mercredi, mars 25, 2020
Cinema : Le super-héros gay du prochain Marvel s’attire les foudres d’une asso chrétienne !
L’organisation conservatrice One Million Moms a demandé à ce que le personnage gay des Eternels soit retiré du film. Et c’est loin d’être la première fois.
Partir en quête d’un protagoniste LGBT+ dans un blockbuster, ça revient un peu à chercher une aiguille dans une botte de foin. La représentation de la communauté est tellement ridicule dans ce genre de méga-production hollywoodienne qu’on se réjouit dès qu’un effort d’inclusivité est annoncé. C’est pour ça qu’on était aux anges en apprenant que Les Eternels, le prochain film de Marvel, allait introduire un super-héros gay… ainsi que le premier baiser gay de son univers.
Mais, sans surprise, ce n’est pas au goût de One Million Moms, une organisation chrétienne qui abhorre tout contenu un peu trop LGBT-friendly. Pour sa dernière croisade homophobe, elle s’en prend donc à The Eternals et à la maison Marvel dans son ensemble, qu’elle accuse de vouloir " endoctriner les familles avec le lobby LGBTQ ". Oui, rien que ça.
Lobby LGBTQ : " Je ne suis pas d’accord avec le lobby LGBTQ que vous forcez sur les familles avec le film à venir The Eternals, avance l’association sur une page dédiée. À moins que Marvel ne retire son super-héros gay et le baiser entre personnes du même sexe, ma famille ne regarde pas ce film. J’encouragerai tous mes amis à faire de même. Marvel n’a laissé d’autre choix aux conservateurs que d’éviter The Eternals ". Pour l’heure, moins de 20.000 personnes ont soutenu cet appel au boycott, donc autant dire que ces menaces ne risquent pas de faire trembler l’écurie Marvel.
Les productions LGBT+ et la censure, c’est une grande histoire d’amour. Dernièrement, c’était au film d’animation estampillé Disney, En avant, de se voir retiré de plusieurs pays arabes. La raison ? L’espace d’une nanoseconde, un personnage féminin secondaire fait allusion à son homosexualité. Espérons que cette fois, Marvel ( qui appartient à Disney ) ne cède pas...
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mardi, mars 24, 2020
En savoir plus : Les assos de lutte contre les LGBTphobies doivent aussi s’adapter au coronavirus !
Les associations de lutte contre les LGBTphobies n’ont pas attendu le confinement obligatoire annoncé lundi dernier pour s’organiser. Alors que SOS homophobie a dû suspendre sa ligne d’écoute, Le Refuge renforce au contraire son dispositif.
Confinement rime avec isolement, et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les jeunes LGBT+. Alors que le confinement quasi total de la population française est entré en vigueur ce mardi 17 mars à midi, dans le but de ralentir la progression de la pandémie mondiale de Covid-19, dite coronavirus, les associations de lutte contre les LGBTphobies n’ont pas attendu les nouvelles annonces du président Emmanuel Macron pour s’organiser en conséquence. Dès lundi, SOS homophobie a pris la décision de suspendre sa ligne d’écoute, qui reçoit habituellement quatre ou cinq appels par jour en moyenne.
" On en discute depuis que les premières mesures ont été prises, explique Jeremy Faledam, coprésident de l’association. Notre ligne d’écoute, c’est un local spécifique dans lequel se rendent les écoutants et écoutantes. Avec les mesures actuelles, c’est devenu beaucoup plus compliqué. Le lieu en question est fermé. Les écoutants et écoutantes étant tenus de limiter leurs déplacements, on a préféré fermer la ligne d’écoute ".
Au Refuge, un dispositif renforcé : Vers qui les victimes de LGBTphobies peuvent-elles alors se tourner ? " On est bien conscients que les autres médiums ne peuvent pas remplacer la ligne d’écoute en tant que tel ", reconnaît Jeremy Fadelam. Mais, rassure-t-il, l’écoute va pouvoir se reporter en partie sur deux autres dispositifs mis en place par l’association : le chat’écoute et le courriel. " Le chat est habituellement ouvert tous les jeudis et dimanches, on est en train d’essayer d’organiser le fait que les créneaux soient étendus ".
De son côté, Le Refuge n’est pas tout à fait confronté à la même problématique. Sa ligne d’écoute n’ayant pas de local dédié, " ça ne pose pas de souci du point de vue logistique ", indique à Nicolas Noguier, président de l’association qui s’est spécialisée dans l’accueil et l’accompagnement de jeunes victimes de LGBTphobies. La salariée qui coordonne le dispositif fonctionne déjà, en temps normal, en télétravail. Aux vingt bénévoles qui se relaient 24 heures sur 24 heures pour répondre à la ligne d’écoute s’ajoutent une dizaine de nouveaux écoutants. " On a clairement renforcé le dispositif d’écoute ".
Mission d’assistance : Quant aux antennes de l’association ( qui a acquis samedi dernier le statut de fondation reconnue d’utilité publique ), réparties sur le territoire national, elles avaient déjà été partiellement fermées. Il faut dire que, parmi les 246 jeunes hébergés ou accompagnés par Le Refuge, l’un d’eux a été diagnostiqué positif au Covid-19 et placé en isolement. Lundi soir, " l’accueil inconditionnel du public " a été fermé partout. Les locaux ne sont désormais plus ouverts que " sur rendez-vous ".
Les activités de l’association correspondant aux " missions d’assistance " qui bénéficient d’une exception par rapport aux mesures de confinement, les jeunes, tant qu’ils ont une attestation sur eux, peuvent fixer des rendez-vous individuels pour être accompagnés ou subvenir à leurs " besoins alimentaires ". Pour assurer la " continuité de service ", les 60 bénévoles et 15 travailleurs sociaux salariés du Refuge restent mobilisés.
Crainte d’une hausse des besoins : Pas question pour l’association de fermer ses portes, d’autant plus que Nicolas Noguier craint une hausse des besoins : " Comme les jeunes sont, comme tout le monde, confinés à leur domicile, le lien social se fait surtout par l’écoute. Les jeunes homos qui sont dans des familles dont les parents ne sont pas au courant et qui craignent d’en parler ne peuvent plus sortir voir leurs amis pour se confier ".
Jeremy Faledam, coprésident de SOS homophobie, pointe, lui, un autre risque consubstantiel au confinement obligatoire : " On a beaucoup de problèmes de voisinage dans les appels qu’on reçoit, ça revient assez régulièrement. Le confinement peut engendrer de nouveaux problèmes et en accentuer d’autres. Ce sont des choses qu’il faut avoir en tête. On est évidemment impactés, malheureusement ça va se ressentir sur notre travail. Tous les pans de la société sont également impactés ".
LGBT : Vers l'ouverture du mariage à tous les couples à Andorre ?
Parmi les bonnes nouvelles de ces derniers jours, en voici une plus ou moins passée inaperçue : selon le quotidien catalan Ara, le gouvernement de la principauté d'Andorre envisage d'élargir la notion de mariage à tous les couples à l'occasion d'une révision de la loi sur la famille.
Ainsi, les dirigeants de ce petit Etat souverain au cœur des Pyrénées se sont donnés deux mois avant de porter une future loi en débat avec l'idée d'éliminer " la différence de traitement entre les mariages de personnes du même sexe et ceux entre personnes de sexe différent dans le Code civil pour englober le tout sous la dénomination mariage civil ".
Outre cette mesure phare : Le projet de loi du gouvernement libéral de coalition prévoit de faciliter les procédures de divorce.
Depuis 2005, un partenariat civil similaire au Pacs français permettait déjà aux couples gays et lesbiens de se voir garantir un socle minimal de droits.
Spanish version / Here/Ici
lundi, mars 23, 2020
Game : Ce jeu vidéo polémique encourage ses joueurs à tuer des personnes queer !
Bientôt disponible, le jeu Jesus Strikes Back 2 : The Resurrection propose à ses usagers de se glisser dans la peau de Trump pour dézinguer des individus LGBT+.
Pendant le confinement, on essaie de s’occuper tant bien que mal, en jouant à des jeux vidéo par exemple. Mais s’il y a bien un jeu auquel on ne touchera pas, c’est Jesus Strikes Back 2 : The Resurrection. Édité par le développeur indépendant 2Genderz Productions, ce dernier est au cœur d’une controverse méritée à cause de son concept initial. En effet, il place son utilisateur dans la peau d’un homme chargé de tuer des personnes LGBT+ et autres " gauchistes ".
Quid de l’histoire de ce jeu infernal ? Accrochez-vous. Selon le résumé officiel, " Satan et son armée de démons, communistes et socialistes ont déclaré la guerre à la Terre " et " seul le Sauveur peut les arrêter maintenant ". Concrètement, le jeu va jusqu'à laisser son usager se glisser dans la peau de figures politiques homophobes : Trump, Poutine, Bolsonaro ou encore Boris Johnson. Après avoir sélectionné son personnage, il s’agit alors d’explorer le monde virtuel à disposition et de flinguer un maximum d’ennemis… qui ont tout l’air d’appartenir au spectre LGBT+.
Dans les lieux à visiter au gré du jeu, on peut trouver le Musée de la diversité, l’Académie des études de genre ou encore le Club Arc-en-ciel, des noms très évocateurs en somme. En prime, dans une brève bande-annonce pour illustrer le gameplay dévoilée sur Steam, on aperçoit la version pixelisée de Donald Trump en train d’ouvrir le feu sur ce qui semble être des drag-queens dans une boîte de nuit. Et, comme le relève très justement PinkNews, on ne peut s’empêcher de penser à la fusillade du Pulse qui avait secoué la communauté en 2016.
Loin de se démonter face aux critiques concernant le jeu, l’éditeur 2Genderz Productions se défend maladroitement par le biais d’un disclaimer sur son site officiel. " Tous nos jeux sont des parodies satiriques, peut-on lire sur la page en question. On ne peut pas suffisamment insister là-dessus. Aucun de nos jeux n’est une prise de position politique ou de la propagande ". Avec une date de sortie toujours planifiée pour le 7 avril prochain, on croise les doigts pour que le jeu fasse un gros bide ou, mieux, qu’il se voie censuré par Steam.
Suisse : Gays exclus du don du sang, une situation plus absurde que jamais !
Alors qu’une pénurie guette les hôpitaux, des voix s’élèvent pour demander l’assouplissement des critères d’abstinence rédhibitoires imposés aux hommes gay et bi qui veulent donner leur sang.
Ironie du sort. Si la situation actuelle de confinement et de fermeture des lieux de rencontres devait se prolonger, bon nombre de gays pourraient se retrouver un de ces jours à donner leur sang légalement pour la première fois de leur vie...
Or, c’est bien maintenant que les hôpitaux en ont un besoin urgent. En Suisse et à travers le monde, les centres de transfusion s’inquiètent de la baisse des stocks et ont lancé des appels urgents aux dons. Dans ces conditions, les exigences imposées aux hommes homosexuels et bisexuels semblent plus rédhibitoires et absurdes que jamais, à savoir l’abstinence pendant trois mois au Royaume-Uni et au Canada, quatre en France, voire une année entière en Suisse, en Allemagne ou encore aux États-Unis.
Dans ce dernier pays, des voix s’élèvent pour revoir ces critères généralement édictés par les agences du médicament. L’acteur Andre Keenan-Bolger, par exemple, y est allé de son tweet, cité par " USA Today " : " Hey la FDA ( ndlr : Food and Drug Administration ), je suis du groupe sanguin AB-, le plus rare. En temps normal, les banques de sang auraient besoin de gens comme moi pour donner autant de sang que possible. Maintenant qu’il y a une énorme pénurie, est-ce que ce ne serait pas le bon moment de lever l’interdiction faite aux gays " ?
Anachronique et discriminatoire : Le Glaad, lobby national des droits des LGBTQ américains, a lui aussi réclamé à la FDA qu’elle change sa politique " anachronique et discriminatoire ", notamment compte tenu des méthodes de protection contre le VIH et de détection anticipée du virus. L’organisation estime à 360.000 le nombre de donneurs potentiels aux États-Unis.
Au Canada, où la période d’abstinence requise est de trois mois, un médecin spécialiste de la santé sexuelle est monté au créneau. " Il est très frustrant d’être en position où vous ne pouvez donner alors que vous seriez éligible ", a estimé le Dr Dustin Costescu. Des pays comme l’Italie ou l’Espagne ont opté pour une approche basée non sur l’orientation sexuelle, mais sur le comportement individuel. Seules les personnes ayant des partenaires multiples et des rapports non protégées sont écartés du don du sang.
dimanche, mars 22, 2020
En savoir plus : L’écrivain Édouard Limonov emporte dans sa tombe le mystère de son homosexualité !
L’écrivain russe Édouard Limonov, un temps exilé en France, est décédé mardi. Son roman le plus célèbre décrivait ses aventures homosexuelles à New York. Fiction ou récit autobiographique ?
En France, on le connaissait surtout par le biais de sa biographie qu’a publiée l’écrivain Emmanuel Carrère en 2011 aux éditions POL, qui a valu à ce dernier un prix Renaudot. L’écrivain et militant russe Édouard Limonov, né en 1943, qui a pris la nationalité française entre 1987 et 2011, est mort mardi 17 mars à Moscou à l’âge de 77 ans, a-t-on appris du Parti National-Bolchevique L’Autre Russie, qu’il avait fondé en 2010 avant de tenter de se présenter à l’élection présidentielle, avant d’en être empêché par les autorités russes.
Bien avant d’être remis au goût du jour par Carrère, Limonov s’est fait connaître à la fin des années 1970 par des récits autobiographiques de son exil d’URSS, d’abord aux États-Unis à partir de 1974 puis en France. Celui qui demeure le plus connu, traduit en français sous le nom de Le poète russe préfère les grands nègres, a été publié en 1976 et sera vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde.
Il raconte la vie de l’écrivain en exil à New York. Devenu pauvre après avoir été célébré par l’Amérique anticommuniste, il explore dans les bas-fonds de la ville les amours homosexuelles. Il vit sa première expérience gay avec un jeune noir sans domicile fixe, d’où le titre français du livre.
Rétropédalage : Rentré en Russie dans les années 1990 après la chute de l’Union soviétique, il fonde en 1993 le Parti national-bolchevique avec l’intellectuel ultranationaliste Alexandre Douguine, qui aura par la suite une influence importante sur la politique de Vladimir Poutine. L’emblème du parti est alors une faucille et un marteau sur un fond qui reprend celui du drapeau nazi. Dans un pays très conservateur, Limonov est attaqué par des opposants sur son homosexualité supposée.
L’écrivain a alors ( sous la contrainte ? ) dû affirmer à plusieurs reprises que ces scènes étaient fictives, jusqu’à déclarer que s’il arrivait au pouvoir il interdirait son propre roman… Dans son enquête Queer in Russia : " A Story of Sex, Self, and the Other ", parue en 1999, la sociologue Laurie Essig écrit pourtant que, dans les cercles nationalistes et gays de Moscou, l’homosexualité de Limonov ne fait aucun doute. Le mystère demeure… et demeurera entier.
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