mardi, décembre 03, 2019
lundi, décembre 02, 2019
Corée du Sud : Le Parlement doit rejeter une proposition d’amendement hostile aux LGBTI !
En réaction à une proposition d’amendement au projet de loi sur la Commission nationale des droits humains en Corée du Sud, Suki Chung, chargée de campagne sur les droits des LGBTI pour la région Asie-Pacifique à Amnesty International, a déclaré :
" Cette proposition d’amendement supprimerait des protections juridiques essentielles pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées ( LGBTI ). Elle les priverait du droit à l’égalité de traitement et les exposerait à des discriminations ".
" Elle vise clairement à empêcher les personnes transgenres, intersexuées et toutes celles qui ne se conforment pas aux normes de genre de mener une vie respectueuse de leur identité ".
" Si cet amendement est adopté, il constituera un recul honteux pour les droits humains en Corée du Sud. Il enverrait en outre un signal inquiétant à d’autres pays, notamment ceux d’Asie où des lois concernant les LGBTI sont actuellement en cours de débat ".
" Dans le monde entier, des LGBTI se battent courageusement contre les dispositions législatives discriminatoires et militent pour l’égalité des droits de toutes les personnes. Nous appelons les membres de l’Assemblée nationale de Corée du Sud à rejeter ce texte et à faire respecter les lois qui garantissent l’égalité et la sécurité de tous les citoyens ".
Complément d’information : Des membres de l’Assemblée nationale de Corée du Sud ont déposé le 12 novembre un amendement au projet de loi sur la Commission nationale des droits humains, qui propose d’enlever la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle de la liste des violations de cette loi.
La proposition d’amendement limite en outre la définition du mot " genre " au genre attribué à la naissance, qui ne pourrait donc pas être choisi en fonction de l’identité de genre d’une personne.
S’il était adopté, cet amendement exposerait les LGBTI en Corée du Sud à des discriminations dans tous les aspects de leur vie. N’ayant alors aucun recours à une quelconque protection juridique, ces personnes deviendraient des cibles faciles pour les violations des droits humains, les menaces et même la violence.
dimanche, décembre 01, 2019
Santé : Il faut banaliser le test contre les contaminations au VIH, et cela n’est toujours pas le cas !
Des données publiées ce mardi confirment un recul de l’épidémie et l’efficacité de la Prep chez les gays. Mais le dépistage dans la population globale reste encore très insuffisant.
Et voilà que cela marche. Et même très bien. A l’approche du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, l’agence Santé publique France a publié une série de données sur les chiffres du sida en France, nationaux comme régionaux, et sur le dépistage, un volet devenu décisif si l’on veut éradiquer le virus.
Commençons donc par les bonnes nouvelles. Comme la situation à Nice et dans sa région, où les nouvelles contaminations chutent fortement avec le développement des nouveaux outils de prévention à l’image de la Prep (1) ou de la mise sous traitement le plus tôt possible du patient séropositif. " Entre 2015 et 2018, le nombre de nouvelles découvertes de séropositivité au VIH a chuté de 40 % dans les Alpes-Maritimes, explique le Dr Pascal Pugliese, qui préside le Corevih ( coordination régionale de lutte contre le VIH ) de Paca-Est. Cette tendance, de par son ampleur, est spectaculaire mais on pourrait dire attendue. Depuis 2016, nous savons comment prévenir efficacement les infections par le VIH ". Il a raison. " On est comme un petit San Francisco ", poursuit avec le sourire le Dr Eric Cua, infectiologue au CHU de Nice, faisant référence à la chute impressionnante des contaminations dans la ville californienne en raison d’une politique extrêmement active de dépistage, de mise sous traitement et de diffusion de la Prep.
Il est vrai que la comparaison est tentante. A Nice et dans sa région, une petite équipe de professionnels de santé s’est montrée particulièrement active. " En même temps, restons modestes, car il y a un contexte, tempère Eric Cua. Ici, nous avons une épidémie hyperconcentrée. Les HSH ( hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, ndlr ) représentent 69 % des nouvelles contaminations. De plus, 90 % de la population vit en bordure de mer. Enfin, et c’est vrai, il y a un engagement de tous les acteurs, et nous avons été assez précurseurs sur la diffusion de la Prep ".
Diminution : Les résultats sont là, impressionnants, et ils suscitent un véritable espoir. Au niveau de la France entière, c’est la même tendance, même si la baisse du nombre de nouvelles contaminations est plus faible. En 2018, si près de 6 millions de tests de sérologie VIH ont été réalisés, ( nombre en augmentation régulière depuis 2013 ), le taux de positivité a diminué de 13 % en cinq ans ; près de 6 200 personnes ont ainsi découvert leur séropositivité, soit encore une diminution de 7 % par rapport à 2017.
Ce n’est pas rien. Pour autant, les données sont variables. " On assiste à une baisse de 15 % en Ile-de-France, mais parallèlement à une stabilité en Seine-Saint-Denis. Avec, à l’inverse, une hausse de près de 70 % de contaminations chez les gays nés à l’étranger ", détaille le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, à Paris ( XXe arrondissement ). " Il y a une augmentation aussi en Seine-et-Marne de 36 % de nouveaux cas. Pourquoi ? Sans parler de la région du Centre - Val-de-Loire qui, entre 2010 et 2018, fait face à un doublement de cas. A quoi cela tient ? Est-ce parce que l’on dépiste mieux Ou bien est-ce dû à d’autres facteurs ? " interroge le professeur Pialoux.
De fait, c’est le paradoxe de la situation française. D’un côté des progrès indéniables mais de l’autre un manque de visibilité sur ce qui se passe réellement. Comme s’il manquait un pilote dans l’avion pour porter une cohérence d’ensemble de toute la politique de prévention. Cela se ressent encore plus quand on s’attarde sur les chiffres du dépistage. Il y a donc près de 6 millions de tests, ce qui est beaucoup, mais avec des manques évidents. Santé publique France nous apprend que 42 % des personnes âgées de 18 à 75 ans en France n’ont jamais réalisé de test anti-VIH. Un taux énorme qui pointe l’échec d’un dépistage généralisé, comme cela avait été pourtant recommandé en 2010. L’idée étant alors que tout le monde, au moins une fois dans sa vie, soit testé, pour mettre au jour l’étendue de l’épidémie cachée. Cela n’a pas été fait. " Il faut banaliser le test, et cela n’est toujours pas le cas ", se plaint fortement Gilles Pialoux.
Gâchis : D’autres éléments restent inquiétants. Un nombre élevé de contaminations sont découvertes tardivement. Une étude pointe ainsi " que près du tiers des HSH et la moitié des hétérosexuels diagnostiqués pour une infection au VIH en 2018 n’avaient jamais été testés auparavant ". Ils sont passés totalement à travers le dépistage. Quant aux HSH à risque, les recommandations sont claires : faire un test tous les trois mois. Dans une étude dite Eras, sur 33 660 HSH séronégatifs, seulement 20 % d’entre eux font ce test trimestriel. Faut-il rappeler qu’un séropositif traité n’est plus contaminant ? D’où l’importance de connaître au plus tôt son statut et d’être traité aussitôt.
Notre dispositif de dépistage est imposant, mais il connaît des trous béants. " C’est du gâchis ", insiste Gille Pialoux. " Des villes comme Paris, Londres, San Francisco et Sydney apportent la preuve que la prévention combinée fonctionne et pourrait éliminer le VIH ", conclut, dans un éditorial, Valérie Delpech, de la Public Health England. Certes... Mais pour cela, il faudrait au minimum changer de braquet, comme le montre l’exemple de Nice.
1) La Prep ( Prophylaxie pré-exposition ) consiste à prendre un traitement pour se prémunir contre le risque d’une contamination. Bien pris, le taux d’efficacité n’est pas loin de 100 %.
En savoir plus : Où et comment faire un test de dépistage du VIH ?
Un des principaux outils de prévention du VIH reste le dépistage. Aujourd’hui, l’accès aux tests est devenu plus facile grâce à une offre élargie. Panorama des différents moyens d’accéder à ces dispositifs en toute confidentialité.
Le test sanguin peut être réalisé en laboratoire biologique. Sur ordonnance, la sérologie VIH, effectuée grâce au test Elisa de 4e génération*, y est alors prise en charge à 100% par l’Assurance-maladie. Ce test sanguin est également disponible gratuitement dans les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CEGIDD).
Le test rapide d’orientation diagnostique du VIH (TROD) peut quant à lui être réalisé dans certains CeGIDD par un professionnel de santé. Certaines associations sont en outre habilitées à le pratiquer pour des publics particulièrement à risque ( homos et bisexuels, migrants, personnes précaires, travailleurs-euses du sexe ). Dans certaines structures associatives de prévention contre le VIH et la toxicomanie, il est possible de faire un TROD combiné VIH-VHC (hépatite C). L’Assurance-maladie en assure le financement.
Le test consiste à prélever une goutte de sang au bout du doigt et à l’exposer à des solutions réactives afin d’établir on non la présence d’anticorps dirigés contre le VIH, virus responsable du Sida. Le résultat est disponible en 30 minutes maximum.
Les trois autotests disposent d’un marquage CE. Ils sont disponibles en pharmacie et ne sont pas remboursés par l’Assurance-maladie. Leur coût varie entre 18 et 30 euros.
Pour trouver le centre de dépistage le plus proche de chez vous, appelez Sida Info Service au 0 800 840 800 (appel confidentiel, anonyme et gratuit). La liste des CeGIDD est consultable sur le site de Sida Info Service.
A noter : malgré les actions de prévention, de nombreux Français ne se font pas dépister du tout, ou bien trop tardivement. Résultat, 30% des nouveaux cas en 2017 ont été diagnostiqués à un stade avancé de la maladie.
*détectant les anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2 ainsi qu’un antigène du virus nommé P24.
Inscription à :
Articles (Atom)














