lundi, octobre 28, 2019

Société : Racisme, antisémitisme, homophobie... comment sont formés les policiers pour prendre en charge les victimes !

Depuis le mois de juillet, des policiers, des gendarmes et des magistrats se forment pour mieux prendre en charge des délits racistes, antisémites ou homophobes et recueillir la parole des victimes. Reportage lors d'une intervention de la Dilcrah, qui tente de combler un retard français.

Une main se lève dans l'assemblée toute d'uniformes vêtue. " Dans mon commissariat, on est confrontés à des guerres de quartiers, c'est possible d'appliquer la circonstance aggravante en raison de l'appartenance à un groupe " ? Réponse de l'un des intervenants chargé de l'atelier auquel assistent une trentaine de policiers et gendarmes : " Ah non, ça ne marche que pour un groupe religieux ou une ethnie ". Hochements de képi. Comprendre ces délits : c'est tout l'enjeu de la formation qui s'est déroulée le 26 septembre à Orléans (Loiret). 

Dispensée par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), elle vise à sensibiliser les forces de l'ordre à la prise en charge des infractions racistes, antisémites ou anti-LGBT et de leurs victimes.

Depuis 2018, ces discriminations sont une circonstance aggravante des crimes et délits. Pourtant, la France reste très en retard. Ces infractions y sont 12 fois moins prises en compte qu'au Royaume-Uni : 7.500 plaintes en France en 2018, contre 92.800 outre-Manche. Mauvais accueil des victimes, ­sous-estimation de la haine, formation insuffisante, les raisons sont multiples. " Il faut prendre ce combat à bras-le-corps, assure Christian Gravel, préfet ­rattaché à la Dilcrah. Avec la libération de la parole sur les réseaux sociaux et la crispation ambiante, c'est un vrai enjeu ".

Un réseau de 300 référents : D'ici à la fin 2020, la Dilcrah entend constituer un réseau de 300 magistrats, policiers et gendarmes référents à travers le pays. Sur la base du volontariat, des formations, dispensées par des juristes, des policiers, des chercheurs ou des psychologues, sont désormais organisées tous les deux mois. " L'idée est de faire comprendre l'impact des délits et crimes de haine, explique Christian Gravel. Afin que les victimes soient en confiance ".

Une mission peu évidente de prime abord. Un policier de ­l'Essonne confie : " Je sais que je suis le premier maillon de l'enquête, mais je n'avais pas conscience d'être aussi celui de la reconstruction d'une victime ". La formation chamboulerait presque ses dix-huit ans de pratique. " En début de carrière, on écoute. Ensuite, on se fait des carapaces, on va vite ". Pour pallier ces dysfonctionnements, la Dilcrah intervient aussi en amont dans les écoles de police. " Je ferai plus attention, promet-il. Mais la hiérarchie doit nous laisser plus de temps ".

1 commentaire:

Anonyme a dit…

"Je ferai plus attention, promet-il. Mais la hiérarchie doit nous laisser plus de temps ".
Sinon toutes les formations du monde ne serviront à rien.
Le Conseiller