucheron. Ce dernier sera notamment chargé d'orienter et d'accompagner les victimes d'actes LGBTphobes dans leur dépôt de plainte, une action parfois difficile à entreprendre pour elles.

Le chiffre est impressionnant. En France, seulement 4% des victimes d'insultes homophobes portent plainte ou déposent une main courante, selon une enquête de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), diffusée en 2017.

Ce pourcentage reflète les difficultés et les appréhensions importantes des personnes LGBT lorsqu'elles se rendent dans un commissariat pour dénoncer les actes LGBTphobes (insultes, rejet, agressions, discriminations…) dont elles sont victimes. Ces actes ont pourtant augmenté de 15% en 2018, selon le dernier rapport de l'association SOS homophobie.

C'est pour remédier à cette situation que la Direction de la Sécurité de Proximité de l'Agglomération Parisienne (DSPAP) de la préfecture de police de Paris a approuvé la création d'un poste d'officier de liaison LGBT. Une petite révolution dans l'univers de la sécurité, qui s'est concrétisée le 7 octobre dernier avec la nomination de Mickaël Bucheron.

Les victimes d'actes homophobes peuvent avoir peur d'être mal reçues : Cet ancien membre du commissariat du 19e arrondissement de la capitale, âgé de 45 ans, souligne ainsi que " les victimes d'actes homophobes peuvent avoir peur d'être mal reçues dans un commissariat et de faire face à des commentaires, des quolibets de la part des policiers ". " Cette appréhension n'est parfois pas justifiée mais reste nourrie par des préjugés ", ajoute-t-il.

Son rôle est donc d'abord d'accueillir, d'orienter et d'accompagner les victimes de LGBTphobies qui voudraient déposer plainte.

Mickaël Bucheron souhaite " favoriser le recueil des plaintes et contribuer à ce que les victimes puissent le faire sans aucune inquiétude ". Il peut même, dans certains cas, recueillir lui-même la plainte de la personne.

L'officier de liaison LGBT suit également avec attention les procédures pour " s'assurer que le caractère aggravant d'homophobie ou de transphobie apparaisse bien dans les plaintes, car cela arrivait qu'il ne soit pas retenu ". Tous les dossiers liés aux LGBTphobies lui sont automatiquement transmis. Il peut, si une victime ou une association le contacte, vérifier où en est une procédure pour laquelle elles seraient sans nouvelle.

Recenser avec précision le nombre d'actes LGBTphobes à Paris : Mickaël Bucheron veut aussi, grâce à son poste, " assurer le lien entre le tissu associatif LGBT et la préfecture de police de Paris ". Le but est de " faire remonter les éventuelles difficultés que rencontreraient les associations LGBT sur l'accueil des victimes au sein de l'institution policière ".

" Les associations doivent vraiment s'attribuer l'officier de liaison et ne pas hésiter à me contacter quand on leur rapporte des situations délicates dans un service ", affirme-t-il. Depuis sa nomination, il a déjà reçu plusieurs associations, se posant comme la personne faisant le lien entre ces deux mondes distincts.

Le policier de 45 ans désire, enfin, établir un état des lieux précis des actes homophobes et transphobes sur Paris et la petite couronne. Ce relevé permettra " d'avoir une meilleure connaissance de la montée des LGBTphobies " et " d'apporter un éclairage sur la réponse policière et la réponse pénale à ces actes ". Si l'association SOS homophobie diffuse chaque année, depuis 1997, un rapport sur les LGBTphobies en France, elle se base seulement sur les témoignages qu'elle a recueillis. Le chiffre, nécessaire, ne reflète donc pas nécessairement l'étendue de la réalité.

Des personnels de police peu formés aux questions LGBT : En France, les personnes LGBT souffrent d'un manque de formation des policiers, comme le soulignait une enquête, publiée l'année dernière. Après une agression homophobe à Arles en juin 2018, le député LaREM Raphaël Gérard indiquait ainsi, dans une lettre diffusée sur Twitter, avoir saisi le ministre de l'Intérieur de l'époque Gérard Collomb pour pointer du doigt " le manque de sensibilisation et de formation des personnels de police face aux problématiques liées à l'identité de genre ou l'orientation sexuelle ".

En novembre 2018, la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa annonçait plusieurs mesures pour lutter contre les violences envers les personnes LGBT. Parmi elles, la mise en place de référents accueil luttant contre la haine anti-LGBT dans tous les commissariats. Si une circulaire de la direction générale de la police nationale a rappelé, en janvier dernier, cette mesure, le gouvernement n'a cependant pas communiqué sur son application effective.

Mickaël Bucheron souhaite, néanmoins, profiter de l'existence de ces référents LGBT dans les commissariats " pour animer ce réseau, faire remonter des informations et donner des pistes sur les difficultés rencontrées ici ou là ".

Une avancée similaire à Marseille : Si Paris est la première ville à bénéficier de la création d'un officier de liaison LGBT, une avancée similaire existe dans une autre ville française. La police marseillaise a, ainsi, nommé Frédérique Jeckel référente sur les questions LGBT en mars dernier. Elle s'occupe du suivi des procédures en cours et conseille les policiers en charge d'accueillir les victimes de LGBTphobies.

Si Paris et Marseille apparaissent aujourd'hui comme précurseurs dans le domaine de l'accueil des personnes LGBT dans les commissariats, Mickaël Bucheron espère que cette initiative se démocratisera sur tout le territoire. " Ce sera à nos deux villes d'en démontrer la pertinence ", conclut-il, optimiste.

Video : Simply Three ( Counting Stars - OneRepublic ) !

Je soignerai bien tes blessures, mon amour...

Cute !

Comme un fantôme qui se démène, dans l'aube abîmée sans épiderme...

En savoir plus : Ce que nous disent les nouvelles de Marcel Proust de son homosexualité !

Marcel Proust revient en cette rentrée avec de courtes nouvelles inédites, écrites dans sa jeunesse. Marcel a vingt ans et, " sous le voile d’une fiction transparente ", y parle de son homosexualité.

Décryptage : Bien sûr tout le monde savait. Du moins tous ceux qui aiment Marcel Proust. Mais jamais l’écrivain national, qui obtenait le prix Goncourt il y’a maintenant cent ans, n’avait peut-être si clairement écrit l’amour du même sexe. C’est qu’au départ Proust voulait s’atteler à un essai sur la " pédérastie ". Pas facile à publier, vous me direz, à l’orée du XXe. Mieux valait la fiction. Alors entre ces neuf nouvelles, l’homosexualité tire un trait d’union.

Le Mystérieux correspondant, qui donne son titre au recueil, est l’une d’entre elles. Un mystérieux correspondant qui est en fait une correspondante, Christiane, qui déclame son amour à Françoise. " Madame, Il y a longtemps que je vous aime mais je ne puis ni vous le dire ni ne pas vous le dire. Pardonnez-moi. Vaguement, tout ce qu’on m’a dit de votre vie intellectuelle, de l’unique distinction de votre âme m’a persuadé qu’en vous seule je rencontrerais après une vie amère la douceur ( ... ) Mais cela ne me suffit plus. C’est votre corps que je veux ".

Selon Luc Fraisse, professeur de littérature qui a commenté l’ouvrage, il y a chez Proust, à cause de l’homosexualité vécue douloureusement, " le malheur de ne pas être aimé et la certitude que ce malheur initial occupera toute la vie ". Les personnages aiment à sens unique, l’amour est impossible. Reflet évident de son temps.

Fantasme militaire : Dans la nouvelle Souvenir d’un capitaine, Proust écrit à la première personne du singulier : l’histoire pourrait être tirée de son propre service militaire, qu’il fit en 1889 et 1890 à Orléans. Un capitaine parle amoureusement d’un brigadier. " Il exerça sur moi une séduction tout à fait mystérieuse et je me mis à faire attention à mes paroles et à mes gestes, essayant de lui plaire et de dire des choses un peu admirables (…) Je sentis que le brigadier m’écoutait, et il avait levé sur nous d’exquis yeux calmes, qu’il baissa vers son journal quand je le regardai ".

Un thème abordé donc très tôt, qu’il explorera plus tard, dans Sodome et Gomorrhe : " C’est si beau, le moment où Carlos Herrera demande le nom du château devant lequel passe sa calèche : c’est Rastignac, la demeure du jeune homme qu’il a aimé autrefois ".

Son désir comme une malédiction : Il y en eut plusieurs des jeunes hommes dans la vie de Proust. Le compositeur Reynaldo Hahn, le premier amour ; le poète et critique littéraire Robert de Montesquiou, le snob aussi agaçant qu’inspirant… Montesquiou muse de son premier ouvrage, Les Plaisirs et les jours, recueil de poèmes en proses et de nouvelles aussi. Celles du Mystérieux correspondant auraient pu y figurer, mais Proust, nous dit Luc Fraisse, " n’a pas voulu insérer aux Plaisirs et les jours un sujet dominant ", celui de l’homosexualité. Elles tombèrent dans l’oubli, acquises par l’éditeur Bernard de Fallois dès les années cinquante qui avait fait paraître Jean Santeuil et Contre Sainte-Beuve, également antérieurs à la Recherche.

C’est pourtant émouvant de lire un siècle après celui qui n’a vécu ses désirs que comme une malédiction, et qui a, tout au long de sa vie, inventé à ses compagnons de papiers des amours " inverties ". Aurait-il été heureux aujourd’hui ? La dernière nouvelle est titrée C’est ainsi qu’il avait aimé "... Le temps comme la mer emporte tout, abolit tout, et nos passions, non pas dans ses vagues, mais sous la calme, l’insensible et sûre montée de son flot comme des jeux d’enfant ".

Video : Green Day - Boulevard of Broken Dreams ( Rock Cover by Entail of Crow ) !

Oh la la !

Les trois grâces !

vendredi, novembre 01, 2019

Video : Sam Fender - The Borders !

Bébé cas d'homme !

Je me fous bien des qu’en-dira-t-on...

Société : Lorsqu'on commande un VTC, mieux vaut ne pas être une personne noire ou LGBT+ !

Ces minorités sont plus exposées à l'annulation de leur course par les conducteurs des plateformes.

Une étude intitulée " Quand la transparence échoue : préjugés et incitations financières chez les plateformes de VTC " révèle que les personnes assimilées ou faisant preuve de leur soutien à la communauté LGBT+, ainsi que les personnes noires, sont plus susceptibles de voir leur course annulée par les chauffeurs.

Chris Parker, professeur à la Kogod School of Business de l'American University of Washington et Jorge Meija, professeur à la Kelley School of Business à l'Indiana University, ont réuni un échantillon de conducteurs à Washington afin d'étudier leur réaction face à divers profils, auxquels les membres de l'équipe de recherche ont attribué différentes caractéristiques : femme ou homme, blanc⋅he ou noir⋅e, doté d'un filtre aux couleurs du drapeau arc-en-ciel ou non.

Les scientifiques se sont livrés à un choix méticuleux pour nommer ces profils. Selon une étude de 2003 sur laquelle ils se sont basés, les prénoms Emily et Greg évoquent des personnes blanches, tandis que Keisha et Jamal sont attribués à des individus noirs. Afin de contrôler le biais que pourrait constituer un physique désavantageux comme cause du rejet ou de l'annulation d'un trajet, les responsables de l'étude ont soumis toutes les photos à des tests d'intelligence artificielle. Une fois retenus les profils les plus attractifs, ils se sont mis à commander des courses via l'application.

Les chercheurs ont inclus le paramètre de l'heure de pointe dans leur étude. Ils ont commandé 1.600 courses à des horaires très demandés et 1.600 courses au moment des périodes creuses. Chaque conducteur disposait de trois minutes pour accepter ou refuser la course, soit le temps d'analyser rapidement le profil du passager. Passées les trois minutes, Parker et Meija annulaient eux-mêmes le trajet, toujours via l'application.

Les LGBT+ risquent de rentrer à pied : Après avoir analysé 3.200 courses, les chercheurs ont constaté que la clientèle qui affichait son soutien à la communauté LGBT+ subissait deux fois plus d'annulations que celle dont les profils restaient neutres. Les profils des personnes noires avaient trois fois plus de risques de se voir refuser une course que ceux des personnes blanches.

En revanche, à l'heure de pointe, les trajets des personnes noires n'étaient pas annulés, contrairement à ceux des personnes LGBT+. L'incitation financière faite aux chauffeurs à ces heures suffit à les convaincre d'accepter une course sollicitée par un individu noir, mais échoue selon eux encore à conduire les personnes gay-friendly.

Les chercheurs ont souhaité mener cette étude après que plusieurs incidents concernant des personnes LGBT+ et des compagnies de VTC ont émaillé l'actualité, à l'exemple de ce couple de femmes qui avaient été sommées de sortir d'une voiture Uber après s'être embrassées sur la joue.

Video : David Archuleta - Paralyzed !

Suspendu au lit comme une poupée qu'on a désarticulée...

Hot !

Mettre les voiles, le jour se lève...