Quand ma typo-connasse est sortie, pas mal d’entre vous m’ont reproché de ne pas taper assez sur les mecs. C’est désormais chose faite. Et quitte à passer pour un homophobe en plus de passer pour un misogyne, j’ai décidé de m’en prendre à une minorité qui devrait peut-être se regarder un peu en face avant de crier à l’homophobie suite à ce genre d’article, une minorité qui a globalement remplacé l’activisme par la consommation : Stop à la follasse.
La follasse follasse : Caricature extrême du gay de base, la follasse follasse est souvent issue d’un milieu social populaire type Jean-Claude et Bobonne. Elle a grandi dans la peur de son paternel et quand elle a fait son coming-out, ça a donné quelque chose d’assez similaire au coming-out du gamin des Deschiens. Du coup, pour s’affirmer, elle a choisi de n’écouter que Mylène Farmer et Lady Gaga et de ne porter que d’horribles fringues du genre boxer imprimé fruits qui dépasse du baggy, pull en acrylique Zara ultra moulax, alors que la follasse follasse est rarement bien foutue, rarement belle gueule, son intérêt sexuel se résumant au fait qu’elle accepte tout, et qu’elle supplie que ses partenaires lui infligent une douche dorée avant même d’avoir mis sa langue dans leur bouche. Inutile de dire qu’à part tortiller du cul à la Gay Pride dans le seul espoir de se faire tourner par tout le char des jeunes UMP ( parce qu’ils sont sexy, dans leur chemise bleue ciel, les jeunes UMP ), la politique et l’engagement, elle ne sait pas ce que c’est, et même qu’elle veut voter Le Pen en mai pour voir. Bref, faut vraiment aimer les douches dorées. On notera également que la follasse follasse existe aussi en version intello : la même, exactement la même, les mêmes goûts de chiotte etc., mais avec un cerveau.
La follasse follasse vintage : La follasse follasse vintage est née vingt ans avant la follasse follasse, a manqué la transition Madonna / Lady Gaga et porte toujours les mêmes fringues dégueulasses alors qu’elles ne lui vont plus. Pas beaucoup plus riche que la follasse follasse, pas moins désespérée, enchaînant les plans cul à quarante piges pour se prouver qu’elle est encore jeune alors que son visage commence à devenir sérieusement déformé, la follasse follasse vintage n’est pas non plus politisée : tout ce qui l’intéresse, c’est draguer le personnel de Space Mountain pendant les Gays Days à Disneyland. En plus, Disneyland, c’est à côté de chez elle, trois stations de RER à tout casser. Avec l’âge et à force de mater du père de famille à Disneyland, elle est devenue de plus en plus fascinée par une espèce bâtarde : la follasse hétéro. Seul intérêt : son pass annuel illimité à Disneyland.
La follasse hétéro : La follasse hétéro, ce sont ces mecs qui s’affichent " hors-milieu " sur les sites de rencontre, qui veulent du viril, zéro attitude, zéro look, un peu boring, avec un petit quelque chose d’hétéro beauf à même d’exciter la follasse follasse, mais, manque de bol, la follasse follasse, vous aurez compris que ce n’est pas vraiment son style. A force de vouloir être virile à tout prix, la follasse hétéro refuse catégoriquement toute forme de sensibilité, donc tout ce qui est susceptible de faire pédé : aller à Beaubourg, écouter de l’électro, aller à l’Opéra, etc. Du coup, elle n’a d’intérêt que si elle a un sexe supérieur ou égal à vingt centimètres, un coup de rein supérieur ou égal à 130 BPM et un compte en banque supérieur ou égal à sept chiffres.
La follasse arty : La follasse arty, elle, va à Beaubourg et à l’Opéra quand il lui reste un peu de fric après son shopping chez APC, Surface to Air et American Apparel. Persuadée de ne pas être efféminée, elle développe, pour s’en distinguer, une haine sans précédent des deux premières catégories de follasses décrites ci-dessus. La follasse arty se croit cultivée et engagée parce qu’elle est abonnée à Libé mais ça ne lui viendrait pas à l’esprit d’arrêter ses sessions shopping du samedi après-midi destinées à se faire belle pour ses soirées Flash Cocotte, Furie ou autres Garçons en Culottes Courtes, dans lesquelles elle croit danser sur de la musique électronique pointue alors que bon, voilà, Crystal Castles, Metronomy et Kavinsky, c’est un peu trop propre et gentil pour être pointu. Seul intérêt de la follasse arty : son nœud papillon, souvent très bien choisi. Mais avant de pleurer dans les bras de sa meilleure copine le lendemain parce qu’elle est encore rentrée seule, elle devrait se rappeler que se déguiser pour sortir n’a jamais rendu personne sexy. Jamais.
La follasse bourgeoise de province qui-aimerait-bien-être-parisienne-mais-qui-n’assume-pas. Tout n’est pas dans le titre. La follasse bourgeoise de province etc. boit tout ce que peut Paris peut lui offrir de clichés, elle a donc lu scrupuleusement le dernier dossier parisien des Inrocks au premier degré, en se mordant les doigts de ne pas encore être allée au Sliencio et avale par conséquent n’importe quel film de Christophe Honoré jusqu’à la dernière goutte. Dans son mode de vie, tout reflète son complexe de ne pas en être, des Parisiens. Du coup, la follasse bourgeoise de province etc. multiplie les signes qui montrent qu’elle est thunée, cultivée, comme un bon petit Parisien : l’abonnement à un centre national de danse, l’intégrale des produits Clarins Men parfaitement alignés sur les étagères de sa salle de bain, la déco de son appart calqué sur celle de Mad Men. Mais jamais, jamais la follasse bourgeoise de province etc. ne vous dira du bien de Paris, parce que Paris c’est trop grand, les gens y sont désagréables, alors que la follasse bourgeoise de province etc. respire la sympathie, c’est bien connu. Seul intérêt : ses mètres carrés habitables, plus nombreux que ceux des follasses parisiennes toutes catégories confondues.
La follasse militante : La follasse militante est finalement la seule à être vraiment politisée, tellement qu’elle est prête à donner corps et âme pour l’existence d’une revue militante qui ne lui rapporte rien. Mais à force de ne parler que de ça, à force de voir dans True Blood une apologie du bareback, elle peut faire peur à d’autres follasses qui aimeraient s’engager un peu, mais qui, du coup, ne le font pas. Pour aller jusqu’au bout de sa démarche, la follasse militante se retire de la société de consommation et se barre en Normandie, parce que la Patagonie, c’est trop loin pour faire la promo de son dernier bouquin sur les follasses de droite. Seul intérêt de la follasse militante : être politisée. Et aujourd’hui, dans une société en proie à une dépolitisation croissante à force de cynisme et de second degré permanent, c’est déjà pas si mal.
La follasse de droite : La follasse de droite croit que son positionnement politique la met au dessus de tout soupçon, alors que désolé, mais ça se voit sur ta gueule que t’es gay, follasse. Trustant la politique, la culture et les médias, la follasse de droite doit sa place à un nombre incalculable de coucheries et de partouzes que ses amies journalistes appellent parties fines ( alors que je ne vois pas en quoi c’est fin, une partouze ), mais est absolument contre toute forme de communautarisme. Et même si elle s’est acheté un appart dans le Marais, parce qu’en bonne ex-follasse bourgeoise de province etc., ça la faisait rêver, le Marais. Variante à la follasse de droite : la follasse de droite PS. Seul intérêt de la follasse de droite : son réseau. Mais pour en profiter, va falloir à la fois mettre de côté tout esprit critique et coucher, soit un double sacrifice sensiblement équivalent à celui d’une double anale.
4 commentaires:
Ha ha ! Très caricatural mais très vrai ! :))
Je connais aussi des " follasses attachantes ". Et qui sont mes ami(e)s.
Martin
Très drôle même si cruellement acide.
"I'm not a queer, I'm Art"!
Broant
Je sais pas où je vis, j'ai reconnu personne :-(
Du coup c'est pas drôle...
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