jeudi, décembre 20, 2018

Brésil : Des couples gays se marient avant que Jair Bolsonaro n'arrive au pouvoir !

Résistance : Certains voyaient dans cette union un geste politique quand d’autres ont agi de façon préventive !

Plus d'une trentaine de couples homosexuels se sont mariés ce samedi à São Paulo (Brésil) pour protester contre le futur président, Jair Bolsonaro. Élu fin octobre, le candidat d’extrême droite a notamment déclaré qu’il préférerait que son fils " meure dans un accident " plutôt que de le savoir homosexuel. 

Jair Bolsonaro ne prendra officiellement la tête du pays qu’au 1er janvier. Si ces couples de même sexe ont décidé de se passer la bague au doigt, c’est aussi pour devancer un éventuel revirement du prochain gouvernement, rapporte le HuffPost.

Un acte de résistance : De nombreuses personnes craignent que le droit au mariage des couples homosexuels soit remis en question par le nouveau chef d’Etat. La démarche des homosexuels mariés ce samedi est donc personnelle pour certains et idéologique pour d’autres.

" Bien sûr que nous nous aimons mais nous faisons un acte politique ", explique Lucas, fraîchement marié à Felipe, et qui évoque " un acte de résistance ". " Nous voulons montrer au monde que nous ne cautionnons pas les idées du nouveau président ".

" On a eu des périodes où les gens étaient plus tolérants, où ils vous prenaient comme vous étiez ", déplore de son côté une jeune mariée du jour. " Mais maintenant plus personne ne tolère rien ". Selon le Guardian, le nombre de mariages gays a augmenté de 25 % par rapport à l'an dernier.

Video : Décorer son sapin !

Have one more ball in my hand, where should I put it ?

Kiss !

Le choix du sapin...

mercredi, décembre 19, 2018

Russie : La loi sur la " propagande gay " met des enfants en danger !

Des mesures discriminatoires ciblent les élèves LGBT et les professionnels de santé mentale... La loi russe sur la " propagande gay " a un impact négatif sur les jeunes lesbiennes, gay, bisexuels et transgenres (LGBT), a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié il y a quelques jours. Cette loi de 2013 a exacerbé l’hostilité que suscitent depuis longtemps les personnes LGBT de Russie et également limité l’accès des enfants à une éducation et des services d’aide adaptés aux LGBT, ce qui a des conséquences néfastes pour eux.

Le rapport de 92 pages, intitulé " No Support: Russia’s Gay Propaganda Law Imperils LGBT Youth " ( " Aucun soutien : La loi russe sur la propagande gay met en danger les jeunes LGBT " ), analyse en quoi cette loi nuit profondément aux mineurs qui s’identifient comme LGBT. Human Rights Watch a mené des entretiens avec des jeunes personnes LGBT et des professionnels de santé mentale en divers lieux de Russie, dans des zones urbaines aussi bien que rurales, afin de se pencher sur le vécu quotidien de ces mineurs, à l’école, à la maison et dans l’espace public, ainsi que sur la possibilité qui leur est offerte d’obtenir des informations fiables et précises sur eux-mêmes ainsi que des services de soutien, notamment psychologique.

" En les privant d’informations vitales, la loi russe sur la propagande gay porte préjudice aux jeunes ", a déclaré Michael Garcia Bochenek, conseiller juridique senior de la division Droits des enfants de Human Rights Watch. " Dans le contexte d’intense hostilité sociale où vivent les personnes LGBT en Russie, cette loi empêche les professionnels de santé mentale d’apporter un soutien psychologique aux enfants qui ont des questions sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ".

Appelée officiellement " loi visant à protéger l’enfance des informations portant atteinte aux valeurs familiales traditionnelles ", la loi sur la " propagande gay " interdit de " faire la promotion des relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs " – une référence universellement interprétée comme l’interdiction de donner accès aux enfants à des informations sur la vie des personnes LGBT. L’interdiction porte, entre autres, sur les informations transmises par la presse, la télévision, la radio et l’Internet.

La loi nuit directement aux enfants en les empêchant d’avoir accès à des informations essentielles et en favorisant la stigmatisation des mineurs LGBT et de leurs familles, a constaté Human Rights Watch.

La loi de 2013 a contribué à intensifier la stigmatisation, le harcèlement et la violence contre les personnes LGBT en Russie. Par ailleurs, elle a été utilisée pour fermer des services de référence proposant aux mineurs des informations et un soutien psychologique et pour décourager les groupes de soutien et les professionnels de santé mentale de travailler avec les enfants. Elle a encore plus implanté l’antipathie envers les personnes LGBT et eu un effet intimidant sur les professionnels de santé mentale travaillant avec des jeunes LGBT, puisque certains psychologues rapportent qu’ils s’autocensurent pour aborder les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre.

La loi russe sur la " propagande gay " offre un exemple classique d’homophobie politique, a déclaré Human Rights Watch. Elle cible les minorités de genre et sexuelles vulnérables à des fins politiques. Lorsque le président Vladimir Poutine a signé la loi fédérale en juin 2013, il a voulu flatter l’antipathie courante vis-à-vis des personnes LGBT. À travers cette loi, l’État russe donne clairement son aval à l’opinion erronée et discriminatoire selon laquelle les personnes LGBT menacent la tradition et la famille. Sur la scène internationale, la loi a aidé la Russie à se poser en champion des valeurs dites " traditionnelles ".

" Personne n’a envie de se faire tabasser dans la rue, pourtant c’est avec cette crainte que vivent actuellement les personnes LGBT de Russie ", a déclaré à Human Rights Watch Nikita R., un homme transgenre de 18 ans. " Nous savons que la plupart des gens croient les médias de masse, or les histoires qu’on y entend leur expliquent que nous sommes d’horribles créatures. Du coup, nous sommes en danger tout le temps ".

La loi a été utilisée à de nombreuses reprises pour fermer Deti-404 (Enfants-404), un groupe en ligne qui offre un soutien psychologique, des conseils et une communauté d’internautes où les mineurs qui s’identifient comme LGBT peuvent se sentir en sécurité, notamment ceux qui ont subi des violences et des agressions en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, réelle ou supposée. La loi a également eu des effets insidieux dans le cadre clinique et psychologique. Des professionnels de santé mentale ont déclaré à Human Rights Watch que la loi nuisait à leur capacité d’offrir des services de soutien honnêtes, ouverts et scientifiquement exacts, poussant certains à s’autocensurer ou à émettre des avertissements explicites en début de séance.

Lors des procédures dont la loi russe a fait l’objet devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), le Dr. Ilan Meyer, un expert mondialement reconnu en psychologie sociale et santé publique, a apporté un témoignage expliquant qu’elle ne protégeait pas les jeunes, mais de fait leur était néfaste.

" Si la Russie veut réellement améliorer la santé et le bien-être de ses citoyens [...], ce qu’il faut, ce sont des interventions qui sont à l’exact opposé des injonctions de cette loi ", a-t-il déclaré. " De plus, des lois comme la loi russe sur la propagande peuvent gravement nuire à la santé et au bien-être des [personnes LGBT] dans le sens où la loi accentue et entérine les stigmatisations et les préjugés, ce qui pousse à la discrimination et à la violence ".

La CEDH a jugé en 2017 que la loi violait la liberté d’expression et le droit de vivre sans discrimination, garantis par la Convention européenne des droits de l’homme, et qu’elle était effectivement néfaste pour les enfants.

Une psychologue qui travaille avec des jeunes LGBT a déclaré à Human Rights Watch qu’à de rares exceptions près, chacun de ses clients s’identifiant comme LGBT était " traité comme un bouc émissaire, un guignol ou un paria ". Étant donné l’intense hostilité sociale envers les personnes LGBT, le soutien psychologique à destination des jeunes est crucial.

Cependant la loi sur la " propagande gay " entrave la capacité des professionnels de santé mentale à proposer ce soutien. Un autre psychologue a expliqué que même dans les situations où il était pertinent, d’un point de vue clinique, d’évoquer l’orientation sexuelle d’un client mineur, il se sentait limité par la loi : " Les adolescents attendent souvent que je leur pose des questions directes et précises sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, mais la loi m’interdit de le faire ". Une autre a déclaré que pendant les séances, elle cachait tous les livres consacrés aux personnes LGBT dans la bibliothèque de son bureau, pour qu’on ne puisse pas l’accuser de faire de la " propagande gay ".

" La loi sur la propagande gay risque d’infliger des préjudices à long terme à des générations de jeunes Russes, en encourageant la discrimination et en limitant l’accès aux services d’aide ", a conclu Michael Bochenek. " Cette loi ne protège personne, par contre elle coupe réellement les mineurs des services dont ils ont besoin pour s’épanouir, et même, dans certains cas, pour survivre ".

Video : Ariana Grande - Thank u, next !

Tout passe, tout casse...

Dave Franco !

Tant de jours, de nuits trop brêves...

lundi, décembre 17, 2018

Cinema : Trois films récompensés par le jury du Prix Louis-Delluc !

Ni Douleur, ni Frères Sisters, ni Mademoiselle de Joncquières, ni Prière, ni comédie, ni film flyé. Le prix Louis-Delluc 2018 a été décerné à Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, qui était en compétition à Cannes en mai dernier, tout en repartant bredouille.

Le 11e long métrage du réalisateur avait séduit 206000 spectateurs. C'est de loin le plus important prix qu'a reçu Honoré dans sa carrière cinématographique. Etre sélectionné à Cannes donne une véritable chance à un film, puisque c'est la 7e fois en dix ans qu'un film présenté sur la croisette remporte le prix. 

Le Prix Louis-Delluc du premier film a distingué deux films ex-aequo : Jusqu'à la garde de Xavier Legrand et Les garçons sauvages de Bertrand Mandico, tous deux présentés à Venise en 2017. 

Ce qui donne un palmarès assez " queer " avec deux films sur le genre et l'identité LGBT ( sans doute pour se rattraper de ne pas avoir récompensé 120 BPM l'an dernier ). Mais aussi un palmarès où la " famille " est explosée, décomposée ou recomposée. Le plus surprenant est sans aucun doute que, formellement, l'audace cinématographique est davantage du côté des deux Louis-Delluc du premier film que du Louis-Delluc " classique ".

Video : All about shirtless Henry Cavill !

Vincent Lacoste & Pierre Deladonchamps !

Gratuitous distraction !

vendredi, décembre 14, 2018

Société : Le Costa Rica, bon élève d'Amérique centrale pour les droits LGBT !

Dans une région fortement marquée par le catholicisme et l'instabilité politique, le Costa Rica s'apprête à ouvrir le mariage aux personnes de même sexe.

Une série de rendez-vous manqués avec l’histoire : voilà comment peut être qualifiée la lente marche qui devrait bientôt pousser le Costa Rica à légaliser le mariage pour tous, après des années de confusion et de lutte.

Dépénalisée dès 1870 dans ce pays d’Amérique centrale de 4,9 millions d’habitantes et habitants, l’homosexualité y bénéficie depuis d’une certaine clémence, malgré l’omniprésence du catholicisme romain, considéré comme une religion d’État par la Constitution –un particularisme très local, qui ne concerne qu’un seul autre pays sur le continent américain, la République dominicaine.

Occasions ratées : En 2013, la mauvaise lecture d'un texte par un grand nombre de parlementaires les fait voter à l’unanimité un amendement modifiant le Code de la famille, leur faisant craindre la reconnaissance de nouveaux droits –dont le mariage– pour les couples homos. La loi n’est finalement pas passée : plus de peur que de mal pour les membres ultra-conservateurs de l'Assemblée.

En 2015, par le truchement d’une erreur administrative, Jazmín Elizondo et Laura Florez-Estrada deviennent les premières lesbiennes à s’unir légalement dans le pays. À sa naissance, Jazmín Elizondo a été enregistrée par l’état civil costaricain comme étant de sexe masculin. Coup de pouce du destin, son certificat de naissance erroné lui permet de faire passer un message en faveur de l’union des couples de même sexe. Le mariage est cependant rapidement annulé par le Registre civil qui, assez rancunier, en profite pour poursuivre en justice les deux femmes.

En janvier 2018, à la faveur d’une décision symbolique de la Commission interaméricaine des droits humains [CIDH, une institution dépendant de l’Organisation des États américains] sur le mariage pour tous motivée par la demande de l’ex-président Luis Guillermo Solís, Mario Arias et Roberth Castillo prévoient de s’unir en fanfare dans un bar de San José, la capitale.

Mais le Conseil notarial national coupe l’herbe sous le pied du potentiel premier couple gay marié du Costa Rica, en déclarant en amont l’union inconstitutionnelle. " Cela nous a donné l’occasion de commencer à nous battre, avant même que le Registre civil ne se manifeste ", expliquent les deux hommes, soutenus par l’ex-ministre de la Justice Marco Feoli, qui dénonce lui aussi l'injustice de cette décision.

" Droit à une vie commune, oui ; mariage, non ", semble marteler la loi, tandis qu'en coulisses, un homme politique de centre gauche, Carlos Alvarado, s’apprête à devenir président. Élu en avril, il fait notamment campagne sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, sur fond de réveil d’un conservatisme religieux mené par les évangéliques du pays.

Quelques mois plus tard, en août 2018, la Cour suprême du Costa Rica rend un avis historique sur l’interdiction du mariage homosexuel, reconnaissant l’existence d’une discrimination de facto. Le Parlement, composé en partie de membres du Parti chrétien évangélique, a désormais dix-huit mois pour modifier la loi, faute de quoi cette interdiction deviendrait caduque.

À double vitesse : À San José ou dans le parc naturel Manuel-Antonio, au bord de l’océan Pacifique, on prend son mal en patience en organisant des simulacres de mariage sur la plage ou dans les établissements gays, comme ce fut encore le cas la semaine dernière à Quepos. " On sait que ces mariages sont encore symboliques et n’ont aucune valeur, mais on ne perd pas espoir, et c’est une occasion de faire la fête ", nous confie Carlos, entre deux danses.

Il faut dire que le Costa Rica fonctionne à double vitesse : le pays applique la fameuse doctrine du " Don’t ask, don’t tell " chère à l’armée américaine quand il s’agit de ses propres ressortissantes et ressortissants, mais il est une destination de villégiature privilégiée pour les gays du monde entier, y compris pour les lunes de miel. Une hypocrisie manifeste doublée d’un éventuel manque à gagner pour les commerçantes et commerçants, qui s’inquiètent de voir les touristes déserter leurs échoppes si les tensions induites par la résurgence du sentiment religieux perdurent.

Malgré tout, le Costa Rica reste un havre relativement préservé. Dans les six autres États d’Amérique centrale ( Guatemala, Belize, Salvador, Honduras, Nicaragua et Panama ), on assiste à une véritable hécatombe du côté des droits LGBT+. Comme le soulignait en 2014 le journaliste et sociologue Frédéric Martel dans son ouvrage Global Gay, " au Nicaragua et au Salvador, les homosexuels sont assassinés, comme au Honduras, où les ONG ont recensé trente-et-un meurtres de personnes LGBT ces dernières années ".

Seule nation de la région à signer en 2008 la Déclaration relative aux droits de l’homme et à l’orientation sexuelle et l’identité de genre à l’Assemblée générale des Nations unies, le Costa Rica reste fidèle à sa réputation progressiste, mais se retrouve isolé sur la scène internationale.

Le Cipac ( Centre d’enquête et de promotion des droits humains en Amérique centrale ) ne livrait pas de conclusion différente en 2015, quand il décrivait des " attitudes hostiles " et un manque criant de " protections légales ", particulièrement au Panama –dernier pays hispanophone à avoir retiré l’homosexualité de sa liste des maladies mentales, en 2008.

Au Salvador et au Honduras, l’instabilité politique chronique et les menaces des gangs ou de leur propre famille jettent chaque année des centaines de LGBT+ sur les routes. Une partie d'entre elles et eux, sans-papiers, finissent leur périple au Mexique ou dans les rues de Los Angeles.

Accélération souhaitée : Malgré son avance sur de nombreux sujets, le Costa Rica, " pays du bonheur durable " et de l’écologie reine, souffre encore d’inégalités handicapantes, que ce soit en termes de redistribution des richesses ou des droits des peuples autochtones.

Mais comme il est toujours plus aisé d’agir sur le plan sociétal, le gouvernement costaricain tente désormais de maîtriser le calendrier des droits des gays, lesbiennes, transgenres et bisexuels sur son propre territoire. Un commissaire aux questions LGBT+ a été nommé en mai 2018 : Luis Salazar est chargé " d'approfondir la culture du respect et de la non-discrimination ", a explicité le président Carlos Alvarado.

Il y a deux semaines, le commissaire Salazar faisait le pied de grue devant la Cour suprême pour demander une accélération du processus d'ouverture du mariage aux couples homosexuels. À ses côtés manifestaient certaines organisations LGBT+ déçues par la décision finalement peu courageuse de l’institution, qui a préféré accorder un long délai aux instances politiques plutôt que de trancher nettement.

" Une partie de la population est encore dans l’incapacité d’avoir les mêmes droits et devoirs que leurs semblables hétérosexuels, pour la simple raison qu’ils aiment une personne de même sexe ", a rappelé Luis Salazar, apparemment déterminé à faire bouger les lignes pour de bon, y compris concernant les droits des trans.

La fin du combat est proche, mais il restera d’autres guerres à mener au Costa Rica –et de plus nombreuses encore dans les autres pays d'Amérique centrale.