dimanche, avril 26, 2020

Homophobie : Une association lance une application de signalement des violences anti-LGBT !

Lancée par l’association Flag!, cette application permet aux utilisateurs de signaler des violences et d’orienter les victimes vers les structures appropriées !

C’était une année noire. En 2018, les forces de l’ordre avaient recensé 1.378 victimes d’infractions " anti-LGBT ", soit une hausse de 34,3 % par rapport à 2017, selon les chiffres communiqués à l'époque par le ministère de l’Intérieur. Mais leur nombre est probablement sous-évalué. En effet, nombreuses sont encore les victimes à ne pas oser aller déposer plainte, soit par appréhension, soit parce qu’elles sont conscientes des difficultés à d’obtenir la condamnation des auteurs. C’est ce constat qui a amené l’association Flag!, qui réunit des agents LGBT des ministères de l’Intérieur et de la Justice, à réfléchir à la création d’une application mobile permettant de signaler les actes de violences envers les personnes lesbiennes, gays, bi et trans.

Disponible depuis jeudi 24 avril pour les appareils Android, cette application conçue avec le soutien de la Dilcrah ( Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT ) permet aux utilisateurs de signaler des injures, des violences ou des dégradations, de les dater et de les localiser. " Ces informations vont ensuite permettre d’orienter la victime vers des interlocuteurs appropriés : si c’est un mineur, on lui conseillera d’appeler le 119 Enfance en danger. Si c’est un jeune majeur qui subit des violences familiales, on lui proposera de joindre le Refuge ou le Mag ( Mouvement d’Affirmation des jeunes Lesbiennes, Gais, Bi & Trans ) ", explique Johan Cavirot, le président de Flag!. Et si la situation le justifie, l’application suggérera un dépôt de plainte ou un signalement à la plateforme de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, par exemple.

Cartographie : Les utilisateurs n’entrent dans l’application que des informations générales : tranche d’âge, catégorie socioprofessionnelle, genre... L’utilisateur pourra ainsi, s’il le souhaite, rester anonyme. Les signalements reçus alimenteront aussi une cartographie dont le but est de permettre aux pouvoirs publics de développer des politiques publiques et des actions ciblées. " Nous avons besoin de savoir où sont localisées les LGBT-phobies afin de trouver des solutions adaptées avec nos partenaires. A Paris, par exemple, on ne fait pas de la prévention à Barbès comme on en fait dans le 16e ou dans le Marais. Ce n’est pas la même typologie de public ", souligne Johan Cavirot.

Un comité scientifique, en partenariat avec la fondation Jean Jaurès, sera chargé, tous les ans, en début d’année, d’établir " une vraie étude sociologique " sur la base de ces signalements, ajoute le président de cette association, créée en 2001 et comptant environ 600 membres. L’application sera disponible prochainement pour iPhone. Mais son lancement a été précipité " en raison des violences identifiées ces derniers jours ", indique Flag! dans un communiqué. " Beaucoup de jeunes vivent actuellement un enfer " parce qu’ils sont " confinés avec des parents homophobes ", a expliqué à Libération Marlène Schiappa.

Plan d’urgence : La secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, marraine de l’application lancée par Flag!, a d’ailleurs annoncé ce vendredi le lancement d’un " plan d’urgence ". 300.000 euros ont été débloqués " afin de financer 6.000 nuitées d’hôtel pendant le confinement " pour " permettre aux jeunes confrontés à de la violence homophobe d’être protégés ". Elle a également confirmé que les personnes LGBT en difficulté pouvaient donner l’alerte en pharmacie ou écrire un SMS au 114, comme cela est possible pour les femmes victimes de violences. Enfin, Marlène Schiappa assure être intervenue pour " accélérer " la réouverture de la permanence téléphonique de SOS Homophobie, " suspendue en raison de difficultés techniques ".

1 commentaire:

Anonyme a dit…

" Les utilisateurs n’entrent dans l’application que des informations générales : tranche d’âge, catégorie socioprofessionnelle, genre... L’utilisateur pourra ainsi, s’il le souhaite, rester anonyme. Les signalements reçus alimenteront aussi une cartographie dont le but est de permettre aux pouvoirs publics de développer des politiques publiques et des actions ciblées."
Excellente initiative.
Le Conseiller