mercredi, septembre 23, 2020
Pologne : La campagne contre les personnes LGBT comparée au traitement des Juifs avant la Seconde Guerre mondiale !
Le député européen polonais ouvertement gay Robert Biedron a comparé le traitement des personnes LGBT en Pologne à la façon dont les juifs étaient " déshumanisés " avant la Seconde Guerre mondiale.
Robert Biedron ( photo ) est un homme politique gay et militant LGBT qui a été nommé par une coalition de partis de centre-gauche en Pologne pour se présenter aux élections présidentielles de cette année.
Ces élections ont vu le président anti-LGBT de droite ultra-conservatrice Andrzej Duda rester au pouvoir, après avoir fait de l'homophobie l'un des piliers centraux de sa campagne.
Dans une " charte de la famille " publiée avant les élections, Duda s'est engagé à " interdire la propagation de cette idéologie " dans les institutions publiques et à " défendre l'institution du mariage " telle que définie comme " une relation entre une femme et un homme ".
Robert Biedron, s’exprimant avant une réunion du Parlement européen sur une éventuelle action contre la Pologne en raison de son traitement de la communauté LGBT, a déclaré à l'agence Reuters : " Le président de la république déshumanise les personnes LGBT + et ne les désigne pas comme des humains. Je me souviens des manuels scolaires dans lesquels les Juifs ( avant la Seconde Guerre mondiale ) étaient déshumanisés, ils étaient appelés non humains, et pour moi, cela ressemble à cette époque ".
Alors qu'une centaine de municipalités ou collectivités locales polonaises se sont proclamées " zones sans LGBT ", couvrant près d'un tiers du pays, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant fermement ces dispositions.
Robert Biedron a insisté sur le fait que le gouvernement polonais doit être sanctionné pour " non-respect de l'état de droit " dans l'UE. " Car qu'est-ce que la communauté européenne ? Il s'agit du respect de l'égalité, de la liberté et du respect des minorités ".
" Ce gouvernement ne changera pas ses politiques anti-LGBT + dans les années à venir. Ils voient que cela fonctionne. Ils gagnent les élections parce qu'ils sont homophobes et transphobes, et nous sommes le parfait bouc émissaire ", a soutenu l'eurodéputé.
mardi, septembre 22, 2020
US : Pourquoi les militants LGBT+ pleurent la mort de la juge Ruth Bader Ginsburg !
La juge à la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg s'est éteinte à 87 ans ce vendredi 18 septembre. La communauté LGBT+ perd une alliée précieuse pour la défense de ses acquis... et la conquête de nouveaux droits.
De nombreuses personnalités ont tenu à rendre hommage à Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour Suprême américaine, qui est décédée ce vendredi. Des américains ont couvert les marches de la Cour suprême de fleurs. Sur le même parvis, des militants des droits des personnes LGBT+ ont fait flotter un drapeau arc-en-ciel à côté d'un drapeau américain. Ils veulent rendre hommage à celle qui est une " héroïne pour les personnes LGBT+ ".
Un engagement total pour l'égalité : " RBG ", qui a été nommée par Bill Clinton en 1993 a pesé dans toutes les décisions qui concernent les droits des personnes LGBT+, rappelle le Washington Blade. " Son travail a permis d'avoir arguments juridiques pour l'égalité de genre aux États-Unis et ses décisions ont montré son engagement total pour l'égalité des personnes LGBT+ ", salue Alphonso David, le président de Human Rights Campaign, dans un communiqué. En 1996, elle s'est battue contre un amendement à la Constitution du Colorado qui permettait de faire voter des lois discriminatoires envers les LGBT+. En 2003, sa décision Lawrence vs. Texas est revenue sur une loi qui criminalisait la sodomie.
Dix ans plus tard, elle défend le mariage pour tous contre la Proposition 8 en Californie, un référendum qui vise à interdire les mariages de couples de même sexe. Dans la décision Obergefell vs Hodges, elle a obtenu l'extension du mariage pour tous les couples dans tous les États américains. RBG a d'ailleurs marié deux hommes en 2013. Le Washington Blade remarque que pour toutes ces jurisprudences qui concernent le mariage, les juges étaient divisés à 5 contre 4. Si RBG n'avait pas été présente, les décisions auraient sûrement été à l'encontre des droits des personnes LGBT+.
Elle a gagné des cas déterminants : Plus récemment, Ruth Bader Ginsburg s'est impliquée lors du procès Bostock contre le comté de Clayton qui reconnaît les discriminations anti-LGBT+ comme une forme de discrimination sexuelle. Cette décision permet de garantir des protections aux personnes LGBT+ contre les loi discriminatoires qui concernent notamment le travail, le logement, la santé ou encore l'éducation. "En tant qu'avocate des droits civiques, elle a plaidé et gagné des cas déterminants qui offrent des protections constitutionnelles aux femmes. Elle était notre championne et une architecte d'une vision élargie de l'égalité de genre. Sans son influence et son pouvoir de conviction, aucune de ces décisions qui font date n'aurait pu être possible", souligne Shannon Minter, la directrice juridique du Centre national pour les droits des lesbiennes.
Une vision élargie de l'égalité de genre : Pendant toute sa carrière, Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour le droits des personnes à la marge. Depuis qu'elle a été avocate jusqu'à devenir juge à la Cour suprême, RBG a plaidé d'une voix forte contre les inégalités et les discriminations de genre. C'est une alliée de longue date de la communauté LGBT+, son soutien indéfectible était un témoignage de son engagement pour l'égalité entre les personnes", a tenu à saluer Kevin Jennings, directeur général de Lambda Legal, une organisation de défense des personnes LGBT+ et des personnes porteuses du VIH.
" On regrette profondément le départ de la juge Ruth Bader Ginsburg qui a été une vraie championne de l'égalité des personnes LGBT+. Nous sommes éternellement reconnaissant pour toute sa vie passée à travailler pour les plus beaux idéaux de notre pays ", écrit Sarah Kate Ellis, la présidente du Glaad, l'une des plus grosse ONG de défense des personnes LGBT+. En France, SOS Homophobie lui a rendu hommage. " Une grande voix s'est éteinte, elle nous manquera ", indique l'association sur Twitter.
Un nouveau juge nommé avant la présidentielle : La nomination du ( ou plus vraisemblablement de la ) juge qui remplacera Ruth Bader Ginsburg dépend du président américain. À quelques semaines de l'élection présidentielle, le pays est divisé entre les partisans d'une nomination rapide par Donald Trump et les militants Démocrates qui souhaitent attendre la fin de la campagne présidentielle, le 3 novembre. Selon NPR, la juge a demandé à " ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment ", a-elle demandé à sa petite-fille.
En 2014, des militants Démocrates avaient plaidés pour que la juge démissionne à l'âge de 81 ans, tant que Barack Obama était président. Il aurait ainsi pu nommer un nouveau juge progressiste, à vie, et ainsi garantir une Cour Suprême tournée vers la défense des minorités, en cas d'élection de Donald Trump... La suite, on la connaît. Evidemment, Barack Obama a plaidé ce week-end pour que le testament de RBG soit respecté - et pour qu'un nouveau ou une nouvelle juge soit désigné après l'élection. Mais Donald Trump n'est pas de cet avis, et a déjà fait savoir sa préférence pour trois juristes connues pour leurs positions conservatrices.
Dans la shortlist du président, on compte notamment Amy Coney, une fervente catholique favorable à la suppression des subventions pour la contraception ou l'avortement. Barbara Lagoa, une avocate qui a appelé à restreindre le vote des anciens détenus de Floride, serait également envisagée, tout comme Joan Larsen, une magistratede la Cour d'appel qui s'était vivement opposée au mariage pour tous. En 2017, 27 associations des droits des personnes LGBT+ s'étaient prononcées contre la nomination à la Cour d'appel de Loan Larsen et Amy Coney. "Leurs positions sur les droits civiques sont à l'opposé de la vision d'égalité, de liberté, de justice et de dignité devant la loi, prônée par les personnes LGBT+", écrivaient déjà les associations. Des candidates de mauvais augure pour les droits LGBT+...
Croatie : Un couple gay devient famille d'accueil pour la première fois !

Depuis quelques années, le pays des Balkans membre de l'Union européenne connaît une amélioration de la situation des personnes LGBT+. Un couple gay de Croatie est devenu à l’issue d’une longue bataille juridique, le premier couple de même sexe à devenir famille d’accueil dans ce pays conservateur à majorité catholique, a annoncé une association de défense des droits.
Depuis 2014, les couples de même sexe peuvent conclure des unions civiles qui leur accordent presque les même droits que les couples hétérosexuels mariés.
En février, la plus haute cour de justice avait estimé que les couples de même sexe avait le droit d’accueillir des enfants dans le cadre des procédures de placement familial, ce qui jusque alors était contesté, le cas des couples gays ne figurant pas dans une loi sur le sujet adoptée en 2018.
Partie de ping-pong : Ivo Segota et Mladen Kozic réclamaient depuis 2017 de pouvoir héberger des enfants et leur demande était l’objet d’une partie de ping pong entre services sociaux, ministère des Affaires sociales et tribunaux.
" Ivo et Mladen sont très heureux de l’arrivée de nouveaux membres dans leur foyer ", a déclaré à la presse Daniel Martinovic, directeur de Familles arc-en-ciel, une association de soutien aux parents de même sexe, en annonçant l’arrivée des deux enfants à leur domicile voici quelques semaines.
" Cela nous donne l’espoir que notre pays peut encore changer ", a-t-il poursuivi, promettant de poursuivre le combat pour l’égalité familiale et maritale pleine et entière pour les membres de la communauté LGBT+. " Il n’y a pas d’enfant qui préfère passer son enfance dans un orphelinat plutôt qu’aidé par des adultes, y compris par deux hommes ".
En Croatie, où l’Eglise catholique reste très influente, des groupes religieux militent contre la possibilité pour les couples de même sexe d’adopter et pour restreindre l’accès à l’avortement. Près de 64 % des Croates s’opposent à ce que des couples de même sexe accueillent des enfants placés, selon une étude, principalement au motif qu’un enfant a besoin " d’une mère et d’un père ". Malgré l’évolution de la loi, les communautés LGBT+ sont victimes de discriminations et de menaces en Croatie comme ailleurs dans les Balkans.
lundi, septembre 21, 2020
Religion : Le message positif du pape François à des parents d’enfants LGBT+ !
L’Église aime vos enfants tels qu’ils sont : Le pape François a reçu quarante parents d'enfants LGBT+. Ils leur a dit qu'ils " sont tous les enfants de Dieu ". Mais l'Église a des positions (très) ambiguës sur l'homosexualité.
" Ils sont tous les enfants de Dieu ", a affirmé le pape François le 16 septembre. Le pontife s'est entretenu brièvement avec Mara Grassi, l'une des responsables de l'association de chrétiens LGBT+ Tenda di Gionata ( la tente de Jonathan ). Elle lui a parlé de son fils de 40 ans qui a " quitté l'Église parce qu'il ne se sentait pas accueilli " en raison de son homosexualité. Le pape lui a alors répondu que " l'Église aime vos enfants tels qu'ils sont ", selon plusieurs journaux italiens cités par La Croix.
Un t-shirt aux couleurs de l'arc-en-ciel : " Je voulais dire au pape que ce que nous avons compris, c’est que l’Église doit faire en sorte que beaucoup d’autres parents comme moi le comprennent, afin qu’ils ne souffrent pas comme j’ai souffert ", a expliqué la militante à La Repubblica. Pendant l'entrevue, Mara Grassi portait un foulard aux couleurs de l'arc-en-ciel.
Accompagnée de 40 parents d'enfants LGBT+, elle a donné au pape un livre intitulé Les Parents chanceux traduit en espagnol spécialement pour lui. Ce livre recueille des témoignages de parents qui vivent parfois des situations difficiles en raison du manque d'accueil de l'Église. Elle lui a également offert un t-shirt au couleurs de l'arc-en-ciel sur lequel est inscrit " en amour, il n'y a pas de peur ", note Pinknews.
Des positions ambiguës : Malgré ce pas en avant, le pape François a multiplié les contradictions au sujet de l'homosexualité. Après son élection en 2013, il a lancé un célèbre " Qui suis-je pour juger ? " et reçu plusieurs couples gays au Vatican. Mais François reste un farouche opposant au mariage pour tous et à l'adoption de couples de même sexe. Il s'est également dit " inquiet " du nombre de gay au sein de l'Église, et a craint que l'institution ne soit gagnée par la " mode " de l'homosexualité. C'est " une question très grave qui doit faire l'objet d'un discernement adéquat des candidats " à la prêtrise et à la vie religieuse, disait-il en 2018.
Hong Kong : Victoire des couples de même sexe en matière de droits de succession !
Les couples de même sexe hongkongais doivent bénéficier, en matière de succession, des mêmes droits que les hétérosexuels, a jugé vendredi 18 septembre la Haute cour. C'est une victoire pour le mouvement de défense des droits LGBT+.
Cette décision intervient le jour où une action judiciaire visant à reconnaître les mariages célébrés à l’étranger de personnes de même sexe a par ailleurs été rejetée. La législation à Hong Kong n’autorise pas le mariage pour tou.te.s et ne reconnait pas non plus les mariages célébrés à l’étranger mais, ces dernières années, la cause LGBT+ a cependant obtenu certaines avancées.
Recours juridique : L’an passé, Edgar Ng, un Hongkongais gay, avait intenté un recours juridique contre les lois de la ville régissant les questions de succession et d’héritage. Il les jugeait discriminatoires car fondées sur l’orientation sexuelle. En 2018, un an après avoir épousé son conjoint à Londres, il avait acheté un appartement avec l’aide financière du gouvernement, selon les documents judiciaires.
En vertu de la politique de Hong Kong en matière de logement, son mari ne pouvait pas être reconnu comme copropriétaire et Edgar Ng redoutait qu’en cas de décès sans testament, ses biens ne soient pas transmis à son mari.
Dans le jugement rendu vendredi, le juge Anderson Chow a estimé qu’exclure de leurs droits légaux des conjoints de même sexe " constitue une discrimination illégale ". Pour le magistrat, " la différence de traitement n’est pas justifiée ".
Les militant.e.s LGBT+ qui se battent pour obtenir le mariage pour tou.te.s à Hong Kong ont qualifié cette décision " d'importante victoire ". " Le gouvernement devrait saisir cette opportunité pour travailler avec la communauté LGBT+ afin de mettre en oeuvre le mariage pour tous dans la ville ", a déclaré l’association.
Enthousiasme… vite tempéré : L’enthousiasme qui a suivi cette victoire juridique a toutefois été tempéré par un autre jugement rendu vendredi, qui a rejeté une demande de révision de la loi hongkongaise sur la reconnaissance des unions de même sexe célébrées à l’étranger.
La communauté LGBT+ avait obtenu en 2018 une grande victoire quand la justice hongkongaise avait accordé à un couple étranger de même sexe le droit de vivre et de travailler à Hong Kong, mais d’autres droits demeurent toujours refusés aux couples de même sexe.
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