jeudi, mai 17, 2018

Société : Depuis 15 ans, le Refuge aide de jeunes homosexuels à se reconstruire !

L'association reconnue d'utilité publique aide chaque jour de jeunes homosexuels chassés de leurs familles à se reconstruire. Quel que soit leur milieu social, selon son président.

Chassés du domicile familial, certains jeunes homosexuels, de tous les milieux sociaux, sont victimes de coups ou d’insultes...

" Ici, c’est comme une famille ", témoigne Andreas, un Grec hébergé par Le Refuge. Quinze ans après sa création à Montpellier, l’association reste fidèle à son objectif fondateur : permettre à de jeunes homosexuels rejetés par leurs proches de se reconstruire en leur offrant notamment un toit.

" La création de l’association en 2003 est liée à mon vécu d’isolement, d’homophobie intériorisée pendant mon enfance et mon adolescence à Saint-Thibéry ", une commune héraultaise d’environ 2.000 habitants, se souvient Nicolas Noguier, 41 ans, cadre à l’Agence régionale de santé et président-fondateur du Refuge.

" J’ai grandi avec la crainte d’une réaction négative de mes parents. Finalement, je ne l’ai pas vécue, mais je me suis mis à la place de jeunes qui sont brisés par le rejet de leurs proches ".

" Chassés du domicile familial, certains jeunes homosexuels, de tous les milieux sociaux, sont victimes de coups ou d’insultes de la part de leurs parents ou de leurs frères et sœurs.. A la rue, sans argent, ils multiplient parfois les conduites à risques – suicide, prostitution, consommation abusive de drogues et d’alcool, scarifications "...

" Ca a été la catastrophe quand j’ai annoncé à mes parents que j’étais homosexuel ", raconte Andreas, 24 ans. " Ils m’ont bien fait comprendre qu’ils n’allaient jamais m’accepter comme je suis ", ajoute le jeune homme : " Avec le Refuge, j’ai l’espoir de m’en sortir : j’ai un appartement, un travail, ce sont les premières étapes pour retrouver la confiance en soi ".

Au début des années 2000, Nicolas Noguier constate qu’il n’existe pas de suivi social pour ces jeunes en souffrance. Une structure à Manchester et des échanges avec des travailleurs sociaux vont l’inspirer.

Famille recomposée : Aujourd’hui, Le Refuge est devenu une structure nationale reconnue d’utilité publique avec un budget annuel de 1,3 millions d’euros (venant à 75% du privé), 18 délégations à travers la France, 350 bénévoles et 16 salariés. L’association, au cœur l’an dernier d’une polémique avec Cyril Hanouna après un canular jugé " homophobe ", a hébergé depuis sa création 1.300 jeunes et en a accompagné 7.000 à travers des dispositifs d’accueil de jour et d’écoute.

Alexis a été le premier jeune hébergé alors qu’il avait 19 ans. " J’étais dans le milieu de la prostitution à Perpignan et en rupture familiale totale ", raconte cet homme de 35 ans, qui est aujourd’hui aide-soignant et a repris des études pour devenir infirmier. Le Refuge est devenu pour lui une " famille recomposée " qui lui a permis de comprendre qu’il n’était " pas tout seul ". " On ne sait plus qui on est quand on a été rejeté ", assure le trentenaire, qui n’a jamais renoué avec sa famille.

" Nous offrons un accompagnement social global mais aussi un soutien psychologique à des jeunes qui sont mobilisés pour être guidés vers l’autonomie ", explique Céline Gross, travailleuse sociale au sein des " appartements relais " montpelliérains de l’association. L’idée est de stabiliser le jeune dans un appartement afin de travailler avec lui et éventuellement sa famille – un jeune sur quatre repartant vivre avec des proches. L’association dispose de 96 places d’hébergement fixe et privilégie les petites structures.

De plus en plus de demandeurs d’asile : Elle accueille aujourd’hui un nombre croissant de demandeurs d’asile (8% des hébergés en 2016 et 26% en 2017), souligne Céline Gross. C’est le cas de Camarra, un Malien de 25 ans. " Au Mali, dans ma famille et plus largement dans un pays dont 95% des habitants sont musulmans, l’homosexualité est rejetée et considérée comme un péché ", souligne-t-il. Ludovic, 28 ans, et Fabien, 27 ans, ont bien aussi la " nostalgie " de l’île Maurice, mais " vivre là-bas en tant qu’homosexuel est impossible ", assurent-ils.

Autre axe de développement pour l’association, souligne son président Nicolas Noguier : " le milieu rural " où il y a " beaucoup de travail à faire ", et la sensibilisation en milieu scolaire. Quinze ans après sa création, le but du Refuge est de " faire évoluer les mentalités pour ne plus recevoir d’appels de jeunes en détresse ".

2 commentaires:

Peio a dit…

On parle toujours du Refuge, mais en amont bosse l'asso Contact (https://www.asso-contact.org) :

« DIALOGUE ENTRE LES PARENTS, LES LESBIENNES, GAYS, BI ET TRANS, LEURS FAMILLES ET AMI·E·S »

CONTACT a pour objectifs :
d’aider les familles et ami·e·s à comprendre et à accepter l’orientation sexuelle et/ou l'identité de genre de leurs proches,
d'aider les personnes lesbiennes, gays, bi et trans à communiquer avec leurs parents et leur entourage en leur apportant la compréhension nécessaire pour s’accepter,
de lutter contre les discriminations et notamment celles dont peuvent être victimes les personnes lesbiennes, gays, bi et trans, ou considéré·e·s comme tel·le·s,
de prévenir du suicide et des conduites à risques liés à l’orientation sexuelle et/ou l'identité de genre.
Le déploiement des associations CONTACT au début des années 2000 voit naître le besoin de se structurer à l’échelle nationale. Après le regroupement Inter-Contact en 2001, CONTACT France voit le jour en 2008 : cette union des associations CONTACT rassemble aujourd’hui une vingtaine d’associations.

L’union des associations CONTACT et ses missions :
L’objectif principal de CONTACT France est de faire vivre le réseau des associations CONTACT, ainsi que de répondre aux besoins de l’ensemble des bénévoles. Le champ d’action de CONTACT France intègre notamment :

Concertation et prises de décision pour adopter une « ligne commune » à toutes les associations du réseau : prises de positions publiques, orientations stratégiques…
Formation des bénévoles (écoute et interventions en milieu scolaire principalement)
Création et mutualisation d’outils de communication : supports imprimés et numériques (notamment les 3 brochures principales et le site internet), ligne d’écoute mutualisée, autres supports de communication…
Relations avec les partenaires institutionnels tels que les Ministères, aussi bien sur les questions de financement que sur le renouvellement d’agréments dans le cadre des interventions en milieu scolaire.
Le Conseil d’Administration et le Bureau de CONTACT France sont les principaux moteurs des échanges et décisions au niveau national.

Le Conseil d’Administration de CONTACT France est composé de représentants élus dans chaque association locale. Chaque trimestre, la vingtaine de membres du CA se réunit le temps d’un week-end pour échanger et valider les décisions. Les différents sujets sont mis à l’ordre du jour de manière participative, en intégrant ainsi les préoccupations et les besoins des associations du réseau.

Le Bureau de CONTACT France, composé a minima de 4 membres du Conseil d’Administration, s’occupe de la gestion courante de l'union d’associations. Il se réunit chaque fois qu’il le juge utile.

Comment fonctionne le réseau des associations CONTACT ?
Le réseau CONTACT c’est avant tout :

une vingtaine d’associations,
plus de 600 adhérents,
plus de 200 bénévoles actifs.
Le partage d’informations au sein du réseau est facilité par l’utilisation des échanges électroniques et téléphoniques.

Anonyme a dit…

Contact ou Le Refuge, j'ai juste envie de dire : heureusement que vous êtes là.
Le Conseiller