Il est difficile d’assumer son homosexualité en Chine, en 2017. En effet, selon une étude du Pew Research Center, seulement 21 % des Chinois la jugent acceptable. Sortir du placard peut ainsi avoir des conséquences professionnelles, sociales et familiales immenses. Mais cela n’a pas toujours été le cas.
Un rejet culturel toujours fort : En Chine, les LGBT sont encore loin d’être acceptés. Bien que l’homosexualité ait été décriminalisée en 1997, et retirée de la liste des maladies mentales en 2001, les LGBT continuent de subir d’énormes pressions familiales, professionnelles et sociales. Ainsi, il y a encore vingt ans, les gays et lesbiennes pouvaient être envoyés en camp de travail. Encore aujourd’hui, plusieurs cliniques proposent des " thérapies d’ajustement de la sexualité ", consistant à administrer des décharges électriques sur les parties génitales pour modifier l’orientation sexuelle des patients. Des pratiques barbares, souvent peu abordées et qui pourtant persistent.
Un véritable tabou : En effet, le sujet est encore largement tabou. À la télévision, toute représentation de l’homosexualité est interdite, le gouvernement considérant cette dernière comme " vulgaire " et " immorale ". Ainsi, les rares chercheurs à s’y intéresser sont poussés à s’installer hors des universités, comme Zhang Beichuan, l’un des précurseurs dans l’étude du VIH en Chine à la fin des années 1980, qui s’est depuis intéressé aux femmes hétérosexuelles mariées à des hommes gays : une situation fréquente en Chine.
Le phénomène des Tongqi : Appelées Tongqi, ces femmes seraient au nombre de 10 à 20 millions en Chine. Mariées souvent très jeunes – dans un pays où la cohabitation avant le mariage ne dure généralement que quelques mois, et où il est mal vu pour une femme d’être célibataire à l’âge de trente ans – elles ne savaient pas que leurs maris étaient gays avant de les épouser. Quant à leurs époux, c’est souvent sous pression familiale qu’ils ont du vivre dans le refoulement, dans un pays où seuls 18 % des Chinois homosexuels ont révélé leur orientation à leur famille selon l’ONG WorkForLGBT.
En effet, en Chine, il est souvent très difficile d’annoncer son homosexualité à sa famille, pour deux raisons principales. La première est que dans un pays d’enfants uniques, les parents attendent beaucoup de leur enfant, qui est le seul à même de leur donner des petits-enfants. La seconde est que le fossé culturel séparant les parents des jeunes mariés de leurs enfants est immense : la génération des parents – quinquagénaires ou sexagénaires – a grandi sous Mao, dans un contexte de répression particulièrement forte de l’homosexualité, passible d’emprisonnement voire de peine de mort dans certains cas. Au contraire, la génération des enfants en âge de se marier a quant à elle grandi dans un contexte d’occidentalisation, avec l’accès à internet et à une meilleure éducation sexuelle.
Engendrant des situations de grande détresse, la situation des Tongqi est aujourd’hui particulièrement critique et le suicide de Luo Hongling, une professeure de 31 ans mariée depuis seulement quelques mois, a levé le voile sur ce phénomène encore méconnu.
Une situation qui n’a pas toujours été ainsi : L’existence de ces phénomènes montre qu’en Chine, l’homosexualité est encore mal acceptée. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Dans la culture chinoise ancienne, le sujet pouvait être abordé. En effet, même si le modèle " traditionnel ", un homme avec une femme, domine largement le confucianisme, l’homosexualité n’y est pas considérée comme un péché au sens chrétien. Certaines divinités taoïstes sont même présentées en couples de même sexe, et plusieurs récits d’amours homosexuels nous sont parvenus, certains remontant au XVIIe siècle.
Une situation qui fait penser à celle de l’Occident, la Grèce antique admettant largement l’homosexualité, une tolérance qui s’est perdue avec l’essor du christianisme, mais qui, peu à peu, revient : mariage gay, meilleure visibilité, la situation progresse peu à peu en Occident. Elle s’améliore également en Chine : des bars gays existent maintenant dans la plupart des grandes villes, et une Gay Pride s’est tenue pour la première fois à Shanghai en 2009. Mais la situation demeure toujours compliquée, notamment dans les campagnes. Souhaitons donc qu’en Chine, les mentalités continuent d’évoluer, et peut-être qu’un jour les LGBT chinois disposeront, eux aussi, des mêmes droits à s’aimer.
Une situation qui fait penser à celle de l’Occident, la Grèce antique admettant largement l’homosexualité, une tolérance qui s’est perdue avec l’essor du christianisme, mais qui, peu à peu, revient : mariage gay, meilleure visibilité, la situation progresse peu à peu en Occident. Elle s’améliore également en Chine : des bars gays existent maintenant dans la plupart des grandes villes, et une Gay Pride s’est tenue pour la première fois à Shanghai en 2009. Mais la situation demeure toujours compliquée, notamment dans les campagnes. Souhaitons donc qu’en Chine, les mentalités continuent d’évoluer, et peut-être qu’un jour les LGBT chinois disposeront, eux aussi, des mêmes droits à s’aimer.

1 commentaire:
Souhaitons donc qu’en Chine, les mentalités continuent d’évoluer, et peut-être qu’un jour les LGBT chinois disposeront, eux aussi, des mêmes droits à s’aimer.
Le Conseiller
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