dimanche, juin 17, 2018

US : Les musulmans sont plus nombreux à soutenir le mariage homosexuel que les évangélistes blancs !

La communauté musulmane américaine s'ouvre à la question des droits LGBT+.

Alors que la présidence Trump va de pair avec une stigmatisation croissante de la communauté musulmane vivant aux États-Unis, un récent sondage vient tordre le cou à plusieurs idées reçues la concernant.

Basée sur un grand échantillon de plus de 40.000 Américains, une étude d’opinion révèle en effet que la majorité des musulmans se dit favorable au mariage entre personnes du même sexe.

Légalisé par la Cour Suprême américaine en 2015, le mariage gay, mais aussi les droits LGBT+ en général, seraient de plus en plus soutenus au sein des diverses communautés religieuses outre-Atlantique.

Seuls les évangélistes blancs seraient encore majoritairement opposés à l’union des couples homosexuels. Les Mormons se disent contre à 58% et les témoins de Jehovah à 63%. A contrario, 51% des musulmans sondés affirment être pour.

Le sondage témoigne globalement d’une approbation croissante du mariage gay, accepté dans 44 états américains sur 50. Plus conservateurs et traditionnellement Républicains, la Louisiane, le Mississippi, le Tennessee, la Virginie-Occidentale et la Caroline du Nord restent encore à convaincre.

Video : Muet !

La peur de ne pas savoir où aller...

mercredi, juin 13, 2018

People : Elton John appelle au boycott de Facebook et Instagram contre l'homophobie !

À l'occasion d'un discours sur le VIH, le chanteur britannique a pointé la responsabilité des géants du Web dans les discours haineux. Il a condamné ceux qui brandissent la " liberté d'expression " pour justifier les insultes.

" Par la bouche d'un vieux chanteur, on peut partager les problèmes qu'on a ", chantait Elton John dans Sad Songs (Say So Much) en 1984. Le 8 juin, la star, âgée de 71 ans, a usé de sa voix et de sa notoriété pour appeler à la fin de l'homophobie en ligne. Le chanteur de Crocodile Rock était invité à une conférence sur le VIH, organisée par le National AIDS Trust britannique. Il a demandé la fin des discriminations liées au VIH et au virus du sida.

Dans le viseur de l'artiste homosexuel et militant de la cause LGBT, les grandes compagnies qui gèrent les réseaux sociaux, Facebook et Instagram en tête. " Il faut faire pression sur les géants du Web. Non pas parce qu'ils sont mauvais mais parce que ce sont des outils qui permettent de faire quelque chose de bien ", a-t-il affirmé.

Dans une interview donnée à la BBC après la conférence, Elton John a encore haussé le ton. Il condamne le harcèlement et les discriminations en ligne et la responsabilité des acteurs du Web. " Je ne comprends pas pourquoi ces grandes compagnies autorisent cela ", a-t-il expliqué. " On voit des propos si écœurants sur les réseaux sociaux. Les sociétés doivent agir et réaliser qu'elles encouragent les messages haineux ", a défendu le chanteur aux lunettes colorées. Et à ceux qui se plaindraient d'une atteinte à leur " liberté d'expression ", Elton John rétorque : " qu'elle aille se faire foutre, leur liberté d'expression ".

Pour le chanteur, qui a vendu plus de 300 millions de disques pendant sa carrière, la solution est simple : " le boycott ". " Sans argent, les compagnies de tech seront obligées de se secouer ", assure-t-il. Ces gens ont une responsabilité " et pour l'instant, " ils n'ont rien fait " pour lutter contre les discriminations et l'homophobie, a-t-il conclu.

Il nous faut un ami, l'ami c'est lui...

Oups !

mardi, juin 12, 2018

Culture : Comment Troye Sivan redéfinit la notion d'icône gay !

Avec ses titres " My My My ! " et " Bloom ", Troye Sivan s’impose petit à petit comme une icône pop parmi tant d’autres. Mais là où Taylor, Selena et Ariana racontent leurs peines de cœurs hétérosexuelles, le jeune Australien n’a pas peur d’imposer ses histoires ( qu ‘elles soient romantiques ou charnelles ) et son vécu homosexuel sur le devant de la scène. Une idole gay pour un public gay : voilà peut-être la forme que revêtiront les icônes LGBTQ+ dans le futur.

Celui que l’on cite désormais pour illustrer l’exemple parfait du " twink " (ce jeune éphèbe gay, imberbe, mince et souvent blanc) a bien évolué depuis 2013 lorsqu’il annonçait, très nerveux, qu’il faisait son coming out à 18 ans sur sa chaîne YouTube. Désormais, Troye Sivan n’hésite pas à user de paroles explicites dans ses titres : l'acte sexuel entre deux hommes y est conté sans détour, comme c'est déjà le cas dans la majorité des œuvres pop lorsqu'il s'agit d'une relation hétérosexuelle. Il n’y a qu’à voir sa dernière chanson, Bloom, " un tube sur le fait d’être passif " selon son interprète : " Promets-moi que tu me tiendras la main si je prends peur. Je te dirais peut-être de prendre ton temps, bébé, ralentis. Il faut que tu saches (…) que je fleuris, rien que pour toi ". Difficile d’y voir une simple chanson sur la floraison et le printemps – Troye Sivan fait ici ce que des stars comme Beyoncé, Rihanna ou Britney Spears font depuis des années : assumer, revendiquer, et se réapproprier leur sexualité.

D’abord youtubeur, le jeune garçon de 22 ans s’est fait remarquer du grand public en 2015, avec son album Blue Neighborhood ; le 31 août prochain sortira Bloom, son deuxième opus. Avec trois premiers titres – " My My My ! ", " The Good Side " et " Bloom ", Troye Sivan revendique son identité et, forcément, son orientation sexuelle. Là où ses premières chansons évoquaient vaguement quelques amourettes, la peur de quitter le nid familial et le coming out, voilà que l’Australien murmure sa façon de vivre et d'aimer dans les oreilles de millions de fans. L’électrifiant clip de My My My ! met en scène des jeunes hommes à moitié nus dans ce qui semble être une backroom, avec un Troye Sivan survolté qui danse dans un entrepôt désaffecté. Durant ses performances, il est la plupart du temps en marcel blanc, pantalon en cuir et cheveux décolorés – Troye Sivan n’est plus un adolescent, et le fait savoir en embrassant tous les codes de la culture queer.

Des icônes (pas très) gays : Il y a eu des chanteuses, il y a eu des actrices, il y a eu des mannequins. La plupart du temps, ce sont des femmes : Dalida, Naomi Campbell, Judy Garland, Barbra Streisand, Cher, Madonna, et plus récemment Lady Gaga, Ariana Grande, Demi Lovato, ou Beyoncé. Toutes occupent une place de choix au sein de la communauté LGBT+. Qu’elles soient impliquées ou non dans les problématiques de cette communauté est finalement assez anecdotique. S’il n’est jamais question de remettre en cause la légitimité et l'influence positive des femmes hétérosexuelles catégorisées comme " icônes gays " sur la jeunesse gay, cette dernière ne se trouve jamais pleinement représentée – peu de femmes et d'hommes homosexuels ont pu captiver les foules. Dans la musique, on compte peut-être David Bowie, Freddie Mercury, Grace Jones, Elton John ou encore George Michael. Rien de très neuf et rien, donc, pour inspirer et symboliser la jeunesse LGBT+ du XXIe siècle.

Pour Patrick Thévenin, journaliste spécialisé en musique et culture queer, " l'affirmation de la sexualité [des jeunes chanteurs et chanteuses comme Troye Sivan] est le fruit d'artistes qui se sont au fur et à mesure engagés : Jimmy Sommerville, Boy George, Rufus Wainwright ou Beth Ditto. Ils ont pulvérisé cette idée fausse qu'annoncer son homosexualité pouvait nuire à sa carrière ". Impossible, donc, d'oublier le passé : si la révolution est en marche, c'est avant tout grâce à ceux qui ont pavé le chemin. À défaut de chanter leurs aventures sexuelles aussi crûment que le fait Troye Sivan, ils ont fait leur coming-out à une époque où cet acte marquait une avancée déjà conséquente.

Troye Sivan n’est peut-être pas le premier chanteur ouvertement homosexuel, mais il est certainement le seul à se positionner si haut dans les charts en 2018. À propos de la conception de son clip My My My !, il explique s’être posé cette question : " Qu’est-ce que je veux voir qui n’est pas représenté dans les médias ? (…) Qu’est-ce qu’il y a de si effrayant [à propos d’un] jeune homme gay qui s’amuse, qui bouge de manière aussi féminine ou masculine qu’il le souhaite ? ". Un questionnement qui résonne dans l’esprit de beaucoup. " Je n’ai pas beaucoup vu cela quand j’étais plus jeune, je n’ai pas souvent eu l’occasion de me dire : Oh wow, c’est à cela que ça ressemble d’être gay et heureux ", confie-t-il à Another Man. Désormais, les jeunes regardant Troye Sivan le peuvent. Car l’icône, lorsqu’on dépossède le terme de son symbolisme religieux, fait maintenant souvent office de modèle. Pour l’auteur Denis C. Meyer, elle est " une figure emblématique qui joue un rôle essentiel dans la construction et le maintien de l’imaginaire social et de l’identité collective " – elle a " une signification importante pour un large groupe culturel ". Une signification d'autant plus capitale qu'un seul et même type de narration a toujours été favorisé : celui de l'hétéronormativité. Invisibilisant au passage une grande partie de la population mondiale.

La fin du queerbaiting : Comment devient-on une icône gay ? Est-ce un statut décerné ou auto-proclamé ? Lorsque la question est posée à Troye Sivan, il répond que c’est un rôle qu'il ne préfère pas endosser : " Il y a tellement [de sujets] à couvrir – c’est un groupe massif, nuancé et complexe d'individus, et il y a tant d’histoires à raconter ". Le message est simple : la normalisation des histoires amoureuses ou sexuelles entre personnes du même sexe ne se fera que dans la pluralité. La sexualité queer ne sera représentée que si elle est exprimée par des voix multiples et différentes : gays, lesbiennes, trans, racisées.

Si Troye Sivan est le premier " millennial " à atteindre le statut qu’il possède désormais dans l'industrie de la musique, d'autres lui emboîtent le pas. La chanteuse Hayley Kiyoko, surnommé " Lesbian Jesus ", est ouvertement gay. Dans son titre Curious – plus de 10 millions de vues sur YouTube – elle renverse les clichés et décrit une expérience sexuelle avec un homme comme une simple lubie. " Je suis juste curieuse ", clame-t-elle. Dans d’autres clips, comme celui de Feelings, l’histoire narrée ( et dépeinte ) est ouvertement lesbienne. D’autres voix de plus en plus suivies, comme celles d’Olly Alexander, leader de Years and Years, et celle de Kevin Abstract, à la tête de BROCKHAMPTON, s’ajoutent à cette nouvelle vague LGBT+ qui participe à la normalisation du désir homosexuel. 

On peut espérer que ces nouveaux artistes ( et les ventes qu’ils génèrent ) mettront fin à ce que l’on appelle le " queerbaiting " : une pratique utilisée en musique comme au cinéma, où l’artiste utilise la culture queer sans jamais se mouiller. Derniers exemples en date : Donald Glover confirmant que son personnage dans Solo est pansexuel sans que cela ne soit montré à l’exemple, ou encore le nouveau titre de Rita Ora, Cardi B, Bebe Rexha et Charli XCX, " Girls ". En moins de quatre minutes, la chanson explique comment ses interprètes pourraient bien embrasser une fille – attention, seulement après quelques verres de rouge. 

Il est désormais de plus en plus difficile de comprendre le positionnement d'un.e musicien.ne lorsqu'il ou elle tente de s'inscrire dans une forme de sous-culture précise. " Tout coming-out est bon à prendre, car il s'agit de désinvisibiliser les gens. Je suis pour qu'un.e artiste soit clair.e sur sa sexualité. Ça me dérange lorsqu'il y a une volonté de surfer sur une mode – le gender, la fluidité ", confie Patrick Thévenin. 

Reste à voir si ces pratiques changeront avec le temps. L’arrivée de Troye Sivan, le succès grandissant de BROCKHAMPTON ou de Hayley Kiyoko sont tous la preuve que les minorités ne veulent plus être utilisées comme stratégies de communication – elles réclament une représentation claire, directe et transparente de leurs histoires.

Bloom, le prochain album de Troye Sivan, sera disponible le 31 août prochain.

Video : Troye Sivan - Bloom !

Ici, c'est un abri qui m'a été donné...

Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime...

lundi, juin 11, 2018

LGBT : L'archipel des Bermudes relégalise le mariage pour les couples homosexuels !

Ce territoire britannique d'outre-mer a été le premier État au monde à abroger le mariage gay, il y a quelques mois...

En mai 2017, la Cour suprême de l'archipel des Bermudes ( territoire britannique d'outre-mer d'Amérique du Nord de 70 000 habitants et véritable paradis fiscal pour milliardaires ) légalisait le mariage pour les couples de même sexe. Une décision qui avait été vivement saluée par la communauté LGBT locale et internationale et de nombreuses associations de défense des droits de l'Homme.

Après la victoire aux élections législatives du Parti travailliste progressiste (PLP), soutenu par de nombreuses Églises conservatrices, quelques mois plus tard, le nouveau gouvernement décide de revenir sur cette loi. La population de l'archipel paradisiaque des Bermudes est chrétienne à 90%.

Au mois de février dernier, le Parlement bermudien abroge le mariage pour les couples de même sexe ( sans rétroactivité pour les unions homosexuelles déjà célébrées ) pour le remplacer par un contrat d'union civile, avec les droits équivalents à ceux des couples mariés, y compris en matière d'héritage et de propriété. Cette décision avait suscité de très nombreuses et vives critiques de la part de la communauté internationale et de l'Autorité du Tourisme des Bermudes, qui craignait un boycott massif des vacanciers homosexuels fortunés provenant principalement des États-Unis.

Une mesure discriminatoire et inconstitutionnelle : Ce mercredi 6 juin, la Cour suprême des Bermudes a de nouveau relégalisé le mariage pour les couples homosexuels, en insistant sur le caractère discriminatoire et inconstitutionnel de l'abrogation par le Parlement : " La révocation du mariage homosexuel n'est pas seulement injuste, mais régressive et inconstitutionnelle. La Cour est maintenant d'accord que notre croyance dans le mariage homosexuel en tant qu'institution mérite une protection juridique et que cette croyance a été traitée par la loi de manière discriminatoire en vertu de la Constitution des Bermudes ".

La décision de la Cour suprême n'est pas immédiatement applicable : Le gouvernement bermudien dispose de 6 semaines pour faire appel. Le ministre de l'Intérieur a déjà fait part de son éventuelle intention de faire appel de cette décision, " sous réserve des conseils juridiques que nous recevrons ". Il convient également de rappeler que les mouvements opposés à l'égalité devant le mariage pour les couples homosexuels ( la Manif pour tous, en particulier ) avaient très largement réagi, de manière particulièrement jubilatoire, sur l'abrogation du mariage gay aux Bermudes. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours...

Ian Somerhalder !

Rejoue-moi ta mort, je m'évapore...