mercredi, octobre 17, 2018
mardi, octobre 16, 2018
Sport : Sam Lewis, joueur de volley-ball, fait son coming-out médiatique dans une vidéo touchante !
Sam Lewis, un joueur américain de volley-ball, a fait son coming-out médiatique dans une vidéo postée sur YouTube. " Nous devons être plus fiers que jamais et capables de nous lever ensemble ", a-t-il dit.
" Bonjour, je suis Sam Lewis et... je suis gay ". Dans une vidéo postée le 11 octobre dernier sur YouTube, le joueur de volley-ball américain Sam Lewis a fait son coming-out médiatique. " C’était juste quelque chose d’inné, quelque chose en moi qui me disait : Je suis différent des autres et je le sais, mais je ne sais pas comment ça s’appelle ", a-t-il déclaré.
Le jeune homme de 19 ans confie avoir fait son coming-out à sa famille et ses amis à l’âge de 14 ans...
" Ensuite, j’ai trouvé la communauté LGBT et je me suis dit : Oh, c’est ça. Cette magie que je ressens en ce moment, il n’y a aucune chance que ce ne soit pas ce que je suis ".
" Ensuite, j’ai trouvé la communauté LGBT et je me suis dit : Oh, c’est ça. Cette magie que je ressens en ce moment, il n’y a aucune chance que ce ne soit pas ce que je suis ".
J’ai joué dans des pays où ce n’était pas légal d’être gay : Dans sa vidéo, Sam Lewis évoque aussi les difficultés rencontrées lorsque l’on est un athlète homosexuel. Il assure avoir été " terrifié ", lorsqu’il est devenu capitaine de l’équipe universitaire nationale de l’université de Californie du Sud (USC).
" J’ai joué dans des pays où ce n’était simplement pas légal d’être gay ". Selon Outsports, un incident se serait produit à Cuba, où un membre de l’équipe locale avait déclaré que des personnes LGBT étaient tuées en Jamaïque.
Le 16 septembre dernier, le nageur Abrahm DeVine, membre de l’équipe nationale américaine de natation, faisait lui aussi son coming-out médiatique. Nous l'avions d'ailleurs déjà évoqué sur ce blog !
Regardez la vidéo : Here/Ici
lundi, octobre 15, 2018
Enquête : Les couples homosexuels ont le droit d'adopter, mais le peuvent-ils vraiment ?
" Votre seul défaut, c'est d'être deux hommes ", entendent-ils souvent. Légale depuis cinq ans pour les couples mariés de même sexe, l'adoption est encore pour eux un parcours du combattant. En plus des obstacles classiques de la démarche, ils voient aussi plusieurs portes se fermer, justement du fait de leur homosexualité.
Depuis qu'il est adulte, Jean-Marc* se voit papa. Il s'imagine avec son mari jouer au square avec leur enfant, l'emmener au cinéma et partir avec lui en vacances. Il y a cinq ans jour pour jour, le couple a eu un déclic. Ce 23 avril 2013, le Parlement a adopté définitivement la loi Taubira ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. Avoir un enfant ? Depuis cet instant, " on en parle vraiment ", relate Jean-Marc, en couple depuis plus de quinze ans avec son compagnon.
Dossier motivé, série d'entretiens avec une assistante sociale, une psychologue et une psychiatre... Depuis octobre 2016, le couple suit les étapes classiques d'une démarche d'adoption et est accueilli avec " beaucoup de bienveillance ". "Aucune difficulté jusqu'à présent", résume Jean-Marc. Le trentenaire se souvient néanmoins d'une phrase prononcée par sa psychiatre : " Vous avez un dossier parfait. Vous ferez de merveilleux parents. Votre seul défaut, c'est que vous êtes deux hommes. La société n'est pas prête ".
Cinq ans après le vote de la loi Taubira, l'accès à l'adoption ( en général déjà très long, et incertain ) semble encore plus ardu pour les couples d'hommes ou de femmes. Aucune statistique précise n'est disponible. Depuis 2013, plusieurs centaines, voire milliers, de personnes de même sexe, ont certes pu adopter l'enfant de leur conjoint, selon les spécialistes du sujet. Mais d'après Alexandre Urwicz, président de l'Association des familles homoparentales (ADFH), à peine " quelques familles" ont pu accueillir dans leur foyer un enfant pupille de l'Etat et "moins de dix " un enfant né à l'étranger.
Des conseils de famille réticents : Pour Julien*, ingénieur informatique, et son mari, l'attente dure depuis près de trois ans. Ce couple, marié peu après l'adoption de la loi Taubira, a bien reçu l'agrément pour adopter un pupille de l'Etat. Mais depuis 2015, rien n'avance. Leur dossier a été présenté une première fois à un conseil de famille des pupilles de l'Etat. Cette commission, qui réunit des conseillers départementaux, des membres d'associations familiales et de pupilles de l'Etat, mais aussi des professionnels de la protection de l'enfance, décide de l'adoption de ces enfants. Le projet du couple a été rejeté.
" Je savais que ce serait long ", tempère Julien. Un cousin hétérosexuel a adopté, cela a pris quatre ans." Pour tout couple, qu'il soit homosexuel ou hétérosexuel, l'adoption est un long cheminement : en moyenne, toute demande met cinq ans à aboutir dans le cas des pupilles de l'Etat. L'ingénieur se veut tout de même optimiste. Mais les assistantes sociales l'accompagnant le sont beaucoup moins. " Elles nous expliquent que les conseils de famille sont assez conservateurs, relate le trentenaire parisien. Dans de nombreux cas, ils vont privilégier des dossiers de couples hommes-femmes ".
D'autres témoignages recueillis par franceinfo confirment ces réticences. Michel* et Edouard*, dans une démarche d'adoption depuis un an, ont ainsi entendu le même genre de propos lors d'une réunion d'information dans le Nord.
Samuel* et son mari, en pleine démarche d'adoption dans le Finistère, ont, eux, été prévenus par l'assistante sociale et le psychologue. "Ils nous l'ont dit de façon très libérée, confie Samuel. Le conseil de famille n'accorde jamais d'adoption aux couples homosexuels. Il refuse toutes leurs candidatures ". Joint par franceinfo, un membre de l'équipe départementale chargée des adoptions, souhaitant rester anonyme, confirme ces refus. En cinq ans, il a présenté " une quinzaine " de dossiers de couples de même sexe pour l'adoption d'un pupille de l'Etat. Aucun n'a été retenu.
André, représentant d'une association dans ce conseil de famille, assure que son groupe n'a pas de réticences envers l'homoparentalité. Il "respecte" simplement "l'ordre d'arrivée des dossiers ". Selon lui, les demandes de couples homosexuels ne seraient "pas éligibles actuellement ", car trop récentes. D'une voix calme, l'associatif reconnaît néanmoins que " quand le mariage pour tous a été adopté, des parents ont quitté notre association". Ils refusaient, par principe, l'idée d'une adoption par un couple de même sexe.
Alerté par plusieurs couples, Nicolas Faget, porte-parole de l'Association des parents gays et lesbiens (APGL), dénonce "une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle " dans plusieurs départements.
L'Unaf, l'Union nationale des associations familiales, était " majoritairement opposée " au mariage pour tous et " majoritairement défavorable à l'accès à l'adoption pour les couples de même sexe " au moment du débat sur la loi Taubira. Elle est toujours impliquée dans le processus d'adoption aujourd'hui, car chaque conseil de famille compte au moins un représentant proposé par l'Udaf, l'union départementale. Malgré son opposition de l'époque, il n'y a " pas de mot d'ordre " pour privilégier des couples hétérosexuels, assure aujourd'hui l'Unaf : elle dit n'avoir aucune information sur d'éventuelles discriminations. Elle évoque juste une " tension extrêmement forte ", en raison du nombre très important de candidatures, notamment depuis 2013.
Contacté par franceinfo, Jean-Marie Muller, président du conseil d'administration de la Fnadepape, une fédération regroupant des membres de conseils de famille de pupilles de l'Etat, répond sans filtre. " Les conseils de famille sont libres de leur choix et n'ont pas à le justifier ", défend ce responsable, administrateur en Lorraine.
Tant qu'on aura des couples jeunes, stables, avec un père et une mère, on les privilégiera ", assurait-il déjà à l'AFP. " Ce discours est insupportable ", réagit, indigné, Alexandre Urwicz. Interpellé par ces propos, le président de l'ADFH annonce à franceinfo qu'il " réfléchit à une action judiciaire ".
Sollicité par franceinfo, le ministère de la Justice explique lui qu'il " n'a pas connaissance de difficultés " de ce genre. " Cela ne veut pas dire que ça n'existe pas. Nous sommes assez mal équipés pour le voir ", reconnaît le ministère. Une enquête sur l'adoption en France, lancée récemment par les pouvoirs publics, sera rendue publique en 2019. " Avec cela, nous pourrons voir si un traitement différencié existe ", assure le ministère de la Justice.
A l'étranger, des voies très restreintes : En plus de la France, Samuel et son mari comptent se tourner en parallèle vers une démarche à l'international. Là aussi, de nombreuses embûches devraient les attendre. Pour commencer, le nombre d'adoptions internationales a baissé drastiquement ces dernières années : seulement 685 en 2017. Et seuls quatre pays, et quelques régions d'autres Etats, sont aujourd'hui susceptibles d'accepter une demande de la part d'un couple homosexuel, selon le recensement communiqué par l'Agence française de l'adoption (AFA) à franceinfo. Il s'agit de la Colombie, de l'Etat de Mexico (Mexique) et de certains Etats des Etats-Unis, de l'Afrique du Sud, du Brésil et du Portugal. Les autres assument leurs refus. La Russie, le Kazakhstan, la Bulgarie ou encore Haïti précisent même explicitement que " seuls les couples mariés hétérosexuels " seront considérés.
Avec son mari, Jean-Marc* a visé en priorité le Brésil et l'Afrique du Sud. Mais pour le premier pays, un obstacle immédiat s'est présenté. " Comme notre agrément est pour un enfant de 0 à 6 ans, ça ne passe pas ", regrette Jean-Marc. Au Brésil, " les enfants proposés seuls sont généralement âgés de 9 ans au moins ", précise le Quai d'Orsay.
Médecins du Monde, l'un des rares organismes permettant aux couples homosexuels d'adopter à l'étranger, arrête ainsi son activité d'adoption. Pour tenter leur chance en Afrique du Sud, le trentenaire et son mari se sont rapprochés de l'association Chemin vers l'enfant, située à Chinon (Indre-et-Loire). Là aussi, la porte s'est vite fermée. Sous le poids de nombreux dossiers en attente, elle refuse toute nouvelle candidature. " C'est la seule association qui le proposait. Pour nous, l'Afrique du Sud, c'est fichu ".
Une chance résiduelle : Cinq ans après la bataille pour le mariage et l'adoption pour tous, " le droit est là, mais on ne s'est pas donné les moyens de l'appliquer ", résume Dominique Boren, coprésident de l'APGL. " Si vous êtes un couple d'homosexuels, vous avez une chance résiduelle pour que votre adoption aboutisse ".
Jean-Marc s'y refuse. Mais à l'aube de ses 40 ans, il confie qu'il ne peut plus " attendre trop longtemps " pour avoir un enfant. Cet homme désire être père depuis ses 18 ans. " On est dans l'impatience. En cas d'échec, je ne sais pas si j'aurai le courage de tout recommencer ", souffle-t-il avec sincérité. Les paroles prononcées par sa psychiatre ont, malgré tout, résonné. " Être amoureux d'un homme, c'est la seule chose que je ne peux pas changer dans mon dossier ", lâche-t-il. " Je veux juste avoir les mêmes chances que tout le monde. La société n'est pas prête, mais moi je suis prêt ".
*Les prénoms de ces personnes ont été modifiés à leur demande, afin de ne pas porter atteinte à leurs démarches d'adoption.
dimanche, octobre 14, 2018
samedi, octobre 13, 2018
Santé : L'Assemblée maintient le statut quo pour les donneurs homosexuels !
Discrimination : Depuis juillet 2016, les homosexuels peuvent théoriquement donner leur sang, mais cette possibilité est soumise à différentes conditions, notamment l’abstinence d’un an…
L’abstinence ou l’illégalité, le dilemme des donneurs de sang homosexuels. L’Assemblée nationale a maintenu le statu quo concernant une différence de traitement dans le don du sang touchant les homosexuels, vote qui a divisé jusque dans les rangs de la majorité LREM-MoDem, à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi LR.
Cette mesure alignait pour le don la durée d’abstinence des homosexuels sur celle s’appliquant aux hétérosexuels ( quatre mois d’absence de relations avec plusieurs partenaires ). Elle avait été ajoutée au texte en commission via un amendement des socialistes, Hervé Saulignac en tête.
Des conditions discriminatoires : Jeudi soir, elle a été rejetée par 29 voix contre 23. Des groupes d’opposition, de gauche comme de droite, ont soutenu ce texte ainsi que le MoDem, dénonçant " une discrimination ". " Le critère d’exclusion doit être celui des comportements à risque et non de l’orientation sexuelle ", a estimé le député MoDem Jean-Luc Lagleize. " Stoppons ces hypocrisies ", a affirmé Xavier Paluszkiewicz, l’un des deux " marcheurs " à avoir voté pour le texte alors que son groupe s’est prononcé contre.
Depuis juillet 2016, les homosexuels peuvent théoriquement donner leur sang, geste qui leur était interdit depuis 1983 en raison des risques de transmission du sida. Mais cette possibilité est soumise à des conditions fixées par un arrêté du 5 avril 2016, notamment l’abstinence d’un an, qui doit être déclarée lors d’un entretien préalable.
Une erreur politique du gouvernement : " L’abstinence de 12 mois n’a aucun fondement ni juridique ni scientifique ", a estimé Hervé Saulignac en fustigeant " une erreur politique " du gouvernement. La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait déposé un amendement pour supprimer la mesure, avant de le retirer pour ne pas donner l’impression de s’opposer " sur le fond ". Elle a néanmoins appelé au " bon sens " des députés avant le scrutin.
" Comme vous, je me suis étonnée, pour ne pas dire émue, du critère d’abstinence de un an (…) Mais n’inscrivons pas dans la loi des critères de sélection qui nous feraient prendre un risque un jour par rapport à un nouvel agent pathogène ou un risque d’épidémie ", a dit Agnès Buzyn en soulignant que ces critères relèvent davantage du règlement que de la loi.
Le don du sang autorisé dès l’âge de 17 ans : Dans cette proposition de loi " visant à la consolidation du modèle français du don du sang ", portée par Damien Abad (LR), les députés par ailleurs ont voté l’abaissement de l’âge légal ouvrant droit au don du sang de 18 à 17 ans, âge fixé en commission pour s’aligner sur le droit européen.
Le texte entendait en outre inciter davantage les dons en entreprise par les salariés, rappeler dans la loi les principes de sécurité, d’éthique et de gratuité du don du sang, et aussi de pouvoir inscrire sur la carte d’identité les éléments sur le groupe sanguin de la personne. Mais l’Assemblée a rejeté toutes ces autres mesures.
vendredi, octobre 12, 2018
Brésil : Le triomphe attendu de Bolsonaro déchaîne les violences homophobes !
Les associations LGBT dénoncent une recrudescence des agressions depuis le succès au premier tour de la présidentielle du candidat d’extrême droite.
Il est 16 h 50, ce dimanche 7 octobre à Sao Paulo. Les bureaux de vote, qui vont confirmer la déferlante en faveur de Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite pour l’élection présidentielle au Brésil, sont sur le point de fermer. Higor Carvalho, 32 ans, urbaniste, commande un Uber pour rentrer chez lui avec son compagnon. Dans la voiture, les deux hommes se tiennent la main. Le chauffeur les observe dans le rétroviseur. " Vous êtes le troisième couple gay que je transporte aujourd’hui. Hé ! Ils sont terrifiés, dit-il en ricanant. Il ne faut pas. Vous savez, si vous vous comportez correctement, il ne vous arrivera rien ". Une fois chez lui, Higor Carvalho s’est effondré en pleurs, conscient que cette remarque n’avait rien d’anodin.
Intimidations, insultes, agressions et même meurtres. Depuis le premier tour du scrutin présidentiel qui a fait du militaire de réserve, réputé pour son homophobie, le grand favori avec 46 % des voix devant son adversaire de gauche, Fernando Haddad (26 %), une vague de violences s’abat sur le Brésil, notamment à l’encontre de la communauté LGBT ( lesbiennes, gays, bi, trans ). A Rio, les toilettes de filles du collège franco-brésilien ont été taguées " Sapatas vao morrer. Kkkk " ( " A mort les gouines. Ah ah ah " ).
A Sao Paulo, après l’annonce des résultats, des hommes ont crié depuis une voiture : " Gouine immonde, fille de p… Maintenant il y aura des subventions pour que tu te fasses soigner ". A Curitiba, un coiffeur homosexuel a été frappé à mort. A l’annonce de son décès, le principal suspect aurait crié " Vive Bolsonaro ".
" C’est extrêmement choquant. Un syndrome de panique est en train de se mettre en place, les gens n’osent plus sortir. Jamais au cours d’une élection nous n’avions connu ça ", alerte Marcelo Cerqueira, président de l’organisation de défense des LGBT Grupo Gay da Bahia, montrant une vidéo d’adolescents chantant sur un air de hip-hop : " Bolsonaro arrive, je vais envoyer un message. Cours, cours, toi qui es pédé ! Bolsonaro arrive, je vais envoyer la vague. Cours, cours, toi qui es gouine " !
Une homophobie stimulée par stratégie : En 2017, 445 homicides contre la communauté LGBT ont été recensés au Brésil par le groupe Gay da Bahia. A en croire les spécialistes, ces crimes ne feront qu’augmenter, stimulés par le discours de Jair Bolsonaro. Le capitaine de l’armée de réserve, crédité de 58 % des intentions de vote au second tour, selon l’enquête Datafolha du 10 octobre, a notamment déclaré, lors d’un entretien à la revue Playboy en 2011 : " Je préférerais que mon fils meure dans un accident plutôt que de le voir avec un moustachu ".
" L’homophobie existe à gauche comme à droite, Jair Bolsonaro la stimule par stratégie politique. Il libère la parole ", accuse Jean Wyllys, député pour le Parti socialisme et liberté ( PSOL, gauche ) réélu le 7 octobre, qui confie se déplacer sous escorte.
Connu pour avoir craché au visage de Jair Bolsonaro après avoir été traité de " viado " ( pédé ), le député est consterné par ce climat délétère. En début de mois, une plaque en hommage à son amie assassinée en mars, Marielle Franco, conseillère municipale de Rio et avocate des LGBT et des Noirs, a été décrochée lors d’un meeting de campagne de Rodrigo Amorim, candidat à la députation de l’Etat de Rio. Vêtu d’un tee-shirt à l’effigie de Jair Bolsonaro, il a brandi son trophée devant une foule en liesse en criant : " C’est fini toute cette merde. Maintenant, c’est Bolsonaro ". Le 7 octobre, Rodrigo Amorim a été élu haut la main.
Les agressions qui ont accompagné le premier tour d’une élection marquée par la haine contre le Parti des travailleurs ( PT, gauche ) ne visent pas seulement les communautés LGBT, mais d’une façon générale tous les adversaires de Jair Bolsonaro. Le site Mapa da Violencia, ( carte de la violence ), a reçu en moins d’une semaine quelque cinquante dénonciations allant de la menace de viol à l’agression physique. Toutes sont liées à une opposition à Bolsonaro.
Une hargne sans limite : Dans l’Etat de Bahia, l’un des derniers bastions de la gauche, Romualdo Rosário da Costa, dit Moa do Katendê, maître en capoeira, et électeur du PT, a été tué de douze coup de couteau le soir du premier tour pour avoir fait part de son choix électoral à un fan de Bolsonaro. A Porto Alegre, une femme de 19 ans a déposé plainte : trois hommes lui ont dessiné, au canif, une croix gammée sur le ventre parce qu’elle portait un tee-shirt #EleNao ( " pas lui ", le mot-clé de ralliement des femmes opposées au candidat d’extrême droite ).
La hargne des électeurs en faveur du militaire semble sans limite. Selon le site Bahia Noticias, une conversation sur Facebook, ponctuée d’insultes promettait aux Nordestins, majoritairement électeurs du PT, " le camp de concentration ".
" Jair Bolsonaro tient un discours raciste et homophobe sans être réprimé. Le citoyen se sent légitimé. C’est terriblement inquiétant, c’est le symptôme d’une démocratie fragilisée ", analyse Ana Lucia Pastore Schritzmeyer, professeure d’anthropologie à l’université de Sao Paulo.
Sollicité par les journalistes du site UOL, Jair Bolsonaro a parlé de " cas isolés "." Je n’ai pas le contrôle sur des millions et des millions de personnes qui me soutiennent ", a-t-il ajouté, précisant : " N’inversons pas les choses, c’est moi qui ai été poignardé ( le 6 septembre par un déséquilibré, ndlr ). L’intolérance vient de l’autre camp ".
jeudi, octobre 11, 2018
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