En 2015, en France, être un homme ou une femme politique ouvertement gay fait de vous la cible évidente des attaques homophobes. C'est le cas aujourd'hui. C'était le cas avant. Invité de France Info ce mardi 26 août, le sénateur Les Républicains Roger Karoutchi évoque son propre cas. Il explique surtout pourquoi il a décidé, en 2009, de rendre publique son homosexualité.
" Ce n'est pas mon tempérament, je déteste le côté communautariste, quel qu'il soit d'ailleurs. Mais il y avait une campagne des primaires ( pour les régionales en Île-de-France, ndlr ), c'était un peu particulier, et j'étais candidat. Je commençais à lire des horreurs sur mon compte sur des sites qui ne me soutenaient pas", raconte-t-il, sous-entendant déjà que les " commentaires extrêmes désagréables et parfois orduriers " pouvaient venir de son propre camp.
Mais Roger Karoutchi raconte que son " outing " l'a plus desservi qu'autre chose. Pourquoi ? Parce que l'homme politique est de droite. Il dit :
Contrairement à ce que Libé ou d'autres ont affirmé, ça m'a beaucoup desservi politiquement. Dans un parti de droite, en plus il y a six sept ans, ce n'est pas évident de dire des choses comme ça. Peut-être qu'à gauche, c'était plus facile ou plus fréquent. Pas à droite.
À l'époque, Libération avait titré l'un de ses articles sur le sujet : " Le coming-out très politique de Roger Karoutchi. Une sortie dont il espère un regain de notoriété ". Cela n'a pas suffi puisqu'il a perdu la primaire face à Valérie Pécresse.
Révéler son homosexualité quand on est de droite semble si compliqué que Roger Karoutchi s'est même marié avec l'une de ses amies, par " convenance ", au début des années 80. Il explique :
" Comme beaucoup de gens qui avaient la vie que j'avais, dans mon milieu politique, c'était limite. Quand vous commencez à avoir 27 ans, 25 ans, 26 ans, on vous dit : " mais tu n'es pas marié ? " d'un air dubitatif, interrogatif, critique. Et donc j'avais fait un mariage avec une de mes amies, que j'aime beaucoup d'ailleurs, mais un mariage de convenance oui ".
Les batailles internes au moment du mariage pour tous et des manifestations " hostiles " à cette loi tendent à prouver que la question de l'homosexualité est toujours problématique à droite. Mais cela ne concerne pas que Les Républicains. En juillet, par exemple, un élu PS avait fait des insinuations douteuses après la publication de photos du vice-président du FN Steeve Briois dans une piscine avec des enfants. Et on ne parle pas des sous-entendus homophobes de Jean-Marie Le Pen...
Roger Kartouchi en a un peu ras-le-bol que Nicolas Sarkozy le surnomme, depuis 25 ans, Droopy. Mais comme l'ancien chef de l'État lui explique qu'il ne peut pas l'appeler autrement, le sénateur LR laisse faire.
Le vrai problème vient en fait de François Fillon. Roger Karoutchi raconte :
" Fillon, qui n'avait pas forcément compris que Sarko m'appelait Droopy, se croyait obligé de m'appeler Snoopy ". Et je lui disais : " ce n'est pas le même. Snoopy, ce n'est pas le même que Droopy, ça suffit comme ça ". Ah ça vraiment…
Effectivement, cela n'a rien à voir.
2 commentaires:
Si je n'avais rien d'autre à faire, je pleurerais peut être sur son sort.
Le Contrôleur
Quel c_n ce Fillon! Confondre Snoopy et Droopy!!!
Un peu comme si je confondais fion et Fillon!
Je suis d'accord avec vous, c'est très mauvais...
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