dimanche, décembre 17, 2017

Science : La découverte de possibles " gènes de l'homosexualité " doit-elle nous inquiéter ?

Des scientifiques auraient décelé deux gènes qui auraient une influence sur l'orientation sexuelle. Pour le meilleur comme pour le pire ?

Les gays ont-ils des gènes particuliers ? C'est la question à laquelle tentent de répondre bien des chercheurs depuis plusieurs décennies. Et qui ne va pas sans soulever un certain nombre de problématiques éthiques, indique Vice.

Jusqu'alors peu fructueuse, la recherche d'un marqueur génétique déterminant l'homosexualité –ou non– d'un individu pourrait bien connaître un tournant. Publiée la semaine dernière, une étude américaine évoque la découverte de deux gènes spécifiques qui pourraient potentiellement jouer un rôle dans le développement de l'orientation sexuelle.

Pour aboutir à cette conclusion, une équipe de chercheurs de la NorthShore University a comparé des extraits d'ADN de 1.231 hétérosexuels et de 1.077 homosexuels " d'origine européenne ". On note au passage que la sexualité des femmes, considérée (à tort ou à raison) par la science comme plus " fluide ", n'a pour l'occasion pas été prise en compte.

Les hommes observés ont été divisés en deux groupes distincts formés sur la base de leur identité sexuelle, mais également de leur score à l'Échelle de Kinsey. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une échelle inventée par Alfred Kinsey, pionnier de la sexologie scientifique connu pour ses travaux sur le comportement sexuel des femmes et des hommes. Graduée de zéro à six ( zéro correspondant à une hétérosexualité " totale ", et 6 à une homosexualité " totale ", incluant une large palette de nuances au milieu ), l'échelle évalue l'orientation sexuelle supposée d'un sujet à partir d'expériences et de réactions psychologiques.

Chromosomes 13 et 14 : En analysant le génome de tous les participants, les scientifiques sont parvenus à repérer deux gènes qui semblent différer en fonction de l'orientation sexuelle, décrypte New Scientist. L'un sur le chromosome 13, l'autre sur le chromosome 14. Le premier pourrait être concluant, explique Vice, car s'exprimant au sein de l’hypothalamus, une structure profonde du cerveau qui varierait en taille selon l’orientation sexuelle d'un homme. Le gène identifié sur le chromosome 14, quant à lui, s'exprime surtout au niveau de la thyroïde. Sa présence fait écho à une étude précédente, qui avait établi un possible lien entre dysfonctionnements thyroïdiens et homosexualité masculine.

Les auteurs de l'étude eux-mêmes le reconnaissent : " Ces liens potentiels demeurent spéculatifs ". Car l'échantillon n'est composé que d'hommes européens et sa taille est considérée comme relativement petite en matière d'analyses génétiques. Pour être réellement crédible, estime le journaliste Justin Lehmiller, les résultats devront être observés sur des échantillons plus variés et plus importants.

Surtout, la présence de gènes inclinant davantage vers l'homosexualité ne veut pas dire que la personne sera effectivement gay. D'autres facteurs viennent se mêler. Reste aujourd'hui à mesurer l'effet réel de cette découverte sur l'orientation sexuelle.

Débat en terrain miné : Transmission génétique (inné) ou sexualité construite et influencée par des éléments environnementaux (acquis) ? Les experts, à l'image de l'opinion publique, demeurent divisés. En 2010, des chercheurs de l'université de Liège affirmaient " qu'on naît homosexuel ", et qu'être gay ne relevait en rien d'un choix ou d'une " déviance psychologique ". D'autres évoquent un savant mélange entre " naître " et " devenir " gay.

L'étude de l'origine de l'homosexualité s'inscrit dans un féroce débat politique entre un courant conservateur ( mais pas que ) selon lequel l'homosexualité répondrait du libre arbitre et du parcours de chacun. Poussé à l'extrême, ce postulat induit la mise en place des très inquiétantes " thérapies de conversion " visant à " soigner " les homosexuels. Plusieurs États américains autorisent d'ailleurs la thérapie de réorientation sexuelle pour mineurs.

Et de l'autre, ceux qui, s'appuyant sur les témoignages d'une majorité d'homosexuels et donnant crédit à la plupart des scientifiques, adhèrent à l'idée d'une prédisposition biologique. Ce qui va généralement de pair avec un traitement juridique bien plus égalitaire.

Risques et dérives : Entre avancée scientifique et dérives eugéniques, il n'y a qu'un pas. C'est du moins ce que craignent de nombreux observateurs, qui pointent du doigt les risques que suppose l'identification de " gènes homosexuels ". À savoir, l'hypothétique tentation de modifier les gènes en question dans le but d'éradiquer l'homosexualité.

" On peut légitimement se demander si les dangers de telles recherches ne surpassent pas leurs bénéfices, commente le journaliste Justin Lehmiller. D'autant plus que deux personnes pourraient porter ce même gène sans pour autant que cela se traduise chez elles de la même façon ", ajoute-t-il en se référant aux multiples " types " d'homosexualité en lesquels croient bon nombre de chercheurs. Une simplification potentiellement dangereuse, alors même que les gènes discutés pourraient également être associés à d'autres paramètres biologiques nécessaires à la survie humaine.

Source

Video : Lauv - Paris in the Rain !

samedi, décembre 16, 2017

Russie : Un guide de précaution pour les gays présents au Mondial 2018 !

La Coupe du monde pour tous : Inquiétée par la prégnance de l’homophobie en Russie, l’association Le Football contre le racisme en Europe (FARE) a décidé de lancer la production d’un guide de précaution en faveur des personnes de la communauté LGBT qui se rendront en Russie pour le Mondial russe. 

" Le guide conseillera aux personnes homosexuelles d’être prudentes dans les espaces publics réticents à leur égard. Se tenir la main, par exemple, peut constituer un réel danger en Russie, selon l’endroit, la ville et l’heure où vous vous trouvez, a ainsi expliqué Piara Powar, directeur exécutif de FARE, pour le Guardian.

Le guide inclura également des informations sur la situation actuelle de la communauté LGBT en Russie : il faut par exemple savoir que les enjeux concernant les LGBT ne font pas partie des problématiques publiques. La place de l’homosexualité en Russie est souvent cachée, souterraine ". 

Par ailleurs, la FARE a également fait part à la FIFA de l’intention de deux groupes de supporters LGBT anglais et allemands de déployer un drapeau arc-en-ciel dans les stades de la prochaine Coupe du monde.

Pour information, être homosexuel ne constitue pas un crime en Russie. En revanche, l’éducation jugée homosexuelle est illégale, et de nombreux cas d’agressions sur des personnes étrangères et homosexuelles se sont présentés ces derniers mois.

Video : Lorde - Ribs !

Kiss !

Risquer de n'être personne, on se cache et l'on se cogne...

vendredi, décembre 15, 2017

LGBT : L’île des Bermudes va rétablir l’interdiction du mariage gay !

La Cour suprême du pays l’avait autorisé il y a quelques mois. Il s’agira du premier territoire a faire marche arrière sur ce sujet.

L’île des Bermudes est sur le point de devenir le premier territoire à voter pour interdire le mariage gay, quelques mois seulement après son autorisation par la Cour suprême du pays. Le Sénat de l’île a approuvé mercredi 13 décembre une loi qui révoque le droit de se marier avec un partenaire du même sexe.

La chambre basse avait adopté le texte vendredi, et la loi doit maintenant être signée par le gouverneur de l’île, ce qui est présenté comme une formalité.

Cette décision marque une volte-face inhabituelle après la décision de la Cour suprême de statuer en faveur de la légalisation du mariage homosexuel en mai. Ce revirement a été voulu par le Parti travailliste progressiste, arrivé au pouvoir en juillet, et soutenu par de nombreuses églises socialement conservatrices.

La nouvelle loi ne s’appliquera pas aux couples qui se sont déjà mariés depuis la légalisation du mariage gay, mais certains craignent que cela ne ternisse la réputation des Bermudes comme destination touristique. " Ce vote n’aura que des impacts négatifs, rien de positif ne viendra de cette législation ", a déclaré Jeffrey Baron, un dirigeant de l’opposition qui a voté contre la mesure.

Video : Hurts - Chaperone !

Faire un souhait pour de vrai...

Un soir au musée !

mercredi, décembre 13, 2017

People : James Franco, une envie de liberté !

L'acteur est l'égérie de Coach For Men, le nouveau parfum masculin Coach qui sortira en janvier. Rencontre à New York, où il nous parle de la contre-culture des années 50 et des millennials. Un homme exemplaire, jusque dans ses contradictions.

Il n'a pas la moustache de son personnage Frankie dans The Deuce, sur HBO, la série de David Simon sur l'explosion du porno à New York dans les années 70. Ce jour-là, Franco est imberbe et porte un pull à imprimé fusée. Il ressemble plutôt au personnage qui l'a lancé, l'ado désabusé de la série Freaks and Geeks, il a préservé cette aura zarb mais foncièrement charmante. James Franco a su cultiver le désir, en se drapant de tout son mystère et de tout son ridicule, parfois : il n'a jamais hésité à se mettre en position de faiblesse. " Je vais dans les extrêmes, s'amuse-t-il. Je déteste le statu quo ". Compagnon de Sean Penn dans Harvey Milk, film de Gus Van Sant sur l'homme politique et militant gay, puis dealer dans Spring Breakers, film indé de Harmony Korine, ou prof libidineux dans Palo Alto de Gia Coppola.

Franco est le seul homme à Hollywood qui peut se travestir lors d'une exposition pour un hommage à Cindy Sherman, ou à écrire des romans sur le trouble du genre (Straight James/ Gay James...) Aujourd'hui, il campe un barman mafioso dans le New York des proxénètes et du porn cheap. Franco porte en lui quelque chose de foncièrement interlope et vintage. Un rappel d'un bon temps passé, la couleur de l'underground disparu. Il nous laisse toujours avec des grands rôles, puis des bouts d'expériences, il nous perd pour mieux y chercher un sens. " Tout au long de ma carrière, j'ai voulu explorer d'autres avenues, des voies où je pouvais avoir plus de liberté créative, ce que le métier d'acteur permet peu. J'ai aussi essayé de casser ce que l'on attendait de moi en tant qu'homme ".

L'enfant de Palo Alto : Il y a chez lui cette dimension un peu anachronique du poète maudit, pourtant ringardisée depuis les années 80 et l'avènement du freak/ fric. La Beat Generation est au cœur de l'homme Franco. " Chaque fois que je vois une voiture datant des fifties, comme dans cette campagne pour Coach, ça me fait penser à Sur la route de Kerouac : à la liberté de prendre des chemins différents, ouverts, de sillonner l'Amérique sans but et de voir ce que l'on peut y trouver. Pour moi, un autre film culte est Easy Rider. Les années 50, les années 70 aux Etats-Unis, cela me fascine "...

On lui demande si cela vient de son lieu de naissance : Palo Alto, refuge de l'intelligentsia post-hippie. "Oui, j'ai lu tous ces auteurs quand j'étais au collège. Ils ont su tirer le substrat de l'énergie de l'époque, de l'envie de liberté de la génération d'alors ", raconte-t-il. Et on comprend par là qu'il s'agit, sans doute, de son propre dessein.

Décider de grandir : Car ce n'est pas tant la casquette " contre-culture " un peu nostalgique que Franco trimballe à ses basques, qui nous intéresse. Mais sa façon de la transposer à l'ère YouTube. L'acteur a la pop culture dans la peau, il aime mener l'expérience du digital, jouant les kids mal dégrossis en se postant sur Instagram au réveil ou balançant une vidéo de lui en train d'entonner un tube de Carly Rae Jepsen. Et là est sa modernité : invoquer Allen Ginsberg comme la soupe mainstream américaine. Il joue avec sa fausse jeunesse comme pour mieux analyser la limite de celle-ci.

" J'ai essayé de casser ce que l'on attendait de moi en tant qu'homme ". James Franco ne fait que citer ces millennials qui le hantent, dont il est devenu un observateur assidu. Comme pour mieux comprendre sa propre génération, restée encore un peu désinvolte sans doute.

" Mon petit frère Dave est déjà marié, nous confie-t-il. Il a beaucoup plus les pieds sur terre que moi. Il est de la génération juste avant les millennials, il n'a pas grandi avec un iPad mais il a quelque chose de beaucoup plus réaliste, à l'image des gens de son âge ". Aujourd'hui, l'acteur a décidé de grandir : il a fermé son compte Instagram. Après avoir lui-même réalisé plusieurs films ( The Ape, Fool's Gold, Good Time Max ), il vient de monter une société de production avec Dave Franco, justement. " Notre premier projet s'appelle The Disaster Artist, produit par mon ami Seth Rogen. C'est une sorte de making of du plus gros nanar de tous les temps, The Room. Une sorte d'histoire à la Ed Wood. On veut faire un truc commercial, mais inhabituel, qui pousse les limites ".

L'utilisation ultime : Même quand Franco se range, c'est pour mieux étudier la lose ou la marge, là où il se trouve bien - mais cette fois, il veut gagner de l'argent. On lui demande si les digital natives qu'il observe tant pourraient ériger une nouvelle contre-culture. Il nous répond sans hésiter : " Il y a une histoire qui m'a fasciné récemment : la vie de cette femme, Zola, une strip-teaseuse de Détroit, qui a raconté le trafic du sexe en Floride : cela a été un phénomène mondial, des milliers de gens ont commenté son histoire, lui ont donné des conseils ".

Et d'ajouter : " Finalement, il y a un héritage de la Beat Generation dans la façon de livrer nos propres récits personnels en ligne, il y a quelque chose de très Beat dans l'utilisation de l'intime, et dans l'utilisation que font les jeunes de Twitter. Je ne fantasme pas tant l'Amérique des années 50 que j'aime l'Amérique d'aujourd'hui, dans sa façon de raconter son époque, à travers différents médias. C'est un avenir qui s'annonce inspirant." James Franco, William S. Burroughs de l'ère digitale.

James Franco pour Coach : Pour Stuart Vevers, le directeur artistique de Coach, le choix de l'acteur pour incarner la flagrance Coach for Men était une évidence : " James Franco incarne le mec cool plein d'esprit, un peu provocateur. Il est moderne ". Il offre une masculinité plus complexe. En mélangeant les genres, il s'inscrit dans une élégance d'époque, capturée lors de la campagne par le grand Steven Meisel. Le parfum Coach For Men sortira en janvier prochain.

Video : Kimbra - Top of the World !

La perfection n'existe pas...

Oups !

En somme, je suis pathétique, c'est ça l'amour...

mardi, décembre 12, 2017

TV : Vingt ans après, le débat est tranché, le Télétubby violet est gay, et c'est une bonne chose !

Il y a vingt ans, un télévangéliste s'alarmait de l'orientation sexuelle de ce personnage pour enfants.

Le télévangéliste et activiste Jerry Falwell voyait des personnes homosexuelles partout. Et pour cause : c'était son gagne-pain. En 1981, il lançait cet avertissement à ses ouailles : " Souvenez-vous : les homosexuels ne se reproduisent pas, ils recrutent "!

Il affirmait avoir directement reproché au président Jimmy Carter d’employer des " homosexuels pratiquants " à la Maison-Blanche en 1980. Lorsque le personnage interprété par Ellen DeGeneres dans la sictom Ellen a fait son coming out à l’écran en 1997, il la rebaptisa " Ellen Dégénérée ".

En 1999, Falwell annonça son nouveau scoop : selon lui, l’un des Télétubbies était gay. Cette affirmation ne surprit personne : à ce stade, le pasteur était coutumier des déclarations mêlant ces doses caractéristiques d'absurdité et de malveillance.

Voix masculine, sac à main rouge : Les Télétubbies, série britannique pour tout-petits ( diffusée entre 1998 et 2008 sur PBS aux États-Unis ), était complètement inoffensive ; on aurait presque dit une parodie d’émission pour la jeunesse. Elle avait pour protagonistes quatre créatures rondouillardes vivant dans une campagne britannique stylisée –des créatures qui passaient leur temps à manger des toasts et de la crème anglaise, à se rouler dans l'herbe et à gazouiller comme des bébés sur un ton suraigu. Pour le téléspectateur moderne, l’aspect le plus choquant de l’ensemble était encore le fait qu’ils avaient des écrans de télévision incrustés dans leurs abdomens.

Mais Falwell trouvait que quelque chose clochait chez Tinky Winky, le Télétubby à la plus forte stature. " Il est violet ( la couleur de la gay pride ; son antenne est en forme de triangle ) le symbole de la gay pride ", écrivit-il ainsi dans l’un de ses propres magazines. Il fit par ailleurs remarquer que le personnage avait une voix masculine, mais qu’il portait un sac à main de couleur rouge –hum hum. L’article était intitulé " Parents, prenez garde : Tinky Winky sort du placard ".

Falwell a réitéré lors d’une apparition télévisée dans l'émission " Today " en tenant les propos suivants à la présentatrice Katie Couric : " Des petits garçons qui se baladent avec des sacs à main, qui se comportent de manière efféminée ; abandonner les concepts d’hommes vraiment masculins et de femmes vraiment féminines ; proclamer que tout ce qui est gay est OK… tout cela va à l’encontre des valeurs chrétiennes ".

Illustration de la folie néo-puritaine ambiante : L’accusation eut alors un impact médiatique immédiat et retentissant : elle était une parfaite illustration de la folie néo-puritaine ambiante ( Bill Clinton venait juste d’être acquitté par le Sénat dans son procès en destitution. " Si vous pensiez que la police du sexe avait atteint des sommets de férocité pendant l’affaire Clinton-Lewinsky, vous n’avez encore rien vu : le révérent Jerry Falwell s’en prend à Tinky Winky " ) pour reprendre les premières lignes d’un éditorial assez représentatif du climat de l’époque.

Le distributeur américain de la série, Itsy Bitsy Entertainment, a organisé une conférence de presse en urgence à New York pour déclarer que les riantes collines des Télétubbies étaient un espace tout public et au-delà de tout soupçon. " On ne peut rêver d’une destination plus simple et plus innocente pour un enfant ", déclara un porte-parole à l’assemblée de journalistes. " Notre programme ne comporte aucun contenu de nature sexuelle ". Après tout, les Télétubbies ne possédaient même pas d’organes génitaux; comment pouvaient-ils être gays ?

Les nombreux détracteurs de Falwell étaient partagés entre le rire et la consternation. Un éditorialiste imagina ainsi, sur le ton de la plaisanterie, qu’Elmer Fudd serait le prochain sur la liste : " Vous saurez tout sur la double vie d’une folle sur le retour " !

Dans un sketch de " Saturday Night Live ", on pouvait voir " Falwell " ( interprété par Darrel Hammond ) brandir un jouet parlant Tinky Winky conçu pour prononcer des phrases de ce type : " Tu aimes regarder le patinage artistique ? ", ou encore " Je veux devenir Donna Summer ! ". Lorsque Falwell est mort, en 2007, toutes les nécrologies ou presque mentionnaient Tinky Winky.

Adoption de Tinky Winky par la communauté gay : Avec le recul, cet épisode fut en quelque sorte l’apothéose stupide de la guerre culturelle des années 1990 : le raisonnement par l’absurde propre à la droite religieuse et à sa paranoïa, la légèreté si caractéristique de l’avant 11-Septembre. Seulement voilà : aussi gênant que cela puisse paraître, Falwell ne s’était pas complètement trompé sur le compte de Tinky Winky.

Au fil des années précédant la médiatisation de sa théorie, on avait pu lire dans de nombreuses publications que la communauté gay avait adopté le Télétubby violet. Lorsque la série est apparue sur les écrans anglais, en 1997, ses clignements d’yeux et son comportement étrangement hypnotiques l’ont presque immédiatement rendu très populaire parmi les club kids et dans la communauté gay.

Durant l’été 1997, un maître de conférence britannique spécialiste des médias alla même jusqu’à écrire: " Avec Tinky Winky, les tout-petits ont leur premier modèle queer ". Le quotidien The Independent parlait d’un personnage " facétieux, camp ( un style propre à la culture gay masculine, ndlr ), toujours affublé d’un sac à main "; quant au Guardian, il le qualifiait " d’icône gay " qui " se dandine ".

Lorsque la série a été exportée aux États-Unis, la réputation de Tinky Winky a, elle aussi, traversé l’Atlantique. Interrogé par Entertainment Weekly, Michael Musto, grand chroniqueur gay ès potins, a ainsi déclaré ( " en ne plaisantant qu’à moitié " ) que ce personnage véhiculait un message admirable : " non seulement il nous montre qu’être gay, c’est OK, mais il nous montre aussi qu’il est important de choisir les bons accessoires ".

The Advocate, qui le qualifiait alors de " grande folle fabuleuse ", voyait également en lui une bonne façon de tordre le cou aux stéréotypes de genre : " il nous montre qu’il est tout à fait normal de s’intéresser aux accoutrements des personnes du genre opposé ". Tous ces propos ont été tenus avant que Falwell ne publie son " alerte " soi-disant absurde.

À l’époque, dans les médias grand public, de nombreux critiques éclairés affirmèrent que Falwell et la presse gay faisaient montre d'une perversité identique en prêtant des préférences sexuelles à des animaux en peluches incapables de prononcer deux mots. Face à la BBC, un porte-parole d’Itsy Bitsy Entertainment déclara : " Penser que l’on puisse placer des sous-entendus sexuels dans un programme pour la jeunesse est pour le moins grotesque ".

Des programmes jeunesse de plus en plus à l'aise avec l'univers queer : Dix-huit ans plus tard, j’estime que la chose n’a rien de grotesque. D’une part, dire que Tinky Winky est gay ne veut pas dire pas que Tink Winky a une vie sexuelle ; d’autre part, la simple présence de personnages queer ne constitue pas en elle-même un " sous-entendu sexuel ". La sexualité et l’expression de genre émergent bien avant la maturité sexuelle –fait beaucoup mieux compris aujourd’hui qu’il ne l’était durant les années 1990. Par ailleurs, de nos jours, l’idée d’un monde où la figure de " l’homme vraiment masculin est dépassée ", pour citer Falwell, est de plus en plus séduisante ( même si elle n’est pas encore une réalité ).

Falwell avait tort d’affirmer que Tinky Winky représentait un danger pour les enfants. Mais il avait raison sur un point : les programmes pour la jeunesse ( et la culture dans son ensemble) étaient (et sont) de plus en plus à l’aise avec l’univers queer.

Jacob Weisberg a suivi l’affaire Falwell à l’époque pour Slate.com, et comme il le faisait justement remarquer, avec le recul, de nombreux personnages d’histoires pour enfants nous apparaissent aujourd’hui subtilement queer, là où les hétérosexuels d’hier ne remarquaient jamais rien : Batman et Robin, Peppermint Patty et Marcie, Ernest et Bart, Timon et Pumbaa, Ranelot et Buffolet... " Il n’y a rien d’absurde dans le fait de remarquer ces indices, ces interférences et ces références, même si l’on s’appelle Falwell ", écrivait-il.

Au fil des années suivantes, le sous-texte s’est transformé en texte, et les créateurs de programmes pour la jeunesse ne se contentent plus de faire des allusions à la vie privée de leurs personnages : ils créent des personnages ouvertement gays, qu’ils soient adultes ou enfants. Les critiques que les créateurs de culture prennent réellement au sérieux ne proviennent pas de fossiles type Falwell ; elles proviennent de la communauté LGBTQ, qui désire être mieux représentée. Une chose est certaine : Tinky Winky s’y sentirait comme chez lui.

Des heurts en corps...

J'attends qu'il frappe à ma porte...

lundi, décembre 11, 2017

Politique : Laurent Wauquiez, ennemi des droits LGBT, la preuve par 6 !

Que reste t-il des Républicains, après la déroute de leur candidat François Fillon aux présidentielles ? L’esprit de Sens Commun, le bras armé de la Manif pour tous, et quelques vaillants combattants qui essaient de tenir tête à Laurent Wauquiez, le favori à l’élection interne du parti, le 10 décembre.

S’il a donné à son mouvement le nom de " droite sociale ", il faut en réalité comprendre qu’il s’agit d’une droite dure capable de flirter avec les idées d’extrême droite. Laurent Wauquiez a musclé son discours en parlant notamment des droits des personnes LGBT, se déclarant comme un défenseur de la famille hétérosexuelle et du mariage d’inspiration religieuse.

Alors qu’il va diriger le parti Les Républicains dans les prochaines années ( les sondages prédisaient qu’il ne ferait qu’une bouchée de ses concurrents Florence Portelli, Daniel Fasquelle et Maël de Calan ), petit résumé de ses prises de position anti-LGBT.

Laurent Wauquiez ne sait pas si l’homosexualité est contraire à ses valeurs : En plein débat sur le mariage pour tous, contre lequel il milite activement, Laurent Wauquiez aura bien du mal à dire si l’homosexualité est contraire à ses valeurs… ou non. C’est sur BFMTV, le dimanche 26 mai 2013, que le député UMP de Haute-Loire est interrogé. Puis hésite : " Non pas du tout " avance t-il alors, avant de pédaler dans la choucroute : " Oui, elle est contraire à… euh… ". Mais en fait non… Tout en cohérence, il déclare également ne pas être choqué par la banderole déployée par un groupuscule d’extrême droite sur le toit du siège du Parti socialiste. Comme dit le proverbe : " Regardez ses amis, vous saurez qui il est ".

Laurent Wauquiez fricote avec la Manif pour tous : Le lundi 2 novembre 2015, il participe à une réunion, puis défile en tête de la Manif dite pour tous à Paris aux côtés de Christine Boutin. Signataire de la charte du mouvement anti-égalité depuis le début, il fait partie des rares élus à assumer son opposition globale aux droits des personnes LGBT, mariage pour tous en tête, reconnaissance de la filiation surtout. Le Républicain, alors maire du Puy-en-Velay, avait même signifié qu’il " ne procéderait pas à un mariage homosexuel " tant qu’il serait en poste.

Laurent Wauquiez fait des meetings communs avec le Front national : En novembre 2015 toujours, les associations lyonnaises ont célébré un symbolique " mariage homophobe " entre Laurent Wauquiez et Christophe Boudot du Front National, critiquant vertement leur meeting commun en opposition au mariage pour tous.

Laurent Wauquiez fait élire des homophobes : Le 4 janvier 2016, Anne Lorne, pilier de la Manif pour tous lyonnaise et déléguée nationale de Sens Commun, est élue conseillère régionale sur la liste de Laurent Wauquiez ( auparavant secrétaire nationale chargée de la petite enfance avec Aurélie Taquillain au parti Les Républicains ). " Non à la banalisation de l’homosexualité. N’en faites pas des tonnes. Nous sommes la majorité. #raslebol ", avait par exemple tweeté en mai 2013 celle qui était également la porte-parole du mouvement anti-GPA " En marche pour l’enfance ".

En 2017, Anne Lorne a fait part de son désir de couper les subventions aux associations LGBT, ce que son président de région a mis à exécution une fois élu. Elle a également félicité le maire FN d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, pour avoir expulsé la Ligue des droits de l’homme de leur local municipal. Elle a travaillé au sein du think tank " Phénix " avec Charles Beigbeder et l’ancien ministre Charles Million, celui qui avait scellé un accord municipal avec le Front national en 1998… Quel CV !

Laurent Wauquiez coupe les ailes des associations LGBT : Très vite après son élection à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Wauquiez et ses équipes coupent dans les budgets des associations LGBT. C’est d’abord le festival de cinéma LGBT Face à Face (Saint-Étienne) qui s’est vu refuser sa subvention de 5 000 euros après douze ans sans problème, puis le festival LGBT Ecrans Mixtes (Lyon) qui a perdu un quart de ses aides annuelles, soit 3 000 euros en moins, mais aussi le festival grenoblois Vues d’en face.

Laurent Wauquiez, contre la PMA, veut aussi retirer l’adoption aux homos : Dans une interview pour Valeurs actuelles en septembre 2017, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes rappelle sa volonté de revenir sur les " lois socialistes " s’il accédait au pouvoir. C’est-à-dire notamment réécrire la loi Taubira… sans démarier les couples de même sexe. " Comme l’a exprimé François Fillon pendant la campagne présidentielle, il s’agit de fixer les lignes rouges pour empêcher toute marchandisation et toute remise en cause de la filiation ", disait-il au Monde.

Wauquiez, le Fillon 2.0 : Quoi de mieux pour relancer un débat que d’entretenir le trouble ? Est-ce vraiment un hasard s’il confond régulièrement mariage et filiation, PMA ( qui n’a rien à voir avec une " marchandisation " du corps des femmes ) et GPA ( où il n’en est parfois pas question, notamment dans le cadre de la GPA dite éthique ou bénévole ) ? Nulle trace de procréation médicalement assistée ni de gestation pour autrui dans le texte de Christiane Taubira ; ce que Wauquiez appelle les " dispositions qui conduisent à la GPA et à la PMA ", c’est tout simplement le rapport de filiation entre un enfant et un couple homo : " revenir de l’adoption plénière par des couples de même sexe à une adoption simple ( où l’adopté conserve tous ses liens avec sa famille d’origine, ndlr ) ". Voilà donc ce que proposait le favori à la présidence des Républicains : de rendre révocable la paternité des homos, comme le proposait en son temps de campagne un certain François Fillon.

Video : Luis Fonsi, Demi Lovato - Échame La Culpa !

Mon corps a peur...

Tout seul dans mon placard, les yeux cernés de noir...

dimanche, décembre 10, 2017

Autriche : Le mariage gay entrera en vigueur avant un an !

Une décision de la Cour constitutionnelle autrichienne ordonne l’ouverture du mariage aux couples homosexuels avant le 31 décembre 2018.

L’Autriche fait un grand pas vers l’adoption du mariage gay. La Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays, a ordonné mardi l’ouverture du mariage aux couples homosexuels au plus tard en 2019, dans une décision rendue à la suite du recours déposé par un couple de femmes. L’Autriche deviendra ainsi le seizième pays en Europe à reconnaître aux couples homosexuels le droit de se marier.

L’interdiction du mariage entre personnes du même sexe " viole le principe de l’égalité et de la non-discrimination des personnes sur la base de qualités personnelles telles que l’orientation sexuelle ", explique la Cour à l’appui de sa décision. Les couples de même sexe " pourront ainsi se marier au plus tard après le 31 décembre 2018 ", sauf si le législateur décide d’anticiper ce délai en votant les dispositions nécessaires, explique encore la juridiction.

Un contrat d’union civile homosexuelle était entré en vigueur en Autriche en 2010 et l’adoption d’enfants par les couples gays y est également possible. Depuis lors, ce " partenariat civil est devenu de plus en plus proche du mariage, de sorte qu’aujourd’hui, les deux institutions juridiques sont largement alignées l’une sur l’autre en termes de principes et de conséquences juridiques ", développe la Cour constitutionnelle.

" Cependant, la distinction entre le mariage et le partenariat ne peut être maintenue aujourd’hui sans discrimination envers les couples de même sexe ", ajoute-t-elle.

Les deux femmes qui avaient saisi les juges constitutionnels n’auront pas à attendre pour célébrer leur union : la décision de justice est immédiatement applicable à leur égard.

Leur avocat s’est réjoui mardi du jugement, estimant que l’Autriche devenait ainsi " le premier pays d’Europe qui reconnaît l’égalité devant le mariage comme un droit de l’Homme ". " Dans les autres pays, assure-t-il, l’ouverture du mariage aux couples gays s’est faite sur décision politique " et non par décision de justice.

Source