Ce sujet mineur dans le drame syrien mérite d'être discuté au grand jour.
L'arrivée de milliers de réfugiés en France est une source d'inquiétude pour une majorité de Français. Mais le tissu associatif s'est déjà engagé pour faciliter une intégration qui ne se limite pas à la recherche d'un toit. Et les associations ont de nombreuses prérogatives en ce qui concerne la prévention et l'accès à la santé. Elles peuvent ainsi aborder des thèmes de prise en charge qui font cruellement défaut dans les pays d'origine de ces migrants.
Pour la première fois, le conseil de sécurité de l'ONU a délibéré du sort dramatique des minorités LGBT dans les pays arabes et notamment en Syrie. Au plus haut niveau, on s'attaque désormais à un sujet mineur dans le drame syrien, mais qui mérite d'être discuté au grand jour. Parmi les centaines de milliers de réfugiés qui tentent de rejoindre l'Europe, le pourcentage de personnes LGBT est probablement de 10%, comme dans n'importe quel pays du monde.
Ces femmes et ces hommes, gays, lesbiennes, bi ou transgenres, ont vécu dans des pays où l'homosexualité est interdite, comme cette jeune Nigériane récemment arrivée en France ou ce jeune Syrien qui annonce être réfugié et gay. Une grande majorité a souffert d'une double vie par obligation familiale ou sociale.
Beaucoup n'ont pas eu le luxe de s'affirmer sur cet aspect identitaire et intime de leur personne. Quand ils arrivent en Europe, leur urgence n'est pas de vivre cette sexualité mais leur intégration en dépend. Et la France dispose d'un important maillage associatif, LGBT ou sida, qui pourrait intervenir dans la prise en charge de celles et ceux qui en ressentent le besoin.
Il n'est pas question ici de les forcer à aborder frontalement un sujet qui a été la source de terreur pendant leur vie entière. Il n'est pas non plus question de les effrayer en les questionnant sur leur degré de connaissances des droits LGBT. Ces réfugiés ont d'autres inquiétudes en tête. Mais les conseils de santé publique s'adressent à tout le monde, surtout pour des populations de réfugiés qui ont vécu la violence et qui ont quitté leur pays avec le strict nécessaire –ou rien du tout.

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Il n'est pas question ici de les forcer à aborder frontalement un sujet qui a été la source de terreur pendant leur vie entière. Il n'est pas non plus question de les effrayer en les questionnant sur leur degré de connaissances des droits LGBT. Ces réfugiés ont d'autres inquiétudes en tête. Mais les conseils de santé publique s'adressent à tout le monde, surtout pour des populations de réfugiés qui ont vécu la violence et qui ont quitté leur pays avec le strict nécessaire –ou rien du tout.
Le Conseiller
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