vendredi, mars 27, 2015

En savoir plus : La première publication homosexuelle européenne, 73 ans après !

Dans les cinémas depuis peu, " Le Cercle " est un docu-drama qui raconte l'histoire de Der Kreis (Le Cercle) créé en 1942. Le réalisateur suisse Stephen Haupt met en lumière l'impact de cette revue sur le mouvement gay au travers des témoignages d'un couple gay qui a été au centre de cette histoire. 

Au début des années 80, j'ai tenu pour la première fois dans mes mains quelques exemplaires de la revue Der Kreis ( Le Cercle ) chez le photographe Patrick Sarfati. Ce dernier était le seul à en posséder une petite collection. Je considérais déjà cette revue mythique, première publication homosexuelle européenne, comme la matrice de toutes les publications homosexuelles à venir, européennes ou américaines. 

Très peu de gays en connaissaient l'existence, pourtant la rumeur qui l'entourait m'était parvenue –et je n'avais que 23 ans. On savait que cette revue suisse des années 50 avait été le lien qui rassemblait des milliers d'homosexuels cachés de l'après guerre. De grands photographes et peintres y avaient contribué, souvent en cachant leur noms: George Platt Lynes, Paul Cadmus, etc.

Sous la censure : L'aspect terne de Der Kreis ne trompait personne. C'était une publication caractéristique des années 50 où le subtexte gay était reconnaissable à des allusions, des déclarations sur l'homo-érotisme et la beauté classique de l'amour fraternel. Le double sens et l'inuendo étaient les deux règles de la communication codée. Son éditeur, Karl Meier, avait lui-même été influencé par la plus ancienne des revues allemandes, Der Eigene. Il connaissait l'équilibre entre ce qui pouvait être publié et ce qui était interdit.

Chaque numéro passait à la censure avant l'impression, il était impossible de publier des photos masculines trop explicites, c'est d'ailleurs pourquoi l'illustration y avait une part prépondérante. Le style pictural des années 50 était suggestif, les tableaux de l'artiste Quaintance étaient souvent reproduits, les photos de culturistes avaient toujours des cache-sexes...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Le Cercle, c'est le chainon manquant entre Les Invisibles de Sébastien Lifshitz et The Imitation Game de Morten Tyldum.
Thomas Anderson