lundi, mars 12, 2018

EU : Le Parlement européen interdit les thérapies de conversion pour les personnes LGBT !

Pour la première fois, le Parlement européen condamne les thérapies de conversion qui visent à modifier l’orientation sexuelle d’une personne homosexuelle ou " guérir " une personne trans et appelle les pays membres à légiférer en ce sens.

" J’étais un enfant, j’avais 10 ans. La thérapie où ils m’ont envoyé consistait à me " dé-homosexualiser ". Tous les jours, ils m’injectaient de la testostérone, en plus de la psychothérapie que je suivais." Jonathan Fernandez, un jeune Américain, a été victime d’une thérapie de conversion. Le but de celles-ci : changer l’orientation sexuelle d’une personne homosexuelle ou " reconvertir " une personne trans à l’aide de psychothérapies, d’injections de testostérone ou encore d’électrochocs.

Les thérapies de conversion sont pratiquées par des groupes religieux ou des professionnels de santé, surtout aux États-Unis. Selon une étude récemment publiée par The Williams Institute, l'école de droit de l'université UCLA, près de 700.000 Américains âgés de 18 à 59 ans auraient en effet subi ce type de thérapie, qui sont toujours autorisées dans 41 des 50 États américains.

Le Parlement européen prend position : Dans le cadre de son rapport annuel sur les droits fondamentaux dans l’Union européenne, le Parlement européen a voté le 1 mars un texte qui appelle les pays membres à interdire les thérapies de conversion. C’est la première fois qu’elle condamne de telles thérapies alors que l’Organisation des Nations unies l’a déjà fait dans plusieurs pays. Dans un communiqué, la vice-présidente finnoise de l’intergroupe LGBTI au Parlement européen, Sirpa Pietikäinen, s’est félicitée de cette prise de position et a tenu à rappeler qu’à ce jour en Europe, seuls le Royaume-Uni, Malte et des régions autonomes espagnoles ont interdit de telles pratiques. En France, il n’existe aujourd’hui aucune loi les interdisant.

Video : Les thérapies de conversion pour changer l'orientation sexuelle des personnes LGBT !

De mes rondeurs tu es K.O. !

Smile !

Tout me ramène à toi, tout, tout le temps...

dimanche, mars 11, 2018

Tunisie : Nature des lois homophobes & de l'homophobie !

Alors que Konbini vient de révéler une enquête poignante sur l’homosexualité en Tunisie, la loi en question, qui emprisonne les homosexuels, pousse à des questions importantes sur la nature juridique des lois tunisiennes, mais aussi sur la provenance de l'homophobie tunisienne.

Un problème d’abord constitutionnel : L’article 230 du code pénal résonne dans les esprits au moment de tout procès concernant des abus sexuels : viol ou homosexualité . Des victimes de viol sont souvent confondues par la justice avec des homosexuels et emprisonnées. Mais d'où cet article tire-t-il sa légitimité constitutionnelle, car en théorie, un article du code pénal doit être conforme à la constitution de la république.

Ainsi, on retrouve une opposition révélant un problème constitutionnel.

D’abord, comprendre que l’article 230 repose sur le fait que la majorité des musulmans tunisiens considèrent que l’islam interdit l’homosexualité. Ainsi retrouve-t-on dans la constitution tunisienne l’islam comme source de droit ? Non. Même si lors de sa rédaction, les islamistes d’Ennahda ont milité pour l’inscription d’une base juridique à l’islam dans la constitution, ce fut en vain.

Néanmoins, ce qu’on retrouve c’est un article 6 qui garantit libertés de conscience et de croyances tout en obligeant l’État à interdire " toute atteinte au sacré ".

C’est bien de là que l’article 230 du code pénal ( qui prévoit jusqu'à trois ans de prison pour " sodomie entre adultes consentants " ) tire son origine juridique.

Pourquoi cet article 6 pose problème ?

" Comment manifester ou militer pour dépénaliser l’homosexualité sans porter atteinte au sacré, même si l’article 37 dit que la liberté de rassemblement et de manifestation pacifiques est garantie " ?

Outre le problème moral de l’emprisonnement des homosexuels, la protection du sacré en Tunisie laisse la porte ouverte au retour de l’islam politique.

Ainsi, nous pourrions très bien imaginer une situation où la censure pourrait être pratiquée dans une optique de protection du sacré, ou voir les droits des femmes restreints pour les mêmes raisons.

Si la Tunisie n’a pas pour religion d’État l’islam, qu’est qui pour l’État est sacré ?

Evidemment, nous savons que la réponse est l’islam. Mais si l’État, en tant qu’unité politique, considére l'islam comme sacré, on se retrouve dans une situation où cette nuance entre laïcité et islam politique que la Tunisie revendique est brisée.

Enfin, le problème de cet article est qu’il crée un problème de hiérarchie des libertés garanties par la constitution. Toute liberté assurée par la constitution est valable jusqu’à ce qu’elle porte atteinte au sacré.

Un refus de choisir : Effectivement, ce qu’on remarque depuis la rédaction de la constitution, c’est que la Tunisie refuse de choisir entre laïcité et religion d’État. Elle se place dans une position modérée, ne satisfaisant ni les plus conservateurs ni les adeptes de la laïcité. 

Nous avons vu en théorie que l’article 6 éloigne la Tunisie de la pensée laïque, néanmoins on retrouve en pratique, un comportement des différents gouvernements s’apparentant à une volonté de progressisme.

Séisme médiatique, entre stupeur et burlesque, dans un contexte d’élections municipales en approche, le Parti islamique Ennahda annonce dans une de ses listes, un candidat juif.

Exceptionnelle manoeuvre politique de la part d’un parti islamiste montrant sa volonté de s’afficher plus comme un islamisme modéré, comme un parti civil musulman et cela rentre parfaitement dans notre sujet :

" En pratique, Tunisiens & Tunisiennes s’éloignent de plus en plus de la volonté de mêler politique & religion.

Lors d’une conférence de presse tenue le 10 mai 2016 conjointement par l’Institut de sondage Sigma Conseil, l’Observatoire arabe des religions et des libertés, et l’ONG Konrad Adenauer Stiftung, sous le thème " la religion et la politique en Tunisie et dans les pays d’Afrique du nord ", une étude révèle que 73% des Tunisiens seraient pour une séparation entre la religion et la politique.

Mais alors, qu’est qui crée de la division sur cette question ? Pourquoi les Tunisiens s’adaptent t-il assez facilement à la laïcité, mais gardent une position conservatrice sur ce sujet spécifique.

L’ethnocentrisme face a l’éducation : On entend souvent que " L’éducation est soit coûteuse, soit de piètre qualité ". Mais si cette hypothèse reste à vérifier, l’éducation créée, néanmoins, une séparation de taille pour les élèves issus de familles favorisés et défavorisés. 

Les écoles primaires privées en Tunisie sont réputés pour être dans de meilleures conditions sanitaires que les écoles publiques, avec une pédagogie individuelle centrée sur les particularités de chaque élève tandis que les écoles primaires publiques n’enseignent par exemple, le français qu’à partir de la 3e année et manquent cruellement de moyens.

Si au lycée, l’écart se réduit, des inégalités d’éducations se créent dès la primaire et sont perpétuées jusqu’à l’enseignement supérieur. 

Ainsi, on retrouve des techniques variées d’éducation dépendant déjà de la nature de l’établissement mais aussi de sa localisation. Il y a beaucoup plus de de collèges et de lycées d’élites ( appelés " pilotes " ) dans les grandes villes tunisiennes ( Tunis - Sfax - Sousse ), plutôt que dans les régions du Sud et de l’Ouest.

Sans rentrer dans les détails, voilà ce qui nous permet de conjecturer que si la confession ne permet de justifier l’agrément de l’opinion publique avec ces lois homophobes mises en place en Tunisie, ce qui pourrait nous aider à comprendre ce souci, c’est que la qualité de l’éducation réduit l’ethnocentrisme et permet d’exercer une prise de conscience sur le caractère injuste de certaines lois.

La solution repose donc sur deux choses : la diversification de l’éducation afin de lutter contre les apriori culturels faisant en sorte que les Tunisiens n’arrivent pas à accepter l’homosexualité &  l’invalidation de la légitimité juridique de l’article 230 en réformant l’article 6 de la constitution de 2014.

L’ethnocentrisme mène au conservatisme, mais l’éducation peut être la source d’une prise de conscience populaire sur le sujet.

On fait comme on a dit, tu restes encore huit jours...

Garde-les en souvenir, tes rêves d'enfant.....

samedi, mars 10, 2018

En savoir plus : Pédé est-il encore une insulte ?

Aux États-Unis, les jeunes s’exclament facilement " It’s so gay " pour critiquer un pantalon trop fashion, une réaction trop émotive ou un sandwich au goût trop sophistiqué. C’est devenu une caricature de ce qui n’est pas viril. À l’inverse, les mots faggot ou queer sont devenus des insultes plus directes, gay avait gagné une certaine neutralité. Mais tous les mots évoluent sémantiquement...

En France, le mot pédé est étymologiquement une apocope de pédéraste, un terme employé à l’origine pour désigner la relation particulière entre un homme mûr et un jeune garçon, dans la Grèce antique. Non seulement dans le domaine sexuel mais aussi éducatif, sans valeur négative. Apparu en langue française au XVIe siècle au sens " d'amour des garçons ", c’est au XIXe siècle que le terme pédéraste se diffuse plus largement en prenant son sens " d’homosexuel ", en glissant de l’attirance des jeunes garçons à celle des hommes. Aujourd’hui, la pratique de l’homosexualité entre adultes consentants est légale, mais l’acte de pédophilie est un crime dans la loi française.

Le diminutif pédé apparaît quant à lui vers 1836, suivi de sa féminisation pédale vers 1935 afin d’accentuer davantage sa signification dépréciative, puis pédoque en 1953 et péd’ en 1972.

Le mépris porté à des choses manquant soi-disant de virilité adapte alors cette expression en " c’est pas un truc de pédé " ou " on n’est pas des pédés ".

Même processus avec queer : ce mot anglais signifie à l’origine quelque chose entre " bizarre ", " étrange " et " malade ". Il a été utilisé comme insulte désignant les homosexuels masculins au XXe siècle et réapproprié par des homosexuels " virils " qui voulaient se distinguer des fairies ( " tantes " ou homosexuels féminins ) avant d’être éclipsé par le mot gay. Sa résurrection récente a un sens beaucoup plus universel, puisqu’il embrasse l’ensemble de l’arc-en-ciel LGBTQ, y compris les hétérosexuels féminins.

Le retournement de l’insulte : L’injure, aujourd’hui banalisée à force d’avoir été entendue, est reprise par certains homosexuels, notamment dans certains contextes militants ou encore dans son acceptation populaire ( dans le titre du film Pédale douce par exemple... ). C’est le cas notamment avec les " Panthères roses " qui se revendiquent " transpédégouines " voire dans des jeux de mots comme " Gode save the gouine ". L’objectif c’est de se réapproprier l’insulte de façon ironique. C’est ce qu’on appelle le " retournement du stigmate " : se réapproprier l’insulte, l’agression, l’opprobre tend à rendre inefficace leur portée infamante. C’est le même processus à l’œuvre quand certains rappeurs noirs s’appellent entre eux " nigga / nègres " bien que le mot ait un lourd passé associé à l’esclavage, ou que des femmes ayant pratiqué l’avortement reprennent à leur compte l’expression de " 343 salopes ".

Dans ses rapports, l’association SOS homophobie rapportait en 2015 que près de 44% des cas de LGBTphobies commencent par des insultes. " PD " est donc associé, pour la plupart des homosexuels, à une violence verbale et parfois physique – et une infamie d’autant plus forte qu’elle entretient un amalgame avec la pédophilie. Sur son site, l’association est formelle :

Pour mémoire, les insultes homophobes sont punies par la loi, et peuvent faire l’objet d’un dépôt de plainte.

Dire " PD ", " pédale ", " fiote ", ce n’est pas " homophobe " si c’est prononcé par un homosexuel, dans un contexte amical, pas public, en direction d’un autre homosexuel ou pour se désigner soi-même : on se le permet car on est directement concerné par l’insulte et que le contexte le permet. Mais oui, le mot pédé est toujours une insulte, même si elle est devenue très banale. Ça ne peut pas être un mot doux, même si il peut être utilisé avec humour.

Video : 2CELLOS - Cavatina !

Comme les nuages, juste un passage...

mardi, mars 06, 2018

Société : Les pères gays sont plutôt de meilleurs parents adoptifs !

" Et la GPA, toi, t'en penses quoi ? " La question, posée à la volée entre amis ou en famille, laisse songeur. Ces dernières années  (tout particulièrement depuis 2013 et le mariage homo ), les militants d'un " droit à l'enfant " contre les auto-proclamés défenseurs des " droits des enfants " font vivre les débats ( apparemment infinis ) de la société française autour de l'adoption, de la procréation médicalement assistée ou du recours aux mères porteuses. Et parmi les envolées idéologiques de part et d'autre, pas toujours facile d'y voir clair. Alors quand on est tombé via un article du " Temps " sur le travail de la psychologue britannique Susan Golombok à propos des " nouvelles formes de familles ", on a eu envie de discuter avec elle. 

La directrice du Centre for Family Research de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, nous accorde un entretien au téléphone. Depuis les années 1980, elle étudie ces formes de familles qui se distinguent de la traditionnelle famille nucléaire ( un père, une mère et leurs enfants ) : les familles monoparentales par choix, celles avec des parents de même sexe, celles issues de la maternité de substitution ou de la procréation médicalement assistée... 

Auteure d'une œuvre pléthorique ( dont le passionnant " Modern Families : Parents and children in new family forms " en 2015 ), Susan Golombok a compilé des centaines d'études longitudinales à ce sujet, menées sur plusieurs années, pour en tirer un constat principal : les enfants des familles modernes ne rencontrent pas plus de troubles psychologiques ou fonctionnels que les enfants des familles dites " traditionnelles ". 

En France, l'adoption en 2013 de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels a rencontré une levée de boucliers. Est-ce qu'être élevé par des parents homosexuels ou hétérosexuels a une influence dans le développement de l'enfant, en terme de bien-être psychologique et d'orientation sexuelle ? 

Non. Depuis les années 1970, il y a eu beaucoup d'études sur les familles avec des mères lesbiennes, conduites dans beaucoup de pays différents et avec des méthodes différentes. Toutes ces études montrent que les enfants élevés par des mères lesbiennes ne sont pas différents des enfants de familles traditionnelles. 

Les études de familles avec des pères gays sont beaucoup plus récentes, car cela fait peu de temps qu'ils peuvent adopter, et encore moins avoir recours à une mère porteuse ( la pratique est légale dans certains pays, comme au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, NDLR ). Nos comparaisons au Royaume-Uni entre des enfants adoptés par des couples d'hommes, des couples de femmes et des couples hétérosexuels montrent qu'il y a une différence... en faveur des couples d'hommes. On a constaté que les pères homosexuels étaient en quelque sorte de meilleurs parents adoptifs que les autres : ils entretenaient des liens plus forts avec leurs enfants. 

Comment peut-on l'expliquer : Ça nous a un peu surpris, mais plusieurs raisons peuvent l'expliquer. D'une part, au contraire des couples lesbiens ou hétérosexuels, les pères gays n'avaient jamais pensé pouvoir devenir pères – même s'ils l'avaient vraiment souhaité. Ils savaient qu'avec leur orientation sexuelle, ce serait impossible. Donc quand il est devenu légal pour eux d'adopter, le rêve est devenu réalité. A l'inverse, les couples hétérosexuels et lesbiens arrivent souvent à l'étape de l'adoption après des années de traitement d'infertilité, parfois très stressants.

Il existe peut-être aussi une seconde raison. Au Royaume-Uni, les enfants adoptés sont souvent des pupilles de l'Etat, qui viennent des services sociaux et ont donc vécu des situations traumatisantes. Comme la possibilité pour les pères gays d'adopter est très récente, il est possible que les agences nationales qui gèrent l'adoption aient été inquiètes, et n'aient pas voulu " surcharger " ces enfants avec une famille perçue comme hors normes. Donc les familles avec des pères homosexuels ont peut-être accueilli des enfants moins difficiles que les autres familles.

Video : MC ★ Solaar - Eksassaute !